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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 11 novembre 2024 22 min

Après l'élection de Trump, "on doit combattre plus fermement l'idéologie woke", selon Jean-François Copé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le maire Les Républicains de la ville de Maux. Questions réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Jean-François Copé, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter. On voulait vous entendre sur la réélection de Donald Trump sur les premiers pas du gouvernement Barnier, mais aussi en ce 11 novembre, jour de commémoration de l'armistice de 1918, vous entendre sur la première guerre mondiale.

Comme président du pays de Maux, vous accueillez dans votre ville le musée de la grande guerre et vous y recevrez tout à l'heure Michel Barnier pour inaugurer une tranchée à ciel ouvert longue de 110 mètres. C'est une véritable tranchée comme celle où se battaient les soldats de 14 ? C'est ça ce qu'on va voir ? C'est cette expérience de la guerre qu'on va pouvoir éprouver dans le musée ?

1:01
Jean-françois Cope

Absolument. C'est ce que nous avons voulu faire au pied du musée de la grande guerre du pays de Maux, qui est le plus grand musée d'Europe dédié à la première guerre mondiale, qui est un musée à la fois passionnant et bouleversant, puisqu'on y voit ce qu'était la réalité quotidienne des Poilus, mais aussi des hommes, des femmes, des enfants et de toutes les nations en guerre. C'est vraiment une collection absolument exceptionnelle.

Et nous avons voulu l'enrichir avec la reconstitution d'une tranchée, pédagogique bien sûr, à caractère pédagogique, mais qui montre de manière très concrète ce qu'était la vie cauchemardesque des soldats pendant cette première guerre mondiale, enterrés dans ces tranchées.

1:41
Présentateur

Qu'est-ce qu'on voit ? Qu'est-ce qu'on ressent ? Parce que c'est vrai qu'il y a un grand reportage dans Le Parisien de ce matin, ça donne vraiment envie d'y aller et d'emmener les enfants voir cette tranchée. Qu'est-ce qu'on ressent quand on rentre dans ces couloirs de 110 mètres ?

1:55
Jean-françois Cope

C'est tout l'intérêt de la reconstitution qui a été faite, c'est de pouvoir vraiment montrer comment les hommes s'enterraient dans la tranchée. On y voit le poste de secours, on voit là où ils mangeaient, là où ils dormaient, là où ils se battaient, là où il fallait ramper pour être dans le poste d'observation. Tout ça est très très bien fait. C'est une première mondiale, vraiment, avec des technologies modernes, effectivement. Il y a le son aussi. Voilà, exactement, et on vit des attaques, des bombardements, on vit des moments de calme aussi, on entend le bruit de la souffrance.

Il a fallu essayer d'ailleurs de trouver le bon équilibre, bien entendu, pour lui garder aussi une certaine forme de solennité à cet édifice. Mais tout cela se fait évidemment dans une seule et même logique, c'est de faire connaître la Première Guerre mondiale. Parce que ce qu'il y a derrière tout cela, et moi je vis évidemment sur ce sujet depuis longtemps maintenant, grâce à Jean-Pierre Vernet, qui nous a donné cette collection exceptionnelle. Oui, c'est l'historien, c'est lui, en fait, il n'a failli pas se faire ce musée.

2:51
Présentateur

Il faut dire que ça fait dix ans qu'il existe, qu'il est effectivement la référence, c'est le premier musée de la Grande Guerre de toute l'Europe.

2:57
Jean-françois Cope

Absolument, et cette collection unique au monde a été réalisée par un grand Français, qui est Jean-Pierre Vernet, auquel je pense beaucoup ce matin. Et c'est vrai que moi je milite pour qu'on connaisse l'histoire de la Première Guerre mondiale, parce qu'en fait, elle est la clé d'explication de tout ce que nous vivons aujourd'hui.

Parce que les tragédies que nous avons connues, que nous connaissons dans les Balkans, en Ukraine, au Proche-Orient, l'émergence des États-Unis, la puissance de la Chine, tout autant que ce qui s'est passé dans le continent africain, tout ça a puisé, en réalité, et la construction de l'Europe aussi, a puisé sa source dans la tragédie de la Première Guerre mondiale, qui a fait tout d'un coup prendre conscience de l'horreur absolue de la guerre totale. Et il a fallu ensuite subir le nazisme, le communisme, toutes ces tragédies du XXe siècle, qui trouvent aussi leur source dans la Première Guerre mondiale.

Voilà pourquoi il est important d'enseigner l'histoire, et de faire comprendre aux jeunes générations, avec leurs professeurs qui viennent très nombreux, ce musée, ce que l'on doit en comprendre, pour comprendre les phénomènes d'aujourd'hui.

3:58
Présentateur

Justement, aujourd'hui, 100 ans après la Première Guerre, vous aimez citer cette phrase du maréchal Foch, « Parce qu'un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ». Michel Barnier a dit qu'il voulait venir profiter de cette visite.

4:10
Jean-françois Cope

Oui, il va venir inaugurer cette tranchée cet après-midi.

4:12
Présentateur

Pour s'adresser à la jeunesse de France, souligner l'importance de la transmission de l'histoire, ce que vous dites ce matin, et son attachement à l'idée européenne. On a pourtant le sentiment que la jeunesse, aujourd'hui, n'a plus tellement le souvenir des guerres, encore moins de la Première. Quant à l'idée européenne, croyez-vous vraiment qu'elle mobilise la jeunesse ?

4:27
Jean-françois Cope

C'est la grande question. D'abord, je pense qu'il y a, derrière tout cela, une réalité. C'est qu'on a la mémoire qui flanche, tout simplement. Parce qu'on a perdu conscience de ce que c'était que le tragique. Et vous savez, je pense toujours à cette histoire très personnelle, mais que je partage, parce que je pense qu'elle peut être partagée avec beaucoup de nos auditeurs. C'est le jour où ma fille de 12 ans m'a dit, « Papa, c'est tragique ». Je lui ai dit, « Mais qu'est-ce qui se passe ? » Elle m'a dit, « Mon portable ne marche plus ». Et je lui ai dit, « Écoute, non, ce qui est tragique, c'est ton grand-père qui échappe à une rafle sauvée par des justes en 1943, à Aubusson.

Ça, c'est tragique. » Et tout d'un coup, oui, elle m'a dit, « Oui, c'est vrai. On a recalé les choses. » Bon, mais je me dis, en fait, le sens du tragique, c'est la guerre. C'est ce qui fait que des générations entières, depuis 2000 ans, on perdait son père, son frère, son fils, et que l'on vit avec la mémoire vive de la mort. Et aujourd'hui, on a perdu tout ça, parce que, eh bien, c'est heureux. Il n'y a plus de guerre sur le continent de l'Europe occidentale, à l'exception des Balkans. De l'Ukraine. Mais c'est tout récent. Et vous voyez combien beaucoup de Français, disent « Pourquoi mourir pour l'Ukraine ? » Ça rappelle d'autres souvenirs.

Et donc, ce sujet-là, il est présent, omniprésent. Et le rôle des hommes politiques, des responsables politiques, justement, c'est d'avoir cette culture historique. C'est ce qui fait que j'ai toujours pensé que la différence entre, j'allais dire, un responsable politique banal et un homme d'État, c'était la culture historique. On ne doit pas accepter la concurrence des mémoires. On ne doit pas accepter la déconstruction des contextes historiques. On doit la partager avec les jeunes générations. C'est notre devoir premier. Et c'est pour ça aussi que j'ai voulu ce musée de la Grande Guerre dans le Pays de Meaux.

6:02
Présentateur

Jean-François Copé, dans le cadre des difficultés budgétaires de la France, il y a une proposition qui circule de supprimer un jour férié. Pas touche au 11 novembre. Parce qu'il est sur la table, le 11 novembre.

6:15
Jean-françois Cope

Vous savez, il n'y a jamais de bons jours fériés à supprimer. On connaît tout ça par cœur. Et pour avoir été ministre du Budget, je peux témoigner. Je me souviens encore du débat sur la suppression du jour de Pentecôte, que nous avons courageusement fait avec Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin. La réalité, c'est qu'il n'y a jamais de bonnes économies. Personne ne les supporte. Regardez le débat absurde entre nous sur la suppression du jour de carence pour la fonction publique, alors que le privé n'en bénéficie pas. Regardez les débats sur travailler une heure de plus, sur travailler un an de plus. Ma question est sur la mémoire de la guerre. Mais en réalité, on a tous nos bonnes raisons.

Moi, je pense que... Donc supprimer le 11 novembre, pourquoi pas ? On n'a pas besoin d'un jour férié pour commémorer. Il y a mille manières de commémorer sans pour autant ne pas travailler. Ou alors ça veut dire que nous avons 65 millions de Français qui sont au pied des monuments aux morts le 11 novembre. Ça se saurait. Bon, donc en réalité, les commémorations, c'est une chose. Le jour férié, c'en est un autre. Que nous conservions pour des moments symboliques, le 14 juillet, tout ça, je peux l'entendre. Mais en réalité, il me semble que le jour férié, c'est une manière de faire des économies dans un pays qui a besoin de dépenser beaucoup pour préserver notre modèle social.

Eh bien, il faut effectivement travailler plus.

7:28
Présentateur

Alors, reprenons du champ. On va revenir à ces questions budgétaires. Aujourd'hui, l'Europe vous semble-t-elle menacée de dislocation, de marginalisation avec la réélection de Donald Trump ?

7:39
Jean-françois Cope

Non, je pense que ce sont deux choses différentes. Je pense que l'élection de Donald Trump, c'est un événement planétaire que tous n'avaient pas anticipé.

7:49
Présentateur

Vous l'aviez vu venir ?

7:50
Jean-françois Cope

Moi, je ne vais pas faire le malin plus que les autres. Bon, la réalité, c'est qu'il y a des sujets sur lesquels je ne fais plus de pronostics depuis très longtemps ou je ne réponds plus depuis très longtemps. Le prix du pain au chocolat, vous ne m'aurez plus jamais là-dessus. Le résultat des élections avant qu'il n'arrive, vous ne m'aurez plus non plus. En revanche, la réalité, c'est que personne ne sait véritablement ce que Trump va faire. On sait que Trump déteste la guerre, qu'il adore les tarifs douaniers, qu'il méprise les Européens et qu'il est obsédé par la Chine. Bon, voilà ce qu'on sait à peu près.

Après, il a tous les pouvoirs aujourd'hui et sa victoire, en réalité, c'est un message. Parce que derrière tout ça...

8:25
Présentateur

Quel est le message à votre avis ?

8:27
Jean-françois Cope

Le message, pour moi, il est très simple.

8:29
Présentateur

Parce que c'est vrai que c'est encore difficile d'appréhender les vraies raisons ou la vraie raison. S'il y en a une, peut-être qu'il y en a plusieurs de l'ampleur de cette victoire.

8:37
Jean-françois Cope

Je vais partager avec vous mon analyse personnelle du sujet pour bien connaître les Etats-Unis. Je pense que les Américains ont voté pour Trump parce qu'ils y veulent de l'ordre et qu'il a, à tort ou à raison, incarné l'autorité. D'abord, il a incarné un leadership et ça, je pense qu'il y avait une attente de leadership aux Etats-Unis. Il n'y a pas qu'aux Etats-Unis, d'ailleurs. Et puis, d'autre part, parce qu'il a incarné, avec son discours, d'ailleurs, partons un peu dans tous les sens, mais il a incarné l'ordre sur les questions migratoires, sur les questions du wokisme qui constituent un débat très important aux Etats-Unis.

Et je pense que derrière tout cela, c'est un message que nous devons entendre. Et je pense que nous, Européens, devons y penser sérieusement. Vous posiez la question de la dislocation de l'Europe. Je ne pense pas que l'Europe se disloque. Je pense que l'Europe, elle est en attente de leadership. Parce qu'aujourd'hui, il n'y a plus de chefs d'Etat et de gouvernement, me semble-t-il, dans les principaux pays d'Europe qui soient au niveau de la difficulté des défis que nous avons à relever. Ce qui se passe en Allemagne aujourd'hui, ce qui se passe en France, ce qui se passe en Espagne, montre que dans un certain nombre de pays, il y a une crise de leadership.

Nous devons absolument restaurer une véritable autorité, parce que sinon, les peuples vont, les uns après les autres, choisir l'extrême droite.

9:53
Présentateur

L'élection de Trump est une bonne nouvelle pour Marine Le Pen.

9:56
Jean-françois Cope

Bon, écoutez, j'ai vu que tout le monde se réjouissait. Même Mélenchon trouve ça formidable. Alors, moi, je vais vous dire une chose. Je pense qu'en réalité, ceux qui devraient se réjouir de cette élection, ce sont les partis de gouvernement, et singulièrement, de droite de gouvernement. Pourquoi ? Parce que c'est un avertissement... comme tout le monde, alors du coup, vous réjouissez de... Exactement. Mais je vais vous dire pourquoi. Parce que c'est un avertissement sans frais que nous avons le devoir d'entendre, et que nous devons les uns et les autres comprendre qu'il y a une vraie fermeté à afficher, il y a une attente d'ordre dans nos pays, d'autorité à rétablir.

Je pense qu'on doit combattre beaucoup plus fermement l'idéologie woke, c'est-à-dire en fait ce travail méthodique de déconstruction du savoir, qui est sous-jacente à une contestation de l'autorité, alors que ça partait au départ d'une intention que tout le monde pouvait partager, la lutte contre le racisme et les discriminations, c'est notre combat, mais en fait, quand on creuse un peu plus, on se rend compte que c'est l'éloge du communautarisme, c'est la mise en exergue de tensions très fortes, et puis il faut bien le dire, les woke, les wokeistes, je ne sais pas comment on dit, ils choisissent leur combat, ils combattent le racisme, ils combattent le sexisme...

11:02
Présentateur

Les woke, comme vous dites, c'est beaucoup de la jeunesse aujourd'hui, de la jeunesse américaine, de la jeunesse française. Sans doute, mais... Ben oui, mais donc, dans ces cas-là, lutter contre le wokeisme, c'est lutter contre ce que pense aujourd'hui une écrasante majorité de la jeunesse.

11:15
Jean-françois Cope

Ben je ne sais pas, vous êtes beaucoup plus forte que moi pour considérer que c'est une écrasante majorité de la jeunesse, moi je constate qu'il y a beaucoup de jeunes qui se radicalisent du coup dans l'autre sens, parce qu'ils n'ont pas envie de ça, et il faut arrêter de caricaturer les choses. Et puis je vais vous dire, ce que je pense aussi, c'est que ce n'est pas parce qu'une idée est communément admise qu'elle est bonne, il faut quand même à un moment ou à un autre mettre les pieds dans le plat.

Moi je suis très inquiet de voir aujourd'hui les idées d'extrême-gauche bénéficier d'une telle complaisance, pour ne pas dire d'une telle lâcheté, de la part de partis sociaux-démocrates, socialistes comme en France, qui se compromettent en réalité, parce qu'ils acceptent tout et n'importe quoi. Car derrière tout ça, vous me voyez venir, quand je vous dis tout à l'heure qu'ils choisissent leur combat, je n'entends rien sur l'antisémitisme de la part des wokistes, puisqu'ils considèrent que l'homme blanc, judéo-chrétien, supposé privilégié et riche, est à la source de tous les problèmes.

12:06
Présentateur

Un mot encore sur l'Europe, les 27 doivent-ils être plus carnivores, qu'herbivores, comme l'a dit Emmanuel Macron ? Est-ce qu'il faut être dur vis-à-vis de Trump sur la guerre économique qu'il peut nous faire ou risque de nous faire, sur les droits de douane, sur l'Ukraine aussi ? Est-ce qu'on va devoir se prendre en main, défendre l'Ukraine seule ? Comment voyez-vous les choses ?

12:33
Jean-françois Cope

D'abord, c'est une punchline. Le président de la République adore les punchlines, herbivores, carnivores. Ce n'est pas lui qui l'a inventé, comme vous le savez, puisque c'est à l'origine une formule d'un grand ministre allemand. Mais je crois que derrière toutes ces formules, il y a une réalité concrète. Il faut qu'on sache exactement où on va, nous, Européens, dans ce contexte. Que ce soit Kamala Harris ou Donald Trump, ne nous racontons pas d'histoire. Ce qu'ils appellent le pivot asiatique, c'est-à-dire en fait de réorienter toute la politique étrangère américaine sur l'Asie, c'est une réalité. Oui, mais ce n'est pas nouveau. De toute façon, c'est pas nouveau.

13:08
Présentateur

Obama l'avait déjà commencé. La marginalisation de l'Europe à Washington, elle n'est pas nouvelle.

13:13
Jean-françois Cope

Mais vous avez mille fois raison. C'est donc bien un nouvel avertissement que nous, nous prenions en main dans le domaine de la défense, mais aussi dans le domaine du commerce. Je pense que nous avons...

13:22
Présentateur

Mais ça veut dire quoi ? Parce que là, soyez concrets, s'il augmente les droits de douane sur les vins, par exemple, ou le champagne français, est-ce qu'il faut répondre ou il faut tendre l'autre joue ?

13:33
Jean-françois Cope

Écoutez, votre question implique directement la réponse. Nous avons deux choses à faire. La première, c'est que les droits de douane, on peut de temps en temps les augmenter, mais ça n'est qu'une réponse de court terme. C'est vrai pour eux aussi. Ne nous y trompons pas. S'il augmente massivement les droits de douane, il va se retrouver avec une poussée inflationniste qu'il aura beaucoup de mal à contenir. Or, le premier sujet pour les Américains, c'est leur pouvoir d'achat, comme pour tous les citoyens du monde. Mais nous, notre vrai sujet, c'est notre attractivité, c'est notre compétitivité. Il va bien falloir que nous fassions des arbitrages.

Et il faut que Mme von der Leyen, elle modifie considérablement son braquet par rapport au premier mandat qu'elle a fait et qu'elle fasse vraiment comme elle vient de l'annoncer, de l'attractivité et de la compétitivité de l'Europe, la clé absolue. Sinon, nous serons complètement distanciés. Aujourd'hui, on peut avoir les idées les plus généreuses de la Terre. Nous avons, nous, Européens, le modèle social le plus protecteur, mais il faut pouvoir le financer. Aujourd'hui, nous ne pouvons plus le financer. Revenons en France,

14:29
Présentateur

considérant, Jean-François Copé, le dérapage budgétaire, les 6,1% de déficit prévu en 2024. estimez-vous que Michel Barnier a raison de dire que les grandes entreprises qui font des profits et les plus riches doivent faire un effort de solidarité nationale. C'est normal ou pour vous, ça risque de casser la croissance ?

14:52
Jean-françois Cope

Le risque, effectivement, de porter atteinte à la croissance comme toute hausse d'impôt. Quand on fait des hausses d'impôt, ça ne rapporte jamais ce qu'on prévoit et tout le monde le sait. Moi, je veux juste rappeler un contexte. Ce budget, il a été fait dans l'hyperurgence. le gouvernement précédent n'avait pas bien travaillé. Car en réalité, depuis le 1er janvier, du fait de l'irresponsabilité élyséenne ambiante, on a empêché le gouvernement de préparer ce budget. Entre le fait qu'il n'y ait pas de ministre du budget pendant les deux premiers mois de l'année 2024. Moi, j'ai été ministre du budget, je peux vous dire que c'est incontinuable de faire le budget.

Ensuite, on rentre dans la campagne européenne, on donne l'ordre au ministre du budget de ne plus communiquer, de ne plus rien sortir pour pas que ça affole les électeurs. Arrive l'élection européenne et la dissolution. plus de gouvernement pendant l'été. M. Barnier est nommé mi-septembre et on lui donne 15 jours pour faire un budget avec une copie blanche. Donc, pour vous, ce dérapage,

15:42
Présentateur

c'est la faute d'Emmanuel Macron, pour être clair ?

15:44
Jean-françois Cope

Totalement.

15:45
Présentateur

Totalement pour vous ?

15:46
Jean-françois Cope

La responsabilité du président de la République dans la situation que nous connaissons, elle est immense. Et je regrette que Bruno Le Maire, pour des raisons que j'ignore, n'ait pas dit à la commission d'enquête qui l'auditionnait que la totalité de ses demandes d'arbitrage ont été refusées et qu'il n'y a jamais eu à l'Elysée de blanc-seing pour maîtriser les dépenses publiques. Enfin, la politique du chèque est une folie. En réalité, autant ils ont bien géré la crise du Covid, autant ils ont mal géré la crise de l'énergie et que, je suis désolé de le dire, la politique de l'offre, quand on baisse les impôts, c'est très bien, mais à condition de baisser les dépenses.

Or, ils n'ont jamais baissé les dépenses. C'est irresponsable. Et nous payons ça plein pot aujourd'hui. Donc, on ne peut pas demander au gouvernement Barnier de régler ce problème en quelques semaines alors que c'est le travail d'une année.

16:33
Présentateur

Et donc, du coup, la décision de Michel Barnier d'augmenter les impôts sur les plus riches et sur les grandes entreprises qui font du profit, vous la comprenez, vous qui êtes clairement, ouvertement et de manière assumée, libéral, vous vous dites il faut qu'il le fasse là maintenant,

16:45
Jean-françois Cope

on est trop dans la moïse ? Je pense qu'il faudra beaucoup nettoyer parce que ça a été le festival du délire fiscal à l'Assemblée entre l'extrême droite et l'extrême gauche. Marquez l'avantage pour ceux qui n'avaient pas compris, c'est que les extrêmes se touchent toujours. Moi, quand on me dit l'extrême droite, ce n'est pas l'extrême gauche, ils ont, de mon point de vue, plein de points communs, mais en particulier le délire fiscal. L'extrême droite, elle y est allée plein pot. Il n'y a plus besoin de socialistes en France. Madame Le Pen s'occupe de tout. Donc, en réalité, par rapport à ça, qu'est-ce qu'on voit ?

On voit une extrême droite et une extrême gauche qui ont montré leur incapacité à comprendre les problèmes économiques du moment, autrement que par la démagogie. Donc, dans l'urgence, il faut limiter au maximum ces hausses d'impôts et surtout, dès le 1er janvier 2025, préparer un budget de compétitivité, donc rebaisser les impôts, mais à condition de pouvoir baisser vraiment les dépenses. Mais lesquels ? L'école ? L'hôpital ? La police ? Où est-ce que vous coupez ? Mais partout. Mais l'erreur, c'est à chaque fois de prendre... Il y a trop de monde dans les hôpitaux. Mais ce n'est pas qu'il y a trop de monde dans les hôpitaux. Trop de profs dans les écoles.

Mais arrêtez, ça c'est le cliché habituel. Non, je vous pose la question

17:51
Présentateur

parce qu'on entend toujours qu'il faut tailler dans les dépenses. D'accord, mais lesquels ?

17:55
Jean-françois Cope

C'est tout simple. Écoutez, on a parlé du jour férié. On a un très bon exemple. Si on travaille plus, par définition, on ramène plus de croissance. Quant à l'éternel débat sur les effectifs, ça n'arrête pas d'augmenter et pour autant, on n'est jamais plus mécontent que d'une année sur l'autre, que ce soit à l'hôpital ou à l'école. Donc, il y a bien un problème de productivité, d'organisation du travail. Tout le monde le sait. Regardez les rapports de la Cour des comptes, ils en sont pleins. On n'a même pas besoin Vous avez remarqué qu'à chaque fois qu'un ministre propose une économie, c'est branle-bas de combat et pas que à France Inter. Partout.

Tout le monde explique que tout est nul, qu'il ne faut surtout pas faire ça, qu'on peut s'occuper des autres, mais pas de nous. Bon, tant qu'on fera comme ça, il ne faudra pas s'étonner de voir les blocages d'un pays qui accumule les déficits au détriment de nos fameux jeunes dont on parlait tout à l'heure.

18:43
Présentateur

Pourquoi vous n'êtes pas au gouvernement ?

18:45
Jean-françois Cope

On ne peut pas être partout.

18:47
Présentateur

Oui, mais encore. Parce que c'est vrai que cette union, je ne sais pas qu'on vous l'appelait coalition entre LR et les macronistes, vous l'avez toujours prônée.

18:58
Jean-françois Cope

Ça, c'est vrai.

18:59
Présentateur

Et vous n'êtes pas au gouvernement. Maintenant que ça se fait...

19:01
Jean-françois Cope

Oui, mais écoutez, d'abord, c'est assez marrant ce que vous me dites parce qu'effectivement, moi, ce qui m'a fait sourire, c'est que moi, ça fait quand même deux ans et demi que je dis qu'il faut absolument reconstituer une coalition avec les macronistes pour gouverner. Et tous ceux de mes amis qui m'ont expliqué que j'étais vraiment un abruti, que je n'avais rien compris, qu'il ne fallait surtout pas le faire, se sont roulés par terre pour aller au gouvernement. Donc, ça m'a touché parce que j'ai eu le sentiment que c'était une espèce d'hommage post-mortem. Donc, ça, c'est sympa. Vous êtes déjà mort. Ensuite, pour le reste...

Non, mais je commence à être un peu doyen de l'humanité avec le temps qui passe. Mais ce qui, du coup, fait qu'un certain nombre, d'ailleurs, de responsables politiques de ma génération commencent à s'inquiéter quand même de voir arriver d'un côté un délitement des responsables de gouvernement au bénéfice des populistes. Donc, il y a un moment, il faut quand même s'y remettre un peu et c'est pour ça que j'ai décidé de revenir un peu dans le débat public un peu plus qu'avant, en tout cas. Après, pour le reste, écoutez...

19:51
Présentateur

Vous auriez aimé que Michel Barnier vous appelle ?

19:53
Jean-françois Cope

En tout cas, écoutez, il ne l'a pas fait et ce qui n'est pas grave du tout et donc, par définition, c'est la meilleure raison que je puisse vous donner pour vous dire que je ne suis pas au gouvernement. Voilà. Mais pour le reste, je suis en revanche extrêmement heureux d'accueillir Michel Barnier aujourd'hui à Maud pour inaugurer la franchise du Musée de la Grande Guerre.

20:09
Présentateur

Un mot, craignez-vous le match de jeudi au Stade de France, match de foot

20:15
Jean-françois Cope

France-Israël ? Alors, je ne crains pas parce qu'il ne faut jamais avoir peur. Deuxièmement, je suis très heureux que ce match ait donné lieu de la part du ministre de l'Intérieur à des déclarations très fermes car il est hors de question de reculer. Les actes antisémites ignobles qui ont été commis aux Pays-Bas ont été heureusement condamnés sauf par un ou deux députés d'extrême-gauche toujours les mêmes. Madame Messmer, M. Arnaud qui ont tenu des propos absolument indignes que, à ma connaissance, M. Mélenchon ni aucune de la nomenclatura de l'extrême-gauche n'a condamnée.

Il va bien falloir qu'un jour ou l'autre tous ces gens-là rendent des comptes quand même et puis il faudra qu'un jour les socialistes nous expliquent pourquoi ils ont accepté de se compromettre avec ces gens-là pour gagner quelques sièges. Mais qu'est-ce qu'on n'aurait pas entendu si nous autres, les Républicains, nous avions fait une alliance avec l'extrême-droite. Nous ne l'avons pas fait. M. Chotty l'a fait. Oui, il est parti tout seul comme vous avez pu le constater. Si, si, tout seul. Non, non, non, non. Alors là, je vais vous dire un truc.

Il est parti tout seul et vous avez le droit de l'admettre et de le reconnaître parce qu'il est parti tout seul et qu'on lui a tous bien signifié qu'il était tout seul. Bon, donc ça, au moins reconnaissons-nous ça parce que les socialistes, ils y sont tous allés avec l'extrême-gauche. Il n'y a pas eu un bouton de guette qui a manqué à l'extrême-gauche pour aller sauver leur siège. Nous, on en a perdu des sièges parce qu'on a refusé cette alliance avec l'extrême-droite. Merci Jean-François Copé,

21:38
Présentateur

maire les Républicains de la ville de Maude.