Procès en appel de Marine Le Pen, municipales…. l'interview en intégralité de Jordan Bardella
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Bonjour, Jordan Bardella. Bonjour. Et merci infiniment d'avoir accepté cet entretien exceptionnel sur BFM TV. Nous sommes ici à Agde, dans les Raux, à l'occasion de l'un de vos premiers déplacements pour cette campagne des municipales, pour soutenir vos candidats évidemment. On va revenir sur l'enjeu de ce scrutin dans cinq semaines, l'enjeu pour votre parti, vos objectifs aussi. Mais cette interview intervient et est exceptionnelle à ce titre dans cette semaine très particulière pour votre parti. Les réquisitions dans le procès des assistants parlementaires du RN ont été connues cette semaine. Les réquisitions à l'encontre aussi de Marine Le Pen. Elles s'attendaient à de la sévérité.
Elles ont été sévères ces réquisitions et on verra avec vous évidemment les conséquences pour elles, mais pour vous aussi précisément. Mais d'abord j'ai envie de démarrer cet entretien avec une question d'actualité. Jack Lang, le patron de l'Institut du Monde Arabe, ses liens présumés avec ce milliardaire Jeffrey Epstein, aujourd'hui décédé. Il est convoqué demain par le ministère des Affaires étrangères, demain dimanche. On a aussi, après que le parquet national financier avait ouvert une enquête. Est-ce que vous comprendriez, Jean-Anne Bardella, que demain soir, à l'issue de ce rendez-vous au ministère des Affaires étrangères, il soit toujours en poste ?
Madame, je n'ai jamais compris la complaisance du système politique et du système médiatique à l'égard de Jack Lang, qui, il y a de cela quelques années, a signé avec d'autres intellectuels de gauche. Après cette période 68 arde, une tribune dans laquelle il appelait à dépénaliser les rapports sexuels avec les enfants. Tous ces gens se sont... Ça date des années, avant les années 80. Tous ces gens se sont rachetés une virginité qu'ils ont en réalité dissimulée au travers de liens avec le monde politico-médiatique, au travers d'une proximité avec le président de la République, Emmanuel Macron, qui a fait le choix de renommer M. Lang à la tête de l'Institut du Monde Arabe.
Et la réalité, c'est que Jack Lang a fréquenté Jeffrey Epstein après la condamnation en 2008 de cet individu pour détournement de mineurs et pour des faits qui étaient extrêmement graves, puisqu'ils impliquaient des prostituées mineures, notamment à l'époque. Donc moi, je suis stupéfait... Ils s'en étaient étudiés en disant qu'ils n'étaient au courant de rien, qu'ils ne savaient rien de ces accusations. Je suis stupéfait de le voir aujourd'hui se pavaner sur tous les plateaux de télévision, dans une défense qui n'est plus que bancale. Et l'honneur et la dignité, la gravité du sujet, impose non seulement de sa part le silence, mais surtout qu'il s'en aille et qu'il présente sa démission.
De l'Institut du Monde Arabe, sa fille a eu un petit peu plus, je dirais, de dignité, et je mets des guillemets en se retirant de ses fonctions. Jack Lang devrait faire de même. La question lui a été posée cette semaine, il a dit non. Est-ce que le gouvernement, le président de la République, doit le forcer à le faire ? La question est la suivante. Comment est-ce que le président de la République a-t-il pu réitérer, réaffirmer sa confiance à Jack Lang, compte tenu du parcours qui a été le sien, des engagements qui ont été le sien, plus jeunes ?
On a le droit de changer d'avis, mais je crois que sur un sujet aussi grave que celui-ci, qui concerne la protection des mineurs, l'honneur aurait dû pousser le président de la République, non seulement à ne pas le nommer à la tête de l'Institut du Monde Arabe, à reprolonger sa fonction, mais devrait, dans le temps que nous connaissons, le pousser à quitter ses fonctions. La protection des mineurs est un enjeu fondamental. C'est un enjeu de civilisation qui concerne tout le monde, qui ne concerne pas la droite, qui ne concerne pas la gauche, qui concerne l'ensemble du peuple français et l'ensemble de la classe politique.
Et il est vrai qu'il y a eu des liens ambigus pendant de très nombreuses années entre cette mouvance qui a eu une mensuétude à l'égard des actes pédophiles, à l'égard des relations sexuelles avec les mineurs. Cette mouvance, vous évoquez ? Oui, il y a eu une mouvance. Il y a eu, après 1968, un mouvement intellectuel situé bien souvent à gauche. On se rappelle des propos de M. Cohn-Bendit, de M. Lang, de M. Maznev, il y a très longtemps. Mais ce sont des gens qui ont continué d'être couverts par le Parti Socialiste, par Emmanuel Macron ensuite, et les Français ont été extrêmement choqués. Mais entre-temps, il a été ministre de la Culture, il a été une éminence politique.
Mais aujourd'hui, il doit le partir. Je précise que l'Institut du Monde Arabe est une fondation de droit privée pilotée par 21 pays arabes et la France. S'ils ne peuvent pas et s'ils ne veulent pas démissionner, quelle doit être la conséquence ? Mais il faut qu'ils démissionnent. La question n'est pas est-ce qu'ils le souhaitent ou non. Je pense que la décence, la dignité et l'honneur imposent qu'ils s'en aillent et imposent qu'ils démissionnent. Les Français n'ont aucune forme de tolérance à l'égard de ce type d'acte. Et encore une fois, la justice, par l'intermédiaire du Parquet National Financier, a ouvert une enquête.
Mais les liens, aujourd'hui, avérés par l'intermédiaire de ces mails, notamment, et revendiqués par des images, et par Jack Lang lui-même, avec ce prédateur sexuel, est extrêmement grave, me semble-t-il. Passons à ce sujet qui nous occupe aussi aujourd'hui les élections municipales. Nous sommes à 5 semaines du premier tour, 15 mars prochain. On vous a vu beaucoup en dédicace ces dernières semaines, sur le terrain, donc, pour la signature de votre dernier livre. Vous avez fait, je crois, un déplacement pour soutenir la candidate de Strasbourg. Mais finalement, c'est votre premier déplacement ici dans le Sud, qui n'a sans doute rien, ne doit rien au hasard.
Le Sud est une région où vous faites des scores relativement élevés à chaque fois. Est-ce que ce n'est pas un peu tard pour démarrer en campagne ? Moi, je ne suis pas candidat aux élections municipales, mais j'assume dans ces 6 semaines, qui nous séparent maintenant du premier tour, ma responsabilité de chef de parti. J'ai effectué, vous le rappelez, des déplacements dans le cadre de la campagne des élections municipales. On est aujourd'hui à Agle, où je suis allé soutenir notre candidat, qui a des chances certaines de remporter la municipalité. Et nous pouvons permettre aux Français d'entamer l'alternance dont le pays a besoin, dès le 15 mars prochain.
Et donc, moi, j'appelle évidemment les Français à se déplacer. Les maires-rassemblements nationals seront des maires qui refuseront toute augmentation de la fiscalité. Il n'y aura pas un euro d'augmentation de la fiscalité dans les communes qui seront dirigées par des maires-rassemblements nationals. Ça, c'est l'engagement que tous prennent. C'est d'abord l'engagement que tous prennent. C'est l'engagement que moi, je prends comme chef de parti. Et nous mènerons évidemment une action résolue et prioritaire contre l'insécurité. Les maires-rassemblements nationals seront des maires qui augmenteront de manière significative les moyens alloués notamment aux polices municipales.
Et vous savez que nous nous battons notamment pour généraliser au niveau national l'armement de toutes les polices municipales, pour augmenter les pouvoirs judiciaires des polices municipales. Il y a un texte qui est en ce moment discuté au Sénat. De ce point de vue-là, vous avez aussi le soutien d'un Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, qui va dans ce sens.
La sécurité, je dirais, a bien, pendant très longtemps, été aujourd'hui un précaré, un thème sur lequel nous avons pendant de très nombreuses années tiré la sonnette d'alarme, notamment sur les conséquences du laxisme judiciaire, sur cette idéologie anti-police qui s'est installée dans les esprits, notamment à gauche et à l'extrême gauche. Mais aujourd'hui, la sécurité est la première des libertés. C'est une nécessité dans le pays et il n'y a plus un seul endroit aujourd'hui où nos compatriotes, qu'ils aient le cœur à droite ou qu'ils aient le cœur à gauche, sont épargnés par l'insécurité.
Et si demain, je suis à la tête du gouvernement, et si demain, les Français nous accordent leur confiance, dans le cadre des municipalités, mais aussi au niveau national, nous ferons du rétablissement de l'ordre et de la sécurité notre première mission. Mais vous en faites un test. Vous avez, je crois, présenté environ 650 listes dans 650 communes. Selon un dernier décompte qui n'est pas complètement précis, mais à date, il y a visiblement une quinzaine de maires RN en France ou apparentées. Les élections il y a 6 ans ont constitué une petite désillusion quand même pour le parti.
Vous étiez aussi très haut dans les sondages, mais finalement, une seule ville conquise de plus de 100 000 habitants. Est-ce que là, vous vous fixez des objectifs ? Est-ce que vous avez un nombre de communes que vous aimeriez ravir ? Ou finalement, c'est prendre un peu de risques parce que peut-être, le 22 mars, vous n'auriez pas conquis ces communes ? Quand on fait de la politique, on prend des risques parce qu'on va au contact de nos compatriotes. On assume des convictions, on assume un engagement. Et moi, je veux rendre hommage à l'ensemble des Français qui vont porter les couleurs de leur parti politique.
D'abord, évidemment, aux candidats du Rassemblement national, mais à tous les Français qui s'engagent dans le cadre de ces élections municipales. Vous savez, il y a six ans, en réalité, la campagne des élections municipales avait été un peu volée par la crise sanitaire. Le Covid était là, effectivement. Le Covid avait en réalité entraîné une très faible participation à ces dernières élections municipales. Mais il y a beaucoup de Français qui s'attendaient à voter dans le cadre d'une hypothétique dissolution de l'Assemblée nationale.
Ils n'ont pas pu le faire parce que les partis politiques qui se partagent le pouvoir depuis 30 ans, droite, gauche, partis macronistes confondus, ont décidé de se rassembler pour priver les Français d'une opportunité démocratique de s'exprimer sur l'avenir du pays. Ils ont privé le pays de stabilité, de majorité. Donc vous faites ce comparatif, finalement. Je souhaite naturellement... On parlait du grand soir en 2024. Il n'en a rien été. Vous avez plus que doublé vos députés, mais vous n'avez pas obtenu une majorité.
Je souhaite naturellement que les Français puissent utiliser ces élections municipales pour exprimer leur contestation à l'égard de la politique d'Emmanuel Macron et surtout à préparer l'alternance dans moins de 12 mois, madame. Il faut que les Français aient conscience de cela. Nous serons en campagne pour les élections présidentielles, pour les élections législatives. L'alternance est possible. L'espérance est aujourd'hui dans tous les esprits. Et moi, je viens de dire aux Français que le travail, il commence dès le 15 mars, au premier tour. Il y aura effectivement 650 candidats rassemblement national, soutenus par le rassemblement national et nos alliés de l'UDR d'Éric Ciotti.
Et donc moi, j'appelle l'ensemble des Français, y compris d'ailleurs les électeurs de droite déçus par le parti des Républicains, à venir travailler à nos côtés dans le cadre de ces élections municipales. Mais quand on vous entend, Jordan Bardella, vous en faites un test. Vous en faites un enjeu véritablement national en vue de 2027. C'est ça aussi. J'en fais un scrutin majeur. Vous savez, en moins de 15 mois, il y aura des élections municipales, consulaires, sénatoriales, présidentielles et législatives. Ce que vivent les Français, c'est la conséquence de choix politiques. Et moi, je viens leur dire que dès le 15 mars prochain, leur quotidien, il peut changer.
Sur le niveau de fiscalité qu'ils payent, sur la sécurité qui est assurée ou qui n'est plus assurée partout autour d'eux dans leur commune. Les villes Rennes seront également des villes qui seront, je dirais, très attractives pour l'économie locale. Et vous savez qu'il y a beaucoup de... Moi, j'ai entendu des grands chefs d'entreprise français indiquer qu'ils ne souhaitaient plus installer des entreprises ou des usines dans les mairies dirigées par la gauche ou par les écologistes. Compte tenu du niveau de la question politique. Mais qui viendrait si un maire Rennes était élu ?
Eh bien, en tout cas, moi, je dis à nos entrepreneurs, à nos artisans, à nos commerçants, les villes Rassemblements nationales doivent être des villes rayonnantes. Elles seront des villes attractives et vous êtes évidemment les bienvenus pour innover, entreprendre, pour vous installer. Il y fera bon vivre. On est ici à quelques dizaines de kilomètres d'une des plus grandes villes dirigées par le Rassemblement national, Perpignan, avec Louis Alliot. L'an dernier, la délinquance a encore baissé de 10% grâce à l'action résolue de Louis, de ses équipes et d'une police municipale, renforcée dans ses moyens et dans ses prérogatives. Une question, si on se projette, j'anticipe peut-être le...
on fera du cas par cas. Mais l'entre-deux-tours, quelles seront vos stratégies ? Si, par exemple, certains de vos candidats sont en position de se maintenir, mais par leur maintien, je précise, se maintenir, il faut avoir 10% des voix au moins, pourrait, par exemple, faire élire un maire de gauche, un maire insoumis, pourrait-il se retirer ? Et est-ce que vous envisagez aussi des alliances, encore une fois locales, avec les Républicains, avec Reconquête quand ils se présentent ? Est-ce que ça fait partie aujourd'hui de vos discussions ? Nous n'excluons rien, par principe. Et je fais la même réponse à votre première question comme à votre deuxième question.
L'essentiel aujourd'hui est que les Français accordent, et que les Patriotes accordent aux listes du Rassemblement national et de ses alliés la dynamique la plus forte possible au premier tour. S'agissant du second tour, nous ferons évidemment du cas par cas, parce qu'on était, il n'y a pas une élection municipale, il y a des milliers d'élections municipales dans les 36 000 communes françaises, et donc nous analyserons les choses au cas par cas. Maintenant, moi je ne suis pas fermé à ce qu'il y ait des discussions sur de potentielles listes d'union, listes de rassemblement au second tour, si évidemment il y a un danger de voir l'extrême gauche s'emparer d'un certain nombre de municipalités.
Quitte à se retirer, et vous pourriez aussi mettre en danger des candidats, les Républicains, qui pour le coup sont très implantés sur le plan local, jusqu'à vous retirer, jusqu'à créer des alliances, là aussi ça peut faire partie de cette stratégie, et donc, je vais plus loin, évidemment cette question de l'alliance des droites, sur lequel vous êtes beaucoup plus allant que Marine Le Pen, ça c'est une réalité.
Sur les municipales, par définition, je ne peux pas vous répondre, parce que cela dépendra du contexte local, cela dépendra de la volonté de nos candidats, et de la stratégie que nous mettrons en place, commune par commune, donc il est pour moi très difficile de vous répondre par principe, et nous analyserons évidemment au soir du premier tour, avec notre direction de campagne, avec l'ensemble de nos candidats, la stratégie qui sera celle du second tour, mais comprenez bien que nous partons aux élections pour gagner, et moi j'appelle évidemment les Français à nous donner le plus de force possible, dès le premier tour, pour faire rentrer dans les conseils municipaux, soit des exécutifs, rassemblement national, soit évidemment des groupes d'opposition, rassemblement national, dans des communes où nous serions peut-être moins favoris, je dirais.
Mais ce sont des deals que par principe vous n'excluz pas. Au lendemain, le 16 mars prochain, vous prendrez la carte, et vous direz peut-être qu'on devra en passer par là. Politique, il ne faut jamais rien exclure. – Mais vous serez aussi comptable d'une ouverture, et de quelque chose que Marine Le Pen est peut-être moins en accord, sur lequel elle est moins en accord.
– Non, d'abord, nous travaillons en étroite coopération avec Marine, et nous prendrons évidemment nos décisions ensemble, au cas par cas, avec la direction du Rassemblement national, et nous regarderons qui, au cas par cas, est partisans d'une discussion sur la sécurité, sur le rétablissement des comptes publics, sur la défense de la laïcité, de notre tradition, de notre identité dans les communes, et en fonction évidemment des circonstances, nous tendrons la main à de potentiels alliés, qui pourraient eux aussi d'ailleurs être dans une démarche d'union et de rassemblement. Vous savez, moi je ne fais pas de la politique uniquement pour mon parti politique.
Je considère que pour gagner les élections, il faut le dépassement, il faut l'union, il faut le rassemblement le plus large possible, et donc je souhaite que dans les mois qui nous séparent désormais à la fois des élections municipales et d'élections nationales comme la présidentielle, nous soyons en mesure d'être une plateforme de rassemblement qui tendra la main à l'ensemble des patriotes qui veulent rompre avec la politique d'Emmanuel Macron, qui veulent rompre avec le déclin, le déclassement du pays, le désordre qui règne aujourd'hui dans notre société, et moi je suis évidemment, compte tenu des responsabilités qui sont aujourd'hui les nôtres, nous sommes aujourd'hui donnés en tête à la fois d'élections présidentielles et d'élections législatives, donc notre rôle est historique et nous devons évidemment naturellement rassembler et tendre la main.
En parlant des patriotes, vous êtes surpris sur la percée de Sarah Knafou à Paris, dans les sondages, elle est donnée devant votre candidat Thierry Mariani, qu'est-ce qu'elle vous inspire ? Est-ce qu'elle apparaît comme une sérieuse candidate, ça c'est un fait, mais concurrente peut-être ?
Non, je ne crois pas qu'elle soit une concurrente, d'abord ce que vous indiquez est un sondage, et je me permets de vous rappeler qu'à Paris, lors des élections présidentielles, Éric Zemmour était devant le Rassemblement national, je le déplore parce que j'aurais préféré évidemment que nous arrivions en tête, y compris dans la ville capitale, mais les équilibres qu'on regarde aujourd'hui à Paris sont des équilibres extrêmement classiques par rapport à ce qu'on a pu voir lors de l'élection présidentielle. Les sondages sont des sondages, je vous rappelle que pendant la présidentielle, Éric Zemmour était donné devant Marine Le Pen et qu'il a fini à 7%.
C'est à la fin de la course que l'on fait les comptes. Maintenant, Sarah Knafo doit dire si oui ou non, elle compte s'allier avec les macronistes, parce que moi je vois de sa part la tentation d'ouvrir ses bras aux macronistes, je l'ai entendu appeler une alliance avec Pierre-Yves Bournazel, qui est le candidat d'Emmanuel Macron dans ses élections municipales. Alors je pense que le changement, que ce soit dans la capitale ou partout en France, ne pourra pas se faire avec les gens qui ont échoué, et je pense qu'il ne fait jamais bon dans les temps que nous connaissons de vouloir plaire au système à tout prix.
J'aimerais vous interroger, Jordan Bardella, aussi sur les propos, quand vous avez annoncé vos listes, votre stratégie, vous disiez, le parti disait, notre objectif n'est pas de faire le plus de listes possible, mais de choisir la qualité plutôt que la quantité. Absolument. La qualité, parfois, se discute. Vous allez voir où je veux en venir. Il y a encore quelques candidats problématiques quand même. Vous avez désinvesti le candidat RN de la ville de Carpentras, vous avez pris des décisions après des postes sur les réseaux sociaux, ouvertement homophobes, ouvertement racistes. Je l'ai fait parce que je n'ai aucune forme de tolérance avec ce type d'attitude et ce type de propos.
Mais quand même, comme si vous n'avez rien appris des élections législatives de 2024. Ça vous a été reproché, vous avez pris là aussi des décisions, vous avez parlé de brebis galeuses. Nos confrères de Libération ont fait une liste non exhaustive mais de candidats très problématiques. Pourquoi ne pas avoir plus tiré les conclusions de ce qui s'était passé il y a un an et demi ? Que celui qui n'a jamais péché me jette la première pierre. Et je suis toujours extrêmement, j'accueille toujours le rôle d'inspecteur des travaux finis qu'endossent un certain nombre d'éminents observateurs avec toujours un sourire un petit peu narquois. Et qui font leur travail aussi.
Et qui vous permettent, c'est le travail de ces observateurs qui vous ont permis de désinvestir ce candidat. Je vous remercie de contribuer à la montée en gamme et à l'exigence du niveau du débat démocratique français dans une organisation humaine, madame. Et je vais vous faire la même réponse que j'ai déjà eu l'occasion de vous faire. il y a quelques mois, lorsque nous parlions des précédentes élections législatives. Lorsque dans une organisation humaine, vous accueillez l'espace d'une campagne électorale 25 000 à 30 000 candidats.
Il est possible au Rassemblement national, dans un autre parti politique comme dans toute autre organisation humaine, qu'il y ait sur quelques doigts de la main des personnalités qui tentent de se greffer à ce mouvement et qui ont une attitude, des propos ou des positions politiques qui ne répondent pas aux positions de la direction du mouvement, des députés ou à la ligne politique qui est celle du Rassemblement national.
Ma main n'a jamais tremblé et merci de rappeler qu'en l'occurrence, s'agissant du cas de Carpentras, à partir du moment où j'ai eu connaissance des propos qui ont été tenus par ce candidat il y a quelques années sur son compte Twitter, j'ai dans le quart d'heure pris la responsabilité non seulement de le désinvestir, mais de l'exclure du Rassemblement national, en tout cas de solliciter la commission des conflits. – D'autres candidats pourraient être exclus aussi ou désinvestis dans les prochains jours ? – J'aimerais que ce travail, la règle a toujours été la même.
Moi j'appelle l'ensemble des patriotes, l'ensemble des Français qui souhaitent s'engager dans la vie politique à le faire avec une certaine forme d'exigence. Et les candidats du Rassemblement national, et nous avons encore une fois été très exigeants, et eux-mêmes le sont avec leur propre colistier, de le faire toujours avec le respect de la ligne politique du mouvement. Lorsque certains s'en sont éloignés, j'ai toujours pris mes responsabilités, mais j'aimerais que les autres mouvements politiques aient cette même exigence. Or je note que la dureté des règles avec lesquelles nous pratiquons nous la politique ne soit pas exigée avec mes concurrents politiques. Je vois qu'à gauche…
– D'où cette observation Sébastien Chenu. – Je vois qu'à gauche… – On n'attire pas plus de dingues que dans d'autres parties. – Sébastien le dit avec son… – C'est pas que des dingues, c'est parfois des propos qui sont sous le coup de la loi. – Madame, à BFM TV ou dans les rédactions où vous avez eu l'occasion de travailler, il n'y a jamais eu des personnalités, des salariés, des employés qui ont eu des propos, des attitudes ou des comportements qui ne correspondaient pas aux valeurs de l'entreprise. Et bien comme dans toute organisation humaine, quand il y a des personnalités… – Vous agissez. – …qui effectivement ne répondent pas aux critères qui sont les nôtres, et bien nous agissons.
Ma main n'a jamais tremblé et elle ne tremblera pas. Le Rassemblement national n'a pas varié non plus dans ses valeurs. Vous voyez, nous défendons tous les Français, quels qu'ils soient, quelles que soient leurs origines, quelles que soient leurs couleurs de peau, quelles que soient leurs confessions. Et le Rassemblement national sera toujours un bouclier contre toute forme de discrimination. – J'aimerais en venir à la situation politique. Sébastien Lecornu a réussi dans la douleur à faire adopter finalement son budget. Six motions de censure, dont trois déposées par le RN.
Vous disiez, notamment quand, ce n'était pas Sébastien Lecornu, mais un certain Michel Barnier qui était aux affaires, que vous aviez le droit de vie ou de mort sur le gouvernement. Ce n'est plus du tout le cas. – Madame, Monsieur Lecornu n'a pas fait passer ce budget dans la douleur. Il l'a fait passer avec un coût considérable pour le portefeuille des Français. Parce que ce budget qui a été, je ne vais pas dire voté, mais qui en tout cas a été imposé au pays par le biais du 49-3, l'a été contre les intérêts économiques de la nation et contre l'intérêt budgétaire du pays.
C'est un budget qui accroît la dépense publique de 30 milliards d'euros supplémentaires, qui augmente les prélèvements obligatoires et qui augmente notamment les impôts sur les entreprises françaises à l'heure où on nous parle matin, midi et soir de la nécessité de l'autonomie stratégique, de réindustrialiser. – Certains de vos opposants disent que le RN a voulu faire voter, je crois, 34 milliards d'impôts supplémentaires. – Mais ça n'est pas vrai. Le Rassemblement national est le seul mouvement politique qui proposait non seulement de baisser les dépenses de l'État, mais également de baisser la fiscalité. Et nous avons notamment proposé un contre-budget.
Donc ma boussole en matière économique, c'est l'intérêt national, c'est l'intérêt des classes populaires et des classes moyennes dont le pouvoir d'achat est toujours plus douloureux et qui sont toujours plus étranglés lorsqu'ils doivent mettre de l'essence dans leur voiture, payer leur facture d'électricité, faire le plein de courses ou de nos entreprises qui doivent aujourd'hui remettre le pays sur le chemin de la production et sur le chemin de la croissance. Or quand on vote une surtaxe d'impôt sur les sociétés, quand on vote une augmentation de la flat tax pour les petits épargnants, eh bien on fait le choix non pas de la croissance mais de la décroissance.
Et donc le choix qui a été fait par M. Lecornu, c'est de vendre l'économie française au Parti Socialiste et à ses lubies et tout cela nous coûte beaucoup d'argent. Donc nous remettrons le pays sur le chemin de la raison budgétaire et je considère qu'en matière économique, le macronisme aura été le socialisme en pire. Est-ce que vous considérez que Sébastien Lecornu est parti pour rester jusqu'en 2027 ? Est-ce que finalement vous avez fait le deuil de ce que vous réclamiez à longueur d'interviews, de prises de parole, d'une nouvelle dissolution ? Est-ce que l'État, chronologiquement, on est en février 2026, ça n'arrivera plus et vous cessez de le réclamer ?
Il ne faut jamais dire jamais en politique. Mais l'hypothèse de la dissolution naturellement s'éloigne. Et elle s'éloigne parce que les Républicains, le Parti Socialiste, ont fait le choix d'être les béquilles d'Emmanuel Macron et de permettre aux macronistes, M. Lecornu en tête, de poursuivre leur politique de décroissance, d'hyperfiscalité, d'impuissance contre l'insécurité et contre l'immigration, ils ont fait le choix main dans la main, non pas seulement de s'allier, mais je dirais de se donner. C'est-à-dire, autant le Parti Socialiste... Vous pointez juste les Républicains. Madame, le Parti Socialiste s'est fait acheter par M. Lecornu, mais les Républicains de M.
Retailleau, eux, se sont donnés puisqu'ils ont voté pour le projet de loi de finances de la sécurité sociale qui prévoyait notamment l'augmentation de la CSG et l'augmentation de la flat tax pour les petits épargnants. Est-ce que c'est une politique de droite en matière économie ? Je crois que M. Retailleau a perdu toute forme de crédibilité et c'est bien dommage et c'est la raison pour laquelle moi je veux tendre la main aussi au déçu des Républicains en leur disant venez avec nous, venez travailler à nos côtés.
Nous vous tendons la main et je crois que sur un certain nombre de sujets, notamment sur la nécessité de décréter la paix fiscale dans le pays, de remettre la nation sur le chemin de l'autorité et de l'ordre, eh bien nous partageons l'essentiel et nous devons travailler ensemble. Vous pointez les Républicains juste retour en arrière finalement. Vous les pointez du doigt sur leur manque de cohérence finalement, mais vous n'excluvez pas quand même de travailler avec eux sur le plan local. Ça, ça peut faire partie quand même, même si vous dénoncez leur stratégie politique, sur le plan local c'est pas impossible. Bon, moi je ferai jamais la stratégie du pire pour le pays.
Ni celle du chaos, ni celle du désordre. Et il y a aujourd'hui une déconnexion très claire entre les cadres des Républicains, entre M. Retailleau et la base à la fois des sympathisants, des militants, des électeurs LR de tout ce peuple de droite qui pendant de nombreuses années a cru à la fois en Nicolas Sarkozy puis en François Fillon. Et il y a aujourd'hui beaucoup d'électeurs du Rassemblement national qui viennent de cette famille politique. Pas que, parce que je crois qu'on est aujourd'hui une force de rassemblement très large, une force de dépassement qui doit parler à tous les Français qu'ils aient eu pendant longtemps le cœur à droite ou le cœur à gauche.
Nous sommes cette force de dépassement, mais force est de constater qu'il y a un décalage aujourd'hui inouï entre M. Retailleau qui a été le ministre de l'Intérieur d'Emmanuel Macron qui s'est assis pendant de nombreux mois dans un conseil des ministres entre Elisabeth Borne Emmanuel Valls c'est-à-dire entre des socialistes et il n'y a jamais eu autant d'immigration en France aujourd'hui. Il n'y a jamais eu autant d'immigration en France que sous le ministère de M. Retailleau à la place Beauvau.
Donc, je veux dire, cette déconnexion entre la tête des Républicains et le peuple de droite est avérée depuis très longtemps et moi, je n'ai qu'une seule boussole, c'est l'intérêt du pays et la nécessité de nous rassembler en vue des prochaines élections présidentielles et des élections législatives. – Jordan Bardelat, avant d'en venir à la suite, à Marine Le Pen, à venir aussi, juste une très courte question quant à cette image publiée sur les réseaux sociaux de Donald Trump hier qui a suscité l'indignation. Une vidéo montrant Barack et Michelle Obama en singe.
La vidéo a été retirée, Donald Trump s'est défendu vendredi de tout racisme et quand même, quand vous avez vu ça, vous vous êtes dit quoi ? Vous le croyez ? La ficelle est grosse, non quand même ? – Je n'ai pas vraiment d'humour à l'égard de ce type de provocation. Et je crois que ça participe à mettre le débat public et le débat politique dans le caniveau. Je n'aime pas les outrances. Je pense que la politique exige une forme de dignité, une forme de hauteur. – Ce que n'a pas Donald Trump dans ce cas-là ? – Ou ce que n'a pas en ce moment Donald Trump ? – C'est au peuple américain de porter un jugement sur le président Trump. Moi, je ne fais pas de morale avec des dirigeants étrangers.
Le président Trump, encore une fois, est engagé dans la défense exclusive des intérêts des États-Unis d'Amérique. Et j'aimerais qu'on prenne conscience que le monde qui vient est un monde de plus en plus violent, un monde de plus en plus brutal. Et que dans cet encerclement, aujourd'hui, entre des nations, à l'Est comme à l'Ouest, et évidemment que les États-Unis portent cette idée-là, qu'ils s'éloignent de la conception nationale pour une vision impériale de leurs intérêts économiques et géopolitiques, que l'on prenne conscience qu'on ne peut pas faire que de la morale.
Nous devons créer les conditions du réarmement économique, stratégique et politique à la fois des nations européennes, mais d'abord et avant tout de la France, parce que moi, je ne veux pas que les États-Unis d'Amérique, que la Russie de Vladimir Poutine ou que la Chine soient les nations qui écrivent demain et après-demain l'avenir du peuple français et l'avenir des Européens. Nous sommes une grande nation, nous avons toujours contribué dans le concert des nations à la voie des non-alignés et la France doit retrouver les moyens de la puissance.
Mais vous entendez ce qui dit et qui pointe le fait que vous oscillez avec Donald Trump entre une forme d'inspiration, les propos sur les vents de liberté, vous êtes revenu et vous avez effectivement temporisé en disant qu'il fallait être très vigilant. Mais c'est vrai que c'est un personnage via... Même s'il se défend, la vidéo était retirée, il s'est défendu, c'est un employé, ce n'est pas lui, qui pose question dans ces méthodes. Mais l'enjeu n'est pas de savoir si ces méthodes posent question. J'ai dit précisément, mot pour mot, ce qui allait arriver.
Lorsque le président Trump a été élu, et je prends à témoin les interventions que j'ai faites devant le Parlement européen le lendemain de son élection comme le lendemain de son investiture, en indiquant que si la politique de Trump revêtait une dimension nationale et qu'il se concentrait exclusivement sur la défense des intérêts des États-Unis d'Amérique, alors cela revêtirait une mauvaise politique et serait une mauvaise chose pour la France et pour l'Europe.
J'avais appelé à la suspension du Green Deal et à cette avalanche de normes qui s'abasent sur les entreprises et sur l'industrie française et européenne en indiquant que nous devions recréer les conditions de la souveraineté, de l'autonomie, de la croissance, de l'indépendance nationale.
J'ai dit tout cela et donc il se passe précisément ce que nous avions dit mais je dis aussi une chose très simple, c'est que dans le monde qui est en train de s'installer autour de nous, le langage qu'il faut parler c'est celui du patriotisme, c'est celui de la souveraineté, c'est celui de la défense de l'intérêt national d'abord et dans ce monde qui est en train de se mettre en place nous sommes par définition les mieux à même de défendre les intérêts de la France. Et vous ne dites pas celui de la force ? Si, je le dis, celui de la force, bien sûr.
Vous savez, l'écueil de la France et de l'Europe qui a aussi été l'écueil d'Emmanuel Macron a été de vouloir s'habiller en enfant de cœur dans un monde où tous les grands dirigeants politiques sont habillés en treillis. Les grands dirigeants politiques de ce monde, c'est vrai avec Trump, c'est vrai avec Poutine, c'est vrai avec le président chinois mais c'est aussi vrai avec Erdogan, ne comprennent et n'entendent que le rapport de force. Donc il faut se mettre aussi en treillis ?
Je dis qu'il faut parler le langage aussi parfois de la force lorsque les intérêts sont menacés et donc nous devons notamment en matière diplomatique, en matière de défense, retrouver les moyens de notre autonomie, porter l'effort de défense progressivement à 3%, 3,5% du PIB d'ici à 2035, que ce sont les objectifs et la feuille de route qui a été fixée par l'OTAN. Nous devons déverrouiller les contraintes qui pèsent aujourd'hui sur la croissance pour faire en sorte qu'on ne dépende plus de l'étranger.
Et voyez bien que l'Europe aujourd'hui est encerclée à l'ouest par une vassalisation technologique à l'égard des Etats-Unis, à l'est par une vassalisation industrielle à l'égard de la Chine, par des pressions migratoires de plus en plus fortes au Sud. Et moi, mon ambition, c'est de refaire de la France une grande puissance qui soit capable de parler demain et après-demain d'égal à égal avec les grandes nations de ce monde. Refaire de la France une grande puissance, mais dans quel rôle ? Comment ? Et à quel niveau ? À l'Elysée, à Matignon ? Cette semaine, les avocats généraux ont requis, c'était mardi, dans le procès en appel des assistants parlementaires.
À ce moment de l'entretien, il n'est pas ici le lieu de refaire le procès de ce qu'il s'est dit. Mais les réquisitions, notamment à l'encontre de Marine Le Pen, ont été sévères. Elle le pressentait, elle l'avait confié à certains confrères, certains journalistes. Vous êtes, je crois, au siège du parti, mardi à 18h30, quand vous apprenez ces réquisitions. 5 ans d'inéligibilité, 4 ans de prison dont un ferme, aménageable sous bracelet électronique. Question un peu personnelle. Quand vous apprenez ces réquisitions, qui ne valent pas jugement, encore une fois, soyons très prudents.
Mais est-ce que vous vous dites « Je fais un pas de plus vers 2027, moi, Jordan Bardella, moi, le plan B, si elle ne peut pas y aller ? » Non, je me dis d'abord qu'il n'y a pas de surprise dans ces réquisitions. Ce sont des réquisitions de l'accusation. Et donc, le procès n'est pas terminé. Et le temps qui nous sépare de ce samedi soir à mercredi est le temps où précisément nos avocats vont plaider notre probité, notre intégrité et notre totale bonne foi. Donc, je ne me dis pas « On fait un pas de plus ». Je me dis « Le combat judiciaire, il fait partie du combat politique ». Mais vous savez ça par cœur, Jordan Bardella, les réquisitions en première instance ont été très largement suivies.
Encore une fois, l'appel est un autre procès, mais quand même. Elles l'ont été. Mais vous me permettrez de ne pas m'exprimer compte tenu du fait que nos avocats sont, au moment où je vous parle, en train d'assurer notre défense et de rappeler qu'on parle ici d'un désaccord administratif sur la façon dont travaillent des assistants au Parlement européen. Un terme désaccord administratif qui était utilisé. Vous étiez sur notre antenne lundi matin. Absolument. Utilisé dans la plaidoirie de l'avocat des partis civils Maître Maisonneuve qui dit en gros « Non, ce n'est pas un désaccord administratif. Certes, il n'y a pas d'enrichissement personnel, mais il y a du détournement de fonds publics.
Ça, c'est la réalité du dossier. Maître Maisonneuve et l'avocat du Parlement européen. Absolument. Il est bien naturel qu'il prenne la défense de son client. Un désaccord administratif, Madame, nous oppose depuis maintenant près de 20 ans qu'il n'y a dans cette affaire ni d'emplois fictifs ni d'enrichissement personnel.
Ce qui est en train de se jouer au moment où nous nous parlons est décisif pour l'avenir du pays et pour l'avenir de la démocratie française parce qu'une peine d'inéligibilité de 5 ans empêcherait Marine Le Pen qui est aujourd'hui donnée au second tour de l'élection présidentielle potentiellement gagnante qui a été candidate à trois reprises à la mère des élections qui est l'élection présidentielle de pouvoir se présenter. Donc c'est une épreuve qui est difficile mais je la mène aux côtés de Marine Le Pen.
Je lui ai toujours été loyal je lui serai toujours d'une totale loyauté et vous savez que nous avons décidé ensemble de constituer un ticket à Marine la course à l'Elysée à moi la préparation du rôle de chef de gouvernement à Matignon et je le dis quoi qu'il arrive quoi qu'il se passe nous serons présents sur la ligne de départ de ce premier tour de l'élection présidentielle même si tout est fait pour nous empêcher et nous partons évidemment dans cette élection avec l'ambition de la gagner et d'offrir aux Français l'alternance. Vous dites très régulièrement que vous l'avez en ligne vous la voyez forcément certains la décrivent et même elle se dit parfois un peu résignée.
Est-ce que c'est ce que vous ressentez ? Non. Non. J'ai beaucoup de déférences et vous le savez beaucoup d'admiration pour Marine à qui je dois la place que j'ai aujourd'hui à la fois dans la vie politique mais aussi celle que la voix que je porte devant vous et Marine n'a jamais été résignée. Marine Le Pen est une battante elle est d'une solidité à toute épreuve qui a souvent étonné y compris les observateurs et ses adversaires politiques et donc elle se bat avec l'énergie la détermination la conviction que cela suppose et moi je me tiens naturellement à ses côtés dans cette bataille.
Pas résignée il n'y a pas un peu de méthode couée quand même Jordan Bardella j'entends que vous souhaitez que ce soit votre candidate mais quand même elle dit si les réquisitions sont suivies je serai empêchée je ne pourrai pas y aller. C'est un fait. C'est un fait et donc de fait parce que gouverner c'est aussi prévoir vous l'avez dit plusieurs fois en parlant de vos opposants peut-être qu'ils n'avaient pas assez prévu vous prévoyez la suite. Est-ce que vous vous tenez prêt à être le candidat du rassemblement national en 2027 ?
La décence m'impose de ne pas répondre à cette question madame parce que nous sommes précisément dans une phase où nous faisons valoir devant la cour d'appel de Paris notre innocence l'innocence de Marine et l'innocence du rassemblement national donc je ne me mets pas dans cette perspective parce que je me mets dans la perspective où Marine pourra forte de l'innocence qui lui sera rendue par cette décision de justice pourra porter nos couleurs lors de l'élection présidentielle donc je n'entrerai pas dans ce jeu et je comprends bien que d'ici à la décision au verdict final tout sera fait pour essayer de m'arracher un bon mot ou un mauvais mot selon le point de vue vous avez naturellement essayé mais je commence à avoir l'expérience du jeu médiatique et donc je ne vous ferai pas ce plaisir Est-ce qu'il n'y a pas une forme de mea culpa pas forcément prononcée verbalisée mais dans l'attitude de vous mais aussi des députés du rassemblement national quant à la critique de la justice ça vous est revenu quand même en boomerang notamment à l'occasion de ces réquisitions les avocats généraux ont dénoncé je cite une stratégie de délégitimation de la justice les prévenus disent-ils ont conduit à installer un climat délétère dont les magistrats font aujourd'hui les frais certains députés ont parlé de tentative d'assassinat vous avez parlé de tyrannie des juges est-ce qu'un possible candidat à la présidentielle peut dire cela ?
d'abord je me garderai bien de toute forme de polémique au moment où le procès est en cours et vous noterez une forme de sobriété de ma part depuis le début de ce procès précisément pour ne pas mais sobriété pardonnez-moi vous n'aviez pas eu en première instance je vais vous répondre pour ne pas externaliser le débat qui est aujourd'hui en cours devant la cour d'appel sur le terrain médiatique ou sur le terrain politique donc je me suis abstreint depuis le début de ce procès à une forme de sobriété et de respect des procédures qui sont aujourd'hui en cours vous parlez de boomerang mais le boomerang il est d'abord revenu devant la cour de première instance devant le tribunal parce que lorsque le parquet général requiert une peine d'inéligibilité sans exécution provisoire à la différence de la première instance allant jusqu'à préciser que le trouble à l'ordre public viendrait précisément de l'empêchement d'une candidate donnée au second tour de l'élection présidentielle d'assumer ses responsabilités et d'assumer ce rôle démocratique qui est aujourd'hui conféré par les français en tout cas dans les sondages et qui l'a été à trois reprises lors de l'élection présidentielle ça veut bien dire que ces outils juridiques qui ont été utilisés contre Marine et encore une fois j'ai une liberté de parole qu'on n'a peut-être pas quand on est concerné par la procédure était évidemment une décision politique donc j'assume mes propos mais compte tenu du fait que la procédure est en cours je m'abstiens et vous le comprendrez à une sobriété dans la formulation ou les critiques qui peuvent s'exprimer sur la justice mais une sobriété que vous n'avez pas eue il y a un an parce que le procès était terminé et encore une fois je suis désolé il y a eu une pétition une pétition a été lancée après les réquisitions je maintiens ma position l'exécution provisoire ne se justifiait pas une exécution provisoire est là pour empêcher un risque de récidive Marine Le Pen n'est plus députée européenne Marine Le Pen n'est plus présidente du parti Marine Le Pen n'est plus présidente du groupe au Parlement européen soit par un risque de trouble à l'ordre public or la position que nous avions prise était précisément d'indiquer que le trouble à l'ordre public viendrait de l'impossibilité de Marine Le Pen de concourir à l'élection suprême et je vous rappelle que cette exécution provisoire a été motivée dans le document de première instance par le fait que Marine Le Pen pourrait se retrouver en capacité d'être élue présidente de la République donc il faut faire du droit pas de la politique et je suis extrêmement attaché à l'état de droit et cette exécution provisoire n'est plus requise en appel par les avocats comme c'est bizarre par les avocats généraux la décision sera connue au mois de juin prochain une candidature donc que vous espérez toujours conditionnée au fait donc que cette peine d'inéligibilité soit ramenée à deux ans ou moins absolument il était si question de peine de prison quatre ans dont un ferme aménageable sous bracelet électronique est-ce que le port d'un bracelet est un motif d'empêchement pour Marine Le Pen parce que ceux qui nous écoutent un bracelet électronique ça vous oblige à des horaires de présence chez vous le week-end est-ce que c'est possible de faire campagne sous bracelet électronique de fait ça rend les choses beaucoup plus compliquées Marine Le Pen l'a dit elle s'est exprimée et elle se bat elle se bat pour prouver sa probité son intégrité totale dans cette affaire et elle prendra sa décision et nous en discuterons à l'issue du verdict encore une fois ce ne sont que des réquisitions qui viennent de la part de l'accusation et il est bien normal qu'elle mette par définition en accusation le Rassemblement National même si évidemment nous contestons tout cela J'entends votre grande prudence j'entends votre loyauté à Marine Le Pen à qui vous devez tout mais est-ce que vous êtes finalement avec les mois et les années si interchangeables que cela quand on voit le dernier sondage plutôt très flatteur pour vous Odoxa pour le Figaro 69% des sympathisants du RN de votre parti estiment que vous seriez un meilleur candidat vous êtes plus populaire que Marine Le Pen pour 57% des interrogés vous êtes capable d'exister politiquement sans Marine Le Pen est-ce que finalement si on tire un fil le non Le Pen peut dans cette élection présidentielle être un moins être un handicap je ne rentrerai pas je ne rentrerai pas dans ce type de commentaire à la fois sur les sondages que vous mentionnez qui sont flatteurs pour le Rassemblement National parce que flatteurs pour vous pourquoi ne pas vous vous sent gêné non non pas du tout je ne suis pas gêné mais j'accueille la dynamique qui nous porte collectivement parce que la dynamique elle nous porte collectivement avec d'abord beaucoup d'humilité et surtout une injonction à la responsabilité nous ne sommes pas des artistes nous ne sommes pas des chanteurs nous ne sommes pas des acteurs et donc la popularité et du moins la confiance des français envers des dirigeants politiques nous conduit à un devoir impérieux qui est celui de porter les espoirs des millions de français qui attendent aujourd'hui l'alternance et qui attendent aujourd'hui un changement de politique Madame regardez l'état de la France aujourd'hui regardez l'état dans lequel Emmanuel Macron a mis notre pays depuis 10 ans nous étions une grande puissance agricole nos agriculteurs sont aujourd'hui en train de crever sous le poids des normes sous le poids de la concurrence déloyale depuis 50 ans nous étions autosuffisants en matière alimentaire nous sommes aujourd'hui dépendants de nos importations nous étions une grande nation automobile nous avons ces 10 dernières années sous le poids des décisions d'Emmanuel Macron et de la commission européenne perdu 40 000 emplois dans la filière automobile industrielle alors que ça a toujours été un joyau de l'industrie française et européenne regardez l'insécurité qui est en train de s'installer partout sur notre territoire il y a quelques heures des bandes d'assassins ont jeté une grenade à Grenoble dans un institut de beauté on est en train de s'habituer au pire on est en train de s'habituer à la multiplication sur notre territoire des bandes criminelles donc nous serons demain au pouvoir j'en suis convaincu et nous aurons une responsabilité éminente si c'est pas nous qui le faisons alors personne ne le fera à notre place le temps presse et je crains que dans 5 ans ou dans 10 ans il soit trop tard donc comprenez bien que notre responsabilité avec Marine c'est non seulement de rester unis c'est de travailler main dans la main nous ferons campagne ensemble jusqu'au verdict de l'appel et après le verdict de l'appel et jusqu'au premier tour et jusqu'au second tour de la présidentielle nous ferons campagne ensemble mais de vous organiser aussi encore une fois certains vont vous j'imagine que vous l'anticipez parler de votre âge de votre inexpérience à des mandats locaux à des mandats nationaux vous n'avez jamais été ministre vous êtes prêt à finalement répondre à ce type de critique là je suis prêt et je me prépare à exercer des responsabilités je n'ai aucune leçon aucune à recevoir de gens qui ont fait 1200 milliards d'euros de dettes en presque deux quinquennats je n'ai aucune leçon à recevoir madame de gens qui ont aujourd'hui éteint la voie de la France sur la scène européenne et sur la scène internationale je n'ai aucune leçon à recevoir de la part de gens qui ont laissé l'insécurité la violence et l'islamisme s'installer et prendre le pouvoir dans d'innombrables quartiers de France donc je suis jeune c'est vrai je n'y pourrai rien je rassure mes détracteurs c'est un défaut qui passe très vite et je fais en réalité à 30 ans ou 31 ans l'année prochaine ce qu'on fait normalement dans la vie à 50 ou 55 ans et donc je n'ai pas le sentiment d'avoir 30 ans dans ma tête et cette jeunesse me confère aussi une forme de liberté elle me confère d'abord une énergie et pour redresser le pays demain et pour conduire l'action d'un gouvernement il faudra une énergie une conviction une détermination très forte j'ai cette énergie et j'ai cette détermination et il faudra naturellement une liberté je ne dois rien à personne si ce n'est aux français qui m'ont accordé leur confiance et à Marine qui m'a accordé son amitié mais je suis totalement libre je n'ai personne à recaser dans des agences gouvernementales je n'ai aucun cadeau à faire à des gens de la haute administration qui me réconférer une forme de bienveillance je suis totalement libre je mène un combat pour la France et pour les français et pour eux je me battrai jusqu'au bout et jusqu'à mon dernier souffle vous prendrez votre décision j'imagine de concert au mois de juin prochain ça vous nous le confirmez une fois que le jugement sera rendu il a été question de l'hypothèse de la cassation ultime recours mais ce sera trop tard on saura donc qui de vous ou de Marine Le Pen sera candidat du rassemblement national pour la présidentielle ce sont les circonstances qui feront le ou la candidate à l'élection présidentielle pour notre mouvement bien sûr et ce sont évidemment les circonstances judiciaires si elle est empêchée quel sera son rôle que fera Marine Le Pen elle a dit à des confrères hors de question de reprendre les rênes en tout cas pas tout de suite du parti j'entends quel sera son rôle si on se place dans cette hypothèse dans laquelle vous comprendrez je n'ai jamais souhaité me placer dans laquelle je ne me placerai pas dans les prochaines semaines par respect encore une fois pour les temps difficiles que nous vivons et que nous affrontons ensemble mais Marine sera là quoi qu'il arrive et je serai là quoi qu'il arrive et nous serons côte à côte main dans la main sur la même route mais le ticket ne tiendrait plus parce qu'elle ne souhaite pas être votre première ministre ce serait un ticket qui conserverait son lien son efficacité auprès des français et dans cette aventure politique je le crois peut-être d'une autre façon mais en tout cas je ne me place pas au moment où je ne parle dans cette hypothèse vous n'êtes jamais pris d'une forme de vertige quand vous pensez à la suite si je vous dis oui ça risque de vous inquiéter et si je vous dis non ça risque aussi de vous inquiéter donc la vérité est peut-être à mi-chemin vous savez je ne sous-estime pas la complexité du temps présent l'incertitude géopolitique les difficultés qui se posent sur la scène nationale quand on est jeune on a peut-être un peu moins peur des obstacles parce qu'on veut aller peut-être plus vite avec encore plus d'énergie avec encore plus de force et croyez-moi le redressement du pays va nécessiter un don de soi et une énergie entière et je pense avoir en tout cas cet état d'esprit et ce caractère peut-être un mot sur Marion Maréchal qui a fait son retour ce livre si tu te sens Le Pen elle qui a enlevé Le Pen de son nom sur la scène publique elle revient dans le giron de la famille du parti elle pourrait avoir un rôle prochainement à vos côtés oui en tout cas elle a un rôle évidemment naturel au moment où on se parle elle a apporté un soutien à la coalition que nous avions constituée lors des dernières élections législatives et elle a fait le choix ça clôt plusieurs années de tension quand même c'était pas si aimable il y a quelques années la politique d'abord c'est pas c'est jamais une autoroute ça n'est jamais un long fleuve tranquille mais la situation du pays et l'intérêt national exigent le rassemblement de toutes les bonnes volontés moi je souhaite constituer ce rassemblement Marion a toujours été d'ailleurs y compris à l'époque où elle était au Front National dans cette volonté d'union et de rassemblement je me réjouis évidemment qu'elle puisse aussi par ses mots par les déclarations qu'elle a eues récemment contribuer à son niveau avec sa sensibilité ses convictions à son rassemblement vous savez je veux rassembler tous les amoureux de la France quels qu'ils soient d'où qu'ils viennent dans l'intérêt des français dans l'intérêt du pays je suis en train de lire son livre je n'ai pas encore eu l'occasion de le finir mais j'étais à la soirée de lancement de son livre et je lui souhaite bonne mère dans cette aventure littéraire merci merci beaucoup Jordan Bardella merci Madame Chantel d'avoir été notre invité ce soir sur BFM TV et donc rendez-vous au mois de juin prochain un mois qui s'annonce crucial pour votre parti de savoir qui de Marine Le Pen vous serez donc le candidat à la présidentielle merci beaucoup merci à vous
Marine Le Pen