Crise Covid-19 : "Tout ce qui permet d'avoir du lien a été attaqué en premier", juge Clémentine Autain
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Bonjour, bonjour et merci d'être fidèle à la question politique. Le rendez-vous du week-end de France Inter, du journal Le Monde et de France Info est avec nous ce dimanche. Et si c'était elle, elle qui serait capable de réussir l'impossible, à savoir réunir les différentes familles d'une gauche éclatée et que certains disent même irréconciliable, elle porte en tout cas une ligne d'ouverture de la gauche, des écologistes et de la société civile. Une stratégie dont on pourra voir les résultats en juin aux prochaines élections régionales où elle est candidate. Et ce sera peut-être une sorte de stress test pour reprendre le vocabulaire des banquiers.
Un stress test avant la présidentielle de 2022. Une heure avec elle en tout cas pour revenir sur les grands enjeux politiques du moment. La crise sanitaire et ses conséquences économiques et bien sûr sociales. Le débat qui s'enflamme à l'Assemblée nationale autour du projet de loi sur le séparatisme. Et elle nous dira comment créer du commun alors que nous sommes toujours plongés dans l'incertitude et à part les uns par rapport aux autres. La députée La France Insoumise Clémentine Hottin est notre invitée jusqu'à 13h pour réintervenir le hashtag QuestionPol ou l'application mobile France Inter.
France Inter. Question politique. Ali Badou.
Bonjour Clémentine Hottin.
Bonjour Ali Badou.
Merci d'être avec nous ce dimanche pour vous interroger l'équipe de Questions Politiques. Françoise Fressoz du Journal Le Monde. Bonjour Françoise.
Bonjour Ali. Bonjour à tous.
Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour Ali. Bonjour à tous. Et Karine Becker de France Inter. Et votre chat Nathalie aussi, celui que vous avez dans la gorge. Excusez-moi. Vous êtes nombreux. Vous êtes nombreux.
Attention, vous êtes minoritaire en tocom. C'est vrai. Vous avez à bien vous tenir. Moi, c'est de saison.
Et Karine Becker de France Inter. C'est la saison des chats. C'est la saison des chats. C'est la saison des chats. Exactement, dans la gorge. Salut tout le monde. Karine qui a préparé votre portrait Clémentine Hottin. Et nous le découvrirons ensemble tout à l'heure. Un deuxième chat. Pardon, c'est lui qui est dans ma gorge à moi. Et je pose la question en souriant, mais on va y revenir sur le fond. Comment peut-on être insoumis aujourd'hui, Clémentine Hottin ? Comment peut-on être insoumis alors qu'on est en plein état d'urgence sanitaire, qu'il faut respecter les règles, les mesures contraignantes parfois, les distances physiques, l'insoumission quand on est obligé de respecter les règles ?
À quoi ça ressemble ?
J'ai envie de dire plus que jamais, dans la période que nous traversons, il y a besoin d'être insoumis. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire, pour moi en tout cas, garder son esprit critique, d'essayer de comprendre ce qui nous arrive. Et à partir de là, imaginer ce fameux monde d'après. Alors je sais que l'expression est très galvaudée. Elle nous fatigue presque. Parce que d'abord, on ne voit pas très bien à quoi ressemble cet horizon. On se sent en grande difficulté pour se projeter. C'est ce qui me paraît une des plus grosses difficultés du moment. C'est-à-dire qu'on ne sait pas ce qui va se passer demain, la semaine prochaine, dans un an, dans dix ans.
Et on a besoin précisément d'analyser ce qui nous arrive, de comprendre ce qui dysfonctionne, pour repartir non pas comme avant, mais autrement.
Mais en attendant, l'insoumis respecte les règles.
Écoutez, on respecte les règles, oui, les règles barrières. Vous voyez bien le moment difficile dans lequel on est. C'est que la question que vous posez, elle renvoie à ce mouvement de désobéissance civile qui est de plus en plus grande, de défiance à l'égard des institutions, et qui nous pose problème à toutes et tous. C'est-à-dire qu'on est dans un moment de crise majeure. C'est-à-dire que vous ne l'appuyez pas, ce mouvement de désobéissance civile ? Ça dépend pourquoi. Il arrive qu'il y ait des actions de désobéissance civile, de par l'histoire, vous savez très bien. Je pense immédiatement quand je pense... Mais oui, mais je vous donne un exemple historique qui me parle.
Quand Rosa Parks se met à un moment donné dans un bus, à un endroit qui lui est interdit parce qu'elle est noire, c'est de la désobéissance civile qui a du sens.
Mais on parle de la ségrégation raciale et de l'apartheid aux Etats-Unis. Moi, je vous parle d'un restaurateur, par exemple, qui décide d'ouvrir son restaurant alors qu'il n'en a pas le droit.
Il porte une colère à ce moment-là sur le choix du gouvernement.
Vous le soutenez ou vous dites non dans les conditions actuelles et pour qu'on s'en ressorte le plus vite possible, il faut respecter les règles ?
C'est-à-dire qu'on peut interroger les règles ? Et c'est tout le sujet, la raison pour laquelle je suis ici. C'est-à-dire que quand le gouvernement fait le choix de laisser, dès le premier confinement, ouvert les galeries commerciantes des grands groupes, les centres commerciaux, mais par contre de fermer les cinémas, les musées, les théâtres, c'est un choix que l'on peut contester, que l'on peut contester, et que l'on doit contester. Parce que c'est qu'est-ce qui est essentiel, qu'est-ce qui doit être préservé, qu'est-ce qui est efficace aussi pour lutter contre le Covid-19 et en même temps de protéger nos vies.
Parce que si la vie devient, et on le voit maintenant au bout d'un an, n'a de sens que de préserver la vie, mais c'est une vie dans laquelle on n'est pas vivante. Comme si on n'était qu'un être organique ou alors un homo economicus qui doit faire métro, boulot, dodo. Vous voyez bien qu'il y a quelque chose qui nous parle.
Donc vous soutenez le restaurateur qui ouvre.
En tout cas, je ne l'accable pas. Non, je n'accable pas le restaurateur qui ouvre. Mais je ne crois pas que ce soit la bonne solution. La bonne solution, c'est d'avoir un débat démocratique qui nous permette d'avoir du consentement aux règles qui sont imposées.
Alors justement, le gouvernement a finalement fait le choix, ou plutôt Emmanuel Macron, de ne pas reconfiner, en disant que reconfiner, ça aurait été finalement la solution de facilité. Est-ce que vous partagez ce choix ? Vous êtes d'accord avec ce choix ? Ou est-ce que vous trouvez que le risque est trop grand ? Justement, au nom de ce que vous dites, c'est-à-dire une vie qui ressemble à une vie ?
Oui, c'est-à-dire qu'on voit bien qu'on s'installe dans la durée vis-à-vis de cette crise sanitaire. Ça fait un an, on ne voit pas exactement le bout. Alors pour des raisons qu'il faut analyser, sur tous les manquements du gouvernement, la séquence des masques a été ratée, le fiasco des tests ensuite, et puis aujourd'hui, l'inorganisation totale vis-à-vis du vaccin.
Et nous payons 30 ans de politique publique, de destruction de l'hôpital, je rappelle quand même, 100 000 lits en quelques décennies, de perdus, et depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir, ne vous a pas échappé, Nathalie Saint-Cricq, que nous avions eu plus de 7 400 lits en moins, et que ça continue, puisqu'à l'heure où je vous parle, rien qu'en Ile-de-France, il y a deux endroits où il va y avoir des restructurations avec des centaines de lits en moins, un milliard de moins pour l'hôpital public. Bon, c'est quand même un vrai problème. On paye ça, et on paye pour ce qui relève du vaccin. Non mais je tiens à dire... Il y a eu un ségure de la santé, il y a eu des gens qui ont été réinjectés.
D'abord, il y a eu un ségure de la santé comme elle dit, fallait-il reconfiner de façon préventive, ou fallait-il donner sa chance à la liberté, à l'espoir, aux Français et à la responsabilité ? Ma question est simple, la décision d'Emmanuel Macron, ça a été d'attendre et d'essayer d'espérer que ça s'arrange.
Oui, mais vous comprenez bien qu'on prend à chaque fois des décisions, quand on est mis devant le fait accompli, des étapes précédentes qui ont été ratées. Donc je vous parle de l'hôpital, on parlera sans doute tout à l'heure de Sanofi et des problèmes de vaccins.
C'est sur le constat, là, c'est sur les décisions immédiates, c'est-à-dire, est-ce que vous dites, merci Emmanuel Macron de ne pas nous avoir reconfinés la semaine dernière ?
Oui ou non ? Oui, je pense que c'est mieux aujourd'hui de ne pas être reconfinés, c'est ça la réponse. Mais ça ne fait pas une solution.
Ça ne fait pas une solution. Et si on doit être reconfinés, ou si, parce qu'on voit quand même que les épidémiologistes sont assez inquiets, est-ce qu'il faut un débat au Parlement ? Et qu'est-ce que vous, vous direz à ce moment-là ?
Voilà, merci, bonne question. Donc, on ne reconfine pas dans le moment, mais il faut des gestes barrières et des politiques publiques qui permettent de nous protéger. Aujourd'hui, on nous parle comme si on était des enfants. Il n'y a plus d'instance démocratique. C'est ce fameux Conseil de guerre qui décide, avec d'ailleurs tout un vocabulaire qui ne concerne pas que le Conseil de guerre. Quand on a raté, testé, tracé, isolé, dans le tracé, on nous parlait de brigade, c'est-à-dire de surveillance généralisée. Je pense que la surveillance et l'autoritarisme ne permettent pas de nous aider dans ce moment de crise. Je suis même frappée par la discipline des Français à l'égard des règles.
Le couvre-feu est globalement très respecté. Les gens sont extrêmement prudents. Donc, en fait, je vous dis tout faire pour éviter le reconfinement, c'est ça ? Bien sûr. Mais qu'est-ce qu'on peut faire en plus qui n'est pas fait aujourd'hui ? Eh bien, c'est ce que je suis en train de vous dire. C'est-à-dire qu'on a besoin de démocratie et de prendre en considération l'avis des citoyennes et des citoyens plutôt que d'imposer. Or, le gouvernement n'organise pas cette participation citoyenne aux manières de se protéger collectivement, respect des règles barrières, etc. Première chose. Deuxième, désaccord sur ce qui est essentiel et ce qui n'est pas essentiel.
Et ça, ça dure depuis le premier confinement. Et moi, je ne décolère pas, mais vraiment, je ne décolère pas du choix du gouvernement qui est au fond quoi ? De dire, ce qui est le plus important, c'est la compétitivité. C'est ça. Il faut ne pas perdre sur le terrain de la compétitivité. Et qu'importe que nos vies ne ressemblent plus à rien, que les gens craquent, qu'il y ait en Seine-Saint-Denis 150% de recours à des antidépresseurs de plus qu'en temps normal. C'est ça la réalité. Qu'on ait des étudiants qui sont de zoom en zoom complètement perdus. Un étudiant sur six, vous ne comprenez pas, Nathalie ?
Je ne comprends pas le choix de la compétitivité, je ne vois pas le rapport. Les étudiants, on les a mis chez eux, c'est triste. C'est même épouvantable, ils sont dépressifs pour éviter qu'ils se contaminent. Ce n'est pas une histoire de compétitivité. Personne ne gagne rien à ce choix.
Le choix qui a été fait, je reviens sur ce que j'ai dit, quand je dis qu'on a laissé travailler pendant pas mal de temps, des grands centres commerciaux. D'accord ? Qu'on nous explique qu'à partir de 18h, c'est fini. Une fois qu'on a travaillé, on rentre, il n'y a plus du tout de vie. Qu'on ferme des musées alors qu'on ouvre la salle de ruot. Vous comprenez bien que ça, ce sont des choix. Ce sont des choix qui, en fait, recherchent à maintenir l'économie dans le cadre actuel néolibéral de compétitivité, avant de s'interroger sur ce qui est essentiel et ce qui ne l'est pas.
Mais là, vous êtes dans la critique systématique et on peut l'entendre. Simplement, est-ce que vous voulez bien prendre la position inverse et donc nous dessiner comment est-ce qu'il faudrait organiser aujourd'hui le pays ?
Alors, je recommence. Il me semble avoir dit un certain nombre de choses. Déjà, je pense que le gouvernement nous met dans le mur avec ses choix au long cours, néolibéraux et son incapacité à organiser. Parce que non, c'est-à-dire que ça veut dire que vous ouvrez les salles de spectacle et vous fermez les commerces. Pas les commerces de proximité ? Les commerces de proximité ont pris très très fort. Tout le tissu, tout ce qui permet d'avoir du lien, ce qui permet de faire vivre des territoires aussi, la vitalité des territoires, c'est ce qui a été en premier attaqué pendant que Carrefour, Auchan était ouvert. Oui, ça me met en colère. Pourquoi est-ce qu'on peut s'entasser ?
Je vais être très concrète. Pourquoi est-ce que l'autre jour, j'ai raté, je n'ai pas pris un bus, je ne suis pas montée dedans, il était blindé, les géants étaient les uns sur les autres. Ça, c'est possible. Mais on ne peut pas aller au cinéma avec une personne sur deux sur des sièges. Ça, c'est un choix qui vous paraît cohérent. Donc on ouvre les cinémas, on ouvre les salles de culture, toutes les salles de culture ? Oui, je pense qu'on peut rouvrir en respectant les gestes barrières et les règles sanitaires. Mais pour le faire, il faut impliquer la population qui est responsable. Ce ne sont pas des enfants.
Donc ce n'est pas simplement de la surveillance, c'est que la mise sous tutelle de nos libertés dans ce moment-là est quelque chose de grave et qui n'est pas toujours efficace pour lutter contre la contamination. Donc je le redis, il faut, sauf à... Je veux dire, sinon, on est dans un régime autoritaire, voilà, complètement, et on surveille absolument tout le monde et on est sûr qu'il n'y a plus personne qui est contaminé. Ça, ce n'est pas possible. Ça, ce n'est pas possible et ça n'est pas souhaitable. Donc si vous enlevez ça, vous vous dites qu'il y a des systèmes de roulement qui peuvent être imaginés.
Vous vous dites qu'il y a aussi des choix dans qu'est-ce qui est essentiel et qu'est-ce qui ne l'est pas. Je termine juste sur la culture parce que ça me met terriblement en colère et sur l'éducation. Qu'est-ce que vous croyez que dans un moment pareil, plus de réunions publiques politiques, syndicales, associatives, on ne peut plus parler dans cet endroit-là, plus de capacité de partager du sensible, de l'esprit critique par l'accès à la culture, plus possible. Et vous pensez qu'on va finir dans quel état ? C'est quoi cette société ?
C'est quoi l'intention qu'il y a derrière, d'après vous ? C'est quelque chose de délibéré ou c'est de l'incompétence ? Justement, c'est les deux. Clémentine Auteur. Ça peut être de la peur aussi, éventuellement.
C'est les deux. C'est-à-dire que les choix dont je vous parlais et avec lesquels je suis en désaccord. Regardez Sanofi. Non mais je veux dire, Sanofi, ça fait 30 ans que ça dure cette histoire, qu'il y a eu une volonté délibérée des gouvernements successifs de démolir la possibilité d'avoir une industrie. C'est une entreprise privée
qui a fait une année 2020 magnifique du point de vue de ces résultats.
340% de plus de bénéfices chez Sanofi. Et dans le même temps, vous avez 4 milliards reversés aux actionnaires et 1 700 postes menacés. Le 28 janvier, on nous a expliqué qu'il y en avait 400 quasiment qui étaient déjà terminés. Comment voulez-vous que les Français comprennent quelque chose ? Donc on a dépecé, cassé, démantelé la possibilité d'une industrie pharmaceutique qui arrive d'ailleurs à une humiliation totale de la France puisque nous sommes les derniers de peloton. Même les Russes dont on attend rigoler. C'est une entreprise privée et le delta ne peut rien faire. Ça serait une entreprise publique. Nathalie Saint-Cricq. Eh bien voilà, vous avez raison.
Vous me demandez ce que je propose. Je propose qu'il y ait un pôle public du médicament. Et je vais vous dire mieux que ça, Nathalie Saint-Cricq. C'est qu'aujourd'hui, le choix c'est quoi ? Est-ce qu'on veut un système de santé et de soins efficace ou est-ce qu'on pense que la priorité c'est la satisfaction des actionnaires ? Voilà. Qu'est-ce qui est préférable ? Eh bien ce qui est préférable, c'est d'avoir un système de santé qui marche, d'avoir des médicaments génériques qui puissent être correctement produits et y compris en France, que nous soyons capables de produire le vaccin là où on a laminé la recherche publique. Donc ça, c'est un choix de société. C'est un choix de société.
Le gouvernement ne le fait pas. Mais sur l'incompétence, je réponds à Nathalie Saint-Cricq, donc ça c'est choix politique et incompétence. Et c'est ça qui est fou, c'est que chemin faisant, on se rend compte qu'en prime d'une politique qui est absolument détestable parce qu'elle est liberticide et parce qu'elle est néo-libérale, en plus on a des incompétents. C'est la start-up nation qui ne sait pas organiser, planifier, faire en sorte que nous ayons en temps et en heure ce qu'il faut, il faut des chaînes de réduction.
Vous pouvez que vous y arriviez mieux que ceux qui depuis un an se débattent avec la crise ? Parce qu'on voit quand même que c'est un enjeu mondial et qu'on n'est pas si mal placé non plus dans la lutte contre le virus.
Donc, attention. Moi, je ne dis pas qu'il n'y a qu'à Faucon et que c'est facile face à la pandémie. Je ne dis absolument pas ça. Question Clémentinota. Non, mais soyons clairs. Pas ça. Ce n'est pas vrai. C'est difficile. C'est difficile. Mais il est faux de dire qu'il n'y a pas d'autre solution. Il est faux de dire que le gouvernement n'a pas pris ses distances avec une culture d'État. La culture d'État. On a l'impression que l'État ne s'est plus planifié et organisé. Mais justement, Clémentinota, c'est la question.
Vous avez employé trois fois le mot depuis le début de l'émission, le mot de néolibéralisme, de politique néolibérale. Est-ce que véritablement ce mot a un sens dans la période que nous vivons ? Je ne parle pas éventuellement des débuts du quinquennat, mais je parle de la séquence que nous vivons avec un État-providence qui n'a jamais été aussi fort avec des milliards d'euros investis pour soutenir à la fois l'économie et des socialement tous les Français ou en tout cas le plus grand nombre de Français a traversé la crise. On est loin, loin du néolibéralisme, Clémentinota ?
J'entends ce que vous dites. C'est-à-dire qu'en effet, dans la période de crise, on se rend compte que tout ce qui permet... On a besoin en fait de la sécurité. sociale... Je ne parle pas simplement de la sécurité sociale pour notre santé. La protection sociale. Mais de sécurisation, de protection sociale et d'aide de la puissance publique. Donc là, dans l'urgence absolue, on s'en rend compte. Mais quand vous regardez le détail de ce qui est fait, je ne vois rien d'une réorientation des logiques économiques.
Mais où est le néolibéralisme ?
Le néolibéralisme, il est qu'on a...
En ce moment ?
En ce moment. Quand par exemple, au dernier budget que nous avons voté à l'Assemblée, pas nous, qui a été voté à l'Assemblée nationale, vous voyez des milliards déversés aux grandes entreprises sans aucune contrepartie sociale et environnementale, ça pour moi, c'est une logique néolibérale. C'est-à-dire que nous n'avons pas d'État stratège qui est capable justement d'investir là où ça fait sens. Donc il ne faut pas aider
par exemple Air France ? Il ne faudrait pas aider Renault ? Il ne faudrait pas aider PSA ?
Ça dépend comment on les aide. Vous prenez un exemple qui m'est cher en plus. Vous savez, je suis élue de Sevran, Villepinte et Tremblay, donc la zone aéroportuaire de Roissy, je vois bien ce que c'est. Et quand je vous dis qu'on est dans une logique néolibérale, je le vois de près dans les choix qui sont faits. Les premiers qui ont pris cher, c'est tous ceux qui sont en CDD en intérim. Donc nous, on s'est toujours battus pour qu'il y ait une sécurisation des parcours professionnels. Les premiers virés à Roissy, c'est ceux-là. Et ensuite, c'est les boîtes dans la boîte.
C'est-à-dire que les entreprises comme Air France, ADP et d'autres, ce qu'elles font, c'est qu'elles utilisent les aides publiques, en particulier chômage partiel ou les aides carrément tout à fait données, pour dégager davantage de bénéfices, profiter des phénomènes pour licencier et je ne vois pas de réorientation stratégique voulue par l'État. Mais du coup,
si on voulait réorienter, vous avez parlé du Pôle Santé tout à l'heure, dans quel secteur d'avenir est-ce qu'il faudrait investir dès maintenant pour réorganiser cette économie de demain ?
Déjà, dans le système de santé, ça me paraît être une évidence. Mais excusez-moi, on continue. Je vais vous parler des deux exemples en Essonne et là, ce matin, il y avait une mobilisation puisqu'il va y avoir un nouvel hôpital à Saint-Ouen qui regroupe Bichat et Beaujon et à la clé, plusieurs centaines de liens en moins. Ça, c'est concret. Vous me dites, on n'est plus dans des logiques néolibérales. Mais c'est la même chose. C'est cette idée de restructuration, qu'on va être plus efficace. Non, au final, on est moins efficace et si demain, il y a une crise sanitaire supplémentaire, on n'est pas en capacité de la voyer. Mais quels sont vos choix
économiques pour demain ?
On investit
dans quel secteur ?
D'abord, ce qui est clé, le secteur de la santé, des soins, du lien, ce qui permet de faire vivre le droit à la ville. On parlait tout à l'heure des commerces de proximité. Je pense que c'est plus important que de continuer dans ces grands complexes commerciaux qui ne sont pas soutables. Vous leur avez consacré d'un point de vue. Aujourd'hui, ça ne va pas durer. Ça ne va pas durer. Ces grands centres commerciaux et la transition écologiste indispensable. Et là, c'est un gisier d'emplois considérable, mais ça suppose de repenser le sens à faire société.
Nathalie Saint-Cricain. En attendant,
quel est votre jugement sur la stratégie vaccinale du gouvernement et notamment le fait d'être passé par les institutions et la Commission européenne pour avoir des commandes groupées et qui soient distribées dans chaque pays au pro rata du nombre d'habitants ? Vous trouvez que c'est un échec comme tout le monde le dit parce qu'on est en retard ou au contraire c'est ce qu'il va les faire ?
Écoutez, on est en retard et c'est un échec, oui, je le crois et je pense que même à l'échelle européenne les choses n'ont pas été correctement négociées parce qu'il y a une certaine soumission organisée depuis très longtemps à l'égard des grands groupes. Voilà. On n'est pas capable, par exemple, les chaînes de production, non, ça ne peut pas dire ça. Les chaînes de production, on n'est pas capable de les mettre en place. Les brevets, les brevets, on n'est pas capable de les avoir très rapidement toutes ces licences. Est-ce que vous pensez
que si on avait négocié tout seul, la France, on aurait été... Non,
je ne crois pas simplement que la France doit négocier seule. Moi, je ne suis pas dans l'idée que la bonne idée géniale, c'est toujours le repli du simple protectionnisme dans le cadre national. Ce n'est pas ça que je suis en train de dire. Mais ce que je pense, c'est que la façon dont on est organisé à l'échelle européenne nous pose problème parce que nous sommes toujours dans l'idée que le laisser faire au privé va bien fonctionner. Quand on a perdu du temps à l'échelle européenne,
contrairement aux Anglais et aux Américains, parce qu'on a exigé qu'il y ait une responsabilité des fabricants de vaccins dans cas d'effet secondaire alors que ça n'a pas été fait. D'accord. On ne s'est pas fait avoir sur la sixième dose,
Nathalie Sincric. On ne s'est pas fait avoir sur la sixième dose avec Pfizer. Sérieusement.
La négociation des contrats a traîné parce que nous avons exigé une responsabilité des labos en cas d'effet secondaire alors que les États-Unis et les Anglais se sont assis dessus. Là, au moins, ce n'est pas le laisser faire, laisser passer, c'est le néolibéralisme.
Clémentine Attin.
Écoutez, sur le laisser faire global, je pense qu'il est grand, d'autant que je redis, on ne sait pas faire avancer les choses correctement en termes de licence pour pouvoir aussi organiser les chaînes de production, utiliser Sanofi et dire voilà, demain, on réquisitionne et vous faites. Vous le faites. On réquisitionne. Les chaînes de production, on les met en mouvement. Ça va être fait en partenariat. Comme ce qu'on avait demandé au premier confinement pour aller faire les masques, pour aller faire toutes les bouteilles et tout ce qu'il fallait pour pouvoir bien respirer.
tout ce matériel-là, souvenez-vous de Luxfer, qui était une entreprise qui pouvait se mettre au service concrètement de la production. Le gouvernement n'est pas capable de dire on réquisitionne et on y va. Là, il n'a pas réquisitionné. Visiblement,
il y a quatre usines qui vont fonctionner en France qui feront la sous-traitance de vaccins. Pourquoi est-ce qu'il faut toujours avoir la réponse à ce que vous dites ? Au fond, vous dénoncez sur le confinement en disant on est totalitaire et là, vous dites il fallait réquisitionner. Là, on y arrive par le dialogue,
c'est peut-être mieux, non ? Je crois exactement l'inverse. C'est-à-dire que je pense que le néolibéralisme, il est organisé avec deux parties. Il y a une partie qui est l'idée que le privé va bien faire, que finalement, le capitalisme financiarisé va finir par répondre à nos besoins. On a quand même eu en un an un vaccin contre la Covid, ce qui est quand même, c'est une avancée aussi. Et vous, vous partiez du principe qu'on ne l'aurait pas eu si tout cela relevait de la recherche privée publique, plus exactement ? On n'en sait rien,
mais en tout cas, dans le cadre libéral mondial,
on a réussi à produire un certain nombre de vaccins. Et vous trouvez correct qu'il y ait cette grande concurrence et des profits si importants ? Combien de marge ?
Ça, je ne le juge pas.
Je le juge sur la production. Eh bien, Mme Fresso, c'est la différence. 25 à 30 % de marge sur le vaccin de Pfizer. Vous trouvez ça normal ? Cet argent, il ne serait pas mieux dans le bien commun aujourd'hui ? Mais si c'est un moteur
à la recherche, c'est pour ça que ça réussit. Karine Becker. Eh bien, vous avez raison.
C'est la vraie question de société, Nathalie Saint-Cricq. Est-ce que le moteur de l'argent est le seul moteur pour façonner les sociétés ? Je n'ai pas dit que c'était le seul, je n'ai pas dit que c'était bien. Vous dites qu'il marche, je conteste ça. Je pense qu'il ne marche pas. Je pense qu'il ne marche pas aujourd'hui parce qu'il nous fait perdre le sens de la vie et parce qu'il fait dégager des profits de plus en plus faramineux qui sont accaparés par un tout petit noyau. Et le rapport d'Oxfam de la semaine dernière était éclairant. Pendant la crise, les riches se sont enrichis, les pauvres se sont appauvris. Donc je pense que ce système ne marche pas.
Maintenant, qu'est-ce qui fait moteur pour ne pas basculer dans un régime autoritaire ? Et je me bats contre tout régime autoritaire en tout domaine, mais je pense quand même que les règles économiques permettent justement d'éviter l'autoritarisme aussi des marchés. Donc il faut avancer vers là et associer ça à des libertés publiques plus grandes qui aujourd'hui sont menacées. Donc là, quel est le moteur ? Eh bien le moteur, il doit être la recherche de biens communs, de partage, de partage d'intelligence, de pouvoir, de savoir, de sensible. Il doit être autre chose que simplement gagner de l'argent. Et j'entends que gagner de l'argent est un moteur aujourd'hui qui fait tourner la société.
Je pense qu'on peut avoir beaucoup mieux, beaucoup plus juste et qu'on en a besoin au lendemain de cette crise qui nous bouscule
toutes et tous. Karine Becker,
encore une question sur le dossier.
Voilà, encore un petit mot sur le vaccin. En attendant, est-ce que diplomatiquement on peut accepter de valider les vaccins chinois par exemple ? Est-ce qu'il faut recourir à ces vaccins-là s'il nous en manque et s'il faut aller plus vite ?
Écoutez, moi ce que j'aimerais c'est qu'on ait des choses qui soient mieux organisées sur le plan mondial aussi parce qu'il y a une espèce de course entre les uns et les autres qui cherchent beaucoup à dégager des marges, des profits. Et des zones d'influence.
Donc après, si on n'en a pas, moi ce que je souhaite c'est qu'on puisse le produire en France mais ça en règle générale moi je ne me satisfais pas que par exemple le Doliprane demain on envisage maintenant qu'il ne puisse même plus être produit en France et on sait que ça pose des problèmes parce que dès qu'on a une crise sanitaire si on n'est pas capable de le faire au plus près ça pose toute une série de sujets sans parler des conséquences environnementales. Donc tout ça est mal organisé. Alors une fois que c'est mal organisé qu'est-ce qu'on fait dans la situation de pénurie ? C'est la question que vous posez. Je note que le vaccin anglais est produit en France.
Vous voyez donc tout ça est un peu sans sens. Et vous avez vu que le vaccin russe dont on a beaucoup ri Spoutnik Oui C'est la même question
Est-ce que diplomatiquement est-ce que géostratégiquement on peut effectivement recourir aux vaccins russes et aux vaccins chinois ?
Non mais je ne suis pas forcément contre le fait d'un point de vue géostratégique qu'on puisse de temps en temps recourir aux autres. Mais l'humiliation subie par la France et son incapacité à produire lui-même un vaccin est le fruit de choix politiques depuis 30 ans. Je le dis et je le redis et ça c'est inadmissible. Donc j'ai vu ce matin dans le JDD la secrétaire d'Etat à l'Industrie nous expliquer que ça y est
c'est la partie à la bonne heure
à la bonne heure sauf qu'elle elle est sur une logique d'offre elle mise sur l'offre là encore sans beaucoup de contraintes et nous le verrons dans le cadre concret de ce qui va être proposé dans les législations ou à l'occasion du budget et là je crois que l'Etat n'est pas un Etat stratège et c'est ça qu'il faut retrouver c'est un Etat stratège mais pas au service des logiques d'hier au service de choses qui peuvent nous aider pour demain et là je pense en particulier à la transition sociale et écologiste nécessaire de notre modèle de développement.
Midi et demi et la députée de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain est notre invitée ce dimanche.
France Inter Ali Badou
Question politique Votre portrait Clémentine Autain il est signé Karine Becker
Vous semblez cultiver votre singularité Clémentine Autain dans un savant mélange de mandats politiques d'engagement intellectuel et militant et de responsabilité journalistique avec une ligne directrice restée à la gauche de la gauche jamais vous n'en avez dévié c'est vrai que jamais vos convictions n'ont varié les mêmes au fond que celles de votre père le chanteur Yvan Dantin qui fréquentait et du coup vous avec toute la gauche radicale de son époque de la ligue révolutionnaire d'Alain Crivine à l'ancien ministre communiste Jacques Ralit Vous avez eu en somme Clémentine Autain une vie de bohème certes pas toujours commode et de réflexion politique mais cela ne vous a pas empêché d'aller toute petite sur les plateaux télé pour répondre à Michel Drucker assez éloigné de votre sphère gauchiste
Comment t'appelles-tu ?
Clémentine
Dire tu peux faire un gros plan de la petite Clémentine regarde bien regardez-la bien celle-là celle-là un jour elle sera grande on en reparlera croyez-moi elle n'a pas la langue dans sa poche
Alors père chanteur donc mère actrice Dominique Laffin qui est partie trop vite et vous Clémentine Autain qui choisissez pour commencer le combat féministe un non-choix en réalité parce que vous avez été violée comme vous l'avez révélé comme vous l'avez raconté et c'est ce qui vous a poussé à vous engager Mixité c'est l'association que vous avez fondée à partir de là tout s'est accéléré on vous découvre jeune Clémentine Autain vous avez 24 ans seulement sacrément télégénique et intellectuellement structuré résultat pendant 3 ans toute la gauche tente de vous attirer tente de vous récupérer et vous dites oui à Bertrand Delanoé quand il s'attaque à la mairie de Paris
souvent on me pose cette question est-ce que est-ce qu'on vous utilise pas un peu est-ce que les partis du fait que vous êtes jeune femme issue du mouvement social est-ce qu'on vous utilise pas pour la campagne mais à l'inverse j'ai 27 ans je suis tête de liste dans un arrondissement je peux exprimer mes idées de façon évidente
je pense que c'est une chance pour moi d'abord c'était il y a exactement 20 ans en tout cas adjointe à la jeunesse à la mairie de Paris vous l'êtes restée 7 ans vous avez préféré ensuite vous faire élire à Sevran en Seine-Saint-Denis le temps d'un seul mandat également et puis entre temps vous êtes devenu député autrement dit conseillère régionale vous avez dû abandonner vous donnez l'impression Clémentine Autain d'avoir besoin de bouger de vous agiter bref d'avoir du mal à vous fixer vous n'êtes d'ailleurs ni communiste ni vraiment insoumise et avec Jean-Luc Mélenchon votre patron à l'Assemblée vous entretenez comment dire une distante proximité
donc il a comme tout le monde sa bonne dose de paranoïa qui fait qu'effectivement il se protège et que ça peut se transformer dans des allures de méchanceté il vaut mieux être dans sa famille qu'en face
ça je pense que c'est clair pourtant ça ne vous empêche pas de le critiquer plutôt vertement sur sa ligne politique en particulier du coup vous Clémentine Autain qui continuez à vous rêver candidate rassembleuse de toute la gauche de la gauche vous apparaissez surtout aujourd'hui politiquement parlant assez isolée
réaction commentaire Clémentine Autain
sur la chute peut-être après dans le détail des choses je n'ai pas forcément envie de commenter mais je n'aime pas le mot agitation c'est disons je ne me crois pas agitée j'ai fait des choix politiques je bouge c'est-à-dire je fais des choses j'ai été élue à Paris j'ai souhaité pour des raisons personnelles et politiques aller en Seine-Saint-Denis où je vis depuis une dizaine d'années j'y suis élue je n'ai pas l'impression que c'est une grande agitation j'ai l'impression que c'est un parcours qui a sa cohérence et d'ailleurs vous l'avez dit sur le fond politique il ne varie pas des masses et je ne me crois pas isolée parce que je pense que beaucoup de personnes qui nous regardent qui nous écoutent de militants se retrouvent aussi dans ce moment de chamboulement à gauche de chamboulement
la gauche est éclatée Clémentine Autain justement c'est la différence par rapport au moment où vous êtes engagée et où vous pouviez justement avec votre itinéraire politique votre sensibilité politique travailler avec Bertrand Delanoé aujourd'hui ce type d'alliance paraît beaucoup plus compliqué qu'est-ce qui vous permet aujourd'hui de penser que vous pourriez réunir l'ensemble des familles de la gauche et des insoumis aux écologistes en s'ouvrant à la société civile en Ile-de-France puisque vous êtes candidate au régional
oui d'abord je pense que pour des élections locales c'est toujours plus facile alors nous parlons d'avoir des alliances entre toutes les formations qui se réclament de la gauche et des écologistes c'est plus facile et vous noterez que je suis la seule à avoir dit clairement pour l'élection régionale d'Ile-de-France que si je suis en tête à gauche je mettrai toute mon énergie pour que nous arrivions à une liste commune avec celle emmenée par Julien Bayou et Audrey Pulvar ni l'un ni l'autre n'ont à ce jour fait la même proposition or je pense que dans le moment où nous sommes où il y a trois listes il faut donner de l'espoir à un électeur de gauche trois listes à gauche il faut donner de l'espoir l'espoir que nous pouvons l'emporter au second tour face à Valérie Pécresse et je pense qu'il y a des bases de contenu pour une élection régionale suffisamment forte pour que nous y arrivions en tout cas moi c'est ce que je cherche et cela ne me paraît pas incompatible avec ma volonté de faire grandir une gauche de transformation en profondeur avec les propositions et le profil qui est le nôtre
Françoise Fresseuse
ça c'est votre volonté et peut-être ça se produira en Ile-de-France mais au niveau national on voit une gauche qui pèse 30% à peu près toutes composantes confondues et une gauche dont une partie n'a pas envie de composer avec l'autre beaucoup disent ok pour une candidature écologique et sociale mais pas avec Mélenchon et au fond est-ce que c'est pas aussi ça qui est figé aujourd'hui c'est deux gauches irréductibles qu'avait théorisé d'ailleurs Manuel Valls
Clémentine Attin
en tout cas il y a une difficulté oui entre deux orientations à gauche ça c'est l'évidence et on l'a vu d'ailleurs dans un sondage
mais difficulté c'est un euphémisme par rapport à ce que disait Françoise Fresseuse
au fond à un moment Mélenchon a dit moi je suis plus de gauche je suis populiste je fais autre chose je suis sur une autre trajectoire et on a l'impression que cette évolution là fait qu'aujourd'hui on peut pas rattraper les morceaux qu'en France ce sont deux gauches qui ne se parlent plus qui n'ont pas la même conception peut-être même de la république on ira peut-être après sur les valeurs républicaines mais voilà donc comment vous vous analysez cette situation et cette difficulté ?
écoutez on a effectivement pas du tout la même analyse c'est à dire que moi je pense que ce qui a fait d'ailleurs qu'un certain nombre de gens de gauche n'ont plus utilisé le mot gauche c'est parce qu'il y a eu cinq ans un gouvernement de gauche emmené par le parti socialiste avec François Hollande qui a mené une politique qui chaque année qui a passé a ressemblé de plus en plus à une politique de droite c'est d'abord là le problème donc vous voyez à chaque fois que le problème de l'union à gauche serait un problème Mélenchon moi je vous dis que le premier problème à gauche aujourd'hui est le problème du dernier bilan de ceux et celles qui ont gouverné et qui ont mis la gauche dans la nasse à tel point que François Hollande n'a pas été en capacité de se présenter et que le candidat socialiste a écopé de 6% ça c'est le problème l'effondrement du parti socialiste pèse de tout son poids sur le total gauche que nous avons aujourd'hui et ça c'est le problème majeur donc ma conviction c'est qu'on va pas reconstruire un projet de gauche à partir de propositions à l'eau tiède voilà c'est ça que je pense et je suis pas la seule à penser je pense dans ce pays
que même si comme Karine l'a fait tout à l'heure on vous a présenté comme quelqu'un qui était un peu plus mutant c'est-à-dire qu'il pouvait se rapprocher du PC je suis mutant comme le virus non pas de variant est-ce que la troisième candidature de Jean-Luc Mélenchon est pour vous de toute façon une espèce de table de la loi on peut pas y en changer chez nos confrères ce matin Yannick Jadot disait il y a quand même de la place pour une gauche entre Macron et Mélenchon une gauche qui pourrait être avec les socialistes avec les écologistes vous vous êtes pour toujours collé à Jean-Luc Mélenchon moi je suis pour un moment en tout cas collé à une gauche qui vous savez bien qu'il y a un problème d'incarnation bon
on peut en penser ce qu'on veut c'est une présidentielle
et ça va venir bientôt
écoutez deux choses je vais vous dire d'abord la candidature de Jean-Luc Mélenchon est un fait politique qui est installé dans le paysage politique c'est une donnée il est candidat voilà c'est pas à l'usure enfin il y a un moment donné on peut considérer qu'il y a un meilleur candidat il a de la légitimité au regard des deux dernières présidentielles première chose deuxième élément je vous dis ce matin c'est que moi je suis candidate de rassemblement avec les insoumis les communistes et au delà d'ailleurs puisqu'il y a des personnalités issues du mouvement social qui nous rejoignent et de la société comme on dit de la société civile donc je veux mener cette liste en Ile-de-France de large rassemblement et vous savez que les communistes aujourd'hui n'ont pas dit qu'ils étaient favorables à la candidature de Jean-Luc Mélenchon donc ce matin ce midi même plus exactement c'est pas moi qui vais vous dire pour 2022 la présidentielle exactement qu'est-ce qui va se passer qu'est-ce qu'il faut faire à cet instant où je vous parle parce que je veux être garante du rassemblement en Ile-de-France et ne pas brûler les états
mais les régionales seront un bon bilan d'étape en tout cas et une bonne manière de juger si votre stratégie est possible pour l'échéance la plus importante à savoir la présidentielle et 2022
bien sûr que ça va peser dans les rapports de force à l'intérieur de la gauche voilà mais c'est pas la question de la candidature en tant que telle qui se joue c'est la question du profil général c'est la question du profil politique et de la méthode et à Nidalgo est-ce qu'il faut une primaire qui est ouverte à tout le monde il faut bien quand même s'organiser oui il faut vous oui bien sûr bien sûr qu'il faut s'organiser mais madame Saint-Crick vous savez comme moi que dans l'histoire à chaque fois que la gauche a gagné la présidentielle elle n'est pas partie avec une candidature commune c'était pas le cas en 81 pas le cas en 88 pas le cas en 2017 une fois les partis très rassemblés c'est en 1974 d'ailleurs elle n'a pas gagné mais ce qui est intéressant ce que je veux dire c'est que moi je suis pour le rassemblement je suis pour le rassemblement le plus large possible mais sur des bases politiques qui nous permettent d'être cohérents d'être forts pour un changement radical c'est-à-dire qui prennent à la racine les problèmes et vous voyez bien qu'avec Anne Hidalgo il y a quand même toute une série de problèmes elle a elle-même un problème avec Europe Écologie Les Verts on ne peut pas dire que pour une candidate de rassemblement elle ait fait les gestes formidables elle explique qu'une partie de la gauche ne respecte pas la République ou serait ambigüe avec la République on la trouvait mieux comme candidature de rassemblement à gauche
oui mais ce qui est intéressant quand on vous entend c'est clairement vous incarnez la candidate rassembleuse vous avez envie de vous présenter comme telle or Jean-Luc Mélenchon depuis 2012 refuse tout accord refuse toute union refuse tout rassemblement est-ce que c'est lui finalement qui fait perdre le camp de la gauche depuis 2012 écoutez c'est celui qui a fait le meilleur score
en 2017 et quand vous testez ça ne fait pas gagner certes on n'a pas gagné mais c'est celui qui a fait le score le plus élevé en 2017 et quand on teste tous les candidats de gauche sur une hypothèse de rassemblement c'est celui qui est le plus haut donc je veux bien que ce soit celui qui divise le plus mais comprenez que là pour l'instant on parle un peu sur je ne sais pas quoi en l'air donc faisons attention à ce que nous disons je crois que pour l'instant ce qui aussi importe c'est de comprendre ce qui se joue à gauche comme besoin de reconstruction de refondation on est dans ce moment là et donc il faut se parler franchement et vous vous lisez sur le rassemblement ce qui n'est pas le choix des gens lui-même mais moi je discute je suis pour les passerelles pour les passerelles avec le parti socialiste avec Europe Ecologie Les Verts j'ai participé j'ai avec mon ami Elsa Faucillon initié le big bang dans la gauche sociale et écologiste je cherche je cherche ces passerelles mais je vois aussi je vois aussi je ne me sens pas aujourd'hui isolé et je vous dis même que ce que je vous ai dit sur la régionale en Ile-de-France ça n'est pas que mon point de vue c'est le point de vue des insoumis et des communistes qui sont engagés dans cette campagne
le message est passé Françoise Fressoz
la gauche a gagné en France
quand elle avait
l'électorat populaire or l'électorat populaire aujourd'hui il est beaucoup chez Marine Le Pen qui au fond ne l'a pas perdu depuis la dernière élection comment est-ce que vous espérez le reconquérir
est-ce qu'au fond
c'est un objectif pour vous bien sûr que c'est un objectif bien sûr se disputer l'électorat populaire avec l'extrême droite c'est même je dirais un objectif majeur central pour nous qu'est-ce que c'est que la gauche si elle n'a pas l'adhésion si elle ne crée pas la dynamique populaire et c'est d'ailleurs puisqu'on revient à nos enjeux pour 2017 c'est ça le défi pour nous or moi je ne crois pas que si on manque de clarté sur les politiques que nous allons mener je reprends encore ce terme contre le néolibéralisme pour les libertés résolument pour une transition écologiste qui n'est pas comme celle de Jadot où il est capable Yannick Jadot de signer des tribunes avec des grands patrons L'Oréal etc.
pour expliquer qu'on va faire du greenwashing je ne crois pas à cette écologie là donc une nouvelle république une sixième république
qui n'est pas parti le rassemblement
je voulais dire que les deux personnes que vous avez attaquées depuis ce matin c'est Hidalgo et Jadot c'était un peu contre-intuitif mais c'est tout pourquoi c'est contre-intuitif ? parce qu'on peut s'imaginer qu'en fait globalement il y a une famille de gauche qui s'attaque plutôt ou à Emmanuel Macron ou à la droite mais j'ai pas de c'est juste
vous ne m'avez pas entendu peut-être m'attaquer à Emmanuel Macron et à la droite peut-être depuis tout à l'heure vous me posez des questions non mais je suis pas d'accord avec cette façon de prendre les choses je suis opposé à Emmanuel Macron je me bats contre l'extrême droite je vais être face à Pécresse en Ile-de-France ça c'est très clair voilà après vous ne cessez de nous poser des questions vous ne cessez de nous poser des questions sur l'union de la gauche je vous donne des réponses là-dessus c'est pas moi qui attaque Anne Hidalgo d'ailleurs il me semble qu'Anne Hidalgo nous a attaqués avant qu'on ait prononcé la moindre chose à son sujet donc moi je ne suis pas dans une logique d'attaque mais par contre il faut se dire les choses sur le fond politique est-ce qu'on peut avoir ce débat là honnêtement sereinement et j'ai été dans des cadres notamment l'année dernière il y a eu pas mal de discussions dans tous les sens avec toutes les formations de gauche et il y a une aspiration au rassemblement dans le peuple de gauche et je le partage simplement je dis que ce rassemblement il faut voir ce qu'il porte et si le curseur est un curseur qui nous ramène à ce qui a été fait au pouvoir pendant la dernière législature en particulier sous Hollande je dis que nous irons au chaos voilà donc permettez qu'on ait cette discussion et le débat est intéressant et ce n'est pas une attaque ce n'est pas pour attaquer je ne suis pas dans cet état d'esprit ce n'est pas une histoire d'attaque c'est une histoire de cohérence de conviction politique et pour parler au monde populaire aujourd'hui croyez-moi il faut avoir fait un vrai aggiornamento par rapport aux années de pouvoir de la gauche qui n'est pas celle que j'ai représentée que je représente mais de celle qui a incarné la gauche au pouvoir c'est un sujet et c'est un sujet pour tout le monde et je prends Clémentinotin comme de bonne augure qu'Olivier Fort et à plusieurs reprises d'ailleurs dit qu'il fallait faire cet aggiornamento mais maintenant il faut passer aux actes
alors il y a les actes et puis il y a les débats qui s'enflamment à l'Assemblée Nationale vous êtes député Clémentinotin et l'Assemblée examine débat de ce projet de loi sur le séparatisme j'emploie l'expression que porte celui qui soutient ce projet de loi à savoir le ministre de l'Intérieur qui continue à l'appeler projet de loi séparatisme est-ce que vous considérez
comme Jean-Luc Mélenchon que ce texte non seulement ne sert à rien mais en plus peut être dangereux il peut fracturer la société française complètement et pourquoi ?
je pense d'abord que c'est une loi fourre-tout vous avez vu qu'il y a une centaine de sujets qui sont abordés au début ça devait être une loi contre le séparatisme puis on est arrivé à une loi confortant les principes républicains on ne comprend plus rien de ce qu'il y a à l'intérieur centaines de sujets 51 articles et il y en a qui sont en effet inutiles prenons des exemples dont on a beaucoup parlé sur la polygamie les certificats de virginité
la polygamie le fait qu'on puisse ne pas donner de papier à quelqu'un si il est polygame vous trouvez que c'est quelque chose qui sert strictement à rien il n'y a aucune justification ?
je pense que ce n'est pas la bonne manière de prendre le sujet autre élément qui est dans la loi on ne comprend pas ce que ça fait là c'est-à-dire qu'on va légiférer sur l'école à la maison il y a des petites filles qui ne sont pas scolarisées et ça partait de la volonté mais vous savez ça n'a rien à voir ça n'a pas toujours même majoritairement pas grand chose à voir avec le point de départ de cette loi qui est la lutte contre l'islam radical et le terrorisme islamique donc voilà c'est-à-dire que je veux dire qu'on est dans un débat totalement fourre-tout et qui est en revanche et c'est là où ça devient dangereux l'occasion d'ouvrir la boîte de Pandore pour des idées qui stigmatisent et qui chassent les musulmans il y a en tout cas les députés qui font leur travail il y a des amendements
il y a eu des amendements par exemple ces derniers jours et des amendements notamment portés par la droite pour interdire le voile à l'université par exemple
ça n'arrête pas
est-ce que vous y êtes défavorable et pourquoi ?
vous vous rendez compte moi j'ai commencé à militer il y a un peu plus de 20 ans il y avait déjà ce débat là est-ce que vous trouvez c'est-à-dire le voile à l'université ?
exactement c'est une des premières polémiques que j'ai vécues en tant que militante syndicale dans mon université à Paris 8 donc vous voyez ça remonte ça fait 20 ans est-ce que vous avez l'impression qu'en 20 ans où la question du voile est devenue au cœur du débat public d'ailleurs dans la loi depuis le début la semaine de discussion 267 fois le mot voile la droite se régale on a même réussi à faire revenir à l'Assemblée nationale des députés d'extrême droite qu'on ne voit sur rien et qui là viennent se délecter en faisant l'obsession contre les musulmans et sur le voile c'est ça l'état du débat aujourd'hui et c'est pour ça que je dis que c'est dangereux c'est parce que ça nous amène et ça nous tire vers l'agenda qui est l'agenda
de l'extrême droite il n'y a pas de problème avec le financement des associations il n'y a aucun problème il y a plein de problèmes il y a plein de problèmes et ils ne seront pas
je vais vous dire quels sont les problèmes la lutte contre le terrorisme islamique même le premier ministre a dit que si cette loi avait été adoptée plus tôt il ne peut pas dire qu'un seul attentat aurait été empêché alors si on veut parler du terrorisme et moi je suis pour le mettre à l'ordre du jour le terrorisme islamique je vais vous dire les questions que moi je me pose et qu'il faut régler d'abord c'est les moyens humains dans le renseignement pour être capable de suivre de tracer de pister ça parce qu'il y a les lois pour arrêter mais il n'y a pas les moyens regardez Samuel Paty Faros vous savez Faros pour justement regarder la haine en ligne 25 personnes qui sont là donc parlons de ça parlons aussi de tous ces minis
pour soutenir et pour contrôler et pour soutenir les professeurs ou les gens du service public bien soutenir
ce n'est pas une loi cadre avec des moyens ce n'est pas une loi cadre avec des moyens est-ce que vous trouvez cohérent quand on veut lutter contre le terrorisme islamique d'aller prendre le thé avec des hauts dignitaires saoudiens et que sais-je est-ce que vous trouvez correct à quoi pensez-vous écoutez plein de photos depuis combien de temps Manuel Valls vous en parliez tout à l'heure combien l'ont fait sous Sarkozy sous Hollande sous Emmanuel Macron l'attitude du gouvernement français par exemple vis-à-vis des Kurdes pour ne pas déranger Erdogan vous ne trouvez pas que c'est infiniment plus grave que de savoir si les femmes en burkini vont pouvoir aller dans les piscines est-ce que vous ne pensez pas que là si on veut lutter contre le terrorisme islamique le cœur du sujet il est là mais ça n'empêche pas les deux ça n'empêche pas mais vous entendez parler
il y a une époque
vous entendez ce que vous dites
plus engagé sur la laïcité
vous avez écouté les débats madame Saint-Cric vous avez trouvé plus laïque que la France insoumise dans les propositions autour de l'Assemblée nationale dans le débat sur l'Assemblée nationale
notamment sur le voile c'est pas le sujet mais parce que c'est votre obsession
j'entends bien
c'est pas mon obsession
le concordat le concordat ça vous intéresse vous qui êtes laïque oui attendez alors qu'en pensez-vous madame Saint-Cric est-ce que vous ne pensez pas que les 60 millions que nous dépensons chaque année pour payer des prêtres avec le système du fronteur vous trouvez que ça ne pose pas un problème avec la laïcité non vous pensez que le plus important c'est le voile
non l'objet c'est pas le débat le débat le plus important c'est celui qui se joue dans l'hémicycle en l'occurrence entre les députés
et bien je ne sais pas figurez-vous que je ne sais pas parce que je pense que c'est-à-dire que je pense vous êtes député
l'essentiel du débat c'est vous qui l'apportez ce sont aux députés d'écrire la loi
oui mais ce n'est pas notre choix d'agenda que de dire que dans le moment on a une crise sanitaire une crise sociale de grande ampleur que ce qu'on va faire c'est pendant 15 jours discuter de sujets divers dans tous les sens qui n'ont ni que ni que tête et qui est l'objet d'une surenchère de la droite et de l'extrême droite où ils finissent par raconter y compris n'importe quoi ça c'est à relève
de la liberté de débat que vous en faites revendiquiez en début d'émission donc moi ce qui me frappe dans ce que vous dites c'est qu'au fond le gouvernement dit qu'il a assis sa loi contre le séparatisme à partir d'examens de terrain c'est à dire qu'il a été dans plusieurs quartiers et par exemple sur la question de la scolarité il a dit on a agi là parce qu'on s'est aperçu que dans les quartiers en voie de radicalisation les fillettes avaient tendance à quitter l'école à être dans le bon donc on a visiblement vous n'avez pas le même constat que le gouvernement et c'est ça qui m'interpelle moi c'est à dire au fond vous dites la question elle est au niveau international ou elle est au niveau et qu'il n'y a rien sur le terrain qui fasse qu'il n'y ait pas de tendance séparatiste et c'est là dessus que je voulais vous interpeller je vous remercie
écoutez je le redis je suis élue de Sevran de Villepinte et Tremblay et donc c'est une question que je ne découvre pas voyez-vous pour la fermeture de la mosquée des radars j'ai fait partie de celles et ceux qui bataillaient à un moment donné où il n'y avait pas grand monde que ça intéressait et je vais vous parler justement de concret de concret prenez la famille de Quentin Roy Quentin Roy c'est un jeune qui n'est pas issu d'une famille arabo-musulmane du tout et qui s'est radicalisé à l'adolescence et qui est parti faire le djihad vous lisez le témoignage de ses parents ses parents qu'est-ce qu'ils racontent ?
ils racontent qu'ils ont vu et qu'ils n'ont eu aucune aide quand le phénomène sectaire d'embrégadement s'est enclenché donc moi ce que je crie et je ne sais pas comment le dire plus fort c'est que si nous n'avons pas dans le maillage humain de terrain des moyens qui se développent pour accompagner les familles qui connaissent un proche un enfant
mais là on ne demande pas
à ce que soit le parti communiste qu'il fasse on demande à ce que ce soit la puissance publique donc quand on voit dans les quartiers populaires mais ce n'est pas que de là mais les quartiers
où vous êtes élus justement c'est ça qui est intéressant et Françoise a raison au sens où ce maillage cette présence des associations elle est démantelée elle est démantelée
qui aussi a conduit au fond c'est extraordinaire mais ce sont les services publics en premier qui sont partis alors j'entends bien que la présence politique c'est important mais là ce dont il est question c'est de services publics des cas concrets dans un quartier populaire vous avez une association qui peut être d'ailleurs a des liens vous ne le savez pas c'est pas toujours simple d'ailleurs de le savoir de le bon des liens qui vous paraissent un peu étranges des comportements on se dit tiens est-ce que là il n'y a pas de l'intégrisme religieux et que c'est la seule association qui est capable d'ouvrir un local avec des ordinateurs et de faire des cours du soir parce que la puissance publique est absente et à reculer et bien moi je dis que ça c'est un scandale et que ça c'est un problème qui devrait être au coeur de la loi or la loi elle débat sans arrêt de mesures plus répressives et elle met le coeur du débat sur le voile qui pour moi n'est pas le coeur du voile
elle donne aux élus locaux au fond la possibilité de mieux contrôler non c'est pas l'élu
c'est le préfet en l'occurrence donc c'est absolument pas vrai prenez l'exemple de la fameuse charte dont a beaucoup ri monsieur de Courson et géré avec lui en hémicycle parce que monsieur de Courson nous dit on nous présente dans la loi une espèce de texte ni fait ni affaire pour une nouvelle charte des associations pour qu'ils s'engagent mais en réalité une charte il y en a déjà une et elle a été négociée en 2016 entre le monde associatif l'état et les collectivités locales alors qu'est-ce que ça vient faire dans cette loi à nouveau on n'y comprend rien on n'y comprend rien et en dehors du marketing politique que je vois bien et qui fait le miel de la droite et de l'extrême droite je ne vois pas en quoi cette loi va nous aider à renforcer la laïcité et va nous aider à lutter contre le terrorisme
je ne le crois pas il faut qu'on avance parce qu'il est déjà très très tard il y a une autre loi notamment qui va bientôt arriver à l'Assemblée c'est pour réviser la constitution pour le climat pour introduire le mot environnement dans la constitution dans son article premier est-ce que on va aller jusqu'au bout est-ce que vous voterez ce texte ? cette révision constitutionnelle le futur référendum le futur référendum qui sera présenté sous la forme d'un projet de loi au départ au début du mois de mars pourquoi ?
non mais écoutez ça va quoi ça va ?
vous protégez enfin vous voulez protéger le climat
nous avons proposé des éléments de réforme de la constitution en ce sens qui ont toujours été refusés par la majorité macroniste à l'Assemblée nationale subitement à un an de la présidentielle le président Macron se dit tiens qu'est-ce que je pourrais faire c'est la convention citoyenne en l'occurrence qui propose ça ?
la convention citoyenne dont le président de la république a retenu fort peu de choses donc c'est pourquoi je dis que le président de la république s'est piqué d'une proposition qui certes vient de cette instance mais vous avez vu que sur les 40 propositions il n'y a pas grand chose qui a été retenu par le président de la république 150 pardonnez-moi sur les 150 propositions il n'y a pas grand chose qui a été retenu par le président de la république et ça fait d'ailleurs partie du problème c'est-à-dire qu'il met une instance il les fait travailler il leur dit merci au revoir et puis ensuite il revient avec une seule qu'il prend comme ça qui ne coûte pas bien cher oui mais si c'est un combat que vous meniez pourquoi là pas profiter de la situation pour effectivement faire avancer les choses mais parce qu'il ne faut pas nous prendre j'allais dire non allez-y pour des
soyez libres de votre parole
non mais ce n'est pas mon vocabulaire habituel mais là vraiment j'ai vraiment envie de vous dire il ne faut pas nous prendre que pour des comptes au sens non mais au sens où
le président de la république
essaie de se racheter une politique environnementale alors qu'il fait au mieux du greenwashing et en règle générale des politiques qui tournent le dos à la transition écologique nécessaire donc on n'est pas obligé de devenir des alibis dans le piège tendu qui est un piège qui a à voir avec du marketing et non pas avec de la politique
Autre sujet important Clément Tinoitin et nous voulions avoir votre regard sur cette question celle de la proportionnelle François
Oui c'est la démarche de François Bayrou qui écrit au président de la république en disant au fond pour mieux représenter toutes les composantes de la société française il faudrait mettre de la proportionnelle et est-ce que vous vous seriez prête à appuyer cette proposition
Oui moi je suis favorable à une dose de proportionnelle alors dans un cadre qui soit un cadre qui nous sorte de la 5ème république et d'ailleurs aujourd'hui c'est assez intéressant à 15h sur les réseaux sociaux Jean-Luc Mélenchon va justement nous parler de la 6ème république voulue c'est assez intéressant aussi de parler de parler programme plus global pas simplement de la proportionnelle mais une dose vous la voyez comment votre dose à quoi elle nous sort
de la 5ème la dose
elle aide c'est la 6ème non non non ce que je suis en train de vous dire c'est que je suis je suis pour davantage de proportionnelle pas la proportionnelle intégrale qui donnerait tout pouvoir aux appareils politiques donc une dose de proportionnelle me paraît juste mais ce que je souhaiterais c'est que ce soit inscrit dans une réforme plus profonde pour une 6ème république pour une 6ème république qui n'est pas tout à fait l'état d'esprit de la lettre de Paris
rendez-vous sur les réseaux à 15h en tout cas pour avoir les lumières je vous ai un petit coup pour venir
puisqu'on parle de ces questions là je pense que c'est bien de les prendre dans un ensemble plus large
le bicentenaire de Napoléon est-ce qu'il faut le commémorer ?
cette année écoutez moi je vois plutôt
votre collègue Alexis Corbière dit ce matin dans le Parisien la république n'a pas à célébrer son faux soyeur exactement
il a parfaitement raison et vous voyez c'est le porte-voix dans la loi contre le séparatisme et il fait un boulot formidable républicain absolument madame Saint-Clic
non mais c'est pas la question Napoléon
non mais qui nous explique que la France insoumise ne serait pas républicaine je pense que Alexis Corbière fait honneur non mais parlons de Napoléon
ni d'Alexis Corbière ni de Nathalie
et bien Napoléon non par contre c'est l'anniversaire de la Commune aussi
c'est vrai les 150 ans de la Commune de Paris
et ça je pense que nous allons le fêter
et bien écoutez merci l'émission se termine Clément Tinotin bon dimanche merci d'avoir répondu à nos questions merci à toutes les trois et merci à vous de nous avoir suivis merci à Alexandre Gillardy et à toute l'équipe de questions politiques qu'on vous donne rendez-vous dimanche prochain merci à tous les deux
et merci à tous les deux et merci à tous les deux
Clémentine Autain