Iran, budget, présidentielle...L'interview de Jordan Bardella en intégralité
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Il est 8h26 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jordan Bardella. Bonjour Madame, merci pour votre invitation. Merci à vous d'y avoir répondu et d'être présent ce matin. Vous êtes président du RN, vous êtes député européen. De très nombreuses questions à vous poser, d'ailleurs sur la France et sur le monde. Mais c'est vrai que quand on regarde tous les sondages, alors quelle que soit la configuration, vous êtes donné gagnant. Que ce soit vous ou Marine Le Pen, surtout vous d'ailleurs. Les idées du RN n'ont jamais été aussi partagées par les Français. Comment vous vivez ça ?
Avec beaucoup d'humilité et surtout une très grande responsabilité. Chaque jour qui passe, nous nous préparons à exercer le pouvoir. Il y a une attente très forte aujourd'hui dans le pays d'une alternance, d'un changement sur la politique économique, sur la politique sécuritaire, migratoire, sur la défense des intérêts de la France en Europe mais aussi dans le monde. Et nous nous efforçons de porter en France cette voix du peuple, cette voix de la fierté française et de cette aspiration à la puissance qui s'exprime en France mais qui s'exprime aussi dans toutes les grandes démocraties.
Qu'est-ce qui pourrait vous faire rater la marche ?
Tout madame. L'élection est un long chemin. L'élection présidentielle et législative sont un chemin de croix. J'ai toujours considéré que le pouvoir ne nous serait jamais donné, qu'il serait conquis de haute lutte. Et donc nous travaillons non seulement pour faire connaître aux Français nos propositions mais surtout pour rassembler les Français. Je pense qu'il y a un besoin d'unité aujourd'hui dans le pays. Et moi je veux convaincre aussi les Français qui ont encore des hésitations ou des craintes à l'égard des idées que je peux porter, que si le redressement des nations est possible dans d'autres pays d'Europe, dans d'autres pays du monde, alors il est aussi possible en France.
On va y revenir avec évidemment aussi la question en toile de fond de l'avenir judiciaire de Marine Le Pen. Ça se joue aujourd'hui même, le dernier jour avant les réquisitions demain. Mais d'abord, effectivement vous parliez de la question de la puissance dans le monde. L'Iran, désescalade entre Donald Trump et le pouvoir iranien, signe d'apaisement, si on peut dire comme ça, côté iranien puisque les exercices militaires dans le détroit d'Hormuz qui étaient prévus ont finalement été annulés. Et du côté de Donald Trump, ce qui apparaissait comme un préalable, c'est-à-dire le changement de régime, n'est finalement plus exigé par les États-Unis pour pouvoir discuter.
Donc l'intervention, elle semble s'éloigner. Est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle ?
Rares sont les interventions militaires américaines qui se sont soldées par la démocratie. On se souvient, il faut avoir de la mémoire lorsqu'on fait de la politique à ce niveau, on se souvient des interventions en Afghanistan, on se souvient de l'Irak, on se souvient sur un plan un peu plus proche de chez nous de la Libye, rares sont les interventions militaires extérieures qui se sont soldées par la démocratie. Il y a encore quelques jours, l'intervention militaire au Venezuela a entraîné la chute du dictateur Maduro, mais on voit que le régime, il est aujourd'hui toujours en place.
Donc moi je suis extrêmement prudent à l'égard de toute forme d'intervention militaire dans des zones qui sont des zones extrêmement compliquées, extrêmement périlleuses. Et j'aimerais dire que la France et l'Europe doivent, au-delà de tout cela, dénoncer sans réserve la répression extrêmement brutale qui s'abat aujourd'hui sur le peuple iranien.
Mais si on dénonce et qu'on ne fait rien ?
Nous devons d'abord être solidaires à l'égard du peuple iranien. On l'est là, non ? Le redire qu'il se bat, c'est vrai, pour sa liberté et pour sa dignité. Et je pense que le rôle de la France, puisque moi j'aspire à être dirigeant politique français, c'est d'être une puissance d'équilibre. Solidarité envers les manifestants, fermeté envers le régime. Je soutiens et j'ai soutenu l'inscription des gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes par l'Union européenne.
Nous devons évidemment faire le nécessaire pour protéger nos ressortissants et mettre en œuvre des pressions diplomatiques et économiques sur le régime d'Emola, qui est un régime terroriste, qui est le sponsor du terrorisme, non seulement en Europe. Je vous rappelle qu'il y a eu ce projet d'attentat, cet attentat sur le seul français en 2018 à Villepinde, contre ce qui était considéré comme des résistants au régime iranien. Et puis il y a eu évidemment ce sponsor du Hamas lors des ignobles attaques qui ont visé Israël le 7 octobre 2023 par l'Iran. Donc l'Iran est une dictature islamique ? On ne se contente pas de mots.
Nous pouvons mettre en œuvre des pressions économiques, des pressions politiques, des pressions diplomatiques. Mais c'est vrai que nous sommes, nous, extrêmement vigilants quant à une éventuelle intervention militaire. Parce que ce que nous ne savons pas en réalité dans le cadre des exercices et aujourd'hui des opérations militaires qui sont menées autour de l'Iran par le président Trump, quel est l'objectif et le périmètre d'une potentielle intervention ? Est-ce que c'est cibler le nucléaire militaire ? Est-ce que c'est cibler le guide suprême ? Est-ce que c'est frapper les gardiens de la révolution ? Nous n'avons pas la réponse pour aujourd'hui.
Il vous fait peur Donald Trump ?
Non, il ne me fait pas peur.
Dans son agitation ?
Certains que le président Trump a, je dirais, un côté très incertain et très imprévisible dans les actions qu'il peut conduire. Moi, je pense qu'il sait pertinemment ce qu'il fait. Sans doute dissimule-t-il cela par des revirements de postures. Il n'est plus votre modèle. Mais ça n'a jamais été mon modèle.
Vous avez plusieurs fois dit que c'était une chance, y compris pour la France.
Pas du tout. J'ai précisément indiqué que le vent de liberté qui soufflait sur les Etats-Unis d'Amérique ne devait pas faire de nous des êtres naïfs. Et que si Trump était bon pour l'Amérique, alors il serait mauvais pour la France et pour l'Europe. J'ai entendu ce matin sur votre antenne...
L'élection de Donald Trump est une bonne nouvelle pour notre pays. Ça, c'était Marine Le Pen. Quelle année, madame ? Et vous, vous avez dit... Quelle année, madame ? C'était pour le premier mandat. Merci. Donc quelle année ? Le premier mandat, je n'ai plus en tête exactement, mais c'est le dîle de 2016.
Absolument. Donc on parle du premier mandat, à l'époque où le président Trump n'était pas interventionniste, à l'époque où il envisageait de retirer les troupes militaires dans tous les conflits engagés dans le monde, d'une part.
Qui était un allié, celui-ci ne l'est plus.
Et deuxièmement, madame, il était opposé à l'accord de libre-échange, l'accord du TAFTA, qui était un accord de libre-échange avec l'Amérique, et qui évidemment menaçait l'industrie, l'économie et l'agriculture. Donc il était opposé à l'époque. Mais c'est vrai que le mandat de Donald Trump, tel que nous le vivons depuis un an, est de manière significative très différent du premier mandat de Trump que nous avons vécu.
Mais Jordan Bardella, est-ce que...
Moi, je ne retire pas un mot, je ne retire pas un mot des propos que j'ai pu tenir depuis l'élection de Trump, pour une raison très simple. Et j'ai entendu ce matin l'édito de vos journalistes qui a dit beaucoup de bêtises sur le sujet. Je ne retire pas un mot parce que précisément, il se passe exactement ce que j'avais indiqué. Ok. Écoutez, sur votre antenne, en novembre 2024, j'avais indiqué que l'élection de Trump devait être une opportunité pour l'Europe de retrouver notre souveraineté et notre indépendance. Huit jours après l'élection de Trump, le 13 novembre 2024, au Parlement européen, j'ai indiqué la chose suivante. Face à Trump, réveillons-nous ou bien nous disparaîtrons.
24 heures après l'investiture de Trump, au Parlement européen toujours, l'Amérique de Trump lance un défi de puissance à la France et à l'Europe. Réagissons ou bien nous sortirons de l'histoire. Et j'ai critiqué, madame, avec beaucoup de détermination, l'accord commercial qui a été négocié par l'Union européenne et les États-Unis à l'été dernier, qui est un accord qui acte la vassalisation économique, à notre demande aussi, la vassalisation économique de l'Europe. Donc, moi, ma seule boussole, madame, en politique étrangère, c'est que la France redevienne un pays non aligné, qu'elle soit capable de parler à tout le monde, qu'elle ne se soumette à personne et qu'elle défende ses intérêts.
Question précisément, est-ce que face à ce désordre du monde, quand vous dites l'Europe doit se réveiller, est-ce qu'il ne faut pas plus d'Europe ? Est-ce que la France peut rester seule ?
Mais l'Union européenne, d'abord la France n'est pas seule. La France œuvre et travaille aux côtés de nations européennes. Mais nous retrouverons ce goût et cette aspiration à la puissance, que ce soit pour la France ou pour les nations européennes, en changeant le fonctionnement aujourd'hui de l'Union européenne, qui organise l'impuissance collective, qui nous a pieds et points liés, notamment sur les règles commerciales, qui fait qu'aujourd'hui, dans les marchés publics, par exemple, liés à la défense, on ne peut pas donner une priorité d'accès aux boîtes européennes. Je vous donne un exemple très concret. C'est ça aussi l'Union européenne.
Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, 80% des hausses de dépenses militaires qui ont été mises en œuvre dans les différents États membres l'ont été au profit de sociétés extra-européennes et notamment de sociétés américaines. Donc vous leur dites acheter français.
Donc je leur dis non seulement acheter français, mais je viens leur dire que la France doit prendre l'initiative d'une nouvelle architecture européenne, d'une nouvelle forme de construction européenne, avec toutes les nations qui aspirent à la puissance, bien sûr, en vertu du rôle historique de la France sur le continent européen, avec comme projet de briser l'encerclement aujourd'hui, dans lequel est empêtrée l'Union européenne, avec à l'ouest, j'en termine madame, avec à l'ouest une vassalisation technologique et militaire à l'égard des États-Unis, à l'est une vassalisation industrielle à l'égard de la Chine et des pressions migratoires toujours plus fortes au sud.
Mais il reste toutes les nations européennes qui entendent se joindre à la France pour prendre l'initiative d'une nouvelle forme de coopération européenne qui soit basée non seulement sur le respect des souverainetés, mais qui puisse nous permettre de réaffirmer notre puissance.
C'est l'Italie, l'Allemagne, le Benelux, l'Espagne, c'est quoi ?
Mais il faut se mettre autour de la table en déterminant des objectifs communs. L'indépendance passera d'abord par la croissance. Et je me permets de vous rappeler que lorsque le président Trump a été élu, j'avais moi-même demandé au Parlement européen la suspension du Green Deal, c'est-à-dire du pacte vert et de la multiplication des normes toujours plus lourdes de la paperasse qui pèse sur nos chefs d'entreprise, que ce soit les petites entreprises, les ETI ou les grands groupes. Si on veut être indépendant demain, on a besoin de produire en France, on a besoin de produire sur le sol européen.
Et c'est la raison pour laquelle, moi, je demande non seulement qu'on arrête la naïveté commerciale, qu'on soit capable d'utiliser des droits de douane lorsque notre industrie, par exemple, automobile, est menacée, qu'on fasse de la préférence nationale et de la préférence européenne pour faire en sorte que...
Mais encore faut-il avoir des gens qui achètent. Je prends un exemple. Vous êtes monté au créneau sur LMB Aerospace, qui est donc ce sous-traitant du secteur de la défense qui a été autorisé à la vente pour les États-Unis. Mais il n'y avait pas de repreneur français ?
Mais madame, pardon, d'abord.
Non, mais je veux dire, vous ne pouvez pas inventer que ça reste français si personne n'en veut ?
D'abord, ce qui s'est passé avec LMB est bien la preuve que notre gouvernement n'a rien compris à la nécessité de la souveraineté et de la puissance. Parce qu'on nous parle matin, midi et soir de puissance, de souveraineté, de réindustrialisation. Or, on s'aperçoit que depuis bientôt 10 ans, Emmanuel Macron, et en l'occurrence, ici, M. Lescure, ont été des liquidateurs. Ils ont vendu la France à la découpe. Je vous rappelle que le macronisme, ça commence avec la vente de la branche énergie d'Alstom aux Américains de Général Electric. Il y a deux personnes qui montent au créneau là-dessus. C'est Jean-Luc Mélenchon et vous.
Mais non seulement je monte au créneau, mais si j'avais été Premier ministre, le gouvernement français se serait opposé
à la vente de LMB. Mais oui, mais comment vous pouvez vous opposer s'il n'y a pas de racheteurs ? En fait, tout ça est totalement théorique.
Non, pardon.
Il n'y avait pas de racheteurs français.
Madame, on ne parle pas d'une usine désaffectée. LMB et la propriété étaient, depuis 2022, d'un groupe, d'un fonds d'investissement qui gère près de 50 milliards d'euros d'actifs qui s'appelle Tikeo. Tikeo a racheté LMB, qui est une pépite de la souveraineté militaire et de la souveraineté industrielle de la France, qui équipe notamment en système de ventilation les Rafales, le porte-avions, les chars Leclerc. Bon, Tikeo revend LMB 400 millions. Ça veut dire une plus-value de 100%, madame, en moins de 3 ans. Donc, on n'est pas ici dans le cadre d'une usine désaffectée. Donc, vous auriez sanctionné Tikeo ?
Vous lui auriez interdit de le vendre ?
J'aurais mis, compte tenu de la nécessité stratégique d'avoir LMB dans le giron industriel français pour nos armées, pour notre souveraineté, pour nos systèmes aériens, j'aurais effectivement, dans le cadre du décret Montebourg, utilisé les armes juridiques que me donne aujourd'hui l'État pour protéger la souveraineté de la France. Est-ce qu'on imagine, madame, le Pentagone où des boîtes américaines hautement stratégiques liées à la défense des États-Unis d'Amérique se faire racheter par des sociétés chinoises ou par des sociétés européennes ? Depuis 2014, madame, il y a 1500 entreprises françaises qui sont passées sous pavillons américains.
Donc, moi, je ne me résous pas à ce que notre pays soit vendu à la découpe, parce que ça pose un enjeu très simple, celui de l'extraterritorialité du droit américain. Si demain, madame, LMB, qui produit des systèmes de ventilation et qui équipe nos rafales, est propriété d'une entreprise américaine et que, en vertu de l'extraterritorialité du droit américain, les États-Unis décident de mettre un veto sur des exportations de rafales, au motif que le pays qui accueillerait ces rafales serait en conflit avec les États-Unis d'Amérique, ont fait quoi ?
On active ce qu'on appelle le « golden share » de l'État, qui est effectivement une des clauses. Mais en effet, ça pose une vraie question, mais vous vous heurtez aussi au réel, qui est qu'il n'y avait pas d'entreprise française qui était prête à racheter.
Non, madame, il faut deux observations. La première, c'est que sur le « golden share », qui est un mot qu'on a maquillé techniquement pour dire, en gros, que l'État peut monter au capital avec une action préférentielle. De manière très concrète, ce « golden share » dont a parlé M. Lescure n'empêche ni le transfert de technologie, ni le transfert de brevets. Donc, on voit bien que les grandes nations qui réussissent dans la mondialisation résonnent en termes de souveraineté et en termes de puissance. Nous, on résonne en termes de braderie et de transaction de l'industrie française. Et je n'accepte pas cette logique.
C'est la raison pour laquelle, pardon, juste pour vous répondre très concrètement, si demain, nous sommes à la tête du pays, nous mettrons en place un fonds souverain. Vous savez, il y a beaucoup de gens qui conservent de l'épargne ou qui placent leur épargne sur le livret A et qui déplorent que cette épargne ne soit pas rémunérée.
Moi, si demain, je suis à la tête du gouvernement, je proposerais aux Français de devenir actionnaire de la Maison France et de placer pour les Français qui le souhaitent, leur argent contre rémunération chaque année, encore une fois sur la base du volontariat, dans un fonds souverain qui aura vocation précisément à répondre à ce type de cas industriel, à financer la réindustrialisation, à financer l'intelligence artificielle, à financer la tech, à financer les grands projets qui doivent permettre à la France de redevenir une grande puissance, parce qu'encore une fois, moi, je ne me résous pas à voir la France devenir un désert industriel.
Mon ambition, c'est la croissance, la production, la souveraineté, l'indépendance et la puissance.
Pendant ce temps-là, le budget devrait être adopté d'ici ce soir, malgré une motion de censure à nouveau déposée par vous, mais qui n'a aucune chance d'aboutir. Je préférerais donc passer à des questions aussi sur les municipales. Plusieurs questions. D'abord, une question très pratique que je pose à peu près à tous ceux qui sont...
C'est quand même d'un budget qui est un budget qui dégouline d'impôts et qui va rentrer en application par le jeu d'alliance entre les Républicains Oui, mais on est d'accord qu'il ne se passera rien. Et le parti socialiste. Mais ça va nous coûter combien ? Ah non, mais ça, on a bien compris que vous n'étiez pas d'accord avec ce budget. Moi, j'entends beaucoup dire... J'entends beaucoup dire un budget, c'est mieux que pas de budget. Oui, sur la rhétorique, c'est vrai.
Mais entre un budget socialiste qui dégouline d'impôts, qui va augmenter les prélèvements obligatoires de près de 30 milliards d'euros, madame, avec de nouvelles taxations sur les entreprises françaises, enfin, rendez-vous compte, encore une fois, on nous parle toute la journée de croissance, de réindustrialisation, de souveraineté et de l'autre. On va augmenter la fiscalité sur les entreprises françaises. On nous dit que ça concerne les grands groupes, mais vous savez très bien que ça va concerner l'ensemble de la chaîne de valeur et que ce qui est taxable sur les grands groupes va évidemment se répercuter sur les ETI et sur les EPEV.
Donc nous sommes opposés à ce budget et nous considérons qu'il faut baisser la fiscalité parce que c'est par cette solution qu'on pourra nous être avec la croissance.
À propos du MEDEF, Jordan Bardella, vous l'avez peut-être vu, il propose comme pisse de réflexion un CDI jeune où il y aurait effectivement un SMIC moindre, un SMIC jeune, mais aussi des droits qu'on gagnerait sur trois ans. Vous en pensez quoi de ça ?
Je pense que c'est du nivellement par le bas et que ça n'est pas le sujet en réalité. Le sujet, c'est de permettre à chaque jeune français de pouvoir vivre en France, de pouvoir travailler en France, de pouvoir gagner sa vie en France sans être accablé de normes, de taxes et d'impôts. Et je pense qu'il faut faire en sorte que les jeunes rentrent plutôt sur le marché du travail.
Et vous savez que nous portons comme ambition, sur le modèle suisse ou sur le modèle allemand, de revaloriser de manière significative à la fois l'apprentissage, mais dès le collège, les savoirs manuels, les métiers professionnels, parce que nous avons besoin, encore une fois dans une logique de réindustrialisation, d'avoir des jeunes qui soient formés à des métiers manuels et dont les filières sont valorisées et dont la France doit être fière.
Ce maire qui refuse de célébrer un mariage sous OQTF, il a une astreinte financière à partir de cette semaine de 500 euros par jour, qui passera même à 3000 euros par jour. Si le mariage n'est pas célébré, est-ce qu'il faut qu'il continue à s'opposer à ce mariage et que sa commune paye ses astreintes ?
D'abord, je lui apporte mon soutien et mes encouragements dans ce combat qu'il mène, qui est un combat admirable, parce que c'est un combat au fond pour le droit. J'ai entendu, vous avez interrogé il y a quelques jours à ce même micro et sur cette même question, Éric Ciotti, le président de l'UDR, qui est un allié, l'ancien président des Républicains, qui a précisément porté à l'Assemblée nationale un projet de loi pour réparer ce qui apparaît aujourd'hui pour beaucoup de Français comme une anomalie juridique, une anomalie politique. À partir du moment où vous êtes présent sur le sol français, il y a 400 OQTF, 400 obligations de quitter le territoire français.
Vous ne devriez pas pouvoir rester sur le sol français et encore moins pouvoir bénéficier de ces avantages et de ce droit.
Qu'ils tiennent et même qu'ils payent. Grenoble, malgré la décision du Conseil d'État qui se prononçait contre en juin 2022, Éric Piolle affirme qu'en réalité, dans les piscines de Grenoble, il autorise le port du Burkini. Il vient de le redire dans une interview. Il y a donc une contradiction entre ce que lui impose le Conseil d'État et ce qu'il fait concrètement dans la ville. Est-ce que le maire doit quand même tenir sur sa propre conviction ?
Il y a quelque chose de très révélateur, Madame, dans cette interview. C'est que nous avons commencé l'interview en parlant de l'Iran et en parlant de ce peuple qui est en train de se soulever contre la dictature islamique. Et moi, je vois des pays dans le monde où des peuples, où des femmes, retirent leur voile, sont battues à mort pour cela et se battent contre la dictature des islamistes.
Pendant ce temps-là, en France, vous avez certaines qui non seulement se battent pour remettre le voile, mais vous avez des élus de gauche et d'extrême-gauche qui, main dans la main avec les islamistes, sont dans la roue de toutes les revendications des frères musulmans et des fondamentalistes islamistes. Et ils le font en violation même de la loi, parce que le Conseil d'État et la justice administrative s'est déjà prononcée contre cette décision.
C'est-à-dire que vous faites un parallèle entre les piolles et les mollahs ?
Oui, je pense qu'ils se font les relais en France, ces élus d'extrême-gauche, des revendications des frères musulmans et des islamistes. Je vous rappelle, madame, qu'il y a quelques jours à l'Assemblée nationale, nous avons permis l'adoption d'une résolution qui plaçait les frères musulmans sur la liste des organisations terroristes. Votée par les députés. La gauche a refusé de la voter. J'étais, il y a quelques jours, au Parlement européen à Strasbourg. À Strasbourg, une mairie écologiste a fait voter une subvention de plus de 2 millions d'euros en violation totale de la loi.
Ça a été annulé par la justice à une mosquée, la plus grande mosquée d'Europe, qui est sous la coupe du Miligorui, c'est-à-dire le bras ramé des fondamentalistes islamistes de Turquie. Donc, la gauche française et la sphère islamiste sont aujourd'hui main dans la main contre la France, contre les valeurs républicaines. Et il y a évidemment un enjeu dans ces élections municipales, comme il y en aura un demain dans les élections présidentielles et les élections législatives. C'est un enjeu de civilisation. Et cette gauche-là, madame, elle a trahi la République et elle a trahi l'intérêt national.
Jordan Bardella, comment va Marine Le Pen ?
Marine Le Pen est combative. J'aurai l'occasion de la voir ce matin. Nous nous parlons tous les jours. Elle mène un combat admirable et un combat exemplaire pour prouver son innocence. Et je souhaite de tout cœur qu'elle puisse porter nos couleurs lors de l'élection présidentielle.
Vous pensez qu'elle peut s'en sortir ? Les réquisitions du parquet sont demain ?
Oui, bien sûr, puisque d'abord elle est innocente des faits qui lui sont reprochés. Et deuxièmement, il y a beaucoup de Français dans notre pays qui ne comprendraient pas que sur la base d'un désaccord administratif avec le Parlement européen, encore une fois, il n'y a ni emploi fictif, ni enrichissement personnel. On prive de candidature une patriote qui a toujours été en première ligne de la vie politique, qui est d'une indégrité totale, qui n'a rien à se reprocher, et qui, encore une fois, est aujourd'hui donnée gagnante de l'élection présidentielle.
Jordan Bardella, président du RN et député européen. Merci d'avoir répondu à mes questions. Merci à vous. Il est 8h47 sur Internet.
Jordan Bardella