Éric Zemmour : Déclaration solennelle sur la guerre en Ukraine
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Mes chers compatriotes, la guerre frappe une fois de plus le sol de notre continent. La nuit dernière, la Russie a décidé de frapper l'Ukraine alors que l'Ukraine ne l'attaquait pas et ne la menaçait pas directement. Je condamne sans réserve cet usage de la force et mes premières pensées vont aux populations victimes de ce conflit absurde et fratricide et à ceux de nos ressortissants qui se trouvent encore sur le territoire ukrainien. Nous aurions pu éviter cette catastrophe. Je répète depuis des années que les Occidentaux ont une responsabilité dans l'escalade de la violence à l'Est et qu'ils doivent comprendre les revendications russes contre l'expansion de l'OTAN.
Nous n'avons hélas rien fait pour éviter cette escalade. Je dis nous car nous sommes tous responsables. Les Russes, bien sûr. Et ce matin, ils sont les premiers responsables. Mais les Occidentaux aussi depuis des années, avec l'expansion ininterrompue de l'OTAN à l'Est du continent et la non-application des accords de Minsk. Je répète depuis des années que pour faire entendre sa voix, la France doit rééquilibrer ses relations entre les Etats-Unis et la Russie. Comme d'autres, y compris les Ukrainiens eux-mêmes. J'ai cru que Vladimir Poutine ne franchirait pas cette ligne rouge car une solution pacifique pouvait être obtenue.
Oui, je propose depuis le 14 février que la France, fidèle à sa tradition de grande puissance d'équilibre, négocie en urgence avec les Etats européens et la Russie un traité consacrant la fin de l'expansion de l'OTAN. Ce traité aurait plusieurs corollaires. La résolution des conflits territoriaux en Europe orientale, le respect de la liberté et de la souveraineté de tous les Etats concernés, en particulier l'Ukraine, et le retrait des troupes russes à la frontière de l'Ukraine. Il n'est pas trop tard. Un tel traité devra être négocié lors d'une conférence de la paix réunie à Paris. Il nous faut une paix durable. Mais l'urgence désormais est de faire taire les armes.
J'appelle solennellement le président Macron à se rendre à Moscou puis à Kiev pour proposer la médiation de la France afin d'obtenir un cessez-le-feu immédiat, comme l'avait fait Nicolas Sarkozy en 2008 lors de la crise géorgienne. C'est ce que je ferais si j'étais dès aujourd'hui à la tête de l'Etat. Aujourd'hui, seule une France jouant pleinement son rôle de puissance d'équilibre est en mesure d'obtenir un tel résultat. La France est une puissance nucléaire, membre du Conseil de sécurité de l'ONU au même titre que la Russie et les Etats-Unis. Elle a donc toute légitimité pour s'interposer et créer les conditions d'un dialogue équilibré.
L'Europe, de l'Atlantique à l'Oural, ne doit pas être un champ de bataille. Je l'ai dit au Mont-Saint-Michel, la France a un devoir de puissance justement pour préserver la paix. Cette situation tragique confirme qu'un renforcement significatif de notre défense nationale est indispensable. C'est pourquoi j'ai proposé de porter le budget de nos armées à 70 milliards d'ici 2030. La France doit retrouver les attributs de sa puissance. Elle doit pouvoir parler fort et d'une voix indépendante. La France ne doit se soumettre ni aux Etats-Unis, ni à la Russie, ni à aucun autre pays. Elle doit reprendre le contrôle de son destin pour pouvoir contribuer au retour de la paix.
Vive la paix, vive la République et surtout, vive la France. Je vous remercie. Sous-titrage Société Radio-Canada