La prise de parole de Gabriel Attal pour son premier déplacement en tant que ministre de l'Éducation
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
J'ai tenu à me rendre pour mon premier déplacement de ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse ici à La Verrière, dans un établissement qui a été touché, détruit par les émeutes qui sont survenues dans notre pays au début du mois. C'était très important pour moi d'être ici, puisque évidemment, les familles, les enseignants, les personnels de direction, les élus, ont été traumatisés par ce qui s'est passé. Je ne parle pas simplement des établissements qui ont été dégradés ou qui ont été détruits. Le traumatisme, je crois, a concerné l'ensemble de la communauté éducative partout en France. Parce que la République, c'est un bloc, et l'éducation nationale, elle fait bloc.
Et quand il y a une attaque, quand il y a une brèche dans ce bloc, c'est toute l'éducation nationale et toute la République qui se mobilisent et qui est traumatisée. Et donc c'était important pour moi d'être aux côtés des personnels, des directrices, évidemment, des élus locaux qui ont été particulièrement traumatisés par ce qui s'est passé. Ça a été des scènes, ça m'a été décrit à l'instant, des meutes, de désolation. C'est un employé le terme de guerre civile, avec des jéricales d'essence pour alimenter des incendies sur des établissements scolaires, des sapeurs-pompiers empêchés d'intervenir par des barricades et par des pierres qui leur étaient jetées.
Il faut mesurer le traumatisme que c'est pour les habitants de ce quartier, pour les élèves, pour les élus, pour les personnels de direction et pour les enseignants. Moi, je suis venu leur apporter mon soutien. Je suis aussi venu leur dire que nous sommes là, à leur côté, pour avancer. Derrière l'effroi, il y a l'espoir. Et l'espoir, il est né dès le lendemain de ces actes inqualifiables, avec une mobilisation extraordinaire que je veux saluer, des collectivités locales, pour trouver des solutions. L'espoir, il né aussi, je crois, quand même, d'un rassemblement politique large, républicain, autour de cet enjeu.
Je veux vraiment remercier le président du Sénat, Gérard Larcher, d'être à mes côtés. L'espoir, c'est évidemment les solutions qui vont être trouvées à très court terme pour les élèves. Évidemment, les chantiers de reconstruction qui vont pouvoir démarrer. Je rappelle qu'un projet de loi qui permet d'accélérer drastiquement toutes les procédures de travaux de reconstruction vient d'être adopté par le Parlement, après avoir été adopté à l'unanimité au Sénat. Et je salue à nouveau son président. Il va permettre de réduire tous les délais sur des reconstructions à l'identique. Là où les délais d'autorisation sont normalement de six mois, ce sera six semaines.
Il va permettre d'augmenter le taux de subvention pour les travaux. Il va permettre d'assouplir un certain nombre de règles de marché public. Tout ça pour qu'on puisse reconstruire, pierre après pierre, le plus rapidement possible. Évidemment, l'espoir doit s'accompagner d'une lucidité. Les jeunes qui se sont comportés comme des voyous qui ont incendié ces établissements scolaires, ça m'était dit à l'instant, certains d'entre eux probablement ont grandi dans ce quartier, probablement fréquenté cette école. Peut-être des petits frères, des petites sœurs qui sont scolarisés dans cette école. Et donc évidemment que ça doit nous amener à nous interroger et surtout à agir.
sur la question des droits et devoirs du citoyen à l'école, sur la question du respect de l'autorité. Et sur ce sujet-là, je serai extrêmement clair, extrêmement ferme. Et je sais que j'aurai aussi sur ce sujet-là un très fort rassemblement politique et l'ensemble de la communauté éducative à mes côtés. En tout cas, je veux vraiment remercier pour la très forte mobilisation du maire Nicolas Dainville, du département de Pierre Bédier, de la région Île-de-France avec Valérie Pécresse pour trouver des solutions. Et je me rendrai dans un instant à l'établissement, à l'école régionale du premier degré qui va permettre d'accueillir les élèves qui étaient scolarisés dans ces établissements.
Est-ce qu'on sait à l'échelle nationale combien d'élèves sont touchés, privés de classe, en tout cas même si là c'est des vacances ? Est-ce que tous auront une solution à la rentrée, solution satisfaisante, c'est-à-dire pas trop loin de chez eux ?
Le nombre d'établissements scolaires qui ont fait l'objet de dégradations à divers niveaux est supérieur à 200 dans notre pays, autour de 250. Il y a une dizaine d'établissements qui sont quasi intégralement détruits. La verrière en fait partie et pour lesquels évidemment il y a une mobilisation absolue. Tous les élèves auront une solution de scolarisation pour la rentrée. Mais moi, ce qui m'importe, c'est que cette solution soit viable, évidemment. La consigne que je donne à mes services, c'est de se placer toujours du point de vue de l'élève et de sa famille. Parce que du point de vue du ministère, on peut se dire, il y a une solution de scolarisation qui a été proposée.
Enfin, si elle est à une demi-heure à pied, il y a une question de transport qui se pose. Si la cantine n'a pas la même tarification que dans l'établissement d'origine, c'est évidemment un impact pour les familles. Donc tout ça va être regardé au millimètre près pour trouver les solutions viables. Il y aura un point de contact tout l'été pour les élus et les personnels éducatifs au sein de mon ministère. Et la mobilisation sera absolue.
L'une des réponses, vous l'avez dit hier pendant la passation de pouvoir, vous avez dit que c'est remettre l'autorité au cœur de l'école. Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce qu'il faut faire ?
Je pense que c'est un enjeu à réaffirmer tous, collectivement. L'autorité, ce n'est pas simplement l'autorité en tant que telle d'une personne. C'est l'autorité du savoir. C'est l'autorité aussi des règles de la République. Les droits et devoirs du citoyen, ça veut dire quelque chose. Et l'école, évidemment, elle a un rôle majeur en la matière. Évidemment, les familles également. Et donc sur ce sujet-là, j'aurais à avancer avec la communauté éducative, avec les élus, pour faire des propositions. Avec des propositions d'ici la rentrée, dans les prochaines semaines ? J'aurai l'occasion de m'exprimer à nouveau prochainement. Est-ce qu'il y a d'autres questions ?
Quels sont les objectifs prioritaires que vous êtes fixés pour votre nouveau mandat ? Alors, je me suis exprimé hier à l'occasion de la passation de pouvoir. J'aurai l'occasion de faire la traditionnelle conférence de rentrée au moment de la rentrée scolaire. Donc je ne vais pas ici faire un discours programmatique. Ce n'est pas l'objet. Mais je me suis exprimé hier très clairement sur les objectifs, je crois, à la fois majeurs que j'ai fixés sur la question du respect de l'autorité, mais aussi les objectifs très concrets, et notamment la question des remplacements de courte durée dans les établissements scolaires sur lesquels nous allons avancer.
Le cadre de vie des élèves aussi, qui évidemment nous importe absolument.
Concernant la réforme du BAC, votre Présentesseur a promis d'aménager la réforme pour éviter l'absentéisme qui est présent dès mars. Quel est votre objectif à ce moment-là ?
Oui, ce qu'on a vu, c'est qu'après les épreuves de spécialité qui se sont tenues en mars, il y a eu à la fois un taux d'absentéisme important dans ces matières, et aussi une forme de démotivation pour ceux qui assistaient au cours, qui a été remonté par les enseignants. On va devoir adapter les choses, en tirer des conclusions. Là aussi, j'aurai l'occasion de m'exprimer au moment de la rentrée, pour dire clairement à la communauté éducative ce que nous avons décidé.
Gabriel Attal