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interviewFrance 2 — Les 4 Vérités· 14 juin 2024 9 min

Alliance avec LR, privatisation de l’audiovisuel… Sébastien Chenu est l’invité du 14 juin 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute.

0:11
Sébastien Chenu

Bonjour, monsieur. Merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes vice-président du Rassemblement National. Vous êtes député sortant, vice-président de l'Assemblée Nationale sortant. Est-ce que vous allez vous présenter à ces élections législatives du 30 juin et du 7 juillet ?

0:22
Présentateur

Oui, je vais demander aux électeurs de ma circonscription de me renouveler leur confiance. J'ai le souhait de participer à cette nouvelle majorité que nous sommes en train de construire autour de Jordan Bardella, Marine Le Pen et avec Les Républicains, mais aussi avec beaucoup d'autres forces politiques.

0:37
Sébastien Chenu

Vous dites Les Républicains, pour que les téléspectateurs ont vu ce qui s'est passé ces derniers jours. Pour l'instant, c'est essentiellement Éric Ciotti. Où en est d'ailleurs votre accord avec lui ? On a entendu dans le journal 7h30, il y a des négociations. Jordan Bardella avait annoncé sur France 2 qu'il y aurait des députés sortants qui viendraient sous vos couleurs. Pour l'instant, on ne les a pas vus.

0:58
Présentateur

Nous sommes en train de travailler, de finaliser cet accord, à la fois sur la plateforme de proposition, mais aussi sur les investitures. Il y aura effectivement autour d'Éric Ciotti beaucoup de candidats, à peu près 80 candidats venant de la famille des Républicains, mais aussi des gens. On ne les connaît pas. On a eu aucun an. Tout ça va être publié ce week-end, parce que tout ça se finalise. Il y a évidemment des gens qui arrivent dans cet accord. Et notamment, par exemple, vous verrez, on va au-delà des Républicains. Il y aura des candidats qui viennent de la gauche souverainiste. Mais vous verrez des anciens ou des actuels élus LR de Paris.

Vous verrez une ancienne députée Renaissance qui a choisi de nous faire confiance. Oui, en Rhône-Alpes, qui a choisi de nous faire confiance et de rejoindre notre accord. Vous allez le découvrir dans les heures qui suivent. Mais ceux qui connaissent bien le secteur trouveront sans peine. Vous verrez Babette de Rosière, Charles Prats, vous voyez des gens qui... Ça veut dire qu'il y aura des surprises. Guillaume Bigot, des gens qui sont, oui, qui sont de la société civile aussi et qui rejoignent cet accord pour pouvoir donner une nouvelle majorité.

1:57
Sébastien Chenu

Vous m'accorderez, si je veux dire que cet accord est partiel, qu'on a vu les dirigeants de LR le refuser et exclure. C'est leur décision, Éric Ciotti, de son poste de président du parti. Comment vous expliquez qu'il y ait, alors que la gauche, elle, s'est mise d'accord sans susciter beaucoup d'indignation, y compris François Hollande, à approuver cet accord, que finalement, vous restiez, pour une grande partie des dirigeants de la droite, infréquentables, malgré le fait que vous puissiez arriver au pouvoir dans quelques jours ?

2:25
Présentateur

Ce qui est étrange, c'est que les mêmes républicains qui, aujourd'hui, contestent Éric Ciotti n'ont rien dit lorsque Rachida Dati, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin sont partis chez Emmanuel Macron. Aujourd'hui, parce qu'en fait, leur souhait à ceux qui contestent l'accord d'Éric Ciotti, ce n'est pas de changer les choses, c'est de rester assis sur leur siège et de conserver leur siège. Aujourd'hui, ils voient bien que nous sommes la force du changement, nous sommes la force de l'alternance. Et aujourd'hui, ils voient bien qu'ils ne sont pas dans cet élan, dans cette dynamique, donc ils essayent de le bloquer.

2:54
Sébastien Chenu

Mais est-ce qu'il n'y a pas encore un barrage, un blocage, par rapport à l'alliance avec un parti qui reste catalogué à l'extrême droite ?

3:03
Présentateur

Je crois que ce sont les électeurs qui choisissent. Ce sont eux qui ont fait sauter tous les barrages, tous les plafonds. Et Éric Ciotti a terminé, j'allais dire, de couper ce cordon sanitaire ridicule qui avait isolé le Rassemblement national. Mais les Français nous ont largement placés en tête, et Jean-Dan Bardella, lors des élections européennes, et considèrent que nous sommes la force d'alternance. C'est l'après-Macron qui se dessine. Nous sommes dans le premier jour de l'après-Macron.

3:25
Sébastien Chenu

La gauche, elle, s'est mise d'accord dans son ensemble, sans exclusion, sans, disons, le psychodrame qu'on a connu ces derniers jours. Est-ce que c'est un danger pour vous, cette gauche unie, qui pourrait finalement être votre principal concurrent dans cette élection ?

3:40
Présentateur

C'est l'accord de la honte, sincèrement. Quand on voit que Jean-Luc Mélenchon a sifflé et qu'ils ont tous rappliqué, alors que pendant des semaines, ils nous ont dit qu'on ne fera plus rien avec Jean-Luc Mélenchon, Olivier Faure, Fabien Roussel sont rentrés immédiatement à la niche. C'est Jean-Luc Mélenchon qui, avec le NPA aujourd'hui, le NPA, qui est poursuivi en justice pour contestation, bien sûr. C'est un accord de la honte, bien sûr, qui dit que la police tue. Je veux dire, cet accord de la honte, personne ne dit rien, visiblement.

4:07
Sébastien Chenu

Vous avez les mêmes mots que Gabriel Attal à ce sujet, qui a parlé aussi d'accord de la honte.

4:10
Présentateur

Oui, mais il a raison, c'est un accord absolument honteux. On va donner des sièges aux nouveaux partis anticapitalistes. Ah non, ils n'ont pas de candidats. Ils vont avoir des candidats. Olivier Faure a dit que ça ne me gênait pas d'avoir des candidats. Et la situation va être la suivante. Est-ce que vous préférez avoir Jean-Dane Bardella ou Jean-Luc Mélenchon à Matignon ? Vous savez, la France, elle manque de... Il n'y a pas d'espace central pour vous. Il n'y a plus d'espace central, c'était une illusion. Mais en France, on manque de médecins ruraux, on ne manque pas de mosquées salafistes. Si vous voulez, la France insoumise nous propose l'inverse.

Nous, on a besoin de médecins dans la ruralité, pas de mosquées salafistes.

4:41
Sébastien Chenu

Les téléspectateurs jugeront s'il y a le programme d'installer des mosquées salafistes...

4:46
Présentateur

Oui, le soutien. L'absence de condamnation du Hamas est aussi un pan absolument indéfendable.

4:52
Sébastien Chenu

Monsieur Chenu, parlons juste de votre programme. Vous voulez revenir sur la réforme des retraites, baisser la TVA sur les énergies. Vous le savez, c'est un programme qui va coûter de l'argent. Vous avez vu les dernières décisions des agences de notation. Vous avez vu le climat économique. Est-ce que vous ne risquez pas, et vous le savez, c'est une critique qui vous est faite, d'affaiblir la France sur le plan européen, sur le plan mondial, et transformer la France en un pays qui va emprunter plus cher ? Donc, par exemple, augmenter les taux de crédit pour tout le monde ?

5:19
Présentateur

Ceux qui ont affaibli la France, ce sont ceux qui nous gouvernent. 900 milliards de dettes supplémentaires, ce n'est pas le Rassemblement national. C'est bien Bruno Le Maire et Emmanuel Macron. Ceux qui ont mis la France dans cet état-là, ce sont ceux qui nous gouvernent. Nous n'avons aucune sorte de responsabilité. Nous nous proposons d'autres solutions. Nous proposons d'abord de faire des économies sur tous les tabous, les dossiers qui n'ont pas été ouverts pendant des années. Que ce soit évidemment le coût de l'immigration, la contribution à l'Union européenne, la fraude sociale, tout ça, c'est très chiffré.

5:47
Sébastien Chenu

Mais ce programme, ça ne va pas faire peur à nos partenaires, M. Chenu ? Vous le savez.

5:50
Présentateur

Non, mais il n'y a pas de raison, puisque par exemple, sur la baisse de la TVA, sur les produits de première nécessité, c'est ce qui s'est passé en Espagne et au Portugal, avec plutôt du succès, puisque ça a été reconduit. Donc nous, nous proposons d'autres choix. Aujourd'hui, en France, on le voit, l'État prélève beaucoup, répartit mal, et a ouvert des guichets, c'est-à-dire a distribué des chèques. Nous considérons qu'il faut réformer les choses en profondeur, remettre la France finalement dans l'ordre, et redonner aussi un peu d'unité au pays.

6:15
Sébastien Chenu

Alors il y a une réforme aussi que vous voulez faire, et qui nous concerne directement. Vous en avez parlé sur d'autres plateaux, mais c'est la première fois depuis dimanche que vous êtes sur le service public. Vous voulez privatiser le service public de l'audiovisuel. Vous affirmez que certaines émissions, ou en tout... Non, vous affirmez plutôt qu'il n'y a pas de neutralité. Et votre présence ce matin montre qu'au contraire, il y a une grande diversité des opinions qui s'expriment à l'antenne. Pourquoi vous voulez faire cela, à part pour des raisons économiques ?

6:41
Présentateur

Nous considérons que c'est 3 milliards et demi, le service public de l'audiovisuel. Il faut que les Français sachent, avec leurs impôts, que c'est 3 milliards et demi qui est consacré au service public de l'audiovisuel. On veut garder une partie dans le giron public, notamment l'audiovisuel extérieur, la voix de la France dans le monde. Pour le reste, on veut donner un peu de liberté, oxygéner un peu ce service public qui, sincèrement...

6:59
Sébastien Chenu

Il n'y a pas de liberté sur le service public, M. Chenin ?

7:01
Présentateur

Dans certaines grandes émissions de radio, dans certaines grandes stations de radio, on a quand même le sentiment, au-delà de la comptabilité du temps de parole, qu'il y a une espèce d'idée générale partagée qui penche globalement vers la gauche, l'extrême gauche. Grosso modo, à France Inter, vous avez Guillaume Meurisse qui va être candidat peut-être de la LFI, qui fait campagne matin, midi et soir. Il a été licencié, M. Chenin. Oui, il a été licencié il y a quelques jours.

7:26
Sébastien Chenu

Peut-on privatiser tout un groupe d'audiovisuel public pour une personne ?

7:29
Présentateur

Non, mais au-delà de ça, il faut éloigner le service public du pouvoir. C'est-à-dire que ce n'est pas aux dirigeants politiques, aujourd'hui, à l'heure d'Internet, de nommer les dirigeants d'un service de l'audiovisuel. Sincèrement, je veux dire, il faut être aussi moderne, ouvert.

7:44
Sébastien Chenu

Mais est-ce que ça ne garantit pas son indépendance, notamment face aux lobbies économiques ? Face aux lobbies économiques, avec des enquêtes qui ne sont pas faites sur les chaînes privées.

7:51
Présentateur

Mais justement, on a bien vu qu'il n'y a pas beaucoup d'indépendance politique, intellectuelle, dans certaines maisons du service public. N'ayons pas de tabou, là encore, c'est comme sur les dépenses. Regardons le monde tel qu'il est.

8:02
Sébastien Chenu

Une dernière question, M. Chenu. Vous voyez qu'il y a des manifestations, d'ores et déjà, contre l'hypothèse de votre venue au pouvoir. Il y en aura ce week-end, notamment à Paris. Est-ce que vous ne craignez pas, et que ça peut aussi effrayer les électeurs, du désordre, le jour, si ça devait arriver, où vous prendrez les clés du pouvoir, avec beaucoup de manifestations dans le pays ?

8:21
Présentateur

C'est toujours curieux de contester des élections, et encore plus lorsque les électeurs n'ont pas choisi. Nous, on est pour la liberté et aussi pour le respect du choix des électeurs. Je pense que, voilà, les Français vont s'exprimer. Ils ont déjà dit quelque chose dimanche dernier. Le choix, c'est entre Mélenchon et Bardella à Matignon. Eh bien, il faut respecter le choix des Français. C'est ça, la démocratie. Et pas aller manifester, alors ? Mais chacun a le droit de manifester dans le pays. Mais une fois que les élections sont passées, on respecte le choix des Français.

8:46
Sébastien Chenu

Merci, Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, et donc candidat à sa succession comme député.

8:52
Présentateur

Merci. C'était Les 4 V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.