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interviewSénat (sur YouTube)· 12 janvier 2026 103 min

Plongée au cœur des mouvements masculinistes

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

rapporteurs. Mesdames les rapporteurs, [rires] mesdames, nous poursuivons ce matin nos auditions consacrées à la montée des mouvements masculinistes en France en recevant deux autrices qui ont chacune consacré un ouvrage à ce phénomène. Mi-décembre, nous avions auditionné des chercheuses et chercheurs spécialistes de ces mouvements afin de tenter d'en décrypter les fondements et les ressorts, notamment à travers une cartographie de la manosphère.

Ces échanges nous avaient permis de mieux comprendre les vecteurs de diffusion de ces discours ainsi que le rôle central et amplificateur joué par les espace numérique. Aujourd'hui, nous allons effectuer une véritable plongée au cœur de ces mouvements. Vos démarches sont différentes mais pleinement complémentaires et nous pourrons ainsi bénéficier d'un double éclairage, celui d'une journaliste qui a mené une enquête de terrain approfondie et celui d'une romancière qui, malgré la dimension fictionnelle de son récit, s'est attaché à comprendre les les mécanismes du masculinisme.

Votre point commun est d'avoir pris ces milieux masculinistes au sérieux et de vous y être immergé, et ce n'est pas rien. afin d'en comprendre les logiques internes, les discours et les mécanismes d'adhésion. Pour commencer cette immersion, je souhaite tout d'abord la bienvenue à Pauline Ferrari.

Vous êtes, je le disais, journaliste et vous avez mené une enquête fouillée sur la montée du masculinisme dans un ouvrage intitulé Formé à la haine, formé à la haine des femmes, excusez-moi. Comment les masculinistes infiltrent les réseaux sociaux publiés en 2023 ? Vous débutez par le récit d'une de vos interventions sur l'éducation au médias devant une classe de collégien de 4e au cours de laquelle vous découvrez avec et farmant des discours misogynes particulièrement décomplexés.

Partant d'une interrogation simple, comment est-on arrivé là ? Vous décidez alors d'enquêter sur ce qu'on appelle la manosphère, c'est-à-dire un ensemble de communautés masculinistes en ligne, insell macta, coach en séduction, influenceur masculiniste qui partage une vision du monde fondée sur l'idée que les hommes seraient devenus les victimes du féminisme et que les femmes seraient responsables de leurs difficultés. Vous pourrez donc nous présenter la rhthorique utilisée comme la prétendue crise de la masculinité, mais aussi les conséquences bien réelles de ces violences sexistes.

Qu'il s'agisse du cyberharcèlement ou des violences les plus extrêmes, car vous l'écrivez vous-même, le masculinisme tue. Nous recevons également Pauline Gontier. Vous êtes l'autrice du roman Partenia qui raconte les trajectoires croisées de Baptiste et Léa. deux jeunes aux vies très différentes mais qui vont nous ne dévoilerons bien sûr pas comment se retrouver lié par un univers virtuel nommé Partenia.

Votre roman s'inscrit dans une réflexion sur la radicalisation en ligne, la misogénie, mais aussi l'instrumentalisation politique du malêtre masculin, ce qui fait écho à nos précédents échanges avec des chercheurs en décembre dernier. En effet, c'est à la suite d'une rupture amoureuse que le personnage principal de votre roman se replie progressivement sur internet. Les discours masculinistes qu'il découvrent dans Partenia, une société fondée sur une virilité idéalisée, lui offre alors une grille de lecture simple.

Une société prétendiment hostile aux hommes serait responsable de sa situation. Vous montrez ainsi dans votre roman comment un jeune homme devient masculiniste, c'est-à-dire par un glissement progressif, par une exposition répétée à certains discours et par manque de contrerécis. En croisant vos deux regards journalistiques et littéraires, cette audition nous permettra non seulement de mieux comprendre comment ces idéologies se diffusent et s'encre, mais aussi d'interroger les responsabilités collectives qu'elles impliquent, notamment celles des plateformes numériques, et d'esquisser des pistes de réponse afin d'ouvrir, nous l'espérons des perspectives plus optimistes.

Je vous remercie chaleureusement pour votre présence parmi nous ce matin. Avant de vous laisser la parole, je précise que cette audition fait l'objet d'une captation audiovisuelle en vue de sa retransmission en direct sur le site et les réseaux sociaux du Sénat. Je vais laisser donc dans un premier temps la parole à Pauline Ferrari.

Merci beaucoup. Euh chers sénateurs, chers sénatrices, quand j'ai écrit mon enquête formée à la haine des femmes en 2023, le masculinisme c'était un sujet plutôt niche. J'avais passé plus de 5 ans à tenter de le porter dans les diverses rédactions où j'avais pu travailler avec, je dois l'avouer, plus ou moins de succès.

On me répétait souvent que c'était un sujet qui concernait qu'Internet c'est très fond et que mon intérêt pour ces contenus relevait davantage de l'obsession que d'une réalité tangible. J'ai passé des années à crier qu'un grave danger arrivait et à avoir l'impression que personne n'écoutait. Pourtant, dès 2021 et 2022, les écoles britanniques alertaient sur, je cite, le lavage de cerveau des adolescents biberon au propos de la du de l'influenceur masculiniste Andrew Tat.

En 2023 et ce entre 2023 et ce début 2026, beaucoup de choses ont changé. La montée de l'extrême droite, des conservateurs et des mouvements anti-choix un peu partout dans le monde ont reconfiguré le jeu politique. La question du genre est plus particulièrement de la masculinité et de la virilité. sont des argumentaires politiques séduisants pour une partie de la jeunesse, mais pas que.

De plus, l'allégance des plus grandes industrie de la tech au pouvoir de Donald Trump nous a fait entrevoir l'émergence d'un technofascisme mondial. Parler de masculinisme, ce n'est pas juste parler d'une tendance des réseaux sociaux, c'est parler d'un mouvement social et politique en ligne et hors ligne qui vise à mettre en pratique l'antiféminisme, à mettre en place des actions concrètes pour faire régresser les droits des femmes et des minorités de genre. C'est un mouvement bien ancien en réalité mais dont la démocratisation des réseaux socio-numériques a permis à ses partisans de se retrouver, de s'organiser et d'y construire des espaces avec leur propre langage et leur propre code.

Si on parle de masculinisme singulier, on devrait plutôt en parler au pluriel. Comme vous l'avez rappelé, le terme anglophone de manosphère exprime bien mieux selon moi la multiplicité des sous-communautés en ligne qui sont parfois contradictoires entre elles. D'autre part, parce qu'il est désormais impossible, au vu de notre système médiatique actuel de tracer une seule voie de radicalisation.

Il existe autant de masculinisme au pluriel qu'il existe d'hommes et de centres d'intérêt. Néanmoins, les contenus de porte d'entrée vers ces mouvements peuvent montrer certains points communs. Des contenus liés au travail du corps, je pense notamment au sport, à la nutrition, ceux liés au développement personnel, ceux lié à la séduction et enfin ce lié à l'investissement et à l'entrepreneuriat.

Les liens entre communautés de jeux vidéo, dite communauté gaming et masculinisme sont anciens. mais ont tendance à se reconfigurer aujourd'hui. Et je dirais qu'il existe euh une sphère masculiniste et réactionnaire vis-à-vis du monde de la culture qui considère que nos livres, nos films, nos séries et nos jeux vidéos seraient gagnés par un wisme entre guillemets et un pseudo lobby féministaux LGBT.

Ces discours sont en réalité anciens et la communauté des gamers et gameuses, si elle n'est pas absente d'abus, n'est pas aussi caricaturelle. S'il ne faut pas restreindre les mouvements masculinistes aux réseaux sociaux, il faut néanmoins reconnaître que les logiques algorithmiques de ceci participent à la prolifération de ce discours. D'abord parce que ce sont des contenus populaires, ils sont clivants et donc engageants.

En train de redire, et je cite que toutes les femmes sont des je cite ici l'un des influenceurs les plus suivis en France. C'est une un contenu qui ne laisse pas sans réaction. qu'on adhère ou qu'on s'oppose à ces propos, il provoque des likes, des commentaires, des partages et donc des réactions.

Cet engagement se traduit par une remontée dans l'algorithme pour le présenter à encore plus de personnes et au final ces contenus finissent par rapporter de l'argent à la fois au créateur de ces contenus mais aussi à la plateforme. Et une fois qu'un contenu est rémunérateur pour une plateforme dont je le rappelle les plateformes sont des entreprises dont leur but est de gagner de l'argent en retenant l'attention des internautes, il leur devient presque impossible de supprimer ces contenus. Pour les multinationales de la tech, modérer les contenus sexistes, racistes, algbophobe, c'est se priver d'un capital économique certain.

D'autre part, nous sommes face à des influenceurs comme les autres. Les masculinistes ont acquis un ensemble de compétences qui leur permettent de gagner en influence, de diffuser leur contenu et donc de fidéliser leur audience. Si je parle d'algorithmique, c'est parce queon ne peut plus faire semblant aujourd'hui que la sphère numérique et la sphère physique sont deux bulles étanches qui n'auraient pas d'influence l'une sur l'autre.

Mais restreindre cette discussion uniquement à internet à mon sens, c'est passer à côté du sujet. Car ces mouvements masculinistes ont un impact réel sur nos vies hors ligne. Des associations de droits des paires instrumentalisent le débat public et pousse à faire reconnaître des théories sans consensus scientifiques auprès des tribunaux comme celle de l'aliénation parentale.

Ces associations sont les mêmes qui réclament que le 3919 ouvre son standard aux hommes et harcèle les organisations féministes. D'autre part, le masculinisme tue, vous l'avez dit, et cette violence est bien réelle. Durant les deux dernières années, au moins trois arrestations pour projet d'attentat masculiniste ont été faites en France.

Le parquet national antiterroriste s'est saisi de l'une d'entre elles. Parler d'attentat misogyne, c'est encore rare, comme si le genre n'était pas une raison suffisante pour planifier une attaque et pardonner mon émotion et pardonner ma colère. Mais je ne peux m'empêcher de m'interroger sur tous les féminicides 164 pour l'année 2025 et tentative de féminicide. combien ont été influencés plus ou moins directement par l'idéologie masculiniste ?

Le masculinisme tue et excuser mon langage mais j'ai l'impression que tout le monde s'en fout car ces questions de masculinité de virilité et de domination masculine sont des enjeux de pouvoir. Les mouvements masculinistes sont profondément liés à l'extrême droite et aux sphères identitaires. D'une part parce que ce sont des groupes dont l'antiféminisme s'est confirmé à maintenreprise.

Les questions de genre, de sexualité, de rapports hommes-femmees, de discrimination sont devenus des enjeux majeurs et des argumentaires politiques qui permettent de séduire des électeurs et des électrices. Ce sont aussi des mouvements qui sont traversés par des fausses informations et des théories du complot sur la question de l'éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle par exemple sur lequel j'ai beaucoup travaillé cette année ou par la pseudoévirilisation des hommes en lien avec la pollution de l'eau par les hormones issus de la pilule contraceptive. théorie du complot en réalité assez ancienne mais qui se réactive dans les sphères francophones.

Mesdames et messieurs les sénateurs et sénatrices, dans le questionnaire que vous m'avez transmis pour préparer mon exposé liminaire, vous me demandez quelle stratégie vous semble efficace pour lutter contre la diffusion des discours masculinistes. D'une part, une meilleure reconnaissance du sujet et davantage de recherche publique sur les processus de radicalisation, sur l'analyse des réseaux sociaux. D'autre part, un rôle renforcé de l'Arcom et des cyberen enquêteurs et enquêtrices sur ces contenus masculinistes qui malgré leur signalement reste en ligne.

Faisant de l'éducation au médias et à l'information en collège et en lycée depuis plus de 5 ans, je vois à quel point ces séances sont utiles. Elles permettent aux jeunes de développer leur esprit critique sans avoir une posture moralisatrice. Ce sont des séances qui devraient être obligatoires menées par des associations spécialisées pour ne pas surcharger les enseignants et enseignantes dont les conditions de travail sont en souffrance depuis des années.

Ces séances couplées à de véritables séances d'éducation à la vie relationnelle affictive et sexuelle permettent d'être au plus près des préoccupations des jeunes. Parler d'internet sans parler de sexualité et inversement, ça me paraît hors sol pour des adolescents et adolescentes en 2026. Lutter contre le masculinisme, c'est lutter contre les violences faites aux femmes, mais aussi contre le sexisme, contre la LGBT-phobie.

Il faut financer les associations féministes et LGBTQ plus dont le budget a été amputé de plus de 30 millions d'euros l'année passée. Cela demande du courage politique. L'éducation ne suffit pas.

Le masculinisme a tellement prospéré que c'est un discours qui est désormais admis, voire valorisé dans l'espace public et médiatique. Pour finir cet exposé, je terminerai par dire "J'ai peur que nous ne fassions rien et qu'un drame arrive. Comme à Montréal en 1989 où 14 femmes sont mortes, comme à Islavista en Californie en 2014 où six personnes sont mortes.

Comme à Toronto en 2018 où 10 personnes sont mortes. J'ai peur que mes sœurs meurent. J'ai peur que mes amis cuir meurent. comme il et elle meurent déjà.

Tout ça parce qu'on a considéré que des mecs qui faisaient des vidéos dans leur chambre, ce n'était pas si dangereux que ça. Merci. Merci.

Vous l'aurez compris, on essaie de faire notre part également. Je vais donc maintenant laisser la parole à Pauline Gontier. Merci madame la présidente et merci mesdames les rapporteurs pour votre invitation.

Euh mon propos va être très complémentaire comme vous l'ai dit je pense de celui de Pauline Ferrari puisque je vais vous présenter un itinéraire singulier et que comme le rappelé Pauline il y a plein de voix qui mènent au masculinisme. Quand j'ai écrit quand j'ai commencé à écrire mon livre en 2021 et je rejoins les propos de Pauline, je n'aurais jamais pensé être invité dans une instance aussi officielle pour traiter du sujet. Je pense que c'est déjà euh une chose très encourageante que ce sujet alerte en plus haut lieu de la République parce que comme l'a appelé Pauline, c'est une menace aujourd'hui très concrète.

Le masculinisme tue et je le développerai aussi dans mon propos. Le masculinisme est un cheval de trois de mouvements réactionnaires qui fragilise et qui menace notre démocratie. Alors, je vais revenir très brièvement sur le roman.

Je vais surtout passer du temps pour vous en expliquer la genèse et les différentes sources d'inspiration et ensuite je partagerai avec vous des interrogations plus que des propositions hélas qui me sont venus au fil de l'écriture et qu'on aura peut-être l'occasion de développer dans cet échange. Alors madame la présidente, vous avez très bien résumé le le livre, je je vais pas y revenir. Il trace un itinéraire parmi d'autres d'un jeune homme baptiste qui à partir d'une déception amoureuse et en tapant comment reconquérir une ex dans sa barre de recherche tombe sur des forums masculinistes qui vont ensuite l'entraîner dans un jeu vidéo partenia qui donne le nom au roman où il va être endoctriné par par un autre homme masculiniste également Christopher.

Et ce jeu vidéo va être aussi infiltré par un mouvement par l'équipe de campagne d'un homme politique qui s'appelle Bourgel qui va directement cibler ces ces jeunes hommes pour en fait pour faire qu'ils en soient conscients ou pas écho à ses propos de campagne. Alors Pauline disait il y a plusieurs masculinismes et dans mon livre, j'ai voulu incarner de façon un peu archétypale les différents mouvements du masculinisme à travers différents personnages. On a Jérôme qui est un ami proche de Baptiste qui est un jeune homme plutôt rattaché à la mouvance Mictao ou Insel qui est en tout cas retiré qui n'a pas de relation avec les femmes et qui ne cherche pas à en avoir et qui nourrit on comprend une grande frustration.

Nous avons aussi Christopher qui est là le jeune homme qui va, on va dire séduire Baptiste l'endoctriné et qu'on pourrait rattacher au coach en séduction ou au pickup artiste dans le vocabulaire de la Manosphère. Donc là qui est un homme avec beaucoup plus d'assurance et dont le but est d'apprendre à séduire un maximum de femmes. Et puis on a Bourgel, cet homme politique qui est un, on va dire un misogyne traditionnel dans la grande lignée des misogynes de tout temps, on va dire, et qui euh et qui va euh et qui est à la fois misogyne, homophobe, raciste.

Voilà, c'est une pensée systémique. Dans mon roman, il y a aussi une dimension politique forte et ça c'était très volontaire de ma part. Je ne voulais pas seulement m'intéresser à ces jeunes hommes dans leur chambre et sur leur jeux vidéos.

Je voulais montrer à quel point le masculinisme était utilisé de façon active par des mouvements politiques réactionnaires organisés euh et instrumentalisés au fin à leur fin politique. Alors si je reviens maintenant sur la genèse du roman et les sources d'inspiration, au départ je voulais écrire sur les hommes du backlash. J'avais écrit un premier roman sur les féministes et la création et les premières années du mouvement de libération des femmes et je me suis dit que se passe-t-il de l'autre côté du spectre ?

Et je choisis j'ai choisi la fiction dans une démarche, on va dire de compréhension. J'avais envie d'essayer de me mettre dans les baskets d'un jeune garçon qui petit à petit qui a l'image que j'utilise c'est que c'est une c'est une grenouille dans le dans l'eau du patriarcat. Pas plus que ça au départ.

ça n'est pas un jeune homme politisé et petit à petit au contact d'hommes avec des idées politiques plus arrêtées par le contexte dans mon roman du jeu vidéo du divertissement et sans s'en rendre compte devient poreux puis porte des messages misogynes rela l'idéologie masculiniste. Quand j'ai commencé à l'été 2021, j'ai eu j'ai une documentation assez limitée à consulter pour essayer de me faire une idée de cette communauté parce que le sujet était pas encore comme le rappelait Pauline très identifié et surtout pas dans la littérature francophone. Je me suis appuyée sur quelques travaux universitaires.

Il y a des travaux d'une anthropologue Mélanie Nigourarier sur les coachs en séduction, les travaux d'un Québécois François Dupid sur les crises de la masculinité. et mais très peu de médiatisation en tout cas en France du phénomène. Alors, il se trouve que de façon contemporaine, il y a eu un attentat à PIMOUS en août 2021 commis par Jack Dav Davidson qui était relié à la communauté Insel et qui commençait du coup qui a commencé à faire monter le sujet dans l'opinion publique européenne, on va dire, puisque la menace qui jusqu'à jusqu'à 2021, les attentats avaient été commis sur le continent américain se rapprochai et au même moment la Commission européenne et c'est les premiers travaux que j'ai pu consulter sur les Incell à travers son réseau RAN, donc Radicalization Awareness Network de sensibilisation à la radicalisation publiait un premier rapport enfin des premières études sur les Incell pour s'interroger sur quels étaient les profils d'INEL si on pouvait si on pouvait définir des profils et comment déradicaliser de jeunes Insel.

Alors ce ça cette faible disponibilité de matière documentaire m'a conduit à me plonger sur un dans un travail de terrain et aller moi-même sur les forums. Alors, j'ai eu plusieurs surprises en faisant ça. D'abord, la facilité d'accès à ces sites.

Il a suffi moi-même que je tape ce que mon ce que mon personnage tape dans sa barre de recherche pour pour tomber sur des forums. Euh donc notamment le forum jevideéo.com, le forum 1825 de jeevideéo.com.

Mais en allant sur Redit, en allant sur Fourchan, très facilement, je suis tombée sur des contenus dont la violence et la radicalité m'ont stupéfaite et m'ont atteinte d'ailleurs parce que en passant une demi-heure, 1 heure ou un peu plus à lire ces posts, on est évidemment atteint. On ça nous met dans une je pense que ça met n'importe quel lecteur dans une situation de malaise ou de colère. en tout cas émotionnellement ne peut pas rester euh euh impassible devant ses propos.

J'ai été aussi marqué, je l'ai retraduit dans mon livre par le langage hermétique utilisé sur ces forum. Il y avait au départ quand j'ai commencé à lire ces posts un certain nombre de termes que je ne comprenais pas, issu notamment du jeu vidéo mais pas seulement qui participait à une sorte un très fort communautarisme et ce qui m'a ce qui a pu me faire penser à un mouvement sectaire. en tout cas la volonté de d'utiliser certains mots ou certaines références communes comme PP the Frog pour se reconnaître les uns les autres et pour se donner un sentiment d'appartenance commune.

Et puis j'ai aussi été marqué par l'importance de la culture du jeu vidéo notamment à travers les acronymes utilisés et puis parce que une de mes sources c'était le forum 1825 sur jevideéo.com donc ça n'était pas étonnant. Alors, je viens maintenant justement à ce deuxième thème du jeu vidéo qui est très central dans ma fiction et la deuxième source d'inspiration par pour ce roman, ça a été un article de courrier par courrier international repris du mensuel américain The Wed qui s'intéressait donc en octobre 2021 et qui s'intéressait à un jeu fasciste créé sur une plateforme de jeux vidéo très utilisée par les plutôt par les jeunes joueurs d'ailleurs je crois Roblox de jeux vidéo en ligne.

Sur cette plateforme, il y avait il y avait un jeu vidéo qui s'appelait Partia qui était un jeu vidéo créé par des néonazis américains avec un certain nombre de codes euh de règles, on va dire fascissantes qui imposaient une certaine façon de s'habiller, une certaine façon de s'adresser, qui interdisait d'utiliser un sexe différent de de son propre sexe dans son avatar et cetera. dont je me suis inspirée pour ma fiction. Et même si les masculinistes n'étaient pas directement euh euh cités dans cet article, j'ai trouvé j'ai trouvé qu'il y avait des forts liens avec mon sujet d'intérêt.

Bon, d'abord le le milieu du gaming auquel il est souvent fait référence chez les masculinistes et qui est un milieu très fortement masculin et dont l'industrie est dominée aujourd'hui par des représentations très virilistes des hommes et qui pouvaient facilement coller aussi à mon personnage. J'ai trouvé une similitude dans le mélange du divertissement et de la politique, dans l'utilisation de l'ironie, dans l'utilisation de voilà de cette confusion qui pouvait provenir du fait qu'on tient des messages politiques mais qu'on est dans un jeu. Et du coup, la personne qui se trouve immergée dans ce jeu et qui ne vient que pour le divertissement ne se rend pas forcément compte ou ne sait pas quel degré de sérieux prêté au messages politiques qui sont diffusés dans ce jeu.

Et c'est ce que ce qu'expliquait cet article en fait qui donnait la parole à un jeune homme qui s'était fait endoctriner et qui des années après témoignait de son expérience du jeu. Et puis surtout, il m'a apparu que le jeu vidéo, en tout cas ce jeu Partia, pouvait être un lieu d'endoctrinement extrêmement facile. Et on sait que cette menace enfin cette utilisation des jeux vidéos pour endoctriner des jeunes personnes et déjà identifié par les par les services français puisque pour la menace pour le recrutement islamiste par exemple, il y a des recrutements sur les jeux vidéos.

Sans doute que l'anonymat facilite le l'approche et le recrutement et puis je pense cette le côté immersif du jeu vidéo qui qui déréalise en partie les propos politiques tenus et qui permet qui permet une une conversion douce puisqu'elle prend les traits du divertissement. J'ai pu retrouver sur YouTube une vidéo dans ce jeu partia à l'époque en 2021 qui m'a permis d'imaginer mon propre jeu vidéo et puis cette vidéo a été supprimée depuis. Et la troisème source d'inspiration, ça a été la campagne d'Éric Zemour en 2021-2022 en préparation des présidentiels puisque donc Éric Zemour, on peut le on peut facilement le rattacher à la communauté masculine si l'on s'en réfère à son penflet misogyne, le premier sexe, publié en 2006. et il avait autour de lui une équipe de de jeunes gens qui avaient très bien compris l'utilisation des réseaux sociaux et l'importance de l'utilisation des espaces numériques pour faire pour donner de l'ampleur au messages de leur candidat dont Samuel Lafond qui était chargé de la communication numérique du candidat.

Donc son équipe était active non seulement sur Twitter mais aussi sur Wikipédia pour modifier des informations à infiltrer des communautés Facebook. Tout ça et documenté par Vincent Bresson dans Au cœur du Z. Et c'est par ce par cette porte là que je me suis intéressée du coup aux pratiques politiques d'utilisation des espaces numériques et notamment des communautés masculinistes au profit de leur propos politique.

Et accessoirement Sarah Knafo qui fait l'actualité aujourd'hui a été une source d'inspiration au départ du personnage de Léa. Euh pour l'anecdote. Alors, en guise de conclusion, je voudrais partager avec vous quelques interrogations qui m'ont été inspirées par l'écriture de ce livre.

La première, c'est plutôt un message qu' une interrogation. Le masculinisme est un cheval de 3 des mouvements politiques réactionnaires. L'enjeu n'est pas seulement la protection du droit des femmes.

Le masculiniste est aujourd'hui une porte d'entrée grand ouvert aux idées les plus réactionnaires. Ça n'est plus un mouvement, ça n'est plus seulement un mouvement hétérogène en ligne. Il est instrumentalisé par des forces politiques et cette menace démocratique est d'autant plus effrayante qu'elle touche des jeunes hommes et qu'elle ciment notamment des jeunes hommes vulnérables.

La deuxième interrogation euh c'est qu'il y a tout de même, même si on trouve des masculinistes de tous âge, une forte dimension générationnelle. Aujourd'hui, quand on regarde ce qu'on ce qui est documenté comme le gender gap, donc les comportement politique des jeunes générations, on observe une différence croissance entre les votes des jeunes femmes et les votes des jeunes hommes. Euh ce sont beaucoup des hommes entre, je dirais 15 25 ans qui sont aujourd'hui les plus exposés et les plus porteurs de ces messages masculinistes.

Que faut-il en comprendre ? Est-ce que on en avait parlé je crois avec Pauline, est-ce que le mouvement mitou a percuté de façon particulière des jeunes au moment de leur construction identitaire ? C'est arrivé pour ces jeunes hommes avant qu'ils soient adultes et avant qu'ils comprennent peut-être tout ce qui se jouait dans les messages qui ont été portés par la vague mitou et qui était essentiel, mais ils ne les ont pas peut-être ils ont réagi plus qu'ils ont compris ces messages.

Ou est-ce que le masculinisme n'est qu'une voix commode pour exprimer une colère ou une frustration générationnelle ? Ma troisème interrogation est beaucoup plus large. Donc le phénomène masculinisme s'est déployé largement grâce aux réseaux sociaux et aux outils numériques.

Comment faire survivre la démocratie à l'air numérique ? et et je me suis posé cette question en regardant un documentaire sur le procès dep aux États-Unis où les jurés populaires ont été complètement influencés par l'activisme en au cours du procès des masculinismes en ligne. Quel quel quel pouvoir, quelle confiance peut-on encore avoir dans la démocratie lorsqu'on est confronté à ces manipulations ciblées et massives de l'opinion ?

Et puis je vais finir peut-être sur un un propos plus positif. C'est ainsi que je finis mon roman. Euh comment promouvoir d'autres imaginaires ?

Puisque l'efficacité du masculinisme repose sur le fait qu'il utilise des images, des représentations largement ancrées dans les imaginaires collectifs, virilistes, matchiste, assis sur des siècles de production euh artistique et que les f les fictions notamment les fictions immeres comme celles des jeux vidéos ont un pouvoir puissant pour façonner les imaginaires des joueurs qui les pratiquent. Donc, j'ai voulu conclure mon roman sur ce point en montrant qu'une manière de lutter était de participer à la construction de fictions alternative et notamment dans le milieu du jeu vidéo, mais pas seulement pour combattre les clichés réactionnaires véhiculés par ces mouvements masculinistes. et je ne suis pas capable de le traduire directement en préconisation de politique publique, mais indéiablement une guerre culturelle est à l'œuvre dans laquelle le pluralisme des médias, le pluralisme du monde de l'édition, l'indépendance de la production artistique doivent être au centre des préoccupations de ceux qui souhaitent lutter contre la montée d'une vague antidémocratique dont fait partie le masculinisme.

Merci pour votre attention. Merci beaucoup. Je suis pas sûr que vous nous redonniez tant d'espoir que ça, mais en tout cas ce que je comprends à travers tout ce que vous nous dites, c'est que on n pas fini de voir se battre ça.

Et et je voulais aussi rebondir en vous disant que nous faisons deux rapports cette année et le deuxième rapport c'est sur les jeux vidéos étonnamment. Euh je vais donc laisser maintenant alors nous avons trois rapporteurs sur ce sujet. Béatrice Goselin qui n'est pas présente mais qui je le sais nous regarde euh et je lui dis d'ailleurs que si elle a une question, elle peut nous l'envoyer sur la boucle, on saura la on saura la traduire.

Euh et donc sinon, nous avons Olivia Richard et Laurence Rossignol à qui je vais laisser la parole pour vous poser des questions laquelle commence. Allez Olivier Richard. Après, il y a plus rien à faire derrière toi.

C'est c'est pas vrai. [rires] Tu arrives toujours à débrouiller. Merci madame la présidente.

Merci beaucoup euh pour ces propos madame Ferrari, j'avais eu l'occasion de vous entendre à l'occasion des journées internationales de la MIP Prof. J'ai pu mesurer votre engagement, acheter votre livre et j'ai pas fini de le lire. 1000 pardons pour ça.

Euh différentes choses néanmoins m'ont m'ont frappé euh dans ce que vous dites euh et dans ce que vous écrivez euh et qui peuvent être recoupés avec des choses qu'on a pu déjà entendre en audition. Euh vous dites madame Gontier, vous parlez d'endoctrinement. Euh en effet, il nous semble, il me semble que tout ça s'apparente à une dérive sectaire basée sur un profond malaise, un profond mal-être.

Euh et qu'en effet quand on a du prête à penser et des idées toutes faites à proposer aux gens, c'est facile de s'y raccrocher. Et néanmoins, madame Ferrari, vous expliquiez euh lorsque je vous ai entendu que il faut parler fait face à des gens qui sont des complotistes en réalité et pas essayer de de convaincre qu'on ne fait que renforcer et ça nous a été dit par d'autres personnes. Donc je vais essayer de d'aller dans le même sens que la présidente Verrien.

Est-ce qu'il y a une façon de s'adresser au masculinistes pour essayer de s'en sortir ? Quel discours nous devons-nous avoir pour essayer de lutter contre ça ? Première question.

Deuxème observation, je suis absolument convaincu du lien qu'il faut faire en matière de qualification juridique sur le entre masculinisme et féminicide. et j'en ai été convaincu, si je n'étais pas déjà, par le reportage de Pierre Ga euh que nous avons auditionné et qui est conclu par ce cet homme qui un jour a trouvé la lumière et la raison de son vrai mal-être et qui a fini par tuer son ex-compagne non sans avoir tué sa sœur avant de 20 coups de couteau, je crois, et elle en son ex-compagne en a eu 80. C'est un féminicide par quelqu'un qui a été convaincu de passer à l'acte par un par des mouvements masculins.

Euh finalement, dans la mesure où on peut considérer le féminicide comme un un crime de propriétaire, euh finalement tous les féminicides ne seraient-ils pas des des actes masculinistes traduits ? Et dès lors, est-ce qu'il faut envisager une qualification pénale ? Vous n'êtes pas juriste ni l'une ni l'autre. euh on réforme trop et euh déjà si on pouvait réussir à obtenir ce que ce qu'on a déjà voté et mis en œuvre, on sait on serait contente.

Et néanmoins, est-ce que euh ça pourrait être une piste de réflexion ? Euh euh vous dites, madame Gontier, que on est atteint par ces euh ce qu'on lit et ce qu'on voit et ce qu'on entend. il y a euh une une insensibilisation progressive qui nous a été décr d'autres et je dois bien admettre que moi-même depuis 2 ans et quelques je suis élu, on se fait le cuir.

Euh on imagine l'effet que ça peut avoir sur des jeunes. parler des des jeunes hommes, mais il y a également des jeunes femmes avec des mouvements inquiétants, un peu sidérant pour la fille d'une femme des années 80 que je suis de voir le retour des trades, c'est-à-dire ce retour à des valeurs traditionnelles qui n'ont pas l'air d'être couronné d'un grand succès puisque certaines en sont revenues étant planté à 26 ou 28 ans par une leur mari qui préfère des plus jeunes. Mon dieu ! comment on s'adresse à ces femmes, jeunes femmes et s'agissant de l'instrumentalisation politique que vous observez et qu'on est plusieurs à constater venant de l'extrême droite, y a-t-il un cynisme où est-ce que ça recoupe intrinsèquement l'ADN de ces mouvements-là ?

Est-ce que c'est une récupération politique ou juste une convergence de leur lutte ? Merci. Après vous tout de suite ou allez Laurence Rossignol vous répondrez globalement merci de rapporteur et après ce sera nos collègues.

Oui, je pense que c'est mieux qu'on fait on fait des d'abord merci merci à à vous deux pour votre travail, pour votre obstination et pour celle de Pauline Ferrari. Peut-être une petite anecdote à vous raconter en je suis par ailleurs avec une autre crinoline, une autre capeline. Je suis je suis aussi présente d'une association féministe, l'Assemblée des femmes qui organise chaque année une université féministe.

On a fait en 2019 une université féministe dont le thème était masculiniste et antiféministe. Qui sont-ils ? Où sont-ils ?

Quels sont leurs réseaux ? Euh en fait, c'était trop tôt. [rires] C'était trop tôt parce que il y a eu aucun aucun relais.

C'était faudrait je partage totalement ce sentiment d'avoir vu quelque chose se passer dans une indifférence assez grande. Euh on pourrait discuter longtemps sur la nature de cette indifférence d'ailleurs euh qui n'est pas que de l'ignorance. Euh voilà.

Et et euh et moi je suis je me réjouis de voir euh que aujourd'hui il y a plus de chercheurs, plus de qui travaillent là-dessus et que c'est enfin identifié pour euh ce que c'est. Euh je voulais vous poser quelques questions. Euh la première, c'est concerne ce dont vous n'avez pas parlé.

Euh vous n'avez pas évoqué la place de l'industrie pornographique dans euh la le développement et la la banalisation des du masculinisme et l'influence qu'elle a aussi sur les jeunes générations et comment se combine dans les jeunes générations l'exposition aux algorithmes et la fréquentation régulière voir assidu de des sites pornographiques. Ça c'était prier sujet dont je voulais sur lequel je voulais vous interroger. Le deuxième c'est sur les femmes qui participent à au masculinisme.

Et par rapport à ce que disait Olivia il y a un instant, c'est comment on s'adresse à elle. En fait, j'ai quelques années de féminisme derrière moi. J'ai longtemps pensé que il y avait des femmes qui étaient euh sous influence, qui n'avaient pas les moyens forcément la capacité de s'émanciper.

Je pense aujourd'hui qu'il y a des femmes qui sont objectivement et de manière militante complice et active dans la lutte contre le féminisme et quelle place on leur donne dans les travaux que nous menons nous sur l'industrie sur le le le développement du masculinisme. Ça c'était ma deuxème question. Euh la 3è c'était pour répondre sur les outils.

Je pense que la laïcité est un outil de lutte contre le masculinisme. Alors la laïcité, il faut toujours maintenant préciser, ce n'est pas la laïcité des voyées euh qui est perçu et promu comme étant un outil de au bénéfice enfin au profit du racisme antimusulman. C'est la laïcité historique dans sa dimension anticléricale et la place euh qu'occupe les discours les les les discours religieux dans le masculinisme et dans la propagation.

Et enfin, ma dernière question euh va être sur je pense la nécessité de bien identifier la différence entre le masculinisme et la misogénie. C'est très important, je crois, de faire ça. Le masculinisme c'est la euh c'est le déboucher politique de du masculinisme, de la misogénie.

Mais je pense que pour la compréhension, toute la misogénie n'est pas forcément animée d'une volonté masculiniste et je pense que c'est important qu'on la qu'on l'identifie bien. Et enfin, ça sera vraiment le dernier point. Je pense que nous avons des outils euh que nous n'utilisons pas.

Je dis ça du point de vue du législateur parce que nous on a toujours tendance à penser que si on fait une loi en plus, ça va être vachement bien et on va régler tous les problèmes. Je pense qu'il y a des outils. Le DSA euh est un outil que euh l'Union que la que la Commission européenne n'utilise pas suffisamment euh puisque la Commission européenne a la capacité d'infliger des sanctions financières d'abord, puis ensuite des suspensions de site.

Et enfin pour je vous remercie d'avoir, je crois que c'est Pauline Gontier qui l'a dit, je pense qu'il faut inclure l'ensemble des mouvements réactionnaire. Ce n'est pas que l'extrême droite euh estampillé officiel classifier ministère de l'intérieur. Voilà, c'est ça que je veux dire.

Je pense que euh la porosité entre l'extrême droite et d'autres mouvements politiques réactionnaires fait aussi que le masculiniste le masculinisme est un outil électoral au-delà de l'extrême droite. Et je pense que je dis ça parce que c'est important que nous on le soulligne dans notre propos. Voilà.

Qu'est-ce que vous en pensez ? Et enfin pour vous dire bah le Dominique Verrien l'a un tout petit peu évoqué tout à l'heure à votre question qu'est-ce qu'on fait et comment on sort de de la différence autour de nous le fait que le Sénat l'obligation droit des femmes fasse ce qui sera le premier rapport d'une institution politique donc avec une dimension officielle sur le masculinisme va contribuer à mon sens à la prise de conscience que c'est une question de politique publique, une question démocratique également que celle du masculinisme. Voilà.

Merci. Qui qui commence pour les réponses ? Allez, je me lance.

Euh, j'ai essayé de de faire des notes. Je commencerai peut-être par en effet la différence entre misogynie et masculinisme qui à mon sens est essentiel. Moi, je définis le masculinisme comme un mouvement social et politique de mise en pratique concrète de l'antiféminisme.

Ce que je dis souvent quand je fais des conférences ou des rencontres, c'est que le masculinisme, c'est pas c'est pas votre tonton à table à Noël qui va dire "Ah, les féministes, elles vont un peu trop loin." C'est sont des personnes qui vont mettre en place des choses politiquement, concrètement, en ligne comme hors ligne pour faire régresser les droits des femmes et des minorités de genre pour tenter de les humilier, pour tenter de les silencier. Et à ce sens, c'est un peu différent de entre guillemets juste de la misogénie qui est déjà euh bah pas acceptable.

Euh sur la question du DSA, je suis assez d'accord sur le fait que pour être journaliste sur les questions de nouvelles technologie de depuis un petit moment, j'ai pas mal suivi le DSA et je sais à quel point c'est un texte assez fondateur, y compris au niveau international. Il y a beaucoup de pays qui nous l'ont envie. La seule problématique des textes européens là encore, c'est qu'on est face à des plateformes qui sont des multinational détenu par des multimilliardaires pour qui les amendes de quelques millions d'euros ne sont pas un problème et qui malheureusement en fait sont dans une perspective politique aussi que je pense à Marc Zuckerberg qui a supprimé totalement la la modération sur les fausses informations, sur les questions de genre et les questions LGBT sur tous les tous les applications du groupe MTA.

Je pense aussi à Elon Musk bien sûr qui est un un bras à droite de Donald Trump. Dans tous les cas, on a des plateformes en fait qui continuent à se faire taper sur les droits par les instances européennes et qui répondent par oui, ben qu'est-ce que vous allez faire ? Et donc en fait ça demande aussi une collaboration entre les plateformes et les institutions euh pour que il y ait des choses qui se passent.

Par exemple, je suis beaucoup tout ce que fait l'ARCOM chaque année pour savoir un petit peu quels sont l'état de la modération par exemple des contenus en France. euh la plupart des plateformes ne donnent même pas leurs données à l'ARCON, ce qui est quand même problématique [rires] à plein de dégâts. Donc le DSA, oui, mais euh j'ai toujours euh je je me demande toujours comment euh agir plus loin quand on voit que ce sont des plateformes qui euh euh en fait euh préfèrent payer plutôt que de changer leur pratique et et leur politique. sur sur la question des femmes qui participent à ces mouvements.

J'ai un peu travaillé sur les les sur les tradif cette année, donc je peux un petit peu vous répondre là-dessus. Le mouvement des tradif, il est assez ancien en réalité comme tous les mouvements réactionnaires. C'est un mouvement qui date des années 2010, d'abord au Royaume-Uni puis aux États-Unis.

Et il faut pas oublier que les influenceuses tradif ont une spécificité culturelle nord-américaine certaine. On n' pas les mêmes tradif, on va dire en Europe quand qu'aux États-Unis. Il y a des différences culturelles certaines et moi je parle de ces influenceuses comme des influenceuses qui se déguisent en femme au foyer pour en fait jouer à la dinette et filmer filmer le fait qu'elles auraient une vie de femme au foyer parce que si vous connaissez des des personnes qui gèrent seul leur foyer ou des familles monoparentales, vous savez à quel point une robe ne reste pas aussi blanche après une journée.

Néanmoins, ce qu'il faut retenir, c'est que les Tradwives, ce sont ce sont des influenceuses politiques. La plupart ont pour conjoint, amis des personnes dans des cercles politiques réactionnaires, notamment aux États-Unis, des sénateurs républicains antiG par exemple ou en tout cas des ce sont des influenceuses qui font la promotion d'idées politiques. Donc comment on parle à ces jeunes filles qui peuvent être tentées par ces contenus ?

Moi la voix que je choisis d'adopter, c'est que le principe du féminisme, c'est le principe du choix et donc en tant que femme de pouvoir choisir ce qu'on a envie de faire. Et il n'y a aucun problème à vouloir à choisir en fait d'être femme au foyer si tel est notre choix et tel est notre désir. Mais à partir du moment où on a des influenceuses qui romantisent une vie qui n'est pas conforme à la réalité et donc font peser des injonctions et des désirs une de vie scénarisée, il y a déjà un petit souci, ça reste des influenceuses comme les autres.

Et d'autre part, le fait que euh ces influenceuses, ces mêmes influenceuses vont dénigrer les autres femmes pour leur choix, le fait qu'elles fassent des études, qu'elles choisissent de ne pas faire d'enfant par exemple, euh sous prétexte de oui, de prétextes moraux, religieux, euh voilà, Dieu n'a pas décidé notre rôle en tant que femme, notre rôle en tant que femme n sera, c'est ça. Ben là, il y a un problème parce qu'on va à l'encontre de la notion du choix. Euh néanmoins, moi ce que je constate aussi en étant avec les jeunes, c'est pas forcément cette notion de tradif qui les traverse le plus.

C'est davantage en fait la reconfiguration aussi des opinions politiques des jeunes garçons et leur conservatisme oblige aussi les jeunes filles à rentrer dans un certain moule conservateur dans le but de se faire accepter et de ne pas vivre des violences. C'est ça aussi qui se passe. C'est-à-dire que des jeunes filles qui auraient une parole un peu trop libre ou qui seraient un peu trop considéré comme féministe et cetera, ben en fait face à des garçons qui deviennent de plus en plus conservateurs, elle risque des violences aussi à exprimer certaines choses.

C'est pour ça que quand je fais de l'éducation au média, je viens jamais dire "On va parler de masculinisme, je veux dire, on va parler de stéréotype de genre, on va parler de c'est quoi être une fille ou un garçon sur internet parce que en fait ça braque et euh et sinon c'est juste des propos misogynes pendant 2 heures et les filles se sentent encore plus mal et les garçons se sentent encore plus puissants pour essayer de démonter démonter des arguments. Et donc à mon sens, ces jeunes filles, elles sont aussi prises dans un environnement qui est pas évident, qui est que la société en elle-même est patriarcal et oppressente en fait pour ces jeunes filles sur les questions de genre et qu'en plus leurs camarades peuvent avoir des propos masculinistes, misogynes extrêmement offensants et elle elles doivent naviguer avec ça. Donc je pense qu'il y a aussi de leur part une adhésion parfois malheureusement un peu stratégique de survie en fait tout simplement.

Après, je suis assez d'accord avec vous madame Rossien pour le dire que il y a des militantes notamment en France et j'en ai j'ai quelques noms en tête des militantes euh Ah, vous voulez que je dise les noms ? Très bien. [rires] Je pense à notamment Ta Descuffon, les membres du collectif Nemmésis dont Alice Cordi qui utilise clairement les questions des relations hommes-femmes ou qui instrumentalisent parfois la question des violences faites aux femmes dans une perspective xénophobe, raciste et réactionnaire et de fait anciéministe.

Et dans ce cas-là, elles ne sont pas sous influence. Ce sont des jeunes femmes qui savent parfaitement ce qu'elles font et ce sont des jeunes femmes qui ont un but très clair qui est d'atteindre le pouvoir politique et en tout cas d'avoir d'avoir leur désir réalisé. Euh elles sont proches de certains hommes politiques, notamment Éric Zemour comme euh Pauline en parlait en parlait si bien.

Et tout ça pour dire que c'est voilà des femmes qui savent très très bien ce qu'elles font et là-dessus elles ont été aussi formées pour ça dans certains instituts instituts politiqu j'ai oublié le le nom de l'institut à étudié Alice Cordier mais des instituts en fait d'influence où on leur apprend aussi des techniques de communication et des techniques d'influence et qui sont persuadés que par leur blanchité et par leur classe sociale plus élevée ça va les sauver potentiellement des politiques antiféministes qu'elle pourrait qu'elle pourrai subir. Et enfin, je finirai par ça avant de te laisser la parole Pauline sur la question de la pornographie. C'est une question qu'on m'a beaucoup posé ces dernières années auxquelles je n'ai pas forcément de réponse.

D'une part parce que dans les communautés masculinistes, il y a globalement une un mouvement antiporno et un mouvement anti Ouais. anti travail du sexe de manière générale qui s'explique selon ses influenceurs par le fait que euh la pornographie modifierait la chimie du cerveau. Et donc il y a énormément de masculinistes qui vont faire ce qu'on appelle, pardonnez-moi le terme des des 9h le matin là, mais de de la rétention séminale.

Donc c'est le fait de ne pas euh éjaculer pendant une certaine période de temps. Il y en a certains qui se targuent de ne pas avoir éjaculé pendant 3 ans. euh voilà euh dans le but de augmenter leur niveau de testostérone.

Voilà, scientifiquement ça vaut rien, hein, vous vous en doutez. Mais voilà, en tout cas, il y a cette idée que si on a pas de masturbation, ce qui est lié à pas de pornographie, pas d'éjaculation, on devrait on deviendrait un homme meilleur qui tiendrait mieux euh son érection et cetera et cetera. Du coup, sur la pornographie, j'ai un peu du mal à répondre parce que euh c'est un mouvement qui est très présent et qui existe dans ces communautés masculinistes et euh on voit à quel point aussi dans ces communautés euh masculinistes la question euh du travail du sexe, je pense notamment euh au compte Only Fan que euh voilà certaines certaines travailleuses de sexe peuvent avoir pour avoir des revenus. euh à quel point c'est un facteur euh à la fois de moquerie mais aussi euh de de on va dire d'accumulation de stéréotype sur le corps des femmes.

C'est-à-dire que cette notion de euh ah maintenant toutes les femmes sont sur Only Fan, c'est euh et donc toutes les femmes seraient euh des travailleuses du sexe si on va dans cette idée-là. Euh c'est quelque chose qui que Oui. qui serait toutes des Voilà.

Oui, je voulais rester un peu soutenue dans mon langage. [rires] Euh c'est euh c'est quelque chose qui est utilisé par les communautés masculinistes pour dénigrer les femmes, même celles qui d'ailleurs n'ont pas de contan et qui est désormais très présent aussi dans les salles de classe. Voilà, quand on parle d'éducation à la sexualité avec les élèves que je peux voir, j'ai des élèves qui me disent "Madame, est-ce que c'est vrai que toutes les femmes, elles ont, je cite, 300 de body count." Donc est-ce que c'est vrai que toutes les femmes ont eu 300 partenaires sexuels ?

Voilà, il y a c'est des idées de fausses information qui se propagent comme ça. [rires] Mais pourquoi 300 ? Ben, je me pose la même question mais c'est très c'est un chiffre rond, quoi.

C'est vraiment voilà. Mais dans tous les cas, voilà. Donc sur la question de la pornographie, je suis un peu partagée parce que du coup ces deux mouvements là existent, coexistent et parfois s'opposent.

Enfin voilà, donc à mon sens, c'est un peu voilà, j'ai du mal à avoir une réponse assez assez claire là-dessus. Je te laisse la parole. Euh j'ai pas de réponse non plus à toutes les questions que vous avez posées.

Je vais commencer par celles à propos desquelles j'ai en tout cas des des idées à partager avec vous sur cynisme ou convergence des idées. Je pense que il y a un intérêt bien compris de la part de de partis politiques réactionnaires qu'on a ici une masse de de jeunes personnes qui sont prêts, et je dis à la fin de de mon livre à être une armée de l'ombre, même pas forcément consciente de des chambres d'éco qu'elle joue parce que quand on met un like ou quand on retweete quelque chose euh on se rend potentiellement pas compte des conséquences politiques réelles de ce qu'on fait. Donc je pense que déjà il joue là-dessus sur le fait que c'est pas comme aller tracter sur un marché de liker un poste de Zemmour quoi.

C'est ça engage moins et en même temps ça a beaucoup d'importance parce que ça met ses topiques, ça met ses sujets en en top trend sur Twitter à l'époque de la campagne de 2021-2022 et donc ça le rend visible et ça a créé cette bulle zémour qui a ensuite été démentie dans dans les urnes mais donc cynisme et oui mais vraie convergence d'idée indubitablement. Moi, j'étais très marquée quand je regardais ce forum euh 1825 par l'alternance en 2021 2022 des postes euh des postes mascul et puis des postes de soutien à Zemour et des postes misogynes et des postes xénophobes, homophobes. Donc c'est c'est tous ces propos qui sont qui sont liés.

Euh et euh et je me demande même si ça n'est pas en fait ça le dénominateur commun, le la colère et la haine envers toutes les formes d'altérité euh au-delà même de la misogénie. Donc il y a vraiment une une sorte de convergence des haines quand on lit ces ces propos et quand on est sur ces forums. Et puis ensuite la convergence se trouve aussi il y a des connexions idéologiques évidentes.

Il y a des c'est je dirais par exemple une vision très binaire du monde, une volonté de retour à l'ordre, une idéalisation du passé. C'est pas innocent si j'ai placé mon jeu vidéo dans une cité antique greco-romaine. Il y a beaucoup de coachs en séduction qui développe toutes des théories fondées sur des références antiques.

Euh et puis bien sûr le rejet du féminisme, pardon. Ouais. Euh ben d'ailleurs, c'est pas innocent si ce jeu vidéo néonazim fait penser au masculinisme.

Il y a beaucoup de codes commun et et de et de références communes. Les mêmes personnes portent les deux discours. Donc je parlais de Zemour, Alain Soral, Anders Brevic dans son manus dans son manifeste à des propos masculinistes.

Elliot Roger qui est le premier attentat masculiniste identifié en 2014 aux États-Unis dans son manifeste My Twisted World à des propos racistes autant que masculinistes. Et puis il y a des connexions personnifiées. Maintenant on les voit tout à fait.

Pauline parlait en introduction d'Andrew Tight. Évidemment, Bouti et Donald Trump sont proches et Trump est intervenu pour exfiltrer pour extrader en Floride après sa condamnation pour proxénétisme donc les connexions et les convergences sont des convergences de fonds et des connexions de personnes. Sur l'identification, j'ai effectivement j'ai trouvé intéressant de de distinguer masculinisme et misogyne.

Moi, en plus de la dimension politique du masculinisme, je je dirais qu'il y a dans le masculinisme une position victimaire euh qu'il n'y a pas nécessairement dans les propos misogynes et je trouve que c'est intéressant parce qu'on parlait Vous parliez du mal-être, vous parliez du malaise. Oui, je fais un lien très fort entre le développement du masculinisme et un malaise. Euh parce que le masculinisme dit "C'est à cause des femmes que vous êtes malheureux." Il dit pas seulement, il dit pas juste les femmes sont inférieures, les femmes sont moins intelligentes, c'est presque le contraire.

Il dit "Les femmes dominent le monde et c'est à cause d'elles que vous êtes malheureux." Donc c'est vraiment il y a il y a quelque chose de la rhtorique du bouc émissaire dans le masculinisme qui est très puissant et qui là aussi rapproche enfin vous faisiez un parallèle avec le nazisme voilà désigner le bouqumissaire est un un moteur politique très puissant et et de ralliment des foules. Vous parliez aussi de l'insensibilisation progressive aux propos extrêmes et radicaux et je trouve que c'est c'est une chose importante effectivement plus on y est exposé sans doute moins on y est sensible.

Il y a d'autres facteurs qui jouent et qui me marquent beaucoup. C'est l'anonymat que permet internet. On on déclare ces propos avec un avatar, avec un pseudo.

Donc ces propos ont l'air moins réels et ça crée ça crée une distance aussi. Et je parlais tout à l'heure de l'utilisation de l'ironie de voilà si quelqu'un va trop loin et que les postes lui répondent en disant moi quand même, il peut toujours dire non mais je rigole, tu as pas d'humour. Enfin, c'est on surf toujours là-dessus et ça permet petit à petit que les idées soient en fait incorporées malgré malgré nous parce que on y est exposé.

On sait jamais s'il faut vraiment exercer ton esprit critique ou s'il faut simplement le lire et puis laisser passer. et le fait que ce soit des mouvements qui se développent en ligne crée quand même une sorte de déréalisation et et là c'est pour ça que la lutte numérique est vraiment importante, c'est que on est je pense beaucoup plus extrême en ligne évidemment que dans la vie réelle et la confrontation de personne à personne ne donnerait pas la même chose que la confrontation et avec tout le jeu des algorithmes que décrivait Pauline qui a lieu en ligne et du coup qui qui lancent beaucoup plus loin des jeunes hommes qui au départ enfin qui même je pense si on les confronte dans la réalité ne pour certains en tout cas parce que c'est Pauline qui les côtoi en salle de classe et moi non mais ne tiendrait pas les mêmes propos dans la vie réelle qu'ils sont capables de tenir en ligne comme les appels au viol par exemple. Euh vous disiez alors sur la l'industrie pornographique, moi je rattache ça au fait à ce que je disait sur le il existe tellement de représentations patriarcales et de domination des femmes dans la production alors je disais dans la production artistique donc là c'est pas une production artistique mais je rattache ça au fait qu'il existe énormément de stéréotypes et que nos imaginaires sont déjà façonnés autour de corps d'homme. extrêmement virilisé, sexualisé.

Donc je je j'ai pas plus d'idées que ça et je trouvais intéressant ce que je ne savais pas ce que racontait Pauline sur l'anti industrie pornographie d'une partie des mascules. Mais voilà, en tout cas moi je je me dis que ça fait partie de tous l'éventail des représentations imaginaires alternatives qu'il faut essayer de produire pour que des jeunes hommes et des jeunes femmes soient exposés à d'autres modèles et donc par là peut-être moins sensibles au discours masculiniste. même si c'est une bataille de très très très longue haleine étant donné que nous sommes encore dans une société patriarcale où le pouvoir et l'argent en très grande majorité appartient à des hommes.

Euh et une dernière chose, vous parliez, vous disiez à juste titre madame la présidente que on pouvait se réjouir que vous traitiez la question et qu'elle soit du coup enfin portée politiquement grâce à ce premier apport. Oui, c'est une question démocratique parce que comme je le disais tout à l'heure, le masculinisme c'est une volonté politique de destruction des marges et de destruction de de la liberté de choisir sa vie. Comme disait Pauline, il ils ont un modèle il y a un modèle d'homme, un modèle de femme, un modèle de vie correcte et il faut anniler le reste.

Donc c'est on parle vraiment de d'une question démocratique. On parle pas seulement des droits des femmes. Euh voilà, sur les autres sur les autres questions, j'avais pas nécessairement de euh nécessairement de réponse.

C'est pas grave, ça de toute façon ça va revenir parce que je reprends la main à la fois pour redonner la parole à Olivia Richard avant de donner à nos collègues. Mais avant même avant même, je vais la garder pour poser des questions que Béatrice Goselin nous a envoyé, notre troisème rapporteur qui était un peu bloqué par la neige hier et donc qui demandait ce qu'on pourrait faire, quelle action pourrions-nous faire au niveau des réseaux sociaux. Alors, on en a un peu parlé avec le DSA.

Euh est-ce que du coup le plan européen est suffisant ? Est-ce que il y a des mouvements plus internationaux ? Est-ce que bah aux États-Unis ça va être un peu compliqué avec Trump actuellement au pouvoir, mais est-ce qu'il y a malgré tout aux États-Unis des mouvements qui essayent de se battre aussi contre l'impact que les réseaux sociaux peuvent avoir ?

Et ensuite, bon, elle parlait de l'évar, c'est de l'intervention des associations. Je pense que sous-entendu, elle se disait que c'était bien si c'était malgré tous les enseignants qui pouvaient donner cette éducation. Euh justement madame Ferrari, est-ce que vous avez vu de l'entrisme d'associations justement qui veulent intervenir dans les écoles au sujet des Vars mais pas tout à fait pour l'affaire tel que c'est prévu par le programme du ministère de l'éducation nationale ?

Et puis ensuite, mais je crois que pour le coup, madame Gontier, vous avez répondu sur l'élargissement de la sphère au-delà même de simplement des partis politiques mais qui sont dans la manosphère. Euh donc voilà, ça c'est pour euh pour Béatrice Goselin et je crois qu'Olivier Richard avait une petite question aussi euh à poser et ensuite Merci présidente. Juste euh une précision sur euh que pensez-vous du débat actuel sur l'interdiction des portables pour les lycéens, l'interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans.

Euh voilà. Merci. Top.

Donc ça rebondit un peu sur la question de Béatrice Goselin. Du coup Annique Billon puis bah voilà. Bah écoutez Anillon puis Colombe Brexelles puis Joseline Antoine.

Merci madame la présidente. Merci à vous mesdames pour vos exposés extrêmement éloquents. Euh deux questions seulement deux questions assez simples.

Depuis le démarrage de ces travaux, ce cycle d'audition, j'ai le sentiment euh que la moyenne d'âge des experts que nous recevons est particulièrement jeune. Donc je voudrais savoir si si c'est en fait vérifier si ce sujet est plus pris à bras le corps par une génération et et si finalement et pourquoi d'ailleurs si c'est le cas, est-ce que c'est une question de génération ? Est-ce que c'est parce que les une partie de la population il serait plus exposé au masculinisme ou est-ce que vous y seriez plus sensible ?

Enfin voilà, c'est un sentiment. Donc, je voudrais savoir si ce sentiment se ce se est une réalité. Pardon.

Et puis comme vous il a été question de mouvement social et de et politique, euh on a les présidentiels et les municipales qui arrivent. Euh lorsque ce thème a été abordé au sein de la délégation, euh euh de nombreux collègues euh sénateurs et sénatrices euh n'avait aucune notion de ce que pouvait être le masculinisme, d'où l'intérêt des travaux de cette délégation. Mais euh il y a urgence donc à faire prospérer euh finalement cette ces informations.

Euh quel moyen euh de quel moyen dispose-t-on vraiment euh mis à part ces premiers travaux au sein de la délégation qui mériteront évidemment de de sortir du Sénat et d'être partagé largement pour éviter que euh des listes au municipal et que les présidentiels soient finalement fagocités aussi par des entrismes masculinistes. Je vous remercie. Bonjour Colombe Brussel, sénatrice de Paris.

Je vous présente toutes mes excuses. Je suis arrivé en retard mais je vous écoutais dans le métro. Deux questions.

Alors la première en effet sur les Vars parce que vous y avez fait allusion madame Ferrari. Commence à lire quelques articles de presse sur le fait que malheureusement l'installation de les Vars dans les programmes finalement ouvre un champ. Alors, un champ économique mais aussi un champ idéologique.

Et donc voilà. Est-ce que votre allusion à l' VARS faisait référence à ça ou pas ? C'était une une question qui m'a fait sursauter dans le métro pour tout vous dire.

Euh et deuxième chose, vous avez beaucoup parlé de des travaux que vous menez dans le cas, j'imagine plutôt avec des collégiens et des lycéens dans le cadre de l'éducation au médias. Euh est-ce que dans les réseaux qui travaillent sur ces sujets, qui ne soient les réseaux de l'éducation nationale ou d'autres réseaux plus euh d'intervenants, est-ce que cette question ces questions pardon autour des masculinistes de leur présence de leur emprise est une question qui commence à exister plus largement ou est-ce que vous êtes encore un peu seul dans votre couloir de nage à travaillant sur les questions d'éducation au médias qui sont déjà en soi un sujet important euh permettre de travailler également sur les questions des stéréotypes de genre au masculiniste. Merci.

Donc merci beaucoup d'être parmi nous ce matin. L'avantage de passer en dernière, c'est que la question va être très courte puisque je voulais rebondir sur les propos de Colombe sur justement vos interventions. Je vous des précisions sur vos interventions dans les collèges ou lycées puisque vous êtes au contact des jeunes et que vous faites ce genre de séance.

Euh est-ce qu'il y avait une prise de conscience de la gravité de de ce qu'ils peuvent faire parce que comme vous échangez avec eux ou est-ce que pour eux c'est complètement abstrait ? C'est-à-dire que le l'univers du monde vidéo, c'est un autre monde et que dans la vraie vie c'est pas impactant. Voyez ce que je veux dire ?

Le décalage entre la réalité et le monde virtuel de la vidéo. Est-ce que c'est une prise de conscience par les jeunes ou est-ce que pas du tout ? Et est-ce que ça crée des problèmes réels de confrontation avec les filles au sein des discussions quand vous avez des des discussions collectives où est-ce que les filles ont tendance à se renfermer et à les laisser parler justement dans la suite de ce que vous disiez tout à l'heure sur le fait que peut-être pour se protéger ben on laisse filer quoi.

Donc je voulais voir dans quelle proportion ça se passait, comment ça se passait lors des échanges dans vos interventions auprès des jeunes parce que ce sont eux les premiers concernés quand même. Euh merci pour ces questions. Euh je vais essayer de faire plus ou moins dans l'ordre en fonction en fonction des questions euh sur les actions à mener en terme de réseaux sociaux.

Je le répète, mais je pense qu'il y a une nécessité à faire appliquer le DSA et peut-être en en en voir aussi son application concrète au niveau national avec un renforcement du rôle de l'Arcom en tout cas de pouvoir avoir un vrai audit quelque part de la modération sur les réseaux. Je pense que ça serait déjà pas mal. sur la question de l'évars, je l'ai évoqué tout simplement parce que à mon sens déjà il y a des liens très très forts sur ces questions de sexualité.

Quand moi je vais parler de ces sujets là, c'est quelque chose qui revient tout le temps. Les jeunes ont envie de parler de séduction, de rapport homme-femme, de sexualité, ce qui paraît assez normal. On a tous et toutes été adolescent adolescente un jour.

Euh néanmoins sur la question de l'éars, j'ai beaucoup travaillé cette année euh dans le cadre d'un projet d'enquête mené par le Fond pour la presse libre euh sur euh les associations financées par euh la nuit du biencommun de Pierre-Edouard Sterrain. Dans ce cadre, euh comme vous pouvez le voir, je travaille toujours sur des sujets très fun. Euh dans ce cadre, j'ai travaillé à j'ai travaillé avec ma concert Rosanne Lecarboule sur deux enquêtes euh sur les associations donc financées par la nuit du bien commun qui font de les Vars euh en établissement scolaire et notamment en établissement scolaire parfois public.

Voilà. Et donc c'est une enquête que j'ai fait pour qu'on a faite pour la déferlante qui est sortie qui est sortie en novembre dernier et on avait fait également une enquête sur le réseau des parents euh pour Mediapart en juin dernier sur les réseaux des parents dans les hautes scènes notamment et notamment ce qu'on avait découvert c'est que en fait ces ces ces ces réseaux des vars avaient pour but de transmettre une vision assez binaire des rôles filles et garçons avec voilà cette idée que les filles doivent sentir bon et les garçons c'est pas grave s mettent un gel douche 4 en un mais c'est vrai c'est quelque chose qui a été rapporté dans notre enquête des des visions en tout cas des rapports hommes-femmes qui restent je je dirais dans dans la voix de Dieu dans une perspective assez catholique intégriste. Voilà.

Et en ça, ça se rejoint avec les mouvements masculinistes. Alors, sans parler même de religion, mais juste en fait de de perception du monde et des de l'égalité homme-femme. Et donc, c'est assez intéressant de voir à quel point la bataille contre les Vars de la part de certains mouvements intégristes étaient aussi suivi par des mouvements masculinistes.

Mais par contre pour créer des associations ou des structures pour aller intervenir dans les établissements, ça il y a un peu moins de problème parce que bah ça permet de de rapporter notamment de l'argent. Donc sur cette question cette question de l'ars sur l'interdiction du téléphone portable au lycée, je vais être très clair. Je pense que c'est un coup d'épée dans l'eau comme sur l'interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans.

Tout simplement parce que je suis assez perchadée. Heureusement ou malheureusement, je ne sais pas. que quand on est adolescent, on trouve toujours des manières de d'aller au-delà des interdictions.

Et de ce que j'ai pu voir de la récente interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans en Australie, en fait quasiment tous les ados ont réussi en fait à trouver des manières de rester inscrit en ligne notamment en générant des photos de Golden Retriever par intelligence artificielle ou en vieillissant leur visage avec des photos d'eux avec intelligence artificielle qui en fait ont passé la barre des réseaux sociaux. Oui, des images de chien permettent de s'inscrire sur les réseaux sociaux en Australie, de voilà de dépasser la limite d'âge. C'est parce que c'est très mignon un Golden Retriever. [rires] Mais mais en tout cas là dans les premières semaines, il faut rappeler que ça a été fait en décembre.

On est encore c'est c'est très très récent pour en constater les effets mais en tout cas dans ce que dans ce que j'ai pu observer en fait la plupart des ados disait queils avaient réussi à passer le système et je suis assez sceptique quant à une culture de l'interdiction et non pas de l'accompagnement. Et je me pose aussi la question de quand ces adoles débarqueront à 15 ans sur un sur des réseaux sociaux où ils n'ont qui n'auront pas fréquenté, qu'est-ce qui va se passer ? On sait en outre que la question de la pédocriminalité en ligne est aussi très forte, la question des cybervolences.

Donc je m'interroge et je suis pas forcément favorable notamment sur le fait aussi que l'interdiction du portable au collège est difficilement applicable. déjà pour le voir, même si je comprends la perspective sur la question générationnelle, je pense qu'il y a il y a vraiment quelque chose de euh j'ai je crois que j'ai écrit dans mon livre à un moment donné que moi je suis devenue féministe à travers les hashtags aussi sur les réseaux sociaux parce que je suis de cette génération là parce que internet a été un espace de violence dans ma construction personnelle mais comme en fait énormément de personnes et mon féminisme c'est aussi construit à travers ces espaces en ligne. Donc je pense que c'est peut-être pour ça qu'on s'en parle peut-être un peu plus de manière générationnelle et peut-être parce que on a aussi peut-être plus les code aussi de ces de ces réseaux-là.

Euh et sur cette question du masculinisme, est-ce qu'elle existe dans l'éducation énormément depuis que le mon enquête est sortie en 2023. Il se passe pas une semaine sans que j'ai des des demandes d'intervention dans des établissements. Je l'ai beaucoup fait les deux premières années.

J'ai arrêté de le faire tout simplement parce que aller dans un établissement qu'on ne connaît pas ou on ne connaît pas la classe, venir parler pendant 2 heures, ça change rien. Il faut du suivi sur le long terme. Vous le savez très bien, quelqu'un qui vient vous parler pendant juste 2 heures de quelque chose, c'est pas comme ça qu'on change les mentalités. on peut semer des graines.

Mais il y a un vrai travail sur les questions des stéréotypes de genre à faire et à continuer tout au long de l'année. C'est pour ça que maintenant je fais plutôt des sessions d'éducation médiia comme là par exemple à la Cour Neuve, j'y vais juste après. Euh bah depuis le mois de septembre jusqu'au mois de mai avec une classe qu'on suit.

Et donc je trouve que ça en tout cas un peu plus euh c'est un meilleur paris sur l'avenir euh avec ça. Euh sur ces garçons-là en classe, est-ce qu'ils se prennent conscience de la gravité ? Non.

Euh d'autant parce que je suis beaucoup avec des classes de 4e et 3e. Euh il faut pas oublier l'aspect de groupe. Il faut pas oublier que les classes, vous avez déjà vu quatre ou cinq adolescents de 14 ans rigoler ensemble.

Voilà, c'est à peu près ça. Donc en fait, il y a aussi une perspective de ne pas vouloir être exclu du groupe, ne pas vouloir être moqué et donc il y a toujours la difficulté à savoir à quel point ils croient à ce qu'ils disent ou à quel point ils font un peu les idiots pour le reste de la classe. Le fait d'être en non mixité lors de ces interventions, je trouve rend la chose parfois parfois compliqué parce que ils vont s'adresser directement aux filles, directement révéler des histoires personnelles ou en tout cas les cibler directement et elles soit elles essayent de passer sous les radars parce que elles ont pas envie de se prendre de la violence.

Soit il y en a certaines parfois qui vont s'élever, dire que ce n'est pas normal, dire qu'elles n'acceptent pas ce genre de de propos, mais elles sont rapidement dénigrées en fait euh et invité à retourner à leur place qui est celle du silence. Donc là-dessus, euh moi j'ai eu l'impression par exemple beaucoup plus d'avancer parfois avec des groupes que de garçons euh sans qu'il puisse parfois un peu faire les kékés devant les autres, on va dire. Mais voilà, je crois que j'ai un peu près euh euh Ah oui, et la dernière question de vous poser, c'est qu'est-ce que à part ces travaux euh au qui sont déjà énormes, qu'est-ce qu'on peut faire ?

Je sais que c'est des choses qui sont de plus en plus discutées. J'en ai beaucoup discuté avec le conseil à l'égalité qui sort bientôt son rapport pour lequel j'ai été j'ai été interviewée. Je sais que la question du masculinisme, elle elle passionne, mais je pense qu'il faut qu'on fasse attention aussi à en faire voilà de des politiques publiques et que ça ne reste pas un sujet considéré comme abstrait. et et je pense qu'il y a un travail de publicisation aussi de ces travaux à faire et en tant que journaliste, je sais à quel point la bataille de l'actualité est un peu difficile dans le paysage médiatique actuel.

Voilà, je vais être assez rapide. Euh tu as tu as dit l'essentiel de ce que je pensais aussi sur les actions. Alors, je crois énormément à ce que Pauline fait, c'est-à-dire en face- à face à un travail de discussion avec des gens qui sont formés.

On parlait d'endoctrinement. Je crois qu'il s'agit de ça, de être capable d'arriver, d'être formé pour ne pas braquer, pour éveiller les esprits, mais ça se fait dans la durée, donc j'imagine bien que ce sont des politiques publiques qui coûtent cher. Euh mais je pense que euh bien sûr, il faut modérer les réseaux sociaux. la technologie va beaucoup plus vite que la régulation néanmoins.

Donc j'ai désoir mais limités sur le fait qu'on soit capable de limiter suffisamment de de réguler suffisamment les réseaux sociaux pour faire disparaître la puissance du masculinisme en ligne. Donc voilà, je crois qu'il faut que l'âge de l'adoles enfin le public auquel s'adresse Pauline des adolescents et parce qu'il y a une une dimension générationnelle à ce phénomène est un public qu'il faut aller voir en priorité et on les voit dans les collèges, dans les lycées. D'ailleurs, c'est d'ailleurs en Grande-Bretagne, c'est alors je sais pas si finalement ils l'ont appliqué mais vous vous avez sans doute vu la série Adolescence qui a eu beaucoup de succès et qui et qui met en scène un jeune homme confronté à l'idéologie masculiniste et il projetait de le projeter de de faire visionner cette série dans les dans les écoles.

Bon, je crois que c'est quand même le lieu d'action un lieu d'action très important sur la dimension générationnelle de l'intérêt pour ce sujet. Alors, c'est vrai que moi j'étais surprise au moment où j'ai commencé à m'intéresser à ce sujet. Je me suis intéressée aussi simplement à est-ce que je suis allée regarder les les rapports du Sénat et de l'Assemblée nationale et je me suis dit est-ce qu'on s'est intéressé euh au à l'impact des réseaux sociaux sur la vie publique à l'utilisation des réseaux sociaux par les groupes politiques ?

Et puis j'avais visionné une commission de l'Assemblée nationale, je ne sais plus quelle commission avait traité un peu ce sujet et qui montrait que en fait l'extrême droite avait bien compris déjà ce c'était bien avant c'est en 2021 et c'était c'était Florian Philippo qui en fait faisait une vidéo où il avait un mug, il s'adressait à son public une vidéo YouTube et à la fin il retournait sa tasse et il y avait Pépé the Frog qui est vraiment un symbole de rallum de la communauté masculiniste. Florient Philippo qui était qui est relativement jeune dans le paysage politique. Je crois qu'on a effectivement grandi avec internet et nous enfin moi je suis presque vieille par rapport à cette génération parce que j'ai connu la vie avant internet enfin avant internet dans toutes les maisons avec une bonne connexion et pas avec le tout tout tout dans voilà et avec des smartphones.

Et donc spontanément pour nous la vie politique et et nos opinions politiques sont forgées par Instagram, par les réseaux sociaux. Donc on est confronté à ces contenus et on s'y intéresse et on comprend que nos opinions de citoyenne sont très influencées par les contenus numériques auquels on est exposé. Donc je pense que c'est de façon assez naturelle qu'on est préoccupé par ces sujets et parce qu'on en fait aussi les frais individuellement.

Euh et et voilà donc et c'est très important hein, parce que moi j'ai pensé que euh si le sujet avait mis autant de temps à à arriver jusque jusqu'à vos instances, c'est qu'il n'y a pas tant de sénateurs et de députés de moins de 30 ans et que ça a joué dans le la la lenteur de la prise de conscience de l'importance de ce phénomène. Vous ne pensez pas, c'est intéressant, vous me répondrez. Euh et comment éviter que les présidentiels soient fagocité par l'entrisme masculiniste ?

Et ben, c'est euh déjà en en parlant comme vous le faites, en pub en ayant beaucoup plus de publicité, d'articles de médias sur ce phénomène. Euh et puis je parlais de guerre culturelle. Euh si j'ai désoir limité sur la capacité à réguler euh l'univers numérique, je crois qu'il faut se lancer dans l'activisme numérique comme les masculinismes se lancent sur les réseaux.

Donc en fait, il faut être présent, il faut il faut répliquer, il faut produire du contenu avec les des idées non réactionnaire. Il faut il faudrait que tous les partis politiques soient aussi bons que les masculinistes pour euh pour atteindre les jeunes. Euh il y a il y a une sorte de il y a une sorte vraiment de bataille numérique.

Euh aujourd'hui. Ce sont surtout les parties euh euh aux deux extrémités du spectre politique qui utilisent euh euh bien les réseaux sociaux et qui portent leur message. que c'est seulement l'extrême droite hein qui porte des messages masculinistes.

Mais il faut il faut mener ce combat là et et investir là-dedans. Mais je sais que des partis politiques pour les présidentiels investissent déjà le développement et l'usage de l'IA pour être plus performant dans la diffusion de leur message. Alors je vais repasser la parole.

Alors il y avait une petite question d'Anque Billon et ensuite Laurence Rossignol. Oui, merci madame la présidente. Je m'interrogeais en en vous écoutant sur quel qu'est-ce qui peut y avoir comme conséquence ou quel lien entre masculinisme et homosexualité ?

Ben en fait homophobie. Oui, voilà. Homophobie voilà.

Non mais voilà dans les moxels masculines, des conséquences, je disais de l'homosexualité, voyez, homophobie évidemment. Voilà. Est-ce que parce que il est question d'homme, il est question d'humiliation, il est question de faire régresser les droits des femmes.

Euh comment s'inscrit l'homophobie dans ces ces mouvements masculinistes ? Tu réponds ? Euh c'est très direct. ces mouvements sont homophobes.

Enfin, il considèrent que les hommes doivent être hétérosexuels comme les femmes. Voilà, je c'est assez évident. L'historienne du féminisme Christine Bar, elle parle d'intersectionnalité des haines quand on parle de masculinisme.

C'est-à-dire qu'on on parle à la fois bien sûr de sexisme mais aussi de racisme bien sûr de LGBT phobie. La si on en croit la vision binaire et des masculinistes, les femmes sont censées être bien sûr hétérosexuelles, bien sûr soumises, bien sûr disposé au couple et à la sexualité hétérosexuelle. Les hommes quant à eux sont censés être forts, viriles, avoir plein de conquêtes et être hétérosexuel bien évidemment.

Ce qui fait que les hommes homosexuels sont perçus par les masculinistes comme étant, et c'est leur propos, des sous-hommes avec donc une homophobie latente menant à du cyberharcèlement de masse, à des violences physiques. Je vous rappelle que selon les rapports d' SOS homophobie, les les agressions LGBTophobes explosent depuis plusieurs années. Les femmes homosexuelles et lesbiennes sont perçues comme étant des féministes hystériques enragés qui sont contre les hommes.

Et enfin pour les personnes non binaires, les personnes trans, celles-ci vont être perçues comme des personnes qui en fait troublent le genre et de fait seraient des formes de traître ou de d'erreur de la nature. En tout cas, c'était pas vu très positivement. Et donc la transhobie immense qui est vécue par les personnes concernées aux États-Unis mais aussi en France est aussi relayé par les masculinistes.

Ce n'est pas par hasard qu'on a des thèses conspirationnistes transphobes euh au sein d'Internet visant une boxeuse algérienne pendant les derniers Jeux Olympiques, visant la Première Dame ou visant d'autres femmes de pouvoir. Ce n'est pas un hasard aussi. C'est aussi une alliance dans le but de discréditer euh discréditer ces femmes-là avec ces argumentaires qui sont profondément LGBTophobes.

Donc oui, il y a des des LGBT phobie d'un mouvement masculiniste et c'est comme ça qu'il se construit aussi. Ressignal. Non non, je je voulais réagir à deux choses.

D'abord sur pourquoi le pourquoi les institutions sont ont été moins moins rapide que vous d'un certain point de vue. Déjà dans vos propres milieux journalistes, vous avez été précurseur. C'est-à-dire que les institut le enfin le temps de décalage, vous l'avez vécu également.

Euh et est-ce que c'est parce qu'il y a pas assez de parlementaires de moins de 30 ans ? pour avoir plus de barda. Oui, c'est une idée.

Euh et ça nous Non, non, mais je je pense que c'est sur c'est ça pose davantage la question de quelle est la place de la pensée féministe dans nos institutions et c'est pas un hasard que ce soit la délégation au droits des femmes qui travaille là-dessus. Alors, est-ce que plus de jeunes parlementaires de moins de 30 ans accroîtraient la place de la pensée féministe dans les institutions parlementaires ? Tout dépend des critères de sélection des fameux parlementaires en question.

Euh donc euh voilà, je je suis un peu plus euh mais c'est anecdotique hein par ailleurs. Je pense que surtout ce ce à quoi nous on se heurte en tant que parlementaire féministe, c'est euh une indifférence ou une résistance euh à au sujet qu'on porte. C'est que le fait que qu'on transforme ce qui considérait comme des sujets de vie privée en sujet politique, c'està-dire qu'on a toujours pas fait partager à l'ensemble de l'institution parlementaire une vieille un vieil adage du féminisme qui est que le privé est politique.

C'est c'est je crois que c'est ça. Alors après est-ce que c'est des questions générationnelles ? Tout dépend mode de section.

Non, j'ai un j'ai un doute moi sur euh la réponse par l'activisme numérique. Euh pas simplement pour le masculinisme, je l'ai pour l'ensemble des sujets parce que l'activisme numérique est antidémoc enfin qui qui met en cause la démocratie. Et je me pose la question de savoir si euh on peut euh lutter à armes égales.

Parce que l'activisme c'est pas simplement une question d'énergie, de nombre de comptes, de nombre de bottes, de nombre de bottes russes, de de nombre de d'ingérence, c'est pas que ça. c'est que l'activisme numérique masculiniste ou suprémiste ou ou suprémaciste ou raciste antisém et antisémite, il est aussi généré par les milieux complotistes. Euh c'estàd qu'il faut accepter d'avoir un rapport à la vérité qui est assez distendu et nous on peut pas euh combattre armes égales avec ça.

C'est queon peut d'ailleurs c'est tout le problème aujourd'hui de la place de la démocratie dans le combat contre l'obscur contre le nouvel obscurantisme. C'est-à-dire qu'on leurs armes ne peuvent pas être partagées parce que si nous allons sur le même terrain et si nous utilisons les mêmes armes, alors nous cessons d'être ce que nous sommes et nous cessons de défendre la démocratie et la démocratie, l'information et cetera et cetera. Donc j'ai un vrai doute aujourd'hui sur notre capacité à résister par en déployant la guerre numérique avec eux.

Et la deuxième chose, c'est sur les les vares et tout ça. En fait, j'aiécouté Pauline Ferrari mais euh c'est du travail de dentelle, c'est-à-dire qu'il faudrait des milliers de Pauline Ferrari. Et ben il y a pas coinfarie, il y a il y a le planning, il y a tout un tout centre d'associations qui font des vars.

Mais euh peut-être qu'il faudrait former les enseignants euh comme on forme les magistrats, comme on a fait pour les magistrats quand on a vu que la justice était patriarcale. On a commencé à former les magistrats dès l'école nationale de la magistrature. Euh quelle est aujourd'hui la place de la formation de de la formation des enseignants euh à au masculinisme ?

Je pense qu'elle doit être assez faible, plus conforme les enseignants, c'est éviter les stéréotypes pour dire les filles sont bonnes en sont bonnes en gym et les garçons en bois en math. Euh voilà mais je pense que s'il y a des propositions qu'on peut faire, c'est quand même c là parce que on n'y arrivera pas avec simplement une fois par an dans un cours des vars plein de Pauline Ferrari. Allez-y, je vous en prie si vous me permettez parce que c'est un sujet que je trouve très que je trouve passionnant que vous soulevez madame Rossignol, on ne peut pas c'est vrai qu'on qu'on ne peut pas lutter à Armes égal puisque l'activisme numérique tel qu'il est pratiqué pose des vrais problèmes éthiques à qui est attaché au principes démocratiques qui normalement ne doit pas cibler des personnes de façon quasi marketing pour les endoctriner parce que ça relève de l'endoctrinement le ciblage qui a été pratiqué notamment par Donald Trump pendant sa campagne dans les swing states.

Voilà. Donc euh je comprends évidemment pourquoi euh un grand nombre de parties ne se sont pas euh engagées sur ce terrain et sont et et et ne veulent pas s'engager sur ce terrain. Mais bon, je pense qu'il y a quand même il y a eu pendant longtemps sous-estimation de l'impact des des messages sur les réseaux sociaux sur la jeune génération qui vote enfin même moi-même qui fait des études très académiques et qui lit des journaux, je suis influencée par ma bulle algorithmique Instagram et je sais que c'est c'est qui m'atteint par ce canal parvient à m'influencer dans mes dans mes opinions politiques.

Donc il y a quand même une sous-estimation du fait que l'agora politique aujourd'hui, elle se passe beaucoup en ligne et que et qu'il faut vivre avec ces technologies là. Mais la question est très complexe parce qu'il faut néanmoins rester ferme sur les principes qui font de la démocratie et que une une et et que certains partis en font fi et qu'il gagnent la bataille avec des armes que nous ne souhaitons pas utiliser. Je crois qu'il est important de de le rappeler.

Voilà, c'était simplement sur ce point effect et sinon oui, la formation des enseignants Pauline sera plus pertinente sur le sujet mais moi a priori je trouve que c'est une bonne piste puisqu'il faut faire ce que je disais mettre des des milliers de Pauline ça va sûrement coûter cher euh donc que le salaire de Pauline soit mobolant mais c'est lourd donc si on doit faire avec ce qu'on a c'est déjà une bonne piste. Et là encore, voilà, c'est vraiment les former à comment on déradicalise, il y a quelque chose de de cet ordre là. Absolument.

Et puis au-delà de ça, moi je reste alors simple journaliste, c'est-à-dire que je n'ai pas de de diplôme en sciences de l'éducation. Je fais de l'éducation au médias parce que j'ai un amour de de l'éducation populaire depuis très longtemps et parce que je vais pas mentir, je m'éclate à faire des projets médiatiques avec des jeunes, de les voir changer, réfléchir, ça me je trouve ça et qu'il soient fier d'eux en fait surtout. C'est ça.

Moi, c'est pour ça que je je je continue à faire ça alors que on va dire c'est un peu éloigné de mon métier premier qui est celui de faire de l'enquête en fait. Euh donc oui, je pense qu'il faut former les professeurs. Euh il faut pas oublier cependant voilà que les les les personnels de l'éducation nationale euh doivent aussi être formés sur les questions des VARS.

Je sais qu'ils sont qu'ils sont en demande sur cette questionlà pour que ça arrive de plus en plus vite et que c'est un sujet qui les qui leur fait peur aussi. Moi, c'est ce que je constate, c'est que quand on parle de numérique avec les parents ou avec les professeurs, il y a il y a un peu une politique de l'autruche parce que soit on connaît pas, soit on sait pas trop ce qu'on va découvrir et donc ça reste une nébuleuse comme ça. On parle par exemple de plus en plus de harcèlement scolaire.

Moi j'interviens aussi dans les établissements pour parler de cybervolence, donc de cyberharcèlement, de revenge porn et cetera. Je vois les adultes être pas très à l'aise quoi sur ces questions là, que ce soit par manque de connaissance, par manque de temps d'aborder ces questions. Et en effet, en fait intervenir une fois par an, c'est c'est très peu suffisant.

On a des jeunes professeurs, je pense notamment en Sainte Saint-Nille, là où j'habite qui font un travail incroyable et qui intègrent en fait ces questions là au fur et à mesure dans différentes matières. Mais pareil, ça demande en fait de l'investissement qui est personnel là encore de chaque professeur. Euh donc je pense qu'une formation toujours utile ne serait-ce que pour eux en fait de se sentir aussi euh légitime et à l'aise de pouvoir parler de stéréotype de genre euh de je sais pas virilité de construction euh de de construction de qu'est-ce qu'on voit en lit de rapport à l'information et cetera et cetera.

Donc là-dessus, je pense que c'est une bonne idée et mais on on sait aussi qu'on a voilà des associations extérieures, le planning notamment qui qui peut intervenir aussi sur ces questionslà et ça c'est toujours bon à prendre en fait du temps de cette transition aussi de de formation. J'ai une question parce que tu m'as donné une idée ou c'est trop tard. C'est fini madame la présid.

Vas-y, vas-y, vas-y. Non, juste parce que ça peut être très rapide parce que peut-être valide. Est-ce que vous avez étudié euh la dimension masculiniste des discours sur la dénatalité et la démographie ?

Oui, [rires] un peu. Euh vous parlez de tous les discours crise de la civilisation, fait plus de bébé, euh le grand remplacement, tout ça quoi. Et le réarmement démographique.

Et le réarmement démographique. OK. Euh pour l'affaire très courte, oui euh c'est en fait si on prend un petit peu un portrait robotculiste dans les valeurs essentielles, il y a l'idée que le féminisme aurait euh dévirilisé les hommes et de fait comme ça dévirilise les hommes, tous les hommes deviennent homosexuels selon les masculinistes ou alors n'arrivent plus à séduire parce que les femmes sont des horribles féministes.

Donc plus personne n'a de relations sexuelles. Donc notre espèce est en train de euh de s'éteindre. Exactement.

Notre civilisation est en train de s'éteindre. s'ajoute à ça des théories conspirationnistes racistes, notamment celle du grand remplacement qui viendrai à dire "Ben voilà et du coup on a des populations euh immigré qui viennent nous voler nos femmes et nos nos femmes et nos enfants concrètement." Donc c'est à ça que ça se ça se rejoint.

Ce qui fait que c'est pas très étonnant qu'on retrouve par exemple du côté de certains mouvements euh intégristes euh catholique intégristes des euh solutions naturelles euh autour de la fertilité euh d'un discours aussi euh qui peut pas être un peu IPI mais sur euh l'arrêt euh pour les femmes de la pilule contraceptive. Euh aux États-Unis, il y a de plus en plus de travaux un peu sur ce qu'on appelle les les pipelines. Donc c'est comment en fait on passe d'un sujet à un autre et comment on peut se radicaliser.

Et notamment, il y a des travaux qui commencent à être menés pour dire que des sujets comme le yoga, le bien-être, ce genre de choses pouvaient mener des pipelines à des idées d'extrême droite pour les femmes, notamment dans le fait de prener une vie beaucoup plus naturelle et donc de fait de retrouver sa fertilité, de retrouver certaines choses et en fait de un retour à la nature et cetera qu'on peut retrouver dans certains mouvements masculinistes aussi. Tout ça pour dire que oui, c'est ces questions de natalité, elles sont très très présentes. Euh c'est pas pour rien qu'on a des influences Stradwif qui font hf et qui les mettent en scène comme des petits comédiens en fait dans leur dans leur vidéo pour donner envie de de se reproduire et de faire aussi de faire aussi des enfants dans cette perspective que c'est une bénédiction divine et le rôle le rôle essentiel des femmes.

Et je finirai par dire que dans tous les cas, toutes ces problématiques là, elles rappellent aussi beaucoup le régime nazi, voilà, dans la l'augmentation aussi et la la perpétuation d'une forme de bah de fertilité et de perpétuation en fait de la race dans une perspective étrétérosexuelle. Très bien. Et bien c'est vraiment sur une notion très positive que nous allons conclure.

Alors cela dit, non, je voulais moi rebondir sur l'enseignement des enseignants et faire le lien avec notre autre rapport sur les jeux vidéos où nous avons entendu Fanny Lignon qui nous en a parlé justement en disant qu'il y a 18 heures de formation obligatoire à la parité, à l'égalité pour les enseignants et aucune heure obligatoire et qui que ça peut se faire mais qu'il y a rien de de contraignant et de contractuel pour l'éducation à l'information et elle appelait cela de ses vœux. Donc on voit que nos deux rapports vont pouvoir avoir une proposition commune déjà. Euh ensuite euh signaler que le conseil à l'égalité effectivement euh va dans le cadre du baromètre euh du sexisme euh a fait euh un petit complément euh sur le sur le masculinisme, enfin a fait un complément sur le masculinisme et euh personnellement, je serai le 21 janvier, mais je vous invite éventuellement, chers collègues, à venir avec moi lors de la remise de ce rapport du HCE. qui euh puisque nous nous avons la possibilité de faire des travaux un peu plus poussés parce que nous avons aussi plus de temps pour le faire euh peut être une base déjà pour nous pour pouvoir euh développer ce sujet.

Euh ensuite dire que effectivement c'est une guerre culturelle, ça on l'a bien compris, un combat et que non, nous n'aurons jamais les mêmes armes sur les réseaux parce que la raison et la vérité ne fait pas le buzz et qui vaut mieux être raciste et mentir et en racontant des trucs énormes pour pouvoir faire du buzz. Mais pour autant, il faut pas s'en extraire et donc il faut être présent et rappeler, rappeler, rappeler. Alors peut-être que ça demande beaucoup plus d'effort en disant la vérité que en mentivement nous devions être là et rappeler entre autres à un certain nombre de jeunes femmes que je vois y compris moi en ruralité rêver que elles n'auront pas à faire d'études parce qu'elles vont trouver un mari, faire des enfants, ce sera formidable.

Donc leur rappeler que nous avons fait un rapport sur les familles monoparentales, qu'un couple sur deux va finir en divorçant, que les fem les femmes dans une famille monoparentale vont perdre 25 % de leur revenus immédiatement qu'elles ne retrouveront jamais. et euh et voilà et que un certain nombre de pères qui militent en disant qu'il faut absolument la garde alterné, il faut savoir que si elle n'est pas donnée, c'est que souvent c'est même que majoritairement il ne la demande pas et donc voilà que ça n'est pas une vie de rêve qui se prépare pour elle et que si elles font des études et qu'elles ont les moyens de gagner leur vie, elles auront aussi les moyens de leur choix, y compris de d'être une femme au foyer si elle le désire, mais elles pourront toujours rebondir si jamais ça devait s'arrêter. Donc je pense que voilà, la vérité, il faut aussi la dire.

C'est aussi notre rôle, ça fera moins de buzz mais malgré tout c'est important et puis bah tel un colébri, nous apporterons notre goutte d'eau au débat et nous essayerons de faire quand même qu'il ait un peu d'ampleur sur le sujet. Merci beaucoup d'être venu. Sachez que ces deux heures auront un impact sur nous.

C'est vous qui vous inquiétez que sur les classes ça n'en est pas. Alors, la classe que nous étions euh aura été non seulement attentive, mais je suis sûre que nous aurons retenu énormément de choses de ce que vous nous avez dit et puis qu' a des milliers de personnes connectées en et que il y a évidemment des milliers de personnes et mais c'est vrai euh le Sénat s'est aussi mis sur les réseaux sociaux et euh j'en suis très fière, la DDF fait souvent partie des choses des des réseaux qui sont enfin qui font que le Sénat est bien suivi. Donc donc c'est une bonne chose.

Merci de nous aider à cela d'ailleurs en en venant témoigner. Merci beaucoup. Merci