Pouvoir d'achat : le ministre Serge Papin veut rendre l'intéressement utilisable "immédiatement"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:16OuverteRéponse directe
Ça vous fait quoi quand on vous donne du monsieur le ministre comme ça ?
- 0:36OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous venez faire dans cette galère ?
- 1:13OuverteRéponse directe
Pouvoir d'achat, c'est quoi un ministre du pouvoir d'achat ? Ça fait quoi ?
- 2:07OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous voulez proposer sur l'intéressement ?
- 2:43FerméeRéponse directe
Quelle échéance vous aimeriez voir ça ? Dans le budget là ?
- 2:52RelanceRéponse directe
Quand vous étiez patron de Système U, Serge Papin, vous fustigez la guerre des prix entre enseignes. Pourtant, c'est bien elle qui va faire baisser les prix.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:07Invité politiquePromesse
« Ce que je voudrais, c'est qu'il y ait quelque chose de simple qui permette d'avoir tout de suite et maintenant un complément et que ça soit disponible pour la consommation. »
- 2:27Invité politiqueFait
« Je pense pour les classes moyennes, notamment qui en ont besoin, qui ont beaucoup été sollicités. »
- 2:29Invité politiquePromesse
« Je voudrais qu'il ne le soit pas. »
- 5:00Invité politiqueFait
« Il y a une taxe qui est prévue. »
- 5:04Invité politiqueFait
« La taxe sur les petits colis ? »
- 5:07Invité politiqueChiffre
« 2 euros par produit. »
- 5:10Invité politiqueChiffre
« Les produits, en moyenne, c'est 5-6 euros. »
- 6:06Invité politiqueChiffre
« Il y a une boutique sur 10 qui est fermée ou une boutique sur 10. »
- 6:47Invité politiquePromesse
« Ça va devenir un plan d'action. »
- 7:22Invité politiquePromesse
« On va trouver du financement à ça. »
- 9:14PrésentateurChiffre
« Avant, le plafond était à 85 000 et il est à 37 500. »
- 10:01Invité politiqueFait
« Le budget qui est proposé, là, c'est un budget de compromis. »
Temps de parole
- Serge Papin70 %
- Présentateur22 %
- ?7 %
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Vous l'avez souvent entendu parler en tant que PDG de Système U à l'époque. Aujourd'hui c'est sa toute première interview en qualité de ministre des PME, du commerce, de l'artisanat et ce n'est pas le moins important du pouvoir d'achat. Serge Papin est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL. Serge Papin, monsieur le ministre.
Bonjour Thomas
Soto. Ça vous fait quoi quand on vous donne du monsieur le ministre comme ça ?
Écoutez,
j
'essaie surtout de garder mon identité de chef d'entreprise et de rester humble surtout par rapport à ça.
Mais quand même, vous avez 70 ans, vous avez très bien réussi votre vie. Vous aviez besoin de prendre des coups. Qu'est-ce que vous venez faire dans cette galère ?
J
'ai répondu à l'appel de Sébastien Lecornu que j'ai rencontré. On ne
se
connaissait pas et je suis arrivé à le voir avec des choses. J'avais ma liste de course dans ma poche
et
c'est des choses auxquelles j'avais réfléchi. J'étais content d'ailleurs de pouvoir en parler et à la fin de l'entretien, il m'a tapé dans la main, il m'a dit écoutez, j'ai envie de vous confier le commerce, j'ai envie de vous confier l'artisanat et tout ce que vous m'avez dit.
Et de vous confier
le pouvoir d'achat. Et là, on a envie de savoir ce qu'il
y
avait sur votre liste de course parce que c'est évidemment deux mots qui attirent immédiatement l'attention. Pouvoir d'achat, c'est quoi un ministre du pouvoir d'achat ? Ça fait quoi ? Ça décide quoi ? Vous allez prendre quoi comme initiative concrète pour que les gens vivent mieux, pour qu'ils aient plus d'argent
?
Alors, moi je suis le ministre du quotidien. Donc le pouvoir d'achat, ça fait partie de ce quotidien.
J
'ai repris des choses que j'ai toujours défendues quand j'étais chef d'entreprise.
Le
partage de la valeur.
Il
y a des systèmes qui existent aujourd'hui, qui s'appellent l'intéressement notamment.
La
participation ? Oui, plus l'intéressement
que
la participation.
Sauf
que ces systèmes, ils visent plutôt l'épargne.
J
'en ai parlé avant de vous répondre à cette question de Thomas Souto, avec des chefs d'entreprise, en leur disant comment. Parce qu'ils ont envie aussi de réconcilier avec les salariés. Si on veut gagner en compétitivité, on le fera avec les
salariés. Qu'est-ce que vous voulez proposer sur
l
'intéressement ? Ce que je voudrais, c'est qu'il y ait quelque chose de simple qui permette d'avoir tout de suite et maintenant
un
complément et que ça soit disponible pour la consommation.
Rendre l'intéressement utilisable
immédiatement ?
Immédiatement.
D'accord.
Je pense pour les classes moyennes, notamment qui en ont besoin, qui ont beaucoup été sollicités. Et il sera imposable cet intéressement nouvelle formule
?
Je voudrais qu'il ne le soit pas. Vous souhaitez qu
'il
ne le soit pas ? Mais ça demande des discussions avec mes collègues de Bercy. Donc voilà, quand on est au service de la démocratie, ce n
'est
pas comme un comité exécutif d'entreprise.
Quelle échéance vous aimeriez voir ça ? Dans le budget là ? Là, tout de suite. Là, tout de suite. Pour être opérationnel quoi ? Tout de suite,
je suis sûr.
Oui, le plus vite possible. Le plus vite possible. Quand vous étiez patron de Système U, Serge Papin, et que vous aviez mené les états généraux de l'alimentation, vous fustigez la guerre des prix entre enseignes. Pourtant, c'est bien elle qui va faire baisser les prix. Quand il va falloir trancher entre les prix bas chez Leclerc ou les marges des petits producteurs qui sont étranglés, vous le savez bien, par les industriels d'un côté et par la grande distrib de l'autre, vous allez faire quoi
? Comment
trouver le juste milieu ? Moi, je suis le ministre des PME et des TPE.
J
'ai commencé à discuter avec mes collègues et j'ai discuté aussi avec les PME. Alors là, c'est plutôt dans le secteur agroalimentaire.
Je
voudrais que les PME passent en premier dans les négociations. Pourquoi ? Parce qu
'à
ce moment-là, elles ont tout de suite une place dans les linéaires. Parce que le problème des PME, c'est d'être présent aussi dans les linéaires. Parce que souvent, les grands groupes ont plus de facilité dans les négociations. Ils ont tendance à préempter l'ensemble des linéaires. Donc ça, c'est le premier point. Deuxième point, il faut raccourcir le processus des négociations avec elles.
Que
ça soit un peu plus rapide, c'est trop long.
Et
puis, il faut sans doute qu'il y ait un dialogue permanent.
Et
il ne
faut
pas... Alors là, j'inviterai mes collègues de la grande distribution à essayer de revisiter les péréquations. Parce que souvent, c'est de dire des prix. Ça veut dire quoi, ça ? La péréquation des marges. On
ne va pas
être trop technique.
On va avoir beaucoup de questions
très concrètes. Oui, parce que souvent, la guerre des prix, elle se porte sur les produits les plus connus. Elle se
porte
sur le fameux soda, la fameuse...
C'est les produits d'appel, ceux qui font venir le client. Et
souvent, les marges, ces produits moins connus sont plus importants. Parce qu'il y
a
une compensation. Et il faudrait essayer
d
'inverser les choses pour que les produits, justement, des PME, les produits de France soient plus
compétitifs. Il faut satisfaire les PME et, on le disait, le pouvoir d'achat. C'est un peu la quadrature du cercle. À ceux de nos auditeurs qui vous écoutent et qui iront demain chez Action faire leur course, vous dites quoi ? Vous dites, oui, c'est bien, c'est bien pour votre pouvoir d'achat, allez-y. Ou non, ce n
'est
pas bien pour nos PME qui se battent contre le Made in China qui tue tout. Vous dites quoi
?
Il faut alors, pour le Made in China, vous savez que c'est un sujet pour lequel je vais m'engager. C'est-à-dire ? Il y a une taxe qui est prévue. La taxe sur les petits colis ? La taxe sur les 2 euros sur les produits.
C'est suffisant, vous croyez
? 2 euros par produit. Vous savez, les produits, en moyenne, c'est 5-6 euros. 2 euros, oui, ça pèse. Il faut la mettre en place. Il faut aller plus loin sur le protectionnisme ? Oui,
oui.
Jusqu'où
?
Écoutez, d'autres pays ont pris des dispositifs importants, par exemple, oui. Ce qui veut dire que
maintenant,
c'est l'Europe qui est ouverte. Vous savez combien il y
a
de colis qui arrivent en Europe ?
C
'est 4,5
milliards
de colis qui arrivent en Europe, dont 1,5 milliard en France.
Mais ça veut dire quoi de plus que cette taxe de 2 euros ?
Il faut essayer de faire en sorte, comme par exemple, quand des initiatives sont prises par des magasins en partenariat et tout.
Le BHP, les Galeries d'Affaillettes, qui vont ouvrir un
corner, Chine, étaient...
Oui,
il
faut
regarder. Il faut faire quoi,
ça ? Il faut dire non
?
Moi, je pense qu'il faut dire non. Notre commerce doit muter. Le commerce de centre-ville, c'est un enjeu. Il faut revitaliser le centre-ville. Thomas Soto, je ne
sais
pas si vous êtes promené un samedi après-midi...
Il y a une boutique
sur 10 qui est fermée ou une boutique sur
10.
C'est 15% et la trajectoire n
'est
pas bonne. Donc le commerce, c'est du lien social,
c
'est de l'animation en ville. Le projet, ce n
'est
quand même pas de commander sur un téléphone portable, sur votre canapé, des produits qui arrivent
en Chine. Ce n'est pas le
projet, mais c'est notre vie de plus en plus souvent, vous le savez.
Non, on peut inverser la tendance. Mais
comment vous faites pour que les magasins qui ferment, pour inverser cette
tendance mortifère ?
Alors, je vais vous dire, il
y
a une commission, une mission, pardon, qui est en place, qui est composée de la maire de Saint-Quentin, du directeur de la Banque des Territoires, du président de Coopérative U, qui, je les ai rencontrés, ils vont rendre leurs conclusions.
Ça
va devenir un plan d'action.
Ça
va devenir mon plan d'action avec eux. Et on a des choses qui sont possibles. Quoi ? Par exemple, quand vous avez des rideaux qui sont tirés, il y a des rideaux aussi qui sont ouverts à côté. Donc, les commerces qui sont ouverts, qui sont robustes, qui sont résilients, il faut les aider à croître, à agrandir. Et il faut aider aussi d'autres à s'installer. Par exemple, je discute beaucoup avec les pharmaciens.
Donc, il y aura des aides d'État pour ça ? Pardon, mais c'est important ce que vous dites. Quand vous allez aider un magasin qui a un petit qu'à côté qui est vide, vous dites, moi je t'aide pour que tu agrandisses ?
On va trouver du financement à ça. Il faut créer... Un financement public ? Non, pas nécessairement. Il y
a
des choses qui existent. Il y a des villes qui ont créé des foncières pour ça.
Donc,
je vais m'inspirer des villes où il y a ce dispositif pour le modéliser.
Et
on peut trouver de l'argent, des communes, l'argent, la Banque des Territoires par exemple. Voilà, donc il y a
un
périmètre de financement qui est sans doute possible. L'argent aussi du commerçant. Voilà.
Et
essayer aussi de réguler les loyers derrière. Enfin, non pas les réguler, mais de faire en sorte qu'ils soient adaptés. Donc,
de les
réguler.
Le
mot
fait peur,
mais c'est ce qu'il faut faire. Parce que quand le local est trop cher, je
dis que les
foncières... Les expériences qui existent dans les villes, il y a ce dispositif avec les foncières pour réguler les loyers.
Et un autre client
qui veut aller chez Action, demain, vous dites « Non, n'y va pas, ce n
'est
pas le moment, faites un effort, essayez de ne pas y aller. »
C
'est que du Made in China là-dedans.
Oui.
Vous le savez, c'est que du Made in China.
Ce qui... Mon job,
c
'est d'aider les petits commerçants à pérenniser leur entreprise. On ne pourra pas... On ne va pas aller contre Action, mais il faut défendre le commerce de centre-ville. Et il y a des possibilités de le faire. Voilà, c'est ça qui est mon projet.
Les auto-entrepreneurs aussi sont inquiets.
Est
-ce que vous allez abaisser vraiment le seuil à partir duquel ils vont payer la TVA qui va tomber à 37 500, voire à 25 000 euros, ce seuil, pour que ces entreprises payent la TVA ? Vous approuvez ça, c'est une bonne idée ou pas ?
Alors, il y a un projet de loi.
Il
n'y a pas la baisse de la TVA pour l'ensemble des auto-entrepreneurs. Non,
c
'est pour... Il y a une discussion, c'est pour ceux qui
sont... L'activité
de bien.
Oui, pardon
?
C'est pour ceux qui sont des activités de bien. Avant, le plafond était à 85 000 et
il est à 37 500.
D'abord,
ce
qui a été regardé, c'est plus à la demande, d'ailleurs, du BTP. C'est plus au niveau de l'artisanat, de
l
'artisanat pour le bâtiment. Donc là, il va y avoir sans doute une adaptation.
Pour voir la copie ou pas ?
La
copie est en train d'être vue. La copie est en
train
d
'être
vue. Mais il n
'y
aura pas d'arrêt de plafond tel que vous venez de le définir.
Rapidement pour finir, c'est compatible tout ça avec 14 milliards de hausse d'impôt ou pas ? Faire redonner du pouvoir d'achat, revitaliser le commerce, c'est compatible ou c'est trop lourd
?
Le budget qui est proposé, là, c'est un budget de compromis. C'est un budget de résistance, si je puis dire. C'est un budget qui vise à la stabilité.
Il
y a plus
d
'économie que de hausse d'impôt. Si on arrive à la stabilité, Thomas Soto, ce que souhaite le Premier ministre,
à
ce moment-là, on sera jugé
différemment.
On a besoin de cette stabilité.
Et
regardez, par exemple, le loyer de l'argent auquel l'État emprunte
aujourd
'hui. Si on est capable d'offrir cette stabilité,
les
taux vont baisser. Ils vont baisser pour tout
le monde.
Donc il faut en passer par là. Merci beaucoup à vous, Serge. Merci beaucoup
à vous.
Serge Papin