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Podcast / conversationyoutube.com· 30 août 2023 39 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiNumériqueEurope & international

#LaREF23 | Conversation avec Bruno Le Maire

Au micro : François Lenglet Source d'origine 1 locuteur

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:36OuverteRéponse directe

    Comment voyez-vous le rapport entre l'État et le marché dans l'économie moderne ?

  • 2:45RelanceRéponse directe

    Vous avez évoqué la baisse des impôts, mais le taux de prélèvement obligatoire reste à plus de 45%. Comment l'expliquer ?

  • 8:16OuverteRéponse directe

    Quel diagnostic portez-vous sur l'état de l'Allemagne aujourd'hui ?

  • 15:35OuverteRéponse directe

    L'Europe avance-t-elle assez vite face aux États-Unis et à la Chine dans la guerre économique ?

  • 29:15OuverteRéponse directe

    La croissance française est-elle menacée par la crise chinoise ?

  • 34:20OuverteRéponse directe

    Au-delà de 2023, la France entre-t-elle dans une période de croissance faible ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:03Bruno Le MaireFait
    « j'ai toujours mis la liberté au premier rang de mes valeurs politiques sans liberté il n'y a pas de croissance sans liberté il n'y a pas d'entrepreneuriat sans liberté »
  • 2:45Bruno Le MaireChiffre
    « nous avons créé les conditions pour développer l'emploi 2 millions d'emplois créés en 6 ans »
  • 4:10Bruno Le MaireFait
    « l'État a un rôle de garant de l'ordre public économique et j'y suis viscéralement attaché »
  • 10:27Bruno Le MaireChiffre
    « nous avons baissé les impôts de production de 10 milliards d'euros au cours du dernier quinquennat »
  • 14:04Bruno Le MaireFait
    « nous avons la majorité mais majorité relative et pas absolue »

Temps de parole

  • ?99 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

mesdames et messieurs pour poursuivre avec vos invités exceptionnels tout au long de cette journée pour cette deuxième journée de la rêve 2023 merci d'accueillir sur scène notre prochaine invité Monsieur Bruno Le Maire et votre invité vient nous rejoindre avec François Lenglet pour répondre à ces questions bonsoir Monsieur le Ministre cher François soyez les bienvenus tous les deux

0:24
Non speech

[Musique]

0:36
Locuteur

pour bonjour à toutes et à tous merci de prendre place de façon à ce qu'on puisse commencer dans le calme et le silence autant que possible monsieur le ministre chers Bruno Le Maire bonjour bonjour François Lenglet et bonjour à toutes et à tous nous sommes ensemble pour une petite quarantaine de minutes une conversation on va parler bien sûr impôts conjoncture international mais avant ça j'aurais une question je dirais sur votre philosophie économique qui touche au rapport de l'État et de l'entreprise dans l'économie ça fait 35 ans que je suis journaliste économique et je suis pas sûr d'avoir vu un État français aussi interventionniste en matière industrielle l'organisation de filière bien sûr des subventions des protections commerciales souvent bienvenues et pour des secteurs exposés le contrôle des investissements étrangers dans les secteurs stratégiques vous avez été vous-même libéral vous avez votre philosophie a évoluer le monde a changé depuis mais j'aurais voulu voir comment vous voyez désormais justement ce rapport de force entre l'État et le marché l'économie moderne est-ce que c'est un État fort l'économie moderne c'est des entreprises fortes et je remercie tous les entrepreneurs qui sont présents ici aujourd'hui et un État fort les deux à la fois et pour revenir ma philosophie politique je vous rassure depuis 20 ans n'a pas changé j'ai toujours mis la liberté au premier rang de mes valeurs politiques sans liberté il n'y a pas de croissance sans liberté il n'y a pas d'entrepreneuriat sans liberté il n'y a pas de nations possible après oui l'état un rôle à jouer mais ce rôle il doit être très clairement défini le premier rôle de l'État c'est de créer des conditions favorables au développement des entreprises et au développement de l'emploi sur son territoire et je crois qu'avec le président de la République depuis 2017 on a fait le job nous avons créé les conditions pour développer l'emploi 2 millions d'emplois créés en 6 ans pour développer les entreprises pour développer l'industrie on commence vers l'industrialisation et chers Patrick Martin je vous rassurer tout de suite sur ce sujet pour baisser les impôts et de continuerons à baisser les impôts des entreprises dans les années qui viennent je ne veux laisser aucun doute sur ce sujet le deuxième rôle de l'État c'est ce que j'appelle l'ordre public économique il faut qu'il y ait une instance de dernier ressort quand il y a une difficulté quand il y a eu la crise du covid je pense que tous les restaurateurs tous les hôteliers tous les entrepreneurs tous ceux qui travaillent ici dans le bâtiment dans les travaux publics dans l'événementiel ils étaient tous bien contents d'avoir l'État qui vient à la rescousse parce que c'est le rôle de l'État d'être le garant en dernier ressort de l'ordre public économique d'éviter des milliers de faillites d'éviter des millions de chômeurs supplémentaires ça c'est le rôle de l'État et j'y suis viscéralement attaché le garant de l'ordre public économique quand ça va mal quand il y a des injustices quand il y a des défauts de fonctionnement c'est à l'état de le jouer je verrai dans quelques jours les distributeurs les industriels on va regarder ce que nous pouvons faire ensemble pour contenir la flambée des prix alimentaires on y est arrivé on a réussi à contenir il faut continuer lorsqu'il y a une relation entre les PME et les grands donneurs d'ordre c'est normal que l'État soit du côté des PME pour s'assurer qu'en matière de délai de paiement les grands donneurs d'ordre respectent bien leurs engagements et que les PME ne sont pas étranglés ou étouffés l'État a un rôle de garant de l'ordre public économique et j'y suis viscéralement attaché enfin il y a un tout dernier rôle et ça revient à la question que vous me posiez c'est que nous sommes face à deux grands bouleversements systémiques comme il en arrive imparti siècle la transition climatique et l'intelligence artificielle c'est le rôle de l'État de prévoir les investissements nécessaires sur le long terme dans ces domaines-là tout simplement parce qu'ils ne sont pas rentables immédiatement ce que c'est rentable pour vous d'investir dans l'hydrogène vert non donc il faut que l'État soit là pour produire des rectums nucléaires financer électrolyse financer l'énergie verte et l'hydrogène verte est-ce que l'intelligence artificielle c'est tout de suite rentable non c'est le rôle de l'État de planifier les investissements nécessaires sur le long terme donc ma philosophie n'a pas changé je veux vous rassurer la liberté comme valeur cardinale de la nation française et des entreprises fortes reposant sur un État fort vous venez d'évoquer les impôts dans les termes très clairs c'est pas la première fois que vous dites ça on va baisser les impôts le président le dit lui aussi et puis quand on regarde les chiffres le juge de paix vous le savez c'est ce qu'on appelle le taux de prélèvement obligatoire c'est à dire qu'il rassemble la totalité des impôts des cotisations et des taxes et on le rapporte à la richesse produit par notre assistance justement on est au plus haut de toute l'histoire du pays on est à plus de 45% de la richesse nationale qui est prélevé par la puissance publique dans sa globalité pas seulement l'état évidemment mais aussi par les collectivités locales et la sécurité sociale heureusement vous dites que ça va baisser parce que on peut pas faire plus haut mais ça a baissé quand même ça baisser quand même et ça continuera de baisser mais si on fait de la philosophie allemande c'est la ruse de la raison à l'œuvre dans l'histoire comme dirait eagle qu'est-ce que ça veut dire quand vous baissez les impôts et bien vous avez plus de recettes fiscales voilà pourquoi nous continuerons à baisser les impôts avec le président de la République votre taux d'impôt sur les sociétés ici je n'ai à faire que des gens honnêtes j'espère il y a aucun doute là-dessus il a baissé où il a augmenté depuis 6 ans j'attends votre réponse il me semble que le taux d'impôts chez les sociétés qui est un taux important dans la fiscalité des entreprises a baissé de 33,3 à 25 % il me semble que c'est de l'engagement que j'avais pris devant vous en 2017 ici il me semble que l'engagement était tenu et il me semble qu'il était tenu contre vents et marées malgré la crise du covid malgré les gilets jaunes malgré la crise de l'inflation je n'ai jamais dévié de ligne et nous avons ramené votre taux d'impôt sur société 33,3 à 25 mais la ruse c'est que ça me rapportait 35 milliards d'euros de recettes fiscales ça m'en rapporte désormais 60 baisser les impôts c'est bon pour tout le monde c'est bon pour vous et c'est pas mauvais pour moi non plus la recette d'un pot sur le revenu c'est encore plus spectaculaire nous avons créé des activités nous avons créé de l'emploi qu'est-ce qui se passe la recette de l'impôt sur le revenu comme bien plus de gens qui travaillent plus de gens qui payent des impôts c'était 70 milliards quand j'ai commencé encore jeune comme ministre des Finances et maintenant que je rentre dans ma septième année la recette de l'impôt sur le revenu sans 40 milliards d'euros baisser les impôts c'est bon pour les ménages c'est bon pour les entreprises c'est bon pour la nation française c'est bon pour la prospérité collective et c'est bien pour ça qu'on tiendra ce CAP on va parler un peu Europe et plus précisément de l'Allemagne c'est un pays que vous connaissez bien vous êtes l'un des rares dirigeants français d'ailleurs a bien le connaître il y a dix jours un hebdomadaire très réputé y économiste de manière britannique élu dans le monde entier titrait l'Allemagne l'homme malade de l'Europe à nouveau selon vous qui connaissez bien encore une fois quel diagnostic portez-vous sur l'état de ce pays dont on a dit que son modèle est fondé à la fois sur une énergie russe peu chère sur des marchés chinois substantielles et sur le parapluie militaire américain trois piliers qui sont ébranlés aujourd'hui pour des raisons différentes et est-ce que l'Allemagne vous semble en difficulté en ce moment d'abord l'Allemagne a très bien réussi au cours des années passées et ça reste la première puissance économique en Europe la Russie notamment avec une industrie forte qui continuent à représenter 22-23% de son PNB et nous notre objectif avec Emmanuel Macron c'est de réindustrialiser le pays et il se trouve parce que je veux là aussi répondre directement à Patrick Martin en le félicitant à nouveau son élection et en me disant à quel point je me réjouis de travailler avec lui là aussi il y a près de sept ans geoffroyau de Bézieux s'en souvient quand on se comparait avec l'Allemagne nous nous sommes dit il y a un problème si nous voulons rien industrialiser le pays c'est que nos impôts de production sont 7 fois plus élevées qu'en Allemagne et j'ai été le ministre de l'Économie des Finances qui a porté ce combat contre beaucoup de monde y compris dans notre majorité y compris contre beaucoup d'élus locaux de baisser la contribution sur la valeur ajoutée nous avons baissé les impôts de production de 10 milliards d'euros au cours du dernier quinquennat nous avons déjà depuis le début du premier quinquennat à la demande du Président de la République supprimer 4 milliards d'euros de CVA l'année prochaine nous baisserons d'un milliard d'euros la CVE et je veux dire à l'ensemble des entrepreneurs qui sont présents ici si on peut supprimer la c.v.e définitivement plus tôt que 2027 nous le ferons et nous le ferons sans hésitation et je veux vous dire aussi que ce n'est pas votre intérêt d'avoir des comptes publics mal tenus ce n'est pas votre intérêt d'avoir un état qui est lourdement endetté parce que ça veut dire des taux d'intérêt plus élevés et donc les conditions de financement plus difficiles pour vous ma responsabilité s'est trouvée de bonne équilibre entre la baisse nécessaire des impôts de production et les rétablissement de comptes publics et des embêtements je reviens à l'Allemagne notre intérêt est d'avoir une Allemagne qui se porte bien et qui réussit économiquement et tous ceux qui se réjouissent des difficultés allemandes se trompent totalement de chemin oui l'Allemagne est confronté une remise en cause radicale de son modèle économique pourquoi sur l'énergie elle était totalement dépendante ou très largement du gaz russe elle a été obligée de faire un virage à 180° sur ce sujet elle est fortement exposée à la Chine et nous avons un ralentissement chinois et ne nous le cachons pas un durcissement politique chinois qui pose un certain nombre de questions pour toutes les entreprises qui vont investir en Chine je suis sûr qu'ici aussi vous vous posez cette question enfin l'Allemagne est aussi confronté un phénomène européen qui les ralentissement démographique qui pose un problème sur la croissance je n'ai aucun doute sur la capacité de l'Allemagne à relever ses défis stratégiques à redéfinir son modèle économique et comme c'est le premier client le premier fournisseur et le premier partenaire économique de la France c'est notre intérêt que l'Allemagne se porte bien là encore vous avez l'avantage de bien connaître l'histoire la relation franco-allemand dans l'impression que ça marche plus très fort pour différentes raisons il y a d'abord il y a des manifestations c'est mésentente sur l'énergie politique de l'énergie commune en Europe choix français du nucléaire dissension également sur les systèmes aéronautiques de combat alors qui ont été pour partie levés mais on sent bien que l'Allemagne est désireuse de ne pas laisser le leadership à la France alors que celle-ci à la fois l'histoire l'expertise technologique la plus avérée j'allais dire ma relation assez médiocre aussi entre Emmanuel Macron et le chancelier Scholl ça en tout cas pas les relations amicales détendues qui étaient celles avec ça prédécesseur certes elle était là depuis longtemps comment jugez-vous cette relation est-ce que elle est vraiment problématique non c'est toujours plus simple de travailler avec un gouvernement où il y a une seule formation politique c'était le cas avec Angela Merkel avec la Cedeo que un gouvernement de collision je le dis devant tous mes amis parlementaires qui sont présents ici nous avons la majorité mais majorité relative et pas absolue c'est plus simple de travailler entre nous parce qu'on s'entend bien et qu'il y a une unité sans faille dans la majorité je le dis au parlementaire qui sont présents ici ce qui fait que quand on fait passer la réforme des retraites il n'y a pas une voix qui manque la majorité est unie l'Allemagne c'est une coalition c'est toujours plus difficile mais je vous rassurais j'ai des relations excellentes avec monomologue ministre de l'Économie robertabek excellente avec le ministre des Finances Christiane liner ça veut pas dire qu'il y a pas des débats qui a pas des échanges mais les relations personnelles sont excellentes et elles sont remarquables aussi entre le chancelier schols et le président Macron en réalité et vous l'avez soulevé on a un seul vrai point de divergence stratégique il porte sur le nucléaire et je veux redire à nos allemands de choses simples ne critiquez pas le nucléaire français car c'est une ligne rouge absolue de la politique économique française et la deuxième chose la deuxième chose que je veux dire à mes amis allemands c'est que nous ne réussirons pas la décarbonation et la réindustrialisation du continent européen sans l'énergie nucléaire la question énergétique est devenue la première question économique au monde tout le monde a besoin d'énergie tout le monde a besoin d'énergie décarbonée et tout le monde a besoin d'énergie que décarbonée pas cher les Chinois longs en utilisant massivement les énergies fossiles le charbon les Américains longs en étant l'un des premiers producteurs de gaz et de pétrole au monde et nous on a quoi on a la sobriété c'est très bien on a les énergies renouvelables sur lesquelles nous voulons accélérer mais le nucléaire est un atout décisif pour la France et pour l'Europe et ne nous sommes pas prêts à y renoncer nous voulons construire le développer vous l'avez évoqué en filigrane un la toile de fond international de d'aujourd'hui c'est la reconstitution des blocs la renaissance des empires au fond à la fois au plan au plan politique et aussi au plan économique la guerre économique qui a encore 15 ans opposé davantage les entreprises que les États aujourd'hui les deux sont à la manœuvre et dans la confrontation là-dedans l'Europe avance-t-elle assez vite quand on voit les flèche réduction actes des États-Unis dispositif de soutien aux entreprises de près de 400 milliards de dollars le chips actes son équivalent pour les semi-conducteurs vous connaissez ça infiniment mieux que nous et on voit que les donc les divisions mises sur le terrain à la fois budgétaire et réglementaire par l’amérique neutraliée son substantielles je ne parle pas de la Chine parce que depuis 30 ans c'est un pays qui se protège délibérément qui a une stratégie de prédation je ne vous demande pas reprendre le mot c'est mon c'est mon expression à moi mais en tout cas nul doute sur le fait qu'elle ait un arsenal réglementaire fiscal et éloigné extrêmement protecteur nous on l'a souvent dit on a du retard parce que l'Europe s'est construite sur la philosophie de l'abaissement des frontières parce qu'il y a des dissensions entre l'Europe du Nord et l'Europe du Sud sur ces questions mais est-ce qu'on peut espérer quand même selon vous que dans un temps raisonnable l'Europe soit au niveau dans cette dans cette guerre avec les armes qu'il faut je pense par exemple à la protection des marchés européens vis-à-vis des automobiles chinoises dont on sait qu'elles sont produites justement avec du carbone et que les contes des entreprises ne sont pas toujours d'une transparence absolue en tout cas ne traduisent pas les mêmes contraintes que chez nous réponse oui et trois fois oui l'Europe peut être le grand continent économique du 21e siècle avec un modèle économique des carbonné juste solidaire plus enviable que le modèle centralisé chinois ou que le modèle américain c'est possible on a tous les atouts pour simplement il faut savoir tirer les leçons du passé je remonte 30 années en arrière 1995 c'est le début de la révolution numérique les Américains investissent un capital considérable inoff se développent créer Google Amazon Facebook les gafam tout ce que vous connaissez il rafle la mise résultat 30 ans plus tard le PNB par tête a progressé de près de 65% aux États-Unis de 40% en Europe l'Europe c'est appauvri relativement aux États-Unis on nous donne une deuxième chance aujourd'hui la deuxième chance c'est l'intelligence artificielle l'intelligence artificielle générative et le changement climatique nous sommes face à des transformations technologiques nous ne pouvons pas manquer cette deuxième chance de redonner à l'Europe la première place économique et d'inventer un modèle économique plus solidaire et plus décarboné c'est maintenant que ça se joue c'est maintenant que ça se joue et si nous voulons au 21ème siècle que la partie se joue entre États-Unis Chine et Europe et pas dans un face-à-face dangereux entre le continent chinois et le continent américain c'est maintenant que ça se joue c'est pas l'année prochaine c'est pas le mois prochain c'est tout de suite que nous devons affirmer nos intérêts économiques et jouer le jeu de la Révolution climatique et de la Révolution l'intelligence artificielle qu'est-ce que ça suppose un de l'investissement il faut arrêter de financer tous nos investissements par des prêts bancaires d'autant plus que ça nous a pas échappé les taux d'intérêts ont fortement augmenté et continueront de rester un niveau élevé dans les mois qui viennent il y a une urgence absolue à créer l'union des marchés de capitaux pour que l'Europe et les entreprises européennes puissent lever des centaines de millions d'euros ou des milliards d'euros sans avoir besoin de prêt bancaires c'est la première urgence j'entends ça là aussi depuis longtemps c'est vrai que on entend votre souhait mais la réalité c'est que c'est long et que de surcroît les États ne sont pas tous alignés bancaires il y a des résistances techniques mais c'est tout ce qu'il faut arriver à lever pour fixer un horizon au continent européen qui soit un horizon de succès et pas un horizon de déclin progressif l'Union des marchés de capitaux c'est ce qui permettra à des entreprises dans le domaine des biotech de l'intelligence artificielle on a les meilleurs scientifiques les meilleurs chercheurs on a les meilleurs brevets mais ensuite quand il faut je développer au niveau industriel et qu'il faut lever 100 500 millions d'euros un milliard ou 2 milliards monsieur Bancel quitte l'Europe et va aux États-Unis parce qu'il peut pas trouver ailleurs son financement et bien je regrette si nous investissons dans des scientifiques français ou européens c'est pour qu'ils développent des industries françaises ou européennes avec les capitaux nécessaires sur le continent européen c'est la première condition la deuxième la deuxième c'est de savoir défendre nos intérêts nous avons mis sur pied pour le prochain PLF un dispositif pour que les bonus sur les véhicules électriques bénéficient aux véhicules qui sont produits en Europe on a utilisé pour ça les normes environnementales il faut respecter un centre de normes environnemental c'est efficace mais je reconnais bien volontiers que c'était assez complexe j'aurais préféré qu'on puisse dire le bonus européen est réservé à des produits industriels à Contenus européens c'est ce que fait la Chine c'est ce que font les États-Unis c'est que je ne peux toujours pas faire en Europe à cause des normes européennes faisons évoluer les règles européennes pour valoriser le contenu européen la production européenne des technologies européennes et l'emploi européen soyons transgressif la force de la France c'est cette capacité de transgression de dire on va pas s'en tenir à ces règles-là j'ai passé trois jours en Chine il y a quelques semaines je suis allé à shenzell je suis allé voir l'entreprise bewidee je dois dire que je suis rentré en me disant va falloir qu'on se dépêche de changer dans nos règles et dans nos Modalités sur l'industrie automobile sinon nous allons être débordés je vois un magnifique véhicule avec un design formidable parce qu'ils sont allés piquer un designer européen avec une capacité d'accélération de 0 à 100 km/h il y a sûrement des spécialistes ici de 3,5 secondes c'est à peu près ce que fait une Ferrari avec un intérieur tout à fait correct avec quatre places je demande le prix pas pour en acheter je vous rassure je n'ai ni les moyens ni l'envie d'acheter un véhicule chinois mais quand même je me renseigne je me dis sur le bien coûter 70 000 ou 80000 euros que les vôtres et on va les mettre sur le marché à 25000 euros c'est moins cher qu'une i208 alors croyez-moi on intéresse à se dépêcher de changer de normes de les simplifier et de valoriser le contenu européen si on veut faire pièce à la montée en gamme des Chinois enfin la troisième condition c'est de rester un grand pays et un grand continent d'innovation qu'est-ce qui va changer la donne c'est notre capacité à continuer à innover territoire européen n'est pas un territoire aussi vaste aussi libre aussi désert parfois que le continent asiatique ou que le continent américain si on veut développer des capacités de production décarbonée il faut qu'on innove massivement il faut qu'on innove collectivement et que ce qu'on a été capable de faire sur les batteries électriques avec Peter hack Mayer qui était l'invité de Geoffroy route Bézieux il y a deux ans ici au MEDEF on puisse le faire sous l'hydrogène vert on puisse le faire sur l'intelligence artificielle on puisse le faire sur des capacités de stockage des données on puisse le faire sur le calcul quantique les Européens touchent ensemble sont invincibles vous évoquez souvent le fait que on est dans un moment comme il en arrive de partiel ou la géographie industrielle se redistribue à la fois à cause de la géopolitique les éléments que vous avez évoqués à la fois à cause de la transition énergétique qui nécessite de changer de technologie transition énergétique dans laquelle bien sûr je range les sorts de la voiture électrique en Europe pour le coup alors il y a un verrou qu'on a fait sauter et qui était un des verrous constitutifs du marché unique c'est la subvention désormais les étapes peuvent subventionner l'installation de méga usine la plupart des grands États européens l'ont fait dans les domaines que j'évoquais à l'instant on voit que à ce jeu là finalement l'Allemagne qui est le pays qui a le plus de moyens sort son chéquier à des niveaux considérables je ne vous apprends pas le montant de la subvention récente donnée pour une usine de puces c'est de l'ordre de 10 milliards et encore certains disent c'est plutôt aux alentours de 12 est-ce que à ce jeu là on va pas se faire plumer alors nous avons sorti le chéquier aussi la sortie de chéquier pour faire venir global findries de Grenoble pour agrandir St microélectronique on a sorti le chéquier pour faire venir le grand producteur de batterie électrique prologum on a sorti le chéquier pour faire venir une grande entreprise taïwanaise donc on a aussi beaucoup sorti le chéquier et dans le fond me dire je me pose pas trop la question les Chinois le font les Américains le font et si maintenant nous pouvons le faire c'est parce qu'avec le président de la République on s'est battu bec et ongles pour imposer à la Commission européenne et aux autres États européens la possibilité de soutenir des investissements industriels moi je regarde que le résultat il y a des usines qui ouvrent en France il y a des régions entières qui étaient désindustrialisées qui se réindustrialisent regarder le bassin de Dunkerque c'est un truc formidable bassin de Dunkerque qui monte à quel point il faut croire dans la France croire dans les capacités françaises croire dans les entrepreneurs français pendant 30 ans Dunkerque c'est désolé on fermait les usines on laminait la culture ouvrière on perdait la capacité de production alors c'est vrai j'ai sorti mon carnet de chéquier pour installer prolodium oui j'ai sorti mon carnet de chèque pour installer d'autres usines et d'autres entreprises que je ne citerai pas maintenant mais qui viendront prochainement oui désormais le problème de Dunkerque vous savez ce que c'est c'est qu'il y a plus de terrain disponibles pour installer de nouvelles usines qui auraient cru il y a encore 10 ou 20 ans que le problème français serait la disponibilité du foncier pour installer de nouvelles usines or c'est devenu le problème français tant mieux ça veut dire que la réindiscalisation est en marche et s'il faut sortir son carnet de chèques croyez moi ce que ça rapporte en cotisation en emploi en prospérité fait plus que compenser ce que ça a coûté au finances publiques Tesla vous avez un espoir de les faire venir en France on y travaille quelle est l'horizon de la décision Elon Musk est très occupé par son combat avec Mark Zuckerberg donc pour le moment je les laisse combattre moi je ne suis pas de taille à combattre ni avec l'un ni avec l'autre donc j'attends que leur combat soit fini s'il a lieu puis après on reprendra langue usine de voiture usine de batterie nous verrons mais ce que je peux vous dire aussi pour la mise de d'économies c'est quand même quelque chose qui est formidable et c'est vrai pour tous les entrepreneurs être désiré c'est une chose que notre nation ne connaissait pas depuis très longtemps nous étions critiqué pas d'emploi chômage de masse des industrialisations échec économique enfin qui aurait cru là encore que depuis 2017 le pays qui avait la croissance cumulée la plus élevée de tous les grands pays européens ce serait la France supérieure à celle de l'Allemagne super à celle de l'Italie super la Grande-Bretagne à mesdames et messieurs entrepreneurs ne boudez pas votre plaisir quand vous réussissez quand vous êtes désiré et quand vous devenez le pays le plus attractif pour les investissements étrangers en Europe bravo à vous et vive vos succès donc il faut simplement poursuivre dans cette voie et bien mesurer que les étapes suivantes seront difficiles et qu'elles vont demander votre intelligence votre mobilisation vos propositions et je veux saluer la qualité du dialogue que j'ai avec toutes les organisations patronales le Medef bien sûr mais la CPME aussi les filières de l'aéronautique de la distribution du bâtiment des travaux publics qui se représentés ici je donnais juste un défi nous sommes passés de 9 à 7% de taux de chômage notre objectif avec le président de la République c'est de passer de 7 à 5 là c'est une vraie gageure et là on va rencontrer des véritables difficultés j'ai besoin de vos propositions et de vos idées pour savoir comment est-ce que nous passons de cette à 5 % de taux de chômage et comment est-ce que pour la première fois depuis plus d'un demi-siècle la France renoue avec le plein emploi c'est possible mais j'ai besoin de vous vous revenez de Chine vous l'avez dit vous connaissez bien sûr ce pays c'est ça a été peut-être avec l'Allemagne la grande gagnante de la mondialisation des 30 dernières années mais les nuages s'amoncellent il y a des nuages liés à la crise immobilière bien sûr qui a maintenant deux ans des faillites de promoteurs de premier plan des millions des dizaines de millions de logements qui ne trouvent pas preneurs avec les conséquences sur le système financier en cascade bien sûr on a connu ça dans le monde occidental en 2008-2009 et en zone euro encore un peu plus tard cette crise chinoise est-ce qu'elle est grave ou pas quelles conséquences peut-elle avoir sur nous oui elle est préoccupante elle est préoccupante parce qu'elle est au croisement d'une crise économique et d'un resserrement politique qui n'a échappé à personne qui fait que les investisseurs que je rencontre vous ou en Allemagne en Italie me posent tous la même question ce que pour continuer investir en confiance en Chine c'est une question majeure pour beaucoup d'entrepreneurs et de l'autre côté vous avez un problème immobilier qui est lourd vous avez une difficulté à ralentissement économique dans une économie qui représente désormais quasiment 20% du PNB mondial donc oui il ne faut pas sous-estimer ce qui se passe en Chine il faut mesurer des conséquences que cela peut avoir sur la croissance en Europe et sur la croissance mondiale c'est ce qui fait que j'ai confirmé et je confirme le 1% de croissance française en 2023 mais je reste prudent pour les mois à venir parce que nous avons beaucoup d'incertitudes internationales au premier rang desquels l'incertitude chinoise à propos de la Chine il n'y a pas longtemps le président de la République a dit en évoquant le conflit qui oppose la Chine aux États-Unis quand même un élément qui structure beaucoup l'économie mondiale aussi puisque les États-Unis imposent des blocus sur un certain nombre de secteurs ça touche et des chefs d'entreprise qui sont ici le président de la République est dit dans cette affaire en fond dans cette rivalité transpacifique pour la première place mondiale la France c'est pas intérêt à choisir son camp on n'a pas à se laisser entraîner dans une guerre qui ne serait pas la nôtre il faisait allusion bien sûr à Taïwan qui est au cœur de ce conflit entre les deux géants puisque la Chine évidemment veut le récupérer en faire une de ses provinces tandis que l'île aujourd'hui indépendante à un accord de défense avec les États-Unis est-ce que vous êtes d'accord avec le président de la République c'est-à-dire que la France et l'Europe ne doivent pas choisir et tenter de maintenir de bonnes relations diplomatiques et économiques avec la Chine au même titre que celle qui nous lie aux États-Unis par principe je suis d'accord avec le président de la République mais c'est préférable pour la bonne organisation de l'État mais il se trouve qu'en plus là sur le fond je suis aussi tout à fait d'accord avec le président de la République on n'a pas à s'aligner ou à suivre aveuglément les décisions américaines surtout à côté il y a une démocratie de l'autre une dictature oui mais vous faites preuve en général de beaucoup de lucidité dans vos chroniques le matin cher François Lenglet que les Américains vous expliquent qu'il faut couper toute relation commerciale avec la Chine c'était le président Trump qui portait ça en premier mais que pendant que les Américains disaient ça que les autorités américaines disaient cela que le président Trump disait cela les échanges commerciaux entre les États-Unis et la Chine augmentaient donc on n'a pas vocation à être les ravis du village planétaire notre intérêt est de continuer à garder des relations économiques fortes exigeante avec la Chine dans le secteur du luxe dans le secteur de l'aéronautique dans le secteur de l'agriculture je salue le président de la finsea que j'ai vu tout à l'heure notre intérêt est évidemment de continuer à travailler avec la Chine enfin c'est très sympathique de faire des déclarations d'estrade moi ce qui compte pour moi c'est la France et des Français et rien d'autre et quand je vais en Bretagne que je discute avec des producteurs de cochons j'étais 3 ans ministre de l'Agriculture je suis bien content quand il me disent que pris du cadran jamais le prix du kilo de porc sous le contrôle du président de la FNSEA n'a été aussi élevé et s'il est aussi élevé c'est qu'il y a des consommateurs chinois et que le Président de la République a réussi à lever l'embargo sur la viande porcine française alors avant de jouer avec le feu avec des dizaines de milliers d'emplois avec le revenu des agriculteurs avec le revenu de nos grands secteurs de succès comme l'aéronautique ou comme le luxe j'y réfléchirai à deux fois dernière question Bruno Le Maire parce que malheureusement nous sommes au terme de notre entretien vous avez évoqué vous avez réitéré votre président de croissance de 1% pour 2023 pour la France hier on apprenait que pour la première fois depuis plusieurs années l'emploi avait progressé moins vite que la croissance alors c'était l'inverse jusqu'ici c'était d'ailleurs un peu une anomalie mais c'est une rupture de tendance on apprenait aussi que les pénuries de ressources humaines sur lesquelles les entreprises butent depuis deux ou trois ans ce sont apaisés dans la plupart des secteurs sauf la construction au-delà de 2023 qu'est-ce que vous voyez poindre on entre dans un dans une période de croissance faible zéro plus ou bien vous avez espoir qu'une reprise ce matérialise après le fait qu'on est avalé cette crise inflationniste qu'on l'est peut-être dominé et qu'on est avalé cette crise énergétique qu'on l'est peut-être dominé moi je suis pas là pour avoir de l'espoir désespérance je suis là pour vous donner les moyens de réussir et de faire en sorte que la croissance continue à être forte en France qu'elle soit décarbonée et que nous atteignons le plein emploi mais je rejoins totalement ce que vous dites il y a effectivement un léger fléchissement sur le marché du travail et je veux dire les choses avec beaucoup de simplicité nous n'arriverons pas naturellement au plein emploi cela demande des décisions politiques cela demande Mesdames et Messieurs les parlementaires des choix politiques aussi courageux que ceux que vous avez su faire sur les retraites sur l'assurance chômage sur la valorisation du travail cela demande Mesdames et Messieurs les entrepreneurs que vous continuez à faire ce que vous avez fait l'année dernière augmenter les salaires quand vous le pouvez vous l'avez fait et c'est ce qui rend le travail attractif et qui nous permet d'arriver vers le plein emploi ça demande aussi plus de formation et plus de qualifications mais je suis persuadé qu'on peut retrouver à nouveau et qu'on peut persister dans la voie de la croissance de la croissance des carbonnés et atteindre ce plein emploi pour être c'est mon horizon la France la première puissance des carbonée en Europe à horizon 2040 j'ai vu monsieur le Président cher Patrick Martin que vous aviez placé ces rencontres du Medef sous le signe je le découvre la titre de James Bond il me semble Demain ne meurt jamais étant un grand fan de James Bond je me souviens d'une réplique de Sean Connery je sais plus dans lequel James Bond c'est qui s'appliquerait parfaitement à la France Sean Connery vient d'être massacré par un des méchants de James Bond énorme musclé tout en muscle et tout en fer il a donné des coups de poing des croquants jambes il a massacré et évidemment James Bond sort de cette bataille malgré tout le costume impeccable la cravate droite la chemise immaculée et il se retrouve devant le méchant qu'à commanditer l'attaque contre James Bond et le méchant stupéfait dit à James Bond ce qu'on pourrait parfaitement dire de la France Mr bond you have nasty happy monsieur bond vous avez la fâcheuse habitude de survivre c'est exactement ce que fait la France et elle le fait grâce à vous merci merci à tous merci beaucoup Bruno Le Maire merci très cher François l'anglais d'avoir été à nos côtés pour mener cet échange merci d'avoir convié Sean Connery également dans cet échange merci à tous les deux on vous raccompagne merci infiniment pour cela le programme continue bien sûr avec une autre séquence dans quelques instants