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DébatLCP (sur YouTube)· 26 novembre 2025 28 minContradictoireActualité / polémiqueLogementSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Pourquoi se loger est-il si problématique ? | Les débats de Débatdoc

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi le logement est-il devenu le problème numéro 1 des Français selon les sondages ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Qui sont les populations les plus touchées par cette crise du logement ?

  • 6:00RelanceRéponse directe

    Cette crise est-elle conjoncturelle ou structurelle selon vous ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi la construction de logements neufs s'est-elle effondrée ?

  • 10:00OuverteRéponse partielle

    Le droit au logement opposable est-il appliqué en France aujourd'hui ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    La loi SRU a-t-elle atteint ses objectifs après 25 ans ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00AnimateurChiffre
    « 350000 personnes sont sans domicile aujourd'hui en France. C'est + 6 % en 1 an. 145 % de plus qu'il y a 13 ans. »
  • 3:30AnimateurChiffre
    « 4,1 million de personnes souffrent de mal logement. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

L'histoire racontée par ce documentaire de Lisa Monin se finit bien. Racha, sa mère et son frère ont donc fini par trouver un logement décent. L'occasion pour nous de soulever une question plus large.

Pourquoi ce loger s'avère aujourd'hui si problématique dans notre pays ? Nous allons tenter d'y répondre avec nos invités présents maintenant sur ce plateau de débadoc. Emmanuel Cos pour commencer.

Bienvenue à vous Emmanuel Cos et vous êtes la présidente de l'Union sociale pour l'habitat et ancienne ministre du logement et de l'habitat du rap. C'était entre 2016 et 2017 autrement dit sous la présidence de François Hollande. Marc Philippe Dobr est également avec nous.

Bienvenue. Vous êtes aujourd'hui sénateur les Républicains du nord et ancien ministre délégué au logement de la ville entre 2004 et 2005. C'est c'est donc sous la présidence de Jacques Chirac et puis enfin avec nous DJ Vanoni.

Bienvenue à vous. Vous êtes sociologue et économiste, spécialiste des sujets touchants aux questions urbaines et à la politique du logement. Vous êtes le directeur du bureau d'études et de conseil force recherche sociale et co-auteur de ce livre, le droit au logement empêché.

Point d'interrogation, un ouvrage disponible aux éditions de l'eau. Quelques chiffres pour communiquer à ceux qui nous regardent aujourd'hui après ce documentaire. L'état des lieux du mal logement en France.

S'il y a pas d'autres mots, des chiffres qui sont issus de la fondation pour le logement, autrement dit l'ex fondation Abéierre est tiré du dernier rapport de cette fondation pour le logement. 350000 personnes sont sans domicile aujourd'hui en France. C'est + 6 % en 1 an. 145 % de plus qu'il y a 13 ans. 4,1 million de personnes souffrent de mal logement.

Autrement dit, elles sont logées euh dans des conditions précaires et puis 12 millions de personnes sont fragilisées d'une manière ou d'une autre par rapport euh au euh logement Didier Valeni. Je voulais euh commencer par vous euh parce que je suis aussi tombé pour préparer cette émission sur un sondage de euh d'IPSOS qui date de septembre 2024. 58 % des Français aujourd'hui euh dénoncent désormais des difficultés d'accès au logement.

Euh ça concerne l'achat, ça concerne la location, l'accès aux logements sociaux et le sujet est cité en tête devant l'accès aux soins, devant l'emploi, devant la justice, devant euh l'accès au transport public. Autrement dit, autrement dit, le logement en France, c'est devenu le problème numéro 1 des Français au quotidien. On en est là.

B, écoutez, tous les maires de France vous diront que dans leur permanence, le premier point qui qui est abordé en général, c'est un logement. le logement parce qu'on pense encore que c'est les maires qui attribuent les logements. Ouais.

Donc c'est un problème qui est qui est très bien qui est très connu hein. Ce sont le moi je connaissais un sondage qui date de quelques mois avant le vôtre et on est on en était à 48 %. Voilà donc ça progresse.

Tout le monde est concerné j'allais dire quiconque se retrouve sur le marché de du logement dans une agence immobilière ou dans une demande de logement social que il est difficile de d'avoir un logement social. Donc tous concernés, j'allais dire tous concernés même les gens qui étaient jusqu'à présent, on va dire à l'abri de ce type de problème, notamment les classes moyennes. Il y en a qui sont plus concernés que d'autres.

De qui s'agit-il ? Oui, alors plus concernés que d'autres à la au bout de la chaîne, c'est-à-dire que quand on veut loger des étudiants, il faut des logements de petite taille. quand on a des parents qui peuvent payer le logement avec les aides au logement d'aujourd'hui, ben on capte une partie de cette offre et donc les petits logements pour les salariés, les apprentis et cetera, bien sûr, il y a une un fait d'éviction de ces donc il y a plus on avance ou plus on recupe plutôt dans la hiérarchie sociale, plus on est confronté au mal logement.

Et donc vous avez cité les étudiants. Euh j'ai aussi euh évidemment les le les les foyers revenus les plus modestes. On pense aussi au aux familles monoparentales et on pense aussi au retraités parce que il y apparaît-il deux types de retraités en réalité.

Ceux qui partent à la retraite avec un toit sur la tête et ceux qui partent à la retraite sans toi sur la tête. Et pour cela ça s'avère très difficile. Alors on se dit bon finalement où est le problème ?

Pourquoi est si compliqué ? On se dit c'est peut-être conjoncturait. Donc j'ai regardé effectivement les taux d'intérêt ont considérablement augmenté en en 2022 puis un effet domino hein derrière sur la construction de logement et cetera mais alors au vu des chiffres c'est pas seulement conjoncturel hein c'est crise du logement en France.

Alors ce n'est pas du tout conjoncturel mais là je pense qu'on est un niveau de crise franchement qu'on ne pensait pas atteindre. Je pense qu'il faut quand même avoir conscience de ça. Après, ça fait 5 ans, un peu plus de 5 ans que ça se dégrade et surtout ce qui est nouveau, c'est que ça touche tout le monde.

Euh et je veux pas banaliser le sujet en disant ça, c'est qu'en effet ça touche les classes modestes, mais en fait une classe moyenne qui avait avant aucune difficulté à se loger n'arrive pas à se loger ni dans l'achat ni dans la location. Et en plus, on a des problèmes qui se sont accumulés. La construction s'est totalement effondrée, le logement social a perdu beaucoup de soutien financiers et ça a eu un impact.

Et puis le logement permanent, le logement pour loger des familles qui font le territoire tous les jours est en train de disparaître. Et ça c'est une mutation franchement que je n'aurais pas pensé aussi rapide. Il y a 10 ans, c'était pas aussi fort mais la question de la de la caparement de la du logement par les locations touristiques, c'est en train de cangrainer tous les territoires.

Et il faut avoir conscience de ça parce que on a tendance à se dire "Mais ça ne on occupe que des grandes zones touristiques." C'est pas vrai. On voit ça maintenant dans des territoires qui sont pas vraiment touristiques mais qui ne sont plus mis sur le marché de la location et qui ne sont pas mis sur le marché de l'accession classique.

Et donc vous avez des familles, quel que soit leur revenu qui n'y arrivent pas et surtout et c'est ce qu'on a vu dans le documentaire, on peut avoir un salaire travailler à temps plein, avoir un soutien par des APL parce qu'on a deux enfants et ne pas trouver un logement à louer ni dans le privé ni dans le social parce qu'il y a un temps d'attente élevé. Donc ça fait en fait un blocage pour tout le monde et et ça crée évidemment une situation de tension qui est très forte, d'où des chiffres que vous avez rappelé qui sont des chiffres pharamineux et avec une aggravation vraiment réelle ces trois dernières années. De mémoire de spécialistes du logement tel que vous êtes, est-ce qu'on est face à la crise la plus importante qui a eu à traverser la France sur le sujet aujourd'hui la crise la plus importante.

Avant on disait depuis laabé pierre l'appel de la Bép Piierre. Non, c'est la crise c'est la crise catastrophique historique la plus grave qu'on est jamais connue en France depuis tout le temps. Emmanuel Cos a dit des choses tout à fait justes.

Cette crise, elle s'est accélérée. Elle a été catalysée depuis 2017 depuis la politique qui a été mise en œuvre par les gouvernements successifs avec monsieur Macron. Il y a juste eu un rétablissement euh quand monsieur Barnier est arrivé comme premier ministre avec Valérie Létard au logement parce que je dirais un ministre du logement qui connaissait par cœur tous les sujets et qui les avait abordé avec ses collègues, avec les professionnels depuis longtemps.

Donc on a pu retrouver un chemin de consensus récemment et depuis un an et demi. Mais cette crise, c'est une crise qui touche, vous l'avez dit, tous les segments, mais c'est aussi une crise de la demande qui a précédé une crise de l'offre. Emmanuel Cos et moi, on a été confronté à des crises du logement.

Moi, quand j'ai pris le logement il y a quelques années, il y avait 230000 constructions neuf par an. Aujourd'hui, c'est c'est descendu à 270000. Mais entre-emps, on était remonté à 500000.

Ouais. À 500000 de de avec nos politiques, si j'ose dire. Bon, donc ça veut dire c'est possible d'endresser une situation.

Sauf que là, la crise de la demande euh montée des taux d'intérêt euh restriction des banques pour empêcher les gens de d'acquer du logement provoque une accélération de la crise de l'offre. C'est-à-dire que ceux qui doivent construire aussi bien des promoteurs privés que des bailleurs sociaux n'ont plus les moyens. En plus, le gouvernement fait un raquet, excusez-moi de du terme, sur les organismes de logements sociaux en leur piquant leur autofinancement avec ce qu'on appelle le RLS.

On va pas rentrer dans la technique, mais quelque part, on fait payer euh euh on enlève de l'investissement aux bailleurs sociaux qui peuvent plus construire, les promoteurs ne peuvent plus construire. Donc la construction neuve s'effondre, la crise de la demande précède la crise de l'offre. Et on a une une espèce de toboggan là où tout se casse la gueule en même temps et comme l'a dit madame Cos à juste titre, ce sont les classes moyennes aussi qui désormais sont impactées.

Bien sûr, les ménages les plus les plus menestes, les ménages en situation difficiles sont encore plus en situation difficile qu'avant. Mais là, c'est tout le monde qui est impacté. Et donc, si on ne fait pas un un électrochoc rapidement euh qui va prendre de 3 ans, une politique du logement, ça met 2 3 ans produire des effets sérieux, on va vraiment vers une catastrophe très grave.

H pourtant, il existe un droit du logement en France. Alors, le c'est d'ailleurs le thème de votre livre avec un point d'interrogation, le droit au logement est-il empêché ? J'ai tout de même être obligé de rappeler que la loi d'Alot a vu le jour en 2007 et que c'était la DOI qui instaurait un droit au logement opposable.

Autrement dit, ça donnait à tout à chacun d'avoir accès à un logement décent. Euh, nous sommes dans la pure fiction avec l'application de ce droit aujourd'hui en France. Écoutez, il y avait une formule à l'époque quand le le DALO est sorti, c'était le droit au logement, c'est déjà déjà un logement et d'abord un logement.

Voilà. Donc ce qui manque aujourd'hui pour faire pour faire en sorte que ce droit existe, c'est des logements tout simplement. On vous a un ch que vous avez oublié de donner qui est important, c'est que comme tout est bloqué, c'està-dire les gens ne sortent plus du parc social, les accédés dans la propriété n'arrivent pas à accéder à la propriété.

C'est 110000 1100 logements par an qui disparaissent de du flux de logement disponible chaque année sur le sur le territoire. Donc non seulement on construit pas, mais comme tout est bloqué, ben le il y a de moins en moins d'offres disponibles. Et vous avez oublié de dire aussi un chiffre qui est important, les loyers ont été multipliés par trois euh en une quinzaine d'années alors que le pouvoir d'achat et avec le les l'indexation des des salaires éventuellement n'a progressé que de 16 %.

Donc d'un côté plus 300 + 200 % et d'un côté plus que 16 %. budget loyer, le budget logement aujourd'hui chez les Français, c'est le budget numéro 1, le budget d'une famille et plus sont plus les gens sont défavorisés, plus le le le comment on appelle le taux d'effort est important. Aujourd'hui, les gens les plus modestes payent jusqu'à 40 % de leur revenus. qu'on est auelà des 30% fameux 30 % un/ers des des revenus cons logement compris avec les aid au logement d'ailleurs on limite le chauffage on limite tout ce qu'on peut limiter.

C'est là qu'on voit aussi une des d'autres formes de précarité apparaître. L'aide alimentaire n'a jamais autant progressé par exemple. Voilà.

Donc l'aide alimentaire c'est ce qui reste qu' quand on enfin c'est ce à qu' on on recourt une fois qu'on a payé le reste quoi et quand on a payé l'électricité éventuellement puis son son loyer. La loi d'Allo, elle a tout de même eu un impact des résultats. J'ai les chiffres sous les yeux.

Je voudrais pas qu'on en cite de trop dans cette émission. est fondamental déjà elle mais elle est pas vraiment appliquée. Ah si si elle est appliquée.

On on on fait aujourd'hui il y a à peu près 65000 la demandeur d'Allo reconnu. J'ai regardé les chiffres au 30 juin et en gros nous dans l'année on va attribuer un logement social à peu près entre 20 et 25000 demandeurs d'Allo. Ouais, c'est très peu par rapport à la demande globale HLM mais quelqu'un qui enfin c'est so enfin ce qui ce qui pour les militants du droit au logement pose problème et je peux le comprendre tout à fait, c'est qu'on pourrait se dire si on a que 65000 ménages à l'Oua, pourquoi on narrive pas à les reloger dans l'année à 100 %.

Ça c'est un vrai blocage parce qu' en réalité dans beaucoup de territoires, le droit au logement posable, il est très effectif et efficace. On a un vrai blocage dans la zone la plus tendue en accès au logement, c'est évidemment l'Île-de-France. Mais le droit au logement posable, c'est le un petit bout juste du droit au logement parce que le droit au logement posable, c'est pour des situations vraiment désespérées, très difficile avec des gens qui sont en urgence totale.

La question c'est que à côté des demandeurs d'Alo, on a des tas de ménages qui sont en bes qui sont en besoin. Ceux qui se retrouvent à la rue, ceux qui se retrouvent, on les sort de leur logement parce qu'il va être mis à la vente, celles et ceux qui cherchent une mobilité professionnelle qui n'y répondent pas parce que il y a rien à louer. Faut bien comprendre en fait que euh et c'est pour ça que les chiffres de la Fondation Abpiier sont très intéressants, c'est que on parle bien de tous les gens qui ont une fragilité dans le logement, c'est des gens qui sont en grande difficulté pour en fait faire leurs actes de la vie, euh chercher un boulot, aller faire des études, rejoindre des proches.

Et vous l'avez dit tout à l'heure, l'indicateur sur les seniors, moi enfin je pense c'est très très révélateur. Maintenant, nous avons à peu près 10 % 10 à 15 % des attributions dans le logement social qui sont fait à un public senior qui rentre pour la première fois dans un logement social. Donc, c'est des gens qui ont souvent travaillé, qui ont une retraite modeste et qui cherchent un logement avec un loyer correct.

Et cette demande, elle a fortement progressé. Et enfin, il y a une chose qui explique peut-être aussi le niveau de la crise, c'est que notre société est en train de complètement muter dans ses modes de vie et notamment les gens vivent de plus en plus seul. Donc souvent un seul adulte parfois avec des enfants et c'est les familles cohabitation davantage de séparation beaucoup de gens qui vivent seul.

Nous aujourd'hui 55 % de la demande HLM c'est une personne seule et 25 % sont des familles monoparentales. Mais pourquoi je vous dis ça ? Ça veut dire que dans un ménage, vous avez plus qu'un seul revenu pour payer un loyer.

Donc ça veut dire aussi que vous avez besoin de trouver un logement à louer ou acheter qui correspond à cette capacité de financement et elle est faible. Et ça explique pourquoi il y a autant de gens qui sont en difficulté. Pourquoi il y a-t-il aussi un gros problème pour les populations les plus concernées dans le logement social ?

Alors, je veux dire les choses très simplement les HLM hein, enfin les choses sont pas aussi simples que ça dans le logement social. Euh néanmoins là, il y a un vrai problème dans l'éche sociale. Expliquez-nous où est le problème entre la demande et l'offre aussi.

Là, quand on a fait le droit au logement, j'avais dit, il faut d'abord faire le droit au logement effectif. C'est-à-dire que on vient de le dire les uns et les autres, la construction neuve s'est effondrée. Là, on est dans une crise sans précédent.

Il y a des il y a des chiffres depuis 2 ans où c'est divisé par 6 le nombre de construction. Il y a des endroits de France dans ma région en particulier où il se passe rien. Il y a il y a c'est c'est c'est une chute vertigineuse.

Donc vous comment voulez-vous assurer un droit logement si vous n'avez pas de logement à fournir et donc et notamment pas de logements sociaux. J'en reviens à cette parce que on dire les logements sociaux remontent un tout petit peu. Il remontent un tout petit peu.

On était dans il y a quelques années à 72000 ce qu'on appelle des agréments de logements sociaux. On va être au-dessus de 100000 cette année parce que les autres segments se sont effondrés. Moi, à la fin du plan Borlot, on est à 120000 logements sociaux, ce qui est le bon le bon chiffre, c'est 500000 logements, 500000 construction neuves et c'est 120000 logements sociaux pour arriver à faire quelque chose.

Bon, on on on remonte un peu sur les logements, mais l'autre chiffre que vous n'avez pas donné, c'est le chiffre de la file d'attente. H c'est-à-dire que moi quand j'étais maire, on avait allez 1 an un an et demi d'attente pour avoir un logement quand on était une population normale qui avait déposé sa demande. Aujourd'hui dans la métropole lilloise, c'est 5 ans. 5 ans.

Ça veut dire que les gens qui y sont ne bougent pas parce qu'ils regardent le marché autour, ils ne trouvent pas quelque chose d'accessible financièrement pour eux. Ça veut dire Emmanuel Cos l'a dit que le nombre de gens qui demandent est beaucoup plus important qu'avant, notamment les familles monoparentales et et la décohabitation. Enfin, le changement de société qui est un changement structurel n'a pas été accompagné par les gouvernements depuis 2017.

Euh pire, il a été ils ont fait des politiques à contre-courant de ce qu'il fallait faire. Donc on a profond provoqué l'effondrement. Et donc évidemment, on a des gens qui veulent rester qui ont un logement social qui veulent rester dedans parce que ils trouvent pas à l'extérieur de de quoi faire.

On a une population de seigors, d'étudiants, de famille monoparentale qui monte. Donc on a une demande beaucoup plus importante et on a plus de construction qui se produit. Ben voilà, vous avez vous avez la réponse à la question.

Euh la loi est serue, autre marqueur législatif 2000, donc on a 25 ans de recul maintenant. Est-ce que ça porté ses fruits ? On va rappeler ce qui de quoi il s'agit hein.

Il s'agit d'instaurer un quotat entre 20 et 25 % de logements sociaux sociaux dans quelques 2000 communes françaises sur les 35000 communes que comprend notre pays. Est-ce que cette loi 25 ans après a fait ses preuves ? Est-ce que les communes jouable ?

Oui, bien sûr. C'est pas discutable. a fait ses preuves et ça contribué à améliorer un temps soit peu les situations ou pas ?

Imaginez ce qu'il y avait pas eu la loi la loi SRU, hein. Donc non, non. Et en plus, ça fait la preuve que l'on peut que l'on peut avoir une politique coercitive.

C'est-à-dire que on est dans l'incitation, on a des aides au logement, on peut enfin des aides à la construction, on peut aider le le secteur HLM, mais on on en France, on a du mal à être un peu coercitif pour les collectivités, les acteurs qui ne veulent pas faire ou qui ont des comportements ségrégatifs. Donc la loi SRU, c'est ça, c'est imposer une règle simple observé par observable par tout le monde pour donner l'obligation de faire. par exemple les PLH aujourd'hui, les plans locaux de l'habitat qui donneraient normalement la feuille de route au territoire pour construire ce qui est nécessaire pour loger les habitants d'un d'un territoire.

Aujourd'hui, les PL ne sont pas suffisamment coercitifs en tout cas incitatifs avec une quelques quelques effets de de cadrage importants. Donc je pense que l'Oisu est la bonne voie pour ce qu'il faudrait aujourd'hui pour sortir de l'ornière parce qu'en fait vous le dites he on a arrêté en 2017 ce qu'il fallait faire pour pour répondre aux besoins mais il faudrait trouver maintenant le premier l'acte 1 du de l'effet levier qui pour pour déclencher quelque chose parce que c'est pas en disant il faudrait relancer on va aider un tel un tel non surtout on fidifier le parc social c'est la très mauvaise nouvelle ça c'est ça c'est veà dire il faudrait faire sortir les gens qui sont le parc social pour loger d'autres personnes et ils sortiraient pour aller où dans le parc privé qui est qui désaccord moi avec Hein. Ah bon ?

Je suis en désaccord. Je suis en accord avec le fait que la loi serue, je sais, j'ai été ministre à une époque où on l'a on l'a accompagné. Euh au début a été tout à fait utile bien sûr parce que il y avait des communes qui avaient des taux de logements sociaux qui étaient inférieurs à 5 % et qui voulaient surtout pas ne rien construire, voulit ne rien construire du tout.

Donc elle a eu un effet dans les premières années important. Par contre, à un moment donné, lorsque le maire, moi j'ai été rélu sénateur il y a 2 ans au Parade, au H parade des sujets que me pose les maires c'est un la loi SRU, il faut arrêter tout ça et de les la loi Zane zone zéro artificialisation nette qui enlève du foncier pour construire pour la transition écologique. Il faut arrêter tout ça.

Donc pourquoi ? Parce que les mères disent "Ben nous on est plein de bonnes volonté, on veut bien faire." Alors, il y a des merdes de mauvaise volonté he je dis pas le contraire mais on ne peut plus faire parce que l'offre n'arrive plus pour les raisons qu'on a évoqué précédemment.

Donc si vous n'avez pas un ensemble, alors le coercitif ça marche au début mais on atteint un taux dans beaucoup de communes de 25 % de logements sociaux où il n'y arrive plus. Alors par contre je pense que madame Cos me me démentira pas. Lorsqu'un promoteur aujourd'hui fait des opérations de logement neuf, obligatoirement, il a accroché à son programme un programme de 25 30 % de logements sociaux.

Et les logements sociaux sont euh que quelque part on produit du logement social aussi parce qu'on produit du logement privé et ça c'était une belle dynamique qu'on avait mais depuis cette crise historique tout s'est cassé la gueule. Donc ça a un impact aussi sur le logement social. En tout cas, on joue de jeu, visiblement, on regarde des chiffres, hein.

Alors, encore une fois, 25 ans après la l'application de cette loi, sur les 2000 communes concernées, 930 sont déjà au 25 %. Il y en a encore un tiers de ces communes qui sont tout près d'atteindre cet objectif. Bon, cette politique volontariste elle a très bien fonctionné, c'est la moitié du logement social qui a été produit en 25 ans.

Donc, c'est considérable et surtout ça a donné l'idée qu'il fallait du logement social partout et qu'on avait pas des territoires ségrégés par le haut, par le bas. Donc ça pose aussi des questions d'équilibre, de richesse et de pauvreté des communes. Le problème aujourd'hui euh enfin on a les outils législatif très intéressant.

On a quand même une intelligence de ce point de vue-là qui est formidable. Le problème aujourd'hui c'est qu'on est poussé par personne. Moi, j'ai été élu 2020 à président de l'Union sociale pour l'habitat.

J'ai rencontré six ministres en moins de 5 ans. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse de ça ? C'est des gens qui ont tous des qualités formidables.

Mais comment vous voulez-vous porter une politique avec des gens qui sont toujours dans l'instabilité, qui a où il y a pas de vision et sur lequel en plus c'est une politique du temps long le logement. Voilà, nous aujourd'hui ce qu'on aimerait, je vais vous dire et c'est un peu ce qu'on a retrouvé avec Valérie Lettard parce qu'elle connaissait très bien nos sujets et donc on a été très vite à l'essentiel. Moi, j'aimerais une politique valable pendant 5 ans.

Il faut comprendre quand même une chose qui m'a à l'époque beaucoup choqué aussi parce que moi je sortais de mon mandat de ministre. Mais en en juillet 2017, un des premiers actes euh de du gouvernement d'Edouard Philippe sous la présidence d'Emmanuel Macron, il baisse le nombre d'exigences de logements sociaux pour l'année. Nous, on avait fixé un un un objectif de 120000 logements qui était tenables.

Dès ce moment-là, l'État dit "Non, c'est pas la peine, on en fera que 110000." Déjà là, on est dans l'erreur et ça n'a fait que baisser. C'est comme ça qu'en 2023, le logement social n'a lancé que 83000 logements.

C'est le pire chiffre depuis 41 ans. On faut voir où est-ce qu'on est descendu. Et je vais vous dire, ça n'a fait aucun et moi dans mes interlocuteurs à l'époque en 2023 au gouvernement comme si comme si cette crise était n'était pas là.

Sauf que n'importe qui vit dans un territoire, qui est ancré dans son territoire, il ne voit que ça. Si on s'intéresse au problème de la population aujourd'hui, c'est en effet le logement. Et donc vous comprenez bien que ce qu'on cherche est d'avoir un autre son de cloche au niveau politique et un peu de pérennité quoi.

Et je crois pour revenir ce que vous avez dit tout à l'heure qu'on en est aujourd'hui à neuf ministres ou secrétaires d'état du logement depuis 2017. Oui, quand il y en a. Mais bien sûr.

Quand il y en a. Bon, regardez ce chiffre. Peux compléter une minute alors rapidement.

Oui, rapidement pour pour dire que moi j'ai eu un entretien de 20 minutes euh en en août 21 avec le président de la République parce que je voyais arriver la crise enfin Macron et et je lui expliquais tout ce qu'on vient de se dire. Je dis monsieur le président on va dans le mur. Il dit vous avez vu mes ministres ?

Oui, j'ai vu vos ministres il y en a il y en a eu trois mais quelque part il y a pas de prise de conscience. Et il me dit au bout de l'entretien mais vous n'avez rien compris je vais baisser l'argent qu'on donne au logement. Du coup, ça va provoquer un choc et vous allez voir tous les prix vont baisser.

C'est exactement le contraire qui s'est passé. Raréfaction de l'offre de logement, monté des prix et donc et je pense que le président de la République est sur un contesens depuis le début sur la politique du logement et qu' l'a imprimé au gouvernement successif. Jusqu' on vient de le dire Valérie Lettard qui connaissait bien le sujet.

Regardez ce chiffre. 2,7 millions de ménages en attente d'un logement social, somme à la mi-202 euh face à 2,3 millions de logements vacants. Alors, c'est vrai qu'il y aura un raisonnement un peu simpliste à se dire bah pourquoi on pourrait pas euh hein loger dans les logement, il y a un sujet tout de même là non ou pas ?

Alors pourquoi il y a pas de sujet là ? Ça fait 30 pardon. Non, vas-y dis pas la parole juste après.

Ça fait 30 ans qu'on dit qu'il va falloirner les logements vacants. On a toutes les études qui ont été faites sur le territoire. Quand on va chercher les logements en question, on se rend compte qu'il a une partie qui sont inhabitables, une partie qui sont hors du marché parce que ils sont loin de tout, pas connectés aux zones d'emploi et cetera.

Et puis il y a une partie aussi que le droit de propriété existe toujours en France avec des propriétaires qui veulent pas le le faire occuper ce logement. Donc on arrive ici ou là à sortir une petite dizaine de logements mais avec des coûts de de de dire de prospection important et de remise en étape important. Donc le sujet c'est pas qu'il y ait 2 3,3 millions de logements vacances, c'est dans là-dedans combien il y en a qui sont encore habitables et les 2,7 millions de ménages en attente.

Est-ce que c'est ces logements là qu'il leur faut pas don mais qu'il leur faut pour fonctionner pour pour vivre normalement ? C'est exactement ça. Bon déjà on maintenant on est à 2,9 million de Non non, vous dites il y a pas là il a été dit il n'y a pas de sujet il y a eu un sujet pour les gouvernants sur le sujet il y a eu des taxes de mise en place il y a eu la taxe annuelle sur les logements vacants, la taxe d'habitation sur les logements vacants.

Les taxes elles ont triplé déjà essayé ça n'a pas marché. Ce qu' faut comprendre non sur ces 2,3 millions de logements vacants, je pense que vous avez un vivier autour de 100000 à 200000. C'est ce qui a été analysé à chaque fois et c'est un vé sur lequel beaucoup de communes travaillent.

Mais excusez-moi, il faut des logements là où les populations travaillent. Mais 2,9 millions de ménages aujourd'hui demandeurs, c'est quasiment 1,9 million de ménages qui attendent un un logement social qui n'y sont pas aujourd'hui. Ils sont dans des zones où il y a très peu de logements vacants.

Ça veut pas dire qu'il y a pas des mètres carrés à les chercher. C'est ce qu'on fait quand on va chercher. Là, la en Île-de-France, la reconversion de bureaux en logement, elle s'impose à tout le monde si on est soutenu par les collectivités.

On a des logements vacants, on a des logements aussi des bâtiments publics qui peuvent servir. Mais après, un logement vacant dans une zone où il y a plus de population, à quoi sert-il ? Est-ce que l'idée c'est demander aux populations d'aller là où il y a des logements mais pas là où il y a l'emploi ?

La vraie question c'est plutôt de se demander là où il y a de l'activité économique, de l'emploi, des besoins de population active, est-ce qu'on amène les logements en même temps ? Je prends juste un exemple, le plan industrie 2030, formidable plan. J'en parle en plus devant Marc Philippe qui c'est son territoire.

Nous, ça fait 5 ans qu'on dit on est là en tant que bailleurs sociaux pour accompagner les les gens qui vont aller bosser dans ces endroits-là. Il y a des endroits on parle de 10000 emplois créés. Est-ce qu'on parle de 10000 logements créés ?

Pas du tout, même parfois quelques centaines seulement. Et vous voyez la difficulté c'est comment on arriverait à imposer cette politique qui accompagne l'enjeu économique. Moi, ça fait 3 ans que je dis le plein emploi c'est formidable si seulement on a le plein logement.

Sauf que ça, vous voyez, je n'arrive pas à avoir une discussion politique avec mes interlocuteurs et ça explique en partie la difficulté. Je voudrais finir parce qu'il nous reste 2 minutes très rapidement parce que c'est important. Non non, je voudrais finir sur un autre sujet.

Alors vous répondez mais rapidement he s'il vous plaît. Non, je veux juste dire ça. Le problème du foncier majeur et le circuit administratif et bureaucratique qui sera un circuit direct entre le ministère et le territoire, les communautés d'agglomération et parfois certains départements est essentiel.

Or aujourd'hui, on a des tas de freins à tout ça. Je donne un exemple que que vient de citer Manuel Coss le on va réindustrialiser le DERCO. Moi, j'ai proposé de reconvertir des campus commerciaux, les hypermarchés se rétrécissent pour qu'on puisse créer des des quartiers de logements sociaux. on se heurte à un circuit bureaucratique.

H et et on a et ça veut dire qu'il faut mettre 6 ans pour faire ça. Et ben il faudrait faire une loi qui disent écoutez vu la crise en 3 ans on le fait parce qu'il faut on va avoir 10000 emplois qui arrivent progressivement et on n' pas de quoi les loger. Vous voyez ça sera le mot de la fin.

Merci vraiment. Un grand merci à tous les trois d'avoir euh euh participé à cette émission Debadoc sur ce qui est sans doute le problème majeur des Français aujourd'hui, le logement après le documentaire que nous avons eu euh le plaisir de présenter aussi dans cette émission. Vos réactions, ça sera sur hashtag débadoc.

Vous serez là d'ailleurs hein pour réagir à ce que ce seront ces réactions. À mon avis, elles vont pas manquer sur ce sujet-là aujourd'hui. Merci aussi à féliciter Gavalda, Thba Broset et Cal qui m'ont aidé comme à l'accoutumé à préparer cette émission.

Je vous donne rendez-vous pour un prochain débadoc, ça sera bien sûr avec son documentaire et son débat. À très bientôt.

Pourquoi se loger est-il si problématique ? | Les débats de Débatdoc — Marc-philippe Daubresse · Pourquijevote