L'interview politique intégrale de Nicolas Dupont-Aignan sur RMC
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Pas du tout. Le pape est une autorité spirituelle. Je suis fier qu'il vienne en France, à Marseille. Il lutte contre l'indifférence, il prône la fraternité, c'est bien. Et puis après, il y a les hommes d'État qui sont chargés pour leur peuple de concilier tous les principes. Et je ne voudrais pas qu'on instrumentalise la venue du pape. Il y a tellement de problèmes graves au pays.
Il faut qu'on en fasse un peu, mais pas trop.
Non, ce n'est pas ça. C'est qu'on ne se situe pas sur le même plan. C'est tout. Et moi, vous savez, quand j'entends le pape depuis des années dire qu'il y a une mondialisation de l'indifférence, je m'en réjouis. Quand je vois le pape dire, parce qu'on cite les propos du pape à géométrie variable.
C'est vous qui les citez à géométrie variable.
Non, pas du tout. J'entends à la télévision. Quand le pape dit que les migrants et les réfugiés doivent respecter le pays d'accueil, on n'en parle jamais de ça. Et puis, il y a les papes en général. Quand Jean-Paul II dit que le premier devoir, c'est de pouvoir rester dans son pays, dans sa patrie, dans la dignité, et d'y vivre correctement, ce n'est pas d'émigrer. Donc, vous savez, ce que je vois aujourd'hui, c'est une grande opération de communication, d'instrumentalisation des paroles du pape. Alors, je crois qu'aujourd'hui... Pardon, mais chacun a son pape, quoi.
Quand je vous disais pape ou pas pape, on sent bien, il y a une partie de ce qu'est le pape, et d'ailleurs, vous avez tout de suite précisé, il s'agit d'une autorité spirituelle.
Mais heureusement, ce n'est pas le pape qui gouverne.
Moi aussi, vous choisissez les propos à géométrie variable. Non, ce que je veux dire... Quand ce même pape dit, les 2060 morts de migrants en mer Méditerranée sont une plaie ouverte dans notre humanité, j'offre mes encouragements aux hommes politiques qui cherchent à les guérir dans un esprit de solidarité, solidarité, et il a choisi Lampedusa pour son tout premier voyage de pape.
Eh bien, je vais vous raconter quelque chose. 28 000 morts ou 27 000 morts en 10 ans en Méditerranée. 27 000 morts. Quand on parle d'humanité, est-ce que le fait d'avoir accueilli à Lampedusa, depuis des années, des migrants a réglé le problème ? On a accueilli des millions de réfugiés et de migrants en Europe, qui sont dans des ghettos en Europe. On a privé les pays d'origine de main d'œuvre, de capacités intellectuelles. On a affaibli les pays d'origine. On a troublé les pays d'accueil. Il y a eu 28 000 morts. Si on avait été ferme, comme je l'avais recommandé il y a 10 ans, on n'aurait pas eu 28 000 morts.
Alors, les leçons d'humanité, attention, la vraie humanité, c'eût été d'être ferme, de dire, on sauve les migrants en Méditerranée et on les raccompagne. Il n'y en a pas un qui ira sur le sol européen. Et si on avait fait cela, comme l'Australie l'a fait, l'Australie n'a pas eu 28 000 morts. C'est la faiblesse.
C'est le chantage émotionnel.
C'est le chantage émotionnel. La fausse générosité qui aboutit au désastre migratoire. Alors, moi j'ai un plan très simple parce que les Français attendent d'un homme politique des solutions. Moi je ne suis pas pape. Je ne suis pas là pour les grands principes. Je suis là pour mettre en pratique les principes. Les concilier. Un, on rétablit nos frontières nationales. Parce que chaque pays est responsable de son peuple et de son pays. Deuxièmement, on lutte vraiment contre les mafias. Et avec Frontex, on avait la possibilité de le faire. Le directeur de Frontex qui luttait contre les mafias a été débarqué par la Commission européenne. Et nous avons une Commission européenne immigrationniste.
Madame Van der Leyen, le 15 septembre.
La présente de la Commission européenne.
Il n'y a pas longtemps, le 15 septembre, a dit « Nous avons besoin de migrants ». Tout est fait pour qu'il y ait des migrants en Europe. Économiquement, pour faire baisser les salaires, pour appauvrir les Européens. C'est dramatique.
Vous dites, je suis là, Van der Leyen, qu'elle est immigrationniste.
Mais bien évidemment. Et la commissaire aux affaires intérieures suédoise a cassé Frontex. Il y a des mafias derrière. Il y a des trafics d'êtres humains. C'est une forme de complicité pour vous de l'Europe ? C'est une complicité, oui. Avec les mafias. Avec les mafias, avec le 15 septembre. Pour faire venir de la main d'œuvre bon marché et de l'exploitation humaine. Ce sont des escravagistes. Il n'y a pas que ça. Ce sont des escravagistes. Et troisième point, Pauline de Malherme. Allez-y. Parce qu'on ne peut pas proposer la fermeté comme je le propose. On contrôle les frontières nationales. Lutte contre les mafias. Si par ailleurs, on n'a pas une grande politique de développement en Afrique.
Et reconnaissez au moins une chose. C'est que depuis des années, 10 ans, 15 ans. J'écris dans tous mes livres sur des propositions pour le développement de l'Afrique. Payer les matières premières correctement pour fixer les agriculteurs africains. Aider les pays du Maghreb qui sont dans une crise terrible. Si on ne comprend pas qu'on peut être ferme pour défendre l'identité européenne. Le droit de vivre chez nous. Et en même temps de développer l'Afrique. On va au chaos. Et c'est ce chaos qui est tragique.
Elle commence où l'humanité ? Nicolas Dupont-Aignan, je voudrais que vous écoutiez les propos de Alima. Alima, c'est la maman d'un enfant de 6 mois. Elle est originaire de Côte d'Ivoire. Elle a quitté son pays il y a 2 mois parce que son pays est malade. Il a des problèmes... Son enfant est malade. Il a des problèmes respiratoires. Elle est passée par la Tunisie. Elle est arrivée à Lampedusa. Elle a quitté Lampedusa. Elle est arrivée à 20 000 qui est donc à la frontière entre l'Italie et la France. Et c'est là que Nicolas Ropère, notre reporter d'RMC, l'a rencontré. À Menton, à la frontière, c'est l'enfant qui est malade. La frontière, il s'en fout de la santé de l'enfant.
Un bébé mineur de 6 mois. Je voulais seulement passer par la France pour aller assurer sa santé. Ils disent que non, ils ne veulent pas que les migrants rentrent sur leur territoire. Je suis passée par la Tunisie. Au moment où mon bébé avait 4 mois, nous avons fait 3 jours sur l'eau, sans manger, sans boire. Nous sommes arrivés à Lampedusa. Dites au président Macron, vraiment, il n'a qu'à prendre ses responsabilités. Même si les autres pays européens refusent de prendre les gens, mais la France n'a pas raison de faire ça. Est-ce que la France n'a pas de cœur ?
Non. La France est le pays au monde qui a le plus accueilli, qui soigne gratuitement. Les Français payent, payent, sont accablés d'impôts. Vous voulez supprimer l'aide médicale d'État ? C'est partie de vos propositions. Je veux la transformer.
Vous avez Alima face à vous, vous lui dites quoi ?
Arrêtez ce chantage émotionnel. Non, ce n'est pas un chantage émotionnel, c'est l'humanité. C'est la mort de l'Europe. La mort de l'Europe. Il faut soigner ces personnes. Il faut soigner ce bébé en Côte d'Ivoire. Et il peut être soigné, ce n'est pas vrai. Sinon, vous aurez des flux migratoires considérables qui déstabiliseront l'Europe. On ne pourra plus vivre en Europe. Et donc, le rôle d'un homme politique, ce n'est pas de faire du cinéma. Ça, c'est pour les films de cinéma. Le rôle d'un homme politique, c'est de protéger son pays et d'assurer un avenir à cette femme et à son enfant dans son pays. Vous n'allez pas déménager 2 milliards d'êtres humains.
La population africaine va passer d'1,5 milliard à 2,5 milliards en 30 ans. Vous n'allez pas accueillir 1 milliard d'habitants en Europe. Donc, arrêtez avec cette espèce de fausse générosité qui a abouti à un désastre. Le désastre, il est là. Il est sous les ponts. Venez, Apolline, dans nos banlieues. Venez, porte de la chapelle. Parce que le destin de cette femme, c'est d'être sous un pont, porte de la chapelle. C'est ça, le destin de cette femme ? Nicolas Dupont. Arrêtez avec tout ça. C'est fatigant. C'est injuste. Mais c'est un suicide médiatique. C'est un suicide médiatique. En fait, vous ne voulez pas les voir, vous ne voulez pas savoir ? Au contraire, je les vois davantage que vous.
Parce que moi, je veux qu'on s'occupe d'eux dans leur pays. Parce que ça fait des années qu'au lieu de donner des armes, par exemple en Ukraine, 50 milliards, je préférerais qu'on fasse la barrière verte au Sahel. Pardon ?
Ah, le rapport, donc vous ne voulez pas aider les... Le rapport, il est très simple.
C'est que les Européens se saignent pour alimenter une guerre en Ukraine et ne font rien pour aider le Sahel.
Nicolas Dupont-Aignan, vous êtes en train de nous dire ce matin que vous, au pouvoir, vous n'auriez pas donné...
Ah, je n'aurais pas livré des armes comme ça. J'aurais exigé un plan de paix pour un compromis entre la Russie et l'Ukraine. Parce que la mort de l'Europe, c'est ce conflit.
C'est un compromis équilibré. Un compromis, c'est quoi ? C'est une capitulation ?
Non, pas du tout. C'est un compromis. D'ailleurs, ça finira comme un compromis. La Pologne vient nous demander. Mais bien évidemment, parce qu'il fallait faire une pression, mais arrêter la surenchère. Donc oui, il y a un rapport.
Je vous interroge sur une femme qui attend à la frontière. Oui, il y a un rapport, madame. Et vous me répondez...
C'est qu'on est très mal gouverné.
Ce qu'on donne à l'Ukraine.
C'est que les Français comprennent que les priorités ne sont pas les bonnes, que le défi humain d'humanité, c'est le développement de l'Afrique, c'est la stabilité du Maghreb. C'est ça le défi de l'humanité. Quand je vois la gauche européenne refuser l'aide à la Tunisie... Est-ce que vous auriez... Quand je vois, excusez-moi, la gauche européenne refuser l'aide à la Tunisie, c'est criminel. Parce qu'on a besoin d'aider le président tunisien.
Ah bon ?
Oui.
On a besoin d'aider le président tunisien ?
Oui, qui est un grand président et qui bloque l'immigration. C'est un grand président pour vous, le président tunisien ?
Vous avez écouté ses derniers propos sur la tempête d'Agnel ? Vous avez vu ce qu'il a dit, le président tunisien ? Je ne sais pas ce qu'il a dit sur ce sujet. Je vais vous le dire, moi, ce qu'il a dit, le président tunisien. Le président tunisien, Nicolas Dupont-Aignan, a dit de la tempête d'Agnel, qui a donc ravagé une partie de la Libye, que c'était un signe des sionistes, parce que ça s'appelait Daniel comme le prophète Daniel.
C'est un grand président.
Est-ce que vous diriez toujours que c'est un grand président, Nicolas Dupont-Aignan ?
Pas sur cette déclaration, bien sûr. En attendant, je vous le dis très clairement, si on fait avec la Tunisie ce qu'on a fait avec la Libye, on aura un déferlement migratoire. Personne ne demande à faire ce qu'on a fait avec la Libye. Mais si la gauche européenne refuse des des pays, on s'est fâchés avec le Maroc, on est incapables de mener une belle politique en Afrique, il faut traiter la cause des problèmes, Apolline de Malherbe. Enfin traiter la cause des problèmes.
Nicolas Dupont-Aignan, vous avez dit que vous n'auriez pas livré d'armes et que vous refusez l'argent que l'on dépense dans l'aide à l'Ukraine. Auriez-vous également refusé les femmes et les enfants ukrainiens qui sont arrivés pour fuir la guerre ?
Non, pas du tout. Ils venaient provisoirement et d'ailleurs beaucoup repartent parce que c'était une migration d'urgence. Ne me faites pas passer pour ce que je ne suis pas. Je veux traiter les problèmes à la cause et je veux dire aux Français que notre gouvernement ne traite rien. Les frontières sont ouvertes. Nous avons eu le record migratoire en 2022. 300 000 légaux, 150 000 demandes d'asile. Nous sommes à 500 000. En 5 ans, c'est la ville de Paris, 2 500 000. La France et les Français n'ont pas l'argent pour accueillir dignement ces réfugiés et ces migrants. Il est temps de dire stop. Il est temps de changer de politique.
Il est temps, Apolline de Malherbe, pour trancher, d'avoir un référendum. Pourquoi les Français n'auraient pas le droit de trancher cette question migratoire ? Faisons un référendum.
Vous faites partie de ceux qui demandent à changer la Constitution pour qu'il puisse y avoir un référendum sur ces questions ? C'est un sujet majeur.
Si je suis désavoué par les Français, excusez-moi, si je suis désavoué par les Français et qu'on me dit il faut accueillir 2 millions de personnes et on va se débrouiller, mais les Français le décideront.
Mais Nicolas Dupoignan, vous vous êtes présenté devant les Français ? Vous avez été désavoué par les Français ?
Eh bien, faisons un référendum sur l'immigration et vous verrez le résultat. Et pourquoi Emmanuel Macron ne veut pas le faire ? Parce qu'il serait totalement désavoué. Il est en train de mener le pays à la ruine migratoire. Sans parler de la ruine économique, puisque les deux sont liés.
Gérald Darmanin a annoncé hier matin le renforcement d'un certain nombre de points d'accueil au niveau des frontières, et notamment, probablement, dans la région de 20 000. Est-ce que c'est malgré tout une des solutions ?
Il ne fait rien, puisque les frontières sont ouvertes. Il fait semblant, il gesticule.
Alors, quand on dit point d'accueil, d'ailleurs, il faut bien préciser les choses, ça s'appelle point d'accueil, mais c'est en réalité un guichet pour leur dire qu'ils ne seront pas accueillis.
Non, ce n'est pas vrai, parce qu'en fait, c'est un guichet qui va trier, soi-disant, les réfugiés des migrants. Et comme les demandes d'asile ne sont pas traitées dans des centres fermés, sur les 150 000 demandes d'asile de 2022, vous pouvez vérifier, il y a eu 50 000 acceptées, ce qui est déjà trop, et sur les 100 000 qui n'ont pas été acceptées, 80 % n'ont pas été expulsés. Donc, tous les Français qui vivent dans la réalité savent que la submersion migratoire n'est plus tenable dans un pays qui s'appauvrit. Voilà.
Donc, il faut prendre des mesures, et puis il faut prendre d'autres mesures pour le pouvoir d'achat des Français et des étrangers qui sont en situation régulière, qui, eux, ont respecté les règles d'accueil, et qui, eux aussi, sont au chômage et ont des difficultés sociales.
Alors, Nicolas Dupont-Aignan, le pouvoir d'achat, il y a eu une proposition en début de semaine qui a fait flop, qui était l'idée lancée par Elisabeth Borne de pouvoir vendre le carburant à perte.
Ridicule. Grotesque. Mais grotesque. Enfin, même qu'un Premier ministre ose ça, c'est pathétique. Il y a deux mesures que je propose. Soyons concrets. Il y a la marge de raffinage qui a explosé. Vos confrères du Parisien l'ont expliqué très bien. Multiplié par 5...
La marge des raffineurs. C'est-à-dire, en effet, non pas la question de la distribution du carburant, mais en amont, ce que fait Total.
Multiplié par 5, c'est 20 centimes par litre. Et ça, il faut le bloquer et le rendre offensé. C'est du vol.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire une taxe exceptionnelle sur les raffineurs ?
Une taxe exceptionnelle, mais même un blocage des prix, un blocage des prix. Pas besoin de créer des taxes des usines à gaz, un blocage des prix et taper du poing sur la table. Premier point. On rend 15 centimes. C'est pas mal, 15 centimes. Et puis, ma deuxième mesure que je propose depuis des années, c'est la suppression de la taxe sur la taxe. Vous savez qu'il y a une TVA sur la taxe. Et si on supprime cette TVA sur la taxe, ça coûte 6 milliards au budget. Et ça baisse de 15 centimes. 15 centimes. Plus de 15 centimes, ça fait 30. Et on revient au prix espagnol, au prix portugal, à l'ensemble de l'Europe. Pourquoi les Français ne peuvent plus travailler ?
Pourquoi ils sont écrasés par ce prix de l'essence ? Il faut agir vite. Il faut agir vite. Je remarque que c'est 6 milliards... Ça, ça pourrait se faire tout de suite, quoi. Tout de suite. Demain matin. Et c'est 6 milliards...
On enlève une ligne, en fait, dans ce qui constitue le prix du carburant.
Vous remarquerez, le gouvernement l'a fait, parce qu'il n'avait pas de majorité à l'Assemblée l'automne dernier. Il y a eu cette ristourne. Donc, quand il veut, il peut. Simplement, là, il ne veut pas. Et ce qui me révolte, et qui révolte les Français, c'est que parallèlement, M. le maire, emprunte à taux variable la dette de l'État auprès des banques et des marchés financiers pour leur faire un cadeau de 12 milliards. C'est-à-dire que vous savez qu'il y a 90% de notre dette qui est empruntée à taux fixe. 3%, 4%, ce qui est normal. Et puis, comme par hasard, il y a chaque mois une émission à taux variable indexée sur l'inflation qui est un cadeau financier au bord.
C'est un cadeau à court terme, mais c'est peut-être récupéré à long terme. Ça permet les taux variables aussi que, quand ces taux redescendront, la France puisse renégocier à la baisse.
Sauf que l'inflation est supérieure aux taux fixes. C'est un cadeau au marché financier qui vous a coûté en 2022. Oui, mais on ne prend pas le risque. Vous ne vous emprunterez pas pour votre maison ou votre voiture à taux variable. Je ne sais que personne, il n'y a pas un Français qui m'écoute.
Aujourd'hui, il faut pouvoir renégocier ces taux. Vous vous dites à la France, non ?
Mais on ne fait plus d'émissions. Ça a coûté 12 milliards. Alors, vous comprenez la géométrie variable. D'un côté, on dit aux Français, on ne peut pas. Mais c'est le prix d'essence, ça coûte 6 milliards. Et puis de l'autre, on fait des cadeaux aux banques de 12 milliards. On laisse les sociétés d'autoroutes raqueter les Français. On laisse les pétroliers raqueter les Français avec la marge de raffinage. Moi, je n'aime pas cette société injuste où on a un gouvernement. Ce n'est jamais possible pour les Français les plus pauvres. C'est toujours possible pour les oligarques, si je puis dire. C'est insupportable. Il faut faire quelque chose, Apolline de Malherbe. Ça va péter.
Les Français ne peuvent plus vivre. On peut baisser le prix de l'électricité demain matin. Sortir du marché européen. Réduire par deux la facture. On peut le faire.
Est-ce que vous en êtes à dire, comme Fabien Roussel, qu'à un moment, il va falloir envahir les stations d'essence ? Ça va finir comme ça.
Je ne le souhaite pas parce que je ne suis pas comme ça. Mais ça va finir comme ça. Quand un pouvoir est aussi injuste, méprisant, arrogant, qu'il sert des intérêts d'une classe qui se gave d'argent, au moment où jamais autant le pays n'a été appauvri, où un tiers des Français se privent de nourriture. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas qu'ils ne comprennent pas. Vous voyez ce que je veux dire ? Au-delà des luttes politiques gauche-droite, je ne comprends pas qu'ils ne comprennent pas la souffrance des Français. Ça va péter.
Il y a urgence, il y a le feu, pardonnez-moi, il y a le feu. Ça veut dire, Nicolas Dupont-Aignan, que vous ne condamnez pas vraiment les propos de Fabien Roussel, qui a dit qu'il faudrait aller envahir les stations d'essence, les supermarchés et les préfectures.
Mais qu'est-ce qu'on attend ? Que le pays explose ? Qu'on perde du temps ? Vous savez, moi, j'aime l'histoire. Regardez l'histoire de France. Quand on tire sur la corde, elle pète. Je ne le souhaite pas. J'aimerais qu'on puisse réformer avant, qu'on puisse avoir une justice. Vous savez, le général de Gaulle, je suis gaulliste. J'ai été très choqué de l'humoriste avant, qui m'a fait passer pour l'extrême droite. C'est scandaleux. Parce que même le Conseil d'État a reconnu que je n'étais pas extrême droite et a condamné l'État.
Puisque c'est le Conseil d'État désormais qui dit oui ou non. Écoutez, on va dans la justice. Le Conseil d'État qui a dit, alors c'est des histoires de couleurs, je précise pour ceux qui écoutent, en gros, quelles couleurs on attribue à quelle partie, notamment sur les chaînes de télévision. Il a dit de vous que vous n'étiez pas d'extrême droite. Il a dit du RN, en revanche, qu'il était d'extrême droite.
C'est le rôle.
Moi, j'ai l'impression que vous vous prenez pour argent en compte ce que dit le Conseil d'État. En tout cas, moi, je suis un gaulliste social.
Écoutez, moi, je suis de pauliste social.
Non, mais le RN est d'extrême droite.
Je ne le considère pas d'extrême droite.
Donc, ça vous arrange quand le Conseil d'État, il y a des mots, vous êtes d'accord ?
Moi, je parle pour moi, écoutez, madame. En tout cas, ce que je veux dire, c'est que dès qu'une personne veut remettre de l'ordre en France, veut aider les Français, on le traite d'extrême droite. Alors, vous savez, c'est insupportable. Ce qui est beaucoup plus grave, c'est que moi, je voudrais des solutions. Je dis aux Français aujourd'hui que, contrairement à ce que veut faire croire le gouvernement, il y a des solutions concrètes, immédiates, qui permettraient d'alléger la souffrance des Français, d'apaiser le pays, de réconcilier. Le gaullisme social, j'en étais là tout à l'heure. Le gaullisme social, c'est quoi ?
La grandeur de la France, la force de la France, relocaliser, aider nos entreprises, nos PME, mais la justice, la participation. Aujourd'hui, vous le voyez bien quand même, vous en êtes conscient, Apolline de Malherbe, la société devient tellement inégalitaire, tellement inégalitaire.
Précisément sur cette question d'inégalité, une dernière question sur le SMIC régional. C'est Valérie Pécresse qui propose cette idée. Il y a un écart de pouvoir d'achat entre les différentes régions. Elle dit au fond que le SMIC en Ile-de-France devrait être 9% plus élevé que dans les autres régions, parce que le coût de la vie est 9% plus élevé en Ile-de-France.
Elle a raison sur le fond. Maintenant, après, en termes pratiques, je n'ai pas assez étudié concrètement, et moi quand je ne sais pas, je le dis, comment ça peut se former. Ça n'a pas été facile, donc il faut étudier la question. Mais en vérité, au-delà du SMIC, c'est le problème des salaires en France qui sont trop bas. Pendant la présidentielle, j'avais proposé d'augmenter 10% en réduisant les charges salariales pour ne pas peser sur le chef d'entreprise. Je crois que l'enjeu aujourd'hui, c'est de récompenser le travail en baissant les dépenses, les gaspillages.
Nicolas Dupont-Aignan, ces manifestations contre les violences policières, demain il y en a 80 qui sont prévues partout en France. Est-ce qu'il faut qu'il y ait une liberté de manifester, et que tout le monde puisse aller manifester, y compris sur ces questions-là ? Ou est-ce que vous estimez que ces manifestations devraient être interdites ?
Écoutez, moi je ne suis contre l'interdiction des manifestations, nous sommes en un pays de droit. En revanche, je suis très choqué par ces manifestations, et les Français jugeront. Je suis révolté que le syndicat de la magistrature, qui est censé juger, est au-dessus du peuple, aille manifester. C'est indécent.
Ce n'est pas son lieu, ce n'est pas son rôle.
Mais c'est indigne. C'est indigne. Après, je crois que ce serait tombé dans un piège que d'interdire des manifestations. Elle doit se dérouler dans le respect des lois. En tout cas, moi j'apporte tout mon soutien à la police qui fait un métier difficile, et à la gendarmerie. Voilà, après nous sommes dans un pays de liberté. Et les Français ne sont pas dupes.
Et vous respectez donc cette liberté de manifester. Nicolas Dupont-Aignan, merci d'être venu dans ce studio. Je rappelle que vous êtes le président de Debout la France et député de l'Essonne. Il est 8h52 sur RMC BFMTV.
Nicolas Dupont-Aignan