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interviewLCI — L'invité d'Adrien Gindre· 3 avril 2025 6 min

L'invité Politique du jeudi 3 avril 2025 : Jérôme Guedj

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Il est 7h19, je rejoins notre invité ce matin qui est un homme de gauche, un homme dans la voix comptant au Parti Socialiste qui a souvent combattu le RN dans les mots, avec parfois des mots assez durs. On va lui demander ce qu'il pense de ce qui se passe en ce moment. Bonjour Jérôme Guel. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes député socialiste de l'Essonne. Il y aura une manifestation en fin de semaine de soutien à Marine Le Pen, organisée par le Rassemblement National. Ce sera à côté des Invalides à Paris et sur le tract il y a marqué « Sauvons la démocratie ». Comment vous réagissez à cela ?

0:28
Jérôme Guedj

Que tout ça participe d'une gigantesque opération d'enfumage. C'est assez classique et il faudrait que les Français aient la lucidité de ne pas tomber dans le panneau. De quoi s'agit-il ? Normalement quand il y a une condamnation, on s'intéresse au motif de la condamnation, on s'intéresse à l'agresseur. Quand il y a un cambriolage, quand il y a un viol, quand il y a un braquage dans une banque, quand il y a du trafic de drogue et qu'il y a quelqu'un qui est condamné, on regarde la raison pour laquelle il a été condamné.

Et là, le tour de passe-passe consiste, s'agissant de Marine Le Pen, à ne pas se poser la question de pourquoi elle a été condamnée, mais de dire qu'il y a un problème avec la justice. Voilà, ça s'appelle mettre le regard sur autre chose que ce qui a été examiné par la justice depuis plus de dix ans et qui est un détournement de fonds publics de 4 millions d'euros avec, contrairement à ce qui est dit, non pas de l'enrichissement personnel, en effet, moi je n'ai jamais dit qu'il y avait de l'enrichissement personnel, c'est-à-dire de l'argent qui arrive directement dans les poches des intéressés, mais un enrichissement partisan évident.

1:26
Présentateur

La présidente de la Cour a dit qu'il y a eu des emplois créés au Rassemblement National qui n'auraient pas pu être créés sans...

1:31
Jérôme Guedj

Évidemment, c'est un enrichissement partisan, et puis je mets de côté, même si c'est quand même assez gros, le majordome de Jean-Marie Le Pen et autres bénéfices directs.

1:41
Présentateur

Je rappelle l'évidence, Mme Le Pen est à nouveau présumée innocente, puisqu'elle a un arrêt de l'appel et elle sera jugée... C'est bien la preuve que la justice fonctionne, il y a un recours qui s'applique. Au-delà de la position du Rassemblement National, Jérôme Gatch, beaucoup de voix, et pas uniquement d'extrême droite, ont condamné ou se sont interrogés, même le Premier ministre, sur le prononcé de ce verdict avec l'exécution provisoire.

2:01
Jérôme Guedj

Mais vous voyez, et c'est pour ça que je leur en veux, j'en veux au trouble de François Bayrou,

2:05
Présentateur

franchement, qui est une fois de plus... Je ressens un trouble à la lecture...

2:08
Jérôme Guedj

Oui, mais une fois de plus, c'est une sortie de route du Premier ministre. Il participe au bon fonctionnement des institutions. Et donc, au moment où il y a une peine de cette nature, après un travail méthodique, moi j'ai lu, pas la totalité, mais quelques-uns des passages des 152 pages de motivation du jugement, la justice, elle a fait son boulot. Et donc, à ce moment-là, faire un oui-mais, ça veut dire jeter la suspicion sur ce travail-là, et donc sur l'État de droit, et c'est donner le point à la rhétorique, à l'argumentaire du Rassemblement National, qui va faire de la surenchère.

2:42
Présentateur

Est-ce que ça signifie que votre voix et celle des autres élus de gauche sera contre la proposition de loi portée par Eric Ciotti début juin de supprimer cette exécution provisoire ?

2:51
Jérôme Guedj

Mais évidemment, mais évidemment... Il n'y aura pas de défection à gauche ? Non, mais je vais vous dire, ça dépend de qui vous parlez, en tout cas chez les socialistes, il n'y aura pas de défection. Qu'à tout moment, on puisse débattre de la pertinence d'une loi. Mais lancer ce sujet sur un cas personnel, vous imaginez si après la condamnation d'un malfrat, on se disait, on va peut-être changer la loi, parce qu'elle est trop laxiste ou qu'elle est trop sévère, peu importe. Ça veut dire qu'on personnalise, et en plus, avec la possibilité d'un effet rétroactif, s'agissant d'une atténuation de peine, on marche sur la tête.

On parle du parti politique qui a prospéré sur la dénonciation de la corruption, le tous pourris, les mains propres, etc. Bon, ben pardon, ils se sont pris les mains dans la confiture, dure à l'ex, c'est de l'ex, et ça doit se respecter parce que, et je reviens sur la manifestation, pour que les choses soient claires. Moi, j'ai aucun problème à ce que des gens manifestent, je suis trop attaché à l'état de droit pour remettre en question une liberté aussi fondamentale. Mais il faut quand même faire attention. Si la manifestation, c'est exprimer le soutien à Marine Le Pen, écoutez, c'est le droit de manifestation, il n'y a pas de difficulté.

Mais si on en arrive à mettre en cause les magistrats comme ça a été fait, si on en arrive à mettre en cause l'état de droit, voilà, je ne veux pas faire d'extrapolation, mais si cette manif, Plas-Vauban, ça se transforme en une marche sur le Capitole à la Donald Trump,

4:07
Présentateur

alors là, il faut faire attention. Il y a un mort à la clé.

4:09
Jérôme Guedj

Oui, non, mais ce que je veux dire, c'est cet état d'esprit qui consiste à dire, M. Gatti, de la cohérence en politique.

4:16
Présentateur

Vous dites à l'instant, nouvelle sortie de route de François Bayron. Votre parti condamne son comportement face au conclave sur les retraites. Pourtant, l'EPS, dont la voie porte pour maintenir ce gouvernement en place, refuse de le censurer, malgré certains de vos électeurs qui ne comprennent pas ce comportement. Vous maintenez donc votre confiance, entre guillemets, au gouvernement de François Bayron.

4:36
Jérôme Guedj

J'ai parlé de sortie de route parce qu'il n'est pas très aidant, il n'est pas très cohérent sur des moments importants, dans des expressions qui sont, allez, comment disons, maladroites. S'agissant de la question des retraites, nous avons obtenu le fait que le sujet soit remis sur la table. C'était un des éléments de la négociation.

4:55
Présentateur

Il n'y a plus personne dans ce cas.

4:55
Jérôme Guedj

Je n'ai pas la négociation. Vous avez tort. Aussi longtemps qu'il y a des partenaires sociaux qui discutent, la CFDT, le MEDEF, la CFTC.

5:05
Présentateur

Il n'y a plus les pays de patrons, les TPE, les PME.

5:08
Jérôme Guedj

Aussi longtemps qu'il y a des gens qui discutent de la réforme des retraites. Et moi, je continue à penser qu'il faut, non seulement sur la question de la pénibilité, non seulement sur la question des retraites des femmes, qui sont très problématiques, mais évidemment sur cette mesure d'âge, qui a cristallisé à juste titre les oppositions.

5:26
Présentateur

Vous êtes sur les visions, il ne faut pas ajouter du trouble au trouble, il faut maintenir le gouvernement de François Bayron.

5:30
Jérôme Guedj

Je ne cherche pas à le maintenir pour le maintenir. Il y a un engagement qui a été pris, il y a une négociation, une concertation, conclave, je n'aime pas le terme, et quand il y aura des conclusions, positives ou négatives, elles doivent revenir devant le Parlement. À ce moment-là, on regardera quel est le sort du gouvernement de François Bayron. Merci Jean-Marc Gagin. Merci à vous.