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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 2 janvier 2025 19 min

Participation de LR au gouvernement : "Il y a une bonne volonté de principe" mais "sans tout cautionner", défend Geoffroy Didier

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Geoffroy Didier. L'attaque terroriste semble-t-il à la Nouvelle-Orléans, évidemment, et la sidération ce matin, 15 morts, au moins une trentaine de blessés. Est-ce que c'est un rappel, j'allais dire, qu'il faut toujours être en alerte, y compris d'ailleurs chez nous en France, malgré toutes les lois et toutes les mesures antiterroristes ?

0:26
Geoffroy Didier

Bien sûr. D'abord, cette terrible attaque exige de nous la solidarité totale à l'égard du peuple américain. Et puis elle rappelle effectivement que la menace terroriste est prégnante avec des profils, puisque le profil présumé du terroriste est celui d'un vétéran de l'armée américaine, des profils qui paraissent insoupçonnables et qui rendent la menace encore plus indétectable et donc difficile à juguler. Donc oui, une solidarité, oui, une vigilance permanente et une détermination totale. Vous craignez qu'on ait ce type de profil en France aussi ?

Je ne suis pas là pour craindre, je suis là pour prévenir, pour appeler à la vigilance citoyenne, pour exprimer mon soutien à l'égard de tous les services de renseignement, des forces de police et de gendarmerie qui en France ont été mobilisées, notamment la nuit du 31 décembre. Et oui, la menace terroriste existe, nous le savons, le peuple français en a conscience, mais cela exige beaucoup de travail, beaucoup de détermination. Et encore une fois, avec des profils qui démontrent que la menace peut être intérieure et qu'elle est donc très difficile à détecter.

1:33
Présentateur

Alors Geoffroy, Didier, certains pointent des défaillances, comme d'ailleurs lors de l'attaque sur le marché de Noël de Magdebourg en Allemagne, c'était avant Noël, l'accès trop facile à des rues piétonnes, peu ou pas de plots, manque de blocs en béton. Est-ce que ça pourrait, ce type d'attaque, ce type d'attaque à voiture bidée, pourrait se produire aujourd'hui en France ? Ou est-ce qu'en France, on a mis les moyens pour sécuriser ces lieux d'accès à la foule, au grand public ? Je vais être honnête, c'est difficile de répondre à cette question.

2:01
Geoffroy Didier

Il n'y a pas de sécurité absolue. Il n'y a pas d'insécurité zéro. Et les Français le savent. En revanche, tous les moyens, tous les moyens doivent être mis à disposition pour sécuriser et protéger au mieux nos concitoyens. Ça veut dire qu'effectivement, dans les rues piétonnes, il peut y avoir de la sécurisation, notamment au moment des fêtes, au moment des marchés de Noël. Mais chacun sait qu'on peut aussi parfois emprunter des rues piétonnes en France qui ne sont pas ultra sécurisées. D'abord parce que nous ne pouvons pas vivre en permanence dans la crainte. Et deuxièmement, on ne peut pas tout sécuriser. Et malheureusement, la menace terroriste peut s'infiltrer partout. Oui, bien sûr.

Après ce qui s'est passé notamment à Nice, par exemple. Bien entendu. Il n'y a plus de trou dans la raquette, selon vous ? Si, mais... Vous savez, c'est très difficile. J'avance avec beaucoup d'humilité là-dessus parce que je fais confiance aux services de renseignement. Je fais confiance, comme je l'ai dit, à la police, à la gendarmerie, qui sont aux préfectures, qui sont ultra mobilisées en permanence. Et qui savent très bien que la menace terroriste islamiste perdure en France. Mais on sait aussi, tout peut malheureusement arriver. Tout. Et on ne vivra jamais dans la sécurité absolue. Donc avançons avec détermination, mais aussi avec humilité.

3:20
Présentateur

Je voudrais qu'on parle sans transition des voeux d'Emmanuel Macron à adresser mardi soir aux Français. Mais avec cette volonté, ce souhait d'Emmanuel Macron de consulter les citoyens, les Français, vous êtes favorable, vous, à la tenue de référendum, de convention citoyenne ? Pourquoi pas ? Plutôt référendum ou convention citoyenne ?

3:39
Geoffroy Didier

Plutôt référendum que convention citoyenne parce que les conventions citoyennes ont démontré leur relative inefficacité à ce stade.

3:45
Présentateur

Sur la fin de vie, on ne peut pas dire ça. Le texte issu de la convention citoyenne, c'est quasiment ce qui a été repris.

3:51
Geoffroy Didier

Si vous me demandez si c'est sain de consulter le peuple, je vous dirais évidemment sur le principe, oui. Mais vous avez compris exactement ce que voulait le président Macron ? Moi, je n'ai pas compris. Pour l'instant, c'est particulièrement elliptique. Sans doute était-ce fait exprès d'ailleurs pour qu'on en parle, qu'on parle de lui, pour le remettre au centre du jeu de la vie politique. Pour le coup, ça a fonctionné parce qu'on parle de lui depuis mardi. Exactement. Et ça marche. C'est ça le pire.

4:18
Locuteur

Mais...

4:19
Geoffroy Didier

Mais vous n'y croyez pas, c'est ça que ça veut dire ? Sur quoi ? De quoi parle-t-on ? De quel sujet structurant ? De quel défi de société ?

4:26
Présentateur

Eh bien, par exemple, allez-y, qu'est-ce que vous... Attendez, je suis le président de la République.

4:30
Geoffroy Didier

C'est le président de la République qui est l'initiative de référendum. Vous êtes le général délégué des Républicains.

4:34
Présentateur

Un exemple, est-ce que sur l'immigration, un référendum serait intéressant, par exemple, sur l'immigration ? Ou par exemple, ce que propose la gauche sur la réforme des retraites ? J'imagine que vous n'êtes pas favorable à ça. Mais il y a des sujets.

4:43
Geoffroy Didier

Vous savez, sur la réforme des retraites, ce n'est pas une question de conviction. C'est une donnée démographique. Aujourd'hui, il y a un Français sur quatre qui a 60 ans et plus. En 2025, c'est-à-dire demain, il y aura un Français sur trois qui aura 60 ans et plus. Donc, ce n'est pas idéologique de vous dire que, de toute façon, nous n'aurons pas d'autre choix que de travailler plus dans la vie, dans la semaine, sans doute différemment. Mais que si nous voulons sauver, je le sais bien, mais par idéologie. Moi, je vous le dis par esprit de lucidité. Mais ce n'est pas interdit d'avoir de l'idéologie dans la vie politique ?

Non, mais ce n'est pas interdit de regarder les faits non plus et de voir les évolutions démographiques.

5:19
Présentateur

C'est-à-dire qu'il faut que les entreprises, peut-être, payent davantage. On peut être d'accord.

5:24
Geoffroy Didier

Mais il n'est pas non plus interdit d'observer que, si nous voulons sauver le régime de répartition, auquel tant de Français sont attachés, nous n'aurons pas d'autre choix, et ça, c'est démographique, que de travailler davantage.

5:34
Présentateur

Mais sur les sujets, revenons-y, parce que vous avez dit l'immigration, pour demander quoi, par exemple ?

5:41
Geoffroy Didier

Mais par exemple, pour demander la mise en place des quotas migratoires, qui nous permettraient de choisir chaque année, souverainement, librement, démocratiquement, au sein de l'Assemblée nationale, le nombre d'étrangers que nous pouvons accueillir sur le territoire.

5:53
Présentateur

Donc la question que vous poseriez aux Français, c'est oui ou non pour les quotas ?

5:58
Geoffroy Didier

Cette question, elle mérite d'être posée, et nous n'avons de cesse de la demander, c'est-à-dire de demander cette réforme, et nous savons que cette réforme exige une réforme constitutionnelle, donc pourquoi pas le faire via un référendum ? Mais là aussi, nous ne sommes pas pour l'immigration zéro, nous ne sommes pas obsédés par l'immigration. Nous constatons juste que pour poursuivre la cohésion de la société, là aussi, nous n'aurions pas d'autre choix que de maîtriser l'immigration et de la choisir. Vous voyez, ce n'est pas indécent, tous les pays du monde le font. Pourquoi nous ne le ferions-nous pas ?

Pourquoi serions-nous la seule exception au monde qui consisterait à se laisser envahir ou submerger parfois par une immigration qui, en tout cas, n'est pas maîtrisée, qui n'est pas contrôlée ?

6:41
Présentateur

Regardez évidemment ce qui se passe à Mayotte. Il y a un autre sujet qui pourrait être soumis à un référendum, ça pourrait être intéressant, c'est la proportionnelle. Est-ce que vous y êtes favorable ? Vous avez rencontré, vous, un Français qui vous dit

6:52
Geoffroy Didier

« Ma priorité absolue, ce n'est pas le pouvoir d'achat, ce n'est pas l'insécurité, ce n'est pas ma fin de mois ou le maintien des services publics, c'est la proportionnelle ? »

7:02
Présentateur

Non, mais j'ai rencontré des Français qui ne veulent plus forcément aller voter parce qu'ils ne se sentent pas représentés.

7:06
Geoffroy Didier

Mais il me semble quand même que l'Assemblée nationale telle qu'elle est composée aujourd'hui représente une grande partie des Français, en tout cas de ceux qui sont allés voter. Est-ce que vous croyez vraiment que le scrutin proportionnel et non majoritaire, qui serait donc à la main des partis politiques, avec des scrutins de liste, qui éloignerait donc les élus des préoccupations locales,

7:31
Présentateur

œuvrerait à raviver la démocratie ? Ça peut se faire par département, donc à ce moment-là, on garde des élus qui sont relativement locaux puisqu'ils sont des élus départementaux.

7:39
Geoffroy Didier

Vous faites bien de dire relativement, parce que dès qu'on a un scrutin de liste, vous savez très bien que ça éloigne les élus du peuple.

7:43
Présentateur

Mais attendez, Geoffrey Didier, je ne suis pas sûr de bien comprendre pourquoi vous êtes tant défavorable à droite à la mise en place de la proportionnelle ? Parce que d'autres partis ne disent pas ça. Au RN, ils souhaitent la mise en place de cette proportionnelle, par exemple.

7:55
Geoffroy Didier

Je ne vous dis pas que je suis défavorable à toute évolution d'un scrutin majoritaire ou proportionnel. Peut-il y avoir d'ailleurs une dose de proportionnelle ? Je vous dis juste que nous sommes face à des urgences nationales. Nous n'avons pas de budget alors que nous sommes début janvier. Nous avons un gouvernement depuis le 23 décembre. On se pose tous honnêtement la question de savoir combien de temps il va pouvoir durer. Il y a eu 20% d'augmentation des faillites des entreprises dans notre pays. Il y a 90% des immigrés clandestins qui ne sont pas reconduits dans leur pays. Il y a 1000 agressions par jour. Et nous subissons une dette de plus de 3 000 milliards d'euros.

Et vous croyez, moi, que ce matin, 3 janvier ou 2 janvier, je vais vous dire que ma priorité, le référendum sur lequel il faut absolument interroger les Français sur la proportionnelle, ne comptez pas sur moi.

8:43
Présentateur

C'est un petit peu de la posture parce que le sujet institutionnel est quand même un sujet important. Aujourd'hui, on sait aussi qu'il y a une incapacité des partis à se mettre d'accord, précisément parce qu'il y a ce scrutin qui n'est pas un scrutin proportionnel et donc qui n'incite pas à faire des compromis parce que c'est le gagnant, notamment de la présidentielle, emporte les législatives, donc à la majorité. Avec un scrutin proportionnel, peut-être que d'autres partis auraient été contraints de travailler, par exemple, avec le gouvernement de François Bayrou, autre que le Modem, LR, Horizon et Renaissance.

9:16
Geoffroy Didier

Ça, c'est vous qui le dites. Moi, l'esprit de compromis, c'est une question de comportement. C'est un état d'esprit. Nous, au sein des Républicains, nous avons clairement dit...

9:25
Présentateur

La proportionnelle ne facilite pas le compromis.

9:27
Geoffroy Didier

Non, je crois que c'est la sagesse. Il y a quasiment tous les pays d'Europe qui sont à la proportionnelle. Oui, mais encore une fois, je vous ai dit que je n'étais pas contre une dose de proportionnelle. Je vous dis juste que selon moi, ce n'est pas la priorité absolue de ceux qui nous écoutent et de ceux qui nous regardent ce matin. Je vous dis aussi que l'esprit de compromis, celui qui anime les Républicains, la volonté d'une stabilité institutionnelle, le fait de refuser la censure, précisément pour donner une chance à ce gouvernement, même s'ils ne sont pas toujours forcément d'accord avec la composition de ce gouvernement.

Ça, c'est un esprit de responsabilité qui nous anime et que l'on ait été élu par un scrutin majoritaire ou par un scrutin proportionnel. La politique, c'est de plus en plus une affaire de comportement.

10:11
Présentateur

– Geoffrey, avant qu'on parle de la droite, votre parti, les Républicains, juste un petit mot sur le mea culpa d'Emmanuel Macron vis-à-vis de la dissolution. Vous le croyez sincère, le chef de l'État, ou est-ce qu'il essaie de se refaire une virginité vis-à-vis des Français ? Comment vous voyez les choses ? – Je présume sa sincérité.

10:31
Geoffroy Didier

Et je reconnais qu'il y avait une sorte d'humilité et de lucidité dans ses vœux. – Il fallait le faire, ce mea culpa ? Il fallait le faire ? – Écoutez, là non plus, ce n'est plus le sujet. Ça, c'était le sujet de 2024. Il a juste reconnu ce que chacun a considéré comme un caprice ou un calcul, c'est-à-dire cette dissolution qui n'avait ni queue ni tête. Chacun le savait. Lui-même a mis plus de temps que l'ensemble des Français à le reconnaître. Il l'a reconnu non tact.

10:57
Présentateur

– Et vous dites que c'était le sujet de l'année 2024. Est-ce que le sujet de l'année 2025 ne risque pas d'être une nouvelle dissolution ? Est-ce que vous, vous y seriez favorable en cas de blocage ?

11:06
Geoffroy Didier

– Ce ne serait pas la même chose. Ce ne serait pas une dissolution choisie par le Président, ce serait une dissolution contrainte par le fait que nous disposons d'une majorité introuvable et que nous n'aurions pas d'autre choix que de clarifier la situation politique pour essayer d'avancer davantage.

11:19
Présentateur

– Est-ce que ça changerait quelque chose fondamentalement ?

11:22
Geoffroy Didier

– Nous verrons bien. – Je sais que vous n'êtes peut-être pas devin, mais bon… – Non mais si le gouvernement arrive à réformer le pays et à avancer malgré toutes les difficultés qui existent à l'Assemblée nationale, sans doute n'y aura-t-il pas besoin de dissolution et peut-être pourrions-nous avancer ainsi jusqu'à 2027. – Vous souhaitez la réussite de ce gouvernement ? – Je vous avoue, j'ai du mal à le croire.

11:40
Présentateur

– Vous souhaitez la réussite de François Bayrou et de ce gouvernement ?

11:41
Geoffroy Didier

– Je souhaite la réussite de la France. Donc je souhaite par définition la réussite d'un gouvernement à partir du moment où ils ne partagent pas les valeurs de la France insoumise, ce qui est évidemment le cas du gouvernement Bayrou. – Et du RN. – Et du Rassemblement national, bien sûr.

11:54
Présentateur

Le 830 France Info, Antoine Comte, Adrien Bec. – Geoffroy Didier, vous êtes toujours avec nous dans le 830 France Info. Vous voudrez parler de la droite désormais avec vous. En fait, on a un peu du mal à comprendre la stratégie politique de votre parti. Vous allez nous décrypter tout ça. D'un côté, on a Laurent Wauquiez, le patron des députés LR à l'Assemblée nationale qui souhaitent en fait mettre en place une forme de soutien sans participation, comme on dit dans le jargon. Et de l'autre côté, il y a des ministres LR qui sont au sein du gouvernement, comme Bruno Rotaillot, François Nuel Buffet et d'autres.

Expliquez-nous, si les 47 députés LR font réellement du texte par texte, les ministres LR, membres du gouvernement, vont devoir le quitter, ce gouvernement ?

12:37
Geoffroy Didier

– Depuis le début, nous avions dit que nous ne censurerions pas le gouvernement de François Bayrou par esprit de responsabilité parce que nous sommes attachés plus que tout à la stabilité institutionnelle. Après, l'objectif, c'est d'éviter de faire perdre du temps à la France dans les prochains mois. – Ce n'est pas de même nature de ne pas censurer et de participer à un gouvernement. – Exactement. Nous avons accepté, mais je vous donne l'étape de nos réflexions. La seconde étape, c'est la question de la participation. Nous avons accepté le fait que certains de nos collègues, les Républicains, intègrent le gouvernement, mais nous avons un esprit de responsabilité.

Nous avons la volonté de ne pas censurer. Nous avons la volonté que ce gouvernement réussisse. Donc, il y a une bonne volonté de principe de la part des Républicains. Mais tout cela exige de ne pas non plus tout cautionner. Nous n'allons pas non plus renier nos convictions si, par exemple, le gouvernement de François Bayrou d'essayer de suspendre, voire d'abroger la réforme des Républicains.

13:37
Présentateur

– Mais il se passe quoi ? – Ça veut dire quoi ? – Ça n'est pas forcément l'hypothèse la plus probable, mais s'il devait arriver un désaccord, vos ministres démissionnent.

13:45
Geoffroy Didier

– Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que nous allons, de manière pragmatique, observer texte par texte et voir si chacun de ces textes nous permet de ne pas renier nos convictions, voire de les faire avancer. – Mais attendez, je ne crois pas du tout. – Lorsque ce sera conforme à ce que nous avons...

14:03
Présentateur

– Pour les Français, on nous écoute, ce n'est pas clair, même ce que vous dites. – Si, bien sûr. – Non, parce que si un texte est rejeté par la droite, par les LR, par vos députés, comment Bruno Retailleau pourrait rester ministre de l'Intérieur ? La question, elle est aussi simple que ça. – Ce sera son choix personnel.

14:17
Geoffroy Didier

Et deuxièmement, ça dépendra sur quoi le texte porte. Et troisièmement, moi j'appelle la droite à ne pas oublier et à ne pas renier ses convictions, notamment les ministres qui ont intégré le gouvernement. Si effectivement, c'est participer à un gouvernement qui renierait... – Attendez, je l'ai au bout de ma démonstration – qui renierait l'un des éléments structurants de nos convictions et de notre réflexion, là ce sera difficile pour les LR de rester au gouvernement. – Mais est-ce que c'est pas... – Pardon ?

– Si en revanche, ce gouvernement nous permet de faire avancer les idées de droite, je pense évidemment à Bruno Retailleau, je pense à Annie Gennevard, je pense à Philippe Tabarro sur les transports, et de faire avancer nos convictions, saisissons cette chance que François Bayrou nous a.

14:57
Présentateur

– Sans aller jusqu'à la caricature de la réforme des retraites abrogée, qui est sans doute peu probable que François Bayrou choisisse cette option. C'est quoi les textes où vous dites, là, on s'en va ? – Mais non, moi j'avance autrement. – Ou est-ce que c'est l'inverse ? – J'avance avec un principe... – Il faut une loi sur l'immigration, sinon on s'en va.

15:13
Geoffroy Didier

– J'avance avec un principe de confiance. J'avance avec une bonne volonté. Et l'esprit de responsabilité commande de nous de ne pas censurer et de démontrer une bonne volonté, notamment en intégrant le gouvernement. Mais le souci de cohérence exige de nous aussi de ne pas tout cautionner, notamment ce qui serait l'inverse de nos convictions. Moi je souhaite qu'il y ait une loi sur l'immigration. – Oui.

15:36
Présentateur

– Et s'il n'y en a pas ?

15:37
Geoffroy Didier

– Mais c'est à Bruno Retailleau de choisir. Mais nous avons toujours demandé une loi sur l'immigration. Nous avons combattu cette loi sur l'immigration. Pour cette loi sur l'immigration, nous avons demandé à ce qu'il y ait une reconnaissance du délit de séjour irrégulier, à ce qu'on augmente le délai de rétention en CRA, c'est-à-dire en rétention dans les centres de rétention administrative. Nous avons demandé la restriction du regroupement familial. Nous avons demandé de restreindre les conditions de l'aide médicale d'État pour éviter les abus. Ça, ça exige une loi.

Moi je suis personnellement favorable à une loi sur l'immigration par cohérence avec ce que nous avons toujours demandé et surtout par cohérence avec ce qu'à mon avis la majorité des Français attendent. Si jamais nous devions y renoncer,

16:21
Présentateur

ce serait un problème politique, avouons-le. – Je vais vous poser la question différemment et puis après on va avancer. Si Bruno Retailleau n'arrive pas à imposer cette loi d'immigration que souhaite la droite, visiblement majoritairement, est-ce qu'il doit quitter le parti LR, lui qui souhaite rester au gouvernement visiblement ?

16:36
Geoffroy Didier

– Oui, moi je soutiens l'action de Bruno Retailleau. Mais ce que je souhaite vous dire, c'est que le fait d'avoir Bruno Retailleau au Place Beauvau est une chance et que nous devons donc la saisir, non pas pour le plaisir d'avoir Bruno Retailleau au Place Beauvau, mais pour en faire quelque chose au service des Français. Et ce quelque chose-là, c'est une loi sur l'immigration, c'est une très grande détermination à mieux protéger nos concitoyens, comme nous le disions par exemple face à la menace terroriste islamiste, et tout cela doit être mis en œuvre. Si nous n'avons pas les moyens de mettre en œuvre ce que nous souhaitons, nous serons obligés d'en tirer des enseignements.

C'est pour ça que je vous dis que la méthode de travail édictée par Laurent Wauquiez me semble la bonne, c'est-à-dire nous allons travailler, mais aussi observer texte par texte, et voir ce que le gouvernement propose, et ce que nous parvenons aussi à obtenir à l'Assemblée nationale.

17:28
Présentateur

– Je crois Didier, on parlait d'immigration à l'instant, et je voudrais qu'on parle de Mayotte, avec ses annonces de François Bayrou, où il souhaite interdire totalement la construction, en tout cas les bidonvilles dans l'archipel. Est-ce que c'est une bonne mesure, et comment est-il possible d'interdire tous les bidonvilles à Mayotte ? – Je voudrais d'abord vous dire qu'il n'y a aucune ambiguïté,

17:48
Geoffroy Didier

et qu'on doit sauver les habitants de Mayotte, qui sont pour une majorité des Français, des concitoyens, quelle que soit leur situation administrative. et on doit sauver aussi ceux qui sont étrangers, et qui étaient à Mayotte au moment du cycle de Chido. Donc d'abord, on sauve les Maorais et les personnes qui étaient à Mayotte ce jour-là. Deuxièmement, on doit aussi reconnaître, et il faut tirer les enseignements de ce qui s'est passé, que les premières victimes étaient là parce qu'il y avait de la précarité, parce qu'elles n'étaient pas protégées. Et 8% seulement des Maorais sont assurés. Donc oui, ça veut dire qu'il va falloir en tirer des enseignements en matière migratoire.

18:32
Présentateur

– Est-ce qu'il va plutôt bien gérer ce moment et que les réponses qu'il a formulées satisfont les nécessités du moment à Mayotte ?

18:41
Geoffroy Didier

– Les réponses, ce ne sont pas les mots, et les mots étaient là. Les réponses, ce seront les actions, les moyens qui seront mis en œuvre, la rapidité avec laquelle tout sera mis en place. Et c'est ça qu'attendent les Maorais. Vous avez vu d'ailleurs ce que disent ces professeurs Maorais qui ont interpellé Elisabeth Borne. Ils disent des mots, des discours, on en a eu. Maintenant, on veut les actes.

19:01
Présentateur

– Merci à vous. Merci Geoffroy Didier, secrétaire général délégué des Républicains, président délégué de la région Île-de-France. Meilleur vœu à vous, il est encore temps. Merci d'avoir été avec nous sur France Info et merci à vous Antoine Comte. – Sous-titrage ST' 501 –

19:22
Locuteur

– Sous-titrage ST' 501 –