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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 1 avril 2026 24 min

Municipales : Fabien Roussel reproche à LFI de faire du "communautarisme" et de contribuer à "fracturer la France"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. Dans le grand entretien ce matin, nous recevons donc le secrétaire national du Parti communiste français. Vos questions et réactions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio France. Bonjour Fabien Roussel.

0:20
Fabien Roussel

Bonjour à vous, bonjour à vos auditeurs et vos entreprises.

0:22
Présentateur

Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter pour votre première interview dans les médias depuis à peu près trois mois. Vous avez été particulièrement discret dans le débat public national en campagne à Saint-Amand-les-Eaux. Vous avez été réélu dès le premier tour, réélu maire. On va donc évidemment vous demander quelles leçons vous tirez de ces municipales. Comment vous vous projetez vers 2027 ? Mais d'abord, Fabien Roussel, dans le quotidien des Français, il y a le prix des carburants. 2,20 euros le litre de gasoil en moyenne, c'est 30% de plus qu'il y a un mois. Un record depuis 1985.

Le gouvernement a annoncé des aides ciblées pour aider les secteurs de l'agriculture, de la pêche et du transport. Est-ce que c'est suffisant ?

1:04
Fabien Roussel

Non, ce n'est pas suffisant. Et je voudrais exprimer ici les énormes inquiétudes que j'entends de la part de nos concitoyens, mais aussi leur colère. Des inquiétudes parce qu'entre les prix de l'essence qui augmentent fortement, mais pas que, il y a aussi le gaz et l'électricité qui vont arriver derrière, ça crée un climat anxiogène pour chacun d'entre nous, pour les familles, pour les entreprises. Il y a aussi des plans sociaux qui tombent, on n'en parle pas assez, mais la France continue de se désindustrialiser et ça tombe comme un grave lot. Et puis, il y a de la colère parce que, tout simplement, on a le sentiment que notre pays ne fait pas assez, c'est très très loin du compte.

Alors qu'il y a la possibilité de protéger le pouvoir d'achat des Français, de protéger nos entreprises, de protéger nos communes, nos services publics, c'est possible. Alors, par exemple, parlons des prix des carburants. Tout simplement, déjà, vous pouvez regarder ce qui se passe en Europe. On va rester à l'échelle de l'Union Européenne. Il y a des pays qui ont pris, qui ont fait le choix de, ou de baisser les taxes. Je pense à l'Espagne qui, elle, elle injecte 5 milliards d'euros pour baisser les taxes sur le gaz, l'électricité et l'essence. Qui sans doute, Fabien Roussel, ont des moyens financiers que nous n'avons pas tout à fait. Je vais y venir, M.

Duhamel, laissez-moi un petit peu discourir. 5 milliards d'euros, et de l'autre côté, d'autres pays, comme la Hongrie, qui bloquent, qui bloquent à 1,50 euro, le prix du gazole. Vous allez me dire, on n'a pas les sous, et ce n'est pas juste que ce soit l'État qui paye.

2:31
Présentateur

Et ce n'est pas toujours très efficace.

2:33
Fabien Roussel

Je suis plutôt d'accord avec vous, et je serais plutôt, nous serions plutôt, nous partisans, au Parti communiste français et avec d'autres, de bloquer les prix, de bloquer les prix et encadrer les marges des raffineurs, notamment Total. C'est d'ailleurs la proposition de loi que nos parlementaires déposent au Sénat, allant dans ce sens. Il faut être joué sur les deux tableaux. Bloquer les prix, c'est possible. La loi nous le permet, ça a déjà été fait en 90. Nous le faisons d'ailleurs dans les territoires d'outre-mer. C'est le préfet qui fixe le prix de l'essence, par exemple, à la Réunion.

3:04
Présentateur

Pour être apprécié en 90, Fabien Roussel, ce n'était pas un blocage des prix du carburant, c'était effectivement un encadrement des marges. Et si vous jouez sur les marges, qui en France sont particulièrement faibles si on parle du carburant, les prix continuent d'augmenter.

3:15
Fabien Roussel

Alors, on peut... Oui, d'accord, mais je vais vous citer les marges de Total. Total Energy, le groupe Total, qui achète sur les tankers le pétrole, le raffine et le vent dans nos réseaux de distribution. Total a fait 65 milliards d'euros de bénéfices en l'espace de 4 ans. 11 milliards en 2025, 15 milliards en 2024, 20 milliards en 2023, 19 milliards en 2022. Cet argent-là, il existe. Il existe et il est pris dans nos poches. Les marges de Total sur le raffinage, rien que sur le raffinage, elles ont été multipliées par 5 en l'espace d'un an. Par 5. Vous vous rendez compte que là, il y a une possibilité tout de suite de baisser le prix de l'essence.

3:57
Présentateur

Vous parlez de Total qui plafonne le prix à 1,99€. Donc, vous pouvez mettre en avant les marges qui sont faites.

4:02
Fabien Roussel

Oui, d'accord. Total qui plafonne et qui gagne beaucoup d'argent. Beaucoup, beaucoup d'argent sur notre eau quand même.

4:08
Présentateur

Quand on a un litre de gazole qui est aux alentours de 2,20€ pour le sans-plomb 95 et 98, on est un peu en dessous. Si on plafonne à 1,99€, on fait déjà un effort pour les Français.

4:16
Fabien Roussel

On doit plafonner les prix de l'essence, du gazole, du sans-plomb à 1,60€ le temps que la crise passe et je vais finir là-dessus. Et il faut agir beaucoup plus fortement, la diplomatie française, la France, pour que ce conflit cesse au plus vite. On a un président de la République, Donald Trump, qui est le président du chaos avec le président israélien, le premier ministre israélien Netanyahou. Ils sont en train d'organiser le chaos au Moyen-Orient et ça pèse sur les peuples. Les premiers à en souffrir sont les peuples. Le peuple iranien, le peuple libanais, mais aussi les peuples en Europe.

Nous, les travailleurs, ces aides-soignantes, ces aides à domicile, ces routiers, ces salariés qui ont besoin de leur voiture pour se déplacer. Il y a un moment donné où il faut dire stop à un président des Etats-Unis. Il n'est pas fou, il est représentant d'une idéologie impérialiste, extrémiste, extrêmement dangereuse. Et il y a un moment donné, il faut dire stop, ce n'est plus un allié, c'est un homme dangereux.

5:19
Présentateur

On va revenir sur la géopolitique dans un instant, mais pour terminer sur ce chapitre du prix des carburants, si vous bloquez les prix, vous risquez de créer des pénuries. Parce que vendre à perte ou vendre à très peu de marge, ça les distributeurs n'ont pas du tout envie.

5:33
Fabien Roussel

J'entends ce risque, et je ne vais pas vous dire, là, avec un coup de baguette magique, voilà ce qu'on va faire, etc. Le sujet, il est complexe. Je ne le nie pas, le sujet, il est complexe. On est sur un conflit qui, je l'espère, va s'arrêter au plus vite. Et il faut tout faire pour peser dans ce sens-là. Et si ça devait durer longtemps, oui, ce serait compliqué. Le blocage des prix, les risques de pénuries. Et d'ailleurs, il faut jouer sur les réserves stratégiques que nous avons. Nous avons 108 jours de réserves. Ce qui est déjà fait, pour le coup, de jouer sur les réserves stratégiques.

Oui, mais justement, le gouvernement nous a dit, on va libérer des réserves avec l'Agence internationale à l'énergie. Ça nous donne 40 jours de marge. Vous allez voir, les prix vont baisser. Tintin, il y a derrière des traders, des spéculateurs, qui, eux, s'empressent de spéculer sur nos vies, quelque part, sur notre pouvoir d'achat. Dont Total, c'est lui Total qui est le trader, qui rachète sur les Tonkers à prix d'or du pétrole. Il se fait, en plus, des sous sur le raffinage. Et derrière, il nous le vend très cher. Et donc, il y a un moment donné, il faut encadrer tout ça. Donc vous dites que le gouvernement doit être beaucoup plus offensif dans cette régulation ?

Oui, nous avons des réserves stratégiques en cas de crise internationale. Je pose une question. Je mets sur la table une idée. Pourquoi les pays d'Europe ne s'organisent pas ensemble ? Je parle des nations, pas des entreprises, des industriels. Pourquoi les nations européennes ne s'organisent-elles pas ensemble ? Pour acheter ce pétrole, là, et non pas les traders. Pour acheter ce pétrole sur les Tonkers aux pays du Moyen-Orient, pour l'acheter, avoir ses propres réserves, et pouvoir, justement, influer sur le prix à l'échelle de nos pays. On doit reprendre la main sur ces matières premières. On l'a laissée entre les mains de l'industrie, des traders, des boursicoteurs.

Je rappelle qu'avant, Total Energy, c'était Elf, et c'était une entreprise nationalisée. Et donc, nous devons reprendre la main sur nos économies. Il faut nationaliser Total ? Mais nous l'avons dit, quand il y a eu une grande crise, nous avons proposé la nationalisation de Total. Et là, vous le redites ce matin ? Mais bien sûr, on doit reprendre la main sur nos matières premières, et l'énergie, c'est capital. C'est un capital, c'est capital, pas dans le sens capitalistique, mais c'est indispensable.

Le prix de l'électricité, on doit reprendre la main dessus avec une entreprise publique pour avoir l'électricité la moins chère de toute l'Europe, parce que nous l'avons, c'est possible, et c'est décarboné. Et reprendre la main sur le pétrole.

7:57
Présentateur

Donc il faut nationaliser Total, c'est ce que dit Fabien Roussel, le patron du Parti Communiste ce matin.

8:01
Fabien Roussel

Mais si Total ne s'exécute pas à baisser ses marges, oui, il faut reprendre la main sur cette belle entreprise qui doit aujourd'hui accompagner la France, accompagner nos entreprises et les ménages français, et non pas se faire du beurre sur le pétrole.

8:16
Présentateur

Fabien Roussel.

8:17
Fabien Roussel

Et sur la guerre.

8:18
Présentateur

Vous évoquiez le contexte international, qui bien évidemment explique cette crise énergétique. Au moment de la capture de Nicolas Maduro par Donald Trump, vous aviez dénoncé, je cite, un président de la République qui se couche et qui fait le paillasson devant Donald Trump. On a entendu Pierre Hasky il y a quelques instants. Je rappelle que le président américain s'en est pris à la France en lui reprochant d'être, je cite, très peu coopératif. Est-ce que là, pour le coup, vous vous en félicitez ? Vous considérez que la France, la voix de la France est à sa place face à Donald Trump ?

8:45
Fabien Roussel

Disons que le président de la République a légèrement, légèrement modifié sa position vis-à-vis des Etats-Unis en faisant le choix, là, de ne pas participer à cette guerre. Heureusement. Heureusement. Mais, et j'ai eu l'occasion de le dire au Premier ministre quand il nous a réunis, j'aurais mille fois préféré que la France, aujourd'hui, ait la même attitude que l'Espagne, par exemple, qui interdit strictement le survol de son espace aérien à tout avion qui participe à ce conflit, y compris donc des ravitailleurs, ce que ne fait pas la France.

9:21
Présentateur

Ce que la France fait, disons, au cas par cas,

9:23
Fabien Roussel

fonction, émission des avions. Oui, mais au cas par cas, c'est bique et bouque et bouque et bique, ça veut dire qu'on ne sait pas où on va et il fait un petit peu ce qu'il veut. Emmanuel Macron.

9:33
Présentateur

C'est simple les questions internationales quand on vous écoute.

9:35
Fabien Roussel

Mais non, mais je m'oppose un petit peu à Trump, mais en même temps, je ne vais pas me fâcher avec lui. Mais enfin, Trump, Donald Trump, ce n'est pas un fou. Donald Trump, c'est le représentant d'une idéologie à la tête des Etats-Unis qui est une grande puissance et c'est une idéologie dangereuse. Je salue les près de 9 millions de manifestants américains qui s'élèvent contre cette gouvernance qui fait du mal aussi au peuple américain. Nous devons être aux côtés du peuple américain, justement, pour empêcher cet homme de continuer à provoquer le chaos dans le monde. Et donc, il nous faut une diplomatie beaucoup plus ferme. Il faut se désaligner totalement des Etats-Unis.

Il faut oser le faire.

10:14
Présentateur

Fabien Roussel, cette guerre lancée par les Etats-Unis et par Israël contre l'Iran, vous la jugez totalement illégitime ?

10:20
Fabien Roussel

Mais totalement illégitime. Alors, pour être clair, nous, notre slogan, c'est ni les balles des Mollahs, ni les bombes des USA. Voilà, ça veut dire que le régime... Pourquoi vous renvoyez les deux dos à dos ? Non, je ne les renvoie pas dos à dos. Je veux être clair là-dessus. Le régime des Mollahs, c'est celui qui a décimé, d'ailleurs, les communistes iraniens. Et je salue le parti Today dont les principaux dirigeants sont réfugiés à l'étranger que j'ai rencontrés récemment. Et de l'autre côté, pour autant, la guerre que provoquent Trump et Netanyahou est terrible et provoque le chaos dans le monde. Et donc, les guerres n'ont jamais réglé les conflits.

Et d'ailleurs, on se rend bien compte ce que Donald Trump veut, ce n'est pas la fin du régime iranien. On voit bien qu'il discute avec eux et on va voir ce qu'il dira cette nuit. Mais il est capable de s'accommoder de ce régime si derrière, il a une bonne négociation sur le pétrole. C'est une guerre illégitime. La France devrait d'ailleurs beaucoup plus dialoguer avec les BRICS et appeler à une coalition des pays qui s'opposent à cette guerre.

11:28
Présentateur

On a parlé d'international. Il faut, puisque vous le rappeliez, on ne vous a pas beaucoup entendu ces derniers mois, parler de la politique intérieure. Avec d'abord un mot sur vos résultats aux élections municipales. Avec un bilan mitigé. Vous avez gagné, vous, Fabien Roussel, au premier tour à Saint-Amand-les-Eaux. La ville de Nîmes, 150 000 habitants, est aussi une victoire du Parti communiste. Mais vous avez perdu, notamment à la Courneuve, notamment à Vénitieux, qui ont des maires insoumis désormais, alors que c'était des maires communistes sortants. Est-ce que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a éclipsé vos performances, Fabien Roussel ?

11:59
Fabien Roussel

Non. Pourquoi vous dites ça ? Je ne sais pas. Non. Non. Bon, d'abord, ces élections municipales...

12:07
Présentateur

On a plus parlé du succès de la France insoumise ou des succès de la France insoumise que des succès du Parti communiste.

12:11
Fabien Roussel

Moi, je suis venu ici de parler de l'avenir de la France, des intérêts de nos concitoyens qu'il faut défendre. Je suis content que le Parti communiste français ait été très utile et très rassembleur pendant ces élections municipales. Nous avons travaillé à des listes de rassemblements les plus larges possibles, d'intérêts communaux, au service des gens. Et nous avons fait gagner de nombreuses listes. D'abord, le Parti communiste français est la deuxième force politique en nombre d'élus à gauche. Et donc, nous sommes encore une force importante. La troisième force politique, toutes tendances confondues, avec plus de 400 maires.

Effectivement, je suis fier que Vincent Bouget ait gagné cette ville de Nîmes face au Rassemblement National, ce qui est la preuve aussi qu'il est possible de faire reculer le Rassemblement National. Je salue Patrice Bessac, le maire élu au premier tour à Montreuil, c'est la seule ville de plus de 100 000 habitants à avoir élu son maire au premier tour, et c'est Patrice Bessac. À Saint-Amant-les-Eaux, nous avons réussi à diviser par deux le résultat du Rassemblement National. Comme quoi c'est possible. Et donc, ce travail-là, je veux le saluer. Et nous, nous avons gagné des villes face à la droite et à l'extrême droite.

Ce qui n'est pas le cas de la France Insoumise, qui, quand elle gagne des villes, c'est sur le dos de la gauche, notre dos. La seule ville qui gagne à droite, c'est Roubaix. Et donc, ce qui montre aussi la nature des choix que font ces dirigeants.

13:37
Présentateur

C'est-à-dire, c'est quoi ? La France Insoumise a voulu faire quoi ? Perdre les communistes ? Ne fait pas le choix

13:43
Fabien Roussel

du Rassemblement, fait le choix de la division, fait le choix de se présenter plutôt comme un adversaire que plutôt comme une force qui s'unit avec d'autres pour faire reculer la droite et l'extrême droite. C'est un choix, mais c'est leur choix. C'est tout, c'est fait, c'est plié. Et donc, comme nous l'avons dit ce week-end lors de notre conseil national, ce sont des choix dont nous tiendrons compte.

14:08
Présentateur

On se demande quand même ce qui s'est passé, Fabien Roussel, quand on lit cette phrase du maire de Saint-Denis dans les colonnes du Monde. Voilà ce qu'il dit. Il dit la victoire d'Ali Diawara, le nouveau maire de la Courneuf, tout comme la mienne, c'est Bali Bagayoko qui parle. Ces victoires sont des victoires communistes qui gardent une forte empreinte dans nos territoires. Mais la France insoumise, voilà ce qu'il dit, a été plus rapide et plus ambitieuse en maintenant en tête de liste des gens issus des quartiers populaires. On a l'impression que vous avez loupé le coche, Fabien Roussel, que vous êtes passé à côté d'un certain nombre de talents.

Puisque Bali Bagayoko, il était militant PCF.

14:47
Fabien Roussel

Ah oui, c'est même Patrice Braouesec, quand il était maire de Saint-Denis, qui avait été le chercher et qui lui a permis d'accéder à des responsabilités. Mais vous l'avez perdu. Je salue tous ces maires qui, justement, comme Patrice Braouesec, mais je pense à Michel Picard aussi, maire de Vénitieux, qui avait dans sa liste aussi des élus, des adjoints, à l'image de sa ville. Vous avez un nouveau maire

15:13
Présentateur

qui dit, au fond, parce que je suis issu d'un quartier populaire, le Parti communiste ne m'a pas fait confiance et j'ai dû aller toquer à la porte, ou du moins, c'est la France insoumise qui est venue me chercher pour pouvoir me faire confiance et c'est comme ça que j'ai été élu maire de Saint-Denis. C'est quand même une critique sévère vis-à-vis du Parti communiste.

15:31
Fabien Roussel

Mais, d'abord, il a été élu au premier tour, je salue son élection, je dénonce les attaques indignes dont il fait l'objet, je souhaite aussi pouvoir le dire, et de l'autre côté, je ne comprends pas qu'il ait ses mots et quelque part, d'ailleurs, je n'ai pas compris pourquoi, dès qu'il a été élu au premier tour à Saint-Denis, il s'est empressé d'aller soutenir le candidat insoumis contre un maire communiste à Vitry, vous voyez, quelque part, il a participé aussi à cette campagne de division, c'est regrettable. Tout ça, c'est regrettable. Moi, je pense qu'aujourd'hui, on a beaucoup, on a intérêt à tenir compte des leçons de cette élection.

Les élections municipales, elles donnent aussi une image de ce qu'est la France à un moment donné. Il y a eu un taux d'abstention qui est énorme. Il y a un rejet des partis politiques. Il y a un rejet de ces anathèmes que les uns et les autres, nous nous jetons. Pendant ce temps-là, et ça fait là trois, quatre minutes que l'on parle de ça, on ne parle pas de la situation de nos écoles, on ne parle pas de la situation de nos hôpitaux publics, on ne parle pas du pouvoir d'achat de ces usines. Et on a parlé, Fabien Roussel, on a même commencé

16:43
Présentateur

cet entretien sur la question

16:44
Fabien Roussel

du pouvoir d'achat. On n'a pas parlé de la grève des enseignants d'hier, mais vous voyez, on a des sujets qui sont, pour nous à gauche, très importants et sur lesquels nous avons besoin de nous rassembler.

16:55
Présentateur

puisque vous avez parlé de la France, quel regard est-ce que vous portez sur cette nouvelle expression, ce concept de nouvelle France qui a été celui utilisé par Jean-Luc Mélenchon, des candidats insoumis et des maires qui ont été élus. Est-ce que cette nouvelle France est aussi la vôtre, Fabien Roussel ?

17:10
Fabien Roussel

Je ne m'y retrouve pas du tout. Je ne m'y retrouve pas du tout. Pourquoi ? Le concept de la nouvelle France, tel que je l'ai entendu de la part de ces nouveaux élus et de la part des dirigeants de la France insoumise, elle contribue à toujours fracturer la France et la diviser entre une nouvelle France et une ancienne France, entre une nouvelle France et une vieille France qui ne serait pas belle et qu'il faudrait écarter. Et puis, en plus, en faisant ça, je pense qu'on ne pose pas la question de fond sur tout ce qui provoque ces fractures dans notre pays. Je pense à ces cols blancs qui pratiquent la fraude fiscale.

Je pense à ces propos homophobes qui divisent les gens en fonction de leur sexe, de leur genre. Bref, je n'aime pas cette conception de la nouvelle France. Je préfère, moi, la conception, défendre une conception d'une nouvelle république. Une république qui défend l'égalité stricte de nos concitoyens, quelles que soient leurs couleurs, leurs origines, leurs religions. Vous trouvez que c'est une conception,

18:12
Présentateur

au fond, identitaire de la politique qui ne vous convient pas ?

18:16
Fabien Roussel

Je vais mettre les pieds dans le plat. Il y a un sujet, il y a un sujet profond qui nous préoccupe, au Parti communiste français aussi. Il y a un racisme énorme contre les personnes d'origine africaine, noire, arabe. Et il y a un rejet profond, une discrimination profonde des personnes de confession musulmane. Les musulmans, les arabes, les noirs, pour parler directement, sont stigmatisés, mais de manière quasi systémique, y compris dans certains médias. Des propos qui, avant, auraient suscité des tollés, aujourd'hui, passent crème à la radio, à la télévision. Je pense aux médias Bolloré, je pense à la campagne de Stérin, etc.

19:02
Présentateur

Ça passe crème, c'est souligné, il y a des plaintes. Oui,

19:05
Fabien Roussel

il faut derrière soulever des plaintes, etc. C'est gravissime. C'est gravissime. Et donc, c'est pour ça que je parle d'une nouvelle république. Une république qui défend l'égalité stricte des droits et qui mène un combat ferme contre le racisme et l'antisémitisme qui, lui aussi, grandit à côté. Et donc, nous devons avoir une république qui garantisse les mêmes droits pour tous. Or, ce que fait la France insoumise avec ce principe de nouvelle France ? Il ne se bat pas pour l'égalité des droits. Lui, il fait du communautarisme. Il a un concept identitaire. Il essentialise les gens. Au lieu de se battre pour l'égalité des droits, quel que soit notre sexe, notre couleur de peau, notre religion.

Et c'est ça, la France des Lumières. Et c'est ça, la nouvelle république que nous devrions défendre. C'est ce que vous avez

19:57
Présentateur

pensé pendant cette campagne des municipales. On a beaucoup parlé, notamment dans des interviews ici, dans ce studio, sur la façon dont Jean-Luc Mélenchon avait tenu des propos. Ça ne vous a pas plu, cette campagne des municipales ?

20:08
Fabien Roussel

Je ne m'y retrouve pas du tout. Par exemple, la manière dont pose la question Jean-Luc Mélenchon et qui essentialise les citoyens en fonction de leur couleur de peau, il occulte du coup complètement le combat de classe, c'est-à-dire l'exploitation des hommes, quelle que soit leur couleur de peau. Moi, je discute justement avec beaucoup de nos concitoyens, ouvriers, salariés, d'origine immigrée, qui sont exploités mais comme d'autres qui... La question de l'exploitation, de la domination justement du capital sur l'être humain, elle devrait nous rassembler à gauche et nous permettre de faire front commun. Et c'est ce combat-là, moi, que j'aimerais mettre au cœur des débats à venir.

20:56
Présentateur

Puisqu'il est question de rassemblement, évidemment, on pense à 2027 avec ce débat à gauche. Est-ce qu'il faut une primaire sans la France insoumise ? Il y a débat au sein même du Parti Socialiste. Vous, vous avez tranché la question au Parti Communiste. Il n'y aura pas de primaire. Il y aura un candidat en 2027. On imagine que c'est vous. Vous nous le confirmez ce matin ou pas ?

21:17
Fabien Roussel

Alors, mais là, vous allez vite en besogne. C'est notre genre. Vous allez vite en besogne. D'abord, c'est dans plus d'un an. On sort des élections municipales. Nous avons des combats à mener. Je reviens sur cette question de l'énergie, du pouvoir d'achat.

21:31
Présentateur

Vous n'allez pas répondre.

21:34
Fabien Roussel

Si, je vais répondre. Et donc, je vais répondre en vous disant d'abord que ce qui doit nous rassembler, c'est justement les propositions fortes sur lesquelles les hommes et les femmes de gauche devraient être offensives. Battons-nous là-dessus. Et c'est parce que nous voulons nous battre là-dessus. C'est parce que nous, nous voulons mettre cette question du projet, de l'avenir de la France, de l'avenir de nos enfants au cœur de l'actualité, que nous posons le principe d'une candidature à l'élection présidentielle portant un projet de rupture avec dix ans d'Emmanuel Macron et permettant de rassembler largement.

22:13
Présentateur

Fabien Roussel, la dernière fois, en 2022, vous avez rassemblé 2,28% des voix. Ça ne vous a pas vacciné ?

22:19
Fabien Roussel

D'abord, nous, pour nous vacciner, nous, on est vaccinés contre...

22:26
Présentateur

Oui, pour plusieurs doses.

22:28
Fabien Roussel

Non, mais on se bat contre un système économique qui broie l'être humain et on se battra toujours pour la défense de la dignité humaine, pour la paix, pour mettre le travail au cœur de la société. On est là-dessus et donc, on veut porter ce débat. Maintenant, qu'est-ce que nous disons ? D'abord, nous entrons en phase de réflexion avec un congrès qui va se tenir début juillet. Nous, ce que nous voulons, c'est faire en sorte que... C'est fini, Fabien Roussel. Travailler un projet que nous voulons mettre en dialogue avec nos concitoyens. Et puis, on a quelques semaines et quelques mois devant nous pour en parler.

23:00
Présentateur

à la prochaine élection, mystère !

23:02
Fabien Roussel

Mystère,

23:02
Présentateur

mais pas de primaire et une candidature... Voilà,

23:05
Fabien Roussel

pas de primaire.

23:05
Présentateur

Merci Fabien Roussel d'avoir été au micro d'un temps.

23:08
Fabien Roussel

Non, mais on va fêter. Je peux finir quand même là-dessus. 30 secondes. Non,

23:12
Présentateur

on n'a pas 30 secondes. Le fonde populaire,

23:15
Fabien Roussel

c'est les 90 ans et nous allons faire un show case avec Céline Dion, place du colonel Fabien, le 9 mai prochain. C'était une annonce que je voulais vous faire.

23:23
Présentateur

Ah oui, on est le 1er avril, très drôle. C'était la bonne blague de Fabien Roussel. Merci, la revue de presse à suivre.