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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 10 septembre 2019 8 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & famille

François Jolivet : "Le maire est la pierre angulaire de notre démocratie, il faut le protéger"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:27OuverteRéponse directe

    Ça s'adresse à qui cette injonction ?

  • 1:22OuverteRéponse partielle

    Pendant 24 ans, ça ne vous est jamais arrivé, des tags, des insultes, des menaces ou plus ?

  • 1:39FerméeRéponse directe

    Il y en a plus qu'avant ?

  • 2:30OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez identifié le point de bascule ?

  • 3:38OuverteRéponse directe

    Cette tribune, justement, je la trouve étonnante. Elle commence par dénoncer les violences, mais le reste est une ode. C'est quoi ?

  • 4:53FerméeRéponse partielle

    Ça veut dire qu'il faut supprimer les intercommunalités ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44Invité politiqueFait
    « le maire est la pierre angulaire de notre démocratie, et qu'il est là comme représentant de l'État, il incarne des règles, il les fait respecter. »
  • 2:43Invité politiqueFait
    « la bascule visible de toutes et tous, ce sont les événements des Gilets jaunes, où des maires ont été aussi un peu malmenés »
  • 3:04Invité politiqueFait
    « la bascule, ça a été, je dirais, il y a une dizaine d'années »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « on a créé des structures intercommunales, depuis la loi Marcelin, qui a éloigné les citoyens des lieux de décision »
  • 5:09Invité politiquePromesse
    « le but du jeu, c'est de faire en sorte que le maire, pour des petites décisions, mais importantes pour les gens, retrouve le pouvoir »

Temps de parole

  • François Jolivet71 %
  • Présentateur29 %

3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Il est 6h20, c'est la rentrée parlementaire aujourd'hui, une année qui sera marquée par un moment politique important, les élections municipales en mars prochain. A cette occasion, plus de 80 députés et sénateurs signent une tribune pour défendre les maires de France. Ça s'appelle « Touche pas à mon maire », tribune co-initié par vous. François Jolivet, bonjour.

0:27
François Jolivet

Bonjour Madame.

0:27
Présentateur

Vous êtes député LREM de l'Indre. « Touche pas à mon maire », ça s'adresse à qui cette injonction ?

0:33
François Jolivet

Ça s'adresse à tous les habitants de France, puisqu'en fait nous venons de vivre des événements particuliers qui ont conduit au décès de l'un des nôtres, puisque je suis un ancien maire et je me sens très concerné. Et c'est pour dire à l'ensemble des Français que le maire est la pierre angulaire de notre démocratie, et qu'il est là comme représentant de l'État, il incarne des règles, il les fait respecter. Et l'itinérance, si j'ose dire, notre Président de la République, lorsqu'il les a rencontrés, a montré, et ils ont démontré qu'ils étaient la pierre angulaire de notre système démocratique. Et il faut les protéger parce qu'ils sont au plus près des gens.

C'est le centre de gravité de l'action publique le plus près des hommes et des femmes de ce territoire, de France. Et ils méritent d'être défendus et surtout d'être respectés.

1:17
Présentateur

Vous l'avez dit, vous avez été maire pendant 24 ans de la commune de Saint-Maur, dans l'Inde. Pendant 24 ans, ça ne vous est jamais arrivé, des tags, des insultes, des menaces ou plus ?

1:28
François Jolivet

Je dirais que oui, bien évidemment. Mais je trouve que notre société prend un chemin d'exercice de la violence dans la vie que l'on baptise démocratique, qui paraît insupportable.

1:39
Présentateur

Il y en a plus qu'avant ?

1:40
François Jolivet

Écoutez, j'étais avec un maire de l'Inde récemment, qui est le maire de Chayac, Gérard Maillot. Et il me disait, ça fait 40 ans que je suis maire, c'est la première fois que je me fais cracher dessus. Et ce n'est pas supportable. Derrière ces hommes et ces femmes, il y a des vies, il y a des dignités. Souvent, aujourd'hui, être maire, c'est un sacerdoce. C'est dur d'être maire. C'est dur d'assumer cette fonction. C'est dur de faire des kilomètres, de répondre, de ne pas toujours savoir quoi répondre. Parce qu'en fait, le maire, qui est au plus près de son citoyen, aujourd'hui ne détient plus tous les pouvoirs, puisqu'il les partage avec d'autres.

Et c'est d'ailleurs le sens du projet de loi de Jacqueline Gourault et de Sébastien Legornu. C'est-à-dire de le remettre au centre, plutôt que de l'avoir éloigné quelque part de ses administrés. Parce qu'en fait, s'il est proche d'eux physiquement, il ne veut pas toujours répondre à leurs questions, parce qu'il partage le pouvoir avec d'autres.

2:30
Présentateur

Est-ce que vous avez identifié le point de bascule ? Est-ce que vous avez daté le début de cette hausse des violences ?

2:38
François Jolivet

Je dirais que la bascule visible de toutes et tous, ce sont les événements des Gilets jaunes, où des maires ont été aussi un peu malmenés, comme certains parlementaires, mais c'est l'élu qui est malmené dans son ensemble, dans notre pays.

2:51
Présentateur

Il y a eu la signature du CETA aussi qui a suscité pas mal de colère.

2:54
François Jolivet

La signature du CETA a suscité des colères. Certains de mes collègues ont eu leur permanence et c'est une amicile cassée, parce que ça reste un bien public, même si elle est louée par l'Assemblée nationale à travers leur indemnité. Mais non, je crois que la bascule, ça a été, je dirais, il y a une dizaine d'années. On a l'impression que certains citoyens vivent la vie démocratique comme un jeu vidéo, où il y aurait plusieurs vies, où on aurait plusieurs chances. Et en fait, non, pas du tout. La vie n'est pas cela. La vie, elle s'incarne dans la continuité.

Et Aude Bonneau-Vendorme, qui est avec moi à l'initiative de cette tribune, qui est députée de l'Aisne, me disait que dans son département, c'était la même chose. Les maires ont du mal à se ressaisir des sujets, tant la violence parfois s'exprime.

3:38
Présentateur

Cette tribune, justement, je la trouve étonnante. Elle commence donc par dénoncer les violences dont on vient de parler, violences que subissent certains élus. Mais finalement, c'est qu'un paragraphe, très vite, et tout le reste, est plutôt une ode. A tout ce qui a été fait, au travail, vous saluez le grand débat national, le projet de loi Engagement et Proximité dont vous avez parlé. Vous dites que beaucoup a déjà été fait depuis l'élection d'Emmanuel Macron. En fait, c'est quoi ? C'est un message pour dire au maire, la majorité pense à vous ?

4:06
François Jolivet

Bien évidemment, la majorité pense au maire. Mais je pense que tous les élus parlementaires, quel que soit leur courant de pensée, pensent au maire. C'est M. Larcher qui dit qu'un maire est toujours à la portée d'engueulade. Sauf qu'aujourd'hui, ça devient insupportable. Et des choses se font... Vous savez, on a passé notre temps, en France, à penser que big is beautiful, ou que gros est magnifique. C'est-à-dire qu'on a créé des structures intercommunales, depuis la loi Marcelin, qui a éloigné les citoyens des lieux de décision. Et maintenant, quand vous allez voir votre maire, pour bien des sujets, on vous explique que le maire devient un facilitateur.

Il est un homme qui ne peut plus décider. Il faut qu'il en parle à ses collègues. Et au bout du bout, l'administré se dit, mais finalement, à quoi tu sers ? Ou à quoi servez-vous, M. le maire ? Puisque vous ne pouvez pas me répondre.

4:53
Présentateur

Ça veut dire qu'il faut supprimer les intercommunalités ?

4:56
François Jolivet

Non, ce n'est pas ça. Ça veut dire que dans le projet de loi défendu par Sébastien Lecornu, le but du jeu, c'est de faire en sorte que le maire, pour des petites décisions, mais importantes pour les gens, retrouve le pouvoir, plutôt qu'il en réfère toujours à la structure intercommunale. Vous savez, les maires ruraux, et je pense notamment à eux, des petites communes, sont des gens qui sont vraiment à la portée d'angueulade de leurs citoyens. Dans les grandes villes, il est très rare qu'un administré pense un jour rencontrer son maire dans l'exercice. de son mandat.

Il va rencontrer ses collaborateurs, ses fonctionnaires, les agents publics, mais dans une commune rurale, et la commune rurale, on va dire, c'est moins de 5 000, eh bien, on voit toujours le maire. Et le maire, il a tendance à dire, ah, pour ton problème d'eau potable, ah ben là, il faut que j'en parle, la structure intercommunale revienne vers toi. Pour ton problème d'urbanisme, ah ben maintenant, il est intercommunal, il faut que je revienne vers toi. Pour ton problème de branchement électrique, ah oui, alors là, il faut que j'en parle au syndicat départemental d'électrification.

Ils n'apportent plus les réponses, et finalement, ils sont toujours, et toujours, et continuellement, à la portée d'engueulade.

5:57
Présentateur

François Jolivet, je rappelle que vous êtes député. Alors, justement, pour améliorer le dialogue, alors cette fois, avec les parlementaires nationaux et les citoyens, il y a une réforme qui va mettre ça en avant, améliorer le dialogue. L'Assemblée va dépoussiérer le droit de pétition, l'Assemblée qui fait sa rentrée aujourd'hui. On pourra soumettre, je vais le résumer très grossièrement, mais plus facilement des textes aux élus nationaux. Ça, ça va dans le bon sens ?

6:20
François Jolivet

Évidemment que ça va dans le bon sens. Vous savez, quand je regarde la manière dont se construit la France, dans les relations avec les élus locaux, les maires, comme je vous le disais, sont à portée d'engueulade, et plus rien ne peut se faire dans une petite commune sans rencontrer ses administrés et expliquer. Dans les grandes villes, je pense que beaucoup de choses se font sans forcément expliquer, même si tous les moyens sont mis en place. On crée des conseils de quartier, on essaye de réinventer une proximité, mais on sait que c'est difficile.

Et donc, le droit de pétition, c'est de permettre à des administrés qui ne peuvent pas s'exprimer individuellement et rencontrer les gens qu'ils ont élus ou pas élus, mais les gens qui sont en responsabilité, de pouvoir se saisir de sujet, de dire, mais attendez, messieurs, mesdames, messieurs les élus, le sujet qu'on porte à votre connaissance est important et réunit beaucoup de signatures. Tout ce qui favorise la démocratie est une bonne chose.

7:06
Présentateur

Vous vous sentez toujours bien, vous à La République En Marche, parce qu'il y a quelques élus qui se mettent en retrait du groupe parlementaire pour des questions notamment de dialogue, pas assez de dialogue, pas assez de débat en interne. Vous, ça va bien ?

7:18
François Jolivet

Écoutez, j'ai vu, comme vous, au cours de l'été, certains collègues se mettre en congé du groupe, d'autres le quittaient. Maintenant, c'est souvent lié à des difficultés d'investiture aux élections municipales. Maintenant, vous savez, tout le monde est libre dans l'exercice de son mandat. La République En Marche, ce n'est pas tout le monde derrière son président. Il ne faut pas croire que ce que l'on raconte et que parfois, des journalistes véhiculent la démocratie existe aussi chez nous. Maintenant, chaque élu est d'abord élu par ses électeurs et doit rendre compte à ses seuls électeurs.

7:49
Présentateur

Merci, François Jolivet, député La République En Marche de l'Indre et invité du 5-7. Merci, François Jolivet,