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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 11 décembre 2016 96 minContradictoireFond programmatiqueInstitutions & électionsEurope & internationalEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Jean-Luc Mélenchon : "si je participais à une primaire, je me retrouverais dans une position de déloyauté totale"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 61 %Attaque 28 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 27:20OuverteRéponse directe

    Quel est le modèle d'inspiration de cette autre France que vous décrivez ?

  • 29:11OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a un modèle ou un moment de l'histoire de France qui vous marque plus ?

  • 32:29RelanceRéponse directe

    Comment organise-t-on concrètement une assemblée constituante dans un pays de 66 millions de Français ?

  • 35:07OuverteRéponse directe

    Quelle est votre position sur la République et la laïcité face au communautarisme ?

  • 36:21RelanceRéponse directe

    Vous dites qu'on ne finance aucun monument cultuel. Comment répondre aux besoins des musulmans ?

  • 37:37RelanceRéponse partielle

    Mais vous surveillez quand même ce qui se dit à l'intérieur des mosquées ou pas ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 30:11PrésentateurFait
    « La convocation d'une assemblée constituante formée pour une part de gens tirés au sort, pour une part de gens élus. »
  • 30:31PrésentateurPromesse
    « Inscrire dans la constitution le droit à l'avortement pour qu'il ne soit pas remis en cause à chaque fois. »
  • 30:49PrésentateurPromesse
    « La règle verte dans la constitution. »
  • 37:07PrésentateurFait
    « Les bâtiments cultuels sont payés par les fidèles point final. »
  • 37:11PrésentateurFait
    « Pas de taxe à l'âme, rien pour financer le culte. »
  • 37:23PrésentateurFait
    « La laïcité n'est pas une religion, n'est pas un point de vue parmi d'autres. C'est un mode d'organisation de la vie ensemble. »
  • 37:30PrésentateurFait
    « On sépare les églises de l'État de manière absolument stricte. »
  • 40:09PrésentateurPromesse
    « Il faut augmenter les salaires. »
  • 40:32PrésentateurPromesse
    « J'établirai la taxation différentielle. »
  • 41:02PrésentateurFait
    « Comme député européen, je suis taxé d'abord à l'Europe. Et puis ensuite, je déclare mes revenus au fisc français, qui fait la différence. »
  • 43:34PrésentateurFait
    « Jean-Luc Mélenchon, c'est la raison pour laquelle vous ne pouvez pas dire... »
  • 43:46PrésentateurFait
    « Tsipras est 2% de l'économie européenne. Et au demeurant, il a eu tort de céder. »
  • 44:10PrésentateurFait
    « Si j'avais été Tsipras, même avec 2% de l'économie européenne, j'aurais dit, en jetant de grosses larmes, je suis désolé, j'adorerais payer, mais je ne peux pas. »
  • 44:19PrésentateurFait
    « Je vous garantis que Mme Merkel aurait couru dans le couloir pour rattraper M. Tsipras et le ramener à la table. »
  • 46:43PrésentateurFait
    « Le problème de la guerre en Irak et en Syrie, ce n'est pas la religion. Ce sont les gazoducs et les oléoducs. »
  • 47:22PrésentateurFait
    « Des guerres impérialistes. »
  • 53:35PrésentateurPromesse
    « Si je suis élu, il y a des choses qui vont immédiatement cesser. La justice pourra saisir elle-même directement d'un dossier fiscal. »
  • 1:09:31PrésentateurFait
    « je ne fétichise pas l'euro mais de cet euro là je ne veux plus »
  • 1:10:28PrésentateurFait
    « le refus absolu de participer à une Europe de la défense qui revient à être en fourgon de l'OTAN »
  • 1:12:45PrésentateurChiffre
    « 400 euros ça coûte 400 milliards donc c'est très cher ce revenu universel »
  • 1:15:45PrésentateurPromesse
    « je suis pour sortir du nucléaire et le plus vite sera le mieux »
  • 1:16:52PrésentateurPromesse
    « la centrale de Fessenheim doit être fermée »
  • 1:26:49PrésentateurFait
    « les plateformes qui ont été protégées par monsieur Macron d'une manière absolument inouïe »

Temps de parole

  • Présentateur72 %
  • Locuteur non identifié18 %
  • Invité3 %
  • Invité 22 %
  • Auditeur2 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Présentateur

Bonjour à vous, bienvenue dans Questions politiques, l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde. Nous sommes ensemble, vous le savez maintenant, jusqu'à 14h. Notre invité aujourd'hui est Jean-Luc Mélenchon, candidat à l'élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon répondra à toutes vos questions à 13h15. Le standard d'Inter est d'ores et déjà ouvert, 01 45 24 7000. Vous pouvez également interroger Jean-Luc Mélenchon via franceinter.fr. Et avec Twitter et le mot-clé Question Paul.

0:37
Invité

Place maintenant au magazine politique. Soyez les bienvenus.

0:40
Locuteur non identifié

France Inter, questions politiques, Nicolas Demorand.

0:45
Présentateur

Avec au programme le portrait de notre invité qui sera signé Karine Bécard, le zapping politique de la semaine. Voici venu le temps de la gauche et peut-être des cerises, nous dira Laurence Perron.

0:55
Invité

Isabelle Véramasson du CNRS feuillettera les pages de la presse People.

1:00
Présentateur

Mais tout de suite le meilleur de l'humour politique d'Inter. Charline Van Lunecker dans le 7-9 de Patrick Cohen. Chronique consacrée à la nouvelle équipe réunie autour de Donald Trump.

1:11
Locuteur non identifié

Alors je vous résume. Aux finances, un ancien de Goldman Sachs. A la santé, un type contre l'avortement et contre la prise en charge de la contraception. A la justice et à la sécurité, deux militaires à la retraite. Dont l'un qui est en colère, l'autre qui est enragé. Et on a appris cette nuit qu'il a nommé ministre du travail, un patron de chaîne de fast food qui trouve que le salaire minimum est déjà trop élevé. Ah Trump, il a le don d'exploiter les talents de chacun. Alors pour la gestion des PME, il a choisi l'ancienne patronne du catch. Il y a des petits patrons qui ont intérêt à bien s'échauffer les cervicales. Le 49.3 c'est de la petite bière à côté des prises de soumission au catch.

Ça donna le Trump quand il hésite entre deux personnes pour un poste, c'est simple. Il regarde qui a le plus de followers. Le mec gère toute sa com' avec Twitter et même la diplomatie. Bernard Guetta est en panique. Hier matin, il m'a demandé de lui créer un compte. Il veut rester anonyme, donc il a choisi un pseudo assez sobre. Abraham Lincoln 75. Et il a envoyé son premier tweet à Obama. Hello Barack, I'm in guy. Smiley, lunette de soleil. Bernard, il est déjà dans la maîtrise. Bref, aux Etats-Unis, ça fait des années qu'on dit que les politiques sont manipulées par les milliardaires et les lobbies. Ben voilà, maintenant ils sont au gouvernement. C'est facile.

Pour former son cabinet, il lui a suffi de suivre la liste du magazine Forbes avec les mecs les plus riches des Etats-Unis. Si vous leur demandez le coût d'un pain au chocolat, ils sont incapables de répondre. Mais ils vous donnent le prix de la boulangerie. Je rappelle que Trump était le candidat du peuple. C'est pour ça que le sénateur démocrate de l'Ohio déclare, ses nominations laissent augurer, qu'il va violer ses promesses de campagne. Oui, enfin, pour ça, il faudrait d'abord qu'il les attrape par la chatte. Alors, Trump recrute des milliardaires incapables qui n'ont jamais fait de politique. C'est sans doute pour se sentir moins seul.

Le Washington Post se demande si des responsables publics venant de milieux aussi privilégiés ne vont pas faire une politique favorable aux riches. Et moi, je me demande si la réponse n'est pas dans la question. Imaginez ici Bernard Tapie, qui composerait son gouvernement avec Serge Dassault aux affaires étrangères. C'est déjà un peu le cas. Bernard Arnault au commerce. Ah, c'est le cas aussi. Pinault à la culture. Bolloré à l'emploi. Et Macron, Premier ministre. Ah là là, le rêve, hein, Dominique Seux ? Je reviens sur ce que j'ai dit au début. Non, non, on n'est pas dans du Tarantino. On est plutôt dans du Chuck Norris. Pas de scénario. De la testostérone partout.

Des répliques de moins de 140 caractères. Et à la fin, une grosse explosion.

3:31
Présentateur

Charline Von Hunecker. Extraordinaire moment. La semaine politique. Voici donc venu le temps de la gauche. Ça piaf dans les stalles à quelques jours du dépôt des candidatures officielles à la primaire organisée par le PS. Des chevaux de course, deux beaux yeux, un long nez et un merle moqueur en attendant le temps des cerises. C'est le zapping politique et poétique de Laurence Perron.

3:55
Locuteur non identifié

Ça y est, c'est parti. Des mois à ranger leurs freins. Mais maintenant, les chevaux sont lâchés sur le champ de course de la belle primaire de la gauche. On s'est permis de retirer le mot alliance. Depuis que le premier secrétaire du PS, jeudi, a choisi de se couper de certaines petites écuries.

4:08
Présentateur

On ne peut pas accepter Nouvelle Donne et M. Laroutourou, le MRC de Bastien Faudot.

4:17
Invité

La primaire de la gauche, ce n'est pas open bar. Et il faut mettre un peu d'ordre si nous voulons que M. Macron et Mélenchon puissent participer à cette prime.

4:28
Locuteur non identifié

En quelle langue faut-il lui dire à Jean-Christophe Cambadélis ? Lui aussi, longtemps, il a dit non à la primaire, non au débat de la gauche avec la gauche, non à la gauche égotiste qui se triture le nombril. Mais depuis lundi, l'aspirant président Valls est un homme de gauche réconcilié.

4:46
Invité

Ma candidature est celle de la conciliation. Elle est celle de la réconciliation. Mieux révolté. Rien n'est écrit. Nos vies valent mieux que les pronostics. Tu as de bons yeux, tu sais.

4:58
Locuteur non identifié

Sur son affiche, en tout cas, ils sont noirs et blancs, ces yeux. Benoît Hamon, affiche très odiard jusque dans le titre, faire battre le cœur de la France. Les yeux de Benoît Hamon, donc, qui bat la campagne, pour le moment le plus actif des candidats de la primaire, et qu'on ne lui fasse pas de procès en défaut d'incarnation présidentielle.

5:14
Invité

Moi, j'en ai connu qui faisait très président et qui ont été des mauvais présidents. Moi, j'assume de dire que je me sens comme le dépositaire d'une intelligence collective qui va bien au-delà de ma propre intelligence ou de ma propre capacité, à un moment, à prendre des décisions. J'aime beaucoup cette citation de Victor Hugo. Un lion qui imite un lion est un singe. Moi, je ne participerai pas au concours de grimaces qui consiste à vouloir faire président. Je vais te dire un truc. J'aime beaucoup les chevaux et tu as des yeux de cheval.

5:37
Auditeur

Ben, tu vois, je suis content qu'il m'ait mis dans cette cellule avec toi. C'est un peu comme si j'étais dans une écurie.

5:41
Locuteur non identifié

En attendant de savoir comment la gauche va pouvoir faire défiler ses plus beaux animaux, copyright Mélenchon 2011 pour l'image, on lave les écuries du mandat. Peine sévère pour l'ex-ministre Jérôme Cahuzal.

5:51
Auditeur

Le journal Alain Passerelle. Bonsoir.

5:54
Invité

Bonsoir. Trois ans de prison ferme pour Jérôme Cahuzal qui va faire appel. Pas d'aménagement de peine, donc. Le tribunal de Paris évoque une faute pénale d'une exceptionnelle gravité. Je dois prouver que quelque chose n'existe pas. C'est la raison pour laquelle je vais en justice. Aujourd'hui, je dois prouver mon innocence en justice. Mes accusateurs devront prouver que leurs allégations sont fondées. Ils auront du mal.

6:15
Locuteur non identifié

Tu pourrais lui dire la vérité ?

6:17
Invité

Je dément catégoriquement. Les allégations contenues sur le site Mediapart, je n'ai pas, monsieur le député. Je n'ai jamais eu de compte à l'étranger, ni maintenant, ni avant. Les yeux dans les yeux. Est-ce que vous avez eu un compte en Suisse ou pas ? Je n'ai pas. Je n'ai jamais eu de compte en Suisse, Jean-Jacques Bourdin.

6:36
Auditeur

Allons Pinocque, tu dois avouer maintenant. Madame la députée, si je suis une victime, je suis victime de moi-même.

6:41
Locuteur non identifié

Ah oui, l'exemplarité en politique, un véritable sacerdoce. Manuel Valls a pu l'éprouver assez violent. Lors de sa première sortie de candidat, c'était dans le doux.

6:49
Invité

Allez, en attendant que vienne le temps du cerise,

7:23
Locuteur non identifié

cette chanson, pour la petite histoire, était dédiée à Louise. Une révoltée de gauche aussi.

7:31
Présentateur

Noir Désir, Arnaud Leparmentier, silence dans les rangs. Bonjour d'ailleurs, puisque vous avez déjà pris la parole. Bonjour Nicolas. Vous êtes journaliste au quotidien Le Monde. Nathalie Saint-Cricq, bonjour.

7:42
Auditeur

Bonjour Nicolas.

7:43
Présentateur

Vous représentez France Télévisions à ce micro. Karine Bécard, bonjour. Bonjour. France Inter, mes chers amis, quel événement vous a marqué cette semaine ? Quel événement politique ou autre, Karine ?

7:52
Locuteur non identifié

C'est vrai qu'on a un nouveau Premier ministre et normalement, je devrais vous parler de ça. C'est suffisamment marquant quand on est journaliste politique. J'ai plutôt envie de vous parler de ce dont Laurence parlait au tout début de son grand reportage. C'est Jean-Christophe Cambadélis qui refuse un certain nombre de candidats, Nouvelle Donne, MUP, le mouvement des progressistes de M. U, qu'on a un peu oublié, du MRC. Et alors, donc, refus, sous prétexte que ce n'est pas des acteurs de la belle alliance populaire.

Et puis à côté de ça, ils disent, ben, ce serait bien, enfin, ils disent, ça serait bien qu'Emmanuel Macron vienne, que Jean-Luc Mélenchon, avec lequel on va parler pendant deux heures, vienne, etc. J'ai juste envie de dire, mais En Marche et le Parti de Gauche ne font pas non plus partie des acteurs de la France insoumise. Oui, alors la France insoumise également. Je ne crois pas que vous fassiez partie des acteurs de la belle alliance populaire. Donc, normalement, à eux non plus, on ne devrait pas tomber la main.

8:41
Présentateur

Déjà, ça porte la poisse de s'appeler belle alliance. C'est l'endroit où Napoléon était à Waterloo.

8:46
Locuteur non identifié

Donc, il y a cette espèce d'incohérence et de, je termine donc, du coup, et de parfait arbitraire qui n'était pas très élégant ou agréable à écouter cette semaine.

8:55
Invité

Et vous, Arnaud, c'est Notre-Dame des Landes. M. Cazeneuve, finalement, renvoie le bébé au prochain Premier ministre ou Premier Président. C'est un peu une histoire stupide, cette histoire, parce que chacun s'arc-boute pour dire « force est à la loi », ça a été décidé. Mais vraiment, on ne sait plus si c'est tout à fait utile de faire cette infrastructure. Même Nathalie Cossus-Comorisé, quand elle était au ministère de l'Environnement, disait « Ah là là, on a raté le coche et on n'a pas pu arrêter ça à temps ». Ce qui est quand même intéressant, c'est qu'on ne peut plus faire d'infrastructures, le barrage de Tignes et le noyage du village, on ne pourrait plus jamais faire ça.

Mais heureusement, EDF a des territoires autour de ces centrales et on pourra reconstruire des centrales nucléaires quand Mélenchon sera Président de la République.

9:31
Présentateur

Voilà, vous serez donc très heureux, Arnaud Leparmentier. Oui, il n'y aura pas de Notre-Dame-des-Landes si je suis élu.

9:36
Invité

Voilà la première position de Jean-Luc Mélenchon. Nathalie Saint-Cric, qu'est-ce qui vous a marqué cette semaine ?

9:43
Locuteur non identifié

Pour défendre ma boutique, c'est un reportage qui est au 20h de France 2, mercredi soir, fait par Caroline Sins, qui se passe à Sevran. On a des groupes de femmes qui s'appellent les Brigades des Mères qui se battent pour que les femmes puissent rentrer dans les cafés, pas pour faire grand-chose, pour prendre un café. Et on y entend, dans un endroit, un homme qui dit « Ici, on est comme au bled, il n'y aura pas de femmes ».

Donc c'était pour les soutenir à distance et puis pour alerter un peu tout le monde en se disant que vous qui êtes très proche des femmes dans votre programme et qui êtes très laïcard, il y a probablement quelque chose à faire pour certains îlots de la République où les femmes sont traitées comme il y a 500, 1000 ans, 3000 ans.

10:17
Présentateur

Il y a beaucoup de choses à faire contre les mentalités machistes. Je regretterais qu'une fois de plus, la banlieue serve d'exutoire pour la montrer du doigt ainsi que les gens qui s'y trouvent. Bon, il y a des gros imbéciles partout, quoi. Il faut bien voir ça. Il est quelle heure ? Il est 12h15 sur France Inter, l'heure du portrait.

10:38
Locuteur non identifié

France Inter, question politique.

10:42
Présentateur

Le portrait de Jean-Luc Mélenchon avec vous, Karine Bécard.

10:45
Locuteur non identifié

Oui, vous avez raison de dire « aïe, aïe, aïe ». On en parle à la fin du portrait. À première vue, Jean-Luc Mélenchon, vous apparaissez comme un homme à vif, un égocentrique, au langage de plus en plus fleuri et à la paranoïa indiscutable avec presque tous les médias. Voilà comment probablement une majorité de Français vous voit. Seulement, à y regarder d'un peu plus près, vous êtes surtout un ancien trotskiste avant d'être devenu socialiste, un philosophe, ça c'est votre formation, et puis un méditerranéen, né à Tanger, déporté dans le pays de Coe, où vous avez découvert à 11 ans que les pieds noirs comme vous, on les appelait des bicots.

Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon, à 65 ans, vous êtes un peu tout cela à la fois, un homme révolté, qu'il est impossible de freiner, et un passionné de politique, la politique à laquelle vous avez tout consacré. Parait-il que vous vous souvenez mieux des dates, des congrès, que les anniversaires de famille qu'il vous arrive d'oublier. Peu importe, vous avez côtoyé les plus grands noms du Parti Socialiste, et vous avez toujours trouvé votre place dans chaque nouvelle direction. Mitterrandien, vous avez été sous Mitterrand. Ça a été un petit peu plus compliqué avec Michel Rocard, avant de devenir emmanueliste sous Emmanueli, et jospiniste sous Lionel Jospin.

Résultat, politiquement, vous avez grandi très rapidement. D'abord, adjoint au maire de Massy, puis sénateur de l'Essonne, à 35 ans seulement, député européen, après avoir été nommé ministre. Attention, pas secrétaire d'État, ça, vous avez refusé, et vous avez dû patienter trois longues années pour devenir ministre délégué à l'enseignement professionnel. Sauf qu'après tout cela, après 2002, plus rien n'est vraiment pareil. Pour le coup, jamais vous n'avez été hollandais, et puis surtout, en 2005, le référendum vous transforme, le référendum sur la constitution européenne. Le PS est pour vous, Jean-Luc Mélenchon, contre.

Vous vous sentez isolé, plus proche finalement de la gauche de la gauche, que vous pourriez peut-être rassembler. C'est d'ailleurs exactement ce qui se passe en Allemagne, au même moment.

12:45
Présentateur

Et Jean-Luc Mélenchon va donc s'inspirer de Die Linke, pour créer le parti de gauche. Il rêve aujourd'hui d'un Podemos à la française. On n'y est pas encore tout à fait. Pourquoi, Karine ?

12:56
Locuteur non identifié

Parce que les contextes économiques, en France et en Espagne, ne sont bien sûr pas les mêmes. Mais ce n'est pas la seule explication. Si cela ne prend pas dans notre pays, malgré le bruit et la fureur que vous avez promis, Jean-Luc Mélenchon, c'est parce qu'aux yeux des Français, que vous le vouliez ou non, vous restez un professionnel de la politique. Un homme qui a passé 32 ans au Parti Socialiste. Vous aurez beau agiter une VIe République, convoquer une France insoumise, bougonner, vociférer, vous aurez toujours du mal à incarner ceux pour qui et ceux pour quoi vous vous battez.

La preuve, même si vous n'êtes pas le seul, vous n'avez toujours pas réussi à convaincre les ouvriers de revenir voter, sans compter vos excès qui finissent parfois par lasser. Une partie de la classe moyenne la plus diplômée et la plus politisée, une partie de cette classe moyenne vous a récemment abandonné. Ce qui ne veut pas dire que c'est raté pour 2017. Loin de là, surtout vu l'état du PS. La vraie difficulté pour vous, Jean-Luc Mélenchon, et forcément vous le savez, c'est votre personnalité. Elle a été essentielle pour émerger. Elle vous permet aujourd'hui d'exister.

Mais si vous voulez continuer à avancer, à vous imposer comme le candidat de la gauche, et pas seulement comme le candidat de la gauche de la gauche, il va falloir un peu gommer votre radicalité, modifier la manière dont vous vous exprimez. Ce que vous avez manifestement commencé à amorcer, reste à savoir combien de temps vous allez résister.

14:17
Présentateur

Magnifique portrait, Jean-Luc Mélenchon. Comme tous les portraits, il est subjectif. Je veux juste plaider sur deux points très rapidement. Le premier, c'est ma condition personnelle. Eh bien, oui, Léon Blum était critique d'art. Il est devenu le secrétaire du PS à plus de 50 ans. Il ne pouvait pas s'identifier avec ceux qu'il défendait. Jean Jaurès était professeur de philosophie. Il ne s'identifiait pas aux ouvriers de Carmo qu'il défendait. Je crois qu'on est ce qu'on fait. Et pas par une espèce de déterminisme social, ce que l'on devrait être. Si j'étais l'homme que j'aurais dû être, je ne serais rien.

Petit malentendant, pied noir, dans une famille de gens très simples et humbles, j'aurais dû rester à ma place. Alors, contrairement à d'autres, c'est vrai, j'ai dû ouvrir les portes souvent à coups de pied, parce qu'elles ne s'ouvraient pas autrement. Et qu'il y a une espèce de mur de verre social qui empêche les gens de circuler et de se trouver à la place à laquelle ils ne sont pas attendus. La deuxième chose, vous avez fait mon portrait des années de militantisme socialiste. J'étais un socialiste passionné. J'ai cru à ce parti et j'ai participé à toutes sortes de coalitions internes parce que j'étais socialiste et que c'était la règle du jeu de vivre en famille de cette façon.

Mais tout au long de toutes ces années, sans jamais m'en départir, à chaque congrès, quelle qu'ait été ma situation, j'ai déposé mon texte, fait valoir mes idées. Bref, j'ai écrit un livre pour raconter tout ça. Et ce n'est pas pour dire Jean-Luc Mélenchon est meilleur qu'un autre, ce n'est pas le sujet. C'est quelles idées cheminer à travers un homme comme moi, quels obstacles ces idées ont rencontrés, pourquoi tout d'un coup elles sont devenues totalement obsolètes, répandant une espèce de sidération chez tous ceux qui les avaient.

Et pour ce qui me concerne, c'est la certitude absolue que la fin de l'histoire n'est pas arrivée, qu'un monde sans pauvre est possible, et maintenant en plus, que si on ne fait rien, eh bien il n'y aura plus d'humanité du tout, parce que l'écosystème sera détruit. Alors on va en parler, M. Jean, restons une seconde sur votre tempérament. Non mais c'est bien, j'ai pu dire... Alors mon tempérament... Non, mais si, c'est important, c'est important.

16:23
Invité

Pourquoi vous nous faites régulièrement des incidents de séance, ou pas, comme avait Danny Cohn-Bendit l'autre jour ? Est-ce que c'est tripal ? Est-ce que c'est calculé ? Ça vous dessert, non ?

16:33
Locuteur non identifié

Attends, on va juste te rappeler quand même... Oui, Danny Cohn-Bendit a tutoyé Jean-Luc Mélenchon,

16:38
Présentateur

et vous lui avez demandé de le vouvoyer. Oui, parce qu'il me disait, Jean-Luc, Jean-Luc, comme si on était copains. Bon, chaque fois qu'il intervient quelque part, il dit pique-opante que moi, avec un vocabulaire qui est quand même bien chargé. Un coup, je suis un con. Le coup d'après, je suis un germanophobe. Vous savez plus défendre aussi, je pense, non ? Bon, donc, je n'aime pas cette ambiance que donnent les plateaux. Alors, on est censé être tous à tu et à toi. Et chaque fois que j'ai fait un effort pour être aimable, mes amis me l'ont ensuite beaucoup reproché en me disant...

17:06
Invité

C'est volontaire ou c'est pas volontaire ?

17:08
Présentateur

Ce que j'appelle vos coups de sang. C'est volontaire ou pas volontaire ?

17:10
Locuteur non identifié

C'est la stratégie ou pas ?

17:12
Présentateur

Vous avez la colère sur commande ou c'est éruptif et incontrôlable ? Les deux. Mais vous êtes tellement caractéristique d'un milieu social. Vous ne vous rendez pas compte que, d'abord, on peut être comme je suis sans être en énergumène. C'est vous qui êtes des gens étranges. Puisque, quelle que soit l'horreur d'une situation, vous êtes toujours aussi un pas vide, un léger sourire à la figure. Non, non, c'est pas vrai. Moi, je suis comme je suis et je trouve étrange qu'on m'interroge sur le sujet. Je suis comme je suis. Et, bon, à des moments, je dis ce que je pense. À d'autres, je le cache avec ruse. À d'autres moments, j'exagère. Mais parce que, quel est mon combat ? C'est convaincre.

Quand je sors... Regardez bien. La classe moyenne, elle a pour elle sa culture et son intelligence. Elle a contre elle le fait qu'elle n'a aucune ambition sociale. Et par conséquent, elle n'a que des ambitions individuelles et elle trouve toujours exaspérant qu'on parle trop fort. Les décibels sont un problème pour elle. Parce que chaque individu a réussi. Mais pourquoi vous vous fâchez ? Vous n'avez pas besoin de crier pour expliquer vos idées. Bon. Et puis, à l'inverse, dans tous les milieux populaires dont je viens, tenir tête est une vertu. Eh bien, moi, je suis entre ces deux mondes.

Parce que ma culture, le travail que j'ai fait sur moi-même tout au long de ma vie, fait de moi un être cultivé. Bon, c'est comme ça. Et en même temps, je suis l'angle de ce milieu. Je ne peux pas m'enlever la colère que la vie m'inspire. Et l'insurrection que je ressens n'est pas feinte. Quand je sors de chez moi et qu'il y a des gens couchés par terre, je suis très en colère. Et je n'arrive pas à en finir avec cette colère. Elle me touche depuis que je suis gamin et que ma mère m'a montré les pauvres gens malades dans la rue, couchés par terre. Bon, alors je ne vais pas me changer. Écoutez, je suis trop vieux maintenant. Il ne faut pas faire avec moi comme je suis d'Athalice.

18:52
Locuteur non identifié

Disons que vous enjouez un peu, parce que moi, je me souviens de votre livre, Président, qu'ils s'en aillent tous. Et on a tous reçu la dédicace. Et vous, avec, vous en aille. On peut imaginer que vous avez un léger esprit de système vis-à-vis des journalistes.

19:05
Présentateur

Non, ben là, c'est un peu du bourg, quand même. On l'a pris comme ça. Elle est très bonne, il faut dire. Bon, franchement, non. Bon, alors après, ils m'ont ressorti ça, je ne sais pas combien de fois. Bon, peut-être que j'aurais dû mettre des paroles plus consultées. Non, non, mais ça plaît toujours aux gens, les journalistes. J'ai mis et vous avec, parce que franchement, c'est ce que je pense. Comme ça, vous le savez. Bon, écoutez, malheureusement, on ne peut dégâcher qu'à 14h. Vous avez encore 1h40 avec nous, Jean-Luc Mélenchon. Et je tenais à vous dire, sur la question de la colère, que je suis moi aussi fils et petit-fils de pieds noirs. Et que chez nous aussi, on parle très fort.

Et on est éruptifs. Par vous, c'est votre métier. J'ai grandi, j'ai grandi dans les cris aussi. Et c'était un bonheur, c'était de la musique à mes oreilles.

19:48
Locuteur non identifié

Question politique, sur France Inter.

19:52
Présentateur

Isabelle Véramasson, bonjour. Bonjour. CNRS électrice de Press People.

19:57
Locuteur non identifié

Oui.

19:58
Présentateur

Pour les besoins de la cause.

20:00
Locuteur non identifié

Non, vous savez que je suis porte-parole dans cette émission. Bonjour, M. Mélenchon. Bonjour, madame. Je voulais parler...

20:06
Présentateur

Le CNRS a intérêt à ce que je sois élu, car sinon, il sera supprimé.

20:09
Locuteur non identifié

Bon, ben, écoutez, je vais... C'est dit. Non, pas par moi. Par les autres. Il ne importe pas le CNRS. Je vous avère. Voilà, peut-être aviez-vous ma voix. On va voir la fin. Alors, Jamil Daclia, qui est professeur à Paris 3 et qui est associé au laboratoire communication politique, a pris au sérieux la question apparemment frivole du traitement de la vie privée des hommes politiques par les médias. Il appelle ça la pipolisation de la vie politique. Alors, il y a des contempteurs, des défenseurs. Les premiers dénoncent le côté petit bout de la lorniette, le politique réduit à l'anecdotique, au croustillant.

Les autres pensent que la divulgation de la vie privée de nos dirigeants permet de rendre la politique plus proche des gens. Ceux qui sont pour la pipolisation pensent que le peuple est détourné des vrais problèmes, les luttes sociales, le chômage, en le berçant de rêveries sur les happy few, panem et circunces. Éric Neveu, qui emprunte à Bourdieu la notion d'allodoxia, dénonce le fait qu'on en vienne à juger les politiques selon les mêmes critères que le voisin de palier, la sympathie, l'humour, la compassion, etc.

En fait, la pipolisation de la vie politique, elle permet tout de même de rendre les nouvelles plus chaleureuses, plus accessibles, parce qu'on parle avec des arguments qui ne sont plus proches du peuple. Le people parle aussi de politique et il le parle à des gens qui ne s'intéressent pas en général à la politique. Alors, Jean-Luc Mélenchon, si on en juge par votre présence dans les médias people, depuis déjà 2012, vous avez confié votre vision de l'amour à l'hebdomadaire gala. Plus récemment, vous étiez là en closer, que vous qualifiez tout de même d'espace de liberté et vous répondez à l'adorable Karine Lemarchand sur votre ambition intime.

Et pourtant, la gauche a toujours eu des problèmes avec la pipolisation, pour des raisons politiques. Elle rejette traditionnellement toute forme de personnalisation de la politique ou d'individualisme en politique. Elle craint qu'on en amuse la galerie, elle parle d'aliénation. Jamile Daclia explique cette...

22:01
Présentateur

Oui, elle explique, allez-y, mais il faudrait que Jean-Luc Mélenchon puisse réagir

22:05
Locuteur non identifié

à Jean-Luc Mélenchon plus incisif, peut-être. Allez-y. Puisqu'il y a une étrange rencontre, tout de même, entre vous, leaders d'extrême-gauche, et ces médias people.

22:14
Présentateur

D'extrême-gauche ? Moi, vous la repeint pour la journée. Mais non, je ne suis pas d'extrême-gauche.

22:19
Locuteur non identifié

Alors, c'est peut-être pour ça que vous ne rencontrez les médias people, puisque les médias people vont de plus en plus vers les politiques, ce qui est un phénomène nouveau. Et vous, vous pensez que vous avez le moyen de toucher un public populaire, identifiable à votre électorat naturel, un public, je vous cite, qui a des goûts simples, qui ne se prend pas au sérieux. Et comme vous, ces médias ventriloques revendiquent au nom du peuple un esprit anti-élitiste, en même temps qu'un droit de regard sur les puissants. Alors, il y a là un double appel au peuple, que certains n'hésiteront pas à taxer de double populisme. Qu'en pensez-vous ?

22:49
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon. Bon, je mets de côté le mot populisme, parce qu'il est maintenant, heureusement, disputé, après avoir été le sac-fourre-tout de l'infamie, qui n'était pas parmi les happy-fews de la politique, car cela on n'en parle jamais, dans le cercle de la raison, qui pense correctement que les déficits doivent être jugulés, que l'austérité est excellente, que les gens se soignent trop, qu'on va à l'école et que ça coûte trop cher, etc. Ça, pour moi, c'est ça, le joli monde. C'est celui qui pense de la même manière, et qui a mis sur le bord de l'assiette ce qu'il appelle les populistes, étant dans un même sac, Mme Le Pen et moi-même.

Donc, déjà, commençons par dire que nous ne voyons pas les choses de la même manière, mais vous, vous êtes dans une attitude savante, donc ce n'est pas la mienne. Moi, je suis un protagoniste, un acteur. Pour moi, un acteur d'un combat. La question n'est pas de savoir sur quel terrain je vais aller. C'est ce que j'ai à y dire et à y faire. Quand je suis allé voir Closer, c'est pure provocation. De ma part, c'est moi qui ai voulu y aller. Et je leur ai... Eux avaient intérêt. Et moi, j'y avais un intérêt. Et j'ai fait une interview qui ne parlait que de politique, dont le titre était « Le travail du dimanche est encore les femmes qui vont payer ».

Et dans l'interview, je dis par moquerie, à l'égard de quelques-uns qui sont autour de cette table, je dis, vous allez voir...

24:01
Auditeur

Ah, c'est moi ? Oui, c'est mon travail de dimanche.

24:04
Présentateur

Oui, mais moi aussi en ce moment. Et je dis, vous allez voir, ils vont critiquer d'où je parle et pas ce que je dis. Et c'est exactement ce qui s'est passé. Donc, pour nous, grand moment d'allégresse et de rigolade. Quant au reste, quand je vais, par exemple... N'oubliez pas Gala. Tous les ans, j'ai une interview de rentrée qui marche très bien. Une fois, j'ai fait la rentrée des classes. J'en ai profité pour dénoncer le manque de postes. La rentrée suivante, j'ai parlé des protéines carnées, qui est un sujet très complexe, à travers la salade de quinoa. Aussitôt, tous les journalistes politiques ont rigolé de la salade de quinoa, et pas un n'a parlé de protéines carnées.

Donc, ça crée une complicité entre ceux qui me lisent et moi, dans le sarcasme à l'égard de la sphère médiatique, d'une part, et d'autre part, parce que des sujets arrivent sur la table, ils disent, tiens, pourquoi il dit ça ? Ah, ça fait réfléchir. Et voilà, et j'ai gagné. Il est midi 28, les titres du journal de 13h. Yves Decamp, bonjour.

24:53
Invité

Bonjour. Faire tout ce qu'on peut pour Alep. Trois députés français embarquent tout à l'heure à Orly, direction Gaziantep en Turquie. Cécile Duflo, Patrick Menucci, le républicain Hervé Mariton veulent se rendre en Syrie pour alerter sur le sort de la ville martyr où des milliers de civils continuent de fuir. Jour de deuil en Turquie après le double attentat d'hier à Istanbul, qui a fait 38 morts. Ce matin, c'est au Caire qu'une bombe a tué au moins 25 personnes dans une église copte orthodoxe. L'attentat n'a pas été revendiqué. Dans le journal de 13h également tout à l'heure, y a-t-il une affaire Paul Nareff ?

Selon le JDD, les producteurs du Chanteur le soupçonnent d'avoir menti sur son état de santé pour justifier l'annulation de ses concerts à Paris et à Nantes. Son entourage dément absolument. Et puis Alexis Peintureau en pleine forme à Val d'Isère. Après avoir gagné le Géant hier, le Français a remporté ce matin la première manche du slalom, enfin l'affiche de la Ligue 1 de football. C'est ce soir Paris-Saint-Germain-Nice, un favori mal en point face aux Niçois qui font depuis le début de saison déjà la course en tête.

25:54
Locuteur non identifié

Merci à vous Yves Decamp. C'était donc les titres du journal de la mi-journée. Prochain rendez-vous avec vous, ce sera à partir de 13h pour un journal complet. Précision faite que le bulletin de météo vous sera bien sûr donné à 12h59. Dans quelques secondes, vous allez pouvoir retrouver Questions politiques en partenariat avec Le Monde, France Télévisions, une émission diffusée en simultané sur France Inter et France Info bien sûr, chaîne de télévision du canal 27 de la TNT. C'est avec bien sûr Nicolas Demorand. Ici tout de suite, vous êtes sur France Inter.

26:24
Présentateur

Bonjour et bienvenue à ceux qui nous rejoignent. Questions politiques, c'est l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde. Vous pouvez également nous suivre et je sais que vous y êtes nombreux en direct sur Facebook.

26:48
Invité

Notre invité cette semaine, Jean-Luc Mélenchon, avec lequel on a déjà eu le plaisir d'amorcer la conversation.

26:53
Présentateur

Rebonjour à vous aussi et merci d'avoir accepté notre invitation. Merci de m'avoir invité. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle. Vous répondrez aux questions des auditeurs

27:04
Invité

et des téléspectateurs à 13h15, 01 45 24 7000,

27:09
Présentateur

franceinter.fr, Twitter avec le mot-clé Question Paul. A mes côtés, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions, Arnaud Leparmentier du Monde, Karine Bécard de France Inter. On va commencer, Jean-Luc Mélenchon, par parler de la France tout simplement. Vous publiez un livre aux éditions du Seuil qui est plus qu'un ensemble de mesures techniques. C'est un livre qui décrit un autre monde, qui décrit une autre France. Est-ce que vous pourriez nous dire quel est le modèle d'inspiration de cette autre France ? Quel modèle avez-vous en tête ? Deux choses sont une histoire profonde, ça va de soi.

L'expérience acquise en allant d'un pays à l'autre avec curiosité, examiner de plus près ce qu'étaient les révolutions démocratiques en Amérique latine, leurs réussites et leurs échecs, pas seulement de l'enthousiasme aveuglé. Et puis, ensuite, une prise de conscience qui, je crois, maintenant, est très répandue dans notre pays. Tout le monde comprend qu'on ne peut plus continuer comme ça, ni avec autant de misère et d'inégalité, ce qui est un aspect assez traditionnel du combat dans mon existence et dans celle de beaucoup de ceux qui m'écoutent en ce moment, mais surtout avec l'idée que le monde est en train de rencontrer une frontière qui est celle de la destruction de l'écosystème.

Chaque année, la date d'entrée dans la dette, c'est-à-dire le moment où la planète n'arrive plus à reconstituer ce qu'on lui a pris, recule. Nous sommes maintenant rendus au mois d'août. Ce que le moindre vigneron de ce pays sait, c'est qu'on vendange de plus en plus tôt et ainsi de suite. D'innombrables signaux sont là. Et ça, ça nous fonde, à la fois c'est angoissant, mais c'est en même temps un défi qui est passionnant parce que ça nous refonde tous dans notre commune humanité.

Et donc, un homme comme moi qui a passé la plupart, la grande partie de ma vie à défendre un intérêt qui était essentiellement un intérêt de classe, des travailleurs, des salariés, me voici rendu à dire qu'il y a un intérêt général humain et on peut régler là en réglant l'autre.

29:11
Invité

Arnaud Leparmentier. Si on revient quand même sur les inspirations politiques, est-ce qu'il y a un modèle, un moment de l'histoire de France qui vous marque plus ? 1789, 1793, la commune de Paris et vous proposez une constituante dès que vous arrivez au pouvoir. Donc, expliquez-nous un peu dans quel état de révolte, révolution, réforme, on sera comment quand vous arrivez au pouvoir ? C'est quoi ? Quel est le moment historique qui vous inspire le plus ? Jean-Luc Mélench.

29:32
Présentateur

Dans l'histoire de France. Les moments historiques sont nombreux puis vous me connaissez M. Leparmentier. Alors, j'ai le goût de ceci, le goût de cela. La commune, ça me parle. La révolution de 1789, je pense que c'est ça qui nous rend tous français, si divers que soient nos origines aux uns et aux autres. Bon, mais tout ça, ce sont des choses dont il faut se nourrir mais face auxquelles il ne faut pas être subjugué ni vouloir reproduire.

Par contre, ce qui est sûr, c'est que dans la grande aventure des français, il y a cet événement de la révolution de 1889 qui nous apprend beaucoup de choses et qui s'est propagé au monde entier au point que souvent, ce n'est pas nous qui en avons été le plus digne des leçons.

Alors, le grand événement, c'est évidemment la convocation d'une assemblée constituante formée pour une part de gens tirés au sort, pour une part de gens élus et le peuple français va en quelque chose se redéfinir ensemble en se reconnaissant des droits, en établissant des règles, en modernisant les droits parce que voyez-vous inscrire dans la constitution le droit à l'avortement pour qu'il ne soit pas remis en cause à chaque fois, le droit au suicide assisté, ce sont des droits fondamentaux de la personne sur elle-même, ce sont des questions graves, sérieuses, qui ne se tranchent pas d'après des opinions partisanes, mais d'après des convictions philosophiques, d'après des...

Il faut ce débat, la règle verte dans la constitution.

30:50
Invité

Est-ce qu'on reste sur le socle de la déclaration

30:51
Présentateur

des droits de l'homme 1789 et le préambule de 1946, si je ne me trompe pas ? Ça ne vous touchez pas ? Ça reste fondateur. Eh bien oui, la déclaration des droits de l'homme inscrit dans quel cadre toute constitution politique doit s'inscrire, puisque les droits de l'homme de la personne humaine, on va dire, parce que c'est très daté de dire les droits de l'homme, les droits de l'être humain, sont inaliénables, imprescriptibles, non négociables, et toute tentative, toute orientation politique doit prendre place là-dedans.

Par exemple, sur une question fondamentale, comme la démocratie, je l'évoque de moi-même, parce que dans le passé, dans ma famille politique, le camp socialiste, c'était une question qui était discutée. Bon, je dirais qu'aujourd'hui, c'est le contraire. Ce sont les gens de ma sorte qui plaident pour la démocratie tout le temps, le votent autant qu'on peut, et les libéraux qui font les coups de force, comme en Grèce, à Chypre, ou ailleurs, et qui réduisent les droits des peuples en considérant qu'ils ne savent pas bien ce qui est bon pour eux. La Commission européenne le sait à leur place et ses commissaires.

Donc, on voit qu'il y a eu un retournement dans l'histoire, et ce retournement, je crois, en être un des acteurs, en propageant la doctrine qui est décrite dans l'ère du peuple, et dont vous avez la finesse de reconnaître que, dans l'Avenir en commun, qui est mon programme politique en diffusion en ce moment, il y a cette vision du monde qui l'organise. Ce n'est pas une collection de mesures, c'est vraiment une vision du monde. 3 euros,

32:17
Invité

ça vous rapporte beaucoup d'argent, 3 euros.

32:19
Présentateur

Bon, ça va Arnaud, là, on peut faire tourner la parole. Non, mais sinon, on arrête. C'est justement 3 euros, ce n'est pas fait pour apporter de l'argent. Merci Nicolas. Karine Bécard, Nathalie Saint-Cricq.

32:29
Locuteur non identifié

Je trouve ça très romantique, en fait, cette idée de convoquer une assemblée constituante. Je ne vois juste vraiment pas comment, très concrètement, et les gens ont envie sans doute de savoir comment concrètement on organise tout ça dans un pays de 66 millions de Français avec des gens qui n'auront sans doute pas tout à fait envie de prendre part à tout ça, qui ne sont pas fascinés et passionnés autant que nous de la vie politique. Donc concrètement, ça ressemble à quoi ? Vous convoquez tout le monde dans la salle des pas perdus à l'Assemblée nationale ?

32:52
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon. Non, il ne faut pas faire de caricature, ce n'est pas bien. D'abord, cessons de prendre les gens pour des imbéciles, ça fera une grande différence. Ce n'est pas ce que je fais. Les gens se passionnent de politique, et les Français en particulier. Nous sommes et nous restons la grande nation politique, demandez-le, à n'importe lequel de vos confrères dans notre pays. Il n'y a qu'en France qu'on parle tout le temps de politique partout, au bar, au bistrot, dans le taxi, dans la rue. C'est une passion collective parce que nous sommes les enfants d'un terrible tremblement de terre qui est les années de la grande révolution et puis de la libération.

Bon, alors, comment ça se passera ? On élit une Assemblée, voilà tout. L'article 11 de la Constitution permet, de l'actuelle Constitution permet la convocation par référendum d'une Assemblée constituante. Bon, ben, elle se réunit. On peut y mettre cette nouveauté que moi je propose qu'on y introduise qui serait des gens tirés au sort et d'autres élus parce que le tirage au sort ce n'est pas plus démocratique. C'est une des formes de la démocratie mais il faut qu'il y ait le débat. Il y a des sujets très profonds comme j'en ai évoqué tout à l'heure les droits nouveaux à introduire dans la Constitution. Ils ne relèvent pas strictement de la coupure partisane.

Mais par contre, une question, est-ce qu'on veut une République parlementaire ou une République présidentielle ou à cheval entre les deux ? Ça, ce sont des points de vue sur lesquels les gens doivent pouvoir désigner des parlementaires. Je termine en disant que pendant que cette Constitution travaille, eh bien, la Constitution actuelle s'applique. Et si je suis le Président de la République et pour cause puisque sinon cette Constituante n'est pas convoquée, eh bien, on gouvernera sur la base de ce programme. Un mot encore, s'il vous plaît. Vous parliez du peuple. Je trouve très intéressant que vous fassiez mention de ça.

On ne délèguera pas à la Constituante tout pouvoir et puis ensuite rendez-vous quand elle aura fini d'écrire. J'ai vu des expériences de Constituante que j'ai trouvées bouleversantes, notamment en Équateur où on avait changé le lieu où se tient la Constituante, ce n'est pas la capitale, et des milliers, je peux dire, des dizaines de milliers de gens s'y rendaient en délégation venant des villages, des tribus, des usines pour faire leur demande, ce qu'ils souhaitaient qu'on introduise. Et je crois que c'est comme ça qu'il faudra faire.

Alors moi, je suis dans une difficulté, je ne peux pas dire ce qu'il y aura dans la Constitution après avoir dit que je suis contre la monarchie présidentielle. Donc, Nathalie Saint-Cré.

35:07
Locuteur non identifié

Sur la philosophie de votre VIème République, vous écrivez dans votre livre qu'il faut lutter contre les communocatarismes frifiéleusement entretenus. Vous dites également qu'il faut renforcer les anticorps républicains. Quelle est exactement votre position sur la République ? Et je reviens un petit peu sur cette idée de laïcité puisque vous dénoncez le communautarisme. Vous êtes quelqu'un qui est un militant laïc. Concrètement, est-ce que ça se traduit dans votre préambule, dans votre Constitution et comment ?

35:31
Présentateur

Est-ce que ça change dans ma vision des choses ? Oui, je suis très profondément anti-hostile au communautarisme. Mais tous les communautarismes. C'est-à-dire aussi bien celui qu'exprime le CRIF d'une manière hargneuse que l'on connaît que d'autres organisations communautaires. Je suis contre le communautarisme. Nous sommes tous français et nous ne relevons que de la loi. Nous n'avons pas d'autres représentations que nos députés. Alors, ils nous plaisent ou ils nous déplaisent, mais nous nous soumettons à la loi et à ce mode de représentation. Donc, le communautarisme est un problème aujourd'hui parce qu'il va contaminant.

J'ai vu qu'il y avait un conseil représentatif des associations noires de France. Eh bien, je suis très hostile à cette forme d'organisation. J'ai vu, il n'y a pas longtemps, qu'il y avait une réunion qui paraît-il était racialisée et où un journaliste a cru intelligent d'aller. Non, je ne suis pas d'accord avec ça. Mais concrètement,

36:21
Locuteur non identifié

par exemple, vous dites, on ne finance aucun monument. C'est-à-dire qu'en gros, il y a tant de millions de musulmans qui ont des salles de prière pourries, on ferme les yeux et on ne veut pas savoir ?

36:29
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon. Non, mais vous n'avez pas le droit de parler comme ça, fermer les yeux, pas le droit...

36:34
Locuteur non identifié

J'ai pas le droit.

36:34
Présentateur

Qui êtes-vous pour réclamer à leur place des choses qu'ils ne vous demandent pas ? Quand avez-vous vu... Vous savez très bien que le problème

36:39
Locuteur non identifié

de la construction des mosquées se pose ?

36:40
Présentateur

Quand avez-vous vu une délégation de musulmans veniez-vous dire payez-nous une mosquée ? Rappelez-moi quand c'était et qui composait cette délégation ?

36:47
Locuteur non identifié

Il n'y a pas d'organisation suffisamment construite.

36:49
Présentateur

Jamais aucun croyant n'a demandé à l'État d'aller financer... On essaye de s'entendre à Bordeaux pour construire une mosquée. On essaye de s'entendre à Marseille. Oui, il y avait un projet. Peut-être bien, mais je veux vous dire qu'attention aux gens qui s'autoproclament représentants des religions et font valoir leurs droits. Pour moi, les bâtiments cultuels sont payés par les fidèles point final. C'est simple et clair comme position. Pas de taxe à l'âme,

37:12
Auditeur

rien pour financer le culte.

37:14
Présentateur

Les croyants se payent leurs bâtiments et font leurs prières comme il leur convient car la liberté de conscience est fondatrice de la laïcité. Je voudrais le rappeler. La laïcité n'est pas une religion, n'est pas un point de vue parmi d'autres. C'est un mode d'organisation de la vie ensemble. Donc on sépare les églises de l'État de manière absolument stricte je dis les églises pour englober tout le monde, toutes les religions quelles qu'elles soient.

37:37
Locuteur non identifié

Mais vous surveillez quand même ce qui se dit à l'intérieur des mosquées ou pas ?

37:41
Présentateur

Dans ce pays, il est interdit de conspirer contre la République. Il est interdit d'injurier des gens à raison ou de leur sexe ou de leur conviction et cela est puni. Mais il n'y a pas besoin d'inventer des lois nouvelles. Il faut appliquer celles qui existent. Ce qu'il faut faire avec force et vigueur, c'est s'interdire les traitements particuliers. Par exemple, protester contre les prières de rue des musulmans et ne rien dire quand il y a des prières de rue de fanatiques qui s'en vont devant les cliniques ou les hôpitaux où l'on pratique l'IVG.

Il faut être le même dans toutes les circonstances et surtout, je voudrais exprimer le point de vue d'une masse de Français qui sont accablés de ces histoires de religion et qui en ont par-dessus la tête. La plupart d'entre nous, croyants ou incroyants, souhaitent avant toute chose qu'on respecte leur droit à une pratique religieuse ou, pas pratique religieuse, privée, personnelle, sans ostentation. Or, tous les cultes, m'entendez-vous ? Tous, notamment au niveau européen, réclament la possibilité de cette ostentation, c'est-à-dire qu'on les voit, qu'ils soient dans l'espace public.

Ça a même été mis parmi les droits fondamentaux du traité de Lisbonne par une annexe, pas directement dans le traité, fort heureusement, par une annexe. Eh bien, moi, je suis contre tout ça. Alors, après, ça donne que sur le territoire de la République française, je suis pour l'abolition du concordat, que je ne confonds pas avec le droit social en Alsace-Moselle. Le droit social d'Alsace-Moselle, je propose plutôt qu'on l'étende à tout le pays. Je propose qu'on abolisse les conventions de Charles X qui s'appliquent à la Guyane française, etc., etc. La laïcité, c'est simple.

Si tout le monde s'y met avec l'état d'esprit ouvert qu'on doit avoir, qui ne doit pas être un état d'esprit de hargne contre les uns ou les autres. Mais la religion chez elle, l'État chez lui. Voilà. Il n'y aurait pas de règle plus simple que ça. Les 100 jours, Arnaud le Parmentier. Comment vous commencez par diriger les 100 jours ? C'est quoi vos 5 premières mesures ? Alors, on a parlé de la constitution, donc ne revenons pas là-dessus. Qu'est-ce que vous faites ? Pourquoi ne revenons pas là-dessus ? C'est décisif. Vous avez en parlé longtemps. Ah bon, pardon. Vous faites concrètement. C'est quoi les 5 premières mesures ? Ça, c'est le truc du journaliste. Les 5 premières mesures.

Mais tout se tient. Mais les urgences, les priorités. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dis ? Je vais prendre mes chapitres un par un. On a déjà fait la 6ème République. Donc, on passe au suivant. Ça s'appelle Partager la richesse. Bon. Eh bien, on commencera par augmenter. Pourquoi ça vous va ? Ça, c'est bien, non ? Alors, on change la fiscalité. Ça, c'est le modèle le plus simple. Tout le monde le comprend. Évidemment, il faut augmenter les salaires. Mais on va d'abord parler de la fiscalité. Aujourd'hui, la fiscalité fait ployer la classe moyenne. C'est-à-dire, les uns ne payent rien. Au milieu, ils payent tout. Et puis, à l'autre bout, ils font tout ce qu'ils peuvent pour se sauver.

Carapater à la première occasion. Partir en Suisse ou ailleurs ou en Belgique. Alors, ça, évidemment, pour eux, la fête est finie avec moi. Puisque j'établirai la taxation différentielle. C'est un truc que les Américains ont inventé. Ils se font respecter. Vous savez, ils téléphonent dans les banques françaises. Et ils demandent, ils exigent des banques qu'elles disent quand il y a un soupçon d'américanitude.

40:43
Invité

Donc, un français est taxé partout dans le monde, où qu'il soit sur tous les biens.

40:46
Présentateur

Alors, il est taxé de la façon suivante. On n'a pas non plus l'assassiné. Bon, il est taxé de la façon suivante. Il paye ses impôts dans le pays dans lequel il se trouve. C'est normal. Mais ensuite, il faut voir si ça correspond. Qu'est-ce qu'il aurait payé en France avec ce qui reste ? Eh bien, on le taxe là-dessus. C'est mon cas. Comme député européen, je suis taxé d'abord à l'Europe. Et puis ensuite, je déclare mes revenus au fisc français, qui fait la différence. Si j'ai trop payé, il m'ordonne. Si je n'ai pas assez payé, il m'en prend. Et je trouve ça très bien.

De cette manière-là, on oubliera le fantasme de toute discussion sur la fiscalité, qui est de dire, il y a ceux qui vont se sauver. Eh bien, ils se sauveront peut-être, mais ils n'iront pas loin. En tout cas, pas du point de vue du fisc, parce que nous les rattraperons. Ça, c'est la première chose. Est-ce que vous redoutez un moment panique à bord, comme il y a pu avoir en 1981, quand la gauche est arrivée au pouvoir, et que ça a été stupeur et sidération ? Quand on parle des 100 jours... Le franc, le franc ! Voilà. Quand on parle des 100 jours, est-ce que vous imaginez ce type de réaction-là ? C'est possible. Il y a toujours des gens étranges.

Je me rappelle, en 1981, on en a attrapé à la frontière. Oui, qui partaient avec des valises. Bon, on emmène, comme disait Danton, on n'emmène pas la patrie à la semelle de ses chaussures.

42:00
Invité

Au bout de deux ans, ça a été marche une arrière toute. Vous êtes quand même revenu... Enfin, vous n'étiez pas au gouvernement...

42:04
Présentateur

Oui, oui, non, mais j'étais déjà dans la course, j'étais militant.

42:07
Invité

Il y a eu... On remet... On rentre dans le rang. On a eu la même chose avec votre ami Tsipras en Grèce. Non, ce n'est pas le même cas. Même après son référendum, il a dû rentrer dans le rang, reprendre l'austérité. Donc, au bout de combien de temps, Mélenchon rentre dans le rang ?

42:18
Présentateur

Vous allez... D'abord, soyons méthodiques pour ne pas tout embrouiller. En 1981, il était possible de conspirer contre la monnaie française. Nous avons eu quatre dévaluations, un contrôle d'échange et quoi encore ? Un emprunt forcé. Je le dis pour tous ceux qui continuent tant d'années après de s'ébahir du fait qu'en 1983, il ait fallu adapter la tactique. Et contrairement à ce que vous dites, M. Le Parmentier, ce qui m'étonne beaucoup, car vous êtes amoureux de la vérité, nous n'avons strictement rien changé. C'est-à-dire que tout ce qui était pris, on l'a gardé. Et c'était ça, l'objectif. C'est-à-dire que tout ce qui a été nationalisé est resté nationalisé.

Les augmentations de salaires sont restées. Les augmentations de minima sociaux sont restées. Mais on a mis le doigt dans un engrenage, j'en combien, qu'à l'époque, on ne connaissait pas. Bon, maintenant, on le connaît. Mais justement, entre-temps, nous avons eu l'euro. Et moi, je réagis sur la question de l'euro comme le représentant d'une grande économie du continent qui ne s'effacera pas comme ça. Les Allemands, c'est 20% de l'économie du continent. Ils vendent surtout des voitures et des machines-outils. Et les Français, c'est 18% qui vendent un peu de tout et fabriquent un peu de tout quand leurs gouvernants ne vendent pas les usines aux autres. Bon, nous voilà tels que nous sommes.

Et dans cette situation, nous avons les moyens de faire entendre notre voix. Et c'est ce qui se passera avec moi. Jean-Luc Mélenchon, Jean-Luc Mélenchon, c'est la raison pour laquelle vous ne pouvez pas dire... Pardon, M. Demorand, mais vous ne pouvez pas dire... J'essaie de distribuer harmonieusement la parole. Ce ne sera pas comme Tsipras, parce que Tsipras est 2% de l'économie européenne. Et au demeurant, il a eu tort de céder. Mais il lui manquait cette expérience du rapport de force, qui est peut-être inhérente à mon mauvais caractère, que vous soulignez tout à l'heure. Mais moi, je ne me laisse pas faire. Donc, on ne m'impressionne pas.

Et quand, si j'avais été Tsipras, même avec 2% de l'économie européenne, j'aurais dit, en jetant de grosses larmes, je suis désolé, j'adorerais payer, mais je ne peux pas. Donc, décréter la banqueroute de la Grèce, je m'en vais. Eh bien, à ce moment-là, les Français payaient 40 milliards et les Allemands, 65. Je vous garantis que Mme Merkel aurait couru dans le couloir pour rattraper M. Tsipras et le ramener à la table, en lui disant, attendez, on va arranger ça. Et on peut arranger ça. On peut maintenant parler, si vous voulez, des difficultés financières de l'Europe. C'est peut-être le moment de le faire.

Mais, franchement, quand on en est à voir, le banquier central, imaginez, qui donne tous les mois 60 millions de SMIC aux banques, parce que c'est ce qu'il fait en donnant 80 milliards tous les mois, vous le savez comme moi, M. Le Parlementier, qui ne donne aucune espèce de résultat. Pardon de vous dire qu'un Mélenchon qui arrive là, quand il dit, c'est pas la bonne méthode, vous avez les gens qui écoutent, ils se disent, il a peut-être raison, quand même. Non, Nathalie Saint-Cricq, pardon.

44:50
Locuteur non identifié

Je veux bien parler ? Oui, c'est tout à fait compréhensible. À propos de l'attitude de chacun quand le Mélenchon arrive et qu'on se calme, il y a un certain nombre de choses qui sont un peu idéalistes, voire naïves, dans votre programme. Je parle notamment des réfugiés. Il y a en tête de chapitre une phrase qui est, éviter aux migrants de devoir fuir leur pays. On est tous d'accord, la suite, c'est arrêter les guerres par une diplomatie active. Est-ce que vous ne pêchez pas régulièrement en rêvant d'un monde merveilleux, pas forcément financé, ou vous pensez que simplement quand vous allez arriver, les migrants vont rester chez eux ?

On comprend bien ce que ça veut dire, mais est-ce que ce n'est pas un peu facile d'avoir un programme comme ça ?

45:22
Présentateur

Oui, arrêter les guerres, c'est vraiment un exercice très facile. Vous n'avez qu'à voir ce qui se passe. Madame Saint-Cricq, il y a deux possibilités. Vous en avez expérimenté une, pas vous, pardon, mais on en a expérimenté. Ils ont expérimenté pendant plus de 15 ans une méthode. Voilà, on prend les gens, on les jette à la mer, on les bloque si on peut, accord de Dublin, chacun se débrouille avec les gens qui arrivent sur leur côte, etc. Et vous voyez, ça marche du feu de Dieu. Non, il n'y a rien qui marche.

C'est une aberration et nous aboutissons à des horreurs du genre la jungle de Calais, des milliers et des milliers de gens sur les routes en train de marcher avec les gosses dans les bras et se faisant matraquer à chaque frontière, etc.

45:57
Locuteur non identifié

Ce n'est pas quelque chose qui est subi, ce n'est pas quelque chose qui est choisi. Même si vous arrivez, vous n'allez pas les forcer à rester chez eux.

46:02
Présentateur

Prenons les choses dans l'ordre, on peut peut-être essayer autre chose qu'à intervalle régulier d'installer des barbelés, de creuser des fossés et de mettre des murs. On peut peut-être essayer autre chose, mais j'en conviens. Vous pouvez en rester où vous en êtes, parce que c'est ce que proposent de faire les autres. Mais non, ils ont fait du développement en Afrique. Vous savez, très bien qu'il y ait des aides bilatérales pour maintenir les gens en Afrique. C'est très précis, mon affaire. Arrêter les guerres, c'est une chose très précise. C'est un travail de diplomatie. Il faut arrêter les guerres, on sait le faire.

Si on discute des problèmes qui se posent aussi longtemps qu'on fait semblant de croire qu'en Syrie et en Irak, le problème de la guerre, c'est la religion, on n'arrivera à rien. Parce que le problème de la guerre en Irak et en Syrie, ce n'est pas la religion. Ce sont les gazoducs et les oléoducs. Si on s'assoit autour de la table et qu'on dit, vous autres les Qataris, au lieu de vous cacher là-bas derrière, vous autres les Saoudiens, au lieu de vous cacher, vous les Turcs, au lieu de faire semblant, venez parler de ce qui nous intéresse tous. Parce que nous ne supportons plus cette guerre.

46:59
Invité

Il n'y a pas de gazoducs, M. Mélenchon, il n'y a pas de gazoducs en Afghanistan, il n'y a pas de gazoducs au Mali, il n'y a pas de gazoducs en Érythrée.

47:05
Présentateur

Vous me décevez cruellement. Vous me décevez cruellement. Il n'y avait pas de gazoducs en Afghanistan.

47:10
Locuteur non identifié

Il faut que vous passez au-dessus de l'Afghanistan.

47:12
Présentateur

Exactement. Et tout le monde se battait pour savoir si ça traverserait d'un côté pour aller en Inde ou si ça irait du côté de la frontière méditerranéenne. La guerre d'Afghanistan n'a pas d'autre raison d'être que celle-là. Des guerres impérialistes. Donc ce sont des guerres traditionnelles pour l'accès aux matières premières, pour l'accumulation de la richesse. Et dans l'affaire de la Syrie, c'est tout à fait ça au point de départ. Et on prend cet exemple, la guerre. Vous voyez, j'ai été choisir le dossier le plus embrouillé. La guerre d'Irak et de Syrie.

Dans laquelle chaque jour, vous les journalistes, vous êtes oubliés de tout réexpliquer pour expliquer pourquoi le Turc qui hier était un allié, le lendemain devient un faux frère. Pourquoi un jour ils tirent sur les Kurdes qu'ils combattent Daesh tout en prétendant qu'ils combattent les islamistes. Tout ça, c'est tellement compliqué que les gens finissent par se dire tout ça c'est bien ou atteint. Mais moi je dis que ces guerres doivent s'arrêter. Et la France de M. Mélenchon fait quoi ?

47:58
Invité

La France de M. Mélenchon fait quoi ? Vous dites, je sors de l'OTAN.

48:00
Présentateur

Est-ce que vous êtes une France qui intervient ou une France qui se replie

48:04
Invité

ou qui joue son rôle à hauteur de sa population et de sa richesse dans le monde ?

48:08
Présentateur

Non, le rôle de la France est considérable. Du fait de sa richesse, nous sommes la cinquième ou la sixième puissance du monde, ne l'oubliez jamais. Deuxièmement, nous sommes bien armés, bien équipés pour intervenir. Gardez le nucléaire français, tout ça ? Alors attendez, je viens de prendre le cas des guerres. J'ai pris le cas des guerres. Maintenant il y a un autre cas qui nous concerne directement au niveau européen, c'est les accords que nous passons avec les pays africains. C'est-à-dire des accords où l'Europe exporte son modèle économique. Elle le dit, c'est écrit dans son traité, n'est-ce pas ?

Elle exporte le libre-échange et elle l'impose à des pays qui ne sont pas en état de résister. Les Européens, au début on faisait l'Europe pour ne pas faire comme les Américains. Maintenant nous faisons pire qu'eux ! C'est-à-dire que nous imposons à tous ces États d'abattre leurs droits de douane, nous leur imposons d'accepter nos marchandises qui arrivent en masse, exterminent les cultures vivrières, les gens partent des campagnes pour aller aux villes, nourrissent des flots d'immigration considérables. Nous pouvons faire l'inverse. Et pour le faire, il n'y a pas besoin d'aller avec notre petite tirelire qu'on irait casser. Tous ces gens ne demandent pas notre pitié.

Ils demandent de l'aide sur un point très précis, qu'on leur donne premièrement de l'énergie, et nous sommes capables de le faire, l'énergie solaire, les autres formes d'énergie, et deuxièmement, les crédits qui permettent d'équiper. Et donc tout ça est simple à régler, sauf que c'est absolument contradictoire avec le libre-échangisme, la liberté de circulation des capitaux, et la domination des grandes multinationales sur le monde, notamment celles qui sont sur les céréales, sur les... Jean-Luc Mélenchon, j'ai le pire rôle sur ce plateau, qui est celui de tenir l'heure, et d'essayer d'arrêter Arnaud Leparmentier.

Les deux problèmes sont liés, les 12h53, et j'aimerais accueillir Delphine Évenoux.

49:50
Locuteur non identifié

Question politique sur France Inter.

49:54
Présentateur

Mais oui, toutes les semaines, nous recevons sur le plateau un reporter de la rédaction du Monde, ou cette semaine donc de France Inter. Delphine, bonjour.

50:01
Locuteur non identifié

Bonjour Nicolas.

50:02
Présentateur

La désobéissance civile, dites-nous.

50:04
Locuteur non identifié

Bonjour M. Mélenchon.

50:05
Invité

Bonjour Madame.

50:06
Locuteur non identifié

J'ai rencontré des désobéissants qu'on appelle les faucheurs de chaises, ils multiplient les actions ces dernières semaines, ils volent des chaises, donc dans des agences bancaires, lors d'opérations symboliques pour dénoncer l'évasion fiscale. Ces militants, ils attendent avec impatience le procès de l'un d'entre eux, ce sera le 9 janvier à Dax. John Palais va comparaître pour vol en Réunion, vol de chaises, il risque jusqu'à 75 000 euros d'amende et 5 ans de prison. Ce procès, les militants l'attendent avec impatience parce qu'ils ont l'intention de renverser les rôles et d'en faire le procès de l'évasion fiscale.

C'est ça, le but de la désobéissance civile, c'est de rentrer dans l'illégalité pour faire émerger sur la place publique un débat. La question de l'évasion fiscale, en l'occurrence, elle fait un quasi-consensus au sein de la classe politique et pourtant, m'a raconté Benjamin, il fait partie du collectif Les Désobéissants, ce serait bien de passer des condamnations aux actes. Il dit, je cite, « Les hommes politiques savent, ils ont les moyens, mais laissent faire ». Autre militant, autre association, Wilfried, il est chargé des actions au sein d'attaques. Il fait le même constat, celui d'une panne démocratique.

Les élections, c'est bien, ça fait partie de la mobilisation citoyenne, mais ça ne suffit pas, ça ne suffit plus. Il a des mots très durs. Il parle de défaillance du politique, de renoncement de la classe politique qui pousse les citoyens à agir autrement. Alors, M. Mélenchon, je ne vais pas vous titiller sur la désobéissance civile que vous approuvez. Vous avez soutenu des militants de la Confédération Paysanne qui ont été jugés pour des dégradations sur la fameuse ferme des Mille-Vaches dans la Somme.

Mais tout de même, quand vous entendez ces termes de défaillance, de panne démocratique, de renoncement, vous qui êtes député européen, vous qui avez été conseiller départemental, sénateur, ministre, vous qui êtes concrètement depuis 30 ans au pouvoir, est-ce que vous ne vous sentez pas un peu visé ? Est-ce que vous n'avez pas votre part de responsabilité dans ce désenchantement ?

51:58
Présentateur

J'ai deux minutes pour répondre à un aussi terrible réquisitoire. On pourra y revenir après. Je n'ai été au pouvoir que deux ans, madame, en tant que ministre. Amorcer la réponse, Jean-Luc Mélenchon. Je n'avais aucune espèce de pouvoir légitime. Mais je vais vous répondre quand même, parce que c'est un sujet très sérieux. Allez-y, vous pouvez amorcer. Ils ont raison de dire ce qu'ils disent. et ce qu'ils disent. Et je suis totalement solidaire de ce qu'ils font. Mais je ne suis pas la bonne personne à interpeller, chère madame. La bonne personne, c'est M.

Juncker, président de la commission, qui a organisé de manière méthodique pendant 18 ans la fraude fiscale sur tout le vieux continent et qui est aujourd'hui le président. Et que lui dit-on à lui ? Pourquoi ne l'interpellez-vous pas ? Il faut l'interpeller. Il ne vient pas le dimanche dans les émissions politiques. Elle a raison, madame, de dire qu'il y a une défaillance parce qu'il n'y a pas la volonté de poursuivre, comme on dirait, jusqu'au fond de chaque compte en banque, ce qui se passe. J'ai donné une des solutions. Il y a un changement, avec tous les accords. Jean-Claude Juncker, il a à la fois des nouveaux convertis, non ? Il n'y a plus d'accords au Luxembourg, ça a beaucoup changé.

Oui, il n'y a plus de paradis fiscaux, c'est ça que vous voulez dire ? Je vous pose la question. Ça s'améliorer, oui. Il y a des paradis fiscaux. C'est-à-dire que ça vient d'être condamné. Oui, oui. Il y a des paradis fiscaux. Il y en a en Europe. Et pour l'instant, ceux qui sont condamnés, c'est ceux qui les ont dénoncés. Ça a été le cas pour le cas du Luxembourg. Celui qui est condamné, c'est celui qui a dénoncé. Et le journaliste qui était avec lui, dans les mêmes conditions. Donc oui, vous avez raison. Il n'y a pas de raison que ça nous coûte 1000 milliards par an au niveau européen, 80 milliards par an en France.

Et j'aime mieux vous dire que si je suis élu, il y a des choses qui vont immédiatement cesser. La justice pourra saisir elle-même directement d'un dossier fiscal. Alors qu'aujourd'hui, il y a une espèce de droit particulier de Bercy pour bloquer ce type d'enquête s'il le souhaite. Donc ça, c'est fini. Et moi, j'ai intérêt plus qu'un autre de récupérer les 80 milliards en question vu tout ce qui est à payer. Amis auditeurs et téléspectateurs, le débat continue avec Jean-Luc Mélenchon juste après le journal de 13h. Et ce n'était pas une plaisanterie. Jean-Claude Juncker refuse de venir aux émissions le dimanche.

Il préfère rester en week-end plutôt que d'avoir un débat démocratique avec vous, amis auditeurs et téléspectateurs et accessoirement avec nous, journalistes. Yves Decamp à suivre. Retour sur le plateau de questions politiques, l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde. Vous pouvez nous suivre également en direct sur Facebook. Notre invité est cette semaine Jean-Luc Mélenchon, candidat à l'élection présidentielle. À mes côtés, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions, Arnaud Leparmentier du Monde, Karine Bécard de France Inter. 01 45 24 7000 pour le standard d'Inter. Franceinter.fr si vous préférez le courrier électronique.

Twitter avec le mot-clé Question Paul pour les réseaux sociaux. On est en ligne au standard avec, je regarde mon écran qui est un peu loin, avec Jacques. Jacques qui nous appelle de Nîmes. Bonjour et bienvenue Jacques.

55:10
Auditeur

Bonjour. Bonjour M. Mélenchon. Bonjour toute l'équipe. Bonjour Jacques. Alors ma question, c'est, vous voulez devenir président de la République, donc ça suppose que vous soyez en tête de toute la gauche. Alors pourquoi ne vous participeriez pas à une primaire de toute la gauche comme Cambadélis à laisser entendre et cela vous donnerait encore plus de chances d'aboutir à président de la République.

55:36
Présentateur

Merci Jacques pour cette question. Jean-Luc Mélenchon vous répond. Écoutez Jacques, j'ai le raisonnement exactement inverse au vôtre. Je pense que si je participais à une primaire, je me trouverais immédiatement dans une position de déloyauté totale parce que si je venais prenons un premier exemple à perdre, cela signifierait que par loyauté je devrais respecter celui qui a gagné et lui apporter mon soutien. Après avoir fait des années campagne avec des arguments de fond pour expliquer pourquoi j'étais en désaccord total avec la politique du gouvernement de M.

Hollande et de ceux qui l'ont servi et qui se trouvent dans cette primaire, je me retrouverais à appuyer quelqu'un qui l'a servi et qui continue et qui souhaite la continuer. Donc vous êtes pas sûr de gagner ? Si j'étais élu, vous imaginez sérieusement M. Valls, les autres on va dire tout d'un coup disant il n'y a rien au-dessus de Mélenchon après que pendant des années ils aient expliqué exactement le contraire. Pas d'alliance possible

56:35
Invité

avec Montebourg.

56:35
Locuteur non identifié

Il vous tend la main ici même et il vous attend la main en demandant un contrat de gouvernement

56:39
Présentateur

proposer un programme commun a-t-il dit ? Oui et pourquoi pas. Écoutez, prenons les choses un peu avec sérieux sur une élection comme celle-là. Ces gens ne cessent de changer d'avis. par exemple ils organisent une primaire ils me demandent quasiment me supplient de venir à cette primaire après que d'autres aient dit que c'était le meilleur moyen que je m'y fasse battre mais bon on me supplie d'y venir mais le lendemain M. Cambadélis en expulse lui-même trois autres qui eux veulent participer à la primaire ils expulsent les gens qui veulent y participer et ils voient des gens qui ne veulent pas y participer et j'espère qu'on aura entendu mon raisonnement.

Ce n'est ni une humeur ni un caprice c'est un devoir de loyauté et j'achève en vous disant je ne crois pas à une primaire dans laquelle les points de vue sont aussi éloignés politiquement éloignés ou irréconciliables

57:29
Invité

éloignés ou irréconciliables

57:30
Présentateur

vous savez la réconciliation personnelle n'a aucun poids dans cette affaire politiquement ce qui compte c'est ce que les gens ressentent et ce à quoi ils sont prêts à adhérer il y en a assez de faire des élections sur le moins pire le moindre mal le prétendu vote utile dont j'observe aujourd'hui que plus personne ne parle parce que évidemment ça ramènerait tout le monde à devoir comparer les résultats je réponds à votre question à propos de monsieur Montebourg programme commun disait-il Arnaud Montebourg dit des choses intéressantes comme d'autres ce n'est pas le sujet pour moi de le montrer du doigt mais je suis obligé de noter que je ne suis pas à leur disposition il n'y a même pas qu'un jour de ça c'est son porte-parole qui disait qu'on ne pouvait rien faire avec moi parce que j'étais trop isolé et trop radicalisé que donc avec moi non il n'y avait pas d'accord possible voici que ça a changé et bien je leur demande de faire preuve du même sérieux que moi c'est à dire je leur demande d'étudier ce qu'il y a dans mon programme avec quoi serait-il éventuellement d'accord on pourrait commencer par ça mais pas par des déclarations comme ça personnelles et toi bien là c'est moi qui suis en tête aujourd'hui par conséquent la seule chose qui devrait leur venir à l'esprit conformément à ce qu'ils faisaient autrefois c'est d'en convenir quand vous avez un sondage qui le met à 6 face à la droite et moi à 12 ou à 13 ils devraient se dire peut-être que cette fois-ci il faut aider Mélenchon vous n'avez pas un coup à faire choper la primaire je me cite moi-même excusez-moi de le faire mais on dirait la France insoumise c'est ce programme-là qu'apparemment a la plus grande capacité à rassembler Karine Pécard Nathalie Saint-Claire

59:00
Locuteur non identifié

non mais monsieur Mélenchon pour l'instant vous attirez quand même beaucoup beaucoup les jeunes et vous attirez beaucoup la gauche ou la gauche ça ne permet pas de gagner une présidentielle tout ça

59:07
Présentateur

ben madame vous verrez bien puisque vous vous pensez que l'élection est déjà faite moi je fais campagne qu'est-ce qu'une campagne ça consiste à convaincre je pars de loin je ne suis pas la gauche de la gauche je veux bien que vous le répétiez parce qu'il y a un certain confort de situation mais vous êtes tous des observateurs de la vie politique vous savez que ce n'est pas vrai qui est la gauche de la gauche madame Nathalie Arthaud monsieur Poutou respectons-les ils ont leur point de vue ce n'est pas le mien je suis républicain ils ne le sont pas je suis favorable à la planification écologique personne n'est pour ça et les gens dont vous me parlez qui sont membres de la primaire aujourd'hui vous faites comme s'il suffirait de les additionner les gens dans l'enthousiasme c'est merveilleux nous sommes d'accord avec eux non c'est si je m'allie avec eux qu'à ce moment-là je repousserai dans l'abstention des tas de gens écoutez-moi bien comment osez-vous me dire que je dois m'entendre avec des gens

59:56
Locuteur non identifié

on pense juste qu'il y a un premier tour et qu'il y a peut-être aussi un deuxième tour

1:00:02
Présentateur

vous me l'apprenez madame je ne le savais pas

1:00:05
Locuteur non identifié

dans ce cas-là on doit peut-être gouverner avec des gens ou faire un pacte avec des gens on voulait juste savoir si votre proximité idéologique l'idée programmatique était un peu plus grande avec des gens comme Arnaud Montebourg en tout cas c'est ce qu'il y a avec le PC est-ce que vous pouvez travailler avec des gens où c'est vous et personne d'autre

1:00:20
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon je ne fais que cela je ne fais que cela depuis tout le temps

1:00:26
Locuteur non identifié

avec le PC vous aurez un peu tendu

1:00:27
Présentateur

mais attendez mais qu'est-ce que vous voulez dire qui rassemble aujourd'hui pardon madame Saint-Cric mais il faut quand même regarder les choses ils vous suivent écoutez vous êtes leur chef bon après vous allez ausculter les reins et les entrailles de chacun non mais quand même le parti socialiste s'auto-proclame belle alliance et à partir de quoi vous répétez tous sur tous les plateaux la primaire de la gauche sauf que celui qui était partisan de la primaire leur allié vert est parti et ne fait pas la primaire avec eux le PRG ne fait pas la primaire avec eux tout le monde est parti tandis que de mon côté attendez tandis que de mon côté s'agrègent jour après jour des forces qui viennent chacune à leur rythme et avec leur propre dynamique

1:01:05
Auditeur

lesquelles

1:01:05
Présentateur

les communistes ont décidé d'être de soutenir ma candidature de manière autonome fort bien il y a un groupe de verre autour du député Sergio Coronado qui décide d'appuyer ma candidature en restant eux-mêmes autonome fort bien et ainsi de suite c'est ça une candidature à la grège c'est ce que je suis en train de faire et vous me dites il y a des jeunes mais j'en suis très fier figurez-vous parce que si j'y suis pas

1:01:26
Locuteur non identifié

je dis juste que ça suffit pas

1:01:26
Présentateur

si vous vous figurez qu'il suffira de leur dire écoutez ça y est Mélenchon est parti avec Bals alléluia sautons de joie dans la rue les gens vont dire mais qu'est-ce que c'est que cette histoire il faut convaincre une élection ça ne sert qu'à ça maintenant vous me demandez avec qui je peux travailler après mais d'abord laissez-moi créer cet entraînement si monsieur Montebourg veut partager ensuite demain un gouvernement que je dirigerai et qu'il est prêt à discuter du contenu de mon programme mais le bienvenu tout le monde est bienvenu tout le monde pas lui plus qu'un autre mais il y a un programme nous ne sommes pas des personnes suspendues dans l'air qui auraient une espèce de droit personnel à diriger il y a un programme il faut le respecter et je ne connais pas assez bien le leur quand je lis leur texte je m'aperçois qu'il y a beaucoup de flou et je demande qu'on me dise et qu'on me réponde oui ou non à la planification l'Europe c'est eux qui disent qu'ils ont une divergence avec moi sur l'Europe laquelle ?

parlons-en moi je veux sortir des traités et changer de fond en compte cette Europe ou bien en aller est-ce que c'est leur avis madame alors vous me demandez de m'entendre avec des gens qui se teraient sur l'essentiel et bien je ne suis pas d'accord nous verrons le moment venu c'est les électeurs qui seront les juges de paix les auditeurs le sont aussi bonjour bonjour Dominique pardon oui nous vous écoutons bonjour

1:02:38
Auditeur

oui bonjour excusez-moi bonjour monsieur Mélenchon bonjour madame Saincric et monsieur Demorand bonjour voilà mes questions on a vu monsieur Macron récemment en meeting hier qui disent il a 120 000 adhérents alors trouvez-vous crédible ou légitime un mouvement comme celui-ci qui en quelques semaines prétend avoir 120 000 adhérents c'est facile il suffit de cliquer j'adhère et c'est gratuit quand vous-même n'en avez que 9 à 10 000 après plusieurs années je rajouterai à cela l'union populaire républicaine que je représente à la réunion a 14 000 adhérents et est totalement censuré des médias c'est également un motif de critique vis-à-vis des médias et de France Inter monsieur Demorand qu'avez-vous à répondre là-dessus ?

1:03:19
Présentateur

alors sur ce dernier point rien mille excuses mais sur la question qui s'adresse à Jean-Luc Mélenchon et bien la réponse arrive tout de suite sur Emmanuel Macron si j'ai bien compris 100 000 adhérents c'est 120 000 et 10-15 000 personnes hier en meeting oui je crois qu'il faut que tout le monde se fasse à l'idée que les pratiques politiques ont changé et qu'il se trouve qu'il y a des gens qui les travaillent différemment c'est mon cas c'est le cas de monsieur Macron les gens qui signent dans son mouvement ben ils signent quoi enfin c'est une manière comme une autre de s'associer à lui de les mêmes que les 170 000 qui participent à ma campagne en m'appuyant montrent de mille manières bon je peux pas tenir 1000 points de diffusion du programme s'ils sont pas là je peux pas ramasser 500 000 euros sans eux donc il faut se faire à cette idée le succès d'Emmanuel Macron vous arrange finalement on a l'impression qu'il y a une tentation d'avoir deux pôles le pôle Macron qui prendrait l'aile droite du PS l'aile gauche si ça vous permettrait d'émerger finalement c'est votre allié objectif je vais pas dire qu'il me dessert personne me croirait autour de cette table bon c'est lui Macron c'est accru à vif à nu l'aile sociale libérale qu'on connaît d'ailleurs hier on l'a vu développer toutes les thèses avec le vocabulaire classique du libéralisme le problème c'est le coût du travail la flexibilité la compétitivité blablabla on s'en bouffe depuis 20 ans et vous avez même un commentateur qui le dit sur votre chaîne tout à l'heure pardon mais je suis obligé de le rectifier il dit il y a des idées de droite ça je les ai vus et puis il y a des idées de gauche comme transférer les cotisations sociales sur le salaire net ben non c'est pas une idée de gauche c'est une idée qui vient directement du programme de monsieur Le Pen en 2007 repris par madame Le Pen en 2012 repris par monsieur Valls en tant que premier ministre qui a été retoqué par le conseil constitutionnel parce qu'il ne l'appliquait qu'au SMIC et donc l'idée d'aller faire payer par la CSG au retraité un risque qu'il ne court pas à savoir le chômage je trouve que c'est une idée qui ne peut en aucun cas être qualifiée de gauche c'est du libéralisme traditionnel donc si les gens qui en ont déjà mangé pendant 20 ans en reveulent parce que le plumage et le ramage a changé et ben ils ont en effet à leur disposition monsieur Macron moi mon pari c'est que les gens en ont soupé de tout ça et qu'ils veulent plutôt de la planification écologique du changement des institutions politiques les choses raisonnables que je propose tandis que ce qu'il fait là c'est la galère à vie

1:05:38
Invité

vous savez très bien Jean-Luc Mélenchon que sur Twitter les formules sont souvent

1:05:43
Présentateur

piquantes Bruno Mazur

1:05:45
Auditeur

notre confrère ancien confrère vous pose la question suivante au second tour appellerez-vous à voter

1:05:52
Présentateur

François Fillon ou Marine Le Pen que par votre refus des primaires vous aurez hélas fait qualifier voilà donc monsieur Bruno Mazur n'est pas et peut-être votre ex-confrère c'est surtout un militant politique acharné du parti socialiste puisqu'il s'exprime continuellement et là vous voyez la phrase donc d'après lui c'est parce que j'aurais présenté ma candidature en portant atteint au sacrilège ce sacrilège c'est la division de la gauche je veux savoir je veux que l'on entende jusqu'au bout ce que j'ai à dire dans ce genre de comportement cette personne drapée dans l'autorité de l'ex-journaliste proclame que c'est à cause de moi que madame Le Pen progresse alors que c'est sans doute la politique de ses amis qui l'ont fait et que je vais faire passer M.

Fillon ceci est une suite d'affabulations et d'accusations que je trouve graves et pas acceptables La question de la division de la gauche est une vraie question Jean-Luc Mélenchon Mais la division de la gauche écoutez-moi bien ne vient pas des personnes ne vient pas comme j'ai entendu dire des égaux ça vient d'une différence sur le fond du programme et en particulier de la question européenne que nous n'abordons pas ici nous sommes en désaccord depuis 2005 les uns ont voté pour le traité constitutionnel qui s'applique aujourd'hui les autres ont voté contre les uns ont accepté les politiques d'austérité et de coupe des budgets publics les autres contre et je fais partie de ceux qui croient qu'il faut relancer l'activité à tout prix et passer à une politique économique écologique à tout prix et que c'est incompatible avec les règles du libre-échangisme de l'Europe et du capital financiarisé et ça c'est le fond du débat le reste c'est accessoire ce sont des questions de personnes et si les uns ou les autres se sentent proches de moi pourquoi ne viennent-ils pas à moi ?

Expliquez-moi pourquoi ils ne viennent pas à moi et je suis censé continuellement être avec eux A cette zone-là est-ce que vous êtes plus proche de Nicolas Dupont-Aignan que de Manuel Valls ? Et plus proche du Père Noël que de Dracula ? Non, non c'est pas ça

1:07:53
Invité

Vous êtes en train de nous dire qu'il y a une recomposition entre ceux qui ne veulent pas de l'Europe telle qu'elle est libérale etc et ceux qui ont fait

1:08:02
Présentateur

le système tel qu'il est donc est-ce que il ne faut pas tout faire éclater dans ce cas-là ? Je comprends bien ce que vous me dites mais il y a plusieurs sujets qui se recoupent alors peut-être que sur le sujet de la souveraineté de la République française et surtout du peuple français je pourrais dire des choses qui avoisineraient celles de M. Dupont-Aignan à l'oreille Marie-Laupé Pourquoi pas ?

C'est ce que je dis Dracula aussi bon c'est ce genre de similitude ne nous apporte rien parce que pour le reste nous ne sommes d'accord sur rien que veut dire la souveraineté du peuple français si on ne lui donne pas les moyens de vivre libre au sens social du terme si on ne fait pas des remboursements à 100% de la sécurité sociale sur les maladies si on ne lui donne pas le pouvoir de décider de ses dirigeants si on continue avec la 5ème République nous sommes en désaccord complet donc ne nous arrêtons pas à une chose voyons comment elles s'emboîtent les unes dans les autres ma position hostile à l'Union Européenne n'est pas une hostilité à l'Europe elle est une hostilité à la constitutionnalisation du libre-échange de la concurrence libre et non faussée de l'interdiction de l'harmonisation fiscale et sociale c'est à ça que je m'oppose donc arrêtons de comparer des choses superficiellement voyons-les au fond est-ce que vous sortez de l'euro ?

l'euro la monnaie unique une fois que vous êtes élu et pourquoi je ferais ça ?

non je vous pose la question vous avez raison de me poser la question mais là aussi c'est en tout monsieur Leparmentier comme vous me lisez et me connaissez bien vous savez que ça va être un peu plus compliqué que ça alors je veux m'en expliquer là si vous permettez je ne fétichise pas l'euro mais de cet euro là je ne veux plus parce qu'on ne peut pas vivre avec ça on est en train de faire asphyxier les peuples ça va mal tourner monsieur Leparmentier dans toute l'Europe du Nord les choses sont en train de tourner vinaigre entre les colonnes de réfugiés et la haine qui s'entretient là je crains que tout ça tourne mal très mal donc il est temps de laisser respirer les peuples de l'Union Européenne donc en changeant le statut de la Banque Centrale Européenne et en faisant que la monnaie unique accompagne un mouvement de convergence économique et sociale et non pas d'opposition économique et sociale entre les peuples c'est la raison pour laquelle ça va de choses aussi éloignées apparemment que l'interdiction du statut de travailleur détaché qui comme vous le savez maintient une inégalité absolument insupportable et permet des délocalisations à domicile ça inclut des questions comme le refus absolu de participer à une Europe de la défense qui revient à être en fourgon de l'OTAN et puis d'arrêter la politique qui interdit l'harmonisation fiscale et sociale il faut arrêter ça d'urgence il faut passer à autre chose à la question de l'euro après et bien c'est simple ou ça change ou on s'en va mais que puis-je vous dire d'autre les autres peuvent-ils refuser que ça change non ils ne le peuvent pas on me dit les allemands ne voudront pas qui leur a posé la question personne ni monsieur Hollande ni monsieur Sarkozy les allemands sont des gens le gouvernement allemand des gens rationnels vous vous installez à table et vous leur démontrez pourquoi ça ne peut plus continuer comme ça et vous avez une chance d'arriver à ouvrir une discussion c'est ça la diplomatie il y a des points de vue contradictoires et on essaye d'avancer tant qu'on reste avec la banque centrale comme elle est là l'euro sera une camisole de force si on change de statut la chose se considère autrement s'il n'y a pas moyen de la considérer autrement au revoir

1:11:16
Invité

au standard c'est Anne je crois qui est avec nous bonjour et bienvenue

1:11:21
Locuteur non identifié

bonjour nous vous écoutons

1:11:23
Auditeur

bonjour monsieur Mélenchon bonjour madame

1:11:25
Locuteur non identifié

voilà je voulais vous demander si vous avez l'intention de créer le revenu universel

1:11:30
Présentateur

merci Anne pour cette question Jean-Luc Mélenchon vous répond non madame je ne le ferai pas il y a sur le revenu universel beaucoup de positions différentes j'en conviens entre celle de monsieur Bernard Friot qui est certainement la plus aboutie et la plus construite mais qui suppose une socialisation totale de la plus-value et qui organise la manière avec laquelle elle se répartit entre les producteurs qu'ils soient au travail ou qu'ils soient au repos et puis il y a d'autres positions tout le long échelonnées entre cette position et puis la position des libéraux qui appelle revenu universel le fait qu'ils regroupent toutes les minima sociaux en un et disent aux gens ben prenez ça et puis fermez-la parce que maintenant que vous avez un revenu vous allez vivre avec ça et puis entre les deux il y a des positions intermédiaires j'observe que entre la position de monsieur Friot qui garantit sur la base de la qualification un salaire qui est en salaire que l'on soit en activité ou au repos mais encore une fois je l'ai dit qui nécessite la socialisation totale de la plus-value

1:12:26
Invité

vous n'êtes pas pour la socialisation totale de la plus-value

1:12:28
Présentateur

non clairement je le dis vous êtes pour l'économie de marché attendez je ne vois pas comment je mettrais ça dans un programme sur 5 ans on n'en est pas là aujourd'hui alors je termine et les autres quand je regarde le revenu minimum qu'ils proposent ben réellement il y a de quoi discuter parce qu'il n'y en a pas un qui arrive au-dessus ou au seuil de pauvreté mais 400 euros ça coûte 400 milliards donc c'est très cher ce revenu universel attendez le revenu ce n'est pas le problème du coût tout ça ça se discute les coûts ce n'est pas l'argent le plus difficile l'économie c'est qu'une grande tuyauterie des sommes circulent elles correspondent à des biens matériels où les biens ne s'y trouvent pas et on a du crédit et ils l'anticipent donc ce n'est pas ça le sujet le sujet c'est est-ce que nous sommes d'accord pour décréter par exemple que tous les français auraient 534 euros par mois comme le propose mon camarade Benoît Hamon sachant que c'est en dessous du seuil de pauvreté donc comment on va d'en dessous du seuil de pauvreté à un revenu minimum décent ce n'est pas pour rien qu'il y ait un SMIC qui existe sinon en allant travailler donc on est en train d'inventer un RSA socle plus développé qui permet à l'employeur de dire ben je te paye moins puisque de toute façon tu touches ton revenu minimum voilà donc je crois qu'il faut faire très attention cette formule n'est pas au point j'accepte qu'on en discute qu'on en discute à fond mais avec la loyauté de dire ce qu'on est en train de faire et pas de proposer comme revenu minimum quelque chose qui est en dessous du seuil de pauvreté en dessous du minimum vieillesse en dessous du minimum de l'allocation handicapé adulte je trouve que ce n'est pas sérieux c'est en quelque sorte fasciner les gens et semer des illusions qui seront ensuite destructrices pour eux une question de Jean-Pierre sur Twitter quelle mesure forte contre les pollutions industrielles quelle mesure forte mais ça dépend des industries mais ce qu'il faut faire c'est partout arrêter changer le process de production les machines les matériaux les consommations elles-mêmes parce que ce n'est pas seulement les process de production j'y insiste pour moi une des leçons des difficultés des révolutions de l'Amérique latine c'est qu'on n'a pas changé les modes de consommation bien si je devais entrer plus dans le détail je vous dirais qu'une telle mutation une telle mutation est incompatible avec la financiarisation de l'économie telle qu'elle a lieu aujourd'hui pourquoi ?

parce qu'il faudra répartir différemment entre investissement et dividende que ceux qui m'écoutent sachent bien que depuis 10 ans attendez une seconde j'y viens oui mais c'est la même chose cher monsieur ça a une racine sociale et dans la répartition de la richesse ça fait maintenant je crois 10 ans qu'on distribue plus d'argent en dividende qu'on en distribue en investissement par conséquent les machines vieillissent et correspondent à des formes de production qui sont des formes polluantes et par conséquent si on veut avoir des process de production propres et dans tous les domaines on est capable d'en avoir et bien il faut que les machines changent et les process de production et la formation des producteurs voilà ce que moi j'envisage dans le cadre de la planification écologique parce que tout ça ne se fait pas du jour au lendemain tout ça ne se fait pas avec le marché il faut organiser faire coïncider les efforts entre la formation des travailleurs les nouvelles machines et les objectifs que l'on se donne à propos de pollution

1:15:34
Locuteur non identifié

est-ce que finalement dans le temps quand vous pensiez que le nucléaire ce n'était pas si mal est-ce que ce n'est pas finalement une énergie qui est relativement propre et qui permet l'indépendance ?

1:15:42
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon parce que vous avez beaucoup évolué sur ce sujet je suis pour sortir du nucléaire et le plus vite sera le mieux maintenant ce que je sais parce que je travaille ces sujets sérieusement c'est qu'il faut remplacer le nucléaire par des énergies renouvelables et par conséquent le défi pour un homme comme moi si je venais à gouverner ce pays ce serait dans les deux premières années d'arriver à remplacer une ou deux centrales nucléaires en production soit par des champs d'éoliennes en mer soit par des champs d'éoliennes à terre soit par de la géothermie soit par des hydroliennes que l'on mettrait non seulement en mer mais également dans les fleuves donc je sais que c'est un défi mais il faut arrêter le nucléaire écoutez-moi je ne jette pas la pierre à ceux qui ont inventé tout ça et qui l'ont fait fonctionner pendant 40 ans sans accident majeur dans notre pays mais maintenant depuis Fukushima nous savons à quel point tout ça est dangereux depuis qu'il y a le changement climatique que nous savons que la mer monte et que les vents sont plus puissants une centrale comme la centrale de Blay qui est dans l'estuaire de la Gironde la dernière fois elle s'est trouvée avec des creux de 7 mètres et un vent de 140 nous avons été sauvés par un ingénieur qui a eu l'intelligence de dire il faut arrêter tout ça va mal tourner le nucléaire est dangereux il faut en sortir et le décider maintenant la centrale de Fessenheim doit être fermée mais évidemment les gens doivent ils ont un droit à garder leur emploi à garder leur salaire mais c'est rien à organiser tout ça

1:17:01
Locuteur non identifié

rien n'est jamais rien à organiser quand on vous entend l'argent c'est facile non non je rigole

1:17:05
Présentateur

non mais rigoler vous pouvez toujours rigoler mais vous savez ce pays a été capable de monter le nucléaire en 10 ans il est capable d'en changer en moins de 3 ans nous avons fait des fusées comme ça des trains des bateaux des avions de tout nous savons tout faire et par conséquent

1:17:17
Invité

parce que la technologie existait là la technologie de renouvellement d'un socle aussi énorme

1:17:21
Présentateur

que le nucléaire n'est pas encore tout à fait si allons bien sûr que si entre la géothermie les éoliennes et les hydroliennes il y a largement de quoi compenser la production qui se fera et puis j'ajoute une chose pendant qu'on y est il faut bien que je fasse aussi mon petit spot de publicité il ne faut pas laisser les barrages être privatisés parce que la France a été mise en demeure de les privatiser et comme 25% d'entre eux ont plus de 70 ans figurez-vous que ceux qui vont acheter les barrages ce n'est pas pour faire de l'électricité qu'ils vont l'acheter c'est pour faire des sous et quand vous ferez des délestages parce que ce sont les barrages qui permettent de faire les délestages et bien ils feront payer l'électricité qui ne produise pas donc mes amis vous pouvez commencer à mettre la main au portefeuille si vous continuez avec cette Europe et avec ces règlements

1:18:01
Invité

Jean-Luc Mélenchon permettez-moi une question écologico-politique est-ce que les grandes catastrophes écologiques

1:18:08
Présentateur

vont être la forme que prendront les révolutions politiques à l'avenir d'après vous ?

Monsieur Demorand il est bien probable que ce soit le cas les événements climatiques extrêmes par exemple provoquent déjà des catastrophes que l'on aperçoit à peine c'est-à-dire lorsqu'ici il y a une sécheresse lorsque là-bas ils tombent de l'eau dans des quantités incroyables les gens quittent la terre et ensuite quand ils quittent la terre et bien figurez-vous que les frontières elles ne savent pas où c'est et ils n'en ont rien à fiche donc ils passent d'un pays à l'autre ils vont là où les malheureux peuvent arriver à survivre déstabilisant toutes les structures politiques on peut imaginer ce que de tout mon coeur je ne souhaite d'aucune façon et ne veux pas annoncer mais la France est quand même le seul pays du monde qui a été capable d'aller mettre un réacteur nucléaire en amont du fleuve qui sert sa capitale et de mélanger les centrales nucléaires avec les usines chimiques dans toute la vallée du Rhône et d'installer des centrales nucléaires sur des failles sismiques clairement vous savez comme moi que nous ne sommes pas capables à l'heure à laquelle nous parlons de faire face à une catastrophe de cette nature si elle venait à advenir nous ne ferions pas mieux que les japonais c'est à dire absolument nul or nous sommes un petit territoire malgré tout et nous sommes suréquipés par conséquent il faut arrêter tout ça et je suis d'accord avec vous pour dire que les politologues de notre temps ne voient pas assez l'impact direct du changement climatique sur toutes les structures sociales voyez-vous quand je vais voir mon ami qui fait du vin dans le Jura du vin bio et bien lui il voit arriver les mouches drosophiles elles n'y étaient pas il y a encore 10 ans d'accord et ça ça change sa condition à lui et le pinard qu'il fabrique ou qu'il ne fabrique pas alors ça peut paraître dérisoire mais c'est fondamental parce que ce sont des milliers d'activités qui peuvent être interrompues savez-vous que le quart des activités des multinationales est mis en cause par la déforestation le temps qu'ils réalisent il n'y aura plus de forêt mais il n'y aura plus de multinationales entre temps et ils nous auront tué tous du fait de leur aveuglement

1:20:03
Invité

le climat ou la démographie le problème

1:20:05
Présentateur

pardon climat ou démographie le problème on ne va quand même pas tuer les gens pour s'en débarrasser mais vous avez raison monsieur le parmentier de dire c'est pas ce que j'ai proposé mais le choc vous avez raison le choc que subit l'humanité et surtout l'écosystème c'est l'explosion du nombre nous étions à peine 2 milliards dans les années 50 maintenant nous sommes 7 milliards nous devons être bientôt 11 avec ce mode de production et de consommation il ne restera plus un caillou parce que même ça on le mangera donc il faut changer l'agriculture et l'industrie on ne peut pas parler

1:20:36
Locuteur non identifié

d'environnement d'écologie sans aborder ce qui s'est passé toute cette semaine le pic de pollution à Paris et pas seulement ce qui était quand même intéressant à observer c'est l'incivisme j'ai trouvé des gens les gens sont très écolos quand ils parlent mais au moment de l'appliquer à eux-mêmes ils ont un petit peu de mal vous en avez pensé quoi ça parce que vous avez effectivement comme on l'entend un programme très écolo est-ce qu'ils sont prêts à appliquer tout ce que vous êtes en train de dire

1:20:57
Présentateur

il faudra il faudra les en convaincre et puis c'est la loi d'où Alex aide l'ex si c'est moi qui suis élu c'est ça qu'on fera pas autre chose

1:21:04
Invité

il n'y aura pas de désobéissance civile quand vous serez au pouvoir

1:21:06
Présentateur

si parce que la désobéissance civile participe de la démocratie c'est la forme extrême vous le savez la désobéissance civile demandez Beauvais explique ça très bien José Beauvais parce que je l'ai défendu à plusieurs reprises avant qu'il se mette à m'insulter chaque fois qu'il me voit mais bon quand il était en prison je le défendais et je crois que j'ai bien fait et il avait une manière très forte de présenter ça un jour un juge lui dit ça m'ennuie de vous condamner et Beauvais avait fait une réponse magnifique il avait dit si ça vous ennuie démissionnez ça veut dire que la désobéissance civile celui qui désobéit accepte que la loi dans toute sa rigueur s'applique à lui mais ça veut dire par exemple

1:21:38
Locuteur non identifié

l'amende est pas si chère il faut l'augmenter

1:21:41
Présentateur

c'est pas pareil évidemment qu'il faut qu'on prenne des mesures celui qui dit qu'il n'y a pas de problème t'es un irresponsable absolu bon il y a un problème il y a un fichu problème alors il y a le diesel il y a aussi le charbon la lignite le lignite des allemands qui arrive et qui tue 450 personnes par an en France bon il y a tout ça les nuages ne connaissent pas de frontières alors nous une fois qu'ils s'en montent chez nous ou chez les autres c'est parce qu'ils ont arrêté le nucléaire alors oui bah non mais c'est pas en renforçant le nucléaire et les particules fines vous aurez l'air malins à ce moment là bon donc il y a des décisions à prendre mais les décisions ça ne peut pas être encore de pénaliser les mêmes c'est à dire on va dire ah vous vous êtes trop pauvre pour vous payer une autre voiture alors vous ne venez plus en voiture vous n'avez qu'à monter dans le train alors l'intéressé dit ben je veux bien monter dans le train c'est déjà pas mal parce que c'est pas toujours facile il faut encore qu'il y ait un train tout le monde n'a pas il faut quand même aller jusqu'à l'endroit où il y a le train le RER et le reste et puis une fois qu'il est là il tombe sur un service public dévasté parce qu'on lui a dit ah ben ça tombe bien maintenant t'as qu'à monter en l'écart Macron parce que c'est comme ça que ça ira mieux etc il y a donc une logique qu'il faut inverser et notamment pour les véhicules automobiles clairement on va changer il faut qu'on change complètement le mode de transport il faut qu'industrie automobile passe à l'électricité à fond après les gens ne sont pas contents mais c'est pas qu'ils soient inciviques madame comprenez-le si vous dites à un père ou une mère de famille et ben voilà vends ta voiture parce que ça va être civique ben il va mettre ça en rapport avec les autres dépenses qu'il peut faire c'est comme pour la nourriture il faut manger bio ben peut-être bien mais il faut pouvoir le payer donc par conséquent si on n'augmente pas les salaires s'il n'y a pas plus de nourriture bio clairement les gens ne pourront pas et vous avez une épidémie d'obésité qui croyez-vous que ça frappe aujourd'hui l'épidémie d'obésité ceux qui ont le moins et qui sont obligés de manger ce qu'on leur donne à manger à des prix qu'ils peuvent acheter vous voyez tout se tient la justice sociale est au point de départ de toute la vie en société tout le reste s'explique à partir de ça c'est pas une affaire d'argent à trouver l'argent à trouver c'est rien je vous le répète et je vous en fais la démonstration quand vous voulez Samir bonjour oui bonjour bienvenue bonjour monsieur

1:23:40
Auditeur

on vous écoute alors voilà exactement alors je suis chauffeur de taxi en fait et je souhaitais en fait de remercier Jean-Luc Mélenchon en fait de nous défendre et parce que c'est l'un des seuls hommes politiques aujourd'hui qui défend les taxis parisiens et les taxis en général et je souhaitais lui dire que tous les taxis lui apportenaient et on lui apportient notre soutien à 200%

1:24:03
Présentateur

bah écoutez Jean-Luc Mélenchon note en tout cas précisément les choses merci Samir en fait c'est une défense des taxis contre vos nouveaux concurrents VTC

1:24:16
Invité

voilà exactement en fait comme on a les VTC devant nous aujourd'hui donc Emmanuel Macron et

1:24:22
Auditeur

que Fillon et un peu tout tous les autres sont pour la nouvelle économie et oublient qu'il y a des gens qui ont acheté leur licence jusqu'à 250 000 euros et qu'aujourd'hui se retrouvent à payer des crédits à payer des des des voitures à payer leur licence et et il n'y a plus à avoir pas de crédit alors que le gouvernement bien sûr a ponctionné des frais de mutation sur chaque chauffeur de taxi donc c'est à combien les taxis ont acheté leur licence donc ils font ils font un peu ils font un peu n'importe quoi et le seul aujourd'hui

1:24:54
Invité

à nous défendre c'est c'est monsieur Mélenchon

1:24:56
Présentateur

merci Samir Jean-Luc Mélenchon vous répond un mot oui d'abord pour dire qui fait vraiment le travail c'est la conseillère de Paris Danielle Simonnet qui a pris en charge ce dossier et on le trouve exemplaire parce que c'est la question vous voyez normalement on devrait dire c'est pas votre milieu les chauffeurs de taxi c'est indépendant bon mais ceux qui sont en train de vivre montrent comment vont se faire beaucoup d'évolutions sociales et politiques ce monsieur n'a peut-être jamais voté pour un homme comme moi dans le passé mais il comprend qu'il y a un enjeu de fond l'ubérisation de la société alors il est double cet enjeu un parce qu'il les tue eux vous avez entendu ce qu'il a dit sur le prix d'achat de leur licence pourquoi achetaient-ils leur licence et bien parce que c'était ensuite le moyen de se payer une retraite à la fin n'est-ce pas ils revendaient la licence et ainsi de suite bien donc il y a déjà un problème de la retraite des indépendants et du fonctionnement épouvantable du RSI auquel je mettrai fin en le réintégrant au régime général de la sécurité sociale mais l'ubérisation pose un deuxième problème c'est ceux qui font vivre je veux dire la personne qui fait le VTT elle se dit ben je fais ça c'est un boulot et dans le premier temps elle est très contente puis tout d'un coup elle s'aperçoit que Hubert commence à lui serrer le kiki et que Hubert tout d'un coup augmente sa prise il passe à 20% de plus et puis après il leur impose des comportements il impose ceci il impose cela Hubert n'est pas un philanthrope Hubert est une pompe à fric qui tue tout le monde ça donnait plein de travail à des jeunes de banlieue issus de l'immigration c'est ça aussi que l'on constate pourquoi issus de l'immigration il y a plein de jeunes de banlieue qui font de brillantes études et qui font de métiers visiblement non mais c'est bon pardon de réagir comme ça mais il faut arrêter en un seul mot issus de l'immigration dès qu'il y a un type qui ne marche pas droit bon là le gars qui fait ça je me fiche de savoir d'où il vient il commet une erreur je le lui dis je lui dis tu fais une erreur les plateformes qui ont été protégées par monsieur Macron d'une manière absolument inouïe puisque dans la dernière fois dans la loi il s'était arrangé pour que ceux qui sont sur une plateforme ne puissent pas faire requalifier leur contrat de travail comme un contrat de travail à durée indéterminée et donc ce qui s'est posé aux Etats-Unis d'Amérique vous le savez peut-être il y a deux états dans lesquels Hubert a été battu par les salariés qui étaient ubérisés l'ubérisation de la société n'est pas la solution sociale

1:27:13
Locuteur non identifié

la concurrence ça fait du bien au taxi quand même non ?

1:27:16
Présentateur

le service est meilleur vous avez l'impression le service est meilleur

1:27:18
Locuteur non identifié

c'est un petit peu baissé quand on va à l'aéroport par exemple aujourd'hui c'est un tarif imposé donc il n'y a plus d'exagération mais madame

1:27:26
Présentateur

ne soyez pas si cruelle essayez de réfléchir au sort de ces gens qui travaillent du matin au soir vous dites ça fait baisser sur quoi vous croyez qu'ils ont renié sur leur vie tout simplement c'est des heures de travail de plus vous savez ce que paye un taxi qui loue sa voiture c'est incroyable suivant un cas ou un autre vous apercevez que pour certains ça a été un placement extraordinaire non ce n'est pas la concurrence qui fait baisser les prix je vais vous dire une chose la concurrence fait augmenter les prix alors c'est pas le cas dans le cas du taxi puisqu'ils sont pris un coup sur la tête avec l'ubérisation mais c'est la concurrence augmente mécaniquement les prix pour la raison pour la raison que tous les coûts de production augmentent de publicité de gestion etc regardez Gaz de France a été privatisé non ?

ça va mieux depuis qui a la concurrence ? non EDF a laissé ses concurrents venir ça va mieux ? non la SNCF ce sera pareil la concurrence détruit et coûte cher il est 13h50 on parlait du beurre on va accueillir l'équipe des Pixels du Monde

1:28:19
Locuteur non identifié

question politique sur France Inter en partenariat avec le Monde

1:28:24
Auditeur

représenté aujourd'hui par Martin Huntersinger que je salue bonjour Martin bonjour Nicolas les révélations Snowden oui bonjour Jean-Luc Mélenchon cette semaine le Monde a fait de nouvelles révélations sur la surveillance menée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sur la base des documents d'Edward Snowden Edward Snowden vous le savez je le rappelle à ceux qui nous regardent ou nous écoutent c'est ce lanceur d'alerte ancien agent de la CIA et de la NSA qui a décidé de communiquer à des journalistes tout un tas de documents les Etats-Unis l'ont donc poursuivi pour espionnage il est actuellement à Moscou où il dispose d'un permis de séjour qui expirera à la fin du mois de juillet ma question elle est très simple si vous êtes président comptez-vous faire quelque chose pour Edward Snowden ?

1:29:03
Présentateur

oui et aussi pour M. Assange qui vit depuis 3 ans enfermé dans une pièce de 3 mètres sur 4 pour vous les situations

1:29:08
Auditeur

de Julian Assange et d'Edward Snowden sont comparables ?

1:29:10
Présentateur

non parce que je trouve Assange beaucoup plus politique que Snowden Snowden on a affaire à un type qui fait un métier en croyant être un héros bon du renseignement et puis un jour il est absolument révolté par ce qu'il fait il dit je ne veux plus faire ça et il raconte tout bon c'est pas un espion russe ?

non non non ça c'est des histoires pour les séries bon alors voilà ce que je ferai Snowden et Assange ont rendu service à la France parce qu'ils ont permis de révéler et de faire la démonstration du fait que les Etats-Unis d'Amérique nous espionnaient notre président notre économie et c'est ça que le papier du monde c'est ça qu'il a de formidable c'est qu'ils ont fait sortir tout cet aspect parce qu'une fois qu'on en avait eu fini avec l'espionnage des chefs d'Etat on considérait que le reste on s'en foutait mais le reste ça nous coûte horriblement cher donc Assange et Snowden auront la nationalité française s'ils la demandent je demanderai à la Grande-Bretagne et à la Russie de leur permettre de rejoindre leur nouveau pays la France et lorsqu'ils seront là je reconnais qu'en plus je les décorerai pour les remercier de ce qu'ils ont fait comme service dans un cas

1:30:15
Auditeur

on a quand même quelqu'un qui est dans une ambassade parce qu'il est accusé de viol en Suède et dans l'autre c'est vraiment quelqu'un qui est accusé parce qu'il a fait fuiter les documents on est quand même sur deux questions un petit peu différentes pour vous il n'y a pas de différence

1:30:28
Présentateur

il n'y en a pas parce que monsieur Assange est toujours défendu de l'accusation je ne vais pas entrer dans les détails qui sont un peu sordides de toute cette histoire mais monsieur Assange a toujours dit qu'il était prêt à répondre devant le procureur suédois si on lui garantissait qu'au moment où il va y répondre on ne l'expulse pas aux Etats-Unis d'Amérique où se trouvait son ami qui était le co-organisateur du réseau avec lui qui est aujourd'hui encore détenu au secret condamné pour le restant de ses jours après avoir été mis à l'isolement et maltraité de toutes les façons possibles dont sont capables les nord-américains comme on le sait avec la prison de Guantanamo qui est un centre de torture officiel donc les Etats-Unis torturent les gens qui le prennent en grave défaut il faut bien reconnaître que c'est un mauvais coup pour eux quelqu'un qui va raconter à la terre entière ce qui se passait donc monsieur Assange j'en m'empresse de le dire citoyen français devra répondre au procureur suédois qui veut l'interroger et lui il y est prêt parce que je lui ai posé la question et il m'a dit qu'il y avait toujours été prêt à la condition qu'on ne l'arrête pas et qu'on ne l'expulse pas

1:31:27
Auditeur

aux Etats-Unis d'Amérique alors autre sujet mais lié vous avez annoncé justement pour la première fois de vouloir leur donner à ces deux personnes la nationalité dans une vidéo sur Youtube où vous êtes effectivement devenu il y a quelque temps le premier Youtubeur politique de France avec plus de 115 000 abonnés dans votre dernière vidéo que vous avez postée il y a deux jours vous dites que si vous utilisez Youtube c'est je cite pour contourner le système médiatique officiel fin de citation en fait l'idée c'est de ne plus avoir à venir répondre à nos questions ici qu'est-ce que vous pouvez dire sur Youtube que vous ne pouvez pas dire ici sur ce plateau c'est un rapport de force

1:31:59
Présentateur

qu'on crée mais je suis très heureux d'être ici et à d'autres endroits à chaque fois je me rends quelque part chaque fois je me rends quelque part c'est de mon plein gré mais vous avez affaire au seul homme qui peut se permettre de ne pas y aller donc à bon entendeur salut pour ceux qui m'attirent dans des guet-apens pour me traquenariser me maltraiter et ainsi de suite alors je vais là où il y a moyen d'avoir une bonne tout ça

1:32:19
Invité

c'est des logiciels américains des inventions américaines

1:32:23
Présentateur

Google c'est le champion

1:32:24
Auditeur

de l'optimisation fiscale dont on parlait

1:32:26
Présentateur

oui oui bien sûr je prends tout ce qui est bon vous savez j'ai lu Coldwell j'ai lu Steinbeck à l'époque où il n'y avait que ça à faire et j'en suis enchanté j'ai pas l'intention de dire qu'il faut ficher tout ça à la poubelle parce que c'est nord-américain alors vous allez reconquérir

1:32:39
Invité

la maîtrise publique des technologies liées au numérique dans votre programme vous faites quoi ? vous nationalisez Google ? comment votre site internet qui est si brillant fonctionne avec du produit 100% français ?

1:32:53
Présentateur

et bien non 100% français ce n'est pas le sujet c'est la souveraineté sur le numérique je réponds d'abord je finis de répondre à votre question et ensuite je viens à vous monsieur Le Parmentier le tout en 3 minutes oui le tout en 3 minutes bon pour moi alors prenez-le comme vous voulez le système médiatique n'est pas un miroir de la société c'est une arène et il faut y créer un rapport de force qui permette d'avoir une discussion sensée ce qui est possible parce que ça ne veut rien dire les généralités c'est pas les journalistes il y a des journalistes c'est pas les émissions il y a des émissions je suis ici parce que j'ai décidé d'y venir j'ai accepté l'invitation qui m'était faite et je sais pourquoi je suis ici et pourquoi je ne suis pas ailleurs bon mais c'est pas le sujet je reste pour faire ça mais j'ai aussi besoin d'endroits où je m'exprime à ma manière sur les sujets qui m'intéressent et j'ai réussi à le faire grâce à la complicité des youtubeurs d'une manière générale des gens qui regardent ça bon qui se passionnent pour ça mais bon enfin mon travail c'est de convaincre hein d'accord bon ben vous n'avez qu'à regarder les moyennes d'âge de ceux qui regardent le journal télévisé moi quand j'étais gamin c'était la messe le journal télévisé tout le monde regardait ça le lendemain c'est fini tout ça c'est fini il y a des gens qui n'allument pas la télé ou qui l'allument pour regarder le programme qu'ils se sont fait et qu'ils passent le plus clair de leur temps sur l'internet on va leur reprocher non ben ils font comme ça donc c'est bien d'être là où ça se passe et je m'excuse de vous dire pardon que ça se passe pas là où on croit la plupart du temps bon si il y a 100 000 personnes 110 000 maintenant qui sont inscrits à ma chaîne je vais en profiter un peu pour me rengorger parce que me voici maintenant 78ème mondial je vous prie j'ai dépassé monsieur Bernie Sanders et je vais bientôt rattraper madame Clinton bon c'est qu'il y a une espèce de complicité qui s'est créée amusée entre eux et moi bon il y a une différence d'âge moi je crois avoir compris deux trois choses mais c'est surtout un moyen d'échanger et moi tout ce qui permet d'échanger ça m'intéresse alors nationaliser Google pour reprendre la question d'Arnaud Le Parmentier et ce sera la bonne conclusion non il faut s'assurer de la souveraineté numérique de la France et s'assurer par exemple il ne peut pas être question je vais prendre un exemple un peu que vous allez trouver secondaire je ne suis pas d'accord pour que Microsoft équipe l'armée française je ne suis pas d'accord pour qu'il installe ses systèmes dans nos matériaux sensibles tels que missiles anti-missiles sous-marins et ainsi de suite parce qu'aujourd'hui c'est ça qu'on utilise donc si j'arrive tout ça vous pouvez le jeter à la poubelle on passera à autre chose et ensuite je suis pour la liberté du net c'est à dire que ni en particulier qu'on ne l'affecte pas vous savez avec des profilages et que donc on ait des droits différents d'accès selon que l'on est riche ou pauvre que l'on regarde plutôt ceci que plutôt cela la liberté doit être totale et tout le monde doit pouvoir y accéder de la même manière que l'on soit producteur de contenu ou que l'on soit consommateur et usager de ces contenus c'est un exemple il y a plein de choses sur le numérique on en reste là merci Jean-Luc Mélenchon c'est moi qui vous remercie on a abordé des tas de sujets

1:35:39
Invité

et on a passé deux heures très agréables et très stimulantes sur le plan intellectuel merci d'avoir accepté

1:35:44
Présentateur

notre invitation j'ai bien fait on a bien compris que vous les acceptiez avec parcimonie bonne fin de week-end bonne fin de journée merci à tous les amis rendez-vous dimanche prochain merci à tous