Une crise politique...et des grèves ? - Reportage #cdanslair 12.07.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:53OuverteRéponse partielle
Mathieu Plannes, ces nouvelles coupes budgétaires annoncées par Bruno Le Maire, ça relève d'une absolue nécessité. Ou ça relève plutôt de la stratégie politique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42InvitéChiffre
« 5 milliards d'euros de coupes budgétaires »
- 0:51InvitéFait
« les marchés ne laisseront pas faire »
- 1:05PrésentateurFait
« la France sera officiellement sous surveillance en raison du dérapage des comptes publics »
- 1:50Locuteur non identifiéChiffre
« aux Pays-Bas, ils ont mis 222 jours »
- 1:51Locuteur non identifiéChiffre
« la Belgique, si je me rappelle bien, c'était 564 jours »
- 3:10Locuteur non identifiéChiffre
« Il avait parlé de 10 milliards, plus 10 milliards »
- 3:42Locuteur non identifiéChiffre
« C'est plusieurs dizaines de milliards d'euros d'ici les prochaines années, pour revenir en dessous des 3% du PIB »
- 3:53Locuteur non identifiéChiffre
« standard Rennes pour »
- 5:42PrésentateurChiffre
« le budget, c'est le 1er octobre »
Temps de parole
- Présentateur34 %
- Locuteur non identifié31 %
- Locuteur non identifié 210 %
- Locuteur non identifié 36 %
- Invité5 %
- Invité 24 %
- Invité 34 %
- Locuteur non identifié 42 %
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Ce matin, à peine son avion posé, Emmanuel Macron convoque une réunion de crise à l'Elysée. Et cette nuit, à Washington, le chef de l'État a pris la parole pour la première fois. Objectif, garder sa place sur la scène internationale.
J'ai pu confirmer à l'ensemble de mes homologues et alliés que la France serait une approche de continuité de ses engagements internationaux. Qu'il s'agisse de l'Europe, de l'Alliance ou du soutien à l'Ukraine. Car les forces politiques qui constituent une majorité à l'Assemblée sont en faveur de ces lignes.
Un président qui veut garder la main et un ministre de l'économie qui ne lâche rien. En dépit de leur défaite, Bruno Le Maire annonce 5 milliards d'euros de coupes budgétaires et se justifie.
Une autre alternative serait de laisser filer les déficits et la dette. Je veux être tout aussi clair, les marchés ne laisseront pas faire.
Et la Commission européenne non plus.
Pas de privilèges, Bruxelles ouvre une procédure contre Paris pour déficit excessif.
A partir de mardi, la France sera officiellement sous surveillance en raison du dérapage des comptes publics. Et la situation politique n'arrange rien.
C'est un choc d'incertitude. C'est-à-dire que les chefs d'entreprise que nous interrogeons nous disent leurs inquiétudes sur l'attentisme de leurs clients, qu'ils préfèreraient épargner plutôt que consommer, sur le report de leurs investissements et sur le gel de leurs embauches. Alors ça, je crois que ça serait un choc très négatif pour la croissance et pour l'emploi.
Incertitude, car les jours passent et toujours pas de Premier ministre. Au Nouveau Front Populaire, on réclame de la patience.
Ça fait cinq jours. Je vous rappelle que dans un certain nombre de pays en Europe, il faut parfois plusieurs mois. En Allemagne, ils ont mis plus de deux mois. En Espagne, quatre mois. Et aux Pays-Bas, ils ont mis 222 jours. La Belgique, si je me rappelle bien, c'était 564 jours. Je pense qu'on peut ne pas battre le record.
Qu'importe le nom du Premier ministre, pour le Rassemblement National, tout gouvernement du Nouveau Front Populaire s'exposera à la censure.
Sur la présence des insoumis ou des écologistes qui sont des insoumis repas en verre, nous, il y a une censure systématique. Voilà, censure systématique parce que leur simple présence à la tête du gouvernement est dangereuse.
Pendant ce temps-là, on se répartit les postes de président de groupe à l'Assemblée. Gabriel Attal est désormais le seul en lice pour le parti Renaissance. Il devrait sans surprise être élu demain. Pas de quoi apaiser les tensions au sein de la Macronie.
Les élections au sein du groupe ne règlent cependant en aucun cas les deux problèmes majeurs qui sont les nôtres. Ni notre ligne politique, ni le fonctionnement du parti.
Les jours du gouvernement sont comptés. Emmanuel Macron devrait accepter la démission de Gabriel Attal la semaine prochaine.
En attendant, on travaille, c'est en tout cas ce qu'a dit Bruno Le Maire. Mathieu Plannes, ces nouvelles coupes budgétaires annoncées par Bruno Le Maire, ça relève d'une absolue nécessité. Ou ça relève plutôt de la stratégie politique ? Je dirais qu'il y a un peu de tout. C'est assez clair, il y a de la stratégie politique. C'est-à-dire, finalement, Bruno Le Maire confirme la continuité, ce qui avait été déjà annoncé, qu'il allait faire des coupes budgétaires. Il avait parlé de 10 milliards, plus 10 milliards. Et donc, en fait, il les annonce maintenant. C'est assez clair. Et donc, c'est cette continuité.
Deuxièmement, je pense que même pour lui, politiquement, il envoie un signal du sérieux budgétaire pour la suite, ce qui n'a pas été forcément le cas pendant les 7 ans. Et donc, il dit, je pars, mais je vous avais annoncé qu'il fallait redresser les comptes publics. Et puis, il y a deux autres points qui me semblent importants. C'est qu'il y a une procédure pour déficit excessif qui s'ouvre officiellement mercredi. Et donc, il nous impose, normalement, un redressement des comptes publics avec une certaine vitesse d'un certain montant, qui est important. C'est plusieurs dizaines de milliards d'euros d'ici les prochaines années, pour revenir en dessous des 3% du PIB.
Donc, il s'ancre, en fait, dans le traité budgétaire. Et puis, dernier point, Bruno Jeudy l'a dit tout à l'heure, il y a les agences de notation qui nous scrutent, qui nous ont dégradé déjà fin mai, standard Rennes pour. Et qui ont annoncé... Et ça a eu quelles conséquences ? Alors là, zéro. Mais fin mai, pourquoi ? Parce que c'était anticipé. Par contre, là, on est sur une situation qui est beaucoup plus risquée. C'est-à-dire que les agences de notation ont dit qu'elles pouvaient à nouveau dégrader pour les raisons de questions d'instabilité politique, d'incertitude, qu'a rappelé le gouverneur de la Banque de France. Et du coup, ça a eu quoi comme conséquence ?
Ça veut dire qu'on va emprunter plus cher, c'est ça ? Alors, à court terme, pour le moment, ce qu'on a vu, c'est qu'on a une légère hausse des taux. C'est-à-dire que ça nous coûte un peu plus cher d'emprunter par rapport à avant. C'est-à-dire qu'on a, finalement, un peu moins la confiance des investisseurs. Mais, j'allais dire, ça reste assez maîtrisé, pour le moment. Pourquoi ? Parce qu'on est dans la situation statu quo. Le RN n'a pas emporté l'élection. Et là, on ne sait pas quel va être le gouvernement et la coalition. Donc, pour le moment, le statu quo, finalement, n'est pas une mauvaise chose pour les investisseurs et les marchés.
Par contre, la question, ce qui va se poser, c'est pour la suite. C'est dans les années à venir, les trimestres et les années à venir. Et notamment, de savoir, est-ce qu'on va pouvoir respecter les règles du jeu européen ? Ou est-ce qu'on va s'en écarter ? Et est-ce que, finalement, la France commence à être toute sur une poudrière ou pas par rapport à sa crédibilité économique et budgétaire ? Et donc, les agents de station ont dit qu'elles étaient prêtes à redégrader à nouveau la France si on restait dans cette instabilité. Donc, on est quand même dans un schéma nouveau qui est assez inquiétant. Alex Bouillaguet, quand il annonce ces 5 milliards d'économies, Bruno Le Maire, il dit quoi ?
Il dit « je suis sérieux ». C'est aussi une manière de presque entrer en campagne pour 2027 ?
En tout cas, il a dit « je ne suis pas en tongs à la plage ». C'est ça, je suis en tongs à la plage. Sous-entendu, écoutez, je gère. Donc, le gouvernement n'est pas démissionnaire. Donc, ça veut dire qu'on n'est pas juste en train de gérer les affaires courantes. On est aux affaires. Donc, il y a un sérieux budgétaire. Parce que, finalement, ces tractations, elles peuvent durer longtemps. On entendait Marine Tondelier dire « le gouvernement, un mois, deux mois, trois mois ». On a juste, pourquoi pas, mais on a juste une petite échéance qui est effectivement le budget, c'est le 1er octobre. Et c'est très ritualisé, ce budget. C'est au printemps, on fixe les montants des crédits.
À l'été, les ministres y reçoivent leurs fameux lettres plafond qui, effectivement, fixent les dépenses. Et puis, début octobre, c'est la présentation du budget. Donc, il faut quand même que ce rite, avec ou sans gouvernement, il faut que toutes les coches soient remplies. Après, à partir du 1er octobre, là, il y a la présentation. Ce n'est pas non plus un problème. S'il y a un gouvernement, Elisabeth Borne comme Gabriel Attal ont fait du 49-3 pour l'adopter. Mais ça se complique s'il y a une motion de censure. Si le gouvernement, tout frais, tombe, motion de censure. Donc, il faut déjà retrouver un gouvernement. Voilà, ça risque vraiment...
Et là, qu'est-ce qui se passe ? On reprend le budget l'année d'avant et on l'applique ? Personne ne le trouve d'accord ?
En fait, on peut arriver à une sorte de shutdown. C'est comme ça que ça s'appelle aux États-Unis. Oui, c'est ça. Alors, il y a des procédures et tout. Mais ça peut tourner dans le vide. Et certains disent que ça peut même aller jusqu'à l'article 16 des pleins poires pour le président de la République pour débloquer les choses.
Oui, il y a d'autres choses avant. Il y a plein d'autres choses avant. Mais il a tout fait un scénario 4. Oui, la possibilité de déroger justement un élève classique pour une reconduction des services publics, la possibilité de prélever les impôts et donc éviter un shutdown. Mais c'est vrai qu'on n'a jamais connu une telle situation. Ça a été pratiqué deux fois sous la 5e République, mais pour des questions plus d'agenda en fait. Et pas pour des questions de majorité. Enfin, c'était assez différent quand même. Il faut dire aux téléspectateurs que les fonctionnaires seront payés. Nous ne sommes pas aux États-Unis.
Il y a une règle qui permet de payer par douzième en s'appuyant sur le budget de l'année précédente. Les institutions en France ont été faites justement pour verrouiller ce risque. Donc, de ce point de vue-là, ça va. Mais ça ne règle pas les problèmes exposés par Mathieu. C'est-à-dire les problèmes de déficit budgétaire excessif, d'économie qu'il faudra faire, quel que soit le gouvernement. La donne économique et financière du pays, elle est connue. Et qu'on est entré dans une phase où on paye l'addition d'années dispendieuses avec la Covid, avec les boucliers énergétiques. Toutes ces politiques ont coûté très cher et qu'aujourd'hui, l'addition est présentée en quelque sorte aux Français.