Macron et l'environnement : une "pause" polémique - Reportage #cdanslair 13.05.2023
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Alors qu'il présente la stratégie du gouvernement pour réindustrialiser la France, Emmanuel Macron lâche une phrase qui ne va pas plaire aux écologistes.
Nous on a déjà passé beaucoup de réglementations en européen, plus que tous les voisins. On est devant en termes réglementaires les Américains, les Chinois ou toute autre puissance au monde. On s'est donné les objectifs 2050-2030 pour décarboner, réduire les phytos, etc. Moi j'appelle à la pause réglementaire européenne.
Respecter les règles actuelles et ne pas en rajouter d'autres. Polémiques immédiates, à gauche on répond par l'ironie. C'est vrai que le réchauffement climatique est réglé, c'est vraiment le moment de faire une pause.
On ne va pas sacrifier la question environnementale à l'aune de l'enjeu économique. C'est une erreur fondamentale, c'est gravissime de faire ça.
Pour le député européen Yannick Jadot, Emmanuel Macron est déconnecté de la réalité.
J'ai été sidéré, on est confronté au dérèglement climatique de manière extrêmement dramatique. Il y a la sécheresse, on voit déjà des canicules dans le sud de l'Espagne. On a les pollutions, on a l'explosion des maladies chroniques, l'effondrement de la biodiversité. Et face à toutes ces urgences qui nécessitent de l'action, le président de la République dit qu'il faut faire pause. Donc c'est un président du renoncement, c'est un président du recul.
En déplacement sur l'île de la Réunion, Elisabeth Borne obligée de faire le service après-vente.
Il n'y a pas du tout de pause dans l'ambition climatique. Simplement, une fois qu'on a adopté tout ce paquet qui s'appelle le Fit for 55, maintenant il s'agit de le mettre en œuvre. Évidemment de continuer à porter cette exigence climatique qui s'impose à nous. Mais il n'y a plus besoin de rajouter des normes aux normes.
Emmanuel Macron et l'écologie, le mariage impossible. En juin 2017, alors que Donald Trump retire les Etats-Unis des accords de Paris sur le climat, la promesse d'Emmanuel Macron c'était ça.
Make our planet great again.
En meeting pour sa réélection pendant l'entre-deux-tours, c'était encore...
La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera donc écologique ou ne sera pas.
Voilà pour les promesses. Sauf que depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir, l'Etat français a été condamné pour inaction climatique. C'était en 2021. Et lors de ses voeux 2023, le chef de l'Etat semble faire une découverte.
Qui aurait pu prédire la vague d'inflation ainsi déclenchée ? Ou la crise climatique aux effets spectaculaires encore cet été dans notre pays ?
Écologie versus industrie. C'est l'épineux problème avec un cas très concret et explosif pour le gouvernement. Le projet de construction de l'autoroute A69. 53 kilomètres entre Toulouse et Castres pour remplacer la nationale actuelle. L'autoroute doit faire gagner 20 minutes de voiture et favoriser les emplois. De faux arguments pour les militants écologistes. Certains se sont même accrochés dans des arbres menacés d'abattage.
Moi je suis maman de deux enfants. Je n'ai pas trop envie de leur offrir du béton pour leur avenir. Là c'est des arbres qu'on sauve. Après, la suite du combat, ce sera de sauver le reste, les champs.
Fin avril, première grande journée de mobilisation. Les militants construisent un mur en béton sur la nationale. Mais pour certains élus, cette autoroute est une nécessité pour développer le territoire.
On a des difficultés à faire venir des salariés, des ouvriers, des ingénieurs qui rechignent parfois à faire une heure, une heure quinze de route pour venir travailler dans les entreprises de notre bassin d'emploi Castre-Mazamé. On a des écoles qui ferment évidemment. Donc on a besoin de ce développement économique. On a besoin de retrouver de l'attractivité.
Les travaux préparatoires ont déjà commencé. L'autoroute A69 devrait être mise en service en 2025. Thank you.
Emmanuel Macron