Benjamin Netanyahu annonce vouloir engager des "négociations directes" avec le Liban
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le général Siddos est avec nous et c'est important de vous avoir puisque vous avez dirigé la finule cette force intérimaire des nations unies au liban oui vous étiez l'un des responsables chef du bureau des liaisons de la finule la finule qui est toujours sur place qui doit terminer d'ailleurs sa mission prochainement est ce que c'est un espoir ce soir ces négociations annoncées par le premier ministre israélien très honnêtement c'est exactement ça que j'attendais parce qu'en fait il y a toujours un moment où le hezbollah négocie se met à la table enfin se met à la table alors il passe effectivement par l'intermédiaire du gouvernement libanais ce qui est un peu un peu embêtant parce que nous par exemple à la finule on avait ce qu'ils appellent des réunions tripartites sur un poste de la finule il y avait des généraux libanais des officiers israéliens et au milieu la finule puisque les libanais n'ont pas le droit de parler aux israéliens c'est un crime c'est condamné vous avez pas le droit de parler à un israélien bon donc c'est la finule qui parlait alors après quand il y avait un déjeuner les libanais s'en allait parce qu'ils ne pouvaient pas parler avec les israéliens donc on faisait pour négocier quand même bah il passait par nous voilà ils passaient par le bureau de la liaison exactement donc on traduisait alors il est évident qu'à l'époque entre 2006 et 2023... – Pardon, parce que là, ce que vous venez de dire, moi, me sidère.
C'est-à-dire que n'importe quel Libanais n'a pas le droit de parler à n'importe quel Israélien ? – Non. – Au-delà même des responsables ? – Oui, c'est le problème.
Justement, il va falloir régler ça. – Vous confirmez, je le découvre mais ce que vous décrivez me rappelle exactement Candé Vide c'est à dire que la délégation israélienne absolument la délégation israélienne est d'un côté la délégation égyptienne de l'autre et c'était les des Américains qui faisaient le yo-yo entre les deux délégations parce qu'ils ne se parlaient pas directement. – Il n'a pas reconnu Israël, c'est plein de problèmes.
Donc il passait par nous. Dès qu'il y avait quelque chose à dire, il passait par nous. Alors il fallait évidemment traduire la façon dont les Israéliens présentaient les choses, traduire la façon dont les Libanais présentaient les choses.
Mais bon, il arrivait un moment. Effectivement à cette époque-là...
Combien de temps peut durer un cessez-le-feu ? Parce que vous dites que l'ESG a duré de 2006 à 2003. Déjà il a duré de 2006 à 2003.
Mais est-ce que le l'ESG peut-être un interlocuteur, oui ou non ? Il est un interlocuteur. De ce que j'ai connu, il était un interlocuteur à travers les autorités libanaises, à travers les officiers libanaises.
Vous dites 2006-2023. Mais en même temps, tout à l'heure, vous nous avez dit qu'ils n'en ont profité pour se réarmer, faire des tunnels. Donc qu'est-ce que c'est signer un cessez-le-feu pour reprendre des forces en quelque sorte ?
Et donc on ne règle pas le problème. Alors le problème, c'est que la finule était très forte en 2006, mais vraiment très forte. Par exemple, les Français, il y avait Il y avait des pièces d'artillerie, il y avait des chars.
Et puis après tout doucement les effectifs ont baissé. Tout doucement parce que la situation était relativement stable, on vivotait, il faut être honnête. Et le Hezbollah a pu reprendre du poil de la bête.
C'est quand même ça le risque Donc finalement, on se retrouve ensuite dans quelques années à discuter de la même chose. – Ce qui vient d'être dit est très intéressant parce que vous disiez effectivement le gouvernement libanais, où le Hezbollah parlait à travers le gouvernement libanais, d'une certaine façon, sauf que le Hezbollah est le représentant de l'Iran. Et c'est ça la question finalement, c'est que vous voyez ce sont des poupées russes, il y a un interlocuteur qui parle au d'un interlocuteur et d'un troisième.
Ce qui fait que le dialogue, finalement, il est faussé dès le départ. Et tant qu'il n'y aura pas un dialogue ou en tout cas une négociation entre Israéliens et iranien, eh bien on n'avancera pas et le gouvernement libanais peut signer tous les accords qu'il veut tant que les Iraniens n'auront pas dit on fait la paix ou on continue la guerre eh bien la situation restera telle qu'elle Alors je voudrais que l'on soit en direct avec Michel Elou. Michel Elou, il est secrétaire général du parti libanais laïc et réformiste qui s'appelle le Bloc National.
Et c'est l'ancien directeur de la revue du journal Lorient Bonsoir Michel Elou. A l'instant, du côté d'Israël, on dit avoir ordonné d'engager des négociations directes avec le Liban. C'est un signe d'espoir là au milieu de ce qui se passe, de ces bombardements incessants Absolument, c'est un signe d'espoir mais je pense qu'il faut être aussi réaliste sur la situation C'est-à-dire que ça vient dans un contexte dramatique Hier on a vécu une journée noire, on parle de plus de 250 morts au Liban dont des centaines de civils.
On parle de plus d'une centaine de cibles, et notamment beaucoup de cibles civiles qui ont été détruites, bombardées par les Israéliens, des immeubles d'habitation, des ponts, des rues. Il y a eu même un enterrement qui a été bombardé dans la BK. Donc c'était une journée absolument dramatique, les gens sont traumatisés et en particulier ça a été la pire journée pour notre capitale, Beyrouth, depuis des décennies.
Donc le contexte est extrêmement tendu. Les gens n'ont pas confiance en Israël, mais évidemment, dans cette situation, peu importe la difficulté ou les situations, il n'y a pas d'autre solution aujourd'hui qu'une solution diplomatique pour nous sortir de cette guerre des autres qui est en train de se jouer sur notre territoire, qui a détruit notre pays depuis bientôt 60 ans, depuis la fin des années 60. C'est ça la réalité.
Donc aujourd'hui, toute initiative diplomatique est Michel Elou, est-ce que ça veut dire que le Liban est otage du Hezbollah et tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé, ça continuera ? Absolument. Je pense qu'il faut être très clair.
La réalité c'est que le Liban ne peut vivre ni sous occupation et sous agression israélienne permanente évidemment ni sous l'emprise du Hezbollah. Le Liban ne peut pas cohabiter avec le Hezbollah, on a longtemps essayé cette formule-là, elle ne fonctionne pas, et donc il est impératif d'appliquer les décisions qui ont été prises plusieurs fois depuis 2005 déjà avec la résolution 2004-2005, la résolution 1559 des Nations Unies, qui appelaient tout d'abord au désarmement du Hezbollah jusqu'à la dernière décision du Conseil des ministres qui dit très clairement les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah sont interdites, elles sont bannies. Le problème qu'on a c'est qu'aujourd'hui on a un gouvernement et une armée qui n'est que le Premier ministre israélien dit bon bah allons-y sur les négociations donc on voit que ça bouge mais est-ce que le gouvernement libanais a les moyens de désarmer le Hezbollah ?
Alors le gouvernement libanais a certains moyens, on a une armée qui est évidemment pas une armée extrêmement avancée qui est dans un pays en faillite en plus ça fait six ans qu'on traverse une crise économique absolument dramatique donc on a des moyens limités mais on a quand même les moyens de s'activer et c'est pour ça que je profite d'être là à la télévision française pour aussi faire un appel au gouvernement libanais pour qu'on prenne des décisions et qu'on les applique. Les décisions commencent à être prises, mais sur le terrain, opérationnellement, on n'est pas encore en train de vraiment les implémenter. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Quand on parle de démilitariser Beyrouth, ça veut dire de vraiment faire des barrages c'est quelque chose d'absolument nécessaire. Il faut que l'armée reprenne le contrôle du territoire. Ça fait des années qu'on demande ça, et spécifiquement depuis l'an dernier, depuis la dernière guerre.
Et aujourd'hui, il y a...
J'espère qu'Israël va réduire et arrêter ces frappes et ces bombardements, la destruction permanente pour permettre à l'armée libanaise d'avancer. Maintenant, l'armée a aussi besoin de soutien. Il y a un ancien général de la Finule qui est présent. sur le plateau, l'armée libanaise a évidemment besoin de soutien.
Elle a besoin de beaucoup plus de soutien. Donc c'est là aussi qu'on aura besoin du gouvernement français qui est un allié historique mais aussi d'autres gouvernements pour soutenir et armer l'armée libanaise afin qu'elle entame son travail de désarmement du Hezbollah. Mais Michel Elou, une dernière question.
Tout à l'heure, nous étions avec l'ambassadeur d'Israël en France et on évoquait ces frappes, cette intensification des frappes et ces blessés, ces morts, toutes ces victimes, il dit oui mais c'est la guerre, on vise et malheureusement il y a des victimes, des victimes collatérales parce que c'est un conflit, il y a des familles, des enfants qui meurent parce que c'est la guerre. C'est un peu facile comme justification, on est à près de 2000 morts dont des centaines de civils, on sort d'une guerre en 2024 où il y avait eu également plusieurs milliers de morts, on était à 6000 morts et des dizaines de milliers de blessés. Donc le prix qu'on paye, le prix que le Liban paye est absolument dramatique.
Le prix humain, le déplacement, on a plus de 1 ,2, 1 ,3 millions de déplacés. Et il ne faut pas oublier aussi que tout ça se joue avec une sorte de bande sonore israélienne fanatique, le messianisme permanent des ministres d'extrême droite israéliens qui disent qu'ils vont occuper le sud-liban, qu'ils vont prendre jusqu'aux litanies, que tout ça c'est le grand Israël, etc. Ce soir on parle de négociations en Israël.
Ça traumatise énormément les Libanais qui n'ont confiance ni dans le Hezbollah ni dans l'Iran. La majorité des Libanais aujourd'hui veulent que le Hezbollah soit désarmé mais ils n'ont pas confiance du tout en Israël non plus, évidemment vu le comportement israélien pendant la dernière période. Merci, Michel Elou.
On va continuer de parler justement des conséquences de ce qui s'est passé hier avec vous, Élise Lecieur, puisque vous êtes la directrice des opérations internationales de médecins du monde. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur le jour d'après ? Du coup, ça a été vraiment une journée extrêmement difficile pour les Libanais et notamment effectivement pour les habitants de Beyrouth hier.
Nous, on est présent médecin du monde depuis 30 ans au Et c'est vrai que pour nous, ça a été vraiment une journée noire et la difficulté d'opérer dans des conditions où...
Pourquoi c'était difficile ? Quand on se prend une centaine de bombes en quelques minutes sur la tête alors qu'on est auprès de nos bénéficiaires oui c'est difficile d'opérer c'est difficile de soigner je tiens aussi à appuyer sur le fait qu'en fait c'est un système de santé qui a déjà beaucoup souffert on a parlé des différents conflits ces dernières années et puis depuis le début du conflit depuis le 2 mars il y a déjà cinq hôpitaux qui sont non fonctionnels qui ont été touchés des plus de 50 structures de santé aussi qui sont non opérationnelles donc c'est aussi un non-respect du droit humanitaire international que d'attaquer des structures et notamment des structures de santé avec la difficulté de donner un bilan précis 1 de ce qui s'est passé hier on parle de plusieurs centaines de morts mais pour l'instant il faut être très prudent parce qu'on n'a pas identifié tous les corps tout à fait ça met toujours du temps le temps d'aller chercher les corps dans les décombres d'identifier les gens et puis en fait la conséquence elle n'est pas toujours immédiate le décès mais parfois aussi quelques jours malheureusement à arriver. Ce qui est difficile, c'est des structures qui sont débordées et qui ne sont pas en capacité de soigner correctement.
Vous avez besoin de quoi sur place, médecins du monde ? De toute façon, le besoin immédiat, c'est du médicament, c'est du personnel de santé, c'est d'aller verts, on le disait à l'instant, il y a 1 ,2 million de personnes déplacées c 'est-à-dire qu'aujourd'hui au Liban une personne sur cinq a dû quitter brutalement son foyer et est parti potentiellement sans aucune affaire. Aujourd'hui il y a ce qu'on appelle des regroupements collectifs, des hébergements collectifs pour ces personnes déplacées.
Il y a seulement 12 % de ces déplacés qui sont hébergés. Ça veut dire que les autres sont dans leur voiture, dans la – Donc c'est une catastrophe humanitaire qui se joue au Liban en soir. – C'est une catastrophe humanitaire, oui.
Et je pense qu'il faut vraiment dire les mots et la population civile paye vraiment un très lourd tribut. – Les autorités françaises ont dit qu'elles allaient justement aider sur place comment justement un gouvernement comme le gouvernement français peut apporter de l'aide au liban et à la population c'est vrai qu'il y a eu des envois de médicaments notamment mais pour l'instant c'est cédé on On envoie un peu au compte-gouttes. L'objectif, c'est qu'il y ait aussi un investissement et un support des organisations telles que les nôtres, Médecins du Monde, mais d'autres organisations qui sont sur le terrain et qui ont besoin d'apporter du soutien sur du long terme, on parle des maladies chroniques on parle des maladies infectieuses puisque les conditions sanitaires de vie sont catastrophiques mais on parle aussi des enjeux d'alimentation et de la santé mentale il faut comprendre aussi l'impact que ça a pour les populations là d'être déplacés brutalement.
Et encore une fois, c'est un conflit qu'ils revivent régulièrement avec ce stress permanent et ils ne savent pas concrètement s'ils pourront retourner dans leur habitation demain. Benjamin Pétrovert, dans tous les cas, peut-être que les bombes vont se calmer s'il y a ce début de discussion entre Israël et le Liban, tel que c'est perçu peut-être ce soir. Oui, et ça pourrait aller très vite selon Axios, puisqu'il semblerait qu'on a déjà à la table des négociations.
Elle se tiendrait dès la semaine prochaine, on parle de négociations directes entre Israël et le Liban avec une première réunion au ministère direct. Donc c'est le gouvernement libanais. Exactement.
Du côté américain, les discussions seraient émanées par l'ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Michel Issa. Du côté israélien, ce serait l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yeriel Leiter. Et du côté libanais, on aurait l'ambassadrice à Washington, Nada Mohamed.
Négociation directe donc entre Israël et le Liban qui débuterait la semaine prochaine au ministère des Affaires étrangères à Washington. Ça va très vite, c'est très prometteur. On serait tenté de ne pas y croire tellement on passe d'une phase extrêmement violente que vous venez très justement de décrire à une phase de paix mais après et tout, c'est ça aussi l'histoire.
C'est peut-être un moment qui va se jouer après cette phase de violence. – Ulysse, on va assister à partir de ce week-end à deux moments de négociations, mais séparés, négociations sur le Liban et négociations sur un cessez-le feu plus durable entre les États-Unis et l'Iran. Mais tout ça, bien sûr, est très facile.
Oui, alors, les négociations sur l'Iran, c'est à plus haut niveau. Parce qu'on parle du président du Parlement iranien, le vice-président des États-Unis, J .D. events à Islamabad.
C'est confirmé de J .D. events à Islamabad ? 'est ce qui a été annoncé hier par la Maison-Blanche, donc on verra si ça tient, parce qu'il y a beaucoup d'Américains des services de renseignement qui s'inquiètent sur la sécurité d'une telle délégation et avec le vice-président, ça peut poser un problème.
La grande nouvelle du jour, si vous voulez, c'est que la guerre au Liban menée par Israël et le Hezbollah a démarré le 2 mars, et c'est la première fois depuis le 2 mars, donc ça fait un peu plus d'un mois qu'il y a une perspective de discussion de négociation. Ce qui est important, c'est que la négociation a lieu à Washington, et ce que l'on peut dire avec beaucoup de certitude, c'est que Donald Trump a forcé la main de Netanyahou pour l obliger à entamer des négociations que réclamait le gouvernement libanais depuis plus de trois semaines. Ce qui est important, c'est que ce n'est pas une négociation au plus haut niveau, ce n'est pas Netanyahou face aux premiers ministres ou au président du Liban, c'est d'ambassadeur à ambassadeur.
Et ce qui est important aussi et surtout, c'est que quand Israël, qui a annoncé la négociation, Israël dit « Nous allons négocier le désarmement du Hezbollah », qui est l'objectif le plus important, évidemment, d'Israël. Donc c'est dans ce cadre-là que la négociation va avoir lieu, et c'est très important parce que ça ne veut pas dire que l'intervention militaire israélienne va s'arrêter, parce que pendant les négociations, la guerre peut continuer. Mais c'est le premier geste, la première ouverture, si vous voulez, la première éclaircie dans un ciel assombri par les bombes et les roquettes.