1347 : l'épidémie de la peste noire | INA Histoire
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Que ce sobriquet ne vous trompe point, il signifie le brave, l'intrépide et pas davantage.
Est-ce que vous avez suivi nos précédentes expéditions ?
Oui.
Oui ? Alors vous avez vu que la semaine dernière nous avons observé comment la guerre de Cent Ans avait débuté et nous avons vu que cette guerre en fait était un peu une querelle de famille entre deux rois, les rois Édouard III d'Angleterre et le roi Philippe VI de Valois. Le roi d'Angleterre prétendait à la couronne de France et c'est pour ça qu'il a déclenché la guerre. Et il a porté le combat à Crécy en 1346 et ça a été une terrible défaite pour les Français. On a remarqué aussi que les Anglais avaient une armée beaucoup plus moderne que l'armée française et c'est peut-être ce qui a fait qu'ils ont gagné sur les Français.
Ensuite c'est à Calais que les Anglais se sont retirés, ils ont fait le siège pendant six mois et on a vu cet épisode tragique de l'histoire de notre pays avec ces bourgeois qui ont accepté de donner leur ville pour que les autres Calaisiens soient sauvés. Ils ont donné leur vie mais le roi Édouard III grâce à sa femme leur a fait grâce mais donc tout le monde a été épargné mais les Anglais sont quand même entrés dans Calais et possèdent la ville de Calais.
Mais comme si un malheur n'arrivait jamais seul, voici que en même temps que la guerre, en même temps que les famines, parce que ce XIVe siècle est un siècle vraiment terrible, très noir, les gens sont très très pauvres, voici qu'en plus de tout ça arrive une terrible maladie, un terrible fléau comme on n'en avait jamais vu.
La peste.
La peste, exactement la peste. Vous avez entendu, vous avez étudié ce...
Oui.
Alors est-ce que vous savez d'où la peste est partie et comment elle s'est propagée dans toute l'Europe ? Par les rats. Pardon ?
Par les rats.
Par les rats. Et vous savez d'où elle vient ? Parce que la peste n'est pas apparue comme ça un beau jour, elle vient d'un pays, elle vient d'une région, est-ce que vous savez où ?
Non.
Non ? Écoutez, c'est ce que je vous propose de savoir dès maintenant et nous allons nous transporter dans ce pays d'où la peste est venue. Allô, centre d'exploration du temps, est-ce que vous me recevez ?
Je vous reçois 5 sur 5.
Bonjour, qui est aux manettes aujourd'hui ?
Le sergent Carnot.
Ah, bonjour. Alors, en quelle année devons-nous nous transporter et où pour nous faire une idée de la manière dont la peste a pu se propager en Europe ?
Nous pourrions nous diriger en Crimée en l'an 1347.
En 1347 en Crimée. Alors, vous êtes prêts à partir ? Vous voulez me suivre ? Oui. Je vous préviens tout de suite, nous ne descendrons pas parce que c'est trop dangereux, bien que la soucoupe soit immunisée, mais nous ne craignons rien et on va partir voir comment la peste est apparue en Europe. Alors, je programme sur le dateur 1347. Centre d'exploration du temps, c'est correct ?
Correct.
Bien. Eh bien, nous allons commencer le décompte. 5, 4, 3, 2, 1, feu ! Si regardez bien, je crois qu'on atteint... Ça y est, nous sommes en Crimée, nous sommes au-dessus de la Crimée. Et c'est ici que tout commence en 1347 à Théodosia. Et ce sont les tartares qui, en ce moment, sont en train d'assiéger la ville. Et une étrange maladie décime les tartares. Cette maladie, c'est la peste. La peste, c'est un mot qui signifie ennemi du genre humain. Et l'on voit donc des soldats tartares ici, vous les voyez ? Oui. Vous les voyez bien ? Oui. Eh bien, ils sont en train de tomber presque sans combattre, les uns après les autres, atteints par ce mal. Ils meurent par centaines.
Et c'est au cours de cette bataille de Théodosia que les tartares conçoivent une idée absolument diabolique. Ils envoient par-dessus les remparts de la ville les cadavres de leurs combattants, morts de la peste. C'est un peu la première guerre bactériologique qui est inventée par les tartares cette année-là. Vous vous rendez compte ? Alors la peste, c'est une maladie qui est très, très contagieuse. Elle se répand partout. Et dans la ville de Théodosia, il y a des marchands et d'Italiens. Alors ils veulent fuir, ils regagnent leur bateau, ils repartent vers Gênes en Italie. Or, le principal transmetteur de la peste, c'est cet animal-là. Qu'est-ce que c'est ?
Le rat.
Exactement. Or, les rats très souvent ont des puces qui, en buvant le sang du rat, absorbent en même temps les maladies. Le bacille de la peste. Après quoi, la puce va sauter sur les hommes, les piquer, et au moment où les hommes vont se piquer, en se grattant, ils vont, sans le savoir, eux aussi, s'inoculer la peste. C'est donc un navire génois, vous le voyez, qui, venant de Crimée, a apporté en Europe cette terrible maladie. C'est même un véritable cataclysme. Et cette épidémie va se propager à une vitesse vertigineuse. Elle ravage d'abord le Languedoc. Tu sais toutes les régions qu'elle a ravagées ?
Pas toutes.
Pas toutes. Tu vois, ça commence par le midi, ça remonte peu à peu sur Paris, ensuite c'est le nord, toute l'Europe, toute l'Europe est atteinte par la peste. Et en 6 mois, on compte 3, 4, peut-être même 5 millions de morts, victimes de la peste. On n'avait jamais vu avant un fléau pareil. Alors donc, la peste fait des ravages énormes. Et la guerre de Cent Ans, pendant ce temps-là, qu'est-ce qui se passe ?
Elle continue ?
Elle continue, oui, et en fait, pas tout à fait. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a plus de combattants. Les gens sont morts, les militaires eux aussi sont morts de la peste. Alors le roi Édouard III d'Angleterre et Philippe VI de Valois décident, en attendant que la peste s'en aille, de signer une trêve, pour 6 ans. En 1349, ils font la paix, en quelque sorte, enfin une paix momentanée, pour 6 ans.
Elle attend qu'il y ait d'autres combattants pour reprendre la guerre.
C'est ça un peu. On attend qu'il y ait des militaires nouveaux, de jeunes militaires, qu'ils soient en âge de reprendre le combat pour refaire la guerre.
Parce qu'il n'y a plus de militaires, maintenant ils sont tous morts de la peste, alors ils recommencent.
Exactement.
Ils essayent d'en avoir deux.
Exactement. Et en 1356, les armées sont un peu reconstituées et Philippe VI dit, je vais reprendre la guerre. Alors il décide d'attaquer les Anglais dans le sud-ouest de la France, en Aquitaine, parce que vous savez que l'Aquitaine appartient déjà depuis longtemps à l'Angleterre. C'est une des causes du conflit entre les deux rois. Et il décide d'aller vers l'Angleterre, vers l'Aquitaine, pardon, et de combattre le roi Édouard III. Alors il se rencontre les deux rois, pas tout à fait du côté de Bordeaux, un peu avant, à Poitiers. À Poitiers. Et en 1356, c'est la terrible bataille de Poitiers. Or, savez-vous ce qu'il arriva en 1356 à Poitiers ?
Non.
Non, vous n'avez pas l'idée. Mais la France a perdu. Hélas, non. La France a perdu, et pise encore, le roi Jean le Bon a été fait prisonnier par les Anglais. Et ils l'emmènent à Londres, ils le retiennent prisonnier dans la Tour de Londres, et ils se disent mais c'est un cadeau extraordinaire, on ne va pas tuer cet homme, il est trop important. Alors, ils ont une méthode, je ne sais pas si vous vous en souvenez, pour rester, ils disent, bon, on veut bien vous rendre, ils disent offensés, on veut bien vous rendre le roi Jean le Bon. Mais, évidemment, on ne vous le rend pas comme ça. Il est un peu pris en otage.
Oui, il le rend contre l'argent. Exactement.
Une rançon. Il demande une rançon. Et une rançon, évidemment, pour un roi, ça vaut très très cher. Il demande une rançon, une rançon énorme. Est-ce que vous avez une idée du montant de cette rançon ?
Il y a un ?
Non ? Moi, je ne sais pas non plus. Attendez. Allô, centre d'exploration du temps, est-ce que vous me recevez ? 5 sur 5. Est-ce que vous avez une idée du montant de la rançon exigée par les Anglais pour restituer Jean le Bon ?
Une somme fabuleuse. 4 millions de deniers or.
4 millions de deniers or. Écoutez, je vais faire un rapide calcul. Là, j'ai un petit ordinateur dans la tête. Ça fait à peu près l'équivalent de 550 millions de nos francs actuels. Tu te rends compte, Richard ? C'est une somme fabuleuse. Mais les caisses de l'État sont vides. Le roi de France n'a plus d'argent.
Alors, on ne peut plus payer le roi pour le rendre en France ?
On ne peut pas.
Qu'est-ce que vont faire les Anglais, alors ?
Eh bien, ils gardent le roi Jean le Bon.
Jusqu'à temps que les Français ont un temps d'argent ? C'est ça.
Donc, il faut aller chercher de l'argent quelque part. Alors, il y a quand même des gens qui ont de l'argent en France.
Oui, les riches.
Les riches. Mais il n'y a pas que les riches. Il y a aussi les pauvres, les vilains, les paysans qui sont accablés d'impôts. Et on leur demande à nouveau pour payer ces trançons de nouveaux impôts. Or, les gens sont accablés d'impôts. Accablés d'impôts.
Oui, parce qu'ils en ont déjà plein. Puis, pour délivrer le roi, il en faut encore d'autres.
Encore d'autres. Or, à Paris, les gens ne se laissent pas faire comme ça non plus. Il y a un homme qui prend la tête des révoltés et qui dit « Moi, je vais vous aider à faire la révolution. On va changer ce roi, ce Charles V. » Parce que Jean le Bon prisonnier, c'est son fils Charles V, le dauphin, qui a pris sa place. Il dit « On va changer tout ça. Les nobles, le roi ne savent plus gouverner. Il faut que tout cela change. » Alors, je vous propose, si vous voulez, peut-être, que nous rencontrions ce monsieur qui prend la tête des révoltés parisiens. Est-ce que vous connaissez son nom ? Il est très célèbre dans l'histoire. Non ? Ce monsieur s'appelle Étienne Marcel.
Allô, centre d'exploration du temps, est-ce que vous me recevez ?
Je vous reçois 5 sur 5.
Est-ce qu'il est possible de nous faire rencontrer Étienne Marcel ? Pouvez-vous le capter pour nous ?
Oui, les capteurs sont branchés et nous pourrions le rencontrer en l'an 1358 à Paris.
À Paris. Eh bien, écoutez, nous allons nous diriger en 1358, à Paris, tout de suite. Je branche le dateur sur 1358. Voilà qui est fait. Tout fonctionne. Étienne Marcel, bonjour. Bonjour, bonjour à tous. Confirmez-le-moi, vous êtes bien
prévôt des marchands de Paris, n'est-ce pas ? Oui, je suis le prévôt des marchands de Paris. Je suis moi-même marchand drapier, mais je représente maintenant toute la communauté des marchands de Paris.
J'imagine que vous êtes un homme excessivement riche. Vous appartenez certainement à la très haute bourgeoisie parisienne. Oui, et j'en suis fier. Ah, vous en êtes, les choses ont changé. Est-ce que vous pourriez nous dire, Étienne Marcel, ce qui se passe dans le royaume de France actuellement ? Oh, je sais, c'est pas très brillant, nous avons découvert tous les ravages causés par la peste, les famines, je sais que tout va mal et en plus, votre roi est prisonnier. C'est exact.
Le roi Jean est enfermé à la tour de Londres et toutes ses guerres, landes et pénibles ont complètement vidé le trésor de l'État et anéanti le trésor royal.
Vous connaissez bien le roi Jean le Bon, je crois. Est-ce que vous pourriez nous en parler ? Est-ce que vous pourriez nous le décrire ? Quel homme était-il ?
Sa bravoure chevaleresque est légendaire, mais il ne s'est parlé que prouesse et chevalerie. Bien sûr, c'est un excellent chevalier, mais il est toujours prêt à se lancer dans une guerre nouvelle et le royaume n'a pas besoin de cela. L'idéal chevaleresque, les guerres d'honneur, tout cela ne passionne plus le peuple déjà très accablé. Tenez, en l'an 1350, lorsque le roi fut couronné à Reims, on a vu là des fastes absolument inégalées. Ce fut un déballage de vêtements, de satin et de soie rehaussées de pierres précieuses et d'or. Les sièges, les sièges étaient en argent et en cristal de roche incrustés de pierreries.
Les nappes même étaient en argent et la prodigalité du roi alla jusqu'à offrir des vêtements à tous les seigneurs de la cour. Il est vrai que toutes ces dépenses étaient à la taille de ces somptuosités, mais, bien sûr, c'est encore une fois le pauvre peuple qui a dû payer.
Mais pourtant,
on a bien surnommé ce roi le bon, Jean le bon. Oui, que ce sobriquet ne vous trompe point. il signifie le brave, l'intrépide, et pas davantage.
Mais qui gouverne alors actuellement la France ?
Ah, c'est le dauphin Charles. C'est lui qui assume la régence. Mais il a voulu, comme son père l'a fait abusivement, convoquer les états généraux afin de recueillir l'argent pour l'énorme rançon du roi Jean. Il a voulu ainsi se servir des états généraux pour faire lever de nouveaux impôts. Mais le peuple est excédé.
Oui, j'imagine. Mais qui sont, que sont les états généraux exactement ?
Les états généraux. Les états généraux sont une assemblée formée de prélats, de nobles et de bourgeois comme moi-même qui sont là pour aider le roi de leur conseil.
Et vous avez accepté, vous aussi, à ce conseil de lever de nouveaux impôts ?
Avant de lever de nouveaux impôts, nous, les bourgeois, nous avons imposé aux dauphins et à ces conseillers absolument pas responsables de signer la grande ordonnance. Nous demandions... Excusez-moi, la grande ordonnance, de quoi s'agit-il ? La grande ordonnance. Dans la grande ordonnance, nous demandions, premièrement, le renvoi des conseillers du roi, deuxièmement, que les dépenses de la cour soient sensiblement réduites, troisièmement, que des élus bourgeois puissent assister au conseil afin de vérifier l'application de ces mesures et, bien sûr, que les états généraux puissent se réunir sans l'accord du dauphin.
En fait, nous proposions une réforme générale de l'administration et de la justice et l'interdiction des guerres privées, c'est-à-dire des guerres de nobles. Les nouveaux impôts seraient perçus non pas par les fonctionnaires du roi, mais par des commissaires des états généraux qui en contrôleront ainsi l'emploi.
Écoutez, tout ça m'a l'air d'être un excellent programme, Étienne Marcel, mais est-ce que vous êtes vraiment sûr du soutien du peuple dans toute cette affaire ? Le peuple est mécontent.
Son désarroi est immense et des révoltes grondent dans tout le royaume. C'est la colère du peuple, celle des paysans, des bourgeois, c'est la rumeur violente de tout ce désespoir de tous ceux qui ne supportent plus le poids et les misères de la guerre. Mais alors maintenant, qu'est-ce que vous comptez faire ? Je compte prendre la tête de la révolte et délivrer enfin le peuple et les bourgeois de Paris du joug de la guerre.
Merci Étienne Marcel. Je vous rends votre destin et peut-être à la première révolution parisienne. Qu'est-ce que vous pensez de ce personnage, les enfants ? Étienne Marcel, Anne, tu le trouves comment ? Il est sympathique ?
Oui.
Oui ? Alors tu sais qu'Étienne Marcel va prendre maintenant la tête des révoltés. C'est lui qui va conduire cette, on peut l'appeler ainsi, cette première révolution parisienne. Et malheureusement, les troupes du roi ne vont pas se laisser faire. Elles ne sont pas dans Paris même, elles sont stationnées à côté parce que le roi fait la guerre un peu partout. Et le roi ramène ses troupes immédiatement vers Paris et veut assiéger les révoltés et ne pas les laisser faire la révolution. Il ne veut pas perdre son pouvoir. Et Étienne Marcel, est-ce qu'il prend peur à ce moment-là ? A une idée qui n'est peut-être pas très bonne. Il dit, je vais faire appel aux Anglais.
Les Anglais ne sont pas très loin non plus. Je vais demander aux Anglais de venir à mon secours. Or le peuple de Paris, dont tous les malheurs viennent aussi du fait de la guerre contre les Anglais, dit ce n'est pas possible que les Anglais viennent nous délivrer, viennent nous aider.
Ils ne voudront jamais, ils pensent.
Absolument. Mais encore si, les Anglais étaient d'accord parce que pour eux c'était une excellente occasion d'entrer dans Paris et de s'installer après. Et Étienne Marcel, qu'aurait-il fait ? Je n'en sais rien non plus. Donc les gens se révoltent, chassent les Anglais et aussi se retournent contre Étienne Marcel. C'est-à-dire que les gens qu'ils soutenaient au départ se retournent contre lui et finalement, en juillet 1358, ils vont assassiner Étienne Marcel.
Comment ?
Et bien ils le tuent, ils le font tuer par des gardes. Ça s'est passé près de la porte Saint-Denis, je crois. Et Charles V, lui, est un roi que l'on surnomme le sage parce que c'est un homme lettré. Ce n'est pas du tout un militaire. Il s'intéresse à la littérature, il s'intéresse aux arts et la guerre, lui, ça ne l'intéresse pas beaucoup mais il l'a fait faire aux autres. Il décide d'avoir une armée. Mais justement, des chefs militaires, il n'en a pas. Il aurait bien besoin d'un très bon chef militaire. Et il y a la renommée d'un jeune homme qui est un jeune homme qui est breton. Ce n'est pas très loin de chez vous, c'est la Bretagne.
Non.
Et la Bretagne, en ce temps-là, pourtant, n'est pas française mais il y a un jeune homme breton qui lutte lui aussi contre les anglais et qui est un très vaillant, très courageux chevalier. Est-ce que vous savez comment il s'appelle lui aussi ? C'est Bertrand, Bertrand Duguay-Clin. Or, Charles V entend parler de Bertrand Duguay-Clin. Il dit, moi, je ne suis pas un guerrier. Ça serait très très bien si je pouvais mettre à la tête des troupes royales françaises un chevalier dont on me vante les mérites comme un chevalier comme donc Bertrand Duguay-Clin. Et les troupes de Charles V sont stationnées près de Melun. Melun qui est occupé par les anglais, pourtant c'est tout près de Paris.
Vous voyez, les anglais sont aux portes de Paris. Et Duguay-Clin combat avec les armées du roi à Melun, allé au centre d'exploration du temps. Comment est-ce que vous me recevez ?
Je suis à l'écoute.
Est-ce que vous pourriez me préciser la date de la bataille de Melun ?
1359.
1359. Écoutez, je vous propose peut-être que nous partions à Melun en 1359 parce que là, nous allons assister à une rencontre extrêmement importante entre le roi Charles V qui vient voir comment se conduit un peu ce militaire dont on lui a tellement dit de bien Bertrand Duguay-Clin. Alors, je programme le dateur sur 1359 et nous nous dirigeons sur Melun. C'est un venu, c'est Duguay-Clin. Allé au centre d'exploration du temps.
Je suis à l'écoute.
Vous saviez que cet épisode allait se dérouler de la sorte ?
Non, pas du tout.
Alors, Duguay-Clin, vous savez qui est Duguay-Clin ? Je vous ai dit, bon, il était breton. Il appartient à une famille, une famille noble mais très pauvre, bretonne. Il est l'aîné d'une famille de dix enfants. et il a eu une enfance assez difficile, enfin vraiment, personne ne l'aimait et puis il s'est prouvé très vite que c'était un grand chevalier. Il a participé à des tournois qu'il gagnait brillamment et petit à petit il est devenu un chef militaire, un très grand chef militaire. Et ce Duguay-Clin qui maintenant donc va rentrer au service de Charles V parce que Charles V a très bien vu que cet homme avait un courage extraordinaire. Il repart au combat complètement nu.
Il est vraiment sans complexe. C'est très bien mais il veut absolument déloger les anglais de ce château de Melun. Et Duguay-Clin a des idées, plein d'idées. Il se dit aussi qu'il faut moderniser notre armée française. Elle n'est pas assez moderne pour pouvoir lutter avec les anglais. Or les anglais avaient introduit une arme nouvelle qui n'était jamais apparue ou qu'on n'avait encore jamais utilisée dans l'histoire. Est-ce que vous savez de quelle arme il s'agit ?
Le fusil ?
Le fusil, non, pas encore le fusil, il n'y a pas encore de fusil.
Le canon ?
Oui, Anne. Il s'agit du canon qu'on appelle également les bombardes. Les bombardes. Les canons, oui, c'est la même chose. Donc, Duguay-Clin décide de faire entrer les canons dans l'armée française et il a aussi une tactique extrêmement subtile. Ce n'est pas lui qui en est l'inventeur. Il se souvient un peu d'un autre grand chef militaire qui a fait beaucoup dans l'histoire de notre pays. C'est Vercingétorix qui, vous vous souvenez, on l'a rencontré il y a plusieurs semaines. Et il pratique un peu le sol de la même façon. C'est-à-dire qu'il conduit ses ennemis sur le terrain, sur un terrain que lui a choisi par avance et où lui décide que la guerre, le combat doit se dérouler. Donc, comme ça,
il est le plus fort. C'est pas qu'il se soit
déjà entraîné mais comme il connaît très bien le terrain, il sait par où il faut prendre l'ennemi pour l'attaquer. Et donc, avec une aussi bonne technique militaire, Duguay-Clin emporte de très nombreuses victoires et délivre de très nombreuses villes, de très nombreuses places fortes qui étaient occupées auparavant par les Anglais. Il y a une autre chose dans le royaume aussi qui s'ajoute encore à tous les malheurs que les gens ont à supporter. Il s'agit de gens qui sèment la panique et la terreur partout et que l'on appelle les routiers ou encore les grandes compagnies. Vous vous souvenez des routiers et des grandes compagnies ? Ça vous dit quelque chose ? Vous l'avez étudié à l'école ?
Non, pas encore ?
Eh bien, les routiers et les grandes compagnies ce sont des militaires qui s'étaient engagés dans l'armée et qui ont payé des mercenaires en quelque sorte et qui, après les combats, on leur donnait l'argent qui avait été prévu et ils repartaient. Et quand ils cessaient de se battre, ils se disaient finalement on est très forts et ils allaient attaquer les paysans. Ils leur volaient tout ce qu'ils avaient. Enfin, c'était des brigands. Alors ces brigands infestaient tout le royaume. C'était des... Pour la plupart, c'était des nobles d'ailleurs. sans doute nostalgiques des temps anciens où ils pouvaient se faire la guerre entre eux.
Et ils ravageaient le pays et Charles V dit il faut absolument que je délivre la France des routiers. Donc il dit à Duguay-Clin s'il te plaît rends-moi service, délivre la France des grandes compagnies. Alors Duguay-Clin conçoit un stratagème, décide de rencontrer les chefs de ces grandes compagnies et il va vouloir les transporter quelque part. Alors, peut-être ce que nous pourrions faire maintenant, c'est ouvrir nos rétro-caméras et suivre ce marché que Duguay-Clin conclut. Duguay-Clin a un langage un peu cru, mais c'est normal, vous savez, c'est un routier, je ne vois pas comment ils pouvaient s'adresser autrement à eux. Vous les trouvez sympathiques ?
Non, pas trop.
Ce sont des brigands, des voleurs. Alors, malgré tout, la guerre après continue contre les Anglais et Duguay-Clin remporte de très nombreuses autres victoires. Hélas, tout a une fin et en 1380, il a été tué dans une bataille et donc Duguay-Clin meurt. Et cette même année, d'ailleurs, le roi Charles V meurt lui aussi.
Donc... Ça fait beaucoup. Ça fait beaucoup.
Ça fait beaucoup. Nous sommes à la fin du XIVe siècle. Un siècle, vous venez de le découvrir, qui n'est vraiment pas très gai.
Gai.
C'est vraiment absolument épouvantable. mais en cette année 1380, je crois que le peuple recommence à prendre espoir parce que les Anglais ont perdu beaucoup de batailles et le peuple recommence à prendre espoir. Mais à ce moment-là, c'est vraiment une page de la guerre de Cent Ans qui se tourne et nous allons aujourd'hui arrêter notre mission ici. Nous allons regagner maintenant en 1981 et nous découvrirons la suite de la guerre de Cent Ans lors d'une prochaine expédition la semaine prochaine et j'aurai avec moi de nouveaux copilotes. Vous allez rentrer, vous habitez où ? Vous m'avez dit à Angers. Donc, je vais vous rapatrier d'abord à Paris en 1981 et après, vous partirez aussi à Angers.
Allô, centre d'exploration du temps, est-ce que vous me recevez ?
Je vous reçois 5 sur 5.
Est-ce qu'il est possible de nous rapatrier sur 1981 ?
Oui, les rétrofusées sont branchées.
Branchées. Bon, écoutez, je branche sur mon dateur 1981 et je vous rejoins dans quelques instants. Merci.