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interviewLCP (sur YouTube)· 4 mai 2026 51 min

Audiovisuel public : les secrets d'une commission | Documentaire complet LCP

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Cette commission ne sera pas le lieu de la politique spectacle. -Votre commission d'enquête, c'est un "one-man show", très cher pour les Français. -Cette commission ne sera pas non plus le procès à charge de l'audiovisuel public. -Beaucoup de choses ont été faites pour m'empêcher, d'une certaine façon, de parfaitement réaliser mon travail. -Je ne lui ai mis aucun bâton dans les roues. -J'ai dit que Charles Alloncle avait introduit les méthodes de CNews dans la vie parlementaire. -Mais Jérémie, franchement, mais qu'est-ce que tu fais ? -Vous faites toujours : "Ah, tout le monde m'attaque et m'agresse", alors que vous agressez tout le monde. -Fais un tweet si tu veux, si ça t'amuse. -Je le jure. -Je le jure. -Merci.

C'est comme ça qu'on parle de citoyens français ? On a une Sophia Aram ? Qu'est-ce que ça signifie ?

C'est une sous-citoyenne ? Si nous ne sommes pas capables de ne pas tomber dans du voyeurisme, de tribunaux politiques, d'inquisition, que les Français puissent en être le témoin. -Pour moi, personnellement, c'est des souvenirs glaçants, à certains moments. -Monsieur Niel.

Monsieur Niel. Monsieur Niel. -Vous ne me laissez pas parler ! -Monsieur le rapporteur, chers collègues, je vous souhaite la bienvenue pour cette audition. -De tradition, l'Assemblée nationale autorise chaque groupe d'opposition à lancer une commission d'enquête sur le thème de son choix.

Il a été décidé courant septembre, notamment, mais ce n'est pas la seule raison, suite à ce qu'on peut appeler l'affaire Patrick Cohen et Thomas Legrand, par le groupe UDR, par l'ensemble des députés de ce groupe et à l'initiative d'Eric Ciotti, de commettre cette commission d'enquête. Et on a décidé de le faire parce que, aussi, c'était la première fois, à nouveau, dans l'histoire de l'Assemblée nationale, qu'une commission d'enquête était réalisée, était créée, pour vérifier la bonne affectation des quatre milliards d'euros des Français pour l'audiovisuel public. -Ce que nous faisons au sein de cette commission est sérieux et important.

Je vous le redis mes chers collègues, notre travail exige de la dignité dans nos échanges et le respect absolu des personnes que nous auditionnons et à travers elles de l'ensemble des salariés de France Télévisions et de l'audiovisuel public. Je pressens que la commission d'enquête va être très médiatisée. Je comprends que l'UDR a un objectif politique, que le rapporteur a un objectif politique, et c'est le cas dans la majorité des commissions d'enquête.

Et compte tenu de la polarisation de l'Assemblée nationale, de la radicalisation parfois des positions, des oppositions franches, et parfois du triste spectacle que renvoie l'Assemblée nationale, tous les éléments sont réunis pour que cette commission d'enquête puisse être dévoyée. -Il y a un front inédit, alors même que les premières auditions n'ont pas encore été réalisées, de la part des parlementaires de gauche et macronistes, qui pour une grande partie d'entre eux s'opposent même à la création de cette commission d'enquête, alors qu'il est de coutume et de droit que chaque groupe d'opposition à l'Assemblée détermine lui-même et souverainement son thème. -La question de participer à ça et de cautionner le déclenchement s'est posée.

Mais pour autant, je savais que de ne pas y être, c'était peut-être encore plus signifier qu'on allait leur laisser le champ libre. En fait, l'idée n'était pas de laisser non plus le champ complètement libre. -Je vous le dis avec la plus grande clarté et la plus grande fermeté, cette commission ne sera pas le lieu de la politique spectacle où l'on vient chercher un quart d'heure de gloire médiatique.

Je dis aux rapporteurs, je refuserai de convoquer devant cette commission des personnalités dont l'audition ne rentre pas dans le périmètre de nos travaux, et dont la présence n'a qu'un objectif : faire le buzz. Je réagis. Je regrette...

Comment dire ? Chaque mot qui a été prononcé dans cette introduction. Ce propos liminaire indique exactement le rôle que j'ai tenté de mener tout au long des travaux, c'est-à-dire d'empêcher que la commission d'enquête ne se transforme en lieu de la politique spectacle, empêcher qu'elle ne soit dévoyée en tribunal politique, en procès individuel. -Ces éléments de langage que vous voyez il y a six mois pour expliquer qu'en fait, il faut enquêter mais pas trop, découvrir des choses mais pas trop, et que demander des comptes à des journalistes, à des dirigeants de l'audiovisuel public, ce serait déjà d'une certaine façon attaquer l'Etat de droit.

C'est ce qui nous a suivi pendant l'ensemble des auditions. -Cette commission ne sera pas non plus le procès à charge de l'audiovisuel public. Nous ne sommes pas ici dans un tribunal politique et les députés ne sont pas des juges.

Ce n'est pas ce que les Français attendent de nous et du Parlement. Je me doutais qu'au regard des auditions que nous allions mener, les Français allaient regarder cette commission d'enquête et que nous avions une responsabilité particulière, celle de donner une image digne de l'Assemblée nationale, une image digne des députés et une image digne de nos échanges et de nos débats. -Clairement, cette commission a manqué d'impartialité.

Le rapporteur, de par le temps de parole qui lui est et par rapport aux postures qu'il adoptait, a manqué d'impartialité. -Cette commission d'enquête ne se transformera pas en plus grand cabaret du monde où chacun vient faire son numéro. -Tout ce que le président souhaitait qui n'arrive pas est arrivé.

On a eu les stars, le buzz, les questions à charge. Tout ce qui était prévisible est arrivé. -Madame Ernotte voulait me dégager, clairement.

Il y a eu cette fameuse phrase : "Des hommes blancs de plus de 50 ans." -Je suis donc heureux de venir me défendre puisque j'ai le sentiment d'être attaqué et de me défendre encore plus parce que vous mettez ma famille en danger. -On a eu de la politique spectacle, non seulement parce que des personnalités ont été invitées, sans doute plus pour faire le buzz que d'en tirer vraiment des enseignements. -Décidément, vous avez décidé de me marier avec Jordan Bardella.

Je ne sais pas si ça va lui faire plaisir, mais je pense que vous faites un procès d'intention au service public. -Comme j'ai été gravement malade et j'ai failli laisser ma peau, le service public était là pour moi, je ne l'oublierai jamais. -Je suis l'ennemi commun type, je suis le bouc émissaire parfait, je suis le paratonnerre idéal.

Parce que je représente toutes les cases que la casse n'aime pas. -Emotions amplifiées par une opération de propagande sans limite, visant à dénigrer, à détruire le service public que je représente. -Par rapport à d'autres confrères ou consoeurs, j'ai un ton différent.

J'ai une manière d'aborder les choses différemment. Je le fais avec rigueur. Jamais de complaisance, jamais de concession. -Concrètement, ce qui se passe généralement, c'est le rapporteur qui doit proposer des personnes à auditionner et c'est le président in fine qui convoque.

Donc moi, j'ai proposé un certain nombre de noms sur ces trois thèmes de la neutralité, les conflits d'intérêts et la gestion budgétaire des fonds. -Il y a très peu de règles qui viennent préciser les pouvoirs du président d'une commission d'enquête, les pouvoirs du rapporteur, les pouvoirs du bureau, et en fait c'est une forme de tâtonnement. On évolue au fil du temps, mais il n'y a pas de règles très précises.

Ce que je veux vous dire par là, c'est que finalement, le président d'une commission d'enquête, il a une forme de souplesse dans la gestion de ses commissions. Moi, j'ai fait le choix dès le début, parce que je pressentais que ça allait être une commission complexe, difficile à mener, de réunir régulièrement le bureau, les députés membres du bureau de la commission d'enquête, pour valider ensemble les auditions. -J'avais même demandé à ce que les auditions puissent avoir lieu à huis clos, pour qu'on soit dans un cadre, je dirais, un peu plus serein, parce que je savais ce qui allait se passer.

Donc, voilà, que vous dire de plus ? J'avais demandé à ce que les choses soient beaucoup plus cadrées qu'elles ne l'ont été, à tel point qu'à un moment, j'ai même demandé à ce que ça s'arrête, après l'audition particulièrement choquante, les deux auditions successives de Thomas Legrand et de M. Cohen. -M.

Cohen, il y a une inversion accusatoire que je trouve parfaitement scandaleuse. Votre rôle ici n'est pas de me poser des questions mais de répondre aux questions du rapporteur comme à ceux de l'intégralité de mes collègues. Nous représentons les Français, nous avons été élus, nous disposons de ce pouvoir de contrôle sur pièce, sur place.

Nous ne sommes pas sur un plateau de France 5 ou sur un plateau de Radio France. -On est arrivé à un niveau d'interrogatoire de type MaCarthy, c'est absolument incroyable, assez glaçant. -Je respecte énormément votre commission, je vous regarde, je sais que vous faites au mieux, mais je ne pense pas que ça change grand-chose, parce que de mon point de vue à moi, des gens comme Mme Ernotte et ceux qui sont autour sont intouchables.

Et je pense que la politique à avoir là-dedans, jusqu'aux prochaines élections, on a besoin d'elle. -Sur Patrick Sébastien, il y a eu un refus clair et net du président de la commission d'enquête qui, dès le premier jour de la commission, a fait la tournée des plateaux pour expliquer que cette commission ne sera pas le plus grand cabaret du monde. On a fait plus de 70 auditions, on a entendu plus de 230 personnes qui étaient toutes légitimes pour s'exprimer sur l'audiovisuel public.

Les Français n'ont pas compris pourquoi une personne en particulier était ciblée et une personne en particulier n'avait pas le droit de citer et le droit d'expliquer ce qu'il avait vu dans le cadre de ses fonctions dans l'audiovisuel public. -Je m'étais sans doute mal exprimé. Je ne voulais pas commencer par des personnalités médiatiques qui allaient justement, dès le début, et ce n'est pas un reproche que je leur formule, transformer la commission d'enquête en lieu de la politique spectacle.

Mais pas à cause de Patrick Sébastien, ou des personnes auditionnées parce qu'alors les députés aussi contribueraient nécessairement à une forme d'hypermédiatisation de cette commission d'enquête et peut-être à un peu de politique spectacle. Et dans la phrase que j'avais prononcée d'ailleurs sur LCP, tronquée une fois reprise sur les réseaux sociaux je disais : "Je ne souhaite pas que la commission d'enquête se transforme en plus grand cabaret du monde où chaque député vient faire son numéro." Et cette phrase, elle s'adressait aux députés, pas à Patrick Sébastien. -Pendant des années, Mme Ernotte m'a pris pour un personnage vulgaire et que je n'étais pas pendant le cabaret, et grossier.

Et franchement, pendant le cabaret, je n'étais pas vulgaire ni grossier. Donc je voudrais lui donner raison dans ma prochaine chanson. -Moi je doutais d'ores et déjà de l'intérêt et l'audition a bien révélé qu'en réalité il y a eu un problème personnel et je dirais différent au sein de la direction de France 2, entre la direction de France 2 et Patrick Sébastien à la poursuite de son émission ou pas, la manière dont ça s'est passé.

Mais en fait, c'était plutôt un problème spécifique qu'un problème systémique. Quand on fait une commission d'enquête sur un sujet aussi large que le fonctionnement de l'audiovisuel public, on ne peut pas s'arrêter à un exemple. Et ça a été d'ailleurs souvent un écueil du rapporteur qu'il a utilisé à dessein, prendre un micro-exemple pour faire une leçon générale. -Vous commencez à vous rendre compte de toutes les entraves que France Télévisions m'oppose dans ce travail de clarification, notamment sur l'utilisation des quatre milliards d'euros d'argent public dans le coût de l'audiovisuel public.

Depuis le premier jour de la création de cette commission d'enquête beaucoup de choses ont été faites pour m'empêcher d'une certaine façon de parfaitement réaliser mon travail. Et je vois que personne, ni le président de la commission ni la présidente de l'Assemblée nationale, n'a tapé du poing sur la table au bout d'un certain temps pour réclamer et exiger les documents qui manquaient à France Télévisions. -Les services de l'Assemblée m'indiquent qu'on a les coûts pour "Cash investigation", mais pas pour "Envoyé spécial".

Je demanderai si on ne les a pas... -Pardonnez-moi, mais pour le coup, avant de venir, je m'en suis véritablement assurée.

Et je vais vous dire pas plus tard que la semaine dernière, parce que je savais qu'il y avait cette audition aujourd'hui. Et je vous dis franchement que ça vous a été communiqué. -Toute entreprise publique soumise à une commission d'enquête à l'Assemblée, sous dix jours, doit s'exécuter et envoyer, transmettre les demandes, les documents réclamés par le rapporteur.

Moi, ça a pris plusieurs mois pour les avoir. Le rôle d'un rapporteur, quand il a dix auditions à préparer chaque semaine, en fait, on ne fait que la préparation des auditions et la réalisation des auditions. Aller auditer soi-même des documents mis à disposition par France Télévisions sur un site très sécurisé, ça prend plus de temps. -Le rapporteur a un pouvoir de contrôle sur place et sur pièce.

Je note qu'il ne l'a jamais utilisé, c'est-à-dire qu'il a la capacité, pour les téléspectateurs qui nous écoutent, d'aller sur place directement à France Télévisions, à Radio France, au siège de l'Arcom pour demander les pièces et qu'elles lui soient transmises immédiatement. il n'a pas utilisé ce droit et cette prérogative. Ce qui signifie donc qu'il a obtenu les documents qu'il souhaitait. -Je voudrais revenir sur le festival de Cannes, France Télévisions vous en a confié à la production en 2022.

Ce contrat s'élève à 2,6 millions et il est séparé en deux tranches. Il y a d'abord la production de contenu télévisé sur place à Cannes. Ca a coûté 1,3 millions d'euros en moyenne.

Deuxième tranche, la production de la cérémonie d'ouverture et la conférence de presse qui a coûté la somme d'1,3 million. -Révéler comme ça un contrat qui s'inscrit dans le cadre du secret des affaires me paraît contraire au respect... -Il est payé par l'argent public, M. le Président, et c'est tout l'objet de notre commission d'enquête.

C'est le financement, le fonctionnement de l'audiovisuel public. Ca ne trahit en rien ni le secret des affaires, il n'y a ni rupture, ni violation du droit à la vie privée. -Je considère que même si personne ne peut porter plainte contre le rapporteur, puisqu'il a l'immunité et que les propos qu'il a tenus dans cette commission d'enquête le protègent.

Il lui faut respecter, comme nous tous, le respect de la vie privée des personnes, que nous n'avons pas à jeter en pâture dans une commission d'enquête, et le secret des affaires, car l'audiovisuel public évolue dans un secteur concurrentiel. Et que si vous révélez les montants très précis des contrats, vous pouvez fragiliser ces entreprises-là. -Je trouvais parfois que le secret des affaires était un peu trop vite convoqué.

Autant je ne vois pas l'intérêt de pouvoir étaler les détails des contrats. En même temps, je trouvais que parfois ça a été très vite, très souvent convoqué, un peu trop à mon goût. Quand on est sur des dépenses publiques, je pense que c'est plutôt assez sain d'avoir une information sur ce que sont le coût des programmes.

Ca permet aussi de valoriser qu'il faut investir, que ces programmes, ce n'est pas juste comme ça, que ça demande du travail humain, du matériel et donc que ça représente des coûts. -Quand on regarde les détails de ces montants, j'ai pu voir notamment que concernant la maîtresse de cérémonie, à l'époque l'actrice Virginie Effira, sa prestation a coûté 60 000 euros. -Je n'ai pas bien compris à ce moment de l'audition quel était l'intérêt de révéler aux Français les frais de maquillage de Virginie Effira, comme je ne suis pas certain que le moment venu je serais très favorable à révéler les frais de coiffeur d'un député. -On a le droit de poser toutes les questions, on n'est pas obligé de donner les noms.

Parce qu'à ce moment-là, on jette des gens en pâture à deux mules. Aujourd'hui, on le sait très bien. Et quand le rapporteur fait ça, il sait très bien ce qu'il déchaîne derrière contre telle ou telle personne, parce que Mme Effira n'est pas la seule à avoir été nommée comme ça.

Et donc, on peut parler. Et c'est sain de parler des salaires, des rémunérations, dans le monde du spectacle, du cinéma, où l'échelle des salaires est gigantesque entre les personnes qui s'occupent des tournages et qui font toute la technique et les grandes stars. -Je disais de façon très ironique qu'en effet, dans cette maison, il vaut mieux parfois partir avec un beau chèque après avoir eu une affaire qui a fait les gros titres, y compris des affaires de déviance sexuelle, parce qu'on essaie d'acheter votre silence et puis ensuite... -Quelle affaire ? -Je ne vais pas donner de détails. -Attendez. -Non. -Attendez.

Vous découvrez le monde de l'industrie ? -Dans ce cas très précis, on voit sur la vidéo que dans les premiers mots de M. Cardoze, je trépille.

Ce sont des insinuations. Si vous n'avez pas un fait précis, une qualification, par la suite, je lui ai demandé : "Qualifiez précisément les faits." "De quoi vous parlez ?" Il a même été jusqu'à parler de déviance sexuelle.

Que je sache, la déviance, c'est un jugement moral. Ce n'est pas une incrimination pénale ou quoi que ce soit. Donc à tel point que dans ce passage-là, on ne sait même pas de quoi il est question.

Est-ce que c'est une personne qui aurait quitté l'audiovisuel public après avoir été victime ou pour avoir été témoin ? Ou alors pour avoir été elle-même responsable et donc évincée, mais on aurait mis ça sous le tapis avec un gros chèque. On ne comprend rien. -C'est grave ce que vous êtes en train de nous dire.

On n'est pas au courant, pardon. Ni le rapporteur, ni moi-même, ni les membres de la commission d'enquête ne sont au courant. Je préside une commission d'enquête, c'est un exercice important, on peut saisir le procureur de la République au titre de l'article 40, c'est pas rien.

Si on a connaissance, nous, la différence entre vous et nous, c'est que les parlementaires, si nous apprenons un délit, nous devons saisir le procureur de la République. Je lui demande des preuves, parce que je considère qu'une commission d'enquête ne peut pas reposer sur du soupçon, des insinuations, des accusations sans preuves. Et je considère que c'est mon rôle d'entendre cette parole.

Je n'ai pas refusé d'auditionner M. Cardoze, je n'ai pas refusé d'auditionner Patrick Sébastien. En les convoquant, je savais qu'ils avaient des choses à dire et des accusations à porter contre l'audiovisuel public.

Mais mon rôle, si ce n'est pas de les censurer, c'est au moment où ces accusations sont prononcées, de leur demander des preuves. -Il ne faut pas confondre le format d'une mission d'information qui est objet d'information. On vient prendre de l'information, recueillir, faire un bilan de l'état de l'art sur un sujet qui intéresse la représentation nationale et une enquête.

Qu'est-ce qui est la grande différence de la commission d'enquête ? C'est le serment. Vous avez convoqué des personnes qui n'ont pas pu se défiler et qui vont prêter serment et qui ont prêté serment elles sont donc très engagées dans ce qu'elles vont dire.

Donc c'est pas quelque chose qu'on peut prendre à la légère et il faut en utiliser au maximum c'est à dire par construction, il s'agit d'amener des personnes à dire des choses qu'elle n'aurait pas eu envie de dire autrement. -Je vous rappelle que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires, impose aux personnes auditionnées par une commission d'enquête de prêter serment, de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité. Je vais donc vous inviter à lever la main droite et à dire : "Je le jure". -Je le jure. -Je le jure. -Chaque personne qui témoigne aux commissions d'enquête, au début de l'audition, lève la main droite et jure de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.

C'est un serment qui est très fort, qui est solennel, qui fait l'objet vraiment d'une interruption quasiment de la séance au tout début pour que les personnes prêtent serment. Donc la commission d'enquête, ce n'est pas un lieu où on peut dire tout et n'importe quoi. Et c'est encore moins le lieu où on peut proférer des mensonges, puisque le délit de parjure est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 70 000 euros d'amende.

Comment vous expliquez cette concentration de contrats auprès de quelques sociétés de production, Media One notamment, Together, est-ce que selon vous, il y a des liens entre Delphine Ernotte ou M. Simon Gomez et ses dirigeants de sociétés de production, ou d'autres d'ailleurs dirigeants de France Télévisions, qui pourraient expliquer ce phénomène de concentration des contrats. -Quand vous dites...

Il y a forcément des relations, quand Media One invite Mme Ernotte chez Maxim's, avec la privatisation du restaurant Maxim's tout entier pour fêter un peu en avance sa victoire, c'est quand même assez choquant. -On m'a reproché par exemple d'avoir retransmis, retranscrit des passages de personnes auditionnées après avoir prêté serment qui portaient des accusations graves contre des pratiques du dirigeant de l'audiovisuel public. Et on m'a dit : "Mais vous avez retranscrit ça." On prouvera in fine que la personne qui a dit ça, pourtant sous serment, a menti.

Mais est-ce que c'est ma faute ? Est-ce que c'est mon rôle ? Alors que la personne a prêté serment de me dire : "Attention, cette personne vient de prêter serment, risque cinq ans de prison et 70 000 euros d'amende.

Est-ce qu'elle dit la vérité ? Est-ce qu'elle ment ?" Dans ce cas ?

C'est quoi le sujet ? Il y a des propos tenus sous serment qui sont entendables et d'autres propos tenus sous serment qui ne seraient pas entendables. -Là, j'ai une différence de méthode fondamentale avec le rapporteur.

Je considère que durant tous les travaux de la commission d'enquête, les propos qui sont tenus devant la commission d'enquête ne doivent pas être relayés ni par le rapporteur ni par le président. Je considère que tant que la commission d'enquête n'est pas terminée, tant que les personnes mises en cause n'ont pas pu répondre, il n'est pas de notre responsabilité à nous, les dirigeants de cette commission d'enquête, pardon pour cette expression, en tout cas le rapporteur et le président, que de relayer. Alors certes parfois au conditionnel comme l'a fait le rapporteur, certes en mettant quelques précautions, mais enfin très souvent en les relayant de manière brute sans beaucoup de précautions.

Vous avez d'autres questions ? Si vous faites des tweets en même temps, c'est pas gagné. Petit trait d'humour.

Allez-y, monsieur. -C'est absolument pas vrai. Et je précise aussi un autre point, parce que je vois que M.

Balanant s'agace. Vous savez, M. Balanant, on est des représentants de la nation et du peuple.

Des gens qui se posent des questions méritent aussi, par notre voix, de les poser et d'avoir des réponses. -Je faisais un petit trait d'humour parce qu'effectivement, le rapporteur tweet en temps réel nos commissions d'enquête. -Ce n'est pas moi.

Ce n'est évidemment pas moi. Vous avez l'impression que je suis sur mon téléphone quand je pose des questions ? -Ce qui est son droit et qui correspond au monde dans lequel nous vivons, monsieur le rapporteur.

C'était un trait d'humour. Ca ne justifiait pas cette prise à partie. Imaginez-vous un juge, en pleine procédure judiciaire, en plein procès, tweeter en temps réel les propos des personnes à la barre.

Ca paraîtrait à tout le monde insensé et inacceptable. Pourquoi dans une commission d'enquête qui s'apparente un peu au cadre judiciaire, nous pourrions tweeter en temps réel les propos qui sont tenus devant nous ? Et donc, j'avais interdit ces live tweets.

J'ai considéré en décembre que ces règles n'avaient pas été respectées. Et pour la première fois de la Ve République, le président de commission d'enquête que j'étais a suspendu pendant quelques semaines les convocations et donc les travaux. J'ai assumé cette décision parce que je considérais que nous nous éloignions dangereusement du cadre digne et respectueux qui devait présider à nos travaux.

Ce n'était pas, et je le dis clairement, une volonté de censurer le rapporteur. -On va arrêter de faire de la politique. Je pense que la communication de l'ensemble de ces auditions est un exercice de salubrité publique.

Ces auditions sont diffusées par LCP, à la télévision, par d'autres chaînes et sur les réseaux sociaux et sur Youtube. Je ne fais que relayer les questions et les réponses que je vous pose. Quand je vois que le président a déterminé que pour reprendre les auditions en janvier, il fallait arrêter de publier des extraits en cours des auditions, de "live tweeter" et qu'il fallait opérer une certaine diète médiatique, alors que les règlements et la loi autorisent tout député, qu'il soit président, rapporteur ou membre d'une commission d'enquête, de s'exprimer dans les médias et de relayer publiquement les travaux.

On peut parler d'entrave. -On voit, vous tweetez en direct. Ce n'est pas vous, on a bien compris, vous avez des collaborateurs pour ça.

Mais moi, je considère, et je saisirai la présidente de l'Assemblée, je considère que vous sortez du cadre déontologique. -Je savais très bien comment ça allait se passer, c'est-à-dire les extraits, et le découpage, redécoupage, montage et après utilisation sur les réseaux sociaux en faisant parfois dire aux gens l'inverse de ce qu'ils ont voulu dire. -Quand vous êtes rapporteur, vous devez quand même être assez discret.

Et c'est plutôt au moment de rendre votre rapport que vous pouvez communiquer ce que vous pensez de telle ou telle chose. Là, le fait qu'il y ait une communication en direct et qui déforment les propos sans que les personnes puissent s'en défendre, puisqu'elles, elles sont devant la commission et elles ne sont pas en train de refaire des tweets pour réagir, ça pose quand même un vrai souci. Vous pouvez parler de la méthode de travail, vous pouvez parler et commenter éventuellement quelques auditions, vous n'avez pas à rendre une sentence comme c'était fait par tweet, souvent par Charles Alloncle. -...de vos différentes interviews, toutes ayant un passage accusateur à mon encontre, relayé sur les réseaux, mais surtout hors du cadre et du travail de cette commission, votre intuition, comme vous dites, a déclenché à mon encontre des injures, des menaces, des incitations à porter atteinte à mon intégrité physique, le tout avec de nombreux messages racistes.

Alors vous vouliez sans doute écorner mon image auprès du public, mais vos actes et vos déclarations sont allés bien plus loin, jusqu'à des menaces de mort. C'est la raison pour laquelle, en effet, j'ai déposé une plainte il y a un mois. Pardon, j'ai déposé plainte il y a un mois.

C'est la vérité, monsieur. -Non, non, non. Attendez, on va être précis. -Je ne parle pas de vous.

Ah non, je ne parle pas de vous. -Non... -Laissez-moi poursuivre.

J'ai déposé une plainte il y a un mois et demi et pas la semaine dernière. -Allez au bout de votre intervention. S'il vous plaît, je vous le redis ici et je suis le garant à la fois de la dignité et de la sévérité de notre débat. -Mais je suis très serein et je le dis très calmement.

La plainte a été déposée il y a un mois et demi et pas la semaine dernière. C'est une plainte contre X. -S'il vous plaît, monsieur le rapporteur.

Cette scène montre bien que quand un rapporteur s'exprime pendant la commission d'enquête dans les médias, sur les réseaux sociaux, ça perturbe le fonctionnement de la commission d'enquête. Je ne peux pas vous le dire plus clairement. Cet échange entre Nagui et le rapporteur est l'exemple flagrant, parfait, que nous devons nous astreindre, nous, les présidents, les rapporteurs, les membres d'une commission d'enquête, à un silence dans les médias et sur les réseaux sociaux pendant la durée de la commission d'enquête.

Ce règlement de compte par médias interposés ou par réseaux sociaux interposés en pleine commission d'enquête, empêche à cette commission de fonctionner de manière digne, sérieuse, respectueuse. C'est ça l'entrave à la commission d'enquête. -Je trouve ça assez fort d'ailleurs déjà de m'accuser de cyberharcèlement.

Pourquoi ? Parce que vous m'avez jeté en pâture sur un post aussi mensonger qu'indigne devant un demi-million de vos abonnés, expliquant que vous étiez convoqué dans cette commission d'enquête parce que vous seriez végan et d'origine égyptienne, m'accusant ouvertement de racisme. Vous l'avez fait alors que vous êtes suivi par une telle communauté qui n'a pas tardé à m'envoyer des milliers de messages, dont certaines menaces de mort que vous avez proprement orchestrées par ces accusations mensongères. -Je pense que votre règlement de compte n'intéresse pas les Français.

Et je le dis à tous les deux. Le rapporteur a parlé des Français. Savoir qui a commencé, qui a fait le premier tweet, la réponse du tweet, ça n'intéresse personne.

Maintenant, ce qui compte, c'est les questions du rapporteur précises, et vos réponses, je le sais également, seront précises et qui permettront de quitter la suspicion et les attaques ad hominem pour aller au coeur du sujet : vos activités d'animateur et de producteur. -Quand on est rapporteur, on est rapporteur de la commission dans son ensemble. On l'est au titre de son groupe, puisque c'est le droit de tirage du groupe d'opposition, mais on est quand même là, on rapporte au nom de la commission dans son ensemble.

Pour le coup, tweeter des choses qui, par ailleurs, après, se sont révélées manipulatoires, puisqu'on a demandé au rapporteur d'arrêter de faire des tweets qui étaient malhonnêtes intellectuellement et où, après, les personnes auditionnées se plaignaient en disant : "Attendez, je n'ai pas dit ça ! Ecoutez la phrase en entier". Parce que ce n'est pas seulement tweeter.

C'est aussi de voir les extraits qui sont mis sur les réseaux sociaux, les commentaires ajoutés dans le dit tweet, etc. Et à plusieurs reprises, il y a eu des choses qui étaient tellement réductrices qu'elles en venaient à déformer les propos qui étaient tenus. -Que les Français puissent être témoins de l'ensemble de ces questions et de l'ensemble de ces réponses de façon publique et transparente, que je m'en fasse comme tous les autres députés de la commission le relaient, ça me paraît totalement normal.

Et je pense même au contraire, que c'est un travail de salubrité publique. Je ne comprends pas les reproches du président de la commission, de certains députés de gauche et macronistes qui depuis le premier jour disaient d'enquêter mais pas trop, de poser des questions mais ne surtout pas les révéler aux Français, il faut faire ça quasiment en petit cercle et de toute façon un peu fermée, c'est pas un huis clos mais quasiment, je ne le comprendrai pas. Monsieur le Président, j'ai l'impression que vous voulez défendre à corps et à cri Media One et que vous faites le porte-parole de Media One.

Je dis depuis le début que Media One est une société qui est détenue en majorité, capitalistiquement, par un fonds d'investissement américain, KKR. C'était d'ailleurs l'une des révélations de cette commission d'enquête. Que vous ayez des liens, on le verra peut-être, avec des actionnaires de Media One, vous pourrez en répondre.

Mais Media One est détenue en majorité par un fonds d'investissement américain. C'est tout ce que je dis et je ne comprends pas pourquoi vous expliquez que ce que j'explique est faux. -Merci monsieur le rapporteur, vous venez de porter des accusations très graves contre moi en disant que j'avais des liens avec Media One, ce qui est absolument faux. -Pourquoi vous me répondez à chaque fois ? -Merci messieurs les ministres. -Mais Jérémie, franchement, qu'est-ce que tu fais ?

Pourquoi tu... ?

T'interromps ma question. -Monsieur le rapporteur, je viens de suspendre cette audition. Monsieur le rapporteur vient de me mettre en cause en indiquant que j'avais des liens avec Media One, ce qui est faux.

Je mets fin à cette audition. Et je remercie les ministres de leur présence. -J'avais des questions importantes.

C'était une édition qui était majeure, où il y avait beaucoup de questions à poser, notamment sur d'éventuelles collusions entre le pouvoir politique et les dirigeants de l'audiovisuel public, alors que pourtant une loi avait été passée pour que l'Arcom soit parfaitement imperméable à ces pressions. Donc on avait énormément de questions à poser. Et je remarquais, je faisais remarquer au président, qui d'ailleurs l'a admis dans différentes interviews, qu'à chaque fois que je posais une question sur Media One, qui est un sujet important parce que c'est la première société de production à bénéficier de contrats avec France Télévisions, systématiquement, le président, sans aucune preuve, m'interrompt en disant : "Non, monsieur le rapporteur, on ne peut pas dire que Media One est une société américaine, c'est français." -Nous étions à deux heures trente d'audition.

Nous avions dépassé le temps qui était prévu pour cette audition, qui était prévu pour deux heures. Alors que les personnes qui attendaient pour l'audition suivante étaient déjà arrivées, le rapporteur porte des accusations graves contre moi, laissant entendre que j'aurais des liens avec les dirigeants de la société Media One, ce qui est absolument faux. Et à ce moment-là, je perds mon sang-froid.

J'ai réagi vivement car je savais à ce moment-là...

Nous étions déjà avancés dans la commission d'enquête que cette accusation calomnieuse portée à mon endroit par le rapporteur susciterait une vague de haine et un déchaînement de fausses informations sur les réseaux sociaux pour le dire très directement, un complotisme. Et ça n'a pas manqué. Dans les jours qui ont suivi, on a expliqué que ma circonscription étant en Normandie et que le dirigeant de Media One ayant une maison à l'autre bout du département, j'avais forcément des liens.

On a expliqué que puisque ma femme et moi avons vécu à New York et que le dirigeant aurait eu un appartement il y a quelques années à New York, nous nous connaissions forcément. J'ai vu de mes yeux vus ce qu'était le complotisme. Quelques jours après, je lui ai indiqué que s'il ne rétablissait pas mon indépendance et ma probité, je démissionnerais de cette commission d'enquête comme président.

Il a fait un tweet indiquant qu'il savait, qu'il reconnaissait, qu'il n'avait jamais douté de mon indépendance et de ma probité, dont acte. -Monsieur le Président, je vais simplement vous demander, vous m'avez accordé 45 minutes, je vous demande très simplement de me laisser poser mes questions et de ne pas m'interrompre ou commenter chacune de mes questions parce que sinon on risque de ne pas avoir les réponses aux questions que les Français se posent légitimement. -J'ai dit que Charles Alloncle avait introduit les méthodes de CNews dans la vie parlementaire.

Et je crois que c'est la meilleure définition de ce qu'il a fait. C'est-à-dire que, comme sur CNews, il a pu partir d'un fait vrai pour en tirer des conséquences générales délirantes. -Je pense que le rapporteur a été dans un rôle de procureur et non pas de rapporteur.

Je pense que le président a fait son job de président, même s'il y a eu quand même parfois beaucoup d'interruptions de sa part. Soi-disant pour éclairer les débats, mais en fait, il faut que les débats se fassent avant de les éclairer. Et puis parfois, des réactions aux questions posées par certains ou certaines députés qui n'avaient pas lieu d'être.

Soit pour souligner la pertinence de la question, j'ai eu le droit à ce type de remarques, mais j'ai des collègues dont on a plutôt moqué la question. En fait, un président, il doit être neutre, il doit être impartial. Là, parfois, ça en a manqué. -En réalité, en tant que président, vous modérez les débats.

Vous ne donnez pas les bons points. Vous ne dites pas ça c'est une bonne question, ça c'est une mauvaise question. La seule chose que vous avez à faire, c'est difficile.

C'est surtout avec un rapporteur qui a mordu la ligne bien plus d'une fois. Mais c'est de se tenir au sujet de la commission d'enquête. Le sujet est vaste.

Donc, écoutez, si les questions vous plaisent ou ne plaisent pas, c'est un autre problème. Mais les personnes qui sont auditionnées, en réalité, elles étaient toutes capables éventuellement de renvoyer le rapporteur dans ses cordes quand le sujet de la commission n'était pas respecté. -Monsieur le rapporteur, seul vous allez avoir la parole dans une seconde.

Je ne vous ai pas interrompu, j'essaie de remettre de l'ordre. Vous voulez que les gens ne vous écoutent pas ? On vous doit le respect. -Pendant l'ensemble de la commission, je n'ai pas voulu émettre de critique.

Je pense que le duo, le tandem président-rapporteur est un tandem qui est assez sensible, assez subtil, qui parfois marche sur une ligne de crête et c'est parfaitement normal parce qu'on n'appartient pas au même groupe politique. Lui est un député d'Edouard Philippe, moi je suis un député du groupe UDR, on n'a pas forcément la même vision, ni les mêmes intentions sur la réduction de la dépense publique. -Moi j'ai respecté tout au long de la commission d'enquête le rapporteur.

J'ai toujours garanti, malgré nos différences de méthode, et elles sont fondamentales, malgré nos différences politiques, et elles sont majeures, je lui ai garanti qu'il puisse mener son travail au bout. Je n'ai fixé aucune limite à la durée des auditions. Certaines auditions ont duré cinq heures.

Je n'ai refusé aucune personne qu'il souhaitait auditionner à partir du moment où elles étaient dans l'objet de la commission d'enquête. J'ai refusé des auditions à huis clos ce qui lui ont permis de se faire connaître puisque cette commission d'enquête par conséquent a pu être suivie par les Français et par les journalistes et j'ai adapté mon agenda au sien. -Il y avait un autre candidat pour être président qui était Erwan Balanant.

Donc Jérémie Patrier-Leitus est devenu président, je suspecte quand même un petit peu, que son appartenance partisane le laissait percevoir comme moins dur à l'égard de l'UDR et du RN que ne l'aurait été Erwan Balanant. Musique -Exiger la transparence sur l'usage de l'argent des Français est nécessaire et vous avez entièrement raison de le faire. Mais je pense qu'il était possible de le faire, M.

Charles-Henri Alloncle, sans transformer votre commission en cirque. Merci pour l'invitation, mais je ne suis pas un clown. -Vous dites toujours : "Ah là là, tout le monde m'attaque et m'agresse", alors que vous agressez tout le monde. -Votre commission d'enquête, c'est un "one-man show", très très cher pour les Français. -Vous faites beaucoup d'ennemis.

Vous faites des ennemis sur les animateurs et producteurs stars de ces chaînes publiques, sur les journalistes du service public, à qui vous posez des questions sur leurs obligations, parfois pas toujours respectées de neutralité. Vous vous faites des ennemis aussi sur les dirigeants de ces entreprises publiques qui ont un certain pouvoir. -Merci M. le Président et je demanderai à l'ensemble des députés qui n'ont que pour seul rôle, alors qu'ils ne viennent pas à l'ensemble des auditions, d'interrompre et de perturber les travaux de cette commission.

Je pense notamment à M. Balanant qui se fait pour profession de discréditer en on et en off nos travaux. -M.

Alloncle ! -Je vais demander à l'ensemble des députés de me laisser... -Monsieur le rapporteur, j'ai demandé...

J'essaye...

Monsieur Balanant, j'essaye ici d'être...

Monsieur Balanant. -Ca montre très bien... -Monsieur Balanant, je vais suspendre. -C'est scandaleux ! -Monsieur, soit je suspends, soit je Suspends.

Je suspends pour cinq minutes. Je suspends pour cinq minutes. -Il était nécessaire de passer à des suspensions tant les tensions étaient fortes.

Et ce qui se passait dans le cadre de la suspension, parfois, c'était bien que ça n'ait pas été à l'écran. -Et les manquements...

Merci. Bon, on s'en reparle. Merci beaucoup.

On va laisser monsieur le député. -"T'inquiète, on va te régler", dit Erwan Balanant à mon propos. "T'inquiète, on va te régler".

C'est quoi, c'est une menace, M. Balanant ? C'est une menace, M.

Balanant ? "T'inquiète, on va te régler" en partant, en quittant la salle. -Te contrer... -M. le Président, simplement, si vous pouvez me laisser.

En disant : "T'inquiète, on va te régler". -Je me souviens, il y a eu un incident entre Erwan Balanant et le rapporteur. Erwan Balanant, voilà, étant assez sur un ton menaçant, interpellant le rapporteur, le rapporteur se victimisant en disant qu'il a été menacé, etc., etc.

On a...

On a interrompu, on a suspendu, mais la discussion entre eux deux s'est poursuivie pendant la suspension et là on était en proximité physique inquiétante. -J'ai reçu des menaces. Dans le cadre d'ailleurs de cette audition, micro et caméra ouvert, on a pu en parler, d'un député même, membre de cette commission d'enquête, qui lors de l'audition des dirigeants de Media One, venu probablement pour en être le porte-parole, s'est levé, m'a pointé du doigt, a parfaitement assumé ses propos et m'a dit, voilà : "T'inquiète, toi, on va te régler." Bon, si ce n'est pas des menaces, je ne sais pas comment les interpréter, mais quand on dit à quelqu'un de façon aussi péremptoire, "T'inquiète, toi, on va te régler", ça peut s'apparenter à des menaces.

Au début, on s'est intéressé à la neutralité dans le cadre de la commission d'enquête où là, il y a eu une audition peut-être un peu houleuse avec Patrick Cohen et Thomas Legrand, mais tout s'est parfaitement passé. Chaque personne répondait naturellement, admettait la légitimité de cette commission d'enquête. Est-ce que l'audiovisuel public respecte ses obligations d'impartialité, d'honnêteté, de pluralisme ?

Ensuite, a été question de l'utilisation des fonds publics et surtout de la gestion financière de ces entreprises. On a reçu la Cour des comptes, l'inspection des finances, les dirigeants, notamment le directeur financier de France Télévisions et de Radio France, ça a été cordial. Personne ne s'est emporté ni n'est sorti de ses gonds ou n'a menacé.

C'est lors de la troisième et dernière partie de cette commission d'enquête, au moment où j'ai commencé à m'intéresser aux contrats passés entre l'audiovisuel public et les sociétés de production, France Télévisions attribue près d'un milliard d'euros par an de contrats à ces sociétés de production privées. C'est à partir de ce moment-là où j'ai commencé à lever ces lièvres et à dénoncer ces pratiques que les menaces ont été les plus fortes. -On est tous menacés dans cette commission d'enquête.

Les parlementaires sont menacés. Vous avez été menacé. On ne va pas jouer à qui est le plus menacé.

Malheureusement, on vit à l'ère du soupçon généralisé et des attaques calomnieuses. Monsieur le rapporteur le sait. Quand il avait indiqué de manière calomnieuse que j'aurais pu avoir des liens avec Media One, j'ai été moi-même victime de dizaines de milliers de commentaires et d'attaques.

Le rapporteur lui-même a été victime de menaces. Les députés et vous aussi. -Ca prenait la forme, parfois de personnes qui, la veille d'une audition importante, alors que vous êtes en train de préparer et de rédiger vos questions, vous appellent et vous expliquent : "Tu sais, demain, telle personne, dirigeant ou actionnaire de cette société de production, est importante, elle connaît beaucoup de personnes, elle peut t'aider", comme si tes questions, si elles sont problématiques, cette personne-là peut aussi miner et te détruire, toi et ta carrière. -Il y a quand même 750 000 euros de programmes qui ont été financés à Bernard-Henri Lévy entre 2011 et 2022 par Arte, alors qu'il est lui-même président du conseil de surveillance d'Arte.

Et quels sont les processus de prévention de conflits d'intérêts ? Vous n'avez pas l'impression que ça peut choquer le contribuable français ? Il n'y a pas un mélange des genres éventuel ?

Ici on veut percevoir d'éventuels conflits d'intérêts. J'ai l'impression que là, il y en a un énorme sous nos yeux. Quand j'ai expliqué que Bernard-Henri Lévy avait pris plus de 750 000 euros de contrat avec Arte pour des documentaires qu'il a fait et qui ont été diffusés sur Arte en l'espace de dix ans, entre 2011 et 2022, j'ai quelques personnes qui ont décroché leur téléphone et qui m'ont dit : "Bernard-Henri Lévy est quelqu'un de sympathique, il ne faudrait pas témoigner, il ne faudrait pas le dire." C'est plein de sujets comme ça.

Et ça a été la même chose pour Xavier Niel, pour Mathieu Pigasse, même chose pour Nagui, c'était la même chose pour toutes ces personnes qui ont bénéficié de contrats à hauteur de plusieurs centaines de milliers d'euros, voire dizaines de centaines de millions d'euros, qui ont beaucoup d'amis et beaucoup de soutien. -J'indique enfin aux membres de cette commission et aux Français qui nous écoutent que s'est produit hier un fait inédit et grave dans l'histoire de la Ve République, qui s'apparente à des pressions et à des tentatives d'intimidation jamais vues. Maître Goldanel a indiqué sur X et à l'antenne de CNews porter plainte contre le président de la commission d'enquête, c'est-à-dire contre moi, m'accusant de ne pas avoir convoqué un syndicat de France Télévisions à une audition.

J'ai bien entendu convoqué ce syndicat et je tiens à la disposition de la justice la preuve de cette convocation dont monsieur le rapporteur à copie. Il est temps, je crois, que la calomnie, les pressions et les ingérences extérieures cessent afin que cette commission d'enquête puisse travailler sérieusement et sereinement. Sur le plan personnel, ça n'a pas été évident.

J'ai été l'objet d'une fausse information qui a circulé sur moi, sur une accusation de détournement d'argent public totalement infondée, vécu des attaques antisémites. Ca a exposé ma famille. D'une certaine manière, nous sommes devenus avec le rapporteur, des personnalités médiatiques, je le dis avec une grande modestie, une grande humilité, mais effectivement, on nous reconnaît dans la rue, on nous interpelle, on nous écrit, on nous interroge et peut-être que je n'avais pas assez mesuré cette exposition médiatique et donc personnelle qui serait la mienne tout au long de cette commission d'enquête.

Je suis assez heureux pour tout vous dire que mes enfants ayant un an et demi et deux ans et demi n'aient pas eu à comprendre et à subir toutes ces attaques. Mais en même temps je ne regrette pas d'avoir été président de cette commission d'enquête. Ca a renforcé mon engagement politique, ma compréhension aussi de ce qui était en train de se passer dans notre démocratie et dans notre vie parlementaire. -Je ne l'ai pas fait pour attirer la lumière ni pour me faire des amis.

Si je l'avais fait pour me faire des amis, je pense que j'aurais choisi un thème différent. Parce que quand je vois aujourd'hui une bonne partie des médias publics, des médias subventionnés, des médias de M. Niel et de M.

Pigasse qui se déchaînent à force d'articles parfois diffamatoires contre moi, je pense qu'avec un peu de recul, on peut se dire que si on est précautionneux, on s'intéresse à d'autres sujets d'intérêt public. -Si vous prenez les salaires des emplois publics auditionnés, les gens de l'Arcom, les dirigeants, les syndicalistes, les salariés, les journalistes de France TV et Radio France, les dirigeants de l'Institut National d'Audiovisuel, des inspecteurs des finances, des députés, des sénateurs, on aurait même pu avoir deux présidents de la République, pour tous ces gens préparer des auditions, venir dans vous, ça a coûté des fortunes aux Français. Et ça, ce n'est pas l'argent de l'Assemblée nationale.

Mais celui de toutes ces sociétés publiques. Ce sont des dizaines de millions d'euros que les Français vont débourser pour cette commission. -Pardon, excusez-moi, j'essaye de...

Non, mais pardon, excusez-moi, je le laisse terminer. On ne va pas contester le principe d'une commission d'enquête. On est tous parlementaires ici. -Je ne conteste pas.

Je parle de son coût. Puisqu'on parle d'argent, parlons d'argent. -Ma thèse, ce n'est pas en détournant le regard, en mettant le couvercle sur ces dérives, ce n'est pas en disant : "Circuler, il n'y a rien à voir", qu'il ne faut pas enquêter sur les 4 milliards, qu'on sauvera l'audiovisuel public.

Au contraire, c'est en mettant au jour ces dysfonctionnements pour mieux les résoudre. Et ça a été toute la légitimité de cette commission d'enquête. Le fait d'avoir révélé ces dysfonctionnements, ça permettra demain de mieux les résoudre et d'assurer une pérennité durable pour ces chaînes de l'audiovisuel public, j'y crois, et parce qu'il y a des missions précieuses, que l'audiovisuel privé n'assure pas, et c'est pas en dissimulant qu'on arrivera à les résoudre. -Il n'y a pas de révélation réellement.

Je crois que les personnes qui avaient, passez-moi l'expression, une dent contre l'audiovisuel public vont en sortir conforté parce que le rapporteur aura mis toute son énergie à ça. Et puis le public qui lui était un petit peu averti, qui connaissait le domaine, le sujet ou qui était attaché par conviction à l'audiovisuel public en ressortira avec la conviction qu'il y a désormais en France des forces politiques qui veulent en finir. -Le camp politique de M.

Alloncle, pas lui tout seul, dans une bataille d'ailleurs internationale contre les services publics de l'audiovisuel, c'est pas qu'en France, a voulu déplacer le terrain. On parlait beaucoup trop de la concentration des médias, de M. Bolloré.

Finalement, on va parler d'autre chose, déplacer le terrain et parler d'audiovisuel public. -Elle dit quelque chose, cette commission d'enquête d'une forme de trumpisation de la vie politique. Elle dit quelque chose, cette commission d'enquête, de cette démocratie du spectacle dans laquelle nous sommes en train de basculer.

Elle dit quelque chose, cette commission d'enquête, d'une fracture profonde de la vie politique française, maintenant et heureusement, elle apportera quand même des réponses sur le fond. J'ai présidé 200 heures d'audition, 234 personnes auditionnées, 67 auditions. Nous avons travaillé beaucoup et il y a eu des dysfonctionnements et des manquements qui ont été mis en lumière.

Elle a servi à quelque chose. Je vois d'ailleurs que des décisions ont été prises par les dirigeants de France Télévisions et de Radio France pendant la commission d'enquête. Ce qui montrait bien qu'elle produisait déjà ses effets.

Donc il y a eu sur le fond des avancées et il y aura des mesures qui seront prises. Et donc je pense qu'on retiendra effectivement beaucoup de choses de cette commission d'enquête. Musique