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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 13 avril 2018 7 minComplaisantActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprises

Jean-Pierre Champion (Krys Group) : "En matière d’accès aux soins, le patient ne s’y retrouve pas"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:42FerméeRéponse directe

    Jean-Pierre Champion, est-ce que vous allez aider Emmanuel Macron à tenir sa promesse de prise en charge à 100% des lunettes ?

  • 1:23RelanceRéponse directe

    Donc la promesse ne peut pas être tenue concrètement, vous êtes en train de nous le dire.

  • 1:40OuverteRéponse directe

    Donc c'est la question du reste à charge zéro qui doit faciliter le recours à des soins mal pris en charge par la sécurité sociale.

  • 1:47OuverteRéponse directe

    Vous discutez avec les mutuelles, qu'est-ce qu'elles en disent ?

  • 2:23OuverteRéponse directe

    Alors qu'est-ce qu'il faudrait faire concrètement ? Qu'est-ce que vous dites au gouvernement ?

  • 2:54OuverteRéponse directe

    Elle concerne la télémédecine, de quoi s'agit-il ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34PrésentateurPromesse
    « promettait, je cite, la prise en charge à 100% des lunettes d'ici à 2022 »
  • 1:04InvitéFait
    « On pouvait renouveler ses lunettes tous les deux ans, on le pourra tous les trois ans. »
  • 1:13InvitéFait
    « il faudra qu'elle se soit dégradée de 0,5 dioptrie, ce qui est très important. »
  • 1:20InvitéChiffre
    « Ça représente à peu près 5 dixièmes, ce qui est considérable. »
  • 1:54InvitéFait
    « les pouvoirs publics nous demandent, pour le prix d'une Dacia qui est fabriquée à Tangier, de nous fournir une Renault Espace haut de gamme qui est fabriquée à Douai. »
  • 3:03InvitéChiffre
    « Il y a à peu près une centaine d'ophtalmos tous les ans qui partent en retraite et des déserts médicaux »
  • 3:06InvitéChiffre
    « pour prendre un rendez-vous chez un ophtalmo aujourd'hui, si vous êtes adulte, il vous faut une centaine de jours. »
  • 3:09InvitéChiffre
    « Et si vous êtes un enfant, il vous faut 150 jours. »
  • 3:16InvitéFait
    « comment est-ce qu'on peut réduire ce délai, le ramener à une quinzaine de jours ? »
  • 6:16InvitéChiffre
    « Le marché a baissé en 2017 d'1,5%. »
  • 6:24InvitéChiffre
    « Et pour la première fois, 250 magasins ont fermé au total sur le marché. »
  • 6:43InvitéChiffre
    « Nous sommes passés de 14,5% à 16% de parts de marché en janvier. »

Temps de parole

  • Invité76 %
  • Présentateur23 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Présentateur

L'interview éco, on vous retrouve avec votre invité Emmanuel Cuny. Bonsoir Jean-Pierre Champion. Bonsoir Monsieur Cuny. Vous êtes directeur général de Cris Group. L'opticien a passé et a franchi le cap symbolique du milliard d'euros d'activité, donc un chiffre d'affaires en hausse l'année dernière. Nous allons y revenir dans un instant car le contexte est celui d'une vive concurrence. Donc vous êtes très actif dans ce secteur. Il y a un an, le candidat Emmanuel Macron, lors de la campagne pour l'élection présidentielle, promettait, je cite, la prise en charge à 100% des lunettes d'ici à 2022 en lien avec les mutuelles et l'ensemble des professionnels de santé.

Jean-Pierre Champion, est-ce que vous allez aider Emmanuel Macron à tenir sa promesse ?

0:46
Invité

Nous étions déterminés à l'aider toute la filière, les industriels, les distributeurs, les médecins, les compagnies d'assurance l'été. Et puis les négociations, les discussions ont commencé. Nous sommes très déçus à ce stade puisque en matière d'accès aux soins, je pense que le patient ne s'y retrouvera pas. On pouvait renouveler ses lunettes tous les deux ans, on le pourra tous les trois ans. On pouvait changer ses lunettes dès lors que la vue s'était dégradée de 0,25 dioptrie. Pardonnez-moi d'être un peu précis, il faudra qu'elle se soit dégradée de 0,5 dioptrie, ce qui est très important. Ça représente à peu près 5 dixièmes, ce qui est considérable.

1:23
Présentateur

Donc la promesse ne peut pas être tenue concrètement, vous êtes en train de nous le dire. Elle est mal partie pour être tenue.

1:29
Invité

Pourtant les négociations arrivent à échéance mercredi prochain le 18 avril. Il reste très peu de temps. Ce n'est pas parce qu'il y a une deadline que les négociations aboutissent. En tout cas dans l'intérêt du patient.

1:40
Présentateur

Donc c'est la question du reste à charge zéro qui doit faciliter le recours à des soins mal pris en charge par la sécurité sociale.

1:47
Invité

Vous discutez avec les mutuelles, qu'est-ce qu'elles en disent ? Les mutuelles pensent sensiblement la même chose que l'ensemble de la filière. C'est-à-dire qu'en gros, les pouvoirs publics nous demandent, pour le prix d'une Dacia qui est fabriquée à Tangier, de nous fournir une Renault Espace haut de gamme qui est fabriquée à Douai. Donc le seul moyen de rentrer dans les contraintes que nous donne le gouvernement, c'est d'acheter en Asie. Alors nous-mêmes sommes un producteur-distributeur, nous avons notre usine en France. Et on ne pourra jamais se satisfaire aux demandes des pouvoirs publics, sauf à acheter nos produits en Asie. Alors qu'est-ce qu'il faudrait faire concrètement ?

Qu'est-ce que vous dites au gouvernement ? Je crois que le gouvernement doit se prendre conscience qu'il a en face de lui une filière en optique et également en audioprothèse qui sont déterminés à faire réussir cette réforme. et que par contre, il faut écouter les propositions qu'on lui fait et être raisonnable et surtout ne pas dégrader l'accès aux soins des Français.

2:47
Présentateur

Alors vous y travaillez, Cris Group y travaille, Jean-Pierre Champion, avec une offre que vous nous dévoilez en exclusivité ce soir sur France Info. Elle concerne la télémédecine, de quoi s'agit-il ?

2:56
Invité

Oui, je crois qu'il faut redonner le contexte. Il y a à peu près une centaine d'ophtalmos tous les ans qui partent en retraite et des déserts médicaux qui font que pour prendre un rendez-vous chez un ophtalmo aujourd'hui, si vous êtes adulte, il vous faut une centaine de jours. Et si vous êtes un enfant, il vous faut 150 jours. Donc on s'est dit, comment est-ce qu'on peut réduire ce délai, le ramener à une quinzaine de jours ? Eh bien la télémédecine le permet. Il suffit que le patient se rende chez un opticien, on lui fait un examen de la vue, puis on prend rendez-vous chez un orthoptiste qui est habilité à faire un fond de l'œil et prendre une tension oculaire.

On envoie le tout à un ophtalmo qui est à distance prescrit. Pourquoi on ne l'a pas fait jusqu'à présent ? C'est effaisable ? Écoutez, c'est aux acteurs privés d'utiliser la réglementation et les nouvelles technologies. C'est un avantage concurrentiel que d'être le premier à le faire. Tout cela se fera sans coût supplémentaire pour le patient, le client ? Alors aujourd'hui, comme le protocole est en phase de validation, ça coûte une centaine d'euros. Il faut qu'il soit remboursé, il ne l'est pas encore. Nous travaillons avec les organismes assureurs santé pour avoir cette prestation remboursée et la ramener au prix d'une visite ophtalmo à une cinquantaine d'euros.

Tout cela sera opérationnel ? À quel moment on peut connaître le calendrier ? Alors aujourd'hui, la validation se passe sur une petite dizaine de magasins. D'ici la fin de l'année, nous pensons obtenir le remboursement de manière à ce que ça ne coûte pas plus cher d'avoir une prescription par télémédecine que d'aller chez son ophtalmo et de l'obtenir en 15 jours plutôt que de l'obtenir en une centaine de jours. Ça vous permet de peser dans les négociations en cours dont on parlait avec le gouvernement sur le reste à charge zéro ? Écoutez, ça nous permet en tout cas de trouver des solutions en sortant un peu du contexte.

Aujourd'hui, en gros, on prend à pierre ce qu'on donne à Paul alors qu'il y a de multiples façons d'améliorer le parcours santé si on utilise toutes les technologies et toutes les réglementations qui sont à notre disposition. Les déserts médicaux, vous comptez les réduire ? Par définition, si vous avez des ophtalmos qui sont sur une plateforme et qui peuvent à distance recevoir les éléments du dossier médical pour prendre une décision, un examen de la vue, un fond de l'œil, une tension oculaire, ça suffit pour qu'un ophtalmologiste puisse prescrire une paire de lunettes. Parlons de votre activité, Jean-Pierre Champion.

5:17
Présentateur

Cris Group que vous dirigez, ce sont également les marques Vision Plus, Lynx Optique et comme tous dans le secteur, comme tous les opérateurs, celui de l'optique connaît des mouvements de concentration pour se renforcer face à cette concurrence. La dernière opération en date, c'est le rapprochement entre Essilor et l'italien Luxottica, une opération à 48 milliards d'euros. Ça fait peur quand on est opérateur opticien aujourd'hui en France ?

5:40
Invité

Écoutez, très modestement, nous sommes à la fois partenaires et concurrents du groupe Essilor, puisque nous fabriquons nous-mêmes nos verres en France, dans une usine française. La fusion a été acceptée, c'est donc qu'elle est compatible avec le droit de la concurrence. Acceptée par la Commission européenne. Par la Commission européenne. A nous, d'en faire bon usage.

6:02
Présentateur

Crise Group a passé en 2017, je le disais, le cap du milliard d'euros d'activité. C'est plutôt pas mal, dans un contexte qui n'est pas vraiment porteur aujourd'hui pour les opticiens.

6:10
Invité

Surtout, nous avons gagné des parts de marché. Vous avez raison de dire que le contexte n'est pas porteur. C'est-à-dire, le marché baisse aujourd'hui en France ? Le marché a baissé en 2017 d'1,5%. Et pour la première fois, 250 magasins ont fermé au total sur le marché. Ce qui ne s'était jamais vu dans toute l'histoire de ce marché. Et pourquoi ? Tout simplement parce que les prix baissent. La concurrence est très intense. Et d'ailleurs, la meilleure preuve que la concurrence est intense, c'est qu'Internet n'a pratiquement pris aucune part de marché dans cette filière. Donc la concurrence est intense. Nous-mêmes progressons en parts de marché.

Nous sommes passés de 14,5% à 16% de parts de marché en janvier.

6:47
Présentateur

Rapidement, Jean-Pierre Champion, la lunette de demain, l'innovation, c'est quoi ?

6:51
Invité

Ce sont d'abord des designs de verre. Nous avons lancé le verre accommodatif, le verre progressif d'intérieur. Mais ce sont aussi des lunettes connectées. Il y a des dizaines de start-up dans le monde, sur tous les continents, qui travaillent sur les lunettes connectées. Et là, il faut être en mode veille, de manière à saisir la bonne opportunité. Merci Jean-Pierre Champion, directeur général de Cris Group. Merci.

7:15
Présentateur

C'était l'interview éco avec Emmanuel Cuny. Merci.

7:18
Locuteur

Merci. Merci. Merci.