Economie de guerre : la bataille des drones | Le journal de la Défense
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Générique --- Musique Nous entrons dans une économie de guerre, c'est un changement pour beaucoup d'entre nous, soyons lucides, qui va nous obliger à investir davantage pour les Etats, à être plus exigeants avec les industriels pour ces derniers, à être encore plus innovants, plus rapides. -Une économie de guerre, c'est l'idée de se préparer à des logiques d'attrition, donc être en capacité de soutenir un effort de défense sur le temps long, en produisant plus, plus vite, et si possible à moindre coût, en tout cas à coût maîtrisé. -Aujourd'hui, il y a des millions de drones qui volent par an en Ukraine, ce qui n'était pas le cas avant.
Donc la bascule, c'est sur la massification. Adapter la réponse industrielle aux besoins militaires, mais également de l'adapter avec la réponse industrielle, avec l'objectif de construire ensemble des projets qui peuvent arriver rapidement dans les forces. Musique --- -Le 61e régiment d'artillerie, spécialiste du renseignement par l'image, en exercice autour de Chaumont.
C'est un des précurseurs dans l'utilisation des drones au sein des armées françaises. Cet outil, toujours plus performant, est capable d'observer, de guider, de frapper, d'intercepter. -Le drone, aujourd'hui, c'est un usage au quotidien, dans toutes les phases de la mission.
Ca peut aller de la préparation à l'installation, à la phase principale de la mission, l'effet majeur qu'on veut obtenir, et pendant nos déplacements. Ca nous accompagne toujours. Drone On a un panorama assez complet de drones de différentes tailles.
Ca va du drone FPV, qui est en plein développement, qui lui, son utilité est vraiment, on va dire, autour du kilomètre de notre position. Ensuite, on a du micro-drone, drone du combattant, d'allonge de quatre kilomètres à peu près. Là, c'est vraiment de blanchir une zone et être au contact de ce qu'on recherche.
Ensuite, on a ici, le DT46, qui a une portée d'environ 100 kilomètres, qui nous permet d'aller derrière les ennemis, d'observer et de rechercher les zones vitales adverses. -Prêt pour décollage ? -Oui. -Les besoins des forces sont immenses.
Et la guerre en Ukraine a forcé les armées occidentales à revoir l'économie du combat. La supériorité militaire repose désormais sur un équilibre. D'un côté, des systèmes complexes et coûteux.
De l'autre, des équipements simples et produits en grand nombre pour faire face à l'attrition du champ de bataille. -Le coeur aujourd'hui, c'est le combat de haute intensité. On a besoin de moyens qui sont nécessairement de haute technologie, parce que pour réaliser notre mission de renseignement, on a besoin de capteurs, de charges utiles qui ont un coût important.
Et puis dans le même temps, aujourd'hui, face à un adversaire paritaire, qui a les mêmes capacités que nous, qui a une bulle de défense solaire extrêmement élevée, on a aussi besoin d'une masse de moyens pour pouvoir prendre en compte ces pertes et malgré tout réaliser la mission. Il est clair que finalement, ce qui a évolué, c'est la prise de conscience de cette place du drone et de ce qu'il apporte dans la guerre d'aujourd'hui. Musique -Pour faire face aux défis de la dronisation, un effort de défense inédit a été lancé par la DGA, le pacte drone où se pressent tous les industriels du secteur.
Un changement de méthode autant qu'un changement d'échelle. Car dans le domaine des drones, tout évolue très vite, les technologies comme les menaces. Et les cycles industriels traditionnels, étalés sur des décennies, ne suffisent plus à répondre à l'urgence opérationnelle. -C'est une vue le 1er décembre à Balard, une première fois.
On nous a dit qu'on allait lancer quatre projets d'acquisition de drones courant 2026. -On a des drones "low cost" qui sont à hauteur de 3 000 à 5 000 euros. Des drones FPV qui sont à hauteur de 3 000 à 5 000 euros aussi.
Des drones d'éclairage, des drones bombardiers qui sont plutôt à hauteur de 100 à 200. -Quelles sont nos capacités de production ? Vous l'avez vu, là, on a un changement d'échelle.
On l'avait déjà fait l'année dernière, mais uniquement sur le projet DELCo. Là, ça va être général, on va demander de produire plusieurs centaines ou plusieurs milliers de drones. Le pacte drone aérien de défense, c'est plus de 180 entreprises qui participent, à la fois des groupes capables de produire en très grande quantité, on a aussi des groupes automobiles.
Comme la petite PME qui a une innovation qui fera la différence sur la conception d'un drone, -Pour la partie souveraineté nationale, la disponibilité des composants, est-ce que tu mets une priorité en disant : "Moi, je veux des solutions souveraines", avec des composants, que je ne sois pas dépendant de la Chine ou autre, quitte à ce qu'on me dise : "attention, vous voulez", au hasard, les moteurs. "Moi, je vous propose des moteurs français, souverains", mais à l'arrivée, le drone, il coûte 10 ou 20 % plus cher. -Si je l'ai précisé ici, c'est que justement, j'attends ça.
Je souhaite imposer un minimum de souveraineté, alors souveraineté européenne. Et c'est en s'accordant sur ce que vous savez faire rapidement, à coût maîtrisé, qu'on choisisse ensemble là où on veut aller sur nos appels d'offres, que l'on réussira ce défi de livrer les forces dès fin 2026 sur toutes ces gammes de drones évoquées. Donc encore une fois, un grand merci à tous pour votre présence. -Les industriels vont maintenant plancher sur les besoins exprimés par la DGA pour 2026.
Des drones de moins de 150 kilos. Au programme, plus de dialogue en amont, moins de lourdeur dans les procédures et plus de souveraineté industrielle. -L'économie de guerre, elle ne se décrète pas.
On est en guerre ou on n'est pas en guerre. Et on a bien vu sur la Première Guerre mondiale, un bon exemple, l'économie de guerre, ça a consisté à passer de "Je produis des voitures comme Peugeot et Renault" à "Je produis des chars, je produis des machines à coudre" ou "Je produis des munitions". L'économie de guerre viendra au moment de la guerre. -La France est plutôt bien positionnée car on a une industrie de défense qui est relativement autonome sur l'ensemble du spectre capacitaire et donc ça offre des capacités industrielles partout pour la France avec un outil de production pour lequel il y a eu des investissements faits depuis le début de la guerre en Ukraine justement pour soutenir ces augmentations de cadence et ces réductions de délais entre la commande et la livraison des équipements.
C'est une transformation en cours. -Partout en France, la base industrielle de défense se met en ordre de marche. Grand groupe historique, PME spécialisée ou start-up issus du numérique. -Le pacte drone a réussi à fédérer l'écosystème autour d'un but unique qui est que la France reste dans la course vis-à-vis du drone et du drone au sens large, c'est-à-dire ce qui vole mais aussi ce qui navigue.
Il y a des drones de toute petite taille qui font moins de 250 grammes, d'autres de plusieurs tonnes. Donc dans ce monde qui bouge très vite et en pleine structuration, chaque acteur de la filière du drone, qu'elle soit française ou européenne, trouve sa niche. -Près de Saint-Etienne, Hexadrone incarne cette nouvelle génération d'industriels.
Dans le domaine des drones, l'avantage ne vient plus seulement de la technologie. Il vient de la capacité à s'adapter. Une logique héritée du monde civil et désormais au coeur de l'industrie de défense. -Hexadrone a beaucoup travaillé avec les forces spéciales et aujourd'hui on sent un vrai passage à l'échelle au sein de la grande armée, essentiellement l'armée de terre aujourd'hui.
Drone Pour monter en capacité de production, Hexadrone est sorti du monde de l'artisanat et on a investi plusieurs millions d'euros pour avoir des machines spéciales, des moules. On a à peu près 250 pièces dans le toundra avec 80 % des pièces qui sont fabriquées en France. Et cette petite usine, j'aime bien dire que c'est une usine témoin.
Le jour où il faudra produire beaucoup plus, ça sera assez simple pour nous, puisque les fondations sont maintenant très solides, de dupliquer notre modèle ailleurs, aussi bien en France qu'à l'étranger. -Il y a un peu plus d'un an, au lancement du pacte drone, la base industrielle technologique de défense des drones était complètement éclatée. Le pacte drone a permis de la réunir, de connaître les difficultés et les points forts de la filière.
Aujourd'hui, on est dans une période de transition, parce qu'on massifie nos commandes. Ce sont plusieurs milliers de drones commandés par an. -Certaines entreprises ont déjà fait ce pari de massification.
C'est le cas d'Harmattan AI, l'un des fleurons de la DevTech. En six mois, l'entreprise a conçu et livré 1 000 drones d'entraînement commandés par la DGA. Un tour de force dans le monde de l'armement. -Les récents conflits, aussi bien en Europe de l'Est qu'au Moyen-Orient, ont montré qu'aujourd'hui, c'était la quantité qu'il fallait adresser.
L'industrie historique de la défense repose sur des systèmes développés en dix, quinze ans et produits en quantité limitée. Aujourd'hui, c'est ça dont ont besoin les armées, cette capacité à saturer, cette capacité à être livrées très rapidement. -Derrière la production de masse, il y a aussi la transformation du combat moderne.
Des drones capables de décoller en moins d'une minute, d'identifier une cible automatiquement, de transmettre l'information en temps réel. Des technologies pensées pour réduire la charge cognitive du soldat et lui permettre d'agir plus vite. -Le métier du soldat, ce n'est pas de piloter un ou des drones, c'est de faire la guerre contre un ennemi dans un milieu difficile.
Il faut qu'il s'appuie sur des systèmes autonomes qui vont lui simplifier la mission et limiter son intervention aux décisions critiques comme la décision de faire feu. Historiquement, un fantassin pilote un drone d'observation et puis un autre fantassin va faire réaliser une frappe avec ce type de drone. Le but d'Harmattan AI, c'est de proposer un système complet autonome où un seul opérateur pourra compter sur un système de plusieurs drones d'observation qui vont scanner une grande zone et de plusieurs drones de frappe qui vont réaliser le traitement des menaces dans cette zone de manière la plus autonome possible pour réduire sa charge opérateur. -Avec sa nouvelle usine dans le sud de Paris, Harmattan AI assume un changement d'époque.
Le drone militaire sort peu à peu de la logique artisanale pour entrer dans une logique de production de masse et de souveraineté industrielle. -L'usine fait 6 000 mètres carrés et on a prévu de la modularité dans cette usine pour pouvoir mener à bien tous les projets que nous avons. Donc l'ambition, c'est de monter en cadence pour permettre 10 000 drones par mois produits dans l'usine cette année.
On aura la capacité d'aller au-delà mais 10 000 par mois cette année c'est un "ramp-up" important. Pour vous donner un ordre d'idées, les premières productions réalisées l'an dernier pour la France étaient de 4 000 drones en un trimestre. Sur certains composants critiques, malheureusement, la France, mais la plupart des pays occidentaux, sont encore très dépendants de fournisseurs non européens, et notamment chinois, tout ce qui est terres rares.
Et donc un gros enjeu sur lequel nous, on travaille, c'est d'avoir plusieurs fournisseurs pour ne pas être dans les mains d'un seul et de ne pas être à risque, Et également de travailler sur la relocalisation en France ou en Europe de ces composants critiques, ce qui peut prendre un peu de temps. Ca peut générer aussi des coûts supplémentaires, mais c'est essentiel si on veut s'assurer de la souveraineté. Musique -On a une ambition aujourd'hui en France, c'est de sécuriser la filière drone car elle est un peu emblématique de ce qu'on essaye de faire dans l'économie de guerre : relocaliser, produire français et équiper nos forces armées de drones qui seront capables de répondre aux défis du combat de demain.
Renseigner pour protéger, on se renseigne sur les menaces afin de protéger les entreprises et de réduire leur vulnérabilité. -La montée en cadence de la filière drone attise les convoitises. Le secteur est devenu stratégique avec des intérêts économiques considérables.
Derrière chaque drone, il y a des algorithmes, des logiciels, des capteurs et des technologies critiques. Un patrimoine industriel ultra-sensible que la direction du renseignement et de la sécurité de la défense surveille de près. C'est le coeur de sa mission de contre-ingérence économique. -Ca suppose aussi d'accompagner des entreprises, des start-up, des pépites, pour essayer de se protéger.
Il va y avoir des menaces humaines, des tentatives d'approche, des tentatives de débauchage d'ingénieurs, propositions d'entretiens rémunérés à des collaborateurs, des faits de sécurité, qu'on appelle la menace physique, des incendies, des sabotages, des dégradations, des prises de participation par la concurrence dans nos entreprises de défense, des campagnes de dénigrement, des tentatives de déstabilisation. Ce matin, on se rend chez un industriel qui vient de décrocher un contrat avec détention d'informations sensibles. Et dans ce cadre, on va lui apporter des préconisations sur la partie sécurisation de sa nouvelle usine. -Bonjour messieurs.
Allez-y, entrez. -BONJOUR. -Les agents de la DRSD se rendent chez Elexo, une entreprise de défense qui fournit des télécommandes renforcées pour les drones.
Travailler pour les armées nécessite de respecter des règles strictes de sécurité. Il faut protéger les informations sensibles, sécuriser les systèmes de production et comprendre les menaces pour mieux s'en prémunir. -Comment voyez-vous l'évolution de la société, notamment vis-à-vis du marché et de la filière drone ?
Est-ce que vous avez des prospects en cours sur cet aspect particulier ? -Oui. Nous aujourd'hui, on voit une explosion de la demande.
Comprenez bien que là, toutes nos solutions permettent de télécommander sur le terrain, tous ces appareils. -Aujourd'hui, les menaces qui pèsent pour une entreprise comme Elexo, on les analyse sous le prisme du TESCO, à savoir le terrorisme, l'espionnage, le sabotage, la subversion et le crime organisé. -Nous travaillons avec l'Asie depuis de longues années.
Evidemment. Il ne faut pas juste fermer les yeux et se dire qu'on va refaire en France toute la chaîne de valeur. C'est impossible.
Il faut sélectionner les bons fournisseurs, être sûr que la traçabilité va nous permettre d'être souverains en la matière et d'injecter du logiciel qui soit un logiciel français. -Au vu des travaux envisagés au sein de votre usine, on va plutôt vous orienter sur la mise en place d'une zone protégée qui répond à un besoin de protection du secret de la Défense Nationale. Musique -Protéger les secrets technologiques de la base industrielle ne suffit pas.
Il faut aussi s'assurer que les systèmes développés soient fiables et réellement adaptés aux besoins des forces. Produire vite et beaucoup, mais produire juste. Avant d'être industrialisés, les systèmes de drones vont passer une étape décisive.
La qualification dans un centre d'essai spécialisé, comme celui de la DGA à Bourges. -On va juste briefer vite fait l'essai d'aujourd'hui pour la mise en oeuvre du drone équipé d'un lance-roquette. On va tester un démonstrateur, ce n'est pas un matériel industrialisé, c'est un démonstrateur où on a équipé un drone avec un lance-roquette qui normalement est tiré à partir d'un fantassin. -On souhaite regarder l'incidence du tir sur le drone.
Là, on est sur une munition qui a l'avantage d'avoir ce qu'on appelle une contremasse, qui permet à la fois le tir en espace clos, mais qui permet également d'absorber une grosse partie du recul lorsque la munition va partir. *indications radio -OK, bien pris, oui, tu peux. Le travail de la DGA est de faire l'interface entre les industriels de défense et les forces.
Les armées ont besoin de matériel pour s'équiper et la DGA aide les forces armées à spécifier le matériel dont elles ont besoin et d'assurer la qualification de ces matériels pour que les forces puissent les utiliser en sécurité. -Franck et Xavier avec le drone cargo pour venir déployer le drone sur place. *-Ca marche. -Ici, chaque appareil est testé, éprouvé, validé.
Le défi est d'autant plus important que l'économie du drone est une économie de l'obsolescence rapide. Les conflits montrent que les standards changent très vite. Qualifier sans baisser le niveau d'exigence devient un enjeu stratégique pour la DGA. -La priorité c'est les fonctions de sécurité sur ces matériels et il faut que les forces qui les utilisent puissent les utiliser en toute sécurité.
Donc ça va être les plus gros enjeux de notre travail et ensuite va venir l'évaluation de la performance du matériel, c'est-à-dire sa capacité à remplir le besoin. -On fait une visée ? -S'il s'avère que le système est suffisamment performant, ensuite les forces vont déterminer si eux, tactiquement, c'est un système qui les intéresse, soit pour de la défense, soit pour de l'attaque.
Il y aura une discussion qui va s'instaurer avec eux pour voir ce qu'il faut améliorer sur le démonstrateur pour en faire un système résistant, durci et industrialisé. Attention pour décollage ! Trois, deux, un, décollage !
Musique Paramètres de vol, Franck ? -On est bon. -OK. *-Tu nous diras quand c'est bon, et puis après, on valide pour voir le cadrage. -Là, on est bien, là. -Attention pour le tir.
Trois, deux, un, feu. Musique -Les drones qualifiés par la direction générale de l'armement doivent ensuite être pris en main par les futurs opérateurs. Car derrière chaque machine, il y a un pilote.
La dronisation des forces est aussi une transformation humaine. Une nouvelle culture opérationnelle pour une nouvelle génération de soldats. A Chaumont, l'école des drones tourne à plein régime pour accompagner les innovations de la base industrielle. -On va voler sur le DELCo, le drone "low cost" du combattant.
Vous avez pour but de le distribuer dans tous les régiments de l'armée de terre. Un qui volera ici, avec moi, là-bas avec l'adjudant, et de l'autre côté, pour apprendre la perte de liaison et savoir récupérer son drone. Drone T'as ton tableau, tes points.
Par contre, si tu oublies de faire le réglage que je t'ai dit au début, on va le faire après, tu vas voir que ton drone va s'arrêter. Donc là, ta mission est foutue. Si l'industriel ne nous fournit pas beaucoup de drones, on ne pourra pas fournir beaucoup de pilotes car il y a quand même pas mal de contraintes, des casses de matériel.
Si on ne peut pas les remplacer, on ne peut pas former. Donc on va de pair avec les industries. Si les industries ne font pas en masse, nous, on ne pourra pas former en masse non plus.
L'objectif c'est de former le chef en tant que moniteur, que lui puisse former des télépilotes dans son régiment par la suite, pour pouvoir justement manipuler ce drone sur la mission ORION et autres missions qui seront développées dans le futur. Drone -Le vrai enjeu c'est le drone du combattant puisque la cible est d'avoir environ 16 000 drones en fin d'année donc quasiment autant d'opérateurs et j'ai donc un contrat d'objectif de former 120 instructeurs pour la fin de l'année et le même contrat pour 2027. On a coutume de comparer l'arrivée du drone à celle de la poudre à canon puisque ça a modifié l'exposition du combattant, sa capacité aussi à frapper.
Et on est sur un nouveau jeu du glaive et du bouclier, mais il faut associer aussi la lutte anti-drone, qui est un véritable enjeu pour les mois et années à venir. -A l'école des drones, il ne s'agit pas seulement d'apprendre à piloter une machine. Les stagiaires doivent comprendre comment l'employer dans une manoeuvre, au plus près du combat. --- -On s'inspire beaucoup justement du conflit qu'il y a entre l'Ukraine et la Russie.
On a beaucoup de test et on essaye de faire des exercices assez réalistes et qui se rapprochent de ce qui se passe sur le champ de bataille. -On va simuler une frappe avec un drone qui aurait une charge en dessous, une charge explo, pour taper un véhicule en déplacement. -Sur un véritable terrain d'opération, sa grosse plus-value, c'est que c'est un système "low-cost".
Il fait le même travail qu'un missile. Drone -Frappe réussie. Musique -L'exercice ORION 2026, un scénario de combat de haute intensité, interarmé, marqué par le retour des conflits majeurs.
Pendant trois mois, l'exercice a mobilisé près de 10 000 militaires, sur terre, en mer, dans les airs, mais aussi dans le domaine cyber et spatial. Et au-delà du scénario, c'est tout un effort de défense qui est mis à l'épreuve. La capacité à mobiliser l'industrie, à soutenir les forces dans la durée et à tenir le rythme d'un conflit de haute intensité. -L'orientation que l'on donne aujourd'hui à nos entraînements, c'est une orientation face à la menace la plus importante qui est un défi de combat de très haute intensité.
Et vous voyez, en quelques années, en quelques mois, à quel point les armées françaises progressent, mais pas uniquement les armées, c'est toute l'innovation grâce à tous les industriels qui conçoivent, qui développent, qui construisent nos équipements. Et j'ai confiance parce que nous héritons de deux lois de programmation militaire qui ont multiplié par deux le budget de la défense. Et le résultat est là. -Avec ORION 2026, l'utilisation du drone a changé d'échelle.
Pour la première fois dans un exercice de cette ampleur, plus de 1 200 drones ont été engagés simultanément aux côtés des forces. Un test en conditions réelles pour valider les matériels, identifier leurs limites et ajuster les équipements aux besoins du terrain. -Ce qui fonctionne, je crois, c'est d'écouter les échelons tactiques.
Ceux qui sont sur le terrain et ceux qui mettent en oeuvre ces capacités et qui savent dire très vite, dans une boucle courte, très réactive, ce qui fonctionne, ce qui fonctionne moins bien et ce qu'il faut changer. Aujourd'hui, le drone, c'est une matière périmable. Les conflits évoluent très vite, les technologies aussi.
Et donc, il faut être capable d'investir un peu. Et puis, tout d'un coup, de changer de modèle, là aussi à coût maîtrisé, parce que nous sommes conscients que derrière, la nation produit un effort pour ses armées. -17 heures.
On s'infiltre jusqu'aux abords de l'aérodrome. Je rappelle, normalement, on a une section ennemie, le village, probablement deux autres sections ennemies. Nous, ce qui nous intéresse, c'est les bâtiments sud-sud-ouest de l'aéroport.
Donc boxe rouge, jaune et verte. Une fois arrivés en place sur vol drone pour renseignements ennemis. Je rappelle les menaces.
Brouillage, drones ennemis et UED. On évite au maximum les découvertes et on reste au maximum protégés des vues. -Cette unité de reconnaissance du 126e régiment d'infanterie doit sécuriser la zone avant la prise de l'aéroport prévue demain.
Dans cette phase décisive, l'information est une arme. Le drone, un compagnon désormais indispensable pour voir sans être vu. -Est-ce que nos positions sont visibles du ciel ? -Négatif. -On ne voit rien.
Sur ORION, le gros avantage qu'on a, c'est que c'est un exercice de grande ampleur. Souvent, quand on travaille juste niveau compagnie, on a un terrain très cloisonné. On n'utilise pas toutes les capacités possibles et on n'amène pas les drones à leurs limites.
Les premières choses qu'on va essayer de trouver, c'est s'il n'y a pas de gros véhicules ennemis, de gros blindés, notamment du transport de troupes d'infanterie ou du char. L'utilisation du drone sauve des vies, ça c'est sûr, notamment dans les phases de renseignement, mais surtout pendant des phases d'assaut. -Dans chaque unité, au sein des états-majors et dans toute l'industrie, le drone est désormais au coeur de l'effort de défense.
Une lame de fond qui redessine le visage de la guerre et de son économie. Générique de fin
Jean-Pierre Bataille