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InterviewSud Radio (sur YouTube)· 7 mai 2025 25 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsCulture, médias & sportSolidarités & famille

Monseigneur Matthieu Rougé : "Ce conclave est très ouvert"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi selon vous le conclave est-il aussi suivi dans le monde entier ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'un pape français est possible cette fois ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Le pape doit préserver l'unité de l'Église face aux divisions entre progressistes et conservateurs. Comment y parvenir ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    La place des homosexuels dans l'Église : le nouveau pape devra-t-il évoluer ?

  • 8:00OuverteRéponse partielle

    Combien de temps l'Église pourra-t-elle tenir sans ordonner de femmes prêtres ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Le débat sur la fin de vie à l'Assemblée nationale : l'euthanasie est-elle un moindre mal ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:00Monseigneur RougetFait
    « L'euthanasie n'est pas un moindre mal, l'euthanasie s'est donné la mort. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Sud Radio, l'invité politique Jean-Jacques Bourdin. Avec nous, Monseigneur Rouget. Bonjour.

Bonjour. Vous êtes évêque de Nanterre, nommé par le pape François. évêque de Nanterre, un diocèse composé de villes pauvres, de villes riches.

Euh Nanter, c'est évidemment le quartier de la défense. Nous allons parler de ce qui va se passer à partir de 16h30 cet après-midi, le début du conclave. C'est un h closp Sixten sous la grande fresque du jugement dernier de Michelange.

Donc 16h30, 133 cardinaux de moins de 80 ans se réunissent et participeront à cette élection du futur pape. Cet après-midi, vêtu de leur tenue liturgique, ils entreront en procession dans la chapelle six aménagé pour l'occasion. Ils prêteront serment la main posée sur l'Évangile.

Ensuite, les personnes étrangères quitteront les lieux. Extra, tous dehors. La formule sera prononcée par le maître de cérémonie.

Les portes seront alors fermées, les téléphones à l'extérieur et dès aujourd'hui, un premier vote. Il faut recueillir au moins 88 voix pour être élu. les de tiers, les cardinaux voteront quatre fois par jour, deux fois le matin, deux fois l'après-midi et le nouveau pape élu choisira son nom.

Jamais peut-être, Monseigneur Rouget, l'élection d'un nouveau pape n'a été aussi suivie dans le monde entier. Pourquoi selon vous ? Alors, il y a d'abord le développement des moyens de de communication, des réseaux sociaux et cetera qui qui évidemment s'intéresse beaucoup à cet événement.

Mais en fait, surtout ce que je trouve le plus frappant, c'est cela. C'estàd que dans un monde surtout en Occident qui apparaît tellement sécularisé même si le grand nombre de de baptêmes d'adultes par exemple à Pâque en France a montré que il y a une vraie aspiration spirituelle et bien le monde entier a retient son souffle pour savoir qui sera le pape des catholiques. dit bien quelque chose de l'attente spirituelle de nos contemporains et de la mission de l'Église catholique aussi avec tous les chrétiens de témoigner de la bonne nouvelle du Christ et de l'Évangile.

Alors vous allez vous rendre à Rome. Vous partez demain, je crois savoir hein. En effet parce que vous savez c'est le pour les catholiques, c'est le grand jubilé de l'année 2025 et nous avions prévu depuis des semaines et des semaines un pèlerinage de taille modeste.

D'ailleurs, on sera 120, je crois de prêt diacre et et laïque en responsabilité de monondioè avant un grand rassemblement que nous aurons en région parisienne le weekend d'après. Et donc la la providence, le hasard font que nous nous serons à Rome euh à partir de de demain matin. Et évidemment, je pense que nous nous pourrons être place Saint-Pierre pour la bemousse papam. pour la bémousse papam, c'est-à-dire l'apparition du nouveau pape.

Si ce conclave ressemble au précédent, le nouveau pape sera connu d'ici 48h. Plus tard vendredi, peut-être samedi euh si ça dure un petit peu, puisqu'on vote deux fois par jour. Enfin, quatre fois par jour, deux fois le matin et deux fois l'après-midi, hein.

Euh et quand le nouveau pape sera élu, la fumée blanche apparaîtra. Évidemment, vous allez l'attendre. Vous allez l'attendre place Saint-Pierre cette fumée blanche.

Le on va vivre notre pèlerinage et puis on sera attentif évidemment à la fumée blanche. La ville de Rome n'est pas gigantesque donc dès que la fumée blanche apparaîtra, il sera temps de rejoindre la place Saint-Pierre. Alors on n pas eu de pape français depuis 1370. 1370.

Dites-moi, est-ce que est-ce que est-ce que c'est possible cette fois ? Alors en fait la question de la nationalité du pape est vraiment seconde. C'est important c'est le tempérament, la capacité à être un homme de communion, d'évangélisation et de paix.

Oui. Après euh parmi les les noms cités, il y a euh au moins un français et euh Jean-Marc Aveline. Voilà, on entend souvent le cardinaline qui que nous venons de lire comme notre président de la conférence des évêques de France de manière assez triompha.

C'est une personnalité exceptionnelle qu'à titre personnel, j'apprécie énormément. C'est un homme à la fois d'ouverture et de solidité. Et donc nous verrons il a ses chances.

Franchement, la question est moins d'avoir ses chances mais c'est en tout cas une personnalité de de très très grand niveau pastoral et spirituel. Oui. Et après c'est au cardino d'exercer leur discernement.

Oui. Mais ça c'est ça c'est évident. Mais est-ce qu'il les connaît ?

Est-ce que Est-ce que parce que beaucoup de de de cardinaux qui vont et élire le le nouveau pape ont été euh désinommé par le pape François beaucoup ? Oui. Mais le pape François a été pape pendant 12 ans.

Donc il y a quand même des générations de cardinaux successives. On a beaucoup dit, peut-être un peu trop dit que les cardinaux ne se connaissaient pas. Oui.

En fait, les cardinaux participent tous à des organismes de collaboration avec le pape parce que le Saint-Siège est globalement une institution assez collégiale. Le canal Aveline par exemple participe tous les 15 jours au dicaster pour les évêques qui qui prépare pour le pape les nominations d'évêques à travers le monde entier. Et puis il y a des synodes, moi j'étais au synode pendant deux fois un mois à Rome avec le carnal Laveline justement et des évêques du monde entier.

Oui. Donc il y a plein d'occasions où euh les Cardinaux se rencontrent, apprennent à à apprécier leur qualité respective. Bien donc Monsur Aveline a a ses chances.

Vous n'allez pas faire de pronostic ce matin. Euh mais qu'est-ce qui se murmure quand même à l'intérieur de l'église ? Alors, d'abord, moi je ne suis pas à Rome, je ne suis pas vaticaniste professionnel, mais ce qui se dit, c'est que le le ce conclave est très ouvert.

Oui. Et qu'il y a plein de de personnalités à la fois originales, enraciné et et de de grande qualité. Donc je trouve que c'est pour pour les catholiques notamment et puis pour le monde entier, il y a une occasion de se laisser surprendre à nouveau par non seulement un nouveau pape mais par l'Évangile, par l'invitation à à se laisser aimer par Dieu pour témoigner de lui, par l'invitation à être témoin de de la paix et de et de la fraternité que le Christ veut sceller entre tous les hommes.

Oui, Monseigneur Rouget, le pape a un rôle essentiel. D'abord, premier rôle, préserver l'unité de l'église, de l'Église catholique, éviter les chismes, les menaces de sission, les menaces de rupture. Or là euh il y a aujourd'hui entre les catholiques dit d'ouverture et les catholiques plus identitaires, entre ceux qu'on appelle les progressistes et ceux qu'on appelle les conservateurs, il y a un fossé qui s'est un peu creusé.

Non, je ne forcerai pas les choses. Ah, pour moi, c'est évident que le que le prêtre que le pape comme tout comme tout évêque d'ailleurs est appelé à être un homme de communion. Oui.

Et de mission. Les deux vont toujours ensemble. Après, faire l'unité entre les personnes, c'est vrai dans un à l'échelle d'un pays, c'est vrai évidemment à l'échelle de l'église universelle, c'est toujours une tâche immense parce que les forces de division, on le voit dans toutes les réalités humaines, menacent toujours de l'emporter sur les forces d'unité et de paix.

Donc évidemment, mais où sont les forces de division dans l'Église catholique ? Non, mais comme vous le dit, vous le disiez, c'est-à-dire que il y a toujours la tentation de se mettre plutôt dans des positionnements partisans et pas assez dans des attitudes spirituelles de fond. Et donc, c'est par la profondeur que le pape la doctrine quoi, par la profondeur, c'estàd seulement la doctrine mais aussi l'expérience spirituelle.

C'est par la profondeur que le pape peut-être un serviteur de l'unité en vue de la mission. Et puis vous l'avez euh peut-être évoqué aussi le la mission du pape, c'est l'unité de tous les catholiques. Oui.

Mais c'est aussi de travailler à l'unité de tous les chrétiens. Aujourd'hui, il y a beaucoup de pas en avant qui peuvent être faits notamment avec nos frères et sœurs orthodoxes. Et donc, c'est très important aussi que le pape soit animé par ce grand désirité.

Nous venons célébrer la fête de Pâqu tous ensemble, ce qui est pas le cas chaque année en raison des divergences de calendrier. Et donc, il y a aussi de grandes attentes en matière d'unité de tous les chrétiens toujours pour que l'Évangile soit mieux annoncé. dans le monde d'aujourd'hui.

Et puis euh le service de l'unité des chrétiens, il est aussi un élément du service de la paix du monde. On voit aujourd'hui ce qui se passe en Ukraine, ce qui se passe en Terre Sainte, ce qui se passe à ces heures-ci entre l'Inde et le Pakistan. Il est très important que le pape soit un homme qui puisse contribuer à la paix du monde.

Et enfin, j'insiste aussi sur ce point qui me semble très important. Euh le pape est appelé être un des grands avocats de la dignité humaine. Je pense en particulier en France. le débat sur la fin de vie.

Le pape François, je vais y revenir qui était un homme d'ouverture a été très vigoureux sur ce point et moi j'aimerais qu'il soit un peu plus entendu y compris par nos dirigeants qui aimaient beaucoup le pape François mais qui sont un peu sourds à ces appels malheureusement. Alors je vais y revenir, je vais y revenir ne vous inquiétez pas Monseigneur Rouget. Enfin il disait quand même le pape François disait quand même la robe de l'église est déchirée.

Il le disait déchiré. Oui, parce que le monde est tourmenté. Et si le monde est tourmenté, l'Église catholique l'est évidemment déchirée entre progressiste et conservateur.

Pardon. Pardon. Mais certains n'ont pas supporté certaines innovations du pape François.

Alors, déchirer le le mot me sens me semble trop dur. Trop dur. Et encore une fois, les les faire l'unité, c'est toujours un défi.

C'est vrai dans une famille, c'est vrai dans un couple, c'est vrai dans un parti politique, c'est vrai dans toutes les communautés humaines et c'est vrai dans l'église même si dans l'église nous avons la grâce de la foi partagée qui est vraiment le ciment de notre unité. Alors je pense que euh il ne faut pas être il ne faut pas nier les difficultés qui peut y avoir, les incompréhensions qui ont pu exister par rapport à tel ou tel positionnement du pape François. Mais moi, j'étais très frappé pour les obsèques du pape François.

J'ai eu la grâce d'être à Rome ce jour-là. Oui. De sentir en fait une immense communion.

Et je crois que la communion dans le Christ, mort et ressuscité, en plus le pape est parti dans la lumière de Pâqu, la dimension d'unité est plus profonde que les divisions. Plus profonde que les les divisions. Alors, on ne va pas négliger évidemment la dimension spirituelle et politique, hein, de du pape du pape de de de cette fonction spirituelle et politique.

Je je je voudrais aborder du concret là avec vous, Monseigneur Rouget, les questions d'ailleurs soulevées par le pape François. La place des homosexuel dans dans l'église par exemple alors que le catéchisme considère l'homosexualité comme un péché grave. Est-ce que là le nouveau pape va devoir évoluer sur ces questions ?

En fait, il ne faut pas caricaturer les positions du pape François. Le pape François, il a surtout été le l'avocat Oui. d'un accueil bienveillant à l'écart de toutes les personnes.

Donc quel que soient les situations humaines, quels que soient les les choix de vie, d'être toujours dans l'église un lieu d'accueil, de bienveillance, d'écoute, d'accompagnement, de discernement. Donc euh la la question n'est pas de de bouleverser la compréhension chrétienne de la vie humaine, mais en revanche de progresser dans la bienveillance et la qualité de l'accueil offert à tous, queles que soient les situations. Alors donc, il va falloir progresser dans la qualité de l'accueil offert aux homosexuels.

Mais je pense que d'une manière générale euh accueil dans l'église, je parle hein, dans l'église, manière générale euh le le le pape à François nous a fait progresser dans dans l'accueil de tous, mais vraiment de tous, voyez, dans toutes les situations. Je pense qu'il y a un autre sujet sur lequel il a été très très critiqué, c'est euh sur la question des migrants. Oui.

Et le pape n'a jamais remis en cause la légitimité de régulation juridique sur l'immigration. Mais en revanche, on ne peut pas ne pas être bouleversé par le fait qu'il y ait des hommes et des femmes qui euh euh risque de mourir et parfois meurent effectivement noyé euh en Méditerranée. On peut pas laisser la Méditerranée être un cimetière de migrants.

Donc à nouveau euh il y a des régulations légitimes, mais comment est-ce qu'on est à l'écoute de tous ? Comment est-ce qu'on prend soin de tous et de chacun ? C'est vraiment ça le grand le grand message du pape François dans le domaine de la vie séculière, c'est l'accueil, la bienveillance, l'accompagnement.

Ça c'est le grand message. Autre question. Combien de temps encore l'église pourra-t-elle tenir sans ordonner de femme prêtre ?

La question, elle est pas de tenir. La question, elle est d'être ajusté à ce que le Christ nous a donné. Qu'est-ce que c'est que les prêtres ?

Un prêtre, c'est pas celui qui dirige tout dans l'église, un évêque non plus. Il est celui qui est signe de la présence du Christ dans son église. Et je pense que la question, elle est moins de l'ordination des femmes que de continuer à à équilibrer le rapport entre les prêtres et les évêques, les diacres et l'ensemble du peuple de Dieu.

Et c'est là-dessus qu'on a travaillé à la demande du pape. Moi, j'y étais d'ailleurs avec Carnel Grâce au synodes que nous avons eu en 2023 ou 2024. Je me souviens mais est-ce que vous êtes favorable à à l'ordonnancement des femmes ?

Alors on parlait plutô d'ordination que d'ordonnanceationbleer le mot d'ailleurs que le le pape a été très clair sur ce sujet pendant tout son ministère pontifical et je je m'en tiens évidemment à l'enseignement du pape François sur le sujet qui a a dit que l'ordination le ministère ordonné pour rendre témoignage à l'humanité de Jésus-Christ était donné aux hommes. Aux hommes et pas aux femmes. Donc vous êtes contre.

Mais en revanche, en revanche, je suis tout à fait favorable et je le vis dans mon diocèse à davantage de responsabilité ecclésiales donnée aux femmes. Pas de femmes diacres, mais vous savez la question, vous voyez la question est pas ce qu'on se met derrière diacre ou prêtre ou évêque. Moi j'ai un j'ai un conseil épiscopal où il y a autant de femmes que d'hommes. les principaux collaborateurs sont des collaboratrices qui ont des responsabilités, y compris qu' les mettent en responsabilité vis-à-vis de prêtres dans la pastorale de la santé, dans le catcumena.

Et donc voyez, trop souvent les commentateurs que je n'ose qualifier d'extérieur mais pensent la question de l'ordination en terme de responsabilité de type politique. C'est pas de cela qu'il s'agit, il s'agit de de service de type sacramentel. Ce qui est important, c'est que effectivement dans l'église des hommes et des femmes aient des responsabilités et c'est de plus en plus le cas et personnellement je m'en réjouis.

Et le célibat des prêtres ? Alors euh d'abord dans l'église catholique, il y a des prêtres orientaux catholiques dont certains sont mariés. Oui, mais personnellement, moi je crois beaucoup que ça a énormément de sens que des prêtres et des religieux en réponse à l'appel de Dieu accepte de tout quitter pour le service de l'Évangile pour pour mettre toute leur capacité d'amour et de service remettre en cause le célibat des prêtres.

Je crois que ça a beaucoup de sens en réponse à l'appel de Dieu que des hommes et des femmes aussi, je le maintiens, des religieuses par exemple et bien puissent tout donner pour le service de l'Évangile parce que cela est un témoignage rendu à la dimension essentielle de l'amour de Dieu. Donc pour vous, pas d'évolution dans ce domaine-là. Oui, la question euh c'est une question qui revient sans cesse.

Elle a elle est revenue parce que le pape François a abordé tout revient elle revient à sans cesse en effet. Mais personnellement, je crois beaucoup au sens profond du célibat et je m'en tiens à nouveau à ce que le pape nous a dit sur le sujet. Bien.

Euh la lutte contre les violences sexuelles. Pourquoi encore cette culture machiste quand même une forme il y a une forme de culture machiste quand même de patriarcat non ? Dans l'église catholique ça c'est deux sujets différents.

Mais voyez cette question des de la lutte contre la violence sexuelle elle est essentielle. Donc c'est un sujet pour lequel notamment en France on s'est énormément impliqué. Oui, mais et depuis depuis pas mal de temps, il y a eu le rapport de la de la SIAZ.

Notre président sortant de la conférence épiscopale, Domlin Beaufort, Arch de Reince a été très moteur sur ce sujet et aujourd'hui, vous voyez même et c'est quelque chose que je dis avec beaucoup de gravité, de sérieux, pour moi, c'est un des sujets aussi qui doit être présent au conclave. Oui. Euh, il y a dans la société en général, mais dans l'église aussi, une transformation culturelle à vivre pour être vraiment dans une logique de bientraitance.

Il y a des violences qui sont insupportables et moi comme évêque et beaucoup d'entre de des personnes victimes le savent très bien aujourd'hui, je me tiens à leur côté. Et donc aujourd'hui, c'est une question très importante et dans laquelle l'église est impliquée et doit l'être durablement. Nous avons en interne et pour la société à être des artisans d'une culture de la bien-traitance, d'une culture nouvelle.

Est-ce que tout abuseur d'enfant doit être définitivement privé de son ministère public ? Ça me semble ça me semble évident. Bien sûr.

Évid. Donc c'est clair pour vous. C'est clair.

Il y a plus aucune espèce de de de discussion sur ces sujets-là. Non mais c'est c'est une question l'église a a fait beaucoup de chemins d'ailleurs. Je crois que nous avons fait un grand chemin chemin et c'est un un sujet vraiment très très important et vous savez la question n'est pas le ministère public parce que il y a il y a les prêtres peut y avoir aussi des professeurs, il peut y avoir aussi des autres responsables et c'est un sujet pour toute la société, vous l'avez dit malheureusement beaucoup d'abus sont aussi dans le cadre familial euh il y a aussi beaucoup d'abus entre jeunes.

C'est une question globale et en tout cas l'église y est et il demeurera très impliqué. Pour moi, c'est vraiment un sujet essentiel. Alors, je reviens sur le débat sur la fin de vie à l'Assemblée nationale avec qui institue entre autres un droit à l'aide à mourir.

Les textes qui sont en discussion. Le débat ne peut être réduit à pour ou contre la vie mais doit poser la question du moindre mal. C'est ce que dit le président de la République.

Vous êtes d'accord ? Que répondez-vous à cette phrase ? Et bien, nous sommes pas du tout d'accord et le président de la conférence épiscopale, Eric Doubort a fait un message hier. sur X en disant "Non, monsieur le président, euh l'euthanasie n'est pas un moindre mal, l'euthanasie s'est donné la mort." Donc aujourd'hui, nous nous sommes très engagés en faveur des soins palliatifs.

Il y a eu grâce au premier ministre le fait d'avoir deux lois, ce qui permet déjà de clarifier le débat. Pour l'instant, le le la loi sur l'aide active à mourir n'en est qu'aux phase la phase de la commission. Tout va dire que ce sera voté peut-être la semaine pendant 15 jours à l'Assemblée nationale, mais ce n'est qu'une étape dans la navette parlementaire.

Oui. Et puis il y a eu des amendements qui sont de plus en plus délirants. Par exemple, on propose de ne pas appeler la mort provoquée euthanasie ou assisté mais mort naturelle alors que c'est pas la mort naturelle.

On institue des mensonges. Pourquoi mettre tant de mensonges dans un projet de loi si on est en paix avec lui ? Et il y a une ambiguïté avec le président dont nous échangeons avec lui depuis longtemps.

Quand il a présenté son projet il y a un peu plus d'un an en dans Libération et la Croix en même temps, il un grand projet de fraternité et la rédactrice en chef de la Croix Anne Ponce avait aussitôt dit "Mais non, c'est pas ça la fraternité. La fraternité c'est prendre soin des personnes fragiles." Donc aujourd'hui, nous sommes clairement en en en désaccord avec la proposition de loi telle qu'elle est.

Oui. Et d'autre part euh je le répète, le pape François qui pouvait être tellement un homme d'ouverture dans plein de domaines, vous l'avez dit il y a un instant, sur ce sujet était d'une vigueur sans faille, on ne joue pas avec la vie. Et moi, j'aimerais que j'aime bien cette formule de George Bernanos à propos de Saint-François d'Assise où il disait "Si vous l'aviez écouté au lieu de l'admirer." Alors euh voilà, le chef de l'État était à Rome pour les obsèques.

Il a toujours eu des relations très amicale avec le pape François mais est-ce qu'il pourrait l'écouter et pas simplement l'admirer ? C'est un enjeu de fraternité, c'est un enjeu d'humanité essentiel pour notre société française. Un référendum sur la question.

Est-ce que vous pensez qu'un référendum est possible sur cette question de la fin de vie ? Alors, je sais pas si d'ailleurs possible sur le plan constitutionnel. On voit bien aujourd'hui dans les débats que les les les cadre du référendum est est est quelque chose de compliqué.

Euh le le moi je crois aux vertus de la démocratie de représentation et au sérieux du travail parlementaire. D'ailleurs, la loi Leonetti il y a déjà 20 ans Oui. Oui.

Oui. était partie de de cas très frappant et puis il y avait eu un travail d'écoute de de sérieux de réflexion qui était parvenu à un équilibre législatif. C'est je suis frappé de que Jean Léonetti qui est pas du tout croyant, il le dit souvent maintient très fermement ses positions et aujourd'hui il y a une priorité c'est vraiment d'avancer sur les soins palliatifs.

Vous voyez surtout ce qui me frappe c'est que les partisans de l'euthanasie a besoin de faire entrer dans la loi des espèces de subterfug au lieu de parler de de mort provoquée, on va parler de mort naturelle. Alors c'est pas la mort naturelle, c'est la mort provoquée. Pourquoi avoir besoin de ces subterfuges ? pour euh légiférer.

Si on veut légiférer euh sur un sujet, etth bien il faut le faire clairement, sincèrement dans la vérité des termes. Bien. Euh est-ce que vous retenez le mot islamophobie ?

Alors, moi je trouve que il est important de d'éviter euh voyez les polémiques verbales. Oui. Euh pour moi, ce qui est important, c'est euh le respect, l'accueil de tous, la bienveillance.

Dans mon diocèse euh qui correspond donc au département des haut-des scènes, vous l'avez dit, il y a des des villes, des situations religieuses très différentes. J'ai des relations de de bienveillance fraternelle à l'égard de tous. Par exemple, quand il y a eu les émeutes autour de la mort de Naël il y a un peu plus d'un an et demi à Nanterre, j'ai pu immédiatement faire un appel à la paix commun avec les responsables musulmans de la ville de Nanterre qui est devenu en quelques jours un appel national de toutes les religions pour le retour à la paix dans nos dans nos quartiers difficiles.

Donc moi je suis vraiment au service de la fraternité et je pense que les enjeux de société et de paix sont tels que il est de mauvais allois de brandir des termes, de créer des polémiques. Oui. Islamophobie, christianophobie, je ne sais pas moi, judéophobie.

Ce qui est important en tout cas, c'est que chacun respecte chacun et que tous est à cœur de nouer des relations de fraternité. Oui, c'est ce que je vis vraiment avec l'ensemble des responsables religieux de de mon diocèse et de mon département. L'islam s'affirme en France notamment chez les jeunes.

Le catholicisme s'affirme en France notamment chez les jeunes. Les évangélistes aussi se développent souvent chez les jeunes. Pourquoi selon vous ?

Je pense qu'il y a une grande aspiration spirituelle. Qu'est-ce qui donne sens à la vie ? Et donc et et un besoin de de d'une proposition qui soit suffisamment forte.

Mais ce qui est intéressant, c'est d'arriver à avoir une proposition spirituellement forte mais qui ne soit pas spirituellement dur. Et donc ça c'est tout l'enjeu de l'annonce de la foi. Spirituellement dur.

Et voyez pour moi ce qui est important c'est que chacun puisse vivre quelque chose de de sur le plan spirituel et donc de pas avoir une annonce de la foi qui soit édulcorée. Mais en même temps, pour moi comme disciple de Jésus-Christ, plus j'appartiens au Christ, plus je suis tourné vers les autres. Et donc, il s'agit pas de s'enfermer dans une identité close, mais avec une identité spirituelle forte d'avancer toujours sur un chemin de fraternité.

Moi, c'est une des choses que j'aime le plus dans la foi chrétienne, c'est qu'on a jamais à choisir entre la force de la foi et l'ampleur de l'ouverture. Elles vont de pair. Et c'est d'ailleurs mon attente à l'égard du futur pape, que ce soit en même temps l'homme de l'enracinement et l'homme de l'ouverture missionnaire la plus large.

Et bien, vous me ramenez à l'élection et à ce conclave. Est-ce que vous avez vu le film Conclave ? Je l'ai pas vu le film Conclave.

Je dois vous dire que j'ai une vie très très remplie qui me laisse peu de temps pour aller au cinéma mais on a tellement parlé que c'est un peu comme si je l'avais vu. Bon d'accord. Merci Monseigneur Rouget.

Merci à vous et et j'espère que bientôt on pourra je pourrais vous raconter qui est le nouveau pape. Oui oui oui. Qui est qui ?

Oui évidemment et la personnalité du nouveau pap. et puis surtout que que sur ce sujet essentiel de la fin de vie, les les esprits de certains dirigeants pourront évoluer parce que il y a un enjeu essentiel pour la fraternité dans notre société française. Merci beaucoup Monseigneur Rouget d'avoir été avec nous ce matin sur l'antenne de Sud Radio.

Il est presque 9h.