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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 3 mai 2022 7 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesNumériqueEnvironnement & énergie

"Les entreprises vont tenir le coup sur cette crise inflationniste", selon directeur général délégué de BNP Paribas

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous fait pour passer entre les gouttes ?

  • 1:12OuverteRéponse directe

    Est-ce que les deux activités fonctionnent bien ou il y a peut-être un petit avantage côté entreprise ?

  • 2:09OuverteRéponse directe

    Vous avez déjà baissé les frais bancaires, est-ce que vous allez encore faire un effort supplémentaire ?

  • 2:59OuverteRéponse directe

    Comment vous pouvez être aussi confiant sur vos perspectives à l'horizon 2025 ?

  • 4:03OuverteRéponse directe

    Des entreprises qui investissent aujourd'hui, ça veut dire que notre économie est résiliente ?

  • 4:33OuverteRéponse directe

    Où en sont vos activités en Ukraine, Russie et Biélorussie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22InvitéChiffre
    « 2,1 milliards d'euros de bénéfices entre janvier et mars, plus 19,2% exactement sur un an. »
  • 0:39InvitéChiffre
    « les revenus ont cru de près de 12% »
  • 0:46InvitéFait
    « une bonne maîtrise du coût du risque aussi »
  • 2:13InvitéChiffre
    « dans les revenus des ménages, c'est 0,5% du budget d'un ménage »
  • 2:35InvitéChiffre
    « des taux de progression de plus de 20% par an »
  • 2:45InvitéChiffre
    « une demande en augmentation sur les rendez-vous physiques de plus de 5% »
  • 3:36InvitéFait
    « l'investissement des entreprises s'est bien maintenu »
  • 3:56InvitéChiffre
    « l'épargne a progressé de 8% en un an sur les banques commerciales, c'est plus de 500 milliards d'euros »
  • 4:12InvitéFait
    « Les entreprises, je pense qu'elles sont très résilientes, elles vont tenir le coup aussi sur cette crise inflationniste »
  • 4:20InvitéFait
    « elles sont en meilleure santé qu'elles ne l'étaient avant la crise du Covid »
  • 4:52InvitéChiffre
    « on a pu protéger 1700 collaboratrices et familles qu'on a pu héberger dans des pays voisins »
  • 5:31InvitéFait
    « on a cessé nos activités de retail en 2012, et nos activités de crédit à la consommation en 2020 »
  • 5:44InvitéFait
    « il y a eu des chiffres qui ont été donnés par les organisations non gouvernementales. On vous reproche notamment d'avoir financé des secteurs pollueurs à hauteur de 40 milliards de dollars il y a deux ans »
  • 6:13InvitéChiffre
    « C'est 350 milliards d'ici 2025 qui vont être investis sur ces sujets par BNP Paribas »
  • 6:37InvitéPromesse
    « la production d'électricité, le pétrole et le gaz et l'automobile, où nous allons réduire très significativement l'intensité de nos émissions de carbone »

Temps de parole

  • Invité64 %
  • Présentateur36 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonsoir à tous, BNP Paribas, la banque française a réalisé d'excellents résultats au premier trimestre, bénéfice en hausse de 20%, un peu comme si la première, la plus grande banque française cotée à la bourse se moquait de la crise internationale. Bonsoir Thierry Laborde. Bonsoir Emmanuel Cuny. Vous êtes directeur général délégué de BNP Paribas, alors je le disais, 2,1 milliards d'euros de bénéfices entre janvier et mars, plus 19,2% exactement sur un an. Comment avez-vous fait pour passer, je dirais, entre les gouttes ?

0:39
Invité

Écoutez, c'est d'abord une bonne croissance des revenus, puisque les revenus ont cru de près de 12%, une bonne maîtrise du coût du risque aussi. Ça c'est un élément important, puisqu'on ne voit pas de signaux de dégradation de l'économie là où nous agissons. Quand on parle de revenus pour une banque, de quoi s'agit-il exactement ? C'est deux choses, c'est les marges d'intérêt, les revenus d'intérêt, liés de la transformation, épargne, crédit. Ce qui vous fait vivre en fait.

Ce qui nous fait vivre, et les commissions, puisque quand on fait un crédit spécifique à une entreprise, quand on traite des opérations de flux d'entreprises, il y a bien sûr des commissions qui rémunèrent le service qu'on propose à ses clients.

1:12
Présentateur

Alors la banque, et en l'occurrence BNP Paribas, ce sont deux activités principales, l'activité dite de marché qui est destinée aux entreprises, le financement des entreprises, et la banque commerciale pour les clients traditionnels. Est-ce que les deux fonctionnent bien ou il y a peut-être un petit avantage côté entreprise ?

1:26
Invité

Il y a une surperformance des marchés, des activités de marché. Pourquoi ? Parce que beaucoup de volatilité sur les taux, les changes, les matières premières dans ce premier trimestre, et beaucoup d'activités de couverture de ces risques pour nos clients entreprises. Ça c'est une première chose. Et les banques commerciales qui ont aussi beaucoup de clients entreprises dans leurs fonds de commerce ont connu également un bon premier trimestre, comme les services spécialisés, qui est quelque chose d'important dans le groupe avec des sociétés de leasing, en particulier Arval sur la location de véhicules, ou les petits nouveaux comme Nickel ou Floa, qui est une acquisition récente.

1:58
Présentateur

On va revenir sur ce contexte global d'activité. Auparavant, Thierry Laborde, on parle beaucoup du pouvoir d'achat en ce moment, et dans le pouvoir d'achat on parle aussi beaucoup des frais bancaires, des tarifs bancaires. Alors vous avez déjà baissé, est-ce que vous allez encore faire un effort supplémentaire ?

2:13
Invité

Alors dans les revenus des ménages, c'est 0,5% du budget d'un ménage. Mais ça peut compter beaucoup quand même, pour certains. Bien sûr. Donc nous nous sommes sur une stabilité maintenant de ces prix depuis plusieurs années. Et ce que l'on voit, stabilité des prix, mais usage de plus en plus important, en particulier des connexions digitales. Vous savez Emmanuel, on a une connexion quasiment tous les jours sur nos applications bancaires, avec des taux de progression de plus de 20% par an. Et dernier message important, c'est aussi un besoin de réassurance humain. Parce que la banque, c'est aussi beaucoup de compétences humaines, beaucoup d'expertise.

Et ce qu'on voit depuis la crise sanitaire, c'est une demande en augmentation sur les rendez-vous physiques de plus de 5%.

2:51
Présentateur

Donc la partie humaine restera primordiale. Alors Thierry Laborde, directeur général délégué de BNP Paribas, vous avez maintenu, et vous maintenez d'ailleurs, vos perspectives à l'horizon 2025, avec un plan stratégique, vous n'avez réellement aucune inquiétude sur l'évolution de la conjoncture. Comment vous pouvez être aussi confiant ?

3:08
Invité

Alors on a bien sûr, et on a bien conscience de la réalité, il y a bien sûr des inquiétudes qui se font jour, l'inflation par exemple.

3:14
Présentateur

Les prix du pétrole, les prix de l'énergie.

3:15
Invité

Les prix du pétrole, on avait précédemment toutes les chaînes d'approvisionnement, liées à la crise sanitaire, liées à ce qui se passe aussi en Chine. Donc bien sûr, il y a un contexte un peu plus difficile au plan économique, mais aussi de grands facteurs de soutien. Et ça, il ne faut pas les oublier. Par exemple, il y a d'abord l'investissement des entreprises, parce que même si la consommation des ménages en France a baissé au premier trimestre, l'investissement des entreprises s'est bien maintenu. Et cet investissement, il est nécessaire pour financer des transitions digitales, des transitions écologiques également.

Il y a ensuite les mesures de soutien public, et il en faut, pour soutenir les plus fragiles. C'est vrai des entreprises, c'est vrai des ménages également. Et puis il y a toute l'épargne accumulée ces dernières années, et en particulier dans la crise sanitaire. Chez nous, l'épargne a progressé de 8% en un an sur les banques commerciales, c'est plus de 500 milliards d'euros.

4:03
Présentateur

Thierry Laborde, sur le plan macroéconomique, j'y reviens très rapidement, des entreprises qui investissent aujourd'hui, le message est quand même clair, ça veut dire que notre économie est résiliente. Les entreprises sont résilientes, elles résistent ?

4:12
Invité

Les entreprises, je pense qu'elles sont très résilientes, elles vont tenir le coup aussi sur cette crise inflationniste, qui va durer un peu, bien sûr. Et je pense même qu'elles sont en meilleure santé qu'elles ne l'étaient avant la crise du Covid. Grâce au plan de soutien du gouvernement notamment ? Au plan de soutien, et à la capacité d'adaptation des entrepreneurs. Je crois qu'il ne faut jamais sous-estimer cette capacité d'innovation et d'adaptation de nos clients.

4:33
Présentateur

Alors il y a la guerre en Ukraine menée par la Russie, l'Ukraine, la Russie, la Biélorussie, où en sont vos activités dans ces pays ?

4:40
Invité

Alors d'abord l'Ukraine, puisque là on a une banque de plein exercice, 5000 collaborateurs. Donc notre première préoccupation a été bien sûr de préserver nos collaborateurs. Il faut savoir qu'aujourd'hui la banque tourne de façon très réduite, mais elle tourne. Et on a pu protéger 1700 collaboratrices et familles qu'on a pu héberger dans des pays voisins, avec un gros gros effort de solidarité.

5:01
Présentateur

Mais en termes d'activités précisément, pour qui continuez-vous à travailler aujourd'hui en Russie par exemple ?

5:05
Invité

Essentiellement pour des clients particuliers entrepris, sur l'accès aux moyens de paiement et sur l'accès au cash pour des besoins de première nécessité.

5:12
Présentateur

Si les autorités françaises, et a fortiori bien sûr européennes, puisque c'est de leur ressort, décident de nouvelles sanctions, vous appliquerez ces sanctions ?

5:20
Invité

On les applique bien sûr très strictement, quelle que soit leur nature d'ailleurs. Ça c'est une obligation qui s'impose à nous. Et ensuite, pour répondre complètement à votre question, notre exposition sur la Russie est vraiment marginale, puisqu'on a cessé nos activités de retail en 2012, et nos activités de crédit à la consommation en 2020.

5:36
Présentateur

Autre grande préoccupation du moment, la décarbonation de l'économie. Où BNP Paribas en est ? Parce qu'il y a eu des chiffres qui ont été donnés par les organisations non gouvernementales. On vous reproche notamment d'avoir financé des secteurs pollueurs à hauteur de 40 milliards de dollars il y a deux ans. Où est-ce que vous en êtes aujourd'hui ?

5:52
Invité

Alors ça, c'est une très bonne question, parce que là il faut accélérer. Cette prise de conscience, elle est chez nos clients d'abord, puisque ce sont nos clients qui accélèrent leur transformation. C'est eux qui l'amènent. Nous, nous les accompagnons avec de l'expertise, 250 spécialistes à leur disposition, et aussi des moyens de financement qu'on réalloue sur des entreprises qui font la transition énergétique. Concrètement, ça fait combien de milliards ? C'est 350 milliards d'ici 2025 qui vont être investis sur ces sujets par BNP Paribas pour aider nos clients dans cette transition.

6:21
Présentateur

Alors, les autres plans de votre plan stratégique, si je puis dire, les autres axes en tout cas pour la transition écologique ?

6:28
Invité

Alors, sur la transition énergétique, c'est des engagements qu'on vient de prendre, qui sont des engagements courts à 2025, des engagements très précis, d'abord sur trois secteurs, la production d'électricité, le pétrole et le gaz et l'automobile, où nous allons réduire très significativement l'intensité de nos émissions de carbone parce que nous finançons.

6:46
Présentateur

Ce n'est pas que du greenwashing, c'est-à-dire de la publicité autour du verre et de l'environnement ? Exact, pas du tout.

6:50
Invité

Vous vous engagez ? Et d'ailleurs, il faut lire le rapport d'alignement qui vient d'être publié aujourd'hui. Il est vraiment très intéressant.

6:56
Présentateur

Merci beaucoup Thierry Laborde, directeur général délégué de BNP Paribas, qui a annoncé aujourd'hui d'excellents résultats pour le premier trimestre. Thierry Laborde, invité de l'écho sur France Info.