Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, et Marc Fesneau, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire - 03/03
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:26OuverteÉludée
Est-ce que ça y est, la colère du monde agricole a été entendue, les choses vont se calmer ?
- 2:03FerméeRéponse directe
Est-ce que d'ici la réunion à l'Elysée, vous appelez encore à des mobilisations ?
- 3:04FerméeRéponse directe
Est-ce qu'il faut s'attendre à des blocages dans les deux semaines à venir pour mettre la pression sur le Président ?
- 4:14OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que ça veut dire, des méthodes de travail guerrières avec les ministères ?
- 5:10RelanceRéponse partielle
On voit le gouvernement faire des annonces et des dépenses, mais vous dites que ce n'est pas assez. Pourquoi ?
- 6:42FerméeRéponse directe
Est-ce que vous condamnez ce qui s'est passé avec les G2 et les UE au Salon de l'agriculture ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31Invité politiqueFait
« Évidemment non, évidemment non, je ne vous dis pas ça parce que ce n'est pas la réalité. »
- 1:10Invité politiqueFait
« Sur le plan politique, les choses ne sont clairement pas terminées. »
- 1:42Invité politiqueFait
« Rien n'est fini. »
- 2:16Invité politiqueFait
« Nous, on appelle d'abord à ce que ce qui est sur la table puisse se transformer concrètement. »
- 3:30Invité politiqueFait
« Le Premier ministre a parlé d'un contrôle unique administratif annuel, au moment où je vous parle, je ne sais pas comment ça se décline. »
- 5:41Invité politiqueFait
« Non, non, encore une fois, vous savez, les agriculteurs sont des gens concrets. »
- 7:38Invité politiqueFait
« Oui, je ne cautionne pas. »
- 8:56Invité politiqueFait
« Non mais vous savez, la culture de l'excuse, encore une fois, dans le moment de forte tension dans lequel on est, ce n'est pas tellement notre façon de faire. »
- 10:49Invité politiqueFait
« Non, je ne crois pas. »
- 11:08Invité politiqueChiffre
« Toutes les enquêtes d'opinion montrent qu'il y a eu un mouvement du monde agricole vers une partie de l'extrême droite. »
- 14:00Invité politiqueFait
« Quand le président de la République a prononcé cette phrase, pour nous, c'était assez surprenant puisque ça ne correspond pas exactement à sa doctrine économique depuis le début de son mandat. »
- 14:58Invité politiqueFait
« D'abord, je trouve que c'est le symbole d'un dialogue entre les entreprises et les organisations de producteurs qui ne fonctionnent pas suffisamment bien. »
- 17:30Invité politiqueFait
« Nous, on n'est pas d'accord pour être systématiquement la variable d'ajustement. »
- 18:17Invité politiqueFait
« Non, alors pardonnez-moi, c'est un raccourci. »
- 25:15InvitéFait
« On ne répond pas à la France en nombre de l'État. »
- 26:52InvitéFait
« La date précise, autour du 15 mars, donc les choses vont se caler. »
- 29:02PrésentateurFait
« La conférence publique de filières donne lieu à une négociation interprofessionnelle sur les prix qui fixe annuellement un niveau plancher de prix d'achat des matières premières agricoles aux producteurs. »
- 30:05InvitéFait
« Il y avait aussi la question des marges à l'intérieur. »
- 30:23InvitéFait
« L'idée du prix plancher ou du prix de référence c'est de construire les prix. »
- 33:46InvitéChiffre
« 425 euros, c'est le prix pour 1000 litres de lait. »
- 35:07PrésentateurChiffre
« Ce traité double le quota de poulets importés. On passe de 18 000 tonnes à 40 000 tonnes. »
- 35:11PrésentateurChiffre
« Ça fait 45 millions de poulets supplémentaires par an. »
- 36:14PrésentateurChiffre
« Passer de 18 000 à 40 000 tonnes. »
- 36:15PrésentateurChiffre
« 45 millions de poulets sur 800 millions de poulets produits chaque année en France. »
- 39:01InvitéFait
« La désorganisation du monde c'est plutôt les amis de Mme Le Pen qui sont M. Poutine que nous. »
Temps de parole
- Arnaud Rousseau35 %
- Invité34 %
- Présentateur20 %
- Invité 26 %
- Invité 34 %
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Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, invité de BFM Politique. Arnaud Rousseau, le salon de l'agriculture édition 2024 ferme donc ses portes ce soir après une édition particulièrement mouvementée, marquée par un accueil d'Emmanuel Macron chaotique, des annonces du gouvernement, on y reviendra. Depuis fin janvier, vous aviez fixé ce salon comme une échéance. Est-ce que ça y est, est-ce que vous nous dites la colère du monde agricole a été entendue, les choses vont se calmer ?
Évidemment non, évidemment non, je ne vous dis pas ça parce que ce n'est pas la réalité. Il y avait une forte attente pendant ce salon, vous l'avez rappelé, avec un début plus que chaotique, un début violent, enfin un souvenir en tous les cas qu'on souhaiterait effacer de nos mémoires. Et puis une fin de salon… Parler de l'accueil du président de la République. Oui, bien sûr, quelque chose de jamais vu pour ma part en plus de 20 ans. Et puis ensuite une fin de salon peut-être plus conforme avec, je le rappelle, de nombreux visiteurs qui sont venus. Sur le plan politique, les choses ne sont clairement pas terminées.
D'ailleurs, le président de la République nous a donné rendez-vous dans quelques dizaines de jours, ce qui montre que le sujet est toujours sur la table. Et puis je le dis, les attentes sont toujours fortes de réalisations très concrètes dans les exploitations agricoles. Il y a beaucoup de choses qui ont été mises sur la table, beaucoup d'annonces qui ont été faites. Maintenant, le sujet pour nous, c'est de les rendre concrètes pour qu'elles puissent être visibles dans les exploitations. Donc vous dites, Arnaud Rousseau, la colère du monde agricole est encore vive. Oui, bien sûr, les braises sont brûlantes.
On a cessé de le dire toute la semaine à tous les partis politiques qui sont venus à notre rencontre. Et encore hier, il y a eu quelques actions. Je sais que certains départements prévoient la semaine prochaine de continuer à avoir des manifestations. Rien n'est fini. On a besoin, encore une fois, de réalisations concrètes au regard d'un certain nombre d'avancées annoncées. Et donc on prend acte de ces annonces. Maintenant, on veut voir ce que ça donne dans nos exploitations.
Et on va décliner tout cela. Je rappelle juste à ceux qui nous regardent qu'ils peuvent vous interpeller directement en flashant le QR code qui va apparaître juste à droite de l'écran. Une question d'Amandine Attalaïa.
Emmanuel Macron a fixé comme prochaine échéance un rendez-vous à l'Elysée qui aura lieu dans deux semaines, à peu près. Est-ce que d'ici là, vous, vous appelez encore à des mobilisations ? Vous les mentionnez, mais est-ce que vous appelez à des mobilisations ?
Nous, on appelle d'abord à ce que ce qui est sur la table puisse se transformer concrètement. Le rôle qui est le nôtre dans le moment dans lequel on est, c'est de faire la pédagogie de ce qui est annoncé, de regarder ce qui va dans le bon sens, de regarder ce qui nécessite d'être éclairé. Il y a des choses qui ne sont pas très claires pour nous, notamment en termes de simplification et de transmission de la simplification. Et puis, il y a des choses sur lesquelles on sent qu'il y a une forme de cacophonie. Par exemple, la vision sur le Green Deal. Donc nous, on continue à dire, tant qu'on n'a pas de réponse claire, rien ne retombe.
Et ensuite, comme toujours depuis près d'un mois maintenant, chaque département garde l'initiative de pouvoir faire un certain nombre d'actions. Parce qu'encore une fois, si vous êtes viticulteur, ce n'est pas la même chose que si vous êtes producteur de grandes cultures ou producteur de cultures spécialisées, et que les tensions ne sont pas les mêmes en fonction du territoire.
Mais il y a cette réunion à l'Elysée dans deux semaines pour insister. Est-ce qu'il faut s'attendre à ce que dans les deux semaines qui viennent, on continue à voir ce que l'on avait pu voir, c'est-à-dire des tracteurs qui sortent des fermes pour aller bloquer, un certain nombre d'actions coup de poing ? Est-ce que vous, en tant que président de la FNSEA, premier syndicat agricole, vous nous dites, il faut s'attendre à ça ?
Oui, non seulement je vous dis, il faut s'attendre à ça, mais ça va arriver. Ça va arriver, encore une fois, à l'initiative du terrain, parce que rendre les choses concrètes, quand vous attendez dans votre exploitation de la simplification, par exemple, le Premier ministre a parlé d'un contrôle unique administratif annuel, au moment où je vous parle, je ne sais pas comment ça se décline. Et la personne qui va avoir dans son exploitation un, deux, trois, quatre contrôles, évidemment, lui, il a envie que ça avance plus vite, et donc on continuera à avoir des actions sur le terrain dans les quinze jours qui viennent, mais au-delà.
Parce qu'encore une fois, le sujet, ça n'est pas simplement les quinze jours qui viennent. On l'a dit, il y avait plusieurs temps de l'action. Je vous rappelle qu'il y a une échéance importante qui sont les élections européennes, au mois de juin, et puis on attend aussi une loi. Et cette loi, elle va être aussi un moment dans lequel on va vouloir, nous, pousser un certain nombre de choses auprès des parlementaires. Donc, penser que d'ici quinze jours, tout s'achèvera est une erreur, ce ne sera pas le cas. Question de Pauline.
Concernant les discussions avec le gouvernement, le numéro deux de votre syndicat, il a évoqué des méthodes de travail un peu guerrières avec les ministères. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire des discussions à marche forcée, ou alors c'est une menace voilée, vous allez leur tordre le bras ?
Non, ça veut dire qu'entre le niveau de discussion qu'on a avec les différents membres du gouvernement, le ministère de l'Agriculture et M. Fénaud, que vous allez recevoir, mais également le ministère de l'Écologie, d'autres ministères, on sent bien qu'entre ce qui nous est dit dans le cadre des rencontres et la déclinaison très concrète qu'on en a à travers l'administration, ne donne pas la même chose. Ça veut dire quoi ?
Vous les accusez de double langage ?
Je dis juste que la courroie de transmission ne montre pas ça. Soyons concrets. Quand le Premier ministre dit un contrôle administratif annuel, que les ministres le confirment et qu'un certain nombre de corps de contrôle disent ça n'est pas possible, la traduction pour l'agriculteur, c'est qu'il y a un décalage entre ce qui est dit au niveau du gouvernement et ce que disent les représentants de l'administration.
Arnaud Rousseau, je vous entends, mais simplement, je pense aussi à ceux qui nous regardent et qui depuis plusieurs semaines voient le gouvernement faire toute une série d'annonces, débourser des centaines de millions d'euros, lâcher sur le gazole non routier, obtenir une dérogation sur les jachères, changer l'indicateur sur le plan éco-phito et qui se disent au fond, on continue à avoir Arnaud Rousseau qui vient sur les plateaux dire ce n'est pas assez, on va continuer à se mobiliser, sans bien comprendre très concrètement ce qui changerait les choses en vue de ce rendez-vous dans deux semaines à l'Elysée.
Est-ce qu'au fond, vous n'êtes pas dans une sorte d'opposition un petit peu pavlovienne au gouvernement malgré tout ce qui a été fait ?
Non, non, encore une fois, vous savez, les agriculteurs sont des gens concrets. Mais là aussi, je voudrais prendre un exemple entre l'annonce et la concrétisation de l'annonce. Le gouvernement a annoncé une mesure fiscale et sociale pour l'élevage français, pour les bovins, qui est très attendue. Cette mesure, elle nécessite d'être cristallisée dans le cadre d'une loi. Est-ce que ce sera dans le cadre d'un projet de loi de finances rectificatif ou pas ? Je ne sais pas. On nous annonce un projet de loi au mois de juillet, rectificatif. Or, les éleveurs, il faudra qu'ils fassent une déclaration fiscale pour le 15 mai, comme les Français.
Vous voyez, très concrètement, comment on fait quand on fait une déclaration au 15 mai et qu'on vous annonce un changement de la loi au mois de juillet. C'est ça, vous voyez. Les agriculteurs, ils ont envie, aujourd'hui, ils ont envie de voir très concrètement que le mouvement qu'ils ont engagé se traduit dans leur exploitation. Et les annonces, ça fait bien longtemps que plus personne n'y croit tant qu'ils ne les voient pas.
Donc, juste pour terminer là-dessus, il peut y avoir des blocages dans les deux semaines qui viennent pour mettre la pression sur le Président de la République en vue de ce rendez-vous à l'Élysée.
Oui, oui. Il peut y avoir des blocages. Oui, il peut y avoir, en tous les cas, un certain nombre d'actions, encore une fois, pour que les choses se concrétisent. Bien sûr. Amandine.
On va revenir sur les deux actions qui ont été menées ces derniers jours par des agriculteurs. Et d'abord, ce qui s'est passé vendredi au Salon de l'agriculture, puisque les ministres, Marc Fénaud, qui sera ici tout à l'heure, et Christophe Béchion, ont été victimes de G2 et de UE par des individus. C'est G2 qui se présentaient comme des militants de la FDSEA de Seine-et-Marne, c'est-à-dire une section départementale de votre syndicat. Est-ce que vous condamnez ce qui s'est passé ?
D'abord, je fais bien le distinguo entre UE mener une action de manifestation, ce qui ne pose pas de problème, et on peut acter un désaccord, et le fait de lancer des E qui n'est pas la même chose de notre point de vue. Et moi, je redis ce que je dis depuis le départ. Autant le droit de manifester, de faire valoir son désaccord, y compris bruyamment, nous paraît complètement logique et légitime, lancer des E ce n'est pas la même chose. Et ça, on l'a dit très clairement, pour nous, c'est une ligne qu'on ne souhaite pas avoir conçue. Vous vous condamnez ? Oui, je ne cautionne pas. Je le dis d'autant plus que ce département de Seine-et-Marne, c'est le mien. Donc je connais ça.
J'ai eu ces gens au téléphone pour leur dire quel était mon désaccord de ce mode d'action. Ils disent que ce n'est pas eux, peu importe. En tous les cas,
la question subsidiaire, c'est est-ce que vous les maîtrisez ?
Non mais, vous savez,
c'est la fameuse question, est-ce que vous tenez votre base ?
J'ai toujours répondu, il y a 150 000 adhérents actifs à la FNSEA plus les anciens agriculteurs, on est plus de 200 000. Penser que le président de la FNSEA, à lui tout seul, peut contrôler tout le monde, c'est faux. Et ensuite, vous savez, l'indépendance d'esprit et d'action des agriculteurs est tellement élevée que ce n'est pas moi qui vais le faire. En revanche, je veux avoir une parole très claire. J'ai dit depuis le début que tout ce qui regarde les atteintes aux biens et aux personnes, ça n'est pas notre ligne. Je crois que c'est très clair, je veux le redire. Justement,
il y a un autre exemple et là, ils ne pourront pas dire que ce n'était pas eux puisqu'il y avait le logo sur l'affiche. La FDSEA Île-de-France a lancé un avis de recherche qu'elle a placardé sur tous les murs du Salon de l'Agriculture où on voyait les visages des deux conseillers d'Agriculture d'Emmanuel Macron, le visage de l'eurodéputé Pascal Canfin. Est-ce que vous présentez au nom de votre syndicat vos excuses à ces trois personnes qui étaient ciblées sur un avis de recherche ?
Non mais vous savez, la culture de l'excuse, encore une fois, dans le moment de forte tension dans lequel on est, ce n'est pas tellement notre façon de faire. Vous condamnez
les atteintes aux biens et aux personnes. Là, il y a une affiche avec écrit « Wanted ». Est-ce que c'est des méthodes qui correspondent à votre vision
du syndicalisme agricole ? Non, ce n'est pas l'idée que je porte. Ce n'est pas l'idée que je porte, encore une fois, ni ça, ni les G2, ni les menaces physiques. Tout ça, ce n'est pas la manière dont on souhaite que les choses se déroulent. Mais vous le regrettez ? Vous regrettez qu'il y ait ces affiches placardées partout ? Je regrette et je ne cautionne pas. Voilà, donc c'est très clair. J'essaye, dans un moment de très fortes tensions, de faire en sorte que les choses ne dérapent pas. Mais je suis obligé de vous dire aussi que derrière la fiche « Wanted », que je ne cautionne pas, encore une fois, il y a un sujet de fond.
Comment on peut avoir l'épisode des soulèvements de la Terre dont le président de la République a dit avec force qu'il n'en était pas, il ne l'avait pas validé, il n'est pas venu de nulle part, il y avait 150 journalistes. Donc ces gens, aujourd'hui, questionnent le monde agricole. Encore une fois, le chef de l'État
fait ce qui... Les jeter en pâture comme ça avec leur visage.
Je vous ai dit, je ne cautionne pas. Je ne peux pas dire autre chose. Je pense que c'est clair. Donc il n'y a pas de « On condamne, mais ». Non, mais il n'y a pas de « Mais ». Vous savez, en fait, dans tous ces sujets depuis le début, il n'y a pas de « Mais ». Je veux simplement que tout le monde comprenne que le moment de tension est tel, inédit dans le monde agricole depuis 30 ans, qu'on ne peut pas simplement comme ça sur un plateau dire « Je condamne ». Il faut aussi qu'on apporte des réponses concrètes dans les exploitations. Ce sera la meilleure manière de faire redescendre la pression aujourd'hui. Amande.
Pendant ce salon de l'agriculture, on a vu tous les politiques défiler et on a noté une grosse différence entre l'accueil qui a été celui d'Emmanuel Macron de la part des agriculteurs, c'est-à-dire beaucoup de huées et d'invectives, et l'accueil pour Jordan Bardella qui a été globalement très positif. Qu'est-ce qu'on doit en déduire à Arnaud Rousseau ? Est-ce que ça veut dire que le monde agricole a basculé vers le Rassemblement national ?
Non, je ne crois pas. Moi, je vais redire en tous les cas que pour ce qui concerne la FNSEA, l'exercice de la responsabilité quand vous êtes président de la République ou vous êtes un éminent représentant de l'opposition n'est pas de même nature. Je pense que c'est assez simple à comprendre.
Mais au-delà de la FNSEA, les agriculteurs dans l'ensemble, est-ce qu'il y a un tropisme maintenant vers le Rassemblement national ?
Toutes les enquêtes d'opinion montrent qu'il y a eu un mouvement du monde agricole vers une partie de l'extrême droite. Les sondages sont assez clairs sur ce point, donc ça questionne. Nous, pour ce qui est de la FNSEA, on l'a dit, on a des adhérents qui viennent de l'ensemble de l'échiquier politique. Donc, ce que vous dites est un constat factuel. Par ailleurs... Donc, le RN convainc de plus en plus chez les agriculteurs
et aussi chez vous à la FNSEA.
Oui, j'ai un certain nombre d'adhérents de la FNSEA qui aujourd'hui revendiquent leur vote au RN, même si, encore une fois, le prisme de la FNSEA, c'est d'être un syndicat professionnel. Donc, moi, j'en ai des représentants dans à peu près tous les partis politiques. Maintenant, ce que vous décrivez est une réalité.
Mais prenons un exemple très concret. Dans un peu plus de trois mois auront lieu les élections européennes. En 2022, dans l'entre-deux-tours, la FNSEA avait appelé à voter pour, je cite, une Europe plus forte face aux tentations populistes, en clair pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen. Est-ce qu'à trois mois des Européennes, vous rediriez la même chose ?
Je ne donnerai pas, je l'ai dit aussi, y compris devant mon conseil d'administration, la FNSEA ne donnera pas de consigne de vote. Pourquoi la-t-elle fait
en 2022 et pas en 2024 ?
Vous poserez la question à l'ancienne présidente de la FNSEA ? Qui était Christiane Lambert à l'époque. Absolument. Moi, je redis quelle est notre position. Notre position, c'est d'être pro-européen. Ça, je pense qu'il faut qu'on affirme ça dans un moment où on est très questionné sur le fonctionnement de l'Europe et notamment la position de la Commission et ce qui a été porté dans le paquet du Pacte Vert.
Le Rassemblement national est pro-européen, comme vous le dites ?
Écoutez, en tous les cas, j'ai vu qu'ils avaient fait un mouvement assez important depuis quelques années.
Vous les créditez d'avoir changé sur ces sujets ? C'est pour ça que vous ne prenez plus position contre eux
comme en 2022 ? Non, pas du tout. Encore une fois, je ne pense pas que le Rassemblement national demande au président de la FNSEA quel est son avis pour se positionner politiquement. Je dis que nous, nous ne prendrons pas position politique. On portera ce qu'est notre ambition. Un, d'être pro-européen. Deux, de demander de la réciprocité dans les échanges internationaux qui nous questionnent.
Le Rassemblement national n'est pas un parti pro-européen. Donc, dire cela, au fond, ça revient à considérer que ce n'est pas forcément le bon parti pour représenter les intérêts des agriculteurs.
Non, mais je redis que nous, on a une position et qu'à l'intérieur de notre syndicat, on a des gens qui appartiennent aux différents partis. Donc, encore une fois, si vous voulez me faire dire qu'on est opposé au Front national, je ne vous le dirai pas parce que je ne prends pas de position politique. Et vous, notez même
un changement sur ces sujets. Question de Pauline Théveniot sur une des principales annonces faites par le président de la République.
Les prix planchers. Ça a surpris tout le monde, y compris son propre gouvernement. Alors, on a compris qu'il ne s'agissait pas d'administrer les prix, mais de créer un indice de coût de production par filière. Est-ce que vous y voyez plus clair ou est-ce que c'est toujours flou, y compris pour vous ?
En tous les cas, quand le président de la République a prononcé cette phrase, pour nous, c'était assez surprenant puisque ça ne correspond pas exactement à sa doctrine économique depuis le début de son mandat.
Ce n'est pas nécessairement très loin de ce qui a été fait avec la loi EGalim.
Absolument. Alors, en tous les cas, je vais vous dire ce que nous, on porte à la FNSEA. C'est le constat que quand vous ne couvrez pas... Alors, ça concerne l'élevage puisqu'on est dans le cadre d'EGalim. Donc, ça concerne les productions d'élevage. Quand vous êtes en deçà de vos coûts de revient, à la fin de l'année, si vous n'avez pas de revenus, vous ne pouvez pas continuer à faire vivre votre ferme et votre élevage. C'est assez simple à comprendre.
Et donc, nous, ce qu'on a toujours demandé, c'est de faire en sorte que la négociation entre les représentants des organisations professionnelles d'éleveurs et l'industrie à grand loin de terre puis la grande distribution se fasse dans l'ordre, si je puis dire. Pour qu'on ne se retrouve pas avec quelque chose d'assez simple, c'est l'industrie négocier avec la grande distribution et dire ensuite à l'éleveur, voilà ce qu'il me reste. Donc, ça, on ne veut pas.
Et sur les revenus, précisément, des agriculteurs, il y a eu cet accord avec l'Actalis entre les éleveurs et l'Actalis sur le prix du lait pour le premier trimestre 2024, 425 euros pour les 1000 litres. Est-ce que vous dites que c'est bien ou l'Actalis aurait pu et dû faire encore mieux ?
D'abord, je trouve que c'est le symbole d'un dialogue entre les entreprises et les organisations de producteurs qui ne fonctionnent pas suffisamment bien. Ensuite, j'ai compris qu'ils avaient trouvé un compromis. Donc, comme toujours, un compromis ne satisfait pas grand monde. C'est 5 euros de plus que le prix qui était proposé à l'origine ? Pardonnez-moi, c'est 20 euros de plus que le prix initial que souhaitait l'entreprise, c'était 404, 405 euros et qu'on finit à 425. Et que ça reste un des prix les plus faibles de ce qui se distribue. Mais encore une fois, laissons les négociations qui ont abouti à un compromis se faire.
Nous, ce qui nous intéresse, vous l'avez compris, c'est comment durablement on donne des perspectives à un élevage laitier qui aujourd'hui a des difficultés à renouveler les générations. Vous savez, c'est un métier difficile d'être éleveur laitier. C'est un engagement de tous les jours. Et si on veut atterrer des talents dans ce métier, il faudra qu'on accepte de payer le juste prix du lait. Donc moi, ce que j'appelle de mes voeux, c'est de faire en sorte qu'on sorte de ces difficultés chroniques parce qu'encore une fois, cet accord tient pour le premier trimestre.
Donc on va vite revenir à la table des négociations et qu'on projette le fait que demain, pour les laitiers, il y a un avenir à partir d'un juste prix. Camandine.
Sur le sujet des accords de libre-échange, deux nouveaux accords de libre-échange ont été signés jeudi au Parlement européen, l'un avec le Kenya, l'autre avec le Chili et ils ont été votés par la majorité présidentielle. Est-ce que vous dites « bon, il y a de bonnes choses pour nous, très bien » ou est-ce que vous trouvez que finalement, le gouvernement se moque un peu de vous ?
Non. Encore une fois, l'agriculture française a besoin d'échanger et elle le fait en dehors des accords de libre-échange. Je voudrais quand même rappeler qu'indépendamment de ces accords qui sont signés avec certains pays partout sur la planète, on fait des alléges-échanges. Et en agriculture et singulièrement avec l'agriculture française, on a besoin d'échanger. Quand vous êtes viticulteur, si vous n'échangez pas, vous n'existez pas.
Pour être très précis, Arnaud Rousseau, sur le traité de libre-échange avec le Chili, notamment la filière volaille était opposée à ce traité de libre-échange parce que les quotas doublent sur la volaille. On passe de mémoire de 18 000 tonnes à près de 40 000 tonnes. Donc est-ce que, forcément équitable pour ceux qui produisent
du poulet en France ? Je voudrais la même chose pour le Chili avec les ovins. C'est-à-dire qu'à un moment, ce qui pose problème, c'est le cumul. Est-ce que vous êtes favorable ou non
à ce traité de libre-échange, à ces traités de libre-échange avec le Kenya ?
Je vais vous dire ce qu'on veut. Nous, on veut, un, de la réciprocité dans les normes. C'est-à-dire qu'on n'est pas simplement obligé de dire j'ai compris le sujet du Chili, on veut importer du lithium parce qu'on a tout un tas d'intérêts offensifs. Nous, ce qu'on dit, c'est que l'agriculture ne peut pas être la variable d'ajustement systématique et qu'on doit avoir, un, de la réciprocité.
Donc c'est une erreur d'avoir voté ce traité de libre-échange ?
Nous, on n'est pas d'accord pour être systématiquement la variable d'ajustement. Je crois que c'est assez simple à comprendre. On peut comprendre l'erreur. Non, mais nous, on ne l'aurait pas voté. C'est ça que vous voulez faire dire. Mais ce n'est pas la même chose sur le Kenya par ailleurs. Mais ce qu'on ne veut pas, c'est que systématiquement les produits agricoles soient des produits d'ajustement. Et je dis, il ne faut pas regarder silo par silo à chaque accord. Il faut aussi cumuler parce que sur le mouton, quand vous y additionnez la Nouvelle-Zélande puis le Chili, il y a un moment, ça n'est pas tenable.
Une dernière question, Arnaud Rousseau, avant de vous montrer une question de téléspectateurs. Nos confrères de complément d'enquête sur France 2 ont révélé jeudi soir qu'en 2022, en tant que président du conseil d'administration du groupe Avril, vous aviez gagné 187 000 euros. Je précise que ce chiffre inclut jetons de présence, avantage en nature. C'est la précision qui a été donnée par l'entreprise. Est-ce qu'on peut bien représenter les agriculteurs quand on gagne, rien qu'avec Avril, plus de 15 000 euros par mois ?
Non, alors pardonnez-moi, c'est un raccourci. Je voudrais aussi, merci de me donner l'occasion de le faire. Ça a été bien dit. Dedans, il y a des charges, il y a des aspects de logement, il y a des aspects de déplacement. Donc en fait, il ne faudrait pas croire que c'est une division. Par ailleurs, c'est-à-dire que quand vous divisez 180 000 par 12, vous avez l'impression que ces 15 000 euros par mois de disponibilité.
On espère que ça fait combien ?
Ça fait en net autour de 5 000 euros. 5 000 euros net,
c'est-à-dire en brut, beaucoup plus, qui reste nettement supérieur à ce que gagne l'infini majorité
des agriculteurs. Absolument. Mais vous avez aussi compris que moi, je passe la plus grande partie de mon temps en dehors de mon exploitation. Et que comme je suis parti, il faut évidemment quelqu'un qui fait le travail à ma place et que le collaborateur qui fait ce travail à ma place a un coût chargé qui est de l'ordre de ce montant. Voilà, c'est ça qu'il faut expliquer si on veut être juste.
Oui, mais vous voyez bien, Arnaud Rousseau, que dans toute cette crise, vous avez parfois été ciblé sur le thème Arnaud Rousseau est loin des préoccupations des agriculteurs. Il est à la tête du conseil d'administration d'une multinationale le groupe Avril. Est-ce qu'au fond, quand vous parlez avec le gouvernement de la question du revenu des agriculteurs, vous êtes vraiment représentatif quand on voit ses revenus, même si vous dites au fond oui, 187 000, il y a des charges et en fait à la fin c'est 5 000 net. Mais même 5 000 net par rapport à un agriculteur, c'est beaucoup.
Je vous ai expliqué que ces 5 000, en fait, ils venaient combler un emploi. J'ajoute que le groupe Avril a été créé par des agriculteurs et pour des agriculteurs et que si ça n'est plus Arnaud Rousseau, ce sera encore un autre agriculteur qui le dérigera. Vous n'êtes pas hors sol ? Non mais en fait, je sais d'où je viens. J'ai une exploitation agricole à 70 km dans lequel tous les journalistes de la Terre sont venus, y compris complément d'enquête que vous citiez. J'habite là depuis que je suis né. Vous êtes représentatif des agriculteurs que vous représentez ? Je suis légitimement élu administrateur de la FNSEA.
Vous voyez, moi, je ne me pose pas cette question dans le moment dans lequel on est.
Mais vous ne savez pas ce qu'est la misère agricole aujourd'hui ?
Tous les jours, je me déplace et je sais qu'on a un certain nombre de collègues qui sont dans ces situations très difficiles. Mais je ne voudrais pas faire croire non plus que le monde agricole est simplement un monde dans lequel il y a de la misérabilité. Ça n'est pas vrai. Il y a des gens qui souffrent qu'il faut aider. Il y a aussi quelques exemples réussis. Je veux le dire parce qu'on va avoir besoin d'attirer des talents et on ne pourra pas expliquer que demain, l'avenir de l'agriculture, c'est simplement d'être dans des très grandes difficultés. Ce qui est notamment le cas au sujet des impacts climatiques. Je pense à nos collègues du sud de la France.
Mais il y a aussi quelques exemples qui marchent. Et pour le reste, ma légitimité, elle me vient de l'élection et mon rôle, c'est justement de parler à tout le monde, tous les secteurs, toutes les productions, toutes les typologies d'exploitation. J'essaie de le faire avec cœur et en train. Ce n'est pas toujours facile. Mais en tous les cas, j'assume ça très bien.
Pour terminer, une question de Chantal. Monsieur Rousseau, est-ce que vous pourriez vous lancer en politique, être sur une liste pour les européennes ?
La réponse claire, non. Je n'ai pas ni cette envie, ni ce besoin. Vous l'avez proposé ? Non, je ne me l'ai pas proposé. Bon, donc ça facilite les choses au fond. Oui, c'est assez clair. Je ne veux pas et personne ne me l'a proposé. Ça fait une réponse courte.
Merci beaucoup Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, d'avoir été l'invité de BFM Politique. On se quitte un court instant et juste après la pub, Marc Fénaud, ministre de l'Agriculture, sera l'invité de BFM Politique. A tout de suite. Benjamin Duhamel. Vous regardez BFM Politique après Arnaud Rousseau. Marc Fénaud, ministre de l'Agriculture, est invité de BFM Politique. Bonjour Marc Fénaud. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous juste avant de vous poser ma première question. Je rappelle à ceux qui nous regardent que vous pouvez interpeller directement le ministre de l'Agriculture en flashant ce QR code qui va apparaître à l'écran.
Marc Fénaud, il y a un instant à votre place, Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, sur la colère des agriculteurs, disait la chose suivante, on continuera à avoir des actions sur le terrain. Ça veut dire que vous n'avez pas réussi à faire baisser cette colère agricole ?
Mais j'ai toujours dit que cette colère, elle était suffisamment profonde et produite d'une sédimentation, je l'ai dit sur votre plateau il y a un mois environ, pour ne pas penser qu'une seule mesure, un seul acte pourrait résoudre les questions. Alors après, la question pour nous qui gouvernons, c'est au fur et à mesure de lever les doutes sur ce que nous faisons est montré que nous avançons sur le sujet de la simplification.
Alors, on a avancé sur les sujets de la maladie hémorragique, les guichets sont ouverts, on a avancé sur la question des risques et des difficultés de la filière viticole, les guichets sont ouverts et les premiers paiements sont intervenus, on a avancé sur les sujets de la tempête siarant, on a avancé sur les paiements de la PAC, on a avancé aussi sur la simplification. Alors, simplification, pardon de le dire avec cette formule-là, mais c'est forcément un peu plus compliqué en termes de temporalité parce que la simplification par nature, elle vient remettre en cause des lois ou des règlements.
Mais Marfé, on va revenir sur tous ces sujets mais sur le fait qu'Arnaud-Rousseau dise qu'il continuera à y avoir des actions, il n'exclut pas des blocages. Est-ce que vous dites c'est logique ? Est-ce que vous dites là, franchement,
par rapport à tout ce qu'on a annoncé, ça suffit ? Il me semble que le temps de la contestation a eu lieu que nous avons posé sur la table et le syndicalisme agricole a posé sur la table un certain nombre de propositions. Le plus important pour moi maintenant, c'est de continuer à se mettre autour de la trave et de travailler pour résoudre les différents problèmes qui sont encore devant nous. Après, je n'ai pas de conseil à donner. Si vous dites
que le temps de la contestation a eu lieu, ça veut dire que là, vous considérez que ils en font un peu trop ?
Non, non, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je considère que nous avons besoin de continuer à travailler parce qu'on a suffisamment de sujets qui sont très nombreux pour faire en sorte que nous continuions à dialoguer et moi, ce qui m'importe, c'est ça.
Et vous leur demandez de ne pas bloquer, de ne pas procéder à ce type d'opération ? Il me semble que
il y a eu autant de visiteurs, on en reparlera peut-être tout à l'heure, et qu'ils ont rencontré autant de succès. Ça montre aussi l'attachement des Français et l'attachement du monde agricole à ce dialogue entre l'agriculture et les Français. Mais sur le niveau de faire le déjeuner, Marc Pénaud, s'il bloque envers et contre tout, est-ce que vous dites, par exemple, là, maintenant, on débloquera, ça suffit ? C'est-à-dire qu'on n'a plus la même doctrine qu'avant ? Pardon, on est en train de faire de la politique fiction, là. Ah bah non, il a dit que ça continue. Attendez, laissez-moi finir une phrase. On pourra continuer à bloquer.
Si vous me laissiez finir une phrase, on est un peu en train de faire de la politique fiction puisque aujourd'hui, à date, je ne connais qu'un point de blocage, je crois que c'est dans le Tarn-et-Garonne. Sur la 62. Je sais qu'on est tous amoureux des tweets, des événements qui succèdent, de l'immédiateté des temps. J'ai écouté Arnaud Rousseau à votre place, Marc Pénaud. C'est bien que vous écoutiez religieusement les syndicats agricoles et que vous écoutiez peut-être autant le gouvernement. À date, nous continuons à travailler et partout, il peut y avoir des difficultés. Nous essayons de les résoudre. J'ai été dans un certain nombre de départements. Je continuerai à le faire.
Mais la responsabilité d'un politique, ce n'est pas de donner des conseils aux syndicats ou pas de donner. C'est de dérouler ce que le président de la République est le premier.
Et on va y venir. Juste pour rebondir sur ce que disait Amandine. On a vu vendredi matin une action de la coordination rurale. C'était Place de l'Étoile qui voulait bloquer cette place. Il y a eu une intervention des forces de l'ordre. Il y a eu 66 interpellations. Est-ce que ça veut dire que s'il y a des blocages, s'il y a ce type d'action, la doctrine change et que compte tenu de toutes les annonces que vous avez pu faire, cette fois, il y aura une réponse de fermeté d'abord du gouvernement. La doctrine,
vous vous rappellerez ce qu'avait dit le ministre de l'Intérieur, y compris quand, à un moment, il y avait des actions violentes. On ne répond pas à la France en nombre de l'État. Il avait dit ensuite sur un certain nombre d'actions violentes qu'on ne laisserait pas passer. Deuxième élément, si ma mémoire est bonne, c'était une manifestation qui avait été déclarée interdite par le préfet de police. Donc, tout le monde était prévenu. La place de l'Étoile, c'est un lieu névralgique de Paris, y compris en termes de sécurité. On sait que c'est très compliqué pour ceux qui s'y engagent en voiture ou qui s'y hasardent en voiture.
Et donc, on ne peut pas laisser faire n'importe quoi sur la voie publique. Les manifestants étaient prévenus que la manifestation était interdite. Il y a des mesures qui ont été prises par la préfecture de police. C'est normal. Il y a un moment, je sais que les agriculteurs ont été parfois très heurtés de voir un certain nombre de gens qui ne respectaient pas les lois de la République. Je pense à ce qui s'est passé à Sainte-Soligne, par exemple. Et donc, nous, nous sommes sur la même ligne sur ce sujet-là et donc, on ne peut pas bloquer la place de l'Étoile dans ces conditions-là.
Pour résumer sur ce point, est-ce que vous appelez, notamment les représentants des syndicats agricoles, à la responsabilité ?
Oui, mais je crois que c'est plutôt ce que j'ai vu, honnêtement, depuis huit jours ou depuis neuf jours sur le salon. Même samedi, lors de l'inauguration du président de la République, j'ai plutôt vu la majorité des syndicats essayer de trouver les voies du dialogue et pas le voie de la confrontation physique. La confrontation physique au bout, en démocratie. Mais il n'y a pas que la confrontation physique,
il y a aussi le fait de faire des actions, de faire sortir des facteurs.
Je répète ce que j'ai dit, je pense qu'à un moment, il faut qu'on aille au dialogue. Je pense que nous avons pris collectivement, pas que le gouvernement, conscience d'un certain nombre de sujets qui étaient sur la table pour l'agriculture. Nous y travaillons.
Amandine, une question sur le rendez-vous à la mi-mars.
Oui, parce qu'Emmanuel Macron a fixé un rendez-vous dans deux semaines à l'Élysée. Première question, assez simple. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ? C'est quand exactement ? Alors, la date précise, autour du 15 mars, donc les choses vont se caler. Deuxième élément, le président de la République a souhaité, il a exprimé très clairement, non seulement rencontrer les organisations syndicales, mais aussi rencontrer les filières.
Vous voyez bien que sur un certain nombre de sujets, d'ailleurs Arnaud Rousseau l'a dit d'une certaine façon, les sujets de la viticulture ne sont pas les sujets des bovins, ne sont pas les sujets des ovins, ne sont pas les sujets, enfin bref, ne peut pas faire de la question de l'eau est une attente commune. Et puis, sur toutes les filières, la question de l'eau est une attente commune et à partir de là, de dérouler un certain nombre de propositions complémentaires par rapport à ce qu'il nous a raconté. Il y aura une nouvelle annonce ? Pardon. Si vous parlez en même temps, ça va être poli. C'est la même question.
Est-ce qu'il faut comprendre qu'il y aura de nouvelles annonces à l'occasion de ce rendez-vous ? On poursuit un travail de simplification, on poursuit un travail de dialogue avec les filières sur un certain nombre de sujets. Donc, par nature, le président de la République s'exprimera et vous connaissez le président de la République. Il est très attaché d'abord au sujet agricole et quand il a des choses à dire, il le fait. Et donc, on ne peut pas faire une réunion sans penser qu'à un moment, le président de la République, à l'issue de cette réunion, a une expression. On verra la nature des annonces.
Ils auront raison de faire monter la pression puisque ce qui transparaît, c'est que vous allez leur accorder de nouvelles mesures. Mais il y a besoin aussi, d'ailleurs, j'ai été frappé de ça par beaucoup d'agriculteurs, c'est la question, c'est aussi de pouvoir montrer ce qu'il y a une vision. Ce n'est pas la somme des mesures qui fait seulement une vision, c'est de montrer ce que nous avons dans la volonté de garantir la souveraineté, de faciliter le travail des agriculteurs qui ne se sentent pas en permanence menacés par tel ou tel dans leurs activités quotidiennes. Le président, il parlera filière, il parlera vision, la question, ce n'est pas d'égrainer des mesures supplémentaires.
Donc, on refond cette annonce, ce n'est pas juste une façon pour vous de gagner du temps, une sorte de manœuvre dilatoire ?
Non, mais vous savez très bien que ce sujet, je l'ai dit tout à l'heure en entrée de notre discussion, ce sujet, il est suffisamment complexe pour qu'on prenne le temps sur un certain nombre de sujets de travail. Par exemple, la décarbonation, les filières font des propositions. Comment on assure la décarbonation ? Par exemple, sur le sujet européen, il y a besoin d'affirmer une vision au niveau européen. Le président de la République le fera, j'imagine, à cette occasion-là.
Marc Fénaud, je voudrais qu'on revienne sur l'annonce phare de ces derniers jours, les fameux prix planchers. Alors, vous expliquez que ce que souhaite mettre en œuvre le gouvernement n'a rien à voir avec ce que proposait la France Insoumise. Je suis allé regarder leur proposition de loi. Voilà ce qui était écrit à l'article 1, ouvrez les guillemets, la conférence publique de filières donne lieu à une négociation interprofessionnelle sur les prix qui fixe annuellement un niveau plancher de prix d'achat des matières premières agricoles aux producteurs. Vous m'avez perdu et vous avez perdu tout le monde. Non, mais c'est juste pas très éloigné de ce dont vous parlez.
La conférence publique des filières, c'est quoi une conférence publique des filières ?
C'est la puissance publique ? C'est l'idée au fond qu'on met autour de la table les producteurs, les éleveurs, les industriels, les distributeurs et que... Et que c'est qui fixe. Dans la proposition de loi... Ce qu'explique la France Insoumise, c'est qu'il y a cette négociation et que si cette négociation n'aboutit pas,
en dernier ressort, c'est l'État qui fixe. Deuxième élément. Oui, mais ça ne peut pas être l'État qui fixe. C'est là qu'on a une différence avec la France Insoumise et que je maintiens ce que j'ai dit, c'est-à-dire que nous ne sommes pas en économie administrée soviétique.
Oui, mais est-ce que... Deuxième élément.
Je l'ai dit il y a huit semaines. Alors d'ailleurs, ça a été repris abondamment et je le redis aujourd'hui. Donc, je n'ai pas changé d'avis. Je considère que la fixation par l'État de prix, qu'ils soient des prix... Il y avait aussi la question des marges à l'intérieur. C'était d'encadrer les marges. Deuxième élément, il y avait l'idée de dire on fixe un prix annuel et après on n'en reparle plus. Ce n'est pas comme ça que marche le commerce. Peut-être en Corée du Nord, mais pas ailleurs. Et donc, on a besoin... L'idée du prix plancher ou du prix de référence c'est de construire les prix. C'est d'ailleurs ce qu'on a fait dans l'égaliment.
Il y a une solution aux États-Unis sur les prix garantis, prix plancher. Ce n'est pas franchement la Corée du Nord.
Oui, alors il y a une garantie de revenus ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Le Farm Bill, c'est un peu différent de ce qu'on annonce. Ce n'est pas la Corée du Nord. Non, mais ce n'est pas tout à fait la même chose que ce que dit la France insoumise. Je sais différencier la Corée du Nord et les États-Unis et les Américains aussi d'ailleurs. Mais il y a besoin de construire des prix de référence ou des prix planchers, appelons-les comme on veut, qui soient construits dans un dialogue avec les filières et qu'on a un certain nombre de filières qui soient une référence pour rentrer en négociation.
C'est les objectifs d'Egalim parce qu'à la fin, sur un certain nombre de produits, Egalim, ils fixent des prix de référence pour un certain nombre de filières. Ce n'est pas le cas pour toutes les filières. Donc, il faut qu'on continue à le faire pour pouvoir entrer en négociation avec ces prix. Justement, pourquoi ce n'a pas fonctionné avec Egalim fonctionnerait avec cette mesure sur les prix planchers ? Est-ce qu'il n'y a pas un effet d'annonce ? Moi, je ne participerai pas. Je vois un peu de dénigrement. Je déconseille à tout le monde de sortir d'Egalim. Je ne dis pas que c'est parfait, mais ce n'est pas parce que le système n'est pas...
Si c'était parfait, on n'en serait pas à cette crise. Moi, je n'ai pas l'arrogance de penser, comme responsable public, et à force, ça rend modeste, que c'est une seule loi qui résout les problèmes. Hier après-midi, je tenais une réunion avec Olivia Grégoire et Agnès Pannier-Runacher sur ce sujet. On a besoin en continu parce qu'on a des opérateurs, en particulier de la grande distribution, parfois des transformateurs aussi, qui jouent avec les lois, qui ont des batteries d'avocats. Donc, on fait une loi et on la modifie, on la contourne. C'est l'affaire des centrales d'achat européennes.
Mais si nous n'avions pas eu Egalim, nous n'aurions pas assisté, au fond, à une forme de croissance des prix du secteur agricole et alimentaire. Pourquoi ? Parce que depuis 10 ans, avant Egalim, les prix agricoles, ils avaient baissé. Donc, ça a bien eu un effet. Est-ce que c'est parfait ? Non. Il y a les centrales d'achat européennes qui ne fonctionnent pas. Il y a une absence de transparence de la part par soi. Vous dites ça notamment à votre ami Michel-Éloire Leclerc. Oui, vous voulez encore me faire dire du mal, mais j'ai décidé que je ne le ferai plus. Donc, je me tiendrai fermement à cette position. J'ai dit ce que j'avais à dire sur la question de la grande distribution.
Moi, je pense qu'il faut qu'on arrive à dialoguer. Et on disait hier, pardon, la question, c'est la loi et la question, c'est la philosophie. On ne peut pas être un pays où le seul sujet dans la négociation commerciale, c'est de faire la peau du voisin. La peau entre grands distributeurs, la peau du distributeur à l'endroit du transformateur et à la fin, on essaie de faire peser ça sur l'agriculteur. Il faut qu'on ait une relation commerciale. Et la question marque... Une seconde, une relation commerciale, c'est une relation où l'objectif, ce n'est pas d'écraser l'autre et de maximiser ses propices. Parce que si on va là-dedans, à la fin, il n'y aura plus de filière agricole en France.
Donc, c'est la responsabilité, pas du monde agricole seulement, c'est la responsabilité des transformateurs et des distributeurs. Et quand j'entends certains transformateurs me dire « Je ne suis pas sûr d'avoir assez de matières premières agricoles françaises. » Il faut qu'ils se posent la question de pourquoi. C'est parce qu'ils ne payent pas assez. Question d'Amandine. Oui, parce que concrètement, ces prix planchers et qu'Angèle Macron a semblé un peu sortir du chapeau, beaucoup n'y croient pas. De façon effective, c'est pourquoi ? Alors, il faut tout écouter dans ce qu'a dit le président de la République. Il a dit « Je lance un travail ».
Il y a deux députés, Madame Babo et Monsieur Isard qui travaillent là-dessus et qui doivent rendre des propositions quand même. Les sujets fiscaux, les sujets commerciaux, les sujets de cette nature-là sont des sujets suffisamment sérieux et vous le savez aussi bien si ce n'est mieux que moi pour ne pas dire qu'en trois jours, on l'a résolu. Le président de la République a dit « Je veux qu'on me fasse des propositions. » C'est le sens du travail des parlementaires et le sens du travail du gouvernement. Question de Pauline. Un mot sur l'accord qui a été trouvé entre Lactalis et les éleveurs. Pour rappel, 425 euros, c'est le prix pour 1000 litres de lait.
Cela laisse bon nombre d'agriculteurs sur leur faim. Je veux dire que c'est insuffisant. Est-ce que selon vous, Lactalis aurait dû faire un plus gros effort ? D'abord, comme ça a été dit tout à l'heure, on partait de 405. Moi, j'avais le prix de proposition... C'est mieux que rien. Attendez, non. On partait de 405. On est dans une négociation. On est à 425. C'est la dernière proposition en tout cas qui a fait l'objet d'un accord avec l'interprofession, avec une partie des professionnels du lait. Est-ce qu'on est au bout ? Je rappelle que 425, c'est le prix de base. Après, ça peut être augmenté de la qualité du lait, etc. Vous savez ça aussi bien que moi. Moi, je pense que...
En tout cas, c'est un signal. Quand on fait de 405 à 425, c'est un signal. Est-ce qu'on est au bout ? Non, il me semble qu'il faut que Lactalis avec les différents producteurs continue à dialoguer. Mais c'est une première étape. Je ne saute pas sur mon fauteuil en disant que c'est formidable. Je rappelle que ceci étant, Lactalis, l'an dernier, était plutôt à des tarifs qui étaient assez élevés. C'est d'autres structures qui étaient à des tarifs plus bas. L'un dans l'autre, on voit bien que l'ensemble des opérateurs laitiers commence à se poser la question, ce que je disais à l'instant, de si on veut des producteurs, il faut rémunérer.
Passer de 405 à 425, ça veut dire qu'on a vu quelque chose et qu'on a entendu quelque chose. Est-ce que c'est suffisant ? C'est aux producteurs de le dire. Mais il me semble qu'il y a quand même sans doute encore un travail à faire.
Encore un mécanique. Je voudrais qu'on aborde la question des traités de libre-échange et plus particulièrement ce qui a été voté cette semaine par les députés européens macronistes, l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Chili qui actualise un accord qui existe déjà. Ce traité double le quota de poulets importés. On passe de 18 000 tonnes à 40 000 tonnes. Ça fait 45 millions de poulets supplémentaires par an. La filière avicole n'en voulait pas. Est-ce que vous comprenez que les agriculteurs en voyant cela se disent on se moque du monde ?
On ne se moque pas du monde. Alors il faut qu'on remette. Alors je trouve que d'ailleurs le débat agricole que nous avons depuis plusieurs semaines a permis quand même de remettre un peu l'expression l'église au milieu du village. On a besoin d'échanges commerciaux. Attendez. On a besoin d'échanges commerciaux. qui viennent taper les mêmes filières. C'est la question de la volaille parfois. C'est la question des ovins en particulier. D'ailleurs j'ai rencontré la filière ovigne cette semaine. Alors disons qu'il faut qu'on travaille à la compétitivité de cette filière pour qu'on retrouve de la souveraineté. Et je crois qu'on peut y arriver. Troisième élément. 20 000 tonnes de plus.
On a un sujet avec l'Ukraine. C'est 200 000 tonnes de plus. Non mais il y a la question de l'Ukraine. Mais c'est pour vous dire monsieur Duhamel que c'est une question d'équilibre.
Oui mais ce que disait à votre place Arnaud Rousseau il y a un instant. Il dit d'abord lui moi je ne l'aurais pas voté. Et surtout il dit on nous fait le coup à chaque fois. On nous dit sur chaque traité de libre-échange ce n'est pas beaucoup le tonnage. Sauf que ni côte à côte vous avez raison effectivement. Passer de 18 000 à 40 000 tonnes. 45 millions de poulets sur 800 millions de poulets produits chaque année en France.
C'est vrai que ce n'est pas énorme. Mais si vous mettez tout côte à côte. Mais c'est pour ça qu'il faut regarder dans les accords et que moi je préfère qu'on se concentre ce qu'on est en train de faire sur la question de l'Ukraine et sur la question d'un afflux de poulets dans des conditions qui ne sont pas acceptables et d'un contingentement pour éviter que le tout cumulé...
Mais est-ce que là c'est pas une erreur de voter ce type de traité de libre-échange quand on voit effectivement que ça va apportir à payer davantage de poulets chiliens sur le marché français ?
Dans les traités de libre-échange il faut veiller c'est là que vous avez raison à faire en sorte que les filières ne soient pas toujours les mêmes qui soient celles qui aient le sentiment que c'est celles qui sont plus mises en tension. Mais je vous assure que c'est plus important pour nous français et pour les producteurs de volailles de vérifier que la somme le tonnage de poulets ukrainiens diminue plutôt que le sujet chili.
Par ailleurs il y a l'inverse c'est-à-dire que dans l'accord du Chili il y a des choses sur les produits laitiers on vient de parler des produits laitiers on vient des choses sur les produits fromage et c'est vrai qu'on a besoin de construire il y a des filières qui ont été plutôt celles qui ont été les plus à risque dans les accords internationaux je pense aux ovins vous avez raison je pense aux poulets et parfois à la viande bovine marginalement à date et donc on a besoin de travailler globalement.
Un dernier sujet avant de passer aux questions de téléspectateurs à votre place tout à l'heure Arnaud Rousseau sur la question de l'accueil des membres du Rassemblement National au Salon expliquez d'abord que la FNSEA ne prendrait pas partie au moment des élections européennes contrairement à ce qui avait été fait à l'élection présidentielle en 2022 et au fond semblait créditer le Rassemblement National d'avoir évolué sur les sujets européens est-ce que vous regrettez que la FNSEA qui se dit pro-européen ne prenne pas position à l'occasion de ces élections européennes ?
D'abord je confirme que je considère que le syndicalisme agricole globalement la FNSEA en particulier plutôt des syndicats qui ont accompagné le mouvement européen et qui l'ont plutôt encouragé en considérant que c'était dans l'espace européen qu'on pouvait s'exprimer le mieux la capacité productive y compris de la France Deuxième élément je ne partage pas tout à fait le point de vue en revanche parce que le Rassemblement National il faut qu'il arrête d'avancer masqué parce qu'un coup je veux faire le Frexit un coup je ne veux plus le faire un coup je suis contre les accords un coup je suis pour les accords Il y a un moment il va falloir que
Vous regrettez que la FNSEA ne le dise pas plus clairement ?
Je ne partage ce n'est pas la question de regretter moi j'ai un avis comme vous le savez je pense tout seul je ne donne pas des conseils aux autres je vous dis que moi je pense que le Rassemblement National n'a pas clarifié sa position Les membres du RN
ont été tellement mieux accueillis
que vous C'est tellement facile d'être accueilli quand vous cédez à la facilité à la démagogie tout le monde sait faire ça vous allez quelque part et vous dites tout ce que vous voulez je vous le donnerai tout ce qui ne vous plaît pas je suis d'accord avec vous tout ce qui ne va pas c'est la faute des autres je peux être populiste aussi c'est très facile d'être populiste après quand vous parlez avec l'Europe vous avez 26 autres pays qu'il faut convaincre après quand vous êtes dans la confrontation du monde avec Poutine c'est un peu plus compliqué que la facilité donc j'aimerais mieux les entendre là-dessus parce que la désorganisation du monde c'est plutôt les amis de Mme Le Pen qui sont M.
Poutine que nous et donc c'est là-dessus qu'ils ont besoin de clarifier et quand M. Bardel a dit moi si ça ne me plaît pas quand M. Bardel a dit moi si ça ne me plaît pas je sors des traités non mais ce n'est pas fromage ou dessert ce n'est pas comme ça que ça se passe l'Europe l'Europe il faut décider ensemble et parfois il y a des choses qui nous plaisent et parfois il y a des choses qui ne nous plaisent pas
Pour terminer une question de Yannick les agriculteurs se suscitent plus que la moyenne de la population quelles solutions proposez-vous avez-vous un plan spécifique voilà ce que vous demande Yannick
Alors ça me permet de dire deux choses d'abord le ministère accompagne beaucoup je voudrais saluer le travail qui est fait par la MSA le travail qui est fait par les chambres d'agriculture le syndicalisme d'ailleurs aux côtés du ministère de l'agriculture pour identifier les situations il y a quelque chose chez les agriculteurs d'un attachement très profond à leur outil de travail parce qu'il y a quelque chose de patrimonial au fond et donc une pression qui s'exerce qui est très forte donc on a besoin de les accompagner il faut qu'une chaîne au fond de vigilance soit en place en permanence pour dire celui-là il ne parle plus il s'est enfermé chez lui il y a quelque chose qui ne va pas je fais court mais c'est quand même très important pour moi de le dire deuxième élément je vais vous dire de quoi souffrent les agriculteurs c'est la question de la rémunération et troisième élément il souffre qu'à longueur pas chez vous mais de plateau de tweet ou autre il y ait des gens qui viennent dézinguer démolir et expliquer ce qui se passe quand j'entends madame Rousseau aller nous expliquer qu'on a drogué les vaches au salon de l'élevage j'ai croisé plein d'éleveurs pour les calmer j'ai croisé plein d'éleveurs qui étaient très choqués de ça qui considéraient que c'était une offense qui leur aurait été faite et donc il faut faire attention quand on parle du monde à l'école à décrire d'abord 1.
une réalité et 2. à la respecter c'est bien la moindre des choses
Merci beaucoup Marc Phénomise et de l'agriculture d'avoir été l'invité de BFM Politique Merci Amandine Merci Pauline Tout de suite vous retrouvez Philippe Godin et Dominique Rizet pour Affaires suivantes Quant à moi je vous retrouve ce soir 18h c'est pas tous les jours dimanche deux invités Valérie Ayet votre tête de liste aux élections européennes et l'intellectuel philosophe et rabbin Delphine Orvilleur Vive la politique