Crise humanitaire au Liban : 800 000 déplacés
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Elle craignait que des militants du Hezbollah s'infiltrent parmi eux. - Scène de panique au coeur de Beyrouth. Deux frappes israéliennes viennent de s'abattre sur le front de mer. 12 personnes sont tuées, principalement des réfugiés.
Au petit matin, la colère se lit sur le visage des habitants. Officiellement, Tsahal ciblait un militant du Hezbollah, mais des centaines de déplacés ont été visés sur le front de mer. - Hier, il y avait des tentes de déplacés, des gens qui marchaient sur le trottoir.
Ils disent qu'ils ont tapé des Iraniens, mais c'est faux. On habite ici. On a vu que les gens visés n'étaient que des civils. - Ces derniers jours, la tension monte chez les réfugiés.
Certains craignent que des militants du Hezbollah se soient infiltrés parmi eux. - Les gens ciblés par les frappes, les hommes du Hezbollah, sont dangereux pour tout le monde. Nous avons peur de ça ici.
Je prie pour que la situation se calme, pour que l'on puisse retrouver une vie normale et retourner chez nous. - Cet homme, lui, se demande encore où fuir. Faute de place dans les abris, sa famille dort dans la rue depuis des jours sur les hauteurs de Beyrouth. - Mon fils et sa mère ont dormi ici.
Les filles et mon deuxième fils là-bas, et moi, je reste ici jusqu'au matin. Hier, nous avons dormi sans dîner. On reçoit de l'aide, c'est une chance, mais parfois, les bénévoles oublient que nous sommes là.
Hier, j'ai acheté un bidon d'eau à 100.000 livres libanaises. C'est le double du prix.
Tout est trop cher. Il n'y a plus d'argent. Il n'y a plus de travail.
Nous vivons au jour le jour. - Dans cette école, les enfants jouent tandis que les parents tentent de se reposer. 80 familles ont trouvé refuge ici. 900.000 personnes ont été déplacées au Liban, fuyant le sud du pays pour le nord, mais désormais, Tsahal vise la capitale libanaise. - On va et on vient de conflit en conflit.
Dès qu'on arrive quelque part, on est bombardés de nouveau. Comme l'autre jour sur la plage. Tout peut virer au drame en une minute.
Derrière tout ça, il y a l'alliance de Trump avec Israel. C'est lui qui soutient Netanyahou. Netanyahou est la marionnette de Trump.
Lui, il s'amuse avec un missile. - Tenir, mais pour combien de temps encore? L'accès à l'eau potable est difficile et l'accès aux soins, encore plus.
L'aide humanitaire s'organise. - Ils ont besoin d'eau potable? Nous préparons les kits d'hygiène.
Nous avons distribué des couvertures, des matelas dans le centre, et maintenant, nous préparons les kits pour les femmes. - Médecins Sans Frontières a lancé une opération d'urgence dans le pays. Se déplacer dans la ville représente toujours un danger. - Il y a quelqu'un au bureau qui est chargé de nous suivre et de veiller à notre sécurité.
Il y a du shampooing, de la lessive et des serviettes hygiéniques. - Mais l'aide est-elle suffisante? Chaque jour, de nombreux réfugiés arrivent à Beyrouth. - Nous sommes débordés par l'afflux de réfugiés.
Certains d'entre nous sont déplacés et tentent de venir en aide à d'autres personnes déplacées. - Au Liban aujourd'hui, 12 soignants ont été tués dans des frappes attribuées à Israel. -A.Casse: Qu'est-ce qui vous a marquée dans ce reportage? -A.Levallois: C'est la situation absolument catastrophique dans laquelle se trouve le peuple libanais.
On est pas loin d'un million de déplacés. C'est énorme sur un tout petit pays. Ce qui m'inquiète véritablement, et on le voit dans les commentaires de certaines personnes interviewées, c'est le spectre d'une guerre civile qui est en train de réapparaître, avec cette peur que des militants du Hezbollah soient parmi ces fameux déplacés.
Il y a des craintes de riposte israélienne. On voit bien aujourd'hui que dans certaines régions, les Libanais ne veulent pas accueillir de réfugiés, alors que dans la guerre précédente en septembre 2024, il y avait eu un formidable réseau au sein même de la société libanaise qui s'était mis en place. Aujourd'hui, ces mêmes Libanais ont peur qu'en ouvrant leurs portes aux déplacés, ça entraîne des bombardements.
Tous les Libanais sont très inquiets de ce risque. -A.Casse: On passe à vos questions SMS. -G.Malbrunot: Le Hezbollah est mal perçu par le peuple libanais, y compris par sa base chiite dans le sud.
Il reproche de les avoir conduits dans la guerre après le 7 octobre. Cela étant, avec les frappes israéliennes sur les populations civiles, ce sentiment est atténué. On peut appliquer ce phénomène au Liban, mais aussi en Iran.
Quand vous frappez des écoles, ça ne va pas vous amener la population sur laquelle vous comptez pour renverser le régime. Le Hezbollah affiche une résilience à laquelle on ne s'attendait pas. Le Hezbollah est revenu à sa bonne vieille tactique de guérilla qui était la sienne avant 2000 et l'occupation israélienne. -C.Ockrent: Et ce sont eux qui ont pris l'initiative de taper sur Israel. -A.Casse: Nouvelle question. -C.Ockrent: Erdogan est très mal à l'aise.
Il veut être la puissance dominante dans cette partie du monde. Ce n'est pas un pays arabe, encore moins un pays perse, et il veut avoir de bonnes relations avec tout le monde. Là, il y a eu au moins trois missiles iraniens qui sont entrés dans l'espace aérien turc et qui ont été interceptés par les forces de l'OTAN.
La Turquie est un membre de l'OTAN. Il est dans une position d'équilibriste difficile. -A.Casse: Nouvelle question. -A.Levallois: On s'attendait à ce que les houthis interviennent, mais ils sont aussi en négociation.
Ils ont négocié un peu avec les Américains pour tenter de trouver une issue et de rester dans une position dominante au Yémen. Les houthis sont venus en soutien au Hamas après les terribles attentats du 7 octobre. En même temps, ils ont leur propre agenda national.
Je crois qu'il ne faut jamais oublier que c'est un mouvement qui a aussi ses propres intérêts. Il veut bien participer à la défense de certains principes, mais il a aussi sa propre stratégie qui prime sur le reste. -A.Casse: Le nouveau guide suprême en appelait aussi aux houthis. -G.Malbrunot: En cas d'escalade, une des hypothèses, une des options envisagées, c'est que les houthis entrent dans la guerre et bloquent un autre détroit qui donne accès à la mer Rouge. -A.Casse: Nouvelle question. -R.Werly: Ca n'en prend pas le chemin.
Donald Trump est en train de lever les sanctions contre la Russie pour permettre à certains pays, notamment l'Inde, de pouvoir importer davantage de pétrole. Le donnant-donnant en question, c'est-à-dire "On vous soutient sur l'Iran, vous soutenez l'Ukraine", pour être possible, vous imaginez les risques que prendraient les pays européens en participant directement à cette opération. Pour l'instant, la situation en Ukraine est relativement stabilisée, semble-t-il.
L'Ukraine peut profiter, on le dit peu, de ce moment. C'est un moment où tout le monde a besoin de l'Ukraine, y compris Donald Trump pour ses capacités antidrones. Volodymyr Zelensky l'a dit à Paris.
C'est le pays qui a le plus appris à gérer les assauts de drones. C'est un avantage pour l'Ukraine
Emmanuel Macron