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interviewRMC (sur YouTube)· 30 avril 2022

L'interview politique en direct: Claude Malhuret, sénateur Agir-Horizons de l’Allier

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

L'interview politique. 8h43, notre invité ce matin, le sénateur de l'Allier, président du groupe Les Indépendants au Sénat, membre d'Agir, d'Horizon, c'est le nouveau mouvement d'Edouard Philippe. Claude Maluret est avec nous, bonjour.

Bonjour. Merci d'être avec nous, on va parler avec vous des suites de cette présidentielle, des législatives qui arrivent, de l'Ukraine, vous vous êtes rendu à Kiev, mais une fois n'est pas coutume, avant de vous entendre, Claude Maluret, je voudrais que nous écoutions ensemble Sylvain, qui nous appelle ce matin au 32 16. Bonjour Sylvain.

Oui, bonjour à tous. Sylvain, vous avez 50 ans, vous êtes au chômage, l'inflation, 5% au mois d'avril, le chiffre est tombé hier, quelles conséquences très concrètes pour vous Sylvain ? Pour moi, ça n'apporte à rien, c'est déjà moi pour nourrir ma famille, je fais des chèques sans provision depuis maintenant 4 ans, pour pouvoir venir en aide à ma famille.

Bon, on est 3, on est 3 au domicile, mais allez, 2 fois par semaine, 2 fois par semaine, je suis obligé de faire des chèques sans provision pour pouvoir nourrir ma famille. Et ma fille de 4 ans, quoi. J'imagine que vous vous privez encore plus, Sylvain, avec l'augmentation des prix.

Ah oui, mais tout à fait, tout à fait. Malgré, vous voyez, que je fais des chèques sans provision, c'est pas pour ça que je vais prendre les produits les plus chers, pour pouvoir mieux manger. Au contraire, je prends des produits que tout le monde peut prendre à des prix raisonnables, et que j'arrive à faire manger ma femme et ma fille, quoi.

Des chèques sans provision pour faire manger votre femme et votre fille avec des premiers prix, dont les prix augmentent le plus en ce moment. Claude Maluret, quantité de témoignages depuis 6 heures ce matin, avec des auditeurs qui cumulent 2, voire 3 boulots. Est-ce que le gouvernement doit faire un geste supplémentaire ?

Je pense qu'on ne peut pas laisser des situations comme ça sans s'en préoccuper. La première réflexion que je ferai, c'est que depuis pas mal de mois, le gouvernement a fait énormément de gestes. On se rappelle tout ce qui a été fait pendant la pandémie, le quoi qu'il en coûte d'Emmanuel Macron.

Donc, tout cela a été fait. Plus récemment, le chèque carburant, le chèque alimentation qui doit arriver, le paquet de mesures sociales pour l'été. Voilà, tout à fait.

Mais il faut tout de même être conscient d'une chose, malheureusement, et c'est pour ça que votre question est importante, est-ce qu'il va falloir que le gouvernement en fasse plus ? Plus tard, parce que cette inflation qui est due à 80% à la guerre de Poutine en Ukraine, qui augmente le prix du pétrole, qui augmente le prix des prix alimentaires, cette inflation qui va être bien pire et avoir des conséquences bien pires dans les pays plus pauvres, parce qu'il va y avoir des famines à cause de l'arrêt des exportations de blé d'Ukraine et des sanctions sur la Russie, nous entrons, et je pense qu'il faut le dire aux gens, il faut le dire, nous entrons dans une période, à la suite de cette guerre qui va avoir des conséquences mondiales, où dans tous les pays du monde, les problèmes vont être majeurs. En France, c'est actuellement de 4,8% à peu près sur le mois de mars, elle est le double aux Etats-Unis, et le double dans une bonne partie des pays, ou une fois et demie plus, dans le double des pays européens, c'est-à-dire...

Vous le dites, Claude Mallon, période très difficile, y compris chez nous, pays riches. Exactement, ça l'est déjà, ça l'est déjà, les crises se sont succédées, la pandémie, la guerre maintenant, et je pense qu'il faut tenir un discours de vérité, les choses ne vont pas s'arranger, à moins que par miracle la guerre s'arrête en Ukraine, et ça ne va pas être le cas. Donc on se prépare des temps difficiles, bien sûr qu'il faut que le gouvernement continue...

On doit accompagner, mais il faut aussi expliquer qu'on va vers des temps difficiles. On doit accompagner, on sera là, c'est ce qu'a dit Emmanuel Macron hier. Est-ce que les entreprises doivent aussi faire un geste ?

On avait un patron tout à l'heure qui disait, moi je veux bien augmenter mes salariés, mais les charges sont trop importantes une fois que les salaires dépassent 1 500 euros. Est-ce qu'il faut aussi que l'État décide de baisser certaines charges pour des salaires au-delà de 1 500 ? Moi, de toute façon, je suis partisan de baisser les charges.

Je trouve que les charges en France sont beaucoup trop importantes. Ça pose évidemment d'autres problèmes, parce qu'une fois qu'on baisse les charges, où est-ce que l'État se finance pour la protection sociale ? Donc c'est un cercle vicieux, et le transformer en cercle vertueux n'est pas évident.

Mais si vous me demandez mon avis, je pense que la France fait partie des pays où les charges sont trop importantes. Maintenant, les entreprises pour faire des gestes, effectivement, la seule façon de le faire, c'est de baisser leurs charges. Parce que vous l'avez peut-être constaté, alors que la crise sanitaire n'avait pas entraîné de faillites, n'avait pas entraîné de problèmes pour l'emploi, parce qu'au contraire, on a moins de chômage aujourd'hui, on est en train, avec cette guerre, de commencer à avoir les premières faillites, et on va avoir des problèmes de ce type.

Donc il faut être extrêmement, comment dire, prudent sur les mesures demandées aux entreprises. Claude Maluret, je voulais aussi revenir avec vous sur une phrase d'Emmanuel Macron hier, alors qu'il était en déplacement, la réintégration des soignants non vaccinés. Si le Covid continue de baisser dans les prochaines semaines, on va aller dans cette direction.

C'est le moment de lever cette dernière règle imposée lors de la pandémie ? Vous êtes médecin de formation. Voilà, c'est ce que j'allais vous dire.

Je réagis en médecin. Et l'avis des médecins qui sont confrontés depuis le début à cette crise sanitaire, c'est qu'il faut petit à petit, et on y est arrivé grâce au vaccin, on y est arrivé grâce au progrès scientifique, il faut petit à petit apprendre à vivre avec le virus. Parce qu'on va continuer à vivre avec le virus, que ce soit celui-là ou que ce soit un autre, de toute façon, on sait bien maintenant qu'on est confrontés à cela.

Heureusement, on a cette arme majeure qui est le vaccin, mais au fur et à mesure, il va falloir apprendre à vivre avec. Donc ceux qui ont refusé le vaccin, finalement, on peut les faire revenir ? Le jour où la menace, le jour où les menaces de contamination, le jour où l'épidémie elle-même atteint un certain seuil à la baisse, bien entendu qu'on va commencer à reprendre une vie le plus normale possible.

C'est envisageable. Je vous demande ça, Claude Maluret, parce que vous avez eu des mots à la fois très durs et très remarqués à la tribune du Sénat, contre ceux qui refusaient le vaccin. Tiens d'ailleurs, on va réécouter.

C'était lors des débats sur l'obligation vaccinale des soignants et c'est l'archive RMC du jour. Et d'abord, aux politiciens, aux abois qui essaient de se refaire la cerise, les Philippot, Asselineau, Le Pen, Dupont-Aignan ou Mélenchon, ce pacte germano-soviétique de la désinformation, ont été successivement pour la chloroquine, contre le vaccin, contre le pass sanitaire et maintenant contre le pass vaccinal, avec une infaillibilité absolue dans l'aveuglement. Ces amoureux des dictatures, il faut quand même qu'ils soient gonflés pour accuser le gouvernement et le Parlement de prendre des mesures liberticides.

C'est vrai qu'on a tout entendu, Claude Maluret, mais à l'heure qu'il est, votre position peut changer ? Bien sûr que ma position, encore une fois, de médecins, change avec le changement de l'épidémie. Je ne retire bien entendu pas un mot de ce que j'ai dit à l'époque et qui était plus destiné aux politiciens qui ont fait la cerise sur les antivax que sur les antivax eux-mêmes.

Mais bien entendu, je ne retire rien. Et bien entendu, en même temps, au fur et à mesure que l'épidémie est plus contrôlée, au fur et à mesure qu'il y a moins de risques et au fur et à mesure, bien entendu, qu'on a besoin des soignants pour rattraper tout ce qui a été en retard à cause de la crise du Covid, pour rattraper les opérations, les hospitalisations, etc., on ne va pas rester dans cette situation à 8 ans et à 8 ans.

Donc il y a un moment, et peut-être ce moment est arrivé, je ne suis pas spécialiste, je n'ai pas les chiffres actuels en tête, mais si le ministre de la Santé ou si les...

Vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron ? Si ça continue de baisser, c'est possible. Il faut revenir à la normale.

Claude Maluret, on vous a vu arriver dimanche dernier sur le Champ de Mars aux côtés d'Édouard Philippe, vous adhérez à son nouveau mouvement Horizon. Comment ça se passe, les relations avec Emmanuel Macron et Édouard Philippe ? Elles sont bonnes en ce moment ?

J'entends partout dire qu'elles sont mauvaises, que les négociations sur les législatives se passent mal, etc. Qu'Édouard Philippe en serait exclu. Voilà, alors, bien entendu, non.

Je suis ces choses-là, pas directement, puisque je ne suis pas changé de la chose, mais Pierre-Yves Bournazel, qui est notre représentant chargé des discussions avec le reste de la majorité présidentielle, les suit au jour le jour, discute au jour le jour avec...

Il y aura des membres du parti Horizon, candidats aux législatives pour Emmanuel Macron ? Bien sûr, ça n'est pas possible autrement. La majorité présidentielle est composée de plusieurs formations, et ces formations sont en train de discuter, de négocier.

Bien sûr qu'il y aura des candidats Horizon. Vous savez, moi, ça fait 30 ans que je vois les discussions sur ces élections entre RPR et UDF, entre LR et UDI, etc. Pendant les négociations, c'est comme toutes négociations, comme les négociations, par exemple...

Mais c'est Emmanuel Macron qui validera lui-même, à la fin, le nom de ces 577 candidats. Il me paraît assez clair que la décision finale, elle sera prise dans le bureau d'Emmanuel Macron, avec un certain nombre de...

Avec François Bayrou, avec Édouard Philippe, avec les dirigeants de la majorité. En attendant, il faut nommer un nouveau gouvernement. Votre nom a circulé, d'ailleurs, Claude Maluret, pour la santé, pour les droits de l'homme, poste que vous avez déjà occupé.

Vous y retourneriez ? Alors, moi, je suis très bien là où je suis. D'abord, personne ne m'a rien proposé.

Deuxièmement, je suis candidat à rien. Je suis, comme vous l'avez dit, président du groupe des indépendants au Sénat. Cela me permet de dire ce que je veux.

Je suis libre. Le nom de mon groupe, c'est les indépendants. Et tous les sénateurs qui y participent, ils sont très attachés.

Moi, je suis très, très bien là où je suis. Je pense que je peux...

Même si on vous le propose ? Écoutez, quand on vous propose quelque chose, évidemment, ce serait impoli de dire à l'avance non, etc. Mais oui, je ne suis pas du tout candidat.

Je suis très bien là où je suis. Emmanuel Macron doit parler au président Zelensky, aujourd'hui le président ukrainien. Vous revenez d'Ukraine, Claude Maluret.

Mais que doit lui dire, que doit dire Emmanuel Macron à Zelensky aujourd'hui par rapport à ce que vous avez entendu des Ukrainiens ? Qu'attendent-ils des Européens aujourd'hui ? Je pense qu'il est plus important pour Emmanuel Macron d'écouter Zelensky que de parler de Zelensky.

Moi, ce dont je suis certain, c'est d'une part que les Ukrainiens ont désormais, et c'est assez probable, désormais la certitude tranquille qu'ils vont gagner cette guerre, qu'ils sont en train de la gagner. Ils ont déçu à chasser les Russes du nord de l'Ukraine. L'armée russe est en train de se prendre une pile, comme on dit, familièrement.

Et que ce sera la même chose dans le Donbass à partir du moment où ils ont chassé les Russes avec un armement extrêmement faible. Vous les avez sentis déterminés, mais avec un besoin d'armes. Non seulement déterminés, mais certains, ils ne disent plus après la guerre.

Quand ils parlent entre eux, ils ne disent plus après la guerre. Ils disent après la victoire. Et d'ailleurs, la surprise du nord de l'Ukraine est claire.

Maintenant qu'ils reçoivent les armes, je pense qu'on voit bien à quel point à Moscou, les choses deviennent catastrophiques. Le gouvernement Poutine prend maintenant n'importe quelle décision. Bombarder Kiev au moment où le secrétaire général de l'ONU y est, c'est une erreur psychologique et de communication majeure.

Et tout est comme ça. Brandir la menace d'une troisième guerre mondiale qui est totalement irresponsable et improbable, ils sont en train de perdre leur nerf, ils sont en train de perdre cette guerre. Et par conséquent, ce qu'il faut qu'Emmanuel Macron dise à Zelensky, mais je pense que c'est ce qu'il dit depuis le début, c'est nous vous aiderons, nous vous avons aidé, nous continuerons à vous aider.

Zelensky demande des armes, des armes, des armes, et c'est ce qu'il lui faut, il demande des sanctions, et il faut convaincre les Allemands, tordre un peu le bras aux Allemands, c'est ce qu'il souhaite, c'est ce qu'il nous a demandé de le dire au président français, de convaincre les Allemands d'arrêter de traîner les pieds. Et puis enfin, j'espère qu'il va lui dire que la candidature de l'Ukraine à l'Union européenne sera examinée, et sera examinée rapidement, les Ukrainiens le souhaitent avant le mois de juin. Je dis la candidature, pas l'adhésion, qui prendra évidemment des années, et qui nécessite des conditions, mais la candidature, c'est le moins qu'on puisse faire aujourd'hui pour l'Ukraine, parce que les Ukrainiens ne se battent pas seulement pour eux, ils se battent pour la liberté, et ils se battent aussi pour la nôtre.

Et pour la nôtre. Merci Claude Maluret, sénateur de l'Allier, président du groupe Les Indépendants au Sénat, je retiens trois grandes choses importantes sur l'inflation. Vous dites que le gouvernement va devoir faire un geste supplémentaire, notamment baisser les charges pour les entreprises.

Bien sûr qu'il y aura des députés horizon pour les législatives, au nom de La République En Marche, le mouvement d'Edouard Philippe. Et puis sur ce futur gouvernement, personne ne vous a contacté, vous n'êtes candidat à rien. Merci encore Claude Maluret, et bonne journée à vous.

Il est bientôt...

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