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interviewyoutube.com· 8 février 2026 43 min

Budget, élections municipales, primaire…. L'interview de Xavier Bertrand en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous êtes bien dans BFM Politique, notre invité Xavier Bertrand. Bonjour, merci d'être avec nous à mes côtés pour vous interroger ce matin Amandine Attalaya, éditorialiste politique BFM TV, et Bruno Jeudy, directeur de la Tribune Dimanche. Bonjour. La Tribune Dimanche qui est notre partenaire pour cette émission.

Alors on va bien survenir dans un instant à la question des élections municipales et cette proposition en quelque sorte de liste potentielle d'union au second tour, au cas par cas de Jordan Bardella, mais d'abord évidemment l'actualité qui a marqué ces dernières heures, Jack Lang, l'ancien ministre, qui a donc annoncé sa démission de la présidence de l'Institut du Monde Arabe après la révélation de ses liens avec Jeffrey Epstein. Jack Lang qui a prévu à près de 700 reprises dans les millions de documents liés à cette affaire.

Alors on le disait, en l'état rien de répréhensible, il n'est en rien relié en l'état aux terribles crimes de ce pédocriminel, mais se pose la question des liens d'intérêt. Son avocat précise néanmoins, l'avocat de Jack Lang, que cette démission n'est en rien un aveu de culpabilité. Et ici même, sur ce plateau, il y a quelques jours, l'ancien ministre socialiste disait « Je suis blanc comme neige, je n'ai jamais eu connaissance de son passé judiciaire ». Est-ce que vous croyez Jack Lang ?

1:09
Xavier Bertrand

Écoutez, moi je ne vais pas rentrer dans le détail de ce qu'il dit. Une chose est certaine, il devait partir, il devait quitter l'Institut du Monde Arabe. Parce que la démission, c'est la façon de protéger l'institution. Voilà, il l'a fait. Nous avons eu également des échanges dans ma région des Hauts-de-France avec sa fille, Caroline Lang, qui était membre du conseil d'administration de Sérimania, avec Laurence Herzberg, la directrice générale, Anne Bouvreau la présente. Nous estimions qu'il n'était pas possible qu'elle y reste. Il y avait aussi Pictanovo. Pictanovo, c'est le bras armé du conseil régional des Hauts-de-France, sur tout ce qui est aide à la production cinéma audiovisuel.

Nous lui avons demandé de quitter ses fonctions, ce qu'elle a fait elle-même la semaine dernière. Et c'est une façon, encore une fois, de protéger les institutions.

1:54
Présentateur

Quand vous entendez Jacques Lang, que vous inspirent ses propos quand il dit « je suis blanc comme neige ».

1:58
Xavier Bertrand

Je viens de vous le dire, je viens de vous le dire. Je n'ai pas l'intention de rentrer, c'est à lui de s'expliquer et de s'expliquer devant la justice, parce que le parquet national financier s'est saisi, si je ne me trompe pas. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est qu'il ne faut pas oublier aussi une chose, c'est que dans cette affaire Epstein, je trouve qu'on ne parle plus assez des victimes. Ces jeunes filles qui sont devenues ces esclaves, ces esclaves sexuels, tout ce qu'il a pu réaliser est profondément abject. Mais je pense qu'il ne faut pas non plus oublier tout cela.

2:26
Invité

Vous soutenez la demande de l'ONG Innocence en danger, qui était à l'origine du premier cinéma allemand en France, justement sur de possibles victimes du prédateur Epstein, et qui demande aujourd'hui la réouverture de l'enquête, si tant est que ce soit possible, pour les faits qui ne soient pas prescrits. Mais elle demande officiellement la réouverture de l'enquête. Vous soutenez cette demande ?

2:50
Xavier Bertrand

Si c'est possible, c'est souhaitable. Maintenant, c'est la justice de saisir. Elle le fait via le PNF. Mais à chaque fois que c'est possible, je pense qu'il faut être capable de le faire, notamment par rapport à toutes ces victimes.

2:59
Invité

Est-ce que Jack Lang a bénéficié d'une forme de complaisance ces années passées, comme l'avance aujourd'hui, par exemple, le Rassemblement National ? Il a en tout cas été reconduit il y a deux ans à la tête de l'Institut du Monde Arabe par Emmanuel Macron. Complaisance, à un moment donné, ou pas de certains ?

3:14
Xavier Bertrand

Vous venez de le dire, le Rassemblement National, eux, je les laisse faire de la politique. Aujourd'hui, un, la priorité, le respect des victimes, est de pouvoir aller jusqu'au bout de la défense de leurs droits. Et la deuxième chose, il a démissionné, dont taxe était indispensable.

3:29
Invité

La France Insoumise a déposé une demande d'ouverture de commissions d'enquête parlementaires pour faire transparence, pour essayer de savoir ce qui s'est passé autour de ces années Epstein, notamment à Paris, en France. Est-ce que vous soutenez la demande de LFI ?

3:49
Xavier Bertrand

Je viens de vous répondre par avance. La justice, et les commissions parlementaires, ne peuvent pas saisir de faits qui sont effectivement poursuivis par la justice.

3:57
Présentateur

Xavier Bertrand, le Premier ministre Sébastien Lecornu s'exprime ce matin dans la presse quotidienne régionale. Il confirme un ajustement gouvernemental, on ne parle plus de remaniement, le terme semble écarter, un ajustement gouvernemental, dit-il, d'ici le 22 février, pour remplacer les candidats aux élections municipales, et notamment Rachida Dati, qui va quitter le ministère de la Culture. Il assure, je cite, que 2026 sera une année utile. Il annonce deux décrets, notamment pour réformer l'aide médicale d'État. On trouve la porte à une révision, comme on dit, du panier de soins, même si ce n'est pas très précis là-dessus.

Affirme que d'ici quelques jours, la programmation pluriannuelle sur l'énergie, ce sera pris par décret. Il dit d'ailleurs que l'électricité, si vous chauffez l'électricité, l'électricité n'augmentera pas. Est-ce que tout ce qu'il annonce, ça va dans le bon sens à vos yeux ?

4:43
Xavier Bertrand

Immigration, énergie, armée, ce que vous venez d'indiquer, c'est bien ça, les trois priorités. Je ne sais pas, il y a 34 ministres. Donc un chef de gouvernement et un gouvernement, ça doit agir sur tous les dossiers, sur tous les fronts. Et la sécurité, ce n'est pas prioritaire. Pour les Français, pour moi, ça l'est. La santé, ça l'est également. L'école, il n'y a pas des choses à faire. Et le fait aussi de commencer à se sortir de ce blocage français qui fait que tout est décidé, et bien souvent mal décidé à Paris. On s'y attaque quand ? La différence d'autres candidats à l'élection présidentielle qui vous disent, ça va mal.

Moi, j'ai des solutions, mais vous attendrez 2027 pour connaître mes solutions. Moi, je mets des solutions sur la table aujourd'hui.

5:27
Invité

C'est un Premier ministre issu de la droite. Vous êtes assez critique. C'est-à-dire, il n'est pas courageux, Sébastien Lecornu ? Il n'y met pas assez de peur ?

5:34
Xavier Bertrand

On a une heure, là, je crois, à peu près. Voilà, donc on a tout le temps. On a tout le temps. La santé. Vous avez aujourd'hui 6 millions de Français qui n'ont pas déclaré de médecin traitant, qui sont pénalisés pour cela. 1,5 million de Français en affection de longue durée, parmi les personnes qui sont les plus souffrantes, n'ont toujours pas de médecin traitant. Ça, de changer ses règles pour que autant de Français ne soient plus privés de médecin traitant, ça ne demande pas de budget, ça ne demande pas de loi. Alors, on s'y met maintenant.

L'école, le drame aujourd'hui des profs non remplacés, des profs non remplacés, ce n'est pas une question de budget, ce n'est pas une question de loi, c'est un sujet prioritaire. Prioritaire pour le niveau de nos élèves, prioritaire par rapport aux angoisses des parents. Un autre sujet qui concerne l'école, parcours sup. Parcours sup, c'est le drame, parce que beaucoup de nos concitoyens ont le sentiment qu'on remet l'avenir de nos enfants dans les mains des algorithmes. Ce n'est pas tout à fait la vérité, mais il y a un besoin de mieux expliquer les choses, de prendre en compte les angoisses des familles. Ça ne demande pas de budget, ça ne demande pas de loi. Qu'est-ce que l'on attend ?

6:37
Invité

Ça fonctionne si mal, parcours sup, 980 000 jeunes chaque année qui s'inscrivent, et finalement, à l'usage, quand on se penche un peu sur le dossier, par rapport à ce qui se faisait avant, ça ne fonctionne pas si mal.

6:50
Xavier Bertrand

Oui, et on ne peut pas l'améliorer ? Bien sûr que si. Parce qu'encore une fois, je disais, je dois être âgé, j'ai encore des enfants qui étaient dans la logique de parcours sup. Ceux qui disent qu'on supprime, parcours sup, ça ne marche pas. Mais il n'y a pas assez d'accompagnement. Il n'y a pas assez d'accompagnement des familles. Il n'y a pas assez de formation. Il y a des endroits où ça se passe bien, mais un système républicain, Bruno, je dis, ça doit se passer bien partout, dans tous les établissements.

7:13
Présentateur

Quand on voit les propositions que vous mettez sur la table, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'à vos yeux, la feuille de route du Premier ministre, elle est insuffisante ?

7:19
Xavier Bertrand

Elle n'est pas assez large, je vous l'ai dit. Il y a 34 ministres, il n'y a pas 3 ministres. En plus, nous avons voté, nous avons maintenant un budget qui est un budget raté. Nous ne nous racontons pas l'histoire. Il est raté, mais il valait mieux un budget raté que pas de budget du tout. raté parce que l'influence du groupe socialiste a été déterminante, alors qu'il y a quand même dans la majorité d'autres formations politiques. C'est un budget socialiste ? Un budget raté. Vous l'auriez voté quand même ? Pardon ?

7:47
Invité

Vous l'auriez voté quand même ?

7:47
Xavier Bertrand

La politique du pire, ce n'est pas mon registre. Très clairement.

7:50
Invité

Donc vous auriez voté non ? Oui, mais attendez,

7:52
Xavier Bertrand

j'aurais été parlementaire, je l'ai dit, je l'aurais voté parce qu'on doit éviter une crise politique en plus de celle que nous connaissons. Mais de notre côté, il y avait une autre façon de faire. L'autre façon de faire, c'est ce que vous faites dans votre ménage, ce que vous faites dans une entreprise, quand vous avez trop de dépenses, vous réduisez vos dépenses. Or, clairement, aujourd'hui, ce choix-là n'a pas été fait par le gouvernement. Et ce que je vous dis, par exemple, c'est ce que nous faisons, nous, dans l'ensemble des collectivités. Une mairie jusqu'à une région, vous avez la nécessité de baisser les dépenses.

Donc, ce que je vous dis, c'est que ce budget, beau être raté, vous avez absolument besoin, aujourd'hui, notamment, d'aider les entreprises. D'aider les entreprises de façon à éviter que nous ayons un décrochage économique et que nous ayons une remontée, voire une explosion du chômage. Les entreprises ont fait un... Ce qui veut dire, je finis juste sur ce point, ce qui veut dire, par exemple, aider les entreprises à se développer quand elles ont des projets, et à s'implanter. Ce que je viens de vous dire à l'instant, ça ne coûte rien, c'est pas une loi, c'est par décret que l'on peut simplifier la vie des entreprises sans attendre 2027. En 2027, il y a d'autres propositions,

9:01
Invité

mais je vous en fais aujourd'hui. Deux choses. Parmi les priorités du Premier ministre, on a vu celles qui ont été avancées, vous en avez avancé d'autres. Il y en a une, c'est l'emploi, qui semble se dégrader à nouveau, en tous les cas sur la fin de l'année 2025. On verra ce qu'il y en a début de 2026. Est-ce que le Premier ministre n'a pas écarté trop rapidement la proposition du MEDEF sur l'emploi des jeunes ?

9:22
Xavier Bertrand

Vous la détaillez pour ceux qui nous regardent, cette proposition du MEDEF ?

9:26
Invité

Je sais, vous allez nous dire

9:27
Présentateur

que c'est une sorte de CPE. C'était un CDI qui permettait une rupture sans motif durant les premières années de ce contrat avec une indemnisation qui augmentait au fur et à mesure du temps passé dans l'entreprise.

9:39
Xavier Bertrand

Mais le pire, c'est quoi ? C'est qu'on pourrait licencier ces jeunes sans aucun motif. Alors moi, je vous le dis, avec moi, pas question. Ces jeunes ont des difficultés d'insertion. On sait tous aujourd'hui qu'ils sont le cœur des priorités. Mais de dire à un jeune, parce que toi, tu as eu un parcours chaotique, toi, on va pouvoir te licencier sans aucun motif, c'est inacceptable. Et je le dis, que ce soit pour cette année 2026 et après 2027, si les Français me font confiance, il n'est pas question d'avoir un contrat où on peut licencier les jeunes sans aucun motif. Ce n'est pas pensable. Ce ne sont pas des sous-salariés.

Donc, je sais bien ce que cherche à faire le MEDEF, c'est aussi à provoquer en disant qu'il y a un problème que personne ne regarde. Mais en attendant, cette solution-là, pour moi, il n'en est absolument pas question. Il y a quand même un problème

10:29
Invité

pour l'emploi des jeunes en France qui est très important et notamment dans les quartiers populaires où c'est vrai que le niveau de chômage

10:37
Xavier Bertrand

est très élevé. Oui, mais il y a une solution à ça qui marchait très bien, l'apprentissage. L'apprentissage, dans ma région, je crois qu'à l'époque, j'étais le seul président de région à soutenir la réforme qui avait été mise en œuvre par Muriel Pénicaud. On est passé d'à peu près 33 000 jeunes en apprentissage dans ma région sur toutes ces années à 80 000. Sauf que, depuis l'an dernier, on est revenu sur un certain nombre d'avantages liés à l'apprentissage. On a quand même le chic dans ce pays pour casser ce qui marche bien. Et encore une fois, pourquoi ? Pour des questions d'économie budgétaire.

Donc, encore une fois, sur ces sujets-là, je crois qu'il faut continuer à remettre en avant l'apprentissage qui est la bonne solution parce qu'un jeune qui apprend un métier et à l'école, en école d'apprentissage et dans une entreprise, il a deux fois plus de chances de trouver. Et puis, il y a aussi autre chose qui est importante, Bruno, je dis. C'est un peu le mariage des générations, la transmission. La fierté qui y a chez des maîtres d'apprentissage qui apprennent leur métier avant de partir, avant de quitter, avant de partir en retraite à des jeunes. Ça, ça marche bien et il faut absolument remettre ça. Xavier Bertrand.

Mais en tout cas, des jeunes considérés comme des sous-salariés et des jeunes qu'on peut sortir sans motif, alors pas avec moi.

11:50
Présentateur

Xavier Bertrand, budget raté, une feuille de route qui est incomplète. Je reprends la question d'Amandine il y a quelques secondes. Finalement, Sébastien Lecornu, Premier ministre, est-il à vos yeux un Premier ministre courageux ou un Premier ministre faible ?

12:01
Xavier Bertrand

Non mais attendez, je ne suis pas là. Et c'est votre boulot ça de filer des adjectifs. Moi, je vais vous dire une chose, je veux que mon pays avance. Mais vous le qualifiez comment ? Mais je n'ai pas à le qualifier, je ne suis pas journaliste. Vous pouvez faire un bilan. Je ne suis pas commentateur.

12:11
Présentateur

Vous pouvez faire un bilan de ces premières semaines et de ces premiers mois à Matignon. C'est votre boulot. Vous voulez que quelqu'un

12:16
Xavier Bertrand

vienne s'asseoir là-bas et que quelqu'un vienne s'asseoir là-bas.

12:17
Présentateur

Réussis ou loupé ?

12:18
Xavier Bertrand

Je vous l'ai dit, ce budget, il est raté. Maintenant, on va jusqu'au bout. Moi, je suis un acteur politique qui souhaite me présenter à cette élection présidentielle pour apporter des solutions. Alors, ça fait...

12:29
Présentateur

Juste, je vous interromps une seconde

12:30
Xavier Bertrand

parce qu'on va y revenir après que j'ai des personnes

12:31
Présentateur

mais ça fait plusieurs reprises que vous dites. Je vais m'engager comme d'autres candidats à l'élection présidentielle donc on va casser la glace tout de suite. Je brise la glace tout de suite. Non, comme les autres. Non, non, mais justement. Les autres vous disent c'est difficile aujourd'hui. Vous attendrez 27. Moi, je aide aujourd'hui. Juste, on va le dire très clairement et on va y revenir après sur ce que vous proposez. Vous avez souvent dit je me prépare. Là, vous ne vous préparez plus. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle. Attendez, je ne suis pas venu ce matin

12:55
Xavier Bertrand

pour faire une déclaration.

12:56
Présentateur

Non, mais vous le dites

12:57
Xavier Bertrand

à plusieurs reprises. Oui, je m'y prépare et je vous explique comment je vois les choses par rapport à tout ce...

13:01
Présentateur

Donc, pourquoi ne pas dire franchement je suis candidat à l'élection présidentielle ?

13:03
Xavier Bertrand

Monsieur Daré, on a du temps. On l'a dit tout à l'heure. Je veux juste pouvoir finir mes phrases de façon à pouvoir être compris par ceux qui nous écoutent. Et on ira là. Voilà, c'est aussi simple que ça. C'est aussi simple que ça. Donc, moi, je vous explique comment je suis dans ce débat politique et pourquoi je viens ce matin tout simplement pour dire il y a d'autres solutions. Il y a d'autres choix. Et il y a une chose qui me déplaît aujourd'hui profondément. Et ça, bon, c'est aujourd'hui. Ça ne date pas d'aujourd'hui. Je vous ai dit, il y a 34 ministres. Il n'y en a pas 3-4 qui doivent être concernés. Mais il faut aussi des ministres qui décident.

Et des ministres qui, dans notre pays, ne se laissent plus mener par le bout du nez par certaines administrations. Ça, c'est insupportable. On a connu un bal des ministres depuis des années et des années. Regardez le nombre de ministres de l'Éducation nationale. Le nombre de ministres qui se sont succédés à la santé sur les deux sujets, les deux services publics les plus importants aux yeux de nos concitoyens avec la sécurité. Et du coup, qu'est-ce qui se passe ? L'administration, la haute administration, c'est elle qui prend des décisions. Moi, je le vois sur des sujets, chez moi, des sujets importants, d'infrastructure.

Il y a des ministres, Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, Philippe Tabarro, ministre des Transports. Ils savent que, par exemple, un projet de grand canal, canal Sennheur Europe, c'est un projet à plusieurs milliards, c'est un chantier présidentiel, il faut qu'ils voient le jour. Mais vous avez des directions comme la direction du budget ? Qui leur dit, on n'a pas les moyens. Dès que la ministre, elle, est occupée à 150% sur le dossier du budget, qui essaye sournoisement de changer les choses. Mais qui décide dans ce pays ? Moi, je fais de la politique parce que j'estime que c'est le politique qui a la légitimité qui doit faire valoir les administrations.

Et ça, ça relève d'un système à bout de souffle où on dit les politiques sont impuissants. Non, ils ne sont pas impuissants. C'est que parfois, ils sont peut-être fatigués et quand ils sont motivés, comme c'est le cas de ceux que je viens de vous citer, ils ne se font plus respecter, entendre par les services.

14:59
Présentateur

Légitimité électorale, vous en parliez. Avant la présidentielle, effectivement, il y aura les élections municipales. Hier, sur notre antenne, Jordan Bardella, un peu plus d'un mois du premier tour, n'exclut pas, je cite, au cas par cas des listes d'union ou de rassemblement au second tour en cas de danger de voir l'extrême-gauche l'emporter. C'est une sorte de main tendue, notamment vers la droite. Qu'est-ce que vous lui répondez ? Oui, pourquoi pas ?

15:24
Xavier Bertrand

Vous n'allez pas être surpris ? Certainement pas. Certainement pas. Pourquoi ? Parce que, en ce qui me concerne, et vous le savez, en m'interrogeant, en m'invitant, je suis résolument opposé aux dirigeants du Rassemblement national comme aux dirigeants de la France insoumise. Je combats les dirigeants de ces deux extrêmes. Parce que leur enjeu, aujourd'hui, eux, n'est pas le sortir le pays de l'ornière, c'est tout simplement de conquérir le pouvoir à tout prix. en profitant du désarroi économique, social, de l'inquiétude sécuritaire d'un grand nombre de nos concitoyens.

15:59
Invité

Mais pour bien comprendre votre position, s'il y a un second tour des élections municipales, il y a une liste de la France insoumise face à une liste de Rassemblement national, quelle doit être la position des Républicains dans ce cas-là ? Vous feriez quoi, vous ?

16:10
Xavier Bertrand

En ce qui me concerne, ni LFI, ni le Rassemblement national, ni un candidat de LFI, ni un candidat du Rassemblement national.

16:19
Invité

Quitte à ce que donc la France insoumise passe, ce que peuvent vous reprocher certains à droite.

16:24
Xavier Bertrand

Non mais attendez, je sais ce que j'entends aujourd'hui. Il n'y a rien de pire que la France insoumise, Xavier. Il faut que tu fasses évoluer ta position. Non. Parce qu'à ceux qui pensent que, bien évidemment, il n'y a rien de pire, je sais exactement quelle est la stratégie, le cynisme de M. Mélenchon, avec notamment, dernièrement, son discours sur le grand remplacement.

16:45
Présentateur

Le grand remplacement des générations, dit-il.

16:46
Xavier Bertrand

Oui, le grand remplacement des générations, mais nous n'y trompons pas. C'est aussi une logique pour lui de créer uniquement l'affrontement avec le Rassemblement national. Fracturer le pays, c'est ce qu'il provoque, c'est ce qu'il provoquerait davantage encore, mais il ne cherche pas à conquérir le pouvoir. Donc certains me disent, il faut tout faire pour éviter les fiers. Si le Rassemblement national arrive un jour au pouvoir dans notre pays, et je m'y opposerai de toutes mes forces. Vous savez ce qui se passera ?

17:14
Invité

Mais là, on parle des municipales, pas la M. Michel.

17:15
Xavier Bertrand

Mais tout est lié, vous le savez bien. Quand il fait ça, ce n'est pas le fait du hasard. Ce qui se passera, c'est qu'une fois que vous aurez le Rassemblement national, et tout le monde sait bien que, quels que soient les talents, les compétences des uns, ce n'est pas quelqu'un qui n'a aucune expérience à 31 ans qui va pouvoir sortir notre pays de l'ornière. Après l'échec du Rassemblement national, quels sont les seuls qu'on n'aura pas essayé en France ? C'est LFI. À ceux qui disent qu'il faudrait le Rassemblement national pour éviter LFI, ils auront et le Rassemblement national et après LFI. C'est la raison pour laquelle je combats les dirigeants de ces deux formations extérieures.

17:50
Invité

Je voudrais revenir sur ce que vous venez de dire. Vous dites que ce n'est pas quelqu'un de 31 ans qui peut devenir président de la République. Vous faites de l'âge une vecteur d'inaptitude à la fonction présidentielle. Pour vous, Jordan Bardella ne peut en aucun cas à l'étoffe pour être président de la République en raison de son âge ?

18:10
Xavier Bertrand

C'est les Français qui jugeront. C'est moi-même qui ai sorti cet élément. Pourquoi ? Ce n'est pas une question de compétence. Ce n'est pas une question de qualité. Moi-même, plus grande fille à 30 ans, je sais qu'elle est dynamiste. C'est une question d'expérience, bon sang. Je n'ai pas la même expérience aujourd'hui que je l'avais, voilà, 30 ans. Emmanuel Macron

18:29
Invité

n'avait pas 40 ans quand il a été élu.

18:31
Xavier Bertrand

Parce que vous le comparez ?

18:32
Invité

Et il n'avait pas d'expérience locale, par exemple, non plus.

18:34
Xavier Bertrand

Et Gabriel Attal avait 34 ans ? Non, je suis mis

18:36
Invité

sur le critère de l'âge.

18:37
Xavier Bertrand

Si, vous l'exercez. Alors écoutez, moi je peux d'autant plus le dire que je suis un opposant depuis toujours à Emmanuel Macron. Mais vous comparez quelqu'un qui n'a jamais eu d'expérience, M. Bardella, à quelqu'un qui a été secrétaire général de l'Élysée, ministre de l'Économie, ministre de l'Économie. Non mais vous faites vous-même la comparaison alors qu'elle n'a aucun sens. Voilà, c'est aussi simple que cela.

Donc encore une fois, quelqu'un qui n'a pas l'expérience avec l'importance des sujets qu'on a devant nous, l'importance des défis, défis géopolitiques, le défi climatique, le défi du rapport au travail, le défi démographique, comment vous voulez quand vous n'avez pas cette expérience ? C'est aussi simple que cela. Ce n'est pas une question de compétence, ce n'est pas une question de talent, ce n'est pas une question de qualité. Vous prenez dans ces cas-là que l'expérience. Ça compte quand même.

19:25
Invité

Mais je voudrais revenir quand même sur les municipales. vous écartez quand même un peu vite la tentation quand même de beaucoup de LR sur le terrain des municipales dans l'entre-deux-tours de se raccrocher un peu aux RN et aux autres formations issues de l'extrême droite que ce soit l'IDR ou Reconquête pour pouvoir sauver leur mairie. LR n'est quand même pas très en forme à moins de... à quelques semaines du premier tour des municipales. On ne voit pas des scores florissants dans les sondages qui vous permettent d'écarter tout ça d'un revers de main.

19:59
Xavier Bertrand

Attendez. Je ne méconnais pas la tentation de certains. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle depuis maintenant des mois je dis à Bruno Retailleau, président des LR, qu'il est indispensable de clarifier la ligne politique et la stratégie des Républicains. Est-ce qu'il a répondu à votre lettre ? Je lui ai écrit d'ailleurs cette semaine encore parce qu'il était question que je sois invité à m'exprimer devant leur commission chargée de déterminer la méthode pour le choix du candidat LR et en plus je lui ai dit aussi une chose on a eu un exemple très fort aujourd'hui de cette ambiguïté que vous évoquez vous avez raison. M.

Gomard député européen LR qui va à Nice et qui dit à Nice il faut voter Éric Ciotti Éric Ciotti l'extrême droite. Qu'est-ce que l'on attend très clairement pour prendre les mesures qui s'imposent par rapport à M. Gomard s'il a envie d'Éric Ciotti à Nice mais qu'il aille avec Éric Ciotti à Nice ou sous-trait Christian Estrosi ? Ben oui évidemment et notamment Dominique Sasson Estrosi qui est sénatrice c'est pas parce que c'est l'une de mes proches c'est quelqu'un qui a énormément de talent j'aurais juste terminé de répondre qui a été investi sous-trait par LR c'est elle que choisie bien évidemment

21:13
Présentateur

Xavier Bartrand vous nous direz dans un instant qu'est-ce que vous demandez très concrètement à Bruno Retailleau et s'il vous a répondu ou pas vous restez avec nous sur BFM Politique avec Xavier Bertrand Vous êtes bien sur BFM Politique notre invité Xavier Bertrand président Les Républicains de la région des Hauts-de-France dans un instant on va revenir sur cette mise en garde à l'égard de Bruno Retailleau vous demandez une clarification de la ligne des Républicains notamment à l'égard du Rassemblement National mais on parlait effectivement des élections municipales premier tour dans 5 semaines il y a une guerre des droites notamment à Paris où on voit un affrontement qui n'est plus à fleur et moucheter très concrètement entre Pierre-Yves Bournazel qui est soutenu effectivement par Renaissance qui est issu du parti Horizon d'Edouard Philippe et Rachida Dati qui elle est soutenu par les Républicains qu'est-ce qu'il doit faire à vos yeux ?

Est-ce que le combat de ses droites ne va pas finalement entraîner la victoire de la gauche ?

22:05
Xavier Bertrand

Attendez Rachida Dati ne se trompe pas elle est dans une logique c'est la seule qui peut l'emporter à Paris et changer complètement la configuration de Paris et changer la vie des Parisiens ce qui concerne M. Bournazel au bout d'un moment il faut savoir ce qu'il préfère est-ce que c'est M.

Grégoire ou est-ce que c'est Rachida Dati la seule qui peut l'emporter mais tout le monde le sait c'est Rachida Dati donc il ne faut pas se tromper d'adversaire et je le dis clairement Édouard Philippe c'est le patron d'Horizon c'est le patron de Pierre-Yves Bournazel au bout d'un moment il faut qu'il dise très clairement les choses Rachida Dati ce n'est pas l'adversaire de Pierre-Yves Bournazel il doit s'entendre

22:41
Présentateur

il faut qu'il dise quoi Édouard Philippe il faut qu'il dise quoi Édouard Philippe

22:44
Xavier Bertrand

très sincèrement je ne sais pas qui est l'adversaire de M. Bournazel et d'Édouard Philippe c'est Rachida Dati ou c'est Emmanuel Grégoire c'est clair pour moi certainement pas les socialistes vers qui il faut regarder ou qu'il faut faciliter l'élection il faut aider Rachida Dati

22:58
Invité

est-ce qu'il a regardé

23:01
Xavier Bertrand

vers les socialistes Pierre-Yves Bournazel pour l'instant je vous dis à partir du moment où on fait campagne en parlant davantage de Rachida Dati à partir du moment où on laisse entendre qu'il pourrait résister jusqu'au bout à toute tentation de s'allier c'est clair quand même attendez on n'est pas des perdraux de l'année autour de ce plateau on connaît suffisamment la politique le choix de toute façon à Paris ce sera simple est-ce que c'est Emmanuel Grégoire qui va continuer les années Hidalgo ou c'est Rachida Dati qui change fondamentalement les choses pour moi les choses sont claires et je pense qu'elles devraient l'être également pour Pierre-Yves Bournazel

23:35
Présentateur

il doit se retirer avant même le premier tour

23:36
Xavier Bertrand

je ne vous ai pas dit ça je vous dis tout simplement qu'il faut arrêter de faire campagne quasiment contre Rachida Dati et qu'il va falloir s'entendre au profit de celle qu'il peut l'emporter

23:45
Invité

et un tout petit mot sur la campagne de Sarah Knafo qui fait beaucoup parler elle est quand même pas mal montée dans les sondages certains la jugent plus dangereuse quand ils ne sont pas d'accord avec ses idées que par exemple Jordan Bardella ou Marine Le Pen quel regard vous portez sur elle ?

23:58
Xavier Bertrand

c'est exactement la même chose vous savez Eric Ciotti Eric Zemmour Sarah Knafo Monsieur Bardella Madame Le Pen c'est la même chose c'est l'extrême droite

24:06
Présentateur

justement cette lettre que vous avez envoyée à Bruno Retaillon on en a parlé juste avant la publicité vous demandez une clarification de la ligne des républicains première chose est-ce que Bruno Retaillon vous a répondu ?

24:15
Xavier Bertrand

toujours pas toujours pas et notamment pour monsieur Gomard c'était voilà maintenant plusieurs jours qu'il s'est exprimé en soutien à Eric Ciotti il est impératif que les républicains disent très clairement qu'il n'a plus rien à faire chez les républicains mais vous savez c'est le cas aussi de certains responsables chez nous si quand ils viennent aux réunions LR ils pensent à Rennes qu'ils y aillent au Rennes c'est qui ? au moins ce sera plus clair vous pensez à qui ? tous ceux qui s'expriment notamment en disant que allez pas une voix pour la gauche ça veut dire quoi ? vous pensez à qui ? monsieur Bellamy ?

bon écoutez monsieur Bellamy par exemple je lui ai reproché pas seulement sur un plateau face à lui un bureau politique d'avoir voté une motion de censure à Ursula von der Leyen parce que Jordan Bardella l'avait demandé au Parlement européen quand on est dans une formation comme la nôtre gaulliste on va certainement pas prendre ses ordres chez les autres et encore moins à l'extrême droite voilà on croit à nos idées on croit à notre positionnement on croit à nos valeurs on croit à notre indépendance alors on se bat pour cela et vous voyez quand je parle de la clarification de la ligne Bruno Retailleau est le président de notre parti président du parti j'ai animé moi-même cette fonction c'est pas une fonction comme les autres vous êtes le président de tous les adhérents de tous les militants et vous devez aussi parce que c'était la responsabilité qui lui était confiée bien être au clair sur la ligne stratégique et politique pour moi elle est très claire si l'on veut gagner à nouveau ni LFI ni RN et ensuite de mettre notre mouvement politique en ordre de marche pour la présidentielle c'était ça qui était demandé et sur ces deux points-là aujourd'hui

25:53
Présentateur

on n'y est pas alors justement dans le détail deux points pour parler sans langue de bois ça veut dire quoi ? vous accusez Bruno Retailleau de compromission avec l'extrême droite ? est-ce que je vous ai dit ça ? vous demandez une clarification c'est-à-dire qu'à vos yeux c'est pas très clair

26:06
Xavier Bertrand

mais arrêtez de faire des procès d'intention moi je fais pas de la politique en faisant des procès d'intention je fais de la politique avec mes convictions et je demande tout simplement que les gens fassent exactement ce qui leur était demandé voilà

26:17
Invité

oui mais vous avez un doute de toute évidence sinon vous demanderiez pas une clarification

26:20
Xavier Bertrand

ben justement quand j'entends notamment que Bruno Retailleau dit pas une voix pour la gauche dans une élection législative et qu'au final on a l'élection on a donc ce qu'il penche quand même

26:29
Invité

à vos yeux il regarde avec des yeux d'où le rassemblement national

26:32
Xavier Bertrand

il doit être clair et c'est impératif regardez ce qui s'est passé en Haute-Savoie une circonscription si je ne me trompe pas depuis le début de la 5ème République c'est notre famille politique qui était élue et là on s'est fait quand même disqualifier et c'est l'extrême droite de M. Ciotti qui l'emporte non mais c'est quand même quand est-ce qu'on va se réveiller et donc aujourd'hui on est en train de nous dire ouais mais la priorité c'est de choisir le mode de désignation du candidat à la présidentielle pour LR non la priorité c'est de savoir quelle ligne politique d'indépendance on est capable d'avoir ici même

27:05
Présentateur

ici même Bruno Retailleau nous a dit qu'à ses yeux le RN fait partie de l'arc républicain contrairement à LFI est-ce qu'à vos yeux le RN fait partie de l'arc républicain

27:16
Xavier Bertrand

ben écoutez l'arc républicain pour moi c'est la conception de la liberté de l'égalité de la fraternité de la laïcité c'est pas chercher des boucs émissaires comme le font M. Mélenchon M. Bardella Mme Le Pen voilà c'est aussi simple que ça c'est pas ma conception la façon de faire de la politique moi quand je fais de la politique c'est pour essayer de trouver des solutions pour les français au problème des français au problème de mon pays vous savez dire la vérité c'est pas si simple pour certains politiques trouver des solutions c'est pas si simple moi c'est mon ADN donc oui ou non

27:48
Présentateur

le RN dans l'arc républicain comme le dit Bruno Retailleau

27:50
Xavier Bertrand

vous me dites quelle réponse vous voulez je viens de vous dire que j'ai pas la même conception que M. Mélenchon que M. Bardella que Mme Le Pen que l'action politique

28:00
Invité

ce que je comprends moins c'est depuis quelques minutes là on parle de votre parti Les Républicains on parle donc aussi de son dirigeant celui qui a été élu avec trois quarts des suffrages des militants que j'ai soutenu Bruno Retailleau que vous aviez soutenu et on a l'impression un que vous doutez de la ligne politique imposée par Bruno Retailleau et donc vous doutez lui-même de lui par rapport au RN est-ce que vous vous reconnaissez dans Bruno Retailleau est-ce que vous soutiendrez sa candidature à la présidentielle est-ce qu'il n'est pas le candidat naturel de votre formation politique finalement chez les gaullistes ça fonctionnait comme ça avant il y avait un chef et on était derrière le chef

28:36
Xavier Bertrand

vous avez vu ce que je vous ai dit tout à l'heure oui j'ai bien vu j'ai bien entendu deux préalables la ligne politique et stratégique et deuxièmement mettre notre parti en ordre de marche est-ce que c'est le cas non voilà les préalables si Bruno Retailleau veut être candidat à l'élection présidentielle c'est son droit il n'est pas moins légitime qu'un autre mais si les candidats avant même que ces deux préalables soient respectés c'est une faute parce que ce qui lui a été demandé à l'époque c'est de mettre le parti en ordre de marche c'est pas le cas aujourd'hui il suffit de voir le dernier résultat des élections et quand vous me dites est-ce qu'il y a un doute une partielle une partielle qui décide

29:13
Invité

auparavant il avait gagné aussi beaucoup de partiels les LR avaient gagné beaucoup de partiels il y a quelques mois encore

29:20
Xavier Bertrand

vous pouvez vous faire l'avocat de qui vous voulez le problème il n'est pas là monsieur Gomart va à Nice et il soutient le candidat d'extrême droite qu'est-ce qu'on attend pour tout simplement prendre les mesures qui s'imposent c'est ça la clarté à force qu'il n'y ait plus de clarté à force que chacun prenne à son aise avec les règles et après on voudrait qu'il y ait de l'autorité dans notre pays quant à la tête d'un parti on ne fait pas preuve de l'autorité nécessaire en disant à quelqu'un tu n'es pas d'accord tu es pour le Rassemblement National ou pour monsieur Ciotti dans ces cas-là c'est dehors c'est simple il faut quand même des choses assez simples

29:53
Invité

justement pour être plus simple et plus clair est-ce que Bruno Retailleau est ou pas le candidat naturel aujourd'hui de la droite

29:59
Xavier Bertrand

je viens de vous dire à l'instant je viens de vous le dire

30:01
Invité

oui mais alors admettons que ses prérequis soient satisfaits est-ce qu'il est en position aujourd'hui d'être le candidat pour vous de la droite il n'est pas moins légitime

30:10
Xavier Bertrand

qu'un autre s'il a envie de se présenter je ne vois pas pourquoi il pourrait l'être moi je souhaite porter candidat je me prépare à cette élection présidentielle parce que je pense qu'un candidat qui sera purement les républicains ne pourra pas l'emporter si vous n'avez pas envie si vous n'êtes pas capable de rassembler au-delà de votre famille

30:30
Invité

vous voyez à quel point pardon Xavier Bertrand aujourd'hui la droite évolue il y a une immense réflexion avec notamment aussi ce nouveau positionnement de Nicolas Sarkozy ça a quand même bougé les lignes qui dit par exemple que Jordan Bardella ça le fait penser à Chirac des années 90 du RPR c'est-à-dire c'est une dérive de Nicolas Sarkozy

30:48
Xavier Bertrand

et puis quoi encore non mais ce Bardella ce Chirac alors qu'à l'époque il faisait la queue pour pouvoir aller saluer Jean-Marie Le Pen Jean-Marie Le Pen qui avait été battu par Jacques Chirac famille politique présidée par Jacques Chirac elle a toujours refusé les compromissions avec les extrêmes et avec l'extrême droite et cette idée-là pour moi il est toujours là il est toujours présent la droite doit être forte elle doit être fière d'elle-même et rendre de la fierté aux français elle doit pas aller chercher à faire le marche-pied de l'extrême droite c'est pas ça l'histoire de notre famille politique tant qu'on aura des questions là-dessus tant qu'on regardera un petit peu comme ça à l'extrême droite en disant allez peut-être qu'on pourrait leur apporter la compétence c'est la mort c'est la mort la mort des idées que nous portons la mort de ce que nous avons toujours incarné et je suis désolé encore une fois faut pas céder à la facilité regardez vous parlez de l'union des droites l'union des droites ça n'existe pas c'est l'union de la droite avec l'extrême droite et la droite républicaine qui disparaît tout simplement pour se mettre au service de l'extrême droite on parle aujourd'hui de primaire mais il y en a beaucoup avec cette primaire qui cherche à se faire un nom et pouvoir devenir ministre même si c'est avec l'extrême droite parce qu'il faut bien qu'on regarde aujourd'hui ce qui est en train de se jouer il y a des sondages qui sont impressionnants pour l'extrême droite et beaucoup se disent c'est plié c'est fait c'est eux c'est leur tour bien sûr que non c'est pas leur tour en 2015 quand j'étais candidat aux élections régionales dans ma région des Hauts-de-France c'était Mme Le Pen qui devait l'emporter circuler il n'y a rien à voir comme dit Félix Sébien c'est écrit c'est écrit elle va l'emporter et elle n'a pas emporté 6 ans après pourquoi ?

parce que les électeurs du Rassemblement National sont des gens qui ont été trahis déçus et quand ils voient aujourd'hui la droite qui va courir après l'extrême droite ou une partie de la droite qui va courir mais ils n'ont que mépris pour ces gens là il faut être soi-même en politique après ça plaît ou ça plaît pas et il faut proposer non seulement de dire on ne s'alliera pas avec eux mais aussi susciter de l'espoir faire rempart n'est pas un projet c'est l'espoir qui fait clairement la différence vous évoquiez Marine Le Pen mais M. Bardella qui ressemble à M. Chirac c'est jamais de l'avis

33:01
Présentateur

vous évoquiez Marine Le Pen les réquisitions ont lieu cette semaine dans le procès en appel 4 ans de prison dont 1 ferme 5 ans d'inéligibilité mais sans exécution provisoire requis est-ce que vous préférez dans le fond qu'elle puisse se présenter et la battre dans les urnes ?

33:12
Xavier Bertrand

mais c'est la même chose M.

Bardella et Mme Le Pen c'est exactement la même chose tiens par contre vous venez de parler du jugement bon on va attendre la décision du tribunal et ça montre qu'il n'y avait pas de complot parce qu'on rappelait en première instance les menaces contre les magistrats la mise en cause de l'institution judiciaire avec une évolution de la défense de Mme Le Pen ça montre bien encore une fois c'est que on n'a pas le droit dans notre pays de s'attaquer aux institutions et de s'attaquer à une institution comme la justice vous savez il y a déjà dans notre pays aujourd'hui des piliers de la démocratie le respect de la loi beaucoup trop de français qui ne respectent pas la loi le consentement à l'impôt consentement à l'impôt où très clairement aujourd'hui il y a trop d'impôts ce qui fait que ce consentement à l'impôt vacille il y a la mise en cause des institutions judiciaires il y a la mise en cause du conseil constitutionnel il y a la mise en cause pardonnez-moi au nom du pluralisme de l'audiovisuel public même s'il doit se réformer on est en train aujourd'hui de faire vaciller des piliers de la démocratie et on laisse faire en même temps pas moi

34:11
Invité

en même temps que Xavier Bertrand les procureurs généraux eux-mêmes dans leurs réquisitions ont admis que l'exécution provisoire était peut-être disproportionnée puisqu'ils n'ont pas repris à leur compte dans les réquisitions en appel donc ça veut dire quand même moi je crois quand même qu'on peut avoir un avis sur la décision qui a été prise en première instance et ça avait provoqué

34:33
Xavier Bertrand

des critiques moi je suis un acteur politique qui doit être candidat à cette élection présidentielle et moi je ne remets pas en cause les institutions

34:42
Invité

vous êtes homme politique mais on a bien vu que la question de l'exécution provisoire qui est revenue sur la place publique après la condamnation de Marine Le Pen en première instance elle n'a pas été reprise à leur compte par les avocats généraux en appel tout ça pour dire monsieur Bertrand vous dites c'est pareil mais il n'y en a pas un qui vous inquiète plus qu'un autre ou qui serait plus facile à battre ou plus dur à battre entre monsieur Le Pen et madame Le Pen et monsieur Bardella

35:09
Xavier Bertrand

parce qu'on en serait arrivé à un point où il faut chercher ce qui est le plus facile encore une fois mais c'est la fin de la politique telle que je la conçois tout ça les petites niches électorales lequel est le plus facile mais au bout d'un moment bon sang vous êtes comme vous êtes avec votre expérience avec vos projets et les français se font leur opinion est-ce que les choses changeront avec lui

35:27
Présentateur

Donald Trump n'a jamais été mon modèle c'est ce que jure aujourd'hui Jordan Bardella

35:30
Xavier Bertrand

ça a changé ça a changé

35:33
Présentateur

ça a toujours été le cas qu'il a toujours été sur cette ligne

35:35
Xavier Bertrand

il n'y a pas que les girouettes qui changent alors vous ne vous rappelez pas un peu de la fascination d'une partie d'ailleurs de la classe politique et puis du rassemblement national pour monsieur Le Pen vous savez pourquoi ? pour monsieur Trump l'absus vous savez pourquoi ? parce qu'à l'époque ça semblait plaire aux français Trump ça plaisait aux français qui savaient prendre des décisions ça va plaire aux américains ça va plaire aux français il paraît qu'on suit toujours les modes américaines et puis quoi encore ?

mais là aujourd'hui maintenant que monsieur Trump est moins populaire et puis qu'on s'aperçoit qu'il n'hésite pas à s'essuyer les pieds sur nombre de ses alliés il change d'avis parce que je vous parlais tout à l'heure du rapport à la vérité les dirigeants du rassemblement national ils cherchent toujours à coller à l'état de l'opinion regardez bien dès qu'il y a un sujet très difficile très sensible ils ne prennent pas position tout de suite et maintenant que les sondages changent la position du rassemblement national je vous le disais tout à l'heure dire la vérité ça peut coûter mais il faut l'assumer de dire la vérité avoir le courage de prendre les décisions de dire ce que l'on pense je fais depuis le début de cette émission même si parfois il faut vous montrer que je ne varie pas en fonction des circonstances ou des questions ça peut coûter je l'assume on est dans des moments où les vents sont contraires il y a beaucoup de tempêtes géopolitiques ou autres il faut toujours écouter mais ne pas trembler c'est ça la différence

36:52
Présentateur

deux questions courtes deux réponses courtes on le disait vous nous avez redit je ne suis pas là ce matin pour formaliser une candidature à l'élection présidentielle quand est-ce que vous annoncerez votre décision

36:59
Xavier Bertrand

le moment n'est pas venu

37:00
Présentateur

une primaire Gérald Darmanin dit on sait que vous en avez été un proche il est aujourd'hui au gouvernement il dit il faut une primaire il faut un seul candidat de ce bloc central y compris de ceux qui sont au gouvernement jusqu'aux républicains est-ce que c'est la seule solution aussi à vos yeux ?

37:12
Xavier Bertrand

je n'ai rien compris à ce que serait cette primaire et je ne dois pas être le seul vous excluez d'y participer ? non mais attendez c'est quoi cette primaire ? c'est quoi le processus de désignation des républicains ? c'est quoi ? vous savez ? moi pas pourquoi ?

parce qu'on n'a toujours pas déterminé la ligne politique si par exemple vous allez dans une primaire avec des gens qui ne pensent pas comme vous et qui sont prêts à s'allier notamment avec des représentants de l'extrême droite ça veut dire que celui qui perd la primaire il est prêt à suivre ce mouvement mais jamais de la vie et puis est-ce que vous êtes sûr ceux qui veulent d'une primaire jusqu'à madame Eucnafo madame Eucnafo elle va venir coller les affiches de celui qui aura gagné mais ça n'a aucun sens mais ça n'a aucun sens mais ça n'a aucun sens mais ça n'a aucun sens

37:48
Invité

entre Attal, Retailleau, Philippe peut-être vous qui c'est qui dit que c'est le meilleur à la fin ?

37:54
Xavier Bertrand

bon déjà la première des choses on est 15 mois avant l'élection présidentielle si je ne me trompe pas c'est assez proche oui 15 mois avant le général de Gaulle n'était pas en balotage 15 mois avant Valéry Giscard d'Estaing a été réélu facilement 15 mois avant Edouard Balladur était président de la République et 15 mois avant Emmanuel Macron n'était même pas testé dans les sondages même pas

38:12
Invité

oui mais donc quelqu'un va s'imposer naturellement alors je sais qu'il y a toujours une impatience

38:15
Xavier Bertrand

et journalistique et politique mais les français c'est pas ça les français c'est là dans les 12 mois qui viennent est-ce que ma vie s'améliore ou pas on en a peu parlé tout à l'heure vous avez vu cette enquête 77% des français estiment aujourd'hui que leur travail n'est pas assez payé 77% moi dans ma région si j'aide les gens qui travaillent mais concrètement financièrement notamment pour la garde d'enfants pour le transport pour que les enfants puissent justement se payer leur permis de conduire c'est parce que moi je l'entends et c'est aussi pour ça que je suis candidat à cette élection présidentielle c'est pour changer pas seulement dans ma région avec 6 millions d'habitants mais changer pour l'ensemble de mon pays mais exactement vous allez me faire bon dire encore mais c'est pour ça que je suis candidat à cette élection présidentielle

38:55
Invité

bon bah ça y est vous l'avez dit

38:56
Xavier Bertrand

non mais Xavier Bertrand on est sérieux la la midi la seule chose qui vous intéresse c'est de savoir il va le dire il va bien le dire non non mais Xavier Bertrand

39:02
Invité

au delà de votre cas la question du mode de désignation d'un candidat dans ce périmètre du bloc central est quand même déterminante elle crée de l'inquiétude vous voulez comparer les situations vous voulez comparer la situation de 2015 ou 2016 la situation de 65 mais ce n'était pas pareil vous n'aviez pas un rassemblement national qui pointait à 37% au premier tour 37% au premier tour qui laisse très très loin les autres candidats donc vous pouvez imaginer que peut-être certains de vos électeurs les électeurs de droit se disent mais comment ils vont faire diable comment ils vont s'entendre ils vont se laisser couler

39:42
Xavier Bertrand

2015 c'est l'après-histoire ou pas ? non c'est pas l'après-histoire madame le pen a viré en tête au premier tour des élections régionales à 41% des voix elle l'emportait non parce que la politique c'est une part d'arithmétique c'est une question dynamique mais la question de la dynamique c'est est-ce qu'on dit la vérité aux français ce qu'ils estiment qu'on aura le courage de faire et est-ce qu'on a un projet qui est capable mais en 2022 Xavier Bertrand je veux juste terminer

40:03
Invité

vous pensiez être le mieux placé pour battre le rassemblement national et vous n'avez pas passé l'étape de la primaire

40:08
Xavier Bertrand

non pardon à l'époque pour battre Emmanuel Macron pour battre Emmanuel Macron donc j'ai fait des erreurs en 2021 ne vous inquiétez pas je ne vais pas les refaire c'est ce que j'appelais tout à l'heure l'apport de l'expérience c'est une émission qui a été très politique très politicienne pas mal politicarde mais je voudrais juste te dire une chose je suis certainement responsable aussi en répondant à vos questions mais une chose est certaine l'an prochain qui sera capable d'apaiser le pays de rassembler les français et de redonner de l'espoir de remettre notre pays sur la vraie trajectoire et que les français retrouvent ça sera la réconciliation

40:40
Présentateur

le thème de cette campagne présidentielle

40:41
Xavier Bertrand

à vos yeux pas seulement parce qu'en 15 mois il peut aussi se passer des choses l'environnement international jouera est-ce que la France est un pays de seconde zone ou pas le discours du président de la république notamment à Davos j'en suis intimement convaincu mobilise les européens mais je pense qu'il faut aller plus loin le discours aussi à Davos du premier ministre canadien qui dit entre l'ONU qui commence de plus en plus à ressembler à la société des nations qui n'a plus l'autorité nécessaire qui est capable de mettre à la tête de comités de défense des droits de l'homme à un moment donné des dirigeants iraniens non mais n'importe quoi quand on voit le drame iranien aujourd'hui quand vous voyez aujourd'hui que l'Union Européenne a besoin de se mobiliser j'étais à Varsovie avant-hier et je vois justement que les polonais ont été comme des lanceurs d'alerte qu'on n'a pas suffisamment écouté et là aujourd'hui il faut bien prendre conscience de la menace russe je pense que ça vaut la peine surtout après ce conseil de la paix ridicule de monsieur Trump où il faut faire un chèque d'un milliard pour y participer il faut qu'on s'entende pour qu'on se parle et cette initiative entre des Européens et notamment ce que propose monsieur Carnet ça a vraiment du sens vous avez souvent été sévère

41:49
Invité

avec Emmanuel Macron vous ne l'avez pas aménagé est-ce que sur l'international vous diriez qu'il est à la hauteur de sa fonction ?

41:55
Xavier Bertrand

le discours de Davos c'était important oui

41:56
Invité

pour vous c'est un des discours marquants du président vous diriez ça depuis le début du second mandat ?

42:03
Xavier Bertrand

je pense oui je pense que l'autre jour ça a eu aussi un effet et on le voit bien c'est que que ce soit la coalition des volontaires pour soutenir l'Ukraine parce qu'on ne peut pas avoir en Ukraine une paix qui soit imposée par monsieur Trump aux conditions de monsieur Poutine et où derrière il ne faut pas se raconter d'histoire la reconstruction de l'Ukraine sera payée par l'Europe et pour les entreprises américaines mais comment on a aussi clairement qu'on soit lucide sur ces questions-là

42:28
Présentateur

comment on apaise au niveau international Xavier Bertrand face à la Trump qui a fait de la brutalité un instrument de politique étrangère ?

42:33
Xavier Bertrand

bon déjà monsieur Trump dit cela on voit quand même qu'aux Etats-Unis c'est pas tout à fait la même histoire on va dire que les Américains le soutiennent massivement loin de là je viens de vous proposer une initiative l'initiative à la fois des Européens et aussi de la voie qui est proposée par monsieur Carnet parce que ça je pense que c'est une autre voie je vous le dis entre l'ONU qui aujourd'hui est décrédibilisée et le conseil de la paix de monsieur Trump il y a autre chose à proposer et pour ne pas avoir à choisir entre des options qui ne vous plaisent pas et si vous restez fidèle à l'indépendance qui est la nôtre qui est celle aussi de mon engagement gaulliste il faut une autre issue une autre voie celle-ci en est une intéressante à creuser merci beaucoup merci à vous d'avoir été notre invité ce matin

Budget, élections municipales, primaire…. L'interview de Xavier Bertrand en intégralité — Xavier Bertrand · Pourquijevote