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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 22 mars 2024 51 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalEnvironnement & énergieSolidarités & familleImmigration & asile

Mélenchon - Glucksmann : la guerre aura-t-elle lieu ?

Source d'origine 4 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 26 %Attaque 54 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:19OuverteRéponse partielle

    Est-ce que l'entrée en scène de Jean-Luc Mélenchon et la présidentialisation de ce scrutin feront monter les Insoumis dans les sondages ?

  • 10:15OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça va marcher ? Est-ce que ça peut augmenter le taux de participation de la base insoumise ?

  • 16:40OuverteRéponse directe

    Jean-Luc Mélenchon s'est montré offensif vis-à-vis de Raphaël Glucksmann. Qu'en pensez-vous ?

  • 18:06OuverteRéponse directe

    Les questions internationales, l'Ukraine et la Palestine, seront-elles à l'agenda des européennes ?

  • 27:49OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui se passe à Sciences Po ?

  • 32:40OuverteRéponse partielle

    Françoise, dans son biais dans Libération, Thomas Legrand demande un contrôle parental pour Macron et Attal qui abuserait des écrans et rebondirait sans vérification sur les dernières rumeurs sur les réseaux sociaux.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:55PrésentateurFait
    « Jean-Luc Mélenchon figure sur la liste à la 80e place. »
  • 1:56Locuteur non identifiéFait
    « Vous pouvez être sûrs, les millionnaires du gouvernement, eux, ils vont aller voter. »
  • 3:18InvitéFait
    « Si nous étions dans la configuration de l'Union, nous serions en train de talonner l'extrême droite. »
  • 3:29InvitéFait
    « Il ne faut pas qu'on finisse encore une fois avec d'un côté les fachos, de l'autre côté les macronistes. »
  • 8:34IntervenantFait
    « Il y a eu les Verts qui ont soutenu Benoît Hamon contre Jean-Luc Mélenchon. »
  • 16:59InvitéFait
    « Lui, il dit je ne reprends pas le mot génocide. Je veux bien un carnage mais le génocide, c'est un terme tellement fort historiquement, juridiquement que je ne veux pas l'utiliser maintenant. »
  • 17:17InvitéFait
    « Il voit un génocide au Rwanda mais il n'en voit pas à Gaza. »
  • 17:37InvitéFait
    « Le tribunal, la Cour internationale de l'AE a dit qu'il y avait un risque de génocide. »
  • 26:41Locuteur non identifiéFait
    « J'ai annoncé hier aux membres du conseil d'administration d'abord que le gouvernement réalisait un article 40 sur ces faits précisément pour que la justice puisse faire la lumière. »
  • 26:51Locuteur non identifiéFait
    « Nous allons nommer un administrateur provisoire à Sciences Po qui aura, et c'est inédit, une feuille de route au sein de laquelle on lui demande de réunir les conditions pour inverser cette pente et cette dérive qu'on a constatée. »
  • 29:37IntervenantFait
    « l'UEJF a demandé l'interdiction d'une conférence de Jean-Luc Mélenchon à Nanterre, on ne sait pas pourquoi. »
  • 30:07IntervenantFait
    « la personne interrogée sur place a dit, c'est-à-dire la personne dont on a dit qu'elle n'avait pas été autorisée à rentrer a dit non, je n'ai pas été empêchée de rentrer parce qu'on m'aurait dit que j'étais juive ou sioniste. »
  • 30:52IntervenantFait
    « La première, c'est que l'établissement n'a rien fait, n'a pas parlé de la question de ce qui s'est passé à Gaza et que pour cela, des étudiants ont voulu organiser quelque chose. »
  • 31:51IntervenantFait
    « l'UEJF qui est régulièrement venu et intervenu pour empêcher toute mobilisation propacienne à Sciences Po, il y a plein de vidéos sur leurs propres réseaux sociaux, a essayé de monter en épingle le fait que cette étudiante, on lui a demandé de ne pas rentrer dans l'amphi à partir du moment où elle prenait des photos des personnes qui intervenaient et qui ne se sentaient pas en danger. »
  • 31:59IntervenantFait
    « en août 2021, rencontre Yoftom Calfon qui est un député du parti d'extrême droite Yamina en Israël. »
  • 32:01IntervenantFait
    « en 2022, ils ont organisé un des jours de leur université dans une colonie illégale qui s'appelle Kyria Tarba. »
  • 35:14IntervenantFait
    « il y a eu des dérives terribles, très documentées avec des plaintes depuis le 7 octobre. »
  • 35:27IntervenantFait
    « le lendemain, si vous voulez, vous aviez des affiches « Vive le combat du Hamas ». »
  • 36:11IntervenantFait
    « tu as trois étudiants qui se sont retrouvés sur leur tableau avec des pochoirs sur leur bureau, avec des pochoirs SAS, retourne en Pologne. »
  • 36:50IntervenantFait
    « le mois dernier où il y a 15 jours en Israël, tu as 2 millions de personnes à Tel Aviv pour dire à Netanyahou « Casse-toi ! » »
  • 45:20IntervenantFait
    « Elle a supprimé, écoutez bien, les jachères, c'est-à-dire que ce qui garantit en réalité que nos sols restent vivants, les exploitations en Europe ont l'obligation de réserver 4% de terres arables et de les mettre en jachère. »
  • 45:55IntervenantFait
    « Elle a supprimé les pénalités, écoutez bien, pour toutes les exploitations agricoles de moins de 10 hectares, c'est-à-dire en gros, c'est la majorité des exploitations en France, moins de... 60% de la... »
  • 46:21IntervenantFait
    « ces décisions législatives qui ont été prises vendredi en catimini sont applicables au 1er janvier 2025, mais en réalité, elles sont rétroactives et sont applicables au 1er janvier 2023. »

Temps de parole

  • Intervenant46 %
  • Intervenant 231 %
  • Présentateur15 %
  • Invité4 %
  • Locuteur non identifié2 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Intervenant

...tous les cinq ans, de refaire l'union autour de Jean-Luc Mélenchon. Jamais ils ont fait l'union. Systématiquement, ils veulent faire l'union contre Mélenchon. Le vrai sujet, c'est la baston entre les sociodémocrates et Jean-Luc Mélenchon. C'est une croisade, c'est dans le but de nuire à l'image de quelqu'un, mais c'est surtout sans aucun fondement. Paul, il faudrait arrêter de prendre les gens pour des cons.

0:25
Présentateur

Salut à toutes et à tous, vous êtes sur Le Média et vous nous regardez sur le canal 350 de la Freebox, sur notre site internet ou sur notre chaîne YouTube. Vous vous préparez à regarder sans langue de goie le débat hebdomadaire qui met Françoise de Goie, journaliste, chroniqueuse pour plusieurs médias, ancienne conseillère politique qui se considère comme rose vif face à un contradictoire et aujourd'hui, comme souvent, elle est face à Paul Elec, analyste politique pour Le Média. Au sommaire, la guerre des gauches aura-t-elle lieu le week-end dernier ? La France Insoumise a lancé sa campagne en vue des élections européennes.

Jean-Luc Mélenchon figure sur la liste à la 80e place et lors d'un discours de meeting offensif, il a fait du scrutin qui vient la première marche vers la bataille de la présidentielle. Comme vous préparez votre 2024, vous aurez votre 2027, a-t-il dit et il ne retient plus ses coups contre Raphaël Glucksmann, on en parlera. L'Institut d'études politiques de Paris est-il devenu un bunker islamo-gauchiste, selon l'expression du président du Sénat, Gérard Larcher, après les polémiques folles de la semaine dernière, consécutive à des manifestations pro-palestiniennes sur le campus ? Doit-on plutôt redouter un climat de chasse aux sorcières dans l'enseignement supérieur et ailleurs ?

On évoquera également le coup de gueule de Françoise qui est en colère contre la Commission européenne, laquelle a sacrifié une fois de plus l'agenda écologique au profit d'une logique court-termiste. Salut Françoise ! Salut Paul ! Salut Paul ! Avec un peu de retard par rapport aux autres formations politiques, la France Insoumise a lancé sa campagne en vue des Européennes lors d'un meeting à Villepinte. La tête de Lyft, Manon Aubry, a été reconduite, forte du slogan « Le 17 juin, donnez-nous la force de tout changer », elle a appelé les électeurs à la participation en rappelant que ceux qu'elle considère comme leurs ennemis de classe, eh bien, eux, ils votent.

2:10
Locuteur non identifié

Vous pouvez être sûrs, les millionnaires du gouvernement, eux, ils vont aller voter. Les grands patrons, les éditorialistes qui préparent le terrain au Rassemblement national, eux, ils vont aller voter. Les racistes, eux, ils vont aller voter. Vincent Bolloré vote. Bernard Arnault vote. Patrick Pouyanné, le PDG de Total, vote. Gérard Depardieu vote. Emmanuel Macron et Jordan Bardella votent. Ils votent pour que rien ne change. Et ayez privé de votre pouvoir.

3:07
Présentateur

Du scrutin européen, le vrai premier tour de la présidentielle de 2027, il a aussi déploré le refus d'une liste d'Union exprimée par les socialistes et les écologistes, notamment.

3:18
Invité

Si nous étions dans la configuration de l'Union, nous serions en train de talonner l'extrême droite et la question serait immédiatement posée à ce pays de savoir ce qu'ils préfèrent entre nous et eux. Il y aura donc un délai plus long. Mais ce délai vous appartient, mes amis, mes camarades, d'en modifier le contenu. Il ne faut pas qu'on finisse encore une fois avec d'un côté les fachos, de l'autre côté les macronistes.

Donc, vous devez, par la campagne que nous menons, nous hisser devant tout et tout le monde pour être en état de combattre et de préparer, oui, je l'ai dit, en 2024, l'élection de 2027, c'est-à-dire la déroute de tous nos adversaires et la victoire du programme que nous avons porté ensemble.

4:16
Présentateur

Est-ce que l'entrée en scène de Jean-Luc Mélenchon et la présidentialisation de ce scrutin feront monter les Insoumis dans les sondages, puis dans les urnes, dans une remontada similaire à celle qu'on a observée lors des scrutins présidentiels passés, Françoise ?

4:32
Intervenant

Non, non, malheureusement non. Pour eux, non, parce que ces comparaisons n'est pas intéressant. Je suis assez étonné de voir cette stratégie choisie par les Insoumis. Alors, j'ai bien sûr regardé le meeting de Jean-Luc Mélenchon. C'était intéressant, parce que ça fait longtemps qu'on n'a pas vu Jean-Luc Mélenchon en campagne. D'ailleurs, il l'a dit dans son meeting, on adore les campagnes. Et c'est vrai que, comme toujours, Mélenchon, il n'a rien perdu de sa maestria. Il est capable de passer d'Angéa Davis à Sénèque, à Saint-Exupéry, à Jaurès. Après, j'ai été assez interloqué de la stratégie choisie. Il y a deux stratégies choisies. La présidentialisation, d'abord.

Ça, c'est le premier point. Donc, c'est un appel à l'élan de 2022. Mais comparaison n'est pas raison, parce que nous sommes dans une élection à la proportionnelle. Et on est dans une élection d'étiquette et de choix. Les européennes, c'est véritablement ça. C'est le seul scrutin qui vous permet, en fait, en France, de dire, sans conséquences réelles sur la vie politique française, voilà, moi, je suis plutôt pour les Verts à l'Europe. Je suis plutôt pour Glucksmann. Je suis plutôt pour Mélenchon. Je suis plutôt pour Macron. Voilà. Donc, première, mon point de vue, erreur stratégique, c'est de faire de ce scrutin le premier tour de la présidentielle.

Je sais bien ce qu'il veut, c'est réveiller 2022, mais on n'en est plus là. Et on n'en est pas là, en tout cas. Et on n'est pas en 2022, on est en 2024. Deuxième chose, faire de l'international le levier, le convertisseur d'opinion. Oui, mais j'étais assez frappé hier dimanche, pardon, ou samedi, à Villepeinte, de voir qu'il y avait des choses sur lesquelles, par exemple, les insoumis auraient pu s'appuyer.

Il y a des vraies victoires qui ont été vraiment gagnées, vraiment, jour et nuit, par la gauche dans son ensemble, y compris le Parti socialiste des Verts, mais emmené aussi l'énorme travail qui a été fait par les députés insoumis sur les plateformes des travailleurs, le statut de travailleurs. Et la Chavie, notamment. Et la Chavie, il n'y a rien eu de ça. Ils auraient pu mettre en avant... Ça, c'est quelque chose qui passionne l'électorat traditionnel aussi de Jean-Luc Mélenchon, c'est-à-dire les jeunes, les ouvriers, les salariés précarisés. Il n'en a été quasiment pas question, comme il n'a pas été question, par exemple, de l'écologie. La planification écologique, c'est quand même...

Non, c'est quand même Mélenchon. Il l'a dit. Il a dit que c'est un des trois grands défis. Mais très peu, très peu. Moi, je trouve que choisir de présenter ce scrutin, c'est une erreur parce que je ne pense pas que ça réveille l'électorat traditionnel. Faire, en plus de ça, de l'international, le convertisseur principal d'opinion, là, je crois encore que c'est une erreur.

7:09
Présentateur

Et on en reparlera, Paul.

7:11
Intervenant

Moi, je ne suis pas d'accord sur l'idée qu'il y ait une présidentialisation faite ou produite par la France insoumise. Déjà, oui, effectivement, Jean-Luc Mélenchon est le quatrième sur la liste. C'est quelque chose qui avait déjà été fait avant. C'est très régulier sur les listes. Donc, ce n'est pas un grand événement. La question, c'est la France insoumise propose de voir cette élection comme un enjeu national parce que la situation de crise politique dans ce pays, le caractère extrêmement contesté du pouvoir, a fait que l'enjeu politique du moment, c'est la défaite du macronisme. C'est, en tout cas, leur proposition politique.

Ils disent, en gros, que depuis la réélection d'Emmanuel Macron, on a bien vu que la confrontation est extrêmement forte sur le plan national et qu'on a bien vu que dans la période, il faut sortir de l'écrasant duel Le Pen-Macron, en fait. Et que pour ça, la question, c'était de défaire la Macronie à cette occasion. D'où le fait qu'ils avaient proposé une liste d'union. Dans les circonstances où une liste d'union a été refusée, refusée par les écologistes qui ont refusé la tête de liste et refusée par, par ailleurs, le Parti Socialiste qui avait très vite eu envie, un, de retrouver son autonomie et le PC qui a une ligne isolationniste maintenant depuis l'arrivée de Fabien Roussel.

Eh bien, ils sont venus sur le terrain et qu'est-ce qu'ils ont dit ? Ils ont dit, oui, effectivement, c'est une élection où on a une partie de l'électorat de la France insoumise qui s'abstient en général. Donc, ils ont mis l'accent sur le fait qu'il fallait se mobiliser et ils ont lancé un message clair. Ils ont dit, il faut nous mettre devant pour plusieurs raisons.

Une des grandes raisons, effectivement, c'est la façon dont ils essayent de produire une ligne de recherche de la paix face au discours va-t'en guerre en face et la deuxième, c'est de dire, bon, voilà, il faut qu'on puisse donner de la force à la France insoumise, c'est leur discours, pour qu'on puisse continuer la bataille à gauche pour une gauche radicale et de rupture en tête de la gauche. Et ils l'ont dit comme ça. Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est un peu le drame des européennes.

Je m'arrêterai là-dessus, mais chaque fois, on a le fantase que dans des élections où peu de gens votent, particulièrement pas les classes populaires, des candidats de la gauche, on va dire, réformistes et assez molles, les verts et les socialistes, arrivent à faire un certain nombre de scores sans résultat derrière, mais ils utilisent ce score pour essayer de réfléchir de nouveau à prendre un leadership sur la gauche. Je vous donne un exemple, 2009, les écologistes passent la barre des 15%, mais l'élection d'après, ils font 2,3% à la présidentielle. rebelote en 2019 aux dernières européennes. 2014.

2014, pardon, et l'élection d'après pour les présidentielles où, en fait, systématiquement, on tombe dans ce piège et donc c'est normal que la France insoumise joue sa carte en disant, on y va, on met une grande bataille et par contre, on prend au sérieux le fait que, oui, la question se pose aussi sur le plan national et que ce n'est pas simplement des européennes, c'est un plan, c'est des européennes au moment où la guerre est présente sur le continent et où il y a une tension politique sur la situation même nationale.

10:15
Présentateur

Mais est-ce que ça va marcher ? Je voudrais d'abord qu'on évoque vraiment la question de 2024, première étape de 2027. Est-ce que ça va marcher, Paul ? Tu penses que ça peut augmenter le taux de participation de la base insoumise ? Je voudrais répondre

10:26
Intervenant

à Paul, parce que je ne suis pas totalement... Est-ce que ça va marcher ? Moi, je ne suis pas de 20. Ce que je sais, c'est qu'effectivement... Il y a du pan, c'est-à-dire. Non, mais ils veulent lier le récit parce que ce n'est pas faux. C'est la dernière élection nationale avant 2020, quand on dirait, 2027. Et encore une fois, les autres formations de gauche ont très clairement annoncé que l'union, ce n'était pas un problème, il fallait s'en débarrasser parce que là, ils ont une optique de faire des sièges, mais qu'après, il faudra rediscuter de poser une candidature unique ou des primaires en 2027. Et donc, il faut un rapport de force après cette crise européenne. Évidemment.

Personne ne refuse un rapport de force dans une confrontation électorale. Bien sûr. La réalité, c'est que d'abord, toutes les formations nationalisent ce scrutin. Donc, il n'y a rien de neuf sous le soleil. Jean-Luc Mélenchon, il fait comme les copains. Tout le monde nationalise. Évidemment, fortiori la majorité, a priori la majorité, mais les Verts aussi, ils ont complètement changé de pied, les Verts. Ils étaient sur quelque chose d'un peu chabada en 2019. Là, ils ont décidé de faire du social. C'est vrai et faux, ta démonstration, Paul, parce qu'en 2009, voilà, la gauche est très haut et c'est François Hollande qui gagne la présidentielle en 2012.

Oui, mais la candidature des Verts, elle fait 2,3%. Je ne parle pas des Verts, moi. Le vrai sujet, c'est la baston entre les sociodémocrates et Jean-Luc Mélenchon. Et la vérité, c'est que quand on voit l'ensemble des études, eh bien, c'est le PS, ce n'est pas le PS d'ailleurs, c'est Raphaël Guzman avec les sociodémocrates qui sont en train de, comment dirais-je, d'émerger. Et ce week-end, ça n'a pas tardé. Tout le monde s'est répandu. Mélenchon nous explique qu'il faut faire, comment dirais-je, à nouveau l'Union autour de lui. Dans des termes, en plus, c'est assez désagréable. Mais chéri, venez, c'est bon, laisse tomber la neige.

Ça a été un des premiers à la rompre, l'Union en bastonnant tous les leaders sur son compte Twitter. On ne sait même pas pourquoi il a choisi sa stratégie. Ça ne date pas du 7 octobre, c'est bien avant. Toute l'année 2023, ça a été au bonheur d'Olivier Faure, au bonheur des Verts. Ce n'est pas de l'écologie, c'est du jardinage. C'est un constat. Non, mais quand tu veux, Paul, quand tu veux vraiment créer l'Union, déjà tu respectes et dans les mots, tu arrêtes de tweeter, de faire n'importe quoi. C'est pas un respect de leur offrir un groupe parlementaire, de leur permettre de survivre, d'avoir un accord que les gens ont tous qui prennent en place.

La réalité, c'est que les gens ont bien compris qu'on a surtout offert un groupe parlementaire énorme à la France Insoumise, sans la NUPES. Si, sans la NUPES, les Verts ont difficulté de groupe et surtout les communistes, l'inverse est absolument vrai. Sans la NUPES et sans le PS et les candidatures uniques, le groupe France Insoumise est à 17 points. Donc, à 17 députés. Donc, c'est dans les deux sens. Mais bien sûr que si. Mais bien sûr que si. Avec des filles, on met les paris en bouteille. Non, c'est pas avec des filles. Tu regardes de l'ensemble des circonscriptions, évidemment. Mais non, on s'en fout d'Hidalgo, c'est pas le sujet.

Ce que je veux dire par là, c'est que la réalité, c'est qu'il est hors de question tous les cinq ans de refaire l'union autour de Jean-Luc Mélenchon. Ça va pas être possible. Jamais ils ont fait l'union à la présidente. Excusez-moi. Je termine. Je termine. Je suis d'accord avec toi. Jean-Luc Mélenchon joue véritablement. Je comprends qu'il joue 2027. Je comprends très bien. Je comprends très bien l'idée générale. Il faut qu'on arrive en tête. Ils ne sortiront pas en tête des forces de gauche. C'est tellement évident. On verra. Moi, je ne fais pas de divination. Je regarde quels sont les ressorts du vote. Quels sont les ressorts jusqu'à aujourd'hui ? Ça n'a pas encore percolé.

Quels sont les ressorts du vote ? Les ressorts, ils vont être sociaux. Ils vont être sur la vie chère. Ils vont être sur la vision de l'Europe. Je ne vois pas pourquoi Gluckman serait particulièrement fort sur la question sociale. Ce qu'il a complètement expliqué. Je vous rappelle qu'il a manifesté contre les retraites. Ça ne m'intéresse pas. Je voulais juste te dire non, non, pas du tout. D'abord, il a beaucoup bossé sur le social. Enfin, toutes les délégations de gauche ont bossé. Vraiment, l'honnêteté consiste à dire que quand même, 80% de tout ce qui a concerné le progrès social, etc., ça a été voté par les délégations françaises PS, Vert et la France.

14:26
Présentateur

Alors, donc toi, François, c'est ton pari, c'est que, en fait, ce n'est pas une stratégie gagnante.

14:32
Intervenant

Mais je n'ai pas compris. Voilà. Je n'ai pas compris cette stratégie parce que les ressorts du vote, je sais bien ce qu'il veut créer comme ressorts du vote, mais les ressorts du vote ne sont pas là. Les ressorts du vote ne sont pas sur la question... Même Macron, mais il fait exactement comme Macron. Lui, il veut imposer le Proche-Orient. Macron veut imposer l'Ukraine. J'entends bien. Oui, on va parler d'Ami Rassala. Non, non, non, mais c'est fou. Mais je ne vois pas en quoi c'est stratégie. Ce n'est pas une question d'un peu... On parlera de l'international. L'international n'a pas besoin d'être imposé, en fait. Tous les jours, il se passe quelque chose. Et on va en parler après.

Paul, vous voulez répondre à François. Mais oui, non, mais juste, il n'y a jamais eu d'union autour de Mélenchon. Il y a eu l'union contre Mélenchon. Non, il y a eu un vote utile, bien sûr. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il y a eu les Verts qui ont soutenu Benoît Hamon contre Jean-Luc Mélenchon. Mais pour autant que le score de Hamon, leur vie politique, a expliqué qu'il fallait donner de la force au candidat en tête de la gauche. Et c'est pour ça qu'il fallait au PS à l'époque. C'était le discours de la gauche du PS à l'époque. Et qu'est-ce qui s'est passé ? Systématiquement, ils veulent faire l'union contre Mélenchon. En fait, c'est ça l'enjeu.

Et ce qui les a en perdés avec la NUPES, excusez-moi du terme, c'est que là, il y a une proposition qui a été faite. S'ils ne signaient pas, ils seraient bureaucratiquement rasés. Sauf peut-être le Parc socialiste qui aurait conservé un petit groupe. Et ce qui se passe, c'est qu'en gros, du coup, l'objet, c'était de sortir de l'alliance en faisant porter la responsabilité. Et systématiquement, ces gens-là ne prennent pas leur responsabilité sur leur bilan. Ils font l'union en permanence contre Mélenchon, mais contre le Parc social. Je résume pour conclure. Ça ne peut pas être toujours la faute des autres. Je résume pour conclure, Françoise. À un moment donné, l'union est un combat.

Oui, pardon. Ça ne peut pas toujours être la faute des autres. Les autres sont des camps et Mélenchon est un génie.

16:13
Présentateur

De toute façon, la rupture a été de la faute de Mélenchon qui a été très dure, notamment sur son Twitter. Solément odieux avant le 7 octobre. Voilà,

16:23
Intervenant

de toute calamité. Non, non, mais pas du tout. Mais moi, je n'ai pas parlé de l'Oise. Les gens-là diront que c'est de la faute

16:27
Présentateur

de Mélenchon. Je n'ai jamais dit ça.

16:29
Intervenant

Je l'ai beaucoup défendu, Mélenchon.

16:31
Présentateur

Et Paul considère qu'en réalité, les Verts et les socialistes voulaient sortir de la NUPES si tôt entrer. En continu, le départ, Jean-Luc Mélenchon s'est également montré offensif vis-à-vis de Raphaël Glucksmann, tête de liste du Parti socialiste en l'accusant de déshumaniser les Palestiniens.

16:50
Invité

Un mot sur Raphaël Glucksmann qui est tête de liste pour le Parti socialiste et le Parti public qui est son propre mouvement. Vous avez dit tout à l'heure à propos de ce que fait Israël à Gaza, c'est un génocide. Lui, il dit je ne reprends pas le mot génocide. Je veux bien un carnage mais le génocide, c'est un terme tellement fort historiquement, juridiquement que je ne veux pas l'utiliser maintenant. Est-ce que vous comprenez ? Non, je ne le comprends pas. C'est une manière pour lui de se défiler et de ne pas assumer la situation. Il voit un génocide au Rwanda mais il n'en voit pas à Gaza. Il ne comprend pas que le mot génocide est le seul qui nous permet de caractériser ce qui se passe.

Ce sont des crimes de guerre. C'est un assassinat de masse méthodique de toute la population par des dirigeants politiques qui disent eux-mêmes qu'il faut tuer tout le monde. Ils le disent, ce n'est pas nous qui l'inventons. Le tribunal, la Cour internationale de l'AE a dit qu'il y avait un risque de génocide. Donc ce qu'il fait en réalité, c'est qu'il déshumanise les Palestiniens. Au fond, on leur fait ça mais ce n'est pas trop grave. Ils ne sont pas les seuls. Non, c'est un génocide. – Il doit clarifier sa position. – Il doit, il fait ce qu'il veut. Il peut, mais non, pour l'instant, il a une position parfaitement claire. Il couvre le crime, il le fait mise, il le nuance, il le…

Bon, ce n'est pas si grave, quoi, à ses yeux. À nos yeux, M. Le Tellier, c'est gravissime.

18:06
Présentateur

– On en a parlé lors de l'émission précédente, mais les questions internationales, l'Ukraine et la Palestine, disons, notre rapport à ces questions, seront bel et bien à l'agenda des européennes, Françoise.

18:15
Intervenant

– Oui, bien sûr, elles seront à l'agenda et c'est très bien qu'on en débatte et c'est très bien qu'on en parle. De toute façon, je suis d'accord avec Paul, on n'a pas besoin, les choses s'invitent. Après, la question, c'est comment tu les utilises ? Et moi, je suis très gênée des deux côtés du spectre, je suis très gênée par l'utilisation par Mélenchon du Proche-Orient, c'est-à-dire qu'il n'y a que ça quasiment dans le discours, il n'y a que ça dans le discours, c'est complètement dingue.

Tu prends son discours, je l'ai écouté Manon, beaucoup moins Manon Aubry, moi, j'aime bien Manon Aubry, mais Manon Aubry, c'est plus son compte-rendu de mandat et d'ailleurs, c'était assez intéressant de voir qu'elle n'a plus rien à voir avec la jeune Manon Aubry, de 2019, elle a énormément progressé, c'est quand même tous des gens qui ont progressé, Glucksmann était très, très petit chose en 2019, il est devenu un homme politique, Manon Aubry, c'est pareil, il y a vraiment eu un point, et François-Xavier Bellamy, c'est peut-être celui qui a le moins, comment dirais-je, pris les leçons politiques de choses, ça, je ferme la parenthèse, mais je suis très gênée par cette, comment dirais-je, obsession, alors, il y a une obsession réelle, il faut vraiment obtenir le cessez-le-feu et d'ailleurs, je ne comprends pas le procès qu'il fait à Glucksmann, il a lui-même voté pour en mettre fin, comment dirais-je, à l'accord Union Européenne d'Israël, il l'a voté, Glucksmann, donc je ne vois pas le truc, il a aussi voté contre des résolutions qui mettaient en cause la responsabilité d'Israël dans le massacre.

Ce qui m'intéresse, c'est de voir Mélenchon avec le Proche-Orient, donc avec Rima Hassan, etc., et bon, si elle était élue, tant mieux, ce n'est pas le sujet, elle a le droit d'être militante proactive de la Côte palestinienne et de l'autre Macron avec l'Ukraine et je suis, comment dirais-je, il y a quelque chose dans cette gémélité qui m'insupporte, vous voyez ce que je veux dire, c'est très important, les gens ne sont pas des idiots, d'abord, essayer de faire passer les Français, comment dirais-je, pour des antipalestiniens, c'est une faute absolument historique de tout... Les Français pour des antipalestiniens ?

Pour des, comment dirais-je, des gens qui n'ont pas la sensibilité pro-palestinienne, la France, par tradition, a cette sansité. Qui fait ça ? Non, non, dans tous les discours, dans les discours de la France insoumise, les médias seraient pro-israéliens, l'opinion... Mais arrêtez ! Je ne veux pas revenir là-dessus, on s'est déjà engueulé la semaine dernière, mais ça ne crée aucune valeur. Moi, ça ne crée aucune valeur, en plus, c'est nul, ça n'a aucun intérêt.

Par contre, je suis gêné sur la mécanique politique égale de Mélenchon et Macron qui utilisent deux situations internationales pour se positionner, lui, comme un homme qui est capable d'avoir une vision internationale, Mélenchon régalienne, ok, que son discours était très régalien, que tu le veuilles ou pas, il était un discours de candidat à la présidentielle samedi, et là, je pense que c'est une faute. Il a fait un discours sur le droit, effectivement. Non, non, pas sur le droit, il n'a pas du tout fait que sur le droit, pas du tout. Oui, il a dit la ligne, c'est le droit international de l'Ukraine à la Palestine. Mais pas du tout, pas du tout ça. Il a dit que ça.

Son discours, c'est un positionnement sur la vision de l'Europe, c'est un positionnement régalien, comme si nous étions en 2027. Et Macron a un positionnement du haut de son surplan, chef des armées et président de la France sur l'Ukraine. Et ça, si vous voulez, c'est trop. C'est-à-dire que les sujets touchent les cœurs des Français, bien sûr, par la peur, par l'empathie, par l'inquiétude, par la détestation de l'antisémitisme, par une palestinophilie qui est réelle dans la société française. Et ils ont très peur de Poutine. Mais qu'est-ce que ça crée comme valeur ?

C'est aussi, comment dirais-je, aussi hasardeux et, comment dirais-je, roué et tordu de la part de Mélenchon que de la part de Macron de mettre en avant ces deux conflits. Voilà. Paul. Moi, je suis gêné du terme utilisation. Mais quelle utilisation ? De quoi parle-t-on ? On parle effectivement de gens qui prennent au sérieux le fait que l'envahissement de l'Ukraine par la Russie est un séisme géopolitique dans l'espace européen. Donc, tu donnes raison à Macron. Et, deuxièmement, que le génocide en Palestine est un massacre infâme. L'ONU a encore révélé qu'il y a eu plus d'enfants morts dans les quatre mois que dans les quatre ans dans tous les conflits dans le monde.

Et que, du coup, il est normal que les gens prennent au sérieux cette question.

et c'est d'ailleurs sous cet angle de prendre au sérieux le renversement géopolitique du monde qui est en train de s'opérer de façon très vivace avec la guerre sur le continent que la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon dans ses différentes interventions, y compris dans le meeting, a choisi de mettre en avant en disant qu'en fait, on peut prendre au sérieux l'idée que c'est grave, c'est dangereux la guerre, que l'escalade des propos d'Emmanuel Macron sont un problème, que l'absence totale de réelle solidarité avec le peuple palestinien qui consisterait en des sanctions qui en seraient à obliger Israël à faire entrer l'être humanitaire, pousse des gens à se mobiliser sur ces questions internationales, pas parce qu'on veut les utiliser pour je ne sais quelle raison électorale, simplement parce que ce sont des gens qui sont militants et qui croient que, oui, c'est une urgence, parce que là, on parle de peuples qui sont en danger.

Bon, deuxièmement, on verra comment la France insoumise déroule son discours ensuite sur d'autres questions. sur, par exemple, la question sociale et effectivement le travail formidable qu'a fait l'Aïla Chébi sur la question des travailleuses et des travailleurs de plateforme. La crise agricole européenne. La crise agricole européenne. Mais justement, c'est pour ça que, je ne comprends pas, comment ça, un positionnement régalien ? Non, un positionnement où effectivement c'est une formation politique qui veut... Ça ne l'a pas compris. Mais bon, mais t'as raison. Enfin, tu as le droit absolument de te dire. Moi, je fais de l'analyse à froid. Ça ne l'a pas compris que quoi ?

Mais c'est pas grave. Que ça ne peut pas être un sujet, le fait que... Je n'ai absolument pas dit ça. Je n'ai absolument pas dit ça. Je dis qu'il y a une instrumentalisation profonde de ce conflit par Jean-Luc Mélenchon comme il y a une... Mais bien sûr, mais je l'assume complètement. Je l'assume complètement. Mélenchon, il va chercher quelque chose. Il veut chercher un affect. Et il y a quelque chose. C'est ça qui me déçoit absolument.

24:02
Présentateur

Mais en même temps, l'affect, il est sur nos pages Twitter. Il est partout. Je veux dire, c'est un carnage. C'est quelque chose que les vieux d'hommes de 47 ans n'ont jamais vu. Bien sûr,

24:12
Intervenant

n'exagère pas quand même. Le Rwanda, tu l'as vu quand même. Non, non, mais n'exagère pas. Écoutez, on ne va pas recommencer.

24:17
Présentateur

Lors du Rwanda... Non, non, Françoise. Françoise, pendant le génocide au Rwanda, j'étais au Cameroun, le pays d'à côté. Un pays à côté. 350 000 morts en Suisse. Et les gens qui étaient tués me ressemblaient. Ce que je veux dire, c'est que lors du génocide au Rwanda, il n'y avait pas de caméra. On ne le voyait pas. Il n'y avait pas de réseaux sociaux. C'est-à-dire qu'en fait, on a progressivement pris conscience de ce qui se passait avec un recul qu'aujourd'hui, on n'a pas. C'est-à-dire que c'est la guerre en temps réel.

24:44
Intervenant

Je ne te parlais pas de la guerre en temps réel. Je te disais sur un carnage en génocide. Je refuse toujours le terme de génocide. Carnage est très bien. Et tu m'expliques un truc qu'on n'a jamais vu. On n'a jamais vu 30 000 ans.

24:56
Présentateur

Déjà, pendant le Rwanda, j'étais un enfant et au moment du Rwanda, on n'avait pas la guerre en direct. D'accord. Donc, effectivement, le Rwanda, ça nous a touchés. On ne peut pas dire que le génocide africain n'a pas touché les Africains.

25:09
Intervenant

Je n'ai jamais dit ça. Je n'ai jamais dit ça.

25:10
Présentateur

Ce que je veux dire, c'est que la différence, c'est vraiment le fait qu'on voit en temps réel. Et quand on voit en temps réel, on a envie d'arrêter en temps réel la main de l'assassin.

25:19
Intervenant

Est-ce que tu penses que ça, c'est des convertisseurs de votes ? Mais c'est pas... Arrête, Paul. Il faudrait arrêter de prendre les gens pour des cons. Et Jean-Luc Mélenchon fait de la politique depuis 50 ans. C'est un excellent politique. Tu vas m'expliquer, toi, que Jean-Luc Mélenchon, c'est la sincérité absolue et mettre le thème de sa campagne en un, le thème de sa campagne. Il n'y a aucune arrière-pensée électorale. Mais vous vous foutez depuis, les copains, sérieusement. On avance dans le débat. C'est comme si je dis, Macron, il n'y a aucune arrière-pensée électorale dans le fait d'instrumentaliser l'Ukraine. C'est les deux faces

25:51
Présentateur

d'une même geste. Et les autres sont tous beaux, tous gentils.

25:54
Intervenant

Mais non, mais les autres, c'est pareil.

25:55
Présentateur

En lien toujours avec la Palestine et les répliques de ce qui se passe dans la bande de Gaza sur le sol français, la polémique lancée notamment par le président du Sénat, Gérard Larcher, qui a parlé de bon cœur islamo-gauchiste.

26:07
Locuteur non identifié

Le problème général d'antisémitisme dans les universités françaises, c'est ce que vous dites ? Oui, d'antisémitisme, mais aussi de refus d'entendre l'autre quand les idées sont différentes. C'est ce que certains baptisent Wokisme, une idéologie dominante. Voilà pourquoi j'ai réagi. Sciences Po ne peut pas devenir, y compris de la part de ce qu'on qualifie d'une minorité, mais un bunker islamo-gauchiste.

26:27
Présentateur

Le Premier ministre, Gabriel Attal, a semblé annoncer une mise sous tutelle de Sciences Po pour la conformer aux principes républicains, je dis des guillemets, pour ceux qui nous écoutent en podcast, et contrer une vague anglo-saxonne Wokiste, on l'imagine.

26:41
Locuteur non identifié

J'ai annoncé hier aux membres du conseil d'administration d'abord que le gouvernement réalisait un article 40 sur ces faits précisément pour que la justice puisse faire la lumière. Ensuite, que nous allons nommer un administrateur provisoire à Sciences Po qui aura, et c'est inédit, une feuille de route au sein de laquelle on lui demande de réunir les conditions pour inverser cette pente et cette dérive qu'on a constatée et garantir que les principes de la République sont respectés en tout lieu et tout le temps à Sciences Po.

Et enfin, que dans le cadre de la sélection de la future direction, cette question du respect des principes républicains devra être respectée en tout lieu et tout le temps à Sciences Po. J'ajoute également que dans le cadre du contrat d'objectifs et de moyens qui est signé entre l'État et Sciences Po puisque l'État finance, apporte une partie des financements publics de Sciences Po, ce financement sera désormais lié explicitement à cette question-là. Ça veut dire quoi le poisson pourrit par la tête ? Vous pensez à Harvard par exemple ?

Vous savez, moi je pense qu'on a la chance en France d'être à ce stade relativement épargné par un mouvement qu'on a vu se développer effectivement dans un certain nombre de pays, notamment anglo-saxons.

27:49
Présentateur

Alors Paul, qu'est-ce qui se passe à Sciences Po ? Tu y étais dans la promotion de Gabriel Attal ? Si mes souvenirs sont bons.

27:54
Intervenant

Non, il était quelques années avant moi. Mais c'est vrai qu'on le voyait peu puisqu'il passait plus de temps à travailler en ministère. Dans la génération... Il a raison, il a raison de préciser.

28:04
Présentateur

Non, mais il faut le dire. Dans la génération de Gabriel Attal parce que quand ceux qui sont au pouvoir désignent les wokistes, moi je vois le spectre du maccartisme.

28:14
Intervenant

Bien sûr, mais l'ambiance maccartiste dans ce pays n'a pas commencé à ce moment-là. Simplement, on en a régulièrement des illusions. Je rappelle qu'en 2021, la non-regrettée ministre de l'Enseignement supérieur, Madame Vidal, avait lancé l'idée d'avoir une enquête officielle sur l'islamo-gauchiste dans l'université. Et puis, effectivement, face au fait que le CNRS avait annoncé qu'il n'y avait aucune valeur scientifique au mot islamo-gauchiste et que c'était une folie de faire ça, ils ont enterré l'idée d'en faire une.

Mais ça ne veut pas dire que des universitaires, des chercheuses, des chercheurs sont systématiquement désignés à la vindict ou les universités, les lieux de savoir, de production de savoir, dès lors qu'ils ne vont pas dans les réactionnaires du temps, c'est-à-dire dès lors qu'ils produisent des savoirs ou que des gens s'engagent pour pouvoir mettre en avant le fait que le wokisme n'est pas une réalité, mais simplement l'expression de volonté progressiste, d'amélioration de notre quotidien, de la façon dont on organise les rapports sociaux et y compris qu'ils remettent en cause les formes de domination. Et là, à Sciences Po, clairement, qu'est-ce qui se passe ?

Sur ce sujet-là, on a vu que le maccartisme était de rigueur dès lors que des gens ont soutenu le peuple palestinien en expliquant qu'il faut rendre Israël responsable de ces actes et du carnage qu'on évoquait. Ils ont été attaqués, remis en cause. Par exemple, certaines conférences, vous pouvez voir, l'UEJF a demandé l'interdiction d'une conférence de Jean-Luc Mélenchon à Nanterre, on ne sait pas pourquoi. Et puis, pareil, les politiques ont instrumentalisé un non-événement. C'est ça qu'il faut dire, surtout quand on dit Mac Cartis, c'est une croisade, c'est dans le but de nuire à l'image de quelqu'un, mais c'est surtout sans aucun fondement. C'est ça qu'on appelle une chasse sorcière.

Et là, à Sciences Po, c'est quand même très grave parce qu'il y a eu un emballe médiatique immense. Le Premier ministre est venu et en fait, de quoi s'agit-il ? Il faut demander. Même la personne interrogée sur place a dit, c'est-à-dire la personne dont on a dit qu'elle n'avait pas été autorisée à rentrer a dit non, je n'ai pas été empêchée de rentrer parce qu'on m'aurait dit que j'étais juive ou sioniste. C'est pas ça qu'elle a dit du tout dans le Parisien. Moi, j'ai lu son interview, elle n'a pas du tout dit ça. Et cette ambiance-là est extrêmement dangereuse. Extrêmement dangereuse. On parle d'étudiants qui ont dit dans le cadre du génocide.

Des étudiants des jeunes adultes, des post-adolescents. Non mais à Sciences Po, excusez-moi, mais la vie politique à Sciences Po, elle est associative et politique, elle a toujours été très forte. L'amphi qu'ils ont occupé, moi, je l'ai occupé, j'ai appelé à son occupation. C'est normal dans toutes les universités, surtout à Sciences Po, le fait que des gens veulent s'engager politiquement. Et ce qu'ils ont dit, c'est trois choses. La première, c'est que l'établissement n'a rien fait, n'a pas parlé de la question de ce qui s'est passé à Gaza et que pour cela, des étudiants ont voulu organiser quelque chose. Ils ont organisé un temps de discussion sur cette question-là.

Et que dans ce cadre-là, l'UEJF qui est régulièrement venu et intervenu pour empêcher toute mobilisation propacienne à Sciences Po, il y a plein de vidéos sur leurs propres réseaux sociaux, a essayé de monter en épingle le fait que cette étudiante, on lui a demandé de ne pas rentrer dans l'amphi à partir du moment où elle prenait des photos des personnes qui intervenaient et qui ne se sentaient pas en danger puisqu'il y a eu des cas de cyberharcèlement. Voilà. Et puis encore une fois, moi, je finirai là-dessus parce que je suis long, je suis d'accord. le fait que des étudiants prennent une salle, discutent politiquement. Je veux dire, ça arrive tout le temps dès qu'il y a un blocage.

La droite, l'Uni, s'est fait virer de toutes les facs de France parce qu'ils ne voulaient pas participer. Ça ne me choque pas qu'on décide des conditions de ce qui se fait. Et je rajouterai un dernier mot. Surtout, ça ne me choque pas à partir du moment où l'UEJF est une organisation qui, en août 2021, rencontre Yoftom Calfon qui est un député du parti d'extrême droite Yamina en Israël. Ça ne me choque pas à partir du moment où, en 2022, ils ont organisé un des jours de leur université dans une colonie illégale qui s'appelle Kyria Tarba. Vous pouvez le regarder sur leurs réseaux sociaux. C'est pas la LDJ, l'UEJF quand même. Et Kyria Tarba, ce n'est pas de la LDJ, l'UEJF.

Ce n'est pas un syndicat radical comme ce que peut être la ligne de défense. Ça n'empêche que, je peux comprendre que quand on organise une journée pour soutenir le peuple palestinien contre le sort qui lui est fait, on n'est pas en vie qu'interviennent des gens qui ont rencontré des partis d'extrême droite internationale comme dans les colonies et dans la Cisjordanie. Bon, voilà. Moi, je trouve que c'est terrifiant cette polémique et c'est terrifiant ce qui s'est passé dans les médias mainstream à ce propos.

32:40
Présentateur

Alors, Françoise, dans son biais dans Libération, Thomas Legrand demande un contrôle parental pour Macron et Attal qui abuserait des écrans et rebondirait sans vérification sur les dernières rumeurs sur les réseaux sociaux.

32:52
Intervenant

Oui, ouf. On ne s'en va laisser Thomas Legrand à sa littérature. Il dit quand même beaucoup de bêtises. Thomas Legrand, ce n'est pas ça le sujet. Moi, je vais être clair, je ne fais pas partie des gens qui voient des wokistes partout, pas plus que je fais partie des gens qui n'en voient nulle part. Je pense que, déjà, islamo-gauchisme, c'est un terme qui a été, de toute façon, inventé, d'une certaine manière, pour stigmatiser la gauche. Ce n'est pas simplement la gauche de Mélenchon. On est tous, je veux dire, de Fabien Roussel à... pas Emmanuel Valls, n'exagérons pas, mais on est tous des islamo-gauchistes. Même Alain Juppé avait été traité d'Ali Juppé.

Voilà, on est tous des islamo-gauchistes. Le wokisme, dans sa forme, comment dirais-je, essentielle, je peux dire, moi, je suis wok. C'est-à-dire que, c'est la capacité de vouloir, comment dirais-je, d'abord s'ouvrir aux injustices du monde et vouloir que des gens discriminés aient de nouveaux droits. Excusez-moi, mais, à partir du moment où des gens ont de nouveaux droits et qui n'enlèvent en plus de ça, rien aux droits déjà acquis, quel est le sujet. Moi, je suis pour que les aborigènes aient des droits. Je regrette malheureusement ce qui s'est passé en Australie, la population.

Je suis pour que les peuples premiers, je pense que tout le monde hurle sur le Canada, ce qui passe au Canada, la société ultra-libérale, c'est quand même assez intéressant de voir que les peuples premiers ont des droits et que nous avons le devoir de s'excuser de ce que nous... en quoi...

J'arrive pas à comprendre en quoi cette façon, comment dirais-je, de voir le monde, cette nouvelle façon de voir le monde, cette façon, comment dirais-je, d'essayer d'ouvrir son cœur de plus en plus à ce qu'est l'autre et de lui reconnaître son droit à être différent de moi, c'est-à-dire unis dans notre diversité, c'est ça la République, en quoi ça fait disjoncter en réalité la moitié de l'échiquier politique. C'est ce qui est en train d'arriver. Ça, c'est un problème. Ensuite, sur Sciences Po, bon, genre, à l'archer, on le laisse assez... Sciences Po, c'est autre chose. Ce qui s'est passé, la jeune fille n'a pas du tout tout à fait dit qu'il ne s'était rien passé. Non.

Il se passe quelque chose depuis le 7 octobre qui est très angoissant, qui est très inquiétant. C'est-à-dire que, sous couvert d'antisionisme, et c'est une doctrine et on a le droit d'être profondément antisioniste, je ne fais pas partie des gens qui pensent que derrière tout antisioniste se cache un antisémite. En revanche, il y a eu des dérives terribles, très documentées avec des plaintes depuis le 7 octobre. Les étudiants, salle juive dans les casiers, à l'université Paul Sabatier, ce n'est pas simplement à Sciences Po, Aix, etc. À Sciences Po, le 7 octobre, le lendemain, si vous voulez, vous aviez des affiches « Vive le combat du Hamas ». C'est très éprouvant.

Mais c'est très éprouvant ce qui est en train de se passer. De la même manière qu'il est éprouvant, comment dirais-je, d'avoir des gens devant les universités qui arrachent les affiches des otages. Il y a quelque chose de dégradé entre les militants radicaux pro-palestiniens, probablement, et cette assignation au fait que tout étudiant juif est forcément un suppôt de Netanyahou est aussi folle. Et je termine, en tout cas, dans toutes les affiches dans les facs, excuse-moi. Il y a des milliers de... Il y a des milliers.

Mais je vais te dire, à l'université Paul Sabatier à Toulouse, qui est quand même l'université de médecine, tu as trois étudiants qui se sont retrouvés sur leur tableau avec des pochoirs sur leur bureau, avec des pochoirs SAS, retourne en Pologne. Mais personne n'a dit qu'il y a eu des actes anti-médiaires. Tout le monde l'a dit, on l'a même dit sur le plateau. Là, on parle de... Je ne parle pas d'actes anti-médiaires, je parle de la dégradation entre les étudiants... Il y a des gens qui ont assigné tous les étudiants juifs à la politique de Netanyahou. C'est faux. Comme je ne peux pas... Toutes les organisations étudiants, notamment de gauche, ont systématiquement...

Je ne peux pas assigner... Je ne vais pas assigner tout musulman au Hamas. Ce n'est pas possible. Je ne peux pas assigner tous les juifs de France si tu veux à la politique de Netanyahou puisque d'ailleurs la moitié des juifs de France au minimum sont des gens qui en plus de ça sont opposés depuis des lunes à la politique de Netanyahou. Je rappelle que le mois dernier où il y a 15 jours en Israël, tu as 2 millions de personnes à Tel Aviv pour dire à Netanyahou « Casse-toi ! » Et à Bengfir et toute la clique morbide d'extrême droite. Donc, cette folie générale d'importation si tu veux, c'est plus que de l'importation. Elle est réelle dans les universités.

Elle n'est pas au niveau qu'on a pu atteindre aux Etats-Unis à Harvard et pas simplement d'ailleurs y compris dans les universités comme Seattle. Ce n'est pas simplement les grandes universités c'est les universités et les grandes villes. Cette dérive est inquiétante. Moi, je ne mets pas tout dans un grand mot qu'on appelle le wokisme parce que je vais vous dire un truc. On a des débats sur les plateaux, j'en ai des milliers. À l'heure actuelle, je suis incapable de définir ce qu'est le wokisme. Moi, je le définis le wokisme avec ma définition à moi. C'est-à-dire donner des droits à ceux qui n'en ont pas et rétablir des justices. Rétablir et réparer des injustices.

Donc, le wokisme, l'islamo-gauchisme, c'est des mots, c'est des épouvantails si tu veux, pour disqualifier la gauche dans son ensemble. Mais, une fois que j'ai dit ça, il y a une réalité dans les universités de France, une réalité antisémiste, antisioniste radicale qui n'est pas supportable.

38:03
Présentateur

Antisémite ou antisionite ?

38:04
Intervenant

Antisémite ! Quand tu veux, mais écoutez, moi, je n'ai pas envie de... Quand tu as des étudiants juifs qui se retrouvent avec le retour à Auschwitz, mais écoute...

38:13
Présentateur

On parle de science.

38:14
Intervenant

En fait, il faut une personne pour faire ça. Mais ce n'est pas vrai, arrêtez. Mais le phénomène

38:19
Présentateur

des arrachages des affiches, excusez-moi. Mais justement, les phénomènes d'arrachage d'affiches n'ont pas été massifs. On n'a pas vu des manifestations antisémites dans les universités françaises.

38:27
Intervenant

Mais c'est pire que ça, c'est encore plus tordu. Tu as des centaines, tu as des centaines, comment dirais-je, de plaintes qui sont déposées par des étudiants d'universités aux quatre coins de la France. Bien entendu,

38:38
Présentateur

mais ce que je pense à titre personnel, peut-être que je me trompe, c'est qu'il y a des minorités agissantes, mais à mon avis, les personnes qui... Comment dire ? L'expression de l'antisémitisme, bien qu'elle soit violente, elle est le fait de minorités très, très, très minoritaires. Mais bien sûr, l'expression

38:54
Intervenant

des groupes palestiniens amoureux du Hamas, elle est très minoritaire aussi, on est d'accord, mais elle existe. Non, mais c'est extrêmement

39:01
Présentateur

minoritaire. En tout cas, c'est mon point de vue et je ne suis pas là pour débattre. Tu sais très bien

39:05
Intervenant

que les empires... Tu sais très bien d'abord, tu es là pour débattre avec plaisir, puis tu sais très bien où aboutissent les minorités agissantes. Généralement, c'est elle qui change l'histoire. On parle de ce qui s'est passé à Sciences Po, du fait qu'en gros, c'est très dit une fake news qui a pris de la proportion, il faut dire ce qu'il y a. Mais ce n'est pas une fake news. Mais bien sûr que si. Mais la vérité, c'est que ce n'est pas une fake news. Mais vous allez encore dans les médias, encore ce midi, je regardais... La jeune fille, j'ai entendu témoigner, elle a dit bien sûr que ça a été prononcé, ces mots-là. Toi, tu es sioniste, tu ne rentres pas. Ce n'est pas ce qu'elle dit.

Mais c'est ce qu'elle dit dans le pareil. Mais encore une fois, encore une fois, qu'il y ait eu des actes antisémites dans la période, on a vu que les statistiques le montraient. Je parle des universités, Paul. Mais bien sûr, je ne vois pas pourquoi les universités, ce serait un lieu où il y aurait moins d'antisémites dans le pays, alors qu'on sait qu'il y a des antisémites. Il y en a dans toutes les catégories sociales. L'antisémitisme est un artiste structurant dans la société française. Donc ça ne m'étonne pas. Et il est parfaitement condamnable.

Moi, ce que je remarque, c'est que là, on a essayé d'accuser d'antisémitisme des organisations qui ont systématiquement, et vous pouvez lire leurs communiqués, expliqué que justement, ils n'associent jamais les juifs à la politique de l'État d'Israël. Et c'est en ce sens qu'ils critiquent la politique de l'État d'Israël puisque les responsables de cette politique, ce sont les Netanyahou et les Bengvir et tous ces gens qui organisent une politique génocidaire sur place. Et vous pouvez même d'ailleurs regarder dans cette histoire-là, des étudiants juifs de Sciences Po ont écrit une tribune pour expliquer qu'il y avait eu une volonté d'instrumentaliser ce qui s'est passé.

Et c'est ça que je trouve déplorable. Déplorable. Tout est déplorable. Parce que ça nourrit les campagnes de McCarthy. Mais ça nourrit aussi, ça nourrit aussi les violences. Je suis désolé, les déclarations de David Guiraud depuis le 7 octobre, l'ambiguïté, les déclarations... Mais on ne va pas

40:56
Présentateur

comparer David Guiraud avec le Premier ministre ou bien le président du Sénat. Quand Jean-Luc Mélenchon

41:00
Intervenant

parle épingle Yael Bronfiger en disant qu'elle ne prend pas encore à Tel Aviv, OK, on peut faire ça. Puissance de Mélenchon politique dans le paysage français et puissance de Gabriel Attal. Elle était littéralement dans un camp de soldats. Arrêtez ce cinéma. Non mais surtout, Françoise... Soyez assez aimable d'arrêter de nous faire croire que rien n'est calculé.

41:19
Présentateur

Quand le Premier ministre annonce des mesures, disons, de police à Sciences Po où que Gérard Larcher dans une institution s'est ouverte au quartier parle de bunker islamo-gauchiste, il y a quand même quelque chose de rance.

41:36
Intervenant

Il y a quelque chose de rance dans le combat mené par un certain nombre d'organisations d'extrême-gauche. Je suis désolé. Il y a quelque chose de rance. Il y a quelque chose de rance. Et par ailleurs, je ne suis pas ni d'accord ni pas d'accord avec ça. La bunkerisation islamo-gauchiste, excuse-moi, j'ai l'impression d'entendre ça depuis sept ans. Ce mot, il est mis à toutes les sauces. Donc là, c'est la bunker...

41:57
Présentateur

Oui, mais c'est une violence qui est faite aux gens parce que dans l'islamo-gauchiste, il y a l'islam et il y a la gauche. Mais je suis d'accord avec toi. Donc les gens qui sont musulmans et de gauche, en fait, ont l'impression qu'on utilise ce mot pour les excuses. Non, mais c'est bon,

42:08
Intervenant

je viens déjà d'expliquer que c'est un terme qui... Non, non, je voulais juste te dire par rapport à Sciences Po qu'il y a aussi un problème de Sciences Po qui n'a strictement rien à voir avec ces questions-là. Je veux dire, on a oublié dans le fatras général que Mathieu Vichra a été obligé de démissionner. Il y a une instabilité à la tête de la direction de Sciences Po depuis des années qui fait que, honnêtement, la grande école de la rue Saint-Guillaume qu'on a connue est peut-être un peu moins une très grande école. Voilà, il y a un problème aussi, comment dirais-je, de gestion.

Rien à voir avec le Proche-Orient, rien à voir avec le 7 octobre, rien à voir avec l'engagement étudiant atteint du tel. Il y a quelque chose dans la gestion de Sciences Po qui ne va plus, tout simplement.

42:49
Présentateur

Oui, mais justement, dans ce contexte, les grandes écoles payantes comme HEC, etc., vont peut-être grand remplacer Sciences Po. On rappelle que dans ces écoles de commerce très chères où il y a moins de personnes issues des milieux populaires, il y a eu plein de scandales. Il y a eu des scandales dans les grandes écoles de commerce avec des violences sexuelles, des agressions, du bizutage, etc. Mais le gouvernement, les gens haut placés, n'en font pas des cloaks de harceleurs ou d'agresseurs.

43:18
Intervenant

Et puis des scandales à Sciences Po, il y en a toujours eu. Moi, quand je siégeais en tant qu'élu étudiant à Sciences Po, on a eu des scandales de surprimes, d'appartements loués. Vous pouvez regarder sur les successions après la mort de Richard Descoings. Donc, ce n'est pas la question. La question, encore une fois, là, c'est politiquement.

Ce qui est vrai, c'est que Sciences Po a eu, à l'époque, avec le syndicat étudiant, on avait participé à la réforme des voies d'entrée et qu'aujourd'hui, vous avez aussi un vivier de gens qui sont de jeunes, progressistes, diplômés, très impliqués politiquement sur toutes sortes de sujets et que, quand Gérard Larcher parle de bunker islamo-gauchiste, en fait, voilà, c'est l'expression de la panique identitaire, une partie de la droite réactionnaire coalisée dans ce pays sur ces questions anti-walkistes et qui ne supportent pas qu'il existe des propositions progressistes, des gens qui se battent pour expliquer qu'il faut remettre en cause les dominations et que ça implique de remettre en cause le fonctionnement général de l'ordre social.

C'est ça qui est le problème des anti-walkistes. Moi, je n'ai pas de problème, par exemple, avec le fait que, je sais que c'est un argument qui a été utilisé depuis quelques jours et moi qui me fais bondir, je n'ai absolument pas le problème avec le fait que 75 ou 50 % des étrangers de Sciences Po soient étrangers. Je n'ai aucun problème avec ça. Ça veut dire aussi qu'on a la capacité en France d'agréger, d'ouvrir. Enfin, c'est quand même la puissance aussi de la France et d'avoir la capacité de faire venir le monde.

44:39
Présentateur

Et ça rapporte en l'occurrence dans les relations internationaux.

44:44
Intervenant

Non, mais au-delà de ça, que c'est le fait que ça rapporte, moi, je ne veux pas faire de... Mais c'est aussi pour ça qu'on fait venir l'étranger pour concurrencer l'université américaine. Peut-être, mais la vérité, si tu veux, c'est que quand même, ça veut dire aussi que Sciences Po a une ouverture au monde. Voilà, et c'est très bien.

44:58
Présentateur

Alors, Françoise, tu es en colère contre la Commission européenne et c'est ton coup de gueule. Cinq minutes, tu as.

45:02
Intervenant

J'ai deux minutes et Paul va compléter. Je suis sûr, personne ne peut... Avec tout ce fatran, évidemment, de Sciences Po, on a complètement oublié et de grands discours d'Emmanuel Macron. Tout est passé à l'as. Vendredi, qu'a fait la Commission directive législative ? Elle a supprimé, écoutez bien, les jachères, c'est-à-dire que ce qui garantit en réalité que nos sols restent vivants, les exploitations en Europe ont l'obligation de réserver 4% de terres arables et de les mettre en jachère. D'accord ? Supprimé. Elle a supprimé les rotations de culture.

Vous avez l'obligation de tous les ans de changer à 35% de vos terres arabes de changer de culture sur 35% de vos terres arabes justement pour faire respirer la terre, pour ne pas être dans la manoculture qui nous tue. Supprimé. Elle a supprimé les pénalités, écoutez bien, pour toutes les exploitations agricoles de moins de 10 hectares, c'est-à-dire en gros, c'est la majorité des exploitations en France, moins de... 60% de la... Moins de 10 hectares, les contrôles environnementaux, d'accord, et les pénalités qui vont avec.

Mieux, ces décisions législatives qui ont été prises vendredi en catimini sont applicables au 1er janvier 2025, mais en réalité, elles sont rétroactives et sont applicables au 1er janvier 2023. Voilà. Moi, je suis écoeuré. C'est quelques gains. Et là-dessus, on peut féliciter véritablement une partie des socialistes européens. La France insoumise, les Verts, c'est un combat qui a été mené depuis 2019, mais vraiment, par la gauche, vraiment, c'est... Personne d'autre n'a mené ce combat. Ce n'est pas la peine qu'Emmanuel Macron nous chante des fables.

Si tu penses que Renew a mené ce combat, pas une minute, la gauche a mené ce combat, y compris la gauche au sein de socialistes européens, parce que dedans, les Allemands, etc., ils sont plutôt dans une logique productiviste. la délégation française du Parti socialiste, la délégation de Manon Aubry, la délégation des Verts, ça a été négocié pied à pied, ces choses ont été arrachées. Et là, c'est détricoté. C'est détricoté, tu sais comment ? Trois tracteurs, des vraies revendications de pouvoir d'achat et de la détresse. Voilà. Eh bien, c'est détricoté en quatre minutes. J'ai envie de pleurer parce que Manon Aubry a dit une chose que j'ai adorée dans le meeting.

Elle a dit quand la planète sera morte, quand la planète sera morte, qu'est-ce qu'on en aura à faire, si tu veux, de la fiscalité ? On parle de l'essentiel. On parle de l'essentiel. Nous sommes en train de nous tuer nous-mêmes et voire de tuer l'espace humain. Non, mais je suis sérieuse. Je deviendrai quasiment moi, là, dans les dernières parties de ma ville, à les 30 ans qui me restent à vivre. Je me demande si je ne vais pas devenir écologiste radical. Éco-terroriste. Ah, mais oui, je me demande parce que je me dis mais en fait, c'est eux qui ont raison. C'est ça le sujet. C'est ça le combat.

48:08
Présentateur

Françoise, bientôt soulèvement de la terre. Ah oui,

48:10
Intervenant

pourquoi non ? J'imagine que tu es d'accord. Oui, mais il faut se le dire, le capital est entré dans une guerre totale contre l'écosystème. C'est le cas là parce qu'en fait, c'est un double retour. C'est des politiques qui mènent, qui en fait, ne touchent pas au cœur du système, ne s'attaquent pas à la question de l'industrie pétrolière, de l'industrie, des énergies fossiles, et donc du coup, va commencer à organiser des objectifs écologiques mais sans en donner les moyens d'une transition aux gens qui peuvent être touchés, typiquement les agriculteurs, et ils reviennent et en fait, ils s'en profitent pour supprimer toutes les normes écologiques. Mais c'est pareil ailleurs.

Là, j'ai eu la chance la semaine dernière de m'entretenir avec André Asmalm. Tu parlais d'écoterrorisme, il avait été accusé par Darmanin, qui est un très grand professeur d'écologie humaine et qui dit, là, on va même, au niveau des énergies carbonées, rentrer dans l'ère du dépassement, l'idée qu'on peut dépasser les 1,5 degré, les 2 degrés et continuer à surconsommer des énergies carbonées pour ensuite, soi-disant, par des miracles technologiques, de capture de carbone, etc., pouvoir refaire redescendre.

Et que donc, du coup, la question du capital, c'est vraiment de dire, mais comment je fais pour que mes intérêts propres, même lorsqu'ils sont contraires au maintien de la vie sur Terre, prévalent sur toute autre chose ? Et c'est extrêmement inquiétant ce qui s'est passé en Union européenne et c'est effectivement une très bonne raison pour soutenir les listes qui, aux européennes, mettent au cœur de la bataille cette question des normes environnementales et du désastre qu'est la politique agricole commune aujourd'hui sur toutes les questions agricoles quand elles sont gérées par les néolibéraux et la droite. Non, non, mais il a raison.

C'est-à-dire que c'est le résultat, en réalité, d'une prolongation d'un système qui est mort. C'est-à-dire que le capitalisme, aujourd'hui, le capitalisme agricole, l'agrochimie, c'est un canard qui court sans tête. C'est-à-dire que c'est un canard qui pense encore qu'il est vivant, mais en réalité, il est déjà mort. Et il est déjà mort, il est pourtant bien vivace et il accumule des dividendes et il se gave, il se goiffre. Enfin, je ne sais pas si vous voyez, mais la réalité, c'est que ça nous entraîne cette illusion, finalement, d'avidité, de toujours vouloir gagner plus, d'être encore plus productiviste.

Ils arrivent même à croire à leurs arguments complètement fous de nourrir la planète avec de la merde, il faut quand même le dire. Eh bien, tout ça nous entraîne collectivement vers une mise en danger de l'espèce humaine.

50:26
Présentateur

Merci Françoise, merci Paul, merci à vous d'avoir regardé cette édition de Sans langue de bois. Restez sur le canal 350 de la Freebox et si vous nous regardez sur YouTube, abonnez-vous à notre chaîne, activez la cloche et mettez des petits pouces en l'air. Votre média ne vit que des abonnements et des dons de celles et ceux qui l'aiment comme vous. Si vous le pouvez, donnez-nous de la force en allant sur lemédiatv.fr et quant à moi, je vous dis à plus.