Face à Face : Marine Le Pen - 16/03
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, face à face, à Pauline de Malherbe. Il est 8h33 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Vous êtes la présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. Vous êtes députée du Pas-de-Calais. Vous êtes évidemment ancienne candidate et peut-être à nouveau candidate à l'élection présidentielle.
Vous étiez où depuis deux mois ? J'étais à l'Assemblée Nationale. Nous faisions le travail pour lequel nous avons été élus, c'est-à-dire défendre les Français, sans tomber dans l'obstruction parlementaire qui va à l'encontre de leurs intérêts, et sans buzz, sans coup de bluff, un travail sérieux, un travail encore une fois très concentré sur la défense de l'intérêt de nos compatriotes.
Mais j'ai presque envie de dire que vous n'aviez pas besoin de coup de bluff ou de buzz, parce qu'en fait vous l'avez eu par procuration. En quelque sorte, pour vous, c'est un peu tout bénef, c'est-à-dire qu'ils ont fait le boulot, les syndicalistes, LFI, ils ont mené la bataille, ils ont fait la mobilisation.
D'abord, la France Insoumise n'a pas fait le boulot. La France Insoumise, alors que nous étions dans un temps parlementaire contraint, a empêché le rejet du texte, puisqu'il a empêché le vote sur le texte. Donc, ils ont fait un choix qui était un mauvais choix. Ils s'en sont d'ailleurs rendus compte, puisqu'au dernier moment, ils ont envisagé de retirer massivement leurs amendements. Il était trop tard pour pouvoir arriver au vote de l'article 7, qui est l'article, pas le seul, mais qui est un des articles évidemment très importants. Qui est l'article sur le report de l'âge. L'article sur le report de l'âge de départ à la retraite.
Donc, ils ont fait absolument n'importe quoi, en pensant que c'était leur intérêt politique, et sans jamais penser à l'intérêt des Français. Nous avons fait exactement l'inverse de cela. Nous n'avons pensé qu'à l'intérêt des Français, et nous sommes aujourd'hui au moment crucial de cette réforme des retraites, puisque va avoir lieu cet après-midi, ou non d'ailleurs, nous n'en savons toujours rien, le vote sur cette réforme.
On va regarder ensemble les différents scénarios possibles, et en fonction des scénarios, quelle sera l'attitude du Rassemblement National. Mais je reviens quand même encore là-dessus, parce qu'en effet, on a l'impression que pour vous, c'est tout bénef, et j'en veux pour preuve ce que disent justement les opposants à cette réforme, comme Laurent Berger ou Philippe Martinez. Laurent Berger, il dit, « La responsabilité de ce qui se passera sera celle du pouvoir en place. Ils mettent en garde contre le risque Rassemblement National. » Voilà son mot. Philippe Martinez de la CGT, qui dit, « Restez sourd à ce qui se passe dans le pays, c'est aider le RN.
» En gros, c'est qui perd-gagne, c'est-à-dire que finalement, soit la réforme passe en force, et vous raflerez sans doute la mise, d'après tous les commentateurs, aux prochaines élections, soit elle ne passe pas, et dans ce cas-là, il y aura peut-être dissolution, et à ce moment-là, c'est sans doute vous qui à nouveau en profiterez.
Oui, mais que les syndicats s'occupent de l'intérêt des salariés, plutôt que des résultats des futures élections, parce qu'ils ne sont pas là pour faire de la politique quand même, je le rappelle. En revanche, nous, nous sommes là pour faire de la politique. Nous avons proposé une réforme des retraites, je l'ai proposée pendant la campagne présidentielle. C'était une réforme juste, qui est exactement, il faut bien le dire dans l'esprit, l'inverse de celle d'Emmanuel Macron. C'est-à-dire que notre réforme à nous, c'était tous ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans, partiront à 60 ans avec 40 annuités.
Parce que c'est juste, parce que quand on commence à travailler plus tôt, ça veut dire qu'on travaille plus dur, et qu'on doit partir plus tôt. Puis, progressivement, en fonction de l'âge d'entrée dans le monde du travail, on va jusqu'à maximum 42 annuités et maximum 62 ans d'âge légal. Ça, c'est une réforme juste que tous les Français peuvent comprendre et qui ne les embourbe pas dans des complexités absolument inouïes pour arriver à un résultat détestable parce qu'il est, encore une fois, injuste. Parce qu'on parle beaucoup des carrières longues et on va encore en parler. Parce que là, il y a eu un énorme mensonge de la Macronie et de LR. Énorme mensonge !
Dans la commission mixte paritaire, dans le texte qui en sort, ils promettent d'avoir fait un pas vers les demandes de LR, 43 ou 44 années de cotisation pour ceux qui ont recommencé à travailler tôt, pour lesquels il y aurait maximum, maximum, effectivement, 43 années de...
Oui, mais il n'y a qu'un malheur,
il n'y a qu'un malheur, si vous voulez.
C'est que LR et la Macronie et ses alliés, d'ailleurs, vont sur tous les plateaux pour dire, pour laisser penser aux Français que ceux qui ont démarré avant 20 ans ne cotiseront que 43 ans maximum, comme s'il n'y avait plus d'âge légal. C'est un énorme mensonge. Énorme mensonge ! Parce qu'en réalité, il y a des gens qui commenceront à travailler à 18 ans et qui cotiseront 44 ans. Parce qu'il y a un double critère dans notre modèle de retraite. Il y a l'âge légal et le nombre d'annuités. Donc, ils mentent éhontément. Et d'ailleurs, dans le communiqué de LR qui a été immédiatement retiré parce qu'il a été envoyé par erreur...
Je rappelle à ceux qui n'auraient peut-être pas suivi, en effet, parmi les épisodes de la journée d'hier, avant les épisodes de la journée d'aujourd'hui, il y a eu ce communiqué du groupe et du parti Les Républicains qui se félicitait des conclusions de la commission mixte paritaire, alors même que cette commission mixte paritaire n'avait absolument pas fini et donc que ce communiqué a été envoyé à tort trop tôt.
Communiqué daté du 5 mars, ce qui prouve que tout était magouillé en réalité depuis au moins 10 jours entre LR et la Macronie. LR, objectivement, se tient et se comporte extrêmement mal à l'égard des Français dans cette réforme des retraites. On apprend d'ailleurs au passage, je suis assez frappé de voir que certains trouvent que c'est la règle du jeu, qu'il y a des propositions d'achat de vote. Il y a des députés LR qui sont venus témoigner que des conseillers de ministres, des ministres eux-mêmes d'ailleurs, les avaient contactés en leur disant si vous votez pour, vous aurez tant de millions pour votre circonscription.
que l'on puisse considérer que c'est la règle du jeu ça, meurtent profondément. Parce que ça, ça s'appelle de la corruption. D'accord ? Nous sommes dans une démocratie mature. Nous ne sommes ni dans Game of Thrones, ni dans House of Cards. D'accord ? Donc, accepter cela, accepter qu'il existe une suspicion telle que celle-là sur les votes qui vont avoir lieu cet après-midi, c'est un drame pour notre démocratie. Et ceux qui éventuellement se seraient commis, évidemment, dans ce genre de manœuvre, de magouille, parce qu'il s'agit de magouille, eh bien, seront, à mon sens, des crédibles. Cela entache pour vous
la crédibilité des voix LR qui pourraient se porter sur ce projet de loi ? En tout cas,
ce qui est sûr, c'est que ça crée un doute. Ça crée un doute. Voilà. Donc moi, ce que je viens de dire, c'est que lorsqu'on est contre la réforme des retraites, on vote contre la réforme des retraites. Et je ne veux pas entendre des députés LR s'abstenir en disant « Ah, vous voyez, je ne l'ai pas voté. » Parce que s'abstenir dans la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui, aussi proche, encore une fois, en termes de voix entre les pour et les contre, s'abstenir, c'est voter pour. S'abstenir, c'est permettre à cette réforme des retraites de passer. Donc quand on est contre, on vote contre. Ce serait une forme de lâcheté pour vous de s'abstenir ? Évidemment.
Ce serait une forme de lâcheté, évidemment. Je rappelle les règles, en effet.
À partir du moment où il y a des députés qui s'abstiennent, ça fait baisser mécaniquement la barre de la majorité nécessaire pour faire passer le texte. Et donc ceux qui s'abstiennent majorité de ne pas avoir à monter trop haut dans le nombre de députés favorables. J'espère que ça a été à peu près clair
pour ceux qui nous écoutent. On en revient à cette réforme de retraite. Injuste, mal préparée, mal calibrée, mal présentée, où des mensonges absolument continu ont été proférés. Le mensonge sur les 1 200 euros, le mensonge sur les carrières longues, le mensonge, d'ailleurs, sur le CDI senior, dont on sait bien qu'il est anticonstitutionnel parce qu'il n'a pas fait l'objet d'une négociation préalable avec les syndicats.
C'est ce que disait Charles Lecourson d'ailleurs il y a quelques jours. Il disait qu'il sera inconstitutionnel, il sautera au Conseil constitutionnel.
Bien sûr. Donc cette succession de mensonges devrait pousser et, pardon, la succession de mensonges, l'injustice de la réforme, car encore une fois, ce que je disais tout à l'heure, c'est qu'on parle des carrières longues, mais on oublie quand même l'élément essentiel de cette réforme. tout le monde va travailler jusqu'à 64 ans. Au-delà des carrières longues, tous les autres Français vont travailler deux ans plus. C'est ce que défendent. Vous gardez là-dessus, il n'y a pas de jeu de loup. Oui, mais on oublie. C'est assez clair. Oui, mais on oublie, si vous voulez, le cœur de cette réforme qui est profondément injuste pour, encore une fois, l'ensemble des salariés français.
Il y a plusieurs points. Et tout ceci, excusez-moi, pardon, et tout ceci, au moment, au moment où l'inflation alimentaire explose, où nous sommes face à ce mur de l'inflation que j'avais annoncé lors de la campagne présidentielle, au moment où le carburant est à 2 euros, au moment où un certain nombre d'entreprises, notamment des TPE-PME, sont en train de mettre la clé sous la porte à cause du prix considérable de l'énergie. C'est ce moment-là que choisissent les responsables politiques de la Macronie et LR pour imposer aux Français une réforme qui est une réforme très brutale.
Revenons sur le détail avant de revenir à la question des scénarios de la journée et de cette potentielle 49-3, motion de censure, dissolution. D'abord, cette question, vous avez dit, un, qu'avec vous, les gens qui auraient commencé à travailler tôt ne travailleraient pas plus longtemps. Je voudrais quand même une précision parce qu'il y a beaucoup de questions sur cela. Sur l'apprentissage, est-ce que vous, si c'était votre réforme, vous tiendriez compte des années d'apprentissage de ceux qui ont fait un apprentissage il y a 20 ans, il y a 25 ans, pour qui aujourd'hui ces années ne sont pas considérées, ne comptent pas ?
Alors moi, je vais vous dire, je pense très sincèrement qu'il faut se poser la question de l'apprentissage et à tout le moins se poser la question de la moitié de ce temps qui est un temps de travail. Car l'apprentissage, c'est ça, c'est moitié en entreprise. ça ne suffit pas ? Si, parce que ça permet d'y apporter des réponses. On peut très bien considérer demain que l'on pourrait accorder un certain nombre de trimestres à ceux qui sont entrés en apprentissage tôt, d'autant que nous sommes pour l'incitation à l'apprentissage. Vous le ferez ?
Vous le ferez Marine Le Pen ?
Oui, bien sûr, je réfléchirai à cette question-là parce que je vous rappelle que pendant la campagne présidentielle, j'avais fait des propositions pour pousser à l'apprentissage. Mais justement, réfléchir, ce n'est pas encore tout à fait une réponse. Si, c'est déjà une réponse parce que je trouve que c'est juste. Mais encore une fois, j'avais proposé qu'il y ait une prime supplémentaire qui soit accordée aux apprentis et aux alternants. C'était de 200 à 300 euros, ce qui avait évidemment une conséquence importante sur l'attractivité de ce type de formation. Dans votre programme, il y a aussi la question de la politique familiale.
Il y a une surcote de 5% pour les femmes avec enfants qui a été décidée dans la commission mixte paritaire. Est-ce que ça, vous vous en réjouissez ?
Est-ce qu'on peut se réjouir des quelques miettes que l'on donne aux femmes qui sont les grandes victimes de cette réforme de retraite ? Non, je ne peux pas m'en contenter. C'est une évidence. Je veux dire, les femmes sont les premières victimes de cette réforme de retraite pour une raison très simple. C'est qu'en réalité, les trimestres qu'elles ont obtenus du fait de la naissance de leurs enfants ne servent plus à rien. Voilà, c'est ça la réalité. Elles devront quand même travailler deux ans de plus. Et en cela, le bénéfice de cette avancée sociale et de cette aide en fait aux mères de famille est anéanti. Marine Le Pen,
que va-t-il se passer aujourd'hui ? Au moment où l'on se parle, il y a une réunion d'urgence qui a été demandée à l'Élysée avec les chefs de groupe de la majorité. Ils sont sans doute en train de compter le nombre de voix et de voir s'ils peuvent se passer ou non d'un 49-3. Premier scénario, il y a un vote et en effet, le gouvernement obtient une majorité. Est-ce que dans ce cas, vous respecterez cette loi ? Est-ce que vous considérez qu'elle est légitime, qu'on la respecte ?
Non mais pardon, mais moi, je suis une élue encore une fois d'une république mature. Quand le texte est voté, il est voté. Je viens de dire aux Français, si jamais par malheur ce texte est voté et si nous gagnons la future élection présidentielle, nous supprimerons ce texte et nous mettrons en œuvre la réforme dont je vous ai parlé tout à l'heure. C'est-à-dire qu'à la prochaine alternance, ce texte partira aux oubliettes parce qu'encore une fois il est injuste, parce qu'il est brutal, parce qu'il n'est même pas justifié sur le plan budgétaire et financier. Voilà ce que je viens de dire. Mais je respecte bien entendu les votes de l'Assemblée. Encore faut-il. Enfin, encore faut-il.
Mais il serait bien qu'il y ait un vote. Parce que je rappelle quand même le principe démocratique. Oui, oui, vous faites partie de ceux qui disent qu'il ne faut pas qu'il y ait de 49.3. Voilà, c'est ça. Le principe démocratique, c'est que le texte doit être voté à l'Assemblée nationale et s'il est rejeté,
eh bien il ne s'applique pas. Eh bien j'allais y venir, il y a deux autres scénarios. Donc premier scénario, ça passe. Deuxième scénario, il y a un vote mais ça ne passe pas. Et troisième scénario, il y a un 49.3. Deuxième scénario, vote mais la majorité n'y est pas. Dans ces cas-là, le texte est rejeté et Emmanuel Macron a prévenu cette nuit ses députés que s'il n'y avait pas le compte, dans ce cas-là, il entraînerait
une dissolution. D'accord. Donc après les achats de voix, les menaces, décidément, là on a la panoplie, toutes les cases sont cochées. Eh bien très bien qu'il fasse une dissolution, ça ne me pose aucun problème. Aucun problème. Moi, revenir au pot ne me pose jamais aucun problème. Donc chiche. Chiche. Voilà. Qu'on rejette ce texte, qu'on soit majoritaire pour rejeter ce texte et qu'on parte aux élections. Aucune difficulté.
Troisième scénario, le gouvernement réalise qu'il n'a pas le nombre de voix nécessaire et décide de dégainer le 49-3. Passage en force, dans ce cas-là, le texte est adopté mais immédiatement derrière, il y aura des motions de censure. Il y en aura une de votre côté, non ?
Oui, bien sûr. Bien sûr, je l'ai dit. Vous savez, moi, je fais ce que je dis, je dis ce que je fais. J'ai toujours indiqué que s'il y avait un 49-3, non seulement nous déposerions une motion de censure mais que nous voterions l'intégralité des motions de censure.
L'intégralité des motions de censure, ça veut dire que vous pourriez voter une motion de censure déposée par Charles de Courson. Il était mon invité cette semaine. Par tout le monde. Ce n'est pas de problème. On le sait très bien. La vôtre n'aurait aucune chance de passer parce que LFI a déjà prévenu qu'il ne voterait pas votre motion de censure.
La seule qui aurait une chance de passer... Donc, en réalité, vous êtes en train de me dire mais c'est bien que les Français l'entendent, que la France insoumise laisserait, en réalité, le gouvernement qui vient de faire passer cette réforme de retraite par le 49-3 en place uniquement pour des raisons politiciennes. Vous, vous faites l'inversaire que vous, vous annoncez que vous voterez toute les motions de censure d'où qu'elles viennent. Je ne pense qu'à l'intérêt des Français. Je ne pense pas à mon intérêt électoral. Je ne pense pas à mon intérêt politique. J'ai été élue, moi et l'ensemble des députés du Rassemblement National pour défendre les intérêts des Français.
Donc, nous ferons tout ce qui est possible pour empêcher, encore une fois, le vote de cette réforme des retraites démocratiquement et tout ce qui est possible pour faire chuter ce gouvernement si jamais il utilise le 49-3 pour faire passer une réforme qui est rejetée par une majorité Est-ce que vous discutez
avec Charles de Courson et avec son équipe puisqu'il veut déposer cette motion transpartisane ? Est-ce que ça va jusqu'à vous transpartisane ?
Je ne sais pas, nous verrons. Je n'en sais rien et ça n'est pas très grave. Enfin, vous le sauriez si vous avez appelé. L'important, je vais vous dire une chose. Donc là, il ne vous a pas appelé ? Non, il ne m'a pas appelé sur une motion de censure. J'ai eu des échanges sur des motions de rejet mais pas sur des motions de censure. C'est quoi la différence ? C'est un peu compliqué. Par exemple, si on utilise le 49-3, on ne peut pas, par définition, la motion de rejet du texte ne peut pas être votée. Donc s'il y a 49-3,
c'est une motion de censure. S'il n'y a pas de 49-3, c'est une motion de rejet. Il peut y avoir
une motion de rejet, exactement. Et qui peut également, d'ailleurs, voir une majorité se dégager. Pourquoi pas ? Donc ça, s'ils annoncent tout, s'ils annoncent passer au 49-3, vous déposerez une motion de rejet. On votera tout ce qui peut empêcher la mise en œuvre de cette réforme des retraites. Nous sommes très clairs sur ce sujet.
La France Insoumise, les syndicats, appellent à manifester, à se rassembler autour de l'Assemblée nationale aujourd'hui. Est-ce que vous entendez cet appel-là ? Est-ce que vous dites pourquoi pas à ceux qui votent pour vous
de venir auprès de l'Assemblée ? Mes électeurs sont parfaitement libres de participer aux manifestations. Je considère que l'expression de l'opposition du peuple français dans la rue et l'expression de l'opposition des députés au sein de l'Assemblée nationale ne sont pas contradictoires. Vous n'avez jamais appelé aux grèves ? Il n'y a pas de compétition de légitimité. Il y a des moyens d'action qui sont différents. Et donc, s'ils veulent manifester, eh bien, soit qu'ils manifestent.
Moi, tant que, si vous voulez, ces manifestations se passent, et c'est le cas jusqu'à présent de manière pacifique, tant que les actions qui sont menées ne visent pas des gens personnellement, comme ça a été le cas pour les coupures d'électricité où je suis, pour le coup, très opposé à des coupures d'électricité qui visent tel ou tel député parce que ça m'apparaît aller au-delà de la contestation normale dans une démocratie.
Il n'y a aucune difficulté. Marine Le Pen, les poubelles qui s'accumulent, qui sont donc le résultat des grèves des éboueurs, il y a un bras de fer entre Gérald Darman et un ministre de l'Intérieur, Anne Hidalgo, maire de Paris, il lui demande la réquisition. Le préfet de Paris a dit qu'il y aurait réquisition des éboueurs pour qu'ils reviennent travailler. Est-ce que vous considérez qu'il faut en effet réquisitionner les éboueurs face à la situation ou est-ce qu'au contraire vous êtes plutôt du côté du respect du droit d'électricité ?
C'est un petit peu un conflit entre ceux qui ont voté pour Emmanuel Macron en fait. Parce que Mme Hidalgo a aussi voté pour Emmanuel Macron. Non, je me permets de le rappeler parce que si vous voulez tous ceux qui aujourd'hui font mine de se scandaliser de cette réforme des retraites ont quand même tous appelé pour Emmanuel Macron. Mais il l'assume, je pense à Laurent Berger
qui dit entre Marine Le Pen ou la retraite à 65 ans,
je préfère encore la retraite à 65 ans. Donc entre la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt et 62 ans avec 42 annuités pour ceux qui ont commencé à travailler postérieurement, eh bien, ils préfèrent la retraite à 64 ans. Bon, au moins, les choses sont claires.
C'est pas parce qu'ils parlent entre eux que vous n'avez pas une opinion. Qu'est-ce que vous feriez ?
Ils ont tous appelé à voter pour Emmanuel Macron. Ça, c'est du passé. Aujourd'hui,
il y a cette situation.
D'abord, je tiens à exprimer à l'égard des éboueurs la compréhension qui est la mienne de leur rejet de cette réforme des retraites parce qu'il est évident que ça fait partie des métiers pénibles, des métiers d'ailleurs dont on a eu besoin, dont on était bien content qu'ils soient là lors de la crise du Covid. Et par conséquent, je comprends tout à fait leur opposition à cette réforme que je partage, je le redis une nouvelle fois. À partir du moment où des problèmes sanitaires commencent à se poser, alors oui, évidemment, il faut régler le problème pour des raisons sanitaires. Je vous donne un autre exemple.
Si par exemple, une usine de traitement des eaux était en grève et que donc l'eau qui arrive à votre robinet n'était pas traitée, ça entraînerait un problème sanitaire pour la population et ça, il est évident que c'est la limite en quelque sorte. Donc, vous appelez malgré tout les éboueurs
à reprendre le travail ?
Oui, je les appelle à reprendre le travail ou j'appelle les services publics à faire en sorte qu'il n'y ait pas de problèmes sanitaires liés à la grève des éboueurs.
Un dernier mot, Éric Zemmour sort un livre aujourd'hui dans lequel il parle notamment de vous. Elle ne se soucie pas des idées à ses yeux. Tous ceux qui aiment leur maniement, le maniement des idées, ne sont que des idéologues. Elle habille des oripeaux du pragmatisme, son mépris de tous les concepts et de la culture.
Non, mais encore une fois, les idées, je les respecte, bien entendu, je les défends, mais derrière, il y a des hommes et des femmes. C'est peut-être ça qu'Éric Zemmour, pour le coup, a oublié au cours de sa campagne présidentielle. C'est que les idées, les propositions politiques que l'on fait, elles s'appliquent à des hommes, à des femmes. Et donc, le peuple est effectivement l'élément essentiel de ma réflexion et son intérêt est l'élément essentiel de ma réflexion. Moi, je veux dire, en politique, il y a une règle qui est très claire. Lorsque vous écrivez un livre de règlement de compte, ça s'appelle un testament. C'est le testament d'Éric Zemmour, pour vous ? Ça veut dire qu'on part.
Parce que sinon, on ne fait pas un livre de règlement de compte. On fait un livre pour proposer. On fait un livre pour tracer des routes. On fait un livre pour décrire l'opposition constructive à la politique actuelle.
Marine Le Pen, merci d'avoir répondu à mes questions au matin de cette journée cruciale. On a bien compris quelle serait votre attitude en fonction des différents scénarios. Il est 8h53 et vous êtes bien sur AMC BFM TV. Dans un instant,
Marine Le Pen