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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 18 novembre 2020 25 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Confinement, complotisme, élections régionales... le "8h30 franceinfo" de Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:35FerméeRéponse partielle

    Serrons les dents jusqu'au 1er décembre et déconfinons ensuite, vous êtes d'accord avec elle ?

  • 2:54RelanceRéponse directe

    Lesquelles ? Comme quoi ?

  • 6:29OuverteÉludée

    Est-ce que pour vous, ça s'appelle des prières de rue ?

  • 7:26OuverteRéponse partielle

    Pourquoi Gérald Darmanin a dit si ça continue, il enverra les forces de l'ordre ?

  • 9:53OuverteRéponse directe

    Quand le vaccin arrivera, est-ce que vous serez volontaire pour vous faire vacciner ?

  • 10:43RelanceRéponse directe

    Vous l'êtes pour les personnels de l'hôpital, je crois, c'est ce que vous avez dit il y a quelques jours.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:05Invité politiqueChiffre
    « Il y a 75% des français qui dit que le pays n'était pas prêt »
  • 1:36Invité politiqueFait
    « Si vous perdez 49% de votre chiffre d'affaires, vous êtes une PME, et bien vous n'avez le droit à rien. Si vous perdez 51% de votre chiffre d'affaires, vous avez le droit aux aides. »
  • 3:03Invité politiqueChiffre
    « Depuis plusieurs semaines, on a déversé les 2 millions, à part le Royaume-Uni. »
  • 3:20Invité politiqueFait
    « Nous sommes aujourd'hui en pénurie. »
  • 3:48Invité politiqueFait
    « le ministre de la Santé, en disant qu'il faudra produire des masques, il faudra produire des vaccins, du gel, etc. »
  • 13:23PrésentateurChiffre
    « Plus d'un électeur sur deux de Marine Le Pen pense que la mort de Lady Di est un assassinat maquillé. »
  • 18:57InvitéChiffre
    « 13% des flacons ne sont pas assez dosés en alcool selon les tests de la répression des fraudes »
  • 19:25InvitéChiffre
    « Plus de 20 000 édifices ont besoin d'une intervention conséquente »

Temps de parole

  • Sébastien Chenu74 %
  • Présentateur12 %
  • Invité9 %
  • Invité 24 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour. Voilà deux semaines que la France est confinée. Emmanuel Macron devrait s'exprimer face aux Français, sans doute en milieu de semaine prochaine. Le déconfinement, le deuxième de l'année étant vu, voici ce qu'on disait il y a deux jours la ministre Agnès Pagné-Renaché sur ce même plateau.

0:18
Invité

Serrons les dents encore 15 jours et regardons au 1er décembre ce qui peut être réouvert. Pour nous, ce serait idéal de pouvoir permettre quelques réouvertures de commerçants au 1er décembre. On n'y est pas encore et on fera tout pour ralentir la circulation du virus.

0:35
Présentateur

Serrons les dents jusqu'au 1er décembre et déconfinons ensuite, vous êtes d'accord avec elle ?

0:40
Sébastien Chenu

Moi je crois que ce qu'il faut arrêter c'est cette espèce d'ascenseur émotionnel permanent. Vous avez Bruno Le Maire qui dit il faut que les commerces puissent rouvrir le 27 novembre. Le lendemain, Olivier Véran qui dit pas du tout, il faut continuer à tenir. Agnès Pagné-Renaché nous dit bon on fait un truc à mi-chemin. À un moment il faut que les choses soient claires et c'est probablement ce qui explique que ce deuxième confinement et donc déconfinement soit moins bien perçu par les français.

Il y a 75% des français qui dit que le pays n'était pas prêt et surtout aujourd'hui il y a une forme de défiance des français en ce qui concerne les mesures du confinement et les mesures probables de déconfinement comme les réouvertures de commerce. Je pense que là on touche du doigt tout ce qui n'a pas été non seulement anticipé mais ça on a eu l'occasion d'en parler et on en reparlera si vous le souhaitez sur les tests etc. Également tout l'aspect bureaucratique de la gestion de cette pandémie. Je pense par exemple aux aides financières. Alors si vous perdez 49% de votre chiffre d'affaires, vous êtes une PME, et bien vous n'avez le droit à rien.

Si vous perdez 51% de votre chiffre d'affaires, vous avez le droit aux aides. Donc vous voyez il y a des mesures bureaucratiques assez incohérentes. Et puis cette infantilisation permanente qui est vécue presque comme une humiliation par les gens. Enfin le décret sur le sapin de Noël dont on a tous entendu parler. Le ministre de l'agriculture qui nous dit génial un décret écrit pour acheter un sapin de Noël. On a l'impression sincèrement de dégringoler notre siège. Ces attestations avec un contrôle de la police qui sont vécues comme des humiliations quotidiennes par les français. Vous auriez fait vous un confinement sans attestation de sortie ?

Oui mais je crois que ça ne sert pas à grand chose en réalité. puisque 60% des français nous disent, pour ceux qui ont eu l'honnêteté de le reconnaître, qu'ils avaient violé la règle au moins une fois. Donc on voit bien que ce n'est pas le sujet. Mais vous voyez, mesures bureaucratiques incohérentes, absence d'anticipation, mesures vécues comme des humiliations permanentes, une ingérence dans la vie privée. Il ne faut pas être plus de 6 chez vous. On va prendre un décret pour bientôt... Ça s'appelle un confinement. Oui mais les guirlandes et les boules. Je veux dire, tout ça montre que les français ne sont pas convaincus.

Alors que, et si vous voulez, on peut en parler, il y a toute une batterie de mesures qui ne sont toujours pas mises en œuvre, à côté desquelles on passe, qui existent dans d'autres pays. Lesquelles ? Comme quoi ? Par exemple, cette politique des tests massifs. Je vous donne un exemple, il y a des...

3:00
Invité

Il y a beaucoup de tests désormais. Depuis une semaine.

3:03
Sébastien Chenu

Depuis plusieurs semaines, on a déversé les 2 millions, à part le Royaume-Uni. Pendant 6 mois, c'est là où il fallait produire des tests. J'entends d'ailleurs qu'on devient en pénurie à la fois de tests antigéniques dans les pharmacies. Nous sommes aujourd'hui en pénurie. Tout comme nous sommes en pénurie de vaccins contre la grippe. Tout ça n'a donc pas été correctement anticipé.

3:25
Présentateur

Sur les vaccins contre la grippe, vous savez que les commandes passées cette année, Sébastien Chénu, ont été supérieures, je crois, de 30% des autres années. Mais ce qui a changé, c'est que les commandes, elles ont été passées il y a plusieurs mois, parce que le vaccin, vous savez qu'on le prépare en début d'année. Ce qui a changé, c'est que des millions de Français, qui d'habitude ne se font pas vacciner, ont décidé de le faire cette année.

3:41
Sébastien Chenu

Et ça, on ne pouvait pas l'anticiper. En janvier dernier, c'était sans doute difficile. On n'avait pas imaginé, en janvier, au moment où Marine Le Pen interpellait à l'Assemblée nationale, le ministre de la Santé, en disant qu'il faudra produire des masques, il faudra produire des vaccins, du gel, etc. On n'avait pas imaginé qu'au moment où la grippe allait arriver, les Français n'allaient pas se ruer sur les vaccins grippaux pour se protéger. Voyez-vous, ces mesures d'anticipation, elles n'ont pas été au rendez-vous, et donc on est dans ces situations difficiles. Ces mesures incohérentes, administratives, bureaucratiques, aujourd'hui, elles inquiètent les Français.

Et là encore, elles ont des répercussions très concrètes dans la vie économique de notre pays. Je crois que le gouvernement nous démontre, et Jean Castex en particulier, qu'il n'est pas à la hauteur.

4:18
Invité

Les commerçants qui manifestent, vous pourriez les rejoindre dans la rue ?

4:22
Sébastien Chenu

Moi, je n'appelle pas les commerçants à braver les interdictions. J'appelle les commerçants, effectivement, et je salue ceux qui attirent l'attention des pouvoirs publics, et ils l'ont fait dans mon département de Maubeuge, avec beaucoup d'efficacité, à faire passer un message, l'État doit indemniser. L'État a choisi une politique qui est celle que nous connaissons, il doit donc être à la hauteur de celle-ci, il doit indemniser, et l'État doit permettre une ouverture, maintenant, rapide, des commerces, non pas des petits commerces, des commerces de proximité. L'aspect petit commerce, c'est un côté très péjoratif, alors que leur fonction dépasse simplement celle du commerce.

Donc moi, je soutiens, évidemment, à 100% les PME, les TPE. Oui, mais il y a des aides, mais on peut aller beaucoup plus loin, on peut être beaucoup plus concret, on peut être moins bureaucratique. Je peux vous en citer quelques-unes, quelques propositions que nous faisons. Par exemple, au niveau local, on peut, évidemment, dispenser nos commerces de la CFE. Ça, c'est au niveau local. Il peut y avoir des plans de soutien au commerce au niveau local. Moi, je l'ai réclamé dans ma commune de Denain, ce n'est toujours pas fait. Ça, on peut prendre, évidemment, les loyers en charge.

Vous voulez dire que toutes les mairies tenues par le Rassemblement national ont mis en place l'ensemble de ces mesures ? Oui, c'est le cas à Hénin-Beaumont, par exemple. Toutes les autres ? La CFE, ce sont les communautés d'agglo, donc nous n'en détenons pas.

5:35
Invité

Et la CFE, pour que les gens qui nous écoutent ne savent pas ?

5:38
Sébastien Chenu

Oui, c'est la contribution foncière des entreprises que récupèrent, qu'engrangent les agglomérations. On peut effacer les charges sociales, pas les décaler, mais les effacer. Je vois aussi, par exemple, que les prêts garantis par l'État arrivent à échéance. Il va bientôt falloir rembourser. Eh bien, un moratoire, par exemple, sur les frais bancaires. Ça, c'est très concret. C'est une initiative qu'on peut prendre. Et puis, je voudrais aussi qu'on mobilise un peu le monde de l'assurance.

Je le dis parce que j'ai été très interpellé dans ma circonscription, et c'est vrai là partout en France, de voir, par exemple, que la MAF, je veux les citer, parce qu'ils se comportent mal, voyez-vous, que la MAF, eh bien, résilie des contrats pour des petits commerces. Dans le Nord, on a des friteries, voyez-vous. Eh bien, c'est le cas d'une friterie et probablement d'autres. Résilie, pour cause de pandémie, les contrats d'assurance. Qu'on mette à contribution le monde de l'assurance.

6:24
Présentateur

Il y a la question des commerçants, Sébastien Chenu, et celle des croyants catholiques, notamment, qu'on a vus dans plusieurs dizaines de villes manifester, se rassembler, se retrouver devant des églises, certains en priant. Est-ce que pour vous, ça s'appelle des prières de rue ?

6:40
Sébastien Chenu

Non, pas vraiment. Ce sont des manifestations. Vous savez, on peut, dans notre pays, manifester autrement qu'en lançant des pavés... Quand on est dans la rue et qu'on prie à plusieurs, ça ne s'appelle pas des prières de rue. Ce sont des manifestations dans lesquelles il y a des chants. Vous savez, il n'y a pas que la famille Traoré qui a le droit de manifester dans le pays. En chantant, d'ailleurs. Je me souviens qu'il y avait une chanteuse qui chantait. Non, qui chantait, mais on peut chanter des chants spirituels. On peut chanter ce qu'on veut. Mais il n'y a pas de volonté de prosélytisme derrière. Vous les comprenez, vous les soutenez, c'est fidèle.

Ne confondez pas ça avec des prières de rue qui, tous les vendredis, venaient occuper le domaine public sans autorisation. Je vous rappelle que ces manifestations, elles ont été manifestations autorisées par les préfets.

7:20
Présentateur

Pourquoi Gérald Darmanin, qui était à votre place, vendredi dernier, a dit si ça continue, en parlant de ces manifestations catholiques, j'enverrai les forces de l'ordre ?

7:30
Sébastien Chenu

Eh bien, je crois qu'il se trompe. Je crois que oui, lorsqu'on a une spiritualité, quelle qu'elle soit, on a le droit de pouvoir, dans le respect des gestes barrières, de pouvoir la vivre. Moi, voyez-vous, je trouve très indécent que, par exemple, votre collègue de quotidien ait joué un rôle de cafeteuse en allant dénoncer à la police un individu qui pouvait éventuellement se recueillir sur un bout de trottoir.

7:52
Présentateur

Je peux vous interrompre, Salia Brakla travaille à France Info et à quotidien. On ne va pas faire le procès de quotidien. Oui, mais je n'ai pas fait.

7:56
Sébastien Chenu

Je ne vous ai pas dit que vous voulez bien. Ce n'est pas demandé à Salia Brakla, parce que c'est votre ancienne maison, mais ce n'est pas à Salia Brakla que je fais ce reproche. Et je vous en remercie. Mais je dis qu'il y a un certain nombre de personnes qui n'œuvrent pas d'une façon très saine dans leur univers professionnel.

8:09
Invité

Juste une question, Sébastien Chenu. Est-ce que vous tiendrez le même discours si ça avait été des musulmans ?

8:12
Sébastien Chenu

Je vous ai dit que si ce n'est pas une prière de rue, il n'y a pas de problème. Il y a des chants religieux. Quand il y a une occupation prosélite, chaque vendredi sur le trottoir pour prier, ce qui était le cas d'un certain nombre de prières de rue, chaque vendredi, répéter chaque vendredi, prosélite avec une interdiction des autorités, je considérerais qu'elle est inadmissible. Mais là, ce ne sont pas des prières de rue. Ce sont des manifestations pour réclamer la messe à l'intérieur des locaux.

8:43
Présentateur

Sébastien Chenu, vous restez avec nous, porte-parole du Rassemblement national. Il est 8h41, le fil info, Mélanie Delaunay.

8:51
Invité

Emmanuel Macron envisage de prendre la parole en milieu de semaine prochaine. Conseil de défense sanitaire ce matin. Le gouvernement prépare le déconfinement. Il sera progressif, a déjà prévenu Jean Castex, pour éviter une troisième vague de l'épidémie. L'épidémie qui pèse sur le moral des Français, avec deux fois plus d'état dépressif début novembre que fin septembre. Si l'État donne son feu vert, la SNCF est prête à faire circuler 100% des TGV à Noël. Pas de car blabla bus en revanche pour les fêtes et jusqu'au printemps au moins. Pour le moment, les flixbus sont aussi à l'arrêt.

Dans ce contexte, la prévision de croissance revue à la baisse pour l'an prochain, plus 6% au lieu de 8, effet du reconfinement et des mesures sanitaires qui vont se prolonger dans les prochains mois. Les premières fréquences 5G activées aujourd'hui en France, dans neuf villes-est pour débuter Paris, Lyon, Nantes ou Montpellier. La nouvelle génération de réseaux mobiles nécessite un téléphone compatible. Les Bleus battent la Suède 4 buts à 2 en Ligue des Nations de football. Une victoire pour leur dernier match de l'année.

9:53
Présentateur

Je sais que la question est un peu rituelle ces temps-ci, Sébastien Chenu, mais quand le vaccin arrivera, ou quand les vaccins arriveront, est-ce que vous serez volontaire pour vous faire vacciner ?

10:10
Sébastien Chenu

Alors vous me demandez ma position personnelle. Oui, et celle d'un responsable politique. Bien sûr, moi j'aimerais être convaincu. C'est-à-dire que j'ai envie de pouvoir aller me faire vacciner en me disant que je le fais en parfaite sécurité. Qu'est-ce qui pourrait vous convaincre ? Eh bien je pense l'exemplarité, de l'efficacité, le recul, tout ça, parce que j'ai plutôt pour habitude de me remettre aux autorités sanitaires de mon pays, à les croire. Mais je crois qu'effectivement, comme beaucoup de Français, lorsqu'on n'a pas beaucoup de recul, on peut douter et donc se dire on va attendre un peu. Moi je ne suis pas pour le vaccin obligatoire, par principe, par philosophie.

10:43
Présentateur

Vous l'êtes pour les personnels de l'hôpital, je crois, c'est ce que vous avez dit il y a quelques jours.

10:46
Sébastien Chenu

Oui, je développe. Je ne suis pas pour le vaccin obligatoire, pour l'ensemble des Français. Je pense que pour le personnel soignant, c'est nécessaire, car c'est sur leur lieu de travail. Je pense que pour les personnes les plus exposées, on peut effectivement y réfléchir ou l'inciter très fortement. je ne vois pas comment on peut obliger, même philosophiquement, voyez-vous, les Français à s'injecter un produit sur lequel on aurait peu de recul au nom de cette lutte contre cette pandémie. Et pourtant vous le dites, oui, il faut le faire pour les soignants. Oui, mais parce qu'ils sont sur leur lieu professionnel et que ce sont eux...

Mais ils peuvent avoir les mêmes inquiétudes que les autres Français. Ils sont quand même dans une situation avouée qui est un petit peu différente.

11:20
Invité

Alors il se passe quoi s'ils refusent ?

11:22
Sébastien Chenu

Je pense qu'il faut laisser la liberté aux gens, mais je pense que ce sont des gens responsables et je pense qu'ils ont d'ailleurs souvent plus d'informations que nous. L'idée même d'un vaccin obligatoire me heurte, parce que je pense qu'on ne peut pas obliger les Français à le faire. En revanche, je pense parce que, comme je vous le dis, moi j'ai confiance dans les autorités sanitaires. Il faut convaincre, il faut faire œuvre de pédagogie, il faut expliquer. Et chacun est responsable. Chacun est responsable de soi et des autres.

11:49
Invité

Est-ce que vous l'avez vu, Hold Up, ce documentaire ? Vous ne l'avez pas encore vu ?

11:53
Sébastien Chenu

Non, je ne l'ai pas vu. On m'a dit que c'était assez mauvais. Donc bon, je ne l'ai pas vu, 2h40. Tout ça était quand même une sorte de compilation de données qui sont très diverses, voire contradictoires les unes des autres, pour aboutir à une conclusion qui est celle d'un grand complot mondial des riches sur les pauvres. Bon voilà, je ne suis pas tout à fait dans cet état d'esprit. Je considère que dans notre pays, il y a des intérêts qui parfois sont convergents et qui amènent ce qu'on appelle le système à mener des politiques qui le favorisent. Mais je ne suis pas dans la théorie du complotisme.

12:35
Présentateur

Comment vous expliquez que les électeurs de votre parti, le Rassemblement National, soient les plus perméables à l'ensemble des thèses complotistes ?

12:43
Sébastien Chenu

Non mais les électeurs du Rassemblement National ne sont pas les plus perméables aux thèses complotistes. Ils sont les plus lucides. Ils ont les yeux ouverts avant les autres. Ils ont compris depuis bien longtemps, parce que bien souvent, ils vivent dans des régions, dans des départements, dans des communes où les problèmes se sont empilés. Ils ont compris bien avant longtemps que les politiques qui sont menées n'amènent que la casse sociale, que l'insécurité. Je vous prends un exemple, Sébastien Chenu, qui est très loin de l'actualité.

13:05
Présentateur

Donc ils ne sont plus lucides, ils ne sont pas complotistes, ils sont lucides. Récente, enquête de la Fondation Jean Jaurès et de Conspiracy Watch, réalisée par l'IFOP, publiée cette semaine, sur le complotisme. Ce sont effectivement les sympathisants et les électeurs de votre parti qui sont le plus proche des thèses jugées complotistes. Je vous en donne une, vous allez voir, elle est très loin de l'actualité. Plus d'un électeur sur deux de Marine Le Pen pense que la mort de Lady Di est un assassinat maquillé. Alors est-ce que c'est grave ? Est-ce que c'est le cas ? Non mais est-ce que c'est grave ? Est-ce que c'est une indication ?

13:34
Sébastien Chenu

Non mais est-ce que c'est grave ? Est-ce que c'est le cas ? Je ne me suis jamais posé la question, pour être très honnête, sur la mort de Lady Di.

13:38
Présentateur

Quelqu'un a assassiné Lady Di, a maquillé ça en accident de voiture.

13:41
Sébastien Chenu

Mais attendez, je vais vous dire, lorsqu'on subit à longueur de journée, y compris d'ailleurs sur des chaînes publiques, un certain nombre de fake news, comment voulez-vous que la croyance en la parole publique, en l'information publique des populations soit un fait incontesté ? Donc c'est pas grave. Oui, les gens peuvent remettre en cause. Est-ce que c'est très grave ? Est-ce que c'est très grave de remettre en cause ce que disent les médias du soir au matin ? La vérité, il y a plusieurs vérités sur un seul fait, c'est pas grave. La vérité, vous voulez qu'on parle de la vérité ? La vérité des médias ? Non mais écoutez, arrêtez.

Les médias étaient assassinés, vous me dites que c'est pas grave, Sébastien. La vérité, c'est pas grave. Non mais je ne vous dis pas la vérité, c'est pas grave. La vérité a été assassinée, on a maquillé l'assassiné. Je vous dis que la vérité qui est distillée par un certain nombre de médias ou de personnalités publiques n'est pas souvent, ou pas toujours, la réalité à laquelle doivent croire les gens, parce que ce n'est pas ce qu'ils vivent.

Quand on nous dit que le vivre ensemble est formidable, que c'est une vérité, il faut vivre ensemble, l'immigration est une richesse, et bien croyez-moi qu'il y a un certain nombre de nos compatriotes qui ne vivent pas le vivre ensemble comme une richesse, mais qui vivent avec le vivre avec. C'est-à-dire avec tout ce que ça comporte comme difficulté, et on voudrait nous faire croire que c'est une richesse. Et bien je crois que remettre en cause, parfois, et même parfois souvent, la parole publique des autorités publiques ou des médias traditionnels, ne fait pas de vous un complotiste, fait quelqu'un d'éclairé.

14:58
Présentateur

Penser ça sur les Didis, c'est pas être complotiste.

15:00
Sébastien Chenu

Mais arrêter avec les Didis, c'est complètement ridicule. Je prends un exemple qui est loin d'aujourd'hui, justement, volontairement. Écoutez, je ne sais rien, je pense rien sur les Didis, je pense qu'elle est morte d'un accident de la route.

Enfin écoutez, ne réduisez pas ce que je vous dis qui est important, c'est-à-dire ne pas avoir confiance en une parole publique, ce qui amène probablement les gens à ne pas vouloir se vacciner, ce qui amène probablement les gens à ne pas aller voter, parce qu'un certain nombre de politiques leur mentent du soir au matin, parce qu'on leur dit que Trump est un demeuré, qui a zéro résultat économique, alors qu'aujourd'hui on est en train de découvrir que les résultats économiques aux Etats-Unis ne sont pas mauvais, parce qu'on leur dit que le vivre ensemble est une richesse et qu'ils vivent autre chose.

Eh bien je pense que remettre en cause tout ça ne fait pas de vous un complotiste, fait simplement de vous quelqu'un d'éclairé à l'heure des réseaux sociaux. Peu importe le sujet, c'est ce que vous dites. Fait de vous quelqu'un d'éclairé. Sur Hold Up, je reviens à votre question initiale, je n'ai pas vu ce film, je ne crois pas à des théories complotistes de ce style, je vous redis cependant, je pense qu'il y a parfois des groupes d'intérêt qui s'entendent entre eux pour atteindre des objectifs qui leur font des groupes d'intérêt. Par exemple Amazon, voyez-vous, je pense que M.

Bezos est très content, avec le pouvoir qu'il a, de pouvoir bénéficier d'un certain nombre d'opportunités pour ne pas payer d'impôts, voyez-vous. Et donc il s'est allié avec qui ? Je pense qu'il a plus de puissance à lui-même, il n'a pas besoin de s'allier, car il a plus de puissance à lui-même. Alors il est où le rapport ? Vu ce qu'il représente pour pouvoir faire bouger les lois.

Voyez-vous, je pense que l'industrie agroalimentaire, lorsqu'elle déboule dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale, et qu'elle permet qu'on ne vote pas un certain nombre d'amendements pour protéger la vie animale, eh bien je pense que l'industrie alimentaire fait oeuvre de lobbies, fait oeuvre de la lobby, pas un complot. Bien sûr. Mais on est dans des complots là. Non mais alors voyez, elle est où la limite ? Ce sont des lobbies qui cherchent à atteindre des objectifs, donc c'est bien ce que je vous dis. Je n'ai pas compris ce que vous disiez sur le patron d'Amazon, pardon.

Eh bien je pense qu'il a un pouvoir d'influence qui dépasse grandement le pouvoir politique, et qu'il obtient des résultats. Parce que son entreprise détruit pourtant des emplois en France. Pour un emploi créé, deux-deux sont détruits.

16:59
Invité

On ne comprend pas le rapport.

17:01
Sébastien Chenu

Mais si. Avec tout ce qu'on raconte, ça n'a rien à voir avec les têtes complotistes. Je vous dis qu'il y a un système qui tient des médias, qui tient des entreprises, et qui a plus d'influence que des politiques. Et qu'à partir du moment où il y a ce système qui obtient des résultats, parce qu'il a de l'influence, eh bien ce n'est pas du complotisme, ce n'est pas la théorie de hold-up, c'est simplement le fait qu'il y a des gens aujourd'hui dans nos sociétés qui réussissent à obtenir des résultats du fait de leur position sociale. C'est bien chenu. Ça vous laisse peut-être interrogatif. Oui, je vais essayer de comprendre ce que vous voulez dire. C'est très clair.

Je pense que c'est très clair. Mais c'est la bonne intention de ma part, j'essaie de comprendre. Vous croyez quoi en fait ? Vous croyez qu'on doit avaler tout cru ce que vous nous racontez ? Non, certainement pas.

17:38
Présentateur

Mais que le doute est une arme, vous avez raison, essentielle.

17:42
Sébastien Chenu

Je croyais même que c'était une arme journalistique. C'est ce que j'essaie de vous dire. Je vais dire que lorsqu'on était journaliste, on devait douter. Et pourquoi est-ce que les Français ne pourraient pas douter ?

17:49
Présentateur

Vous n'imaginez pas à quel point on peut douter.

17:51
Sébastien Chenu

Je suis à peu près sûr que vous avez effectivement beaucoup de certitudes. Non, pas du tout. Vous vous trompez. Et surtout dans l'idée de faire croire que les gens qui remettent en question la parole publique sont des demeurés ou des complotistes. Absolument pas. Ça n'est pas du tout le cas. Absolument pas. Mais c'est parce que votre exemple de Lady Di, il est caricatural. Non, non. Il est caricatural. Eh bien je pense qu'en réalité, vous êtes les meilleurs agents. Mais votre réponse, si vous le permettez de l'être aussi, vous dites que ce n'est pas grave. Vous êtes les meilleurs agents d'un système qui se protège et qui méprise les gens qui remettent en cause la parole publique.

18:22
Présentateur

Allez, les agents du système vont lancer le fil info si vous voulez bien. Sébastien Chenu, vous restez avec nous avec grand plaisir. On poursuit cet entretien avec les agents du grand système juste après le fil info à 8h51. Soyez pas ironique. Vous me permettrez de l'air. Non, non. Avec Mélanie Delonnet qui est une autre agente du système infiltré.

18:38
Invité

Dans la poche ou le sac au quotidien pour se désinfecter les mains, les gels hydroalcooliques ne sont pas tous efficaces contre les virus. Et en premier lieu le Covid, c'est une information France Info. 13% des flacons ne sont pas assez dosés en alcool selon les tests de la répression des fraudes qui multiplient les contrôles pour les faire enlever des rayons. 2 millions de contaminations par le Covid détectées en France depuis le début de l'épidémie après quasiment 3 semaines de confinement. Conseil de défense sanitaire ce matin, le gouvernement prépare la suite. Emmanuel Macron réfléchit à une intervention la semaine prochaine.

Une telle catastrophe peut se reproduire en France, estime sur France Info le co-rapporteur de la mission d'information sur la sécurité des ponts. Un an tout juste après l'effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn en Haute-Garonne qui a fait deux morts. Plus de 20 000 édifices ont besoin d'une intervention conséquente, tout explique le sénateur Michel Dagbert. Donald Trump, Limoges, chef de l'agence de cybersécurité qu'il avait lui-même nommé, son tort avoir affirmé que l'élection présidentielle du 3 novembre a été la plus sûre de l'histoire des Etats-Unis alors que Donald Trump dénonce toujours des fraudes. France Info

19:49
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel

19:54
Invité

Toujours avec Sébastien Chenu, le porte-parole du Rassemblement National. La loi Sécurité Globale divise les députés cette semaine. La proposition la plus polémique, c'est celle de l'article 24 que vous connaissez qui précise interdiction de diffuser des images d'un agent des forces de l'ordre si le but est de porter atteinte à son intégrité physique ou psychique. Est-ce que vous allez voter ce texte ?

20:16
Sébastien Chenu

Moi j'ai plutôt envie de voter ce texte aujourd'hui. Alors c'est pas une grande loi, il n'y a pas de disposition pénale, c'est pas la loi qui va évidemment protéger les français. Les forces de l'ordre sont régulièrement attaquées, on l'a vu encore hier avec les manifestations aux abords de l'Assemblée Nationale. Et surtout, on met en pâture le visage d'un certain nombre de policiers qu'on menace sur les réseaux sociaux, de viol, qu'on menace d'attaque.

Je crois que cette loi qui permettrait non pas d'empêcher la diffusion des images, qui permet à chacun de faire son métier, on peut continuer à diffuser les images, mais de prendre effectivement un visage, de le mettre, de le livrer en pâture, je pense que c'est une loi qui permet de protéger ceux qui nous protègent.

20:54
Invité

Quand le Conseil des droits de l'homme de l'ONU exprime ses inquiétudes ?

20:57
Sébastien Chenu

J'ai entendu ça, je crois que ce sont des inquiétudes qui ne sont pas fondées. J'étais encore la semaine dernière à Compiègne.

21:03
Invité

Le défenseur des droits aussi exprime ses inquiétudes en disant que...

21:09
Sébastien Chenu

On n'empêche pas aux professionnels de faire leur métier. Les images continuent d'être diffusées. On peut prendre des images, on peut filmer quelque chose. Il n'y a pas d'empêchement, il n'y a pas un recul des libertés. Il y a, je crois, une donnée de protection supplémentaire pour les forces de l'ordre qui en ont bien besoin.

21:24
Présentateur

Vous souhaitez qu'on y ajoute le floutage systématique des images des forces de l'ordre ?

21:28
Sébastien Chenu

Oui, je pense que c'est bien. Je pense que c'est bien de protéger... Une mesure qui pour l'instant n'est pas dans la loi, mais qui est portée par Gérard Barman. Je pense que c'est bien parce que ça protège les forces de l'ordre. Je pense que ce n'est pas suffisant. Dans cette loi, vous avez d'autres dispositions, notamment le renforcement des polices municipales. Nous y sommes favorables. Vous savez, il y a des mairies qui, par idéologie, refusent des polices municipales. Moi, je crois qu'aujourd'hui, la police municipale, elle est le complément nécessaire de la police nationale. On en a besoin. Il faut protéger ceux qui nous protègent.

Et je crois que hurler dans la rue, comme je l'entendais hier soir, comme j'entendais les amis de M. Mélenchon dire tout le monde déteste la police et vouloir régler des comptes aux forces de l'ordre, c'est méconnaître leur rôle dans une société républicaine. On a besoin d'une police républicaine. On a besoin qu'elle travaille et qu'elle soit protégée également.

22:14
Invité

Sébastien Chenu, d'après les informations dont on dispose, on se dirige tout droit vers une organisation des élections régionales en juin prochain. Vous validez le report ?

22:22
Sébastien Chenu

Oui, je crois que c'est plutôt ça. Je pense que la condition sanitaire, si on veut éviter le fiasco des municipales en termes de participation, il faut se donner les moyens d'avoir une élection régionale qui permet de mobiliser les gens. Et donc, en juin prochain, ça nous semble être de bonne alloi.

22:35
Présentateur

Dans la région Hauts-de-France, pardon, Xavier Bertrand a déjà fait acte de candidature. Il a même dit en quelque sorte que ce serait une sorte de primaire pour lui en vue de la présidentielle. Est-ce que vous irez l'affronter ?

22:44
Sébastien Chenu

Moi, ce ne sera pas, si je suis candidat, une primaire. Moi, j'ai envie effectivement d'être candidat parce que j'ai envie de protéger ma région. Notre région, elle subit toutes les difficultés qui sont connues en France. Bridgestone, l'absence de sécurité dans les transports, mais également dans nos villes. J'étais à Compiègne la semaine dernière. On voit bien que le contexte sanitaire qui est très dégradé dans notre région, notre région a besoin d'être protégée. C'est une région qui protège, que j'ai envie de porter. C'est la raison pour laquelle je fais acte de candidature pour mon mouvement. Au nom de mon mouvement, j'attends les décisions de la commission d'investiture.

Mais j'ai envie de protéger les habitants des Hauts-de-France à travers cette candidature et à travers ce slogan d'une région qui protège.

23:24
Présentateur

Qu'est-ce qui peut encore vous empêcher de représenter le Rassemblement national dans ces élusions ?

23:29
Sébastien Chenu

J'espère d'abord représenter le Rassemblement national s'il me fait confiance. D'autres candidats dans votre parti. Oui, bien sûr. Si mon mouvement me fait confiance. Et j'espère d'ailleurs aller au-delà. Je suis là pour représenter et protéger demain, si mon mouvement me fait confiance, l'ensemble des habitants au-delà de notre mouvement, bien entendu.

23:47
Invité

Le vote par correspondance, vous êtes pour ?

23:49
Sébastien Chenu

Non, j'y suis assez hostile. Il faut se rappeler que ce vote s'est arrêté en 1975 en France, parce qu'il pourrait encore être l'objet à la fois de pression, pression familiale, mais également de difficultés via son acheminement, par la poste, etc. C'est Michel Poniatowski à qui il faut rendre hommage d'ailleurs, qui avait arrêté ce process. En revanche, je pense que penchons-nous sur la possibilité de porter par exemple deux procurations, sur la possibilité... Donc on a pu le faire exceptionnellement aux élections municipales. Oui, oui, oui, je pense que ça, c'est pas gênant.

Mais au moment où on voit que les Etats-Unis ont sombré dans un certain nombre de difficultés procédurales liées au vote par correspondance, on va pas importer cette mauvaise pratique dans notre pays. Merci affinément Sébastien Chaudry, porte-parole du Rassemblement National, invité ce matin de France Info. Merci d'avoir regardé cette vidéo !