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interviewBFMTV· 5 février 2025 20 min

Face à BFM : l'interview de Marine Tondelier après l'adoption du budget à l'Assemblée nationale

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

Dans cette soirée spéciale sur BFM TV, en cette journée très spéciale, puisqu'on le rappelle, deux motions de censure ont été écartées à l'Assemblée et que le gouvernement Bayrou ce soir est donc toujours en place. Et nous posons cette question, Bayrou peut-il réformer ? Bonsoir Marine Tondelier, merci d'être là. Vous faites donc perdre du temps à la France, c'est ce que vient de dire Sophie Primard.

0:21
Marine Tondelier

Il faut avoir le moral bien accroché quand même pour rester zen et inflexible en entendant ce genre de phrase. Parce que sur l'écologie, la réalité c'est que c'est du sabotage organisé ce qui s'est passé sur le budget d'écologie. On avait un budget qui, on le sait, est insuffisant. En février dernier, Gabriel Attal, je ne sais pas si vous vous rappelez, a fait 10 milliards de coupes budgétaires par décret comme ça, hop, d'un trait de plume. Sur ces 10 milliards d'économies budgétaires, sur tout le budget de l'État, il a fait 2 milliards d'économies sur l'écologie. 20% des économies étaient sur l'écologie qui ne représentent pas 20% du budget de la France.

Donc en fait, on s'était pris, en gros, les balles perdues. Ensuite vient le budget Barnier, 2 milliards aussi de coupes budgétaires sur l'écologie. Ce budget Barnier est censuré, le gouvernement tombe, pas que sur des raisons écologiques, mais pour nous en grande partie. Arrive François Bayrou, avec qui on a des discussions stupéfiantes, on vient lui parler, il est installé à Matinon depuis quelques jours, on lui dit qu'allez-vous faire ? Il nous parle de ces pistes cyclables à Pau, on dit mais on ne parle pas au maire de Pau, on parle au Premier ministre, qu'allez-vous faire ? Mais, mais, mais, j'ai aussi fait des réseaux chaleur à Pau. Ok, d'accord, bon, et pour le budget de l'État ?

Et puis, on n'est pas déçus, puisque quand le budget arrive au Sénat, là, pour le coup, avec le gouvernement Bayrou aux manettes, c'est 1,3 milliard de baisse supplémentaire pour l'écologie. Alors, j'ai entendu le collègue socialiste, Philippe Brun, sortir de commissions disparitaires en disant qu'on a arraché 300 millions en plus pour l'écologie. Enfin oui, quand on enlève 3,3 milliards et qu'on retrouve 300 millions, on a quand même perdu 3 milliards entre-temps pour l'écologie. Et donc, quand la ministre me dit là que franchement, on a fait perdre du temps à l'écologie, je vais vous dire, ce gouvernement a censuré l'écologie dans le budget.

Il était très logique que les écologistes censurent le gouvernement.

1:59
Présentateur

Vous voulez dire que sans les socialistes, ça aurait été pire ?

2:02
Marine Tondelier

Pas sans les socialistes, parce que je peux vous dire que les réunions auxquelles ils étaient, nous y étions aussi, écologistes, socialistes et communistes.

2:09
Invité

Et pourquoi vous n'êtes pas allé jusqu'au bout, justement, vous ?

2:11
Marine Tondelier

Parce qu'on se moquait de nous sur l'écologie et qu'à un moment, ce qu'on pouvait obtenir, nous l'avions obtenu. Moi, je ne regrette rien de ce que nous avons réussi à arracher, non pas comme victoire. Il n'y a eu aucune victoire et aucune avancée sociale, comme j'ai pu l'entendre ce soir.

2:28
Invité

Donc quand Boris Vallaud vient sur ce plateau à votre place, il dit et revendique un certain nombre d'avancées concrètes, il sait quoi ? Il ment ? Il se trompe ?

2:36
Marine Tondelier

Il enjolive la vérité pour justifier sa non-censure et on peut le comprendre. Mais vous avez un gouvernement, Barnier puis Bayrou, qui font des dizaines de choses atroces pour les Français. Atroces. Sur ces dizaines de choses atroces pour les Français, on parvient. Et je pense qu'on a bien fait, parce que toute chose qu'on arrache, c'est toujours ça de gagné pour les Français, ou en tout cas de non perdu. Par exemple, les 4000 postes à l'éducation nationale qui devaient être supprimés, ne sont plus supprimés.

3:02
Présentateur

Ça, c'est les socialistes ?

3:02
Marine Tondelier

Mais est-ce que ça avance ? Non, ce n'est pas les socialistes, c'est des réunions auxquelles nous étions également. Nous avions fait cette demande, tout comme sur le déremboursement de certains médicaments, tout comme sur les trois jours de carence pour les fonctionnaires. C'est des choses qui devaient être dans le package des trucs durs pour les Français, qui devaient être sur la table aussi, qui en ont été retirées.

3:17
Présentateur

Donc ça a servi de discuter ?

3:19
Marine Tondelier

Oui, et nous y étions. Mais ce sont des non-reculs. Des non-reculs, des choses qu'on a évitées, c'est-à-dire qu'on s'est interposés socialement entre ce gouvernement et les Français, ne sont pas des avancées sociales.

3:28
Invité

Mais Marine Condelier ?

3:29
Marine Tondelier

À quelqu'un qui s'intéresse à l'école, on dit « on va peut-être supprimer 4000 postes, peut-être que finalement on ne les supprime pas, rien n'a avancé. » On aura quand même les classes les plus chargées d'Europe, et ça a été indiqué aussi ce soir. Le budget de l'éducation, l'argent n'est pas mis en plus pour récupérer ses postes, donc l'argent sera pris ailleurs sur le budget.

3:47
Invité

Il y a deux types d'arguments, Marine Condelier. Il y a la question de ce qui a été obtenu, ou de ce qui est moins pire que si c'était pire. Et puis il y a l'argument de la stabilité, de « il fallait un budget », de « dans les collectivités, dans certaines entreprises, les budgets d'investissement étaient gelés en attendant que la France soit dotée d'un budget ».

4:04
Marine Tondelier

Oui, ça s'appelle du chantage.

4:07
Invité

Oui, mais sauf que c'était… Oui, mais sauf que bon… Non, mais ça veut dire que vous n'avez jamais entendu…

4:11
Marine Tondelier

Pourquoi on n'en ferait pas ?

4:12
Invité

Vous n'avez pas entendu, je ne sais pas, vous peut-être à Hénin-Beaumont, certains députés écologistes n'ont pas entendu dans leur cérémonie de vœux des administrés, des chefs d'entreprise, des élus locaux dire « ce n'est pas parfait, mais on a besoin d'un budget ». Aujourd'hui, ce soir, il y en a un.

4:25
Marine Tondelier

Mais bien sûr que tout le monde a peur. Et je peux vous dire que les députés écologistes qui, ce soir, ont voté la censure ne l'ont pas fait par plaisir, ça ne fait plaisir à personne sur nos rangs, et n'en retirent aucune fierté. N'en retirent aucune fierté. Je veux quand même rappeler que cette politique que, ce soir, on décide, l'Assemblée nationale décide, en ne censurant pas ce gouvernement, de les laisser continuer, a été désavouée par les deux manières les plus caches dont on peut le faire dans la Ve République.

La première, c'est les urnes, ils ont perdu les élections, et la deuxième, c'est la censure de la représentation nationale, ce qui n'est pas arrivé tant de fois que ça dans la Ve République. Et malgré ces deux désaveux cinglants, ils continuent et même ils accélèrent. C'est-à-dire que le budget Barnier qui a été censuré, on est reparti de ce budget et on a refait des coupes sur tous les budgets.

Sur le sport, au Sénat, les amendements du gouvernement qui arrivent sur le sport, pour que Teddy Riner et Léon Marchand, dont on a tous applaudi ce midi, cet été, les performances sportives, mais dont on sait bien que leur vie, ce n'est pas de faire de la politique, s'ils sortent de leur réserve, s'ils sortent leur smartphone pour faire des posts sur les réseaux sociaux, pour condamner ça...

5:30
Invité

Donc c'est une faute des socialistes de ne pas avoir censuré.

5:33
Marine Tondelier

Je pense que les socialistes ont eu peur. Ils ont peur parce que ce chantage, ça marche. On a un gouvernement qui a quand même décidé, accrochez-vous, de mettre fin sur le fait... Ils ont peur de quoi et de qui, pardon ? Parce que vous en dites trop au passé. Parce que ce gouvernement a mené une bataille en mode « On va vous supprimer les trucs dans votre vie, les Français, ça va être de la faute de ceux qui ont voté la censure et de ceux qui ne veulent pas un budget. » Ils ont eu peur de l'opinion publique ? Tout d'un coup, le pass culture, on a expliqué aux gens qui voulaient le toucher « Ah, on ne peut plus, c'est de la faute de la gauche qui censure.

» Les services civiques à tous les jeunes, les 100 000 jeunes, « On ne peut plus, c'est de la faute de la gauche. » C'est ça qui a été expliqué. Mais ce n'était pas vrai. Ce n'était pas vrai. Je suis sûre que sur plein d'autres dépenses, d'ailleurs, des solutions ont été trouvées. Comme par hasard, sur des dépenses assez emblématiques, assez symboliques, assez aimées des Français, et très très populaires, très connues. Voilà, petit pistolet sur la tempe pour le pass culture, petit pistolet sur la tempe pour les services civiques. On voit bien quel jeu a été joué aussi par les gouvernements. C'est un jeu de chantage. Tout comme, je rappelle quand même, que...

Pourquoi ça a fonctionné auprès du Parti Socialiste et pas auprès de vous, par exemple ? Moi, c'est ça que je ne comprends pas. Parce que je pense que le Parti Socialiste avait cultivé cette image de Parti crédible, de Parti responsable. Mais enfin, à un moment, il faut aussi se battre. Vous voyez ? Et je pense que... Moi, j'ai vu, j'étais aux mêmes réunions qu'eux. Il y a des choses qu'on a obtenues ensemble. Et encore une fois, tout ce qu'on pouvait sauver, il fallait le faire. Mais de là à dire, on a obtenu des victoires, 300 millions en plus pour l'environnement, non, c'est moins 3 milliards. Vous voyez, ça m'a un peu énervée.

Parce que j'ai eu l'impression, à la fin, qu'on en faisait un peu beaucoup, quoi.

7:01
Présentateur

Marine Tordelier. Donc, pas grand-chose.

7:02
Marine Tondelier

Pour aller sauver le radeau de la Méduse.

7:04
Présentateur

Est-ce que ce que vous dites là, vaut ce que l'on va voir ? Tweet ce soir d'Olivier Faure, le patron du PS, qui dit, viendra sans doute le moment des excuses, en montrant cette image, ce montage, réalisé visiblement par la France Insoumise. Je dis visiblement, il y a le logo de la France Insoumise. On voit les visages de Marine Le Pen et d'Olivier Faure, où il est écrit, les nouvelles alliances.

7:25
Marine Tondelier

Que voulez-vous que je vous dise ?

7:27
Présentateur

Je ne sais pas.

7:28
Marine Tondelier

Mais je pense que vous savez ce que je vais vous dire.

7:29
Présentateur

On voit un peu d'eau. Ils vont trop loin ?

7:33
Marine Tondelier

Moi, ça me fait le cœur, comme je pense plein d'électeurs qui ont voté pour le nouveau Front Populaire, et qui voient là qu'on se donne en spectacle sur les réseaux sociaux. Donc moi, je peux avoir des remarques, des questionnements, des doutes sur ce que font les Insoumis et les socialistes. Mais tout en me disant, toujours, c'est normal, puisque je suis écologiste, qu'ils sont Insoumis et qu'ils sont socialistes. Donc oui, des fois, on ne va pas, même si on a le même objectif à la fin, on ne va pas prendre les mêmes orientations stratégiques. Parfois même, on ne va pas trop se comprendre. Moi, il y a des contorsions que je n'ai pas trop compris.

Je pense que ça se voit dans ce que je vous dis ce soir. Mais enfin, réserver ses coups les plus durs à ses partenaires politiques, même si on considère que ce soir, on est fâchés.

8:11
Présentateur

C'est ce que font les Insoumis ce soir ?

8:13
Marine Tondelier

Je vais vous dire, si on mettait une taxe sur les mots durs de gens de gauche envers d'autres gens de gauche, on pourrait résorber peut-être même le déficit de la France.

8:19
Invité

C'est une erreur de renvoyer dos à dos, Marine Le Pen et Olivier Faure ?

8:24
Marine Tondelier

Ça me peine, parce qu'en fait, le nouveau Front populaire, c'est quoi à la fin ? C'est une promesse qu'on a faite cet été. Et cette promesse, c'est notre patrimoine commun, à nous, à gauche et chez les écologistes, et je parlais de nos électeurs. Et donc, si on remet ça en question, si tous les matins, on dit, retenez-moi que je fais un malheur, si c'est ça, il n'y a plus d'NFP. Il y en a un, je l'ai quand même entendu dire, ces trois dernières semaines, tous les jours, que alors là, c'est sûr, là c'est terminé. Mais alors demain, alors là, s'ils font ça, c'est encore plus terminé.

8:52
Présentateur

Ah, c'est qui ? C'est Jean-Luc Mélenchon ?

8:53
Marine Tondelier

Franchement, vous savez de qui je parle, mais en fait, c'est fatiguant.

8:55
Invité

J'essaie de traduire pour les téléspectateurs. Tout on a compris, ne vous inquiétez pas. Elle ne veut plus prononcer son nom. Vous ne voulez même plus dire, effectivement.

9:01
Marine Tondelier

Les téléspectateurs ont très bien compris de qui je parlais. Mais vous voyez, à un moment, tout ça est dangereux parce que si à la prochaine élection présidentielle, que je pense être en 2027, mais j'ai aussi compris qu'il fallait se préparer à tout, tout le temps. Si à la prochaine présidentielle, on ne gagne pas l'élection, si même c'est le Rassemblement National qui gagne, parce qu'on n'arrive pas à s'interposer comme on a réussi à le faire au mois de juillet, et j'en suis très très fière, qu'on ait eu ce sursaut collectif. En fait, c'est la France qui fait naufrage, mais derrière, c'est l'Europe qui bascule.

Dans un monde qui est en train de s'abîmer, dans lequel on est quelque part le dernier continent où ça continue à peu près de tenir. Et c'est tragique pour l'humanité, pour l'habitabilité de la planète. Parce que quand on voit ce que fait Trump, ce que font ses copains en Amérique du Sud, ce que font ses copains en Europe, ça fait flipper quand même d'un point de vue environnemental. Mais quand on vous entend, Marine Tondelier, on va tous très mal terminer.

9:48
Invité

Il y a effectivement une vraie nuance avec la France insoumise. Est-ce que ça veut dire qu'à vos yeux, ce soir, malgré le fait de ne pas avoir voté la censure, l'EPS fait-il, oui ou non, toujours partie du nouveau front populaire à vos yeux ?

9:59
Marine Tondelier

Je ne pense pas qu'il y ait un tribunal qui décide « Toi, tu sors, toi, tu rentres. » C'est une volonté commune. Donc en fait, on a ce soir plusieurs chemins.

10:06
Invité

Mais vous, vous, vous dites « L'EPS est toujours dans le nouveau front populaire, oui ou non ? »

10:10
Marine Tondelier

Je vais vous répondre. Je vous dis que soit on hurle tous toute la journée « Mais quelle catastrophe, c'est terminé ! » « Ah, ils m'ont poignardée, je ne peux plus les voir. » « Jamais je ne serai dans une salle avec eux. » Ok, c'est la fin, alors on se le dit. Soit on décide, et c'est la ligne très claire des écologistes, que tout ça est surmontable. Est-ce que ça va être facile ? Est-ce que ça va encore me coûter cher en pizza ? Est-ce qu'on va galérer pour mettre tout le monde dans la même pièce ? Quand vous entendez Jean-Luc Mélenchon ou François Hollande,

10:34
Invité

vous vous dites vraiment que c'est surmontable ?

10:37
Marine Tondelier

Mais ce n'est pas, comment dire, c'est qu'on va devoir le surmonter. Le nouveau Front populaire, si on l'étrique, si on enlève des gens, on perd. On condamne la France, et les électeurs de gauche, écologistes, et même ceux qui ne votent pas pour nous, mais qui ont quand même intérêt à ce qu'on gagne un jour, à ne jamais connaître ces moments-là, à ne jamais connaître l'application de notre programme, et un espoir un peu que ça aille mieux dans leur vie.

11:01
Invité

Sur le nouveau Front populaire, dans le communiqué de presse, la France insoumise dit interruption du nouveau Front populaire, et dit dès demain, nous allons aller à la rencontre, susciter des discussions avec les partenaires.

11:12
Marine Tondelier

On a déjà discuté dans la loge de BFM ce soir. Avec Manuel Bompard. On n'a pas besoin de se faire un courrier pour dire que les réseaux sociaux, je convoque qu'on va parler, parce que j'ai écrit sur Twitter.

11:21
Invité

Est-ce qu'il pourrait y avoir un nouveau Front populaire sans le Parti Socialiste ? Ce que visiblement souhaite la France insoumise.

11:29
Marine Tondelier

Le nouveau Front populaire, c'est quatre forces politiques.

11:31
Invité

Donc ce n'est pas sans le PS.

11:33
Marine Tondelier

Un, ce n'est plus le NFP, et je vois d'avance, tous les plateaux télé peuvent dire non c'est lui, non c'est lui qui a commencé, mais non c'est lui, et c'est moi qui garde le logo, attends je t'attaque en justice si tu le mets, parce que moi je vais le mettre aussi. Donnons-nous un spectacle, ce sera ridicule. Et c'est, vu les enjeux, franchement moi ça me fait mal, et je pense que plein de personnes qui nous regardent à la télé, qui ont mis ce bulletin dans l'urne, sont d'accord avec moi. Donc moi je vous dis une chose simple, j'ai été chiante cet été. Très chiante, je le sais. Non. Si. Non. Si. Et donc je vous fais la promesse de continuer à l'être.

Parce qu'en fait, je tiens à ce qu'on a fait cet été, et je pense que la plupart des Français sont dans le même cas. C'est comme ça que vous engagez

12:08
Invité

la discussion avec les gens ?

12:10
Marine Tondelier

Mais ils le savent, ils me connaissent. Et donc je m'engage à être très pénible, parce qu'on n'a pas le choix. Je m'engage à dire que oui, il faut une candidature unique de la gauche et des écologistes. Et c'est que celui qui dit...

12:20
Invité

Vous êtes la seule à le continuer à le défendre.

12:23
Marine Tondelier

Vous allez voir, je vais le faire jusqu'au bout. Et puis celui qui dit ben non, moi j'y vais tout seul, et ben les autres peuvent faire une candidature commune. Vous voyez, il n'y a pas de... Tout ça est assez tragicomique. Et vous avez entendu Manuel Bompard,

12:33
Invité

il a dit si demain il y avait une nouvelle dissolution avec des socialistes qui n'ont pas censuré, il faudra mettre des candidats contre eux. Vous dites, on mettra des candidats contre les socialistes qui n'ont pas censuré ?

12:43
Marine Tondelier

Je dis que je ne vais pas passer chaque émission à menacer la moitié de mes partenaires et que je préférais, et je pense que nos électeurs préfèrent ça aussi, me concentrer sur la droite et l'extrême droite ce soir. Et les trois quarts des questions que j'ai eues pour l'instant, j'en ai eu un petit peu sur François Bayrou quand même, je vous remercie. Et après c'était et Jean Luce, et Olivier Faure, et François Hollande. J'en ai eu une dernière mais vous allez voir, elle est facile. Mais vous me promettez que c'est la dernière à ce qu'on peut parler du Rassemblement national ?

13:04
Invité

Je ne parle que pour moi, je ne parle pas pour mes camarades.

13:05
Marine Tondelier

Je ne parle pas du plateau tant que je n'ai pas parlé de l'extrême droite. Vous n'inquiétez pas, alors la molette arrive sur ce derrière, le tera forcément à un moment donné. Non, je ne peux pas en parler comme moi si vous voulez ce que je veux dire. Non, c'est sûr.

13:13
Invité

Vous avez dit que nos désaccords sont surmontables. Est-ce que ça passe par ce qu'a aussi dit Emmanuel Bompard en interpellant Boris Vallaud en disant revenez à la raison, votez les motions de censure de la semaine prochaine puisque il y a de nouvelles occasions de censurer le gouvernement de François Bayrou sur le texte de la sécurité sociale. Est-ce que pour vous le rendez-vous crucial il n'y aura pas d'autres moments pour se ramibocher ?

13:38
Marine Tondelier

Les verts ne fonctionnent pas par ultimatum.

13:41
Invité

Ce n'est pas un ultimatum, c'est un rendez-vous.

13:42
Marine Tondelier

On pilez des ultimatums toute la semaine. Ce n'est pas un ultimatum, c'est un rendez-vous. On ne va pas dénouer la situation. Nous, on procède par discussion, par désescalade, en essayant de comprendre que... Je le dis souvent, l'écologie, ce n'est pas que dans la couleur de ma veste. Je vais poser ma question différemment de façon ouverte. Oui, mais je vous réponds. Comment vous rotissez le dialogue ? On croit en la biodiversité. C'est-à-dire que dans un écosystème, dans tout écosystème dans le monde, il y a de la richesse, il y a de la diversité.

Et donc, arrêtons de vouloir que les socialistes soient moins socialistes, que les insoumis soient moins insoumis, que les communistes deviennent écologistes et que les écologistes deviennent communistes. Vous remarquez que c'est des familles différentes. Je respecte ça. Ma question, c'est autour de quel objet, de quelle façon vous allez réussir à renouer le dialogue ? Avec Lucie Casté, on a lancé une initiative qui s'appelait Gagnons Ensemble, où il y a beaucoup de monde qui est venu nous dire merci.

14:25
Invité

Il n'y a plus grand monde qui défend Lucie Casté aujourd'hui. Vous entendez tout à l'heure Manuel Bompard en poser la question de savoir, Neyla poser la question de savoir ce qui se passait si François Bayrou tombait. Et il répondait « Ah ben là, ça sera président de la République ».

14:35
Marine Tondelier

Non mais de dire « Lucie Casté sera Matignon demain ou pas » et « Lucie Casté n'existe plus dans la vie politique française », c'est deux choses un peu différentes. Moi, je peux vous dire que quand Lucie Casté et Marine Tondelier disent ensemble « Nous pouvons gagner en 2027 et on va l'organiser », je peux vous dire qu'on est remerciés tous les jours dans la rue dans les avions parce qu'on ne les prend pas tout le temps. Parce qu'en fait, les gens, ils se rappellent de ce qu'on a fait et ils veulent qu'on continue. C'est ça la vérité.

Et donc, avec Lucie Casté, on a réussi à organiser un événement « Les voeux de la victoire » le 29 janvier dernier dans un contexte très dur où tout le monde avait dit « Subi, viens, moi je viens pas » et « Si, il fait ci, nanana ». Bon, ils étaient tous là. Et dans le public, je peux vous dire qu'à l'applaudimètre, on a bien senti ce que voulaient les gens qui étaient venus aussi. Il y avait plus de 1000 personnes. C'est ça qu'on a à faire. On doit mener la bataille culturelle dans toute la France tout le temps. On doit écouter les Français. Moi, hier, j'étais encore dans un village de 5000 habitants à Carignan, les Bordeaux. J'étais à Correl dans la Marne quelques semaines avant.

Je fais des voeux inversés. C'est-à-dire que pendant une heure, je me tais et j'écoute ce que la salle a à dire. C'est long. Je ne sais pas s'il y a beaucoup de politiques qui arrivent. Je me tais, j'écoute. Le chasseur, entre eux, du coup, ils commencent à s'embrouiller. Et ensuite, on répond ce qu'on a leur expliqué. On dit parfois les partis politiques, vous n'arrivez plus à vous entendre. Mais comprenons quand même que c'est la France qui est fracturée. Cette Assemblée nationale ingouvernable, dit-on. C'est les Français qui l'ont élue.

J'ai même vu cette semaine qu'au sein du 440, entre eux, j'oublie toujours ses prénoms, Charles-Edouard Leclerc, Michel-Edouard Leclerc et Bernard Arnault, même eux, c'était un match de catch. L'autre qui dit c'est une honte que tu veuilles quitter la France et je fais ce que je veux aux Etats-Unis. Vous voyez, même au sein du 440, ça se déchire. Donc, ce que je dis en tant qu'écologiste, c'est qu'on se calme.

16:16
Invité

Michel-Edouard Leclerc, il n'est pas au 440. Il n'est pas au 440. Oui, mais bon,

16:18
Marine Tondelier

il n'est quand même pas long par rapport à moi.

16:20
Invité

Vous voulez dire en termes de revenus personnels ? En termes de les riches, les pauvres. Par rapport à nous tous ici. Il a autorité

16:25
Marine Tondelier

en matière économique. J'ai vu que vous aviez appuyé sur un petit bouton pour me fact-checker. Vous avez bien fait, je n'ai pas trompé.

16:32
Invité

Ça s'appelle un privilège exorbitant. Moi aussi, je me dis un petit bouton

16:36
Marine Tondelier

avec mon équipe dans la loge.

16:37
Présentateur

Vous pouvez essayer, mais ça ne marchera pas.

16:38
Marine Tondelier

Mais tout ça pour vous dire que ce pays est fracturé, que nous, en tant qu'écologistes, ce qu'on veut, c'est le réparer, l'apaiser et on veut protéger les Français. Dans les villes que l'on dirige aujourd'hui, on est occupé toute la semaine à améliorer le quotidien et à rendre possible les lendemains parce qu'on en est là. Vous êtes seule, Marine Tondelier.

16:55
Invité

Vous êtes seule avec cet objectif-là. Je suis peut-être seule dans les cinq personnes du plateau. Marine Tondelier, quand Manuel Bompard dit ne pas voter la censure, ce n'est pas surmontable pour nous. Ça met un point final à tout cela.

17:09
Marine Tondelier

Mais vous n'allez pas vous attendre à ce que les insoumis ne soient pas insoumis. C'est logique qu'ils le soient. C'est leur moteur, c'est ce qui les caractérise. Tout ça ne vous étonne pas et ne m'étonne pas. Mais vous ne pouvez pas me demander de ne plus espérer et de ne plus essayer. C'est comme ça qu'on va y arriver. Moi, il y a une citation que j'aime beaucoup. Il y en a deux. Il y a C'était impossible et du coup, ils l'ont fait. Ça raconte très bien cet été d'ailleurs. 27 sondages sur 27 qui nous disent que ce n'est pas possible.

Et si vous aviez demandé à Manuel Bompard et à François Hollande deux jours avant le 9 juin si on allait faire des listes ensemble trois jours après, vous aurez dit qu'est-ce que c'est que cette question ? Bien sûr que non. Ça, c'est la première citation. Et la deuxième citation que je vous offre, elle est sur mon bureau, je l'ai dit tous les jours, c'est celles et ceux qui pensent que c'est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essayent. Bon, ben moi, j'essaye. Voilà. Et si vous voulez essayer avec nous, vous nous rejoignez.

17:56
Présentateur

Vous disiez tout à l'heure que vous vouliez aussi parler du Rassemblement national. Ça tant bien. Alors la valette va vous succéder sur ce plateau dans un instant. Je ne sors pas quand je n'ai pas parlé de la valette. Justement. Petite obsession.

18:05
Marine Tondelier

Et je fais la zale. Petite obsession.

18:07
Présentateur

Qu'est-ce que vous voulez dire à Laure la valette ce soir qui donc, elle et les autres députés

18:17
Marine Tondelier

Eh ben moi, j'ai entendu la porte-parole du gouvernement, voyez-vous, remercier le Rassemblement national. Et donc, j'ai trouvé ça très éclairant parce que je me rappelle des élections législatives et toutes les élections d'avant où c'était oui, na, na, na, Macroniste, UMPH, je ne sais pas quoi, tout le monde ensemble et nous, on est les meilleurs tout seuls. La vérité, c'est que le Rassemblement national ment à ses électeurs. Ils leur disent, nous, on vous défendra jusqu'au bout, on est pour ci, on est pour ça. Mais à la fin, sur les retraites, ils ne se battent pas jusqu'au bout. Sur le pouvoir d'achat, ils ne se battent pas jusqu'au bout.

Ils laissent passer ce budget en sauvant la mise, en fait, en servant de béquilles à ce gouvernement de Bayrou, de Barnier, enfin tous ensemble, c'est toute la même équipe. Et donc, je pense que les électeurs du Rassemblement national sont un peu troublés ce soir et qu'ils ont raison parce que l'hypocrisie de ce parti, voilà, éclate un peu au grand jour et c'est en fait un parti qui n'est pas anti-système. C'est un parti qui est en soutien des plus riches, des milieux économiques qu'il a toujours été et qui, voilà, qui cherche tellement sa crédibilité que ce soir, il se couche aussi. Et donc, à la fin, il n'y a quand même plus beaucoup de monde dans ce pays pour défendre les choses.

Et je vais vous dire une dernière chose.

19:18
Invité

Juste, vous dites que le RN se couche ?

19:19
Marine Tondelier

Bah oui.

19:20
Invité

Et les socialistes, ils font quoi ?

19:21
Marine Tondelier

Ah bah, je ne suis pas d'accord avec ce qu'ils ont fait.

19:22
Invité

Mais ils se couche aussi ou pas ?

19:24
Marine Tondelier

Ah bah, je pense que j'ai été claire au début de la fin.

19:25
Invité

Ah bah non, parce que vous n'utilisez pas les mêmes termes. C'est marrant

19:27
Marine Tondelier

parce que même quand je parle du RN, vous revenez sur les socialistes.

19:29
Invité

Non mais c'est marrant de voir Marine Tourdelier qu'il y a deux parties qui ont pris la même décision.

19:34
Marine Tondelier

J'en ai parlé un quart d'heure, vous savez ce que j'en pense. Mais vous n'utilisez pas les mêmes termes. Bah demandez à votre oreillette, ils vous remettront le patin. Non mais vous n'utilisez pas les mêmes termes.

19:40
Invité

On va demander la barre. On va demander la barre et vous n'utilisez pas les mêmes termes.

19:42
Marine Tondelier

Dernière chose que je veux dire parce qu'on a l'impression que les Français et puis vous-même, enfin tout le monde, on se dit bon allez on en a marre, le budget est passé, on passe à la suite. Un budget, quand il est voté, il est cranté. Il sert de base pour la suite. Quant à l'automne, on va discuter du budget pour 2026. Quand on dira un peu plus de ci, un peu moins de ça, ce sera par rapport à ce budget dont on n'a jamais voulu. Sur l'écologie, quand on dira si par miracle on dit c'est stable, ce sera en fait moins 3 milliards. Si pour les postes de profs on dit on n'en crée pas, vous voyez, en fait on part du référentiel de cette année qu'on conteste.

Et donc laisser passer ce budget, s'est enterriné pour les années suivantes que le référentiel maintenant c'est celui-là et je pense que c'est tragique. Oui.

20:24
Présentateur

Merci Marine Tondelier d'avoir été avec nous ce soir.