Présidentielle : qui parle encore aux jeunes ruraux ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:48OuverteRéponse partielle
Qui parle encore aux jeunes ruraux ?
- 2:29OuverteRéponse directe
Quels sont les principaux défis des jeunes ruraux ?
- 3:42OuverteRéponse directe
Les jeunes ruraux sont-ils invisibilisés ?
- 4:22RelanceRéponse directe
Les jeunes ruraux sont-ils invisibilisés dans les médias ?
- 5:48OuverteRéponse directe
Quelle est la réalité des jeunes ruraux en termes d'emploi ?
- 7:42OuverteRéponse directe
À partir de quand une commune est-elle rurale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Chiffre
« les jeunes ruraux passent en moyenne 2h37 dans les transports chaque jour, contre 1h55 pour les jeunes urbains »
- 1:48Chiffre
« En 2022, 39 % des jeunes ruraux ont voté Marine Le Pen, un score qui chute à 18 % chez les jeunes urbains »
- 5:48Chiffre
« Seuls 28 % d'entre eux bénéficient d'un enseignement supérieur, alors que les urbains sont près de 40 % à aller à la fac »
- 6:27Chiffre
« dans les territoires au sein desquels il y a une grande part d'agriculture, on a, on se retrouve à 5-6 % »
- 17:23Chiffre
« leur taux de chômage se monte à plus de 22 %, quand ils ont un emploi 88 % sont employés ou ouvriers »
- 22:40Chiffre
« on perd 10 % de nos moyens. Globalement c'est en l'espace d'une année »
Temps de parole
- ?100 %
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C'est l'heure du second débat de ce sens public, volontairement décalé de l'actualité du jour. Un Un gros plan sur les jeunes ruraux. Sont-ils mobilisés dans leur lycée ? Quelles sont leurs difficultés au quotidien ? Comment le manque de mobilité, la faiblesse des services publics vont peser sur leur vote dans six mois Avant d'en débattre, on dresse le portrait de cette jeunesse rurale avec Jérôme Rabier. Un quart des jeunes de 15 à 29 ans vit en milieu rural et cette jeunesse est bien différente de celle des villes, souvent plus visible. Le principal point de blocage pour eux est la mobilité, pour une raison de tant de trajets comme de coups. Selon l'IFOP qui a mené une étude pour l'institut Terram et l'association Rura,
les jeunes ruraux passent en moyenne 2h37 dans les transports chaque jour, contre 1h55 pour les jeunes urbains, créant une vraie inégalité. Vous êtes assigné à résidence, c'est ce que beaucoup de jeunes disent, vous renoncez. Vous renoncez. Vous renoncez à différentes activités, aller chez le médecin, à vous soigner tout simplement. Vous avez des renoncements qui vous accompagnent tout au long de votre vie quand vous êtes à plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres d'une université, ce n'est pas toujours facile de franchir le pas et puis des renoncements même qui vous suivent lorsque vous entrez sur marché du travail. Dans cette étude que nous avions publiée, on voyait par exemple que presque quatre jeunes ruraux sur dix disent déjà avoir refusé
un entretien d'embauche uniquement pour des raisons de nobilité. Pourtant, les jeunes ruraux sont attachés à leur territoire. Ils sont plus nombreux à se voir rester ou revenir dans la ruralité à moyen terme. Mais ils estiment qu'ils sont moins aidés que les jeunes urbains, un sentiment d'abandon qui conditionne leur vote. En 2022, 39 % des jeunes ruraux ont voté Marine Le Pen, un score qui chute à 18 % chez les jeunes urbains.
La droite radicale est beaucoup plus prégnant, beaucoup plus puissant chez cette jeunesse rurale parce qu'elle a ce sentiment d'être invisibilisée, d'être un petit peu les grands oubliés de la République. Les jeunes ruraux estiment enfin être mal connus, mal représentés aussi tant dans la politique que dans les médias. Un des rares points communs avec les jeunes qui vivent dans des quartiers populaires de grandes agglomérations. Qui parle encore aux jeunes ruraux, on se place dans une double perspective, celle du mouvement des lycéens et puis la perspective de la présidentielle. Dans un peu moins de six mois, j'accueille Hugo Biolet. Bonsoir. Bienvenue. Vous êtes maire place publique de Vingt-Yeux. Alors vous êtes l'un des plus jeunes maires de France puisque au mois de mars,
vous avez été dégommé en quelque sorte par un maire de 19 ans qui a été élu dans les Vosges. Vous avez quel âge d'ailleurs ? Heureusement, j'en ai 25 au long. Voilà, c'est donc votre second mandat. C'est ça à à 20 yeux. Émilie Agnew, bonsoir, bienvenue. Vous êtes haute fonctionnaire territorial, directrice de l'Observatoire de l'Action et de la Puissance Publique de la Fondation Jean Jaurès. Vous êtes conseillère municipale à Saint-Clément, c'est en Corrèze, et vous publiez « Puissance publique contre les démolisseurs d'État », c'est aux éditions de l'Aube. J'accueille Clément Reversé, bonsoir, bienvenue, vous êtes sociologue à l'Université Toulouse-Jean Jaurès et je vais citer deux de vos livres. La vie de Cassos, jeune ruraux en survie, aux éditions Le Bord de l'eau,
et puis fierté d'ici, fierté au pluriel aux éditions de l'aube également et Sylvie Pierre-Brossolette est restée à mes côtés éditorialiste au point et pour sens public alors c'est vous, on va être transparent avec nos téléspectateurs qui nous avez, les téléspectatrices qui nous avaient donné l'idée d'organiser ce thème. Est-ce que ce sont les images de la mobilisation lycéenne et étudiante d'ailleurs ? Vous vous êtes dit mais on ne parle pas des jeunes ruraux là, suffisamment dans les médias. C'est les images mais c'est aussi un sentiment depuis longtemps quand on discute avec des jeunes, qui est celui de... En fait, on ne parle pas de nous. Et il y a plusieurs études, derrière, qui sont sorties, où le premier truc qui ressort, on en a sorti une avec une site
et destin commun, c'est « Nous les ruraux, nous les jeunes ruraux, on ne parle pas de nous. Et aujourd'hui, c'est aussi une journée un petit peu spéciale parce que là, dans les couloirs, dans les coulisses, il y a aussi des jeunes ruraux d'Ardèche. Que j'ai salué tout à l'heure. On a salué, que vous avez creusé tout à l'heure. Et c'est aussi pour ça, pour qu'ils puissent voire aujourd'hui on est à Paris, dans les sous-sols du Sénat et en plus on vient parler de la jeunesse rurale. Effectivement, vous avez visité aussi l'Assemblée nationale, il faut dire qu'on est juste en dessous de l'hémicycle, on est vraiment à quelques quelques encablures d'une des deux chambres. Sur la quasi-invisibilité, Émilie Agnew, est-ce que c'est vrai quand on…
Je me suis posé la question, et je peux faire mon mea culpa d D'ailleurs, dans nos médias, c'est la première fois qu'on donne la parole aux jeunes noéros ou qu'on aborde ce thème. Et dans les multiples débats qu'on a pu mener sur la mobilisation littéenne aux étudiantes, on n'en a pas parlé. Ils sont quoi invisibles, invisibilisés ? Qu'est-ce que vous en dites ? Oui, ils sont plutôt invisibilisés. Ils sont mis à distance. Et le mouvement social actuel, qu'est-ce que c'est ? C'est une crise de l'écoute et de la reconnaissance. Et là, l'ensemble de la jeunesse bien sûr exprime ce manque de reconnaissance et d'écoute mais c'est particulièrement le cas pour les jeunes ruraux qui effectivement sont moins
présent en plateau, à la radio, parce qu'il faut être présent à Paris par définition. Mais en plus, les mobilisations des jeunes ruraux ont été moins couvertes par les médias. Par exemple, chez moi, les jeunes se sont mobilisés, ils se sont mobilisées dans les lycées généraux, technologiques, agricoles aussi parce qu'il y a des problématiques spécifiques. J'espère qu'on pourra revenir sur cette problématique-là. Il y a un déficit de représentation globalement des jeunes ruraux qui ne se sentent pas représentés, reconnus, et notamment dans les politiques publiques. On a du mal à avoir des politiques publiques qui soient véritablement adaptées aux besoins spécifiques des jeunes ruraux parce qu'ils ont des besoins communs. À l'ensemble des jeunes, vis-à-vis des professeurs, de la dignité,
des conditions d'enseignement. Mais ils ont aussi des besoins particuliers liés au rapport au temps, liés à l'espace, liés à la projection aussi parce qu'ils souhaitent avoir un avenir. Et donc toute la question est de savoir, est-ce qu'on souhaite un avenir pour ces territoires-là ? Et c'est vraiment la question aussi qui est posée aujourd'hui. – Et ça doit être un enjeu majeur de cette élection présidentielle. On va poser le décor avec un chiffre, c'est 26 % des moins de 30 des 15-29 ans, pour être précis, qui vivent dans une commune rurale. Allez, on rentre dans la partie un peu descriptive, on va dire, de cette population, Clément Reversé. Alors, il y a peut-être une idée reçue qu'on peut au chassé, ils sont peu agriculteurs ou fils d'agriculteurs déjà.
On ne va pas faire le pâle, le tignégal entre ruraux, jeunes ruraux et agriculteurs. Oui tout à fait, c'est une représentation qu'on a, puisque quand on pense aux territoires ruraux, en fait, on pense à aussi des paysages et qui sont marqués beaucoup par l'agriculture. En réalité, on se rend compte que dans les territoires au sein desquels il y a une grande part d'agriculture, on a, on se retrouve à 5-6 %
une des très grandes entreprises dans les territoires ruraux qui s'implante, c'Amazon,
peu folkloriste idéalisé d'un territoire de retrait de la société où on peut vivre heureux où il n'y
culturel, c'est un truc que je retrouve très souvent et il y a deux caricatures possibles
D'ailleurs, Hugo Biolet, c'est une question vraiment basique, mais à partir de quand on dit qu'une commune est une commune rurale ? C'est quoi ? C' le nombre d'habitants ? La densité ? C'est lié à quoi ?
moi je suis vice-président d'une association qui s'appelle l'INCIT et on a mis dans le débat public avec un collègue
on dit moins de 1500 habitants mais qui derrière regroupe une réalité bien précise qui est que
de commerce multiservices dans lequel on a des petits bassins d'emplois, etc. Et donc ça c'est une ruralité précise et une réalité précise qui peut-être d'ailleurs aujourd'hui, et c'est pour ça que je parle de celle-là en premier et celle qui est la plus en demande et la plus en souffrance parce que c'est celle qui se sent le plus abandonnée j'ai envie de dire par l'ensemble des politiques publiques. Et puis il y en a d'autres qui sont des des ruralités un peu plus proches des villes, un peu plus périurbaines et qui vont avoir aussi d'autres problématiques. Et donc il faut avoir cette finesse-là de la même manière que ce n'est pas la même réalité que d'habiter en centre ville de Paris et d'habiter dans la Grande Couronne, par exemple, parisienne.
– Oui, on ne va pas amalgamer. On va parler des... Alors il y a plein de thèmes, mobilité, forcément, il y aura un gros chapitre mobilité. On va parler des services publics. Tiens, je vais bien ouvrir avec ça. Question On a écouté une professeure de français, elle manifeste à la fermeture de son collège et puis la fermeture d'un bureau de poste, on est dans le calvados.
Pourquoi il ferme, Clément Reversé, parce qu'ils ne sont pas rentables, les services publics en zone rurale ? Pas assez de monde pour les utiliser ? Oui, c'est surtout qu'à partir du moment où on pense en logique de rentabilité, les territoires ruraux seront toujours des territoires qui coûteront cher puisque le principe de la définition du territoire ruraux c'est qu'il a une faiblesse de densité population et donc si on veut un maillage efficace et un service public qui fonctionne il faut peut-être essayer de se dégager en partie de cette logique-là.
Et derrière les moyens, c'est aussi d'essayer de voir si ce qu'on propose correspond aussi aux réalités – si ce qu'on propose correspond aussi aux réalités des territoires. J'ai travaillé sur la question du décrochage scolaire. On se rend compte notamment que les politiques qui ont été menées, qui ont été poussées par Europe 2020 depuis 2010 ont été des politiques pensées pour les villes, par les villes et lorsqu qu'on les transpose sur des territoires ruraux, elles ne fonctionnent pas exactement. On a des jeunes qui passent en dehors des mailles du filet. Donc il faut aussi, et je pense qu'on a une responsabilité en tant que chercheurs, très largement mobiliser le monde de la recherche pour pouvoir comprendre comment fonctionne, avoir des réponses adaptées. Qui prend le relais ?
Est-ce qu'il y a des associations qui jouent un peu le rôle de service public ? Oui, il y a des associations qui prennent le relais. Il y a des élus locaux aussi, qui s'engagent énormément et qui font beaucoup, avec moins de services dans ces territoires-là. Et puis en 2023, on a mené une étude avec le sens du service public et la fondation Jean Jaurès
il y a moins de médecins, qu'il faut faire plus de kilomètres pour aller aux urgences pédiatriques, quand l'école est fermée, quand il faut beaucoup téléphoner pour avoir des rendez-vous chez un professionnel de santé. Le plus souvent ce sont des femmes qui font et qui prennent le relais. Le sujet qui arrive en top priorité des études que nous avons menées sur l'accès aux services publics, c'est la question des modes de garde. Dans les territoires ruraux, il y a un vrai déficit en termes de modes de garde pour les jeunes enfants. Et donc ça, ça doit véritablement être une priorité des pouvoirs publics, à fortiori si on veut qu'ils restent attractifs et si on veut continuer à ce qu'il y ait des jeunes qui grandissent et des jeunes couples qui viennent s'installer sur ces territoires
Mais à une époque, il y avait des politiques d'aménagement du territoire qui supposaient justement de faire vivre les territoires y compris dans leurs plus petites dimensions et les plus éloignées. Et ce thème a complètement disparu de la vie politique, c'est très curieux. Et je pense que vous Vous pourriez faire revivre, faire remonter dans les différents partis où vous êtes élus, cette thématique que c'est pas que ça coûte cher, c'est qu'au contraire vous rendez service au pays en restant comme ça, pas agglomérés toujours toujours dans les grandes villes, qui créent des problèmes de banlieue qui sont encore plus spécifiques également. Mais c'est très curieux, il y avait vraiment une dimension, déjà généralement c'était le ministère de l'Intérieur
et de l'aménagement du territoire, ou c'était des ministères pleins, et puis ça a disparu. Donc je pense qu'il faut effectivement manifester avec quelques recherches et des chiffres clés qui fassent boum, et là vous avez effectivement un peu loupé le coche des élections précédente mais là c'est le moment ou jamais d'essayer de faire remonter des messages et de entre guillemets vous vendre aux enchères un peu mais en fait on le fait il ya énormément d élus locaux qui voient ce privilège qui est le privilège de la décentralisation et celui d'avoir des choses qui vivent dans les territoires. Et je crois que là, on arrive à un moment où on a des gens qui viennent nous voir et qui nous disent, je gématise un peu, mais on va fermer les territoires euros parce qu'ils coûtent trop cher.
Parce qu'on vient avec une logique comptable, mais cette logique comptable, en fait, elle ne prend pas en compte le fait qu'un territoire, il est vivant. On a un patrimoine qui est entretenu, c'est parce qu'il y a des gens qui vivent sur le territoire qu'on peut avoir, des agriculteurs qui vivent sur ce même territoire et qui vont entretenir et qui vont nous faire manger. C'est des endroits où on produit de l'énergie, c'est des endroits où on stocke du carbone, c'est des endroits où on a des services publics et c'est aussi un endroit... C'est intéressant. Si vous ne pourrez pas plus entendre, vous passerez sous les radars des politiques publiques ou des prochaines majorités. Et je pense que c'est pour ça que c C'est hyper important qu'on soit là, sur ce plateau aujourd'hui.
Je ne suis pas le seul. On est très nombreux à essayer de prendre la parole pour défendre ça un maximum. Et moi, vous me verrez toujours me battre pour les ruralités. Clément Reversé, on est en période d'économie budgétaire. Je ne sais pas si ce budget va réussir à être voté. C'est un autre débat et on continuera de le faire dans les prochaines semaines. Mais est-ce que les économies budgétaires ont plus d'impact à la campagne qu'en ville. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire que si on applique un programme d'économie budgétaire, quels effets ça a dans les territoires ruraux ? Alors, de manière générale, comme ça a été dit avant ça dépend du territoire on a des territoires qui vont être extrêmement dépendants des services publics d'autres où on a une possibilité d'accès on est
dans du rural qui est proche d'une grande ville on a on a cette capacité
de recourir à d'autres services dans d'autres territoires à partir du moment où la mobilité est possible. Après, si je peux rebondir sur ce qui a été dit, je pense qu'il y a un mouvement qui se crée depuis 2018 où on commence à s'intéresser à la ruralité qui n'était pas un sujet jusque-là on a vu à partir du mouvement des gilets jaunes que les territoires ruraux étaient des territoires de revendications aussi on a vu avec les cartes qui se sont affichées bleu marine qu'il y avait une de la question du vote qu'on va sûrement aborder par l'avenir qui a été mobilisé et on se rend compte que c'est quelque chose qui prend du temps et qui arrivent lentement dans le monde de la recherche. Je suis assez surpris du nombre d'étudiants et d'étudiantes qui veulent faire des thèses
sur la thématique de la ruralité et qui, eux-mêmes à l'université, découvrent que c'est un sujet. Et c'est un réel sujet, on a beaucoup de recherches qui commencent à être menées, alors que jusque-là c'était un presque désert. Sylvie, je me tourne vers vous. Qu'est-ce qui vous inspire ces jeunes ruraux ? Ils sont très particuliers. Ils sont très On ne les voit pas dans les manifestations, ils ne brûlent aucun bâtiment, ils ne s'en prennent ni aux biens ni aux personnes et pourtant ils auraient quelques raisons de protester. Ils sont jeunes et vivent en milieu rural, ils sont plus de 5 millions et beaucoup sont malheureux sans que personne ne s'en préoccupe. Comme tous les autres jeunes, ils sont anxieux pour leur avenir et ont du mal à boucler les fins de mois.
Mais contrairement aux jeunes urbains, ils ont à subir en plus tous les inconvénients de l'éloignement des centres villes. Pour eux, c'est la double peine. Ils doivent ajouter aux soucis de leur génération toute une série de complications. Cela commence par l'éducation. Faire des études loin de chez soi est coûteux. Il faut s'y rendre ou se loger près de l'université à laquelle on a été admis. Ensuite, il faut chercher du travail. Là aussi, c'est plus compliqué que pour les urbains. Il faut circuler pour se rendre à des rendez -vous d'embauche. Et si on est au chômage, les agences France Travail n'ayant pas d'antenne en zone rurale ou très peu, il faut encore se transporter à ses frais. Pour se soigner, ce n'est pas plus aisé. Les médecins et les hôpitaux se faisant rares à la campagne,
passer son permis de conduire relève de l'exploit, comme tout bonnement aller au cinéma. La vie culturelle se limite aux séries télé et l humeur s'en ressent. On verra si tout le monde est d'accord sur ce constat dans un instant. A quel point ils sont découragés aujourd'hui ? Ils sont tellement découragés qu'ils ne réclament même pas les aides auxquelles ils ont droit. Ils ressentent les inégalités qu'ils subissent sans voir de solution à leurs problèmes. Il n n'arrive pas à se former correctement. Seuls 28 % d'entre eux bénéficient d'un enseignement supérieur, alors que les urbains sont près de 40 % à aller à la fac. Pas étonnant quand on sait que 70 % de l'enseignement supérieur est dispensé dans les centres urbains.
Pas étonnant non plus de constater que du coup, ces 15-29 ans fournissent des bataillons de chômeurs. Leur taux de chômage se monte à plus de 22 %, quand ils ont un emploi 88 % sont employés ou ouvriers, 38 % étant en CDD ou en intérim. Seuls 2 % sont agriculteurs, comme on l'a dit, contrairement à une image d'épinal très répandue de la vie à la – Et puis ça ouvrira notre chapitre suivant, comment vote-t-il ? – Alors pas étonnant non plus que ces invisibles, dont le sort ne semble préoccuper personne, même en période électorale, finissent par voter pour le Rassemblement Près de 40 % des jeunes ruraux ont choisi Marine Le Pen à la dernière élection
présidentielle, alors que leurs homologues des villes n'étaient que 18 % à faire ce choix. Dans les hameaux, là où le sentiment de relégation est le plus fort, le chiffre monte même à 44%. Les jeunes ruraux représentant un tiers de leur classe d'âge, c'est un électorat important. Cette jeunesse un peu plus désespérée que celle que l'on trouve en ville, mérite que d'autres mouvements politiques que le RN se penchent sur leurs conditions de vie. On est en pleine campagne électorale, cela tombe bien, avis aux candidats, il y a un réservoir de voix à convaincre à vous de jouer. Il faut sortir les jeunes ruraux de leur invisibilité,
sinon on finira peut-être par les inciter à rejoindre des cortèges en colère. Pas sûr que la France ait les besoins de manifestants supplémentaires. – Merci Sylvie, alors à plusieurs familles d'édito dans l'émission, il y en a qui font beaucoup réagir les invités. Vous n'étiez pas tout à fait d'accord déjà, Émilie, sur le fait qu'ils ne manifestaient pas – Oui, parce que chez moi, en Corrèze par exemple, les jeunes se sont très fortement mobilisés et quelle que soit d'ailleurs la filière, ils ont aussi manifesté avec les adultes dans les manifestations lorsqu'elles ont été autorisées, puisque la semaine dernière il y a eu quand même des arrêtés préfectoraux qui avaient interdit les regroupements et la manifestation qui avait lieu à Tulle.
Donc ça participe aussi de ce phénomène d invisibilisation et du coup leurs revendications qui sont aussi spécifiques tout en étant commune ne sont pas entendus mais c'est intéressant votre édito parce que ça pose la question du regard que l'on porte sur les territoires ruraux et sur les jeunes ruraux. On a dit que les ruralités étaient très diverses, mais aussi les gens qui habitent ces territoires-là sont très différents et les jeunes aussi. Typiquement, la question du vote pour le Rassemblement national, c c'est aussi une question sociologique qui est liée aussi au profil social, à la catégorie sociale d'appartenance, puisqu'on est aussi sur des milieux qui sont beaucoup plus populaires dans les zones rurales
mais moi ce qui m'interpelle le plus là c'est que souvent on définit les jeunes ruraux et les campagnes par les manques et non pas par les pleins et donc par leur spécificité par la liste des manques par leurs caractéristiques différenciantes et donc on ne donne pas aussi de la fierté parce qu'en réalité, même si les jeunes ruraux accèdent moins à la filière générale ou à des études dans les universités ou dans les grandes écoles, on a aussi des filières d excellences chez moi on a des écoles qui sont reconnus l'école forestière de mémac l'école de travaux publics à aiglethon liuté de tulle des lycées agricoles à nav à neuvik et en réalité on n'en parle pas du tout alors que par ailleurs ce sont des formations d'excellence qui sont reconnues et qui constituent des métiers de demain donc
ça montre bien qu'on a des savoir-faire on a des compétences et on est aussi l'avenir du pays il faut aussi le raconter oui Oui, effectivement. Votre avis, Hugo Biolet, sur l'image ? Parce que là, tout ce que décrivait Sylvie, c'est une réalité. Les chiffres, ils sont justes. Les chiffres, ils sont très justes. Et effectivement, c'est une réalité, c'est une réalité sur les questions de mobilité, c'est une réalité sur les questions d'éducation. Et en fait, derrière, ce sentiment d'oubli ou d'abandon, c'est qu'un édito comme ça, c'est à quel moment est-ce qu'on s'en occupe ? Et à quel moment est-ce qu'on fait tout ça ? Et à quel moment est-ce qu'on regarde aussi, effectivement, je veux rebondir sur ce que j'ai vient de dire.
– Oui mais est-ce que c'est pas plus mobilisateur de dire on a aussi des parcours d'excellence ? – C'est justement ce que j'allais dire, c'est qu'on a plein de choses sur lesquelles s'appuyer. Tout à l'heure, je faisais un tour avec les jeunes qui m'accompagnent toute la journée, que j'accompagne plutôt toute la journée. On a parlé des problématiques de mobilité, on a parlé de la difficulté que ça va être d'aller faire des études supérieure mais on a dit aussi que en ruralité c'est un espace où on réussit mieux ses études jusqu'au lycée qu'ailleurs parce qu'il ya des taux de réussite et des taux de mention au bac qui sont plus importants dans les départements ruraux que dans les départements urbains par exemple
mais c'est aussi des espaces de solidarité ça c'est des mots qui sont ressortis de la bouche des jeunes nous chez nous on est un territoire où on se connaît on a de la solidarité on discute avec notre voisin et donc on est encore capable de vivre ensemble et ça je pense que c'est aussi important de le dire parce que notre france demain moi je suis assez convaincu qu'on va réussir à la construire à partir de ce qui se passe dans les territoires alors notre débat il fait réagir beaucoup de téléspectateurs j'ai d'abord une première question elle est pour vous tiens de Melissa qui nous écrit de Limalonge je sais pas où est Limalonge faudrait que j'ai les infos sur les départements aussi les sénateurs sont élus par les maires des communes c'est une question
sur le rôle des sénateurs qu'elle et ils sont la voie de la ruralité, qu'est-ce qu'ils font pour les maires des communes ? Est-ce qu'il vous aide les sénateurs ? – Les sénateurs, c'est censé être notre porte-voix. Et là on a un moment qui va être très important, c'est le vote du Et le vote du budget, aujourd'hui la copie de base qui a été présentée, elle est extrêmement défavorable selon moi pour les territoires ruraux et pour l'aménagement du territoire parce qu'elle est extrêmement défavorable au bloc communal. Je ne vais pas rentrer dans un débat technique, mais globalement on perd 10 % de nos moyens. Globalement c'est en l'espace d'une année. Donc moi j'attends des sénateurs qui sont quelques étages au-dessus à ce qu'ils rétablissent un petit peu cette barque-là pour nous permettre
juste de mener les services publics du quotidien. Parce qu'il y a quand même pas mal de bouquins, je pense notamment à Pierre Bond qui avait très bien montré ça, qui nous disent que ce qui se passe dans les territoires ruraux, c'est qu'on arrive à faire pas mal avec peu de moyens parce que l'engagement des élus, l'engagement des bénévoles, les engagements associatifs et bien ce lien social-là fait qu'on arrive à faire beaucoup avec peu et à maintenir que ce soit des écoles, un centre de loisirs, que ce soit de la voirie, etc. Parce qu'il y a beaucoup de travail bénévole caché derrière. On en a besoin. – C'est dans les deux Sèvres, la ville dont on parlait tout à l'heure. Il y a une autre question, Pascal qui nous écrit de Villebon sur Rivette,
le besoin des ruraux est-il vraiment d'avoir des aides ? Donc une dépendance, ou plutôt de retrouver une véritable autonomie. Clément Reversé, je veux bien vous entendre là-dessus parce que c'est vrai que ce n'est pas très satisfaisant d'être simplement en train de réclamer des aides. Bien sûr, et ce n'est pas non plus l'objectif. L'idée qui est souvent récurrente, en tout cas moi sur mes terrains, avec des enquêtés qui sont plutôt de classe populaire, c'est qu'il y a eu une certaine défiance envers les institutions parfois, et surtout celles qui rapportent à l'idée de l'assistanat, d'être pointé du doigt comme étant le cas social du coin parce qu'on va au pôle emploi, à la CAF, etc.
L'objectif dans un territoire c'est de réussir à se former et surtout de réussir à avoir une vie décente, c'est pour ça que c'est aussi intéressant ce qu'on disait tout à l'heure, à penser en contre modèles. Les territoires ruraux sont aussi des territoires dans lesquels on a des possibilités, ce qui revient très fréquemment chez mes enquêtés, moi c'est la possibilité d'avoir une maison, de faire Alors, je vous interromps parce que je suis en train de prendre conscience qu'il nous reste pas mal de chapitres. La mobilité, on va parler santé parce que c'est un thème très important. Et puis évidemment quand même le vote. On est à moins de six mois du premier tour de la présidentielle, vous donniez le chiffre tout à l'heure, je vais le rappeler,
c'est près de 40 % des moins de 30 ans, 39 ,6 pour être précis, qu 'ont déclaré avoir voté Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle 2022. Les jeunes urbains, c'était 18 un peu plus de 18%. Vous êtes maire, place publique, je le rappelle, le parti de Raphaël Gliksmann. Comment vous expliquez qu'il y ait tant de jeunes ruraux qui votent Rassemblement national ? Quand on aura parlé de la mobilité, quand on aura parler du service public, quand on aura parlé de la santé, quand on aura parlé de l'accès à l'éducation supérieure, etc., qui sont les problématiques concrètes qui sont posées. On pourra regarder ce graphique et se reposer la question. Mais pour moi, ça c'est simplement une conséquence du fait qu'il y a tout un tas de sujets... – C'est-à-dire que le RN ou Marine Le Pen
à l'époque est celle qui a su répondre à ces interrogations-là, les jeunes ? – Je ne pense pas qu'elle y ait su répondre et je ne pense pas qu'elle soit en train d'y répondre. Par contre, ça capitalise tout un vote de « mais en fait on n'a jamais parlé de meur ». – Mais ce n'est pas l'expression d'une colère.
Ils ne sont pas sûrs que Marine Le Pen fera mieux pour eux que les autres, mais au moins on châtie ceux qui sont là, on les punit et on leur dit ciao. C'est une façon peut-être de se défouler un peu, non ? Est-ce qu'ils doivent être très frustrés, très colères certains d'entre eux, quand la vie est devenue impossible – Je pense qu'il y a de ça, et c'est pour ça que moi derrière ce truc de qui vote quoi etc., le débat pour moi il n'est pas là, il ne doit jamais être là, parce que si on commence à dire on s'intéresse à vous parce que vous votez un tel, un tel et puis on aime bien, on n'aime pas etc., non, moi quand je suis sur mon territoire, quand je suis en Nord-Ardèche à Vingt-Eyeux, je ne parle jamais de qui vote quoi, par contre on est toujours en
train de se poser la question de comment on se déplace pour aller à l'école, comment est-ce qu'on fait en sorte ? Est-ce que cette école elle ne ferme pas parce que sinon c'est deux heures de bagnole pour les gamins ? On va parler de mobilité dans une minute. Mais quand même, si je prends au niveau national, Clément Renverset, les raisons qui sont souvent données par les Français qui votent ARN pour expliquer leur vote. Ils disent immigration, pouvoir d'achat évidemment, insécurité. Et puis le récurrent, on ne les a jamais essayés. Bon, très bien. Immigration, insécurité, ce n'est pas vraiment un enjeu en ruralité ou je suis à côté de la plaque quand je dis ça ? Alors, ça peut l'être. On voit que le sentiment d'insécurité grandit beaucoup en France partout
et n'est pas forcément corrélé avec l'insécurité réelle dans le territoire. Par contre, ce qu'il faut comprendre, c'est que c'est aussi un vote qui est situé notamment dans des territoires où on l'a dit, on a moins de cadres, de cadres supérieurs, etc. C'est un vote qui peut être aussi réputationnel la gauche parfois est associé avec les allocs à benoît coquart parle de sur son terrain on dit que c'est le parti des bisounours parce que ça serait trop simple ce qu'ils proposent et ce qui a été récupéré. Parfois, on a des bastions qui étaient communistes qui sont tombées et qui deviennent rassemblement national entièrement. Il y a une partie du vote qui est aussi un vote, je crois, de fierté.
Ce n'est pas que de la colère et du mépris. Et de dire, nous, c'est le parti des travailleurs, c'est un parti qui s'intéresse à la France rurale, qui représenterait la vraie France, etc. Parfois, c'est un discours qui est récurrents et je voudrais juste ajouter que c'est sur le vote exprimé, moi la plupart de mes enquêtés disent être complètement désintéressés de la politique en ayant le sentiment que la polyéthique ne les touche pas et donc ils ne votent pas dans une sorte d'accord tacite entre eux alors même que toute leur vie est conditionnée évidemment par le politique on va parler mobilité peut-être le relier d'ailleurs avec le vote rassemblement national il y a cette étude de l'IFOP pour l'institut terram rura qui date de mars 2024 je pense pas que les chiffres est
beaucoup changé sur la dépendance à la voiture regardez 69 % des jeunes ruraux contre 31 % des jeunes urbains c'est assez logique nous disent dépendre de la voiture au Et si on fait le lien entre transport et emploi, mobilité et emploi, ça me semble très important. 38 % des jeunes ruraux et seulement 31 % des jeunes… 38 % des jeunes urbains, 19 % pardon des jeunes urbains, en recherche d'emploi, ont déjà renoncé à un entretien pour des difficultés de déplacement. Regardez, c'est ce que racontent ces jeunes qui passent leur permis de conduire dans la Creuse. C'est ça, parce qu'on est obligé de nulle des entreprises les plus proches c'est Boussac, et Boussac on est à 25 kilomètres à peu près,
et j'ai postulé ils ont dit ouais mais à la distance où vous habitez il faudrait bien avoir permis voiture. Et on a toujours le même problème. C'est un énorme frein. Si je veux travailler en crèche, si je n'ai pas le permis ça va être extrêmement compliqué. En général dans l'entretien d'embauche la première chose qu'on nous demande c'est si on a le permis. Il n'y a pas de transport en commun ou alors le transport en commun il est à 6h moins le quart le matin et on rentre le soir pas avant 7h30, 8h. Oui ça fait des belles journées donc le permis ça va te changer considérablement ta vie quoi pas bien sûr j'en ai marre de rester comme ça extrait de liberté égalité permis b documentaire de guillaume estivis produit par 416 prodes
Est-ce qu'Émilie Agneou, vous faites le lien entre mobilité ou absence ou frein à la mobilité et vote ? Avec complètement parce qu'on parlait d'insécurité tout à l'heure. Et on a tendance souvent à limiter la question de l insécurité à l'insécurité physique. Mais en réalité, dans ces territoires-là, l'insécurité, elle est d'abord sociale et économique. Et on le voit avec ces jeunes ruraux. On sait qu'ils ont des parcours scolaires un peu différents, mais aussi des parcours d'insertion spécifiques parce qu'ils font des études plus courtes. Ils entrent plutôt sur le marché du travail en moyenne et ils ont accès à des emplois qui sont plus précaires, qui sont moins bien rémunérés. Ils ont plus de risques d'être au chômage et il y a bien évidemment cette dépendance à la mobilité.
D'ailleurs, les jeunes ruraux ont tendance à être moins autonomes et ils attendent avec impatience de pouvoir avoir l'âge d'avoir un deux-roues quand les parents l'autorisent et quand là aussi ils n'ont pas peur là aussi de la chute ou de l'accident parce que ça aussi c'est une forme d'insécurité et il y a eu quand même une bonne mesure qui a été d'abaisser l'âge pour pouvoir passer le permis de conduire ça a été aussi un accès à l'autonomie facilité pour tous ces jeunes. Et on voit que la question du vote, elle est liée à une question de considération, de reconnaissance de ces particularités-là, mais aussi des modes de vie. C'est-à-dire qu'on a l'impression que les évolutions sociétales, que les discours que les politiques publiques remettent en question des modes de vie.
Donc il y a ça aussi derrière certains types de votes. Et donc c'est corrélé aussi à la précarité économique, parce qu'on est sur des territoires qui ont ont connu la déprise agricole, la désindustrialisation et qui aujourd'hui se ressentent sur des services de métier à la personne qui sont aussi précarisés et très fortement dépendants de la voiture. On pense notamment aux aides-soignantes qui sont aujourd'hui dans une situation extrêmement compliquée. On va parler santé tout de suite, chapitre sur la santé, particulièrement celle des femmes en milieu rural. On va écouter une sage-femme qui va à la rencontre des patientes dans son camion sur les routes d Auvergne. Déjà, cette population qui est isolée, c'est une population qui a un état de santé
plus dégradé que dans la population générale. Donc elles partent déjà avec, on va dire, des difficultés sur le début de grossesse. On a plus de patientes obèses, plus de patients qui fument, avec plus de pathologies chroniques. On a un taux d'allaitement maternel qui est plus bas dans les zones rurales que dans les zones urbaines et puis pour les bébés on avait des enfants avec plus de retard de croissance et et plus de ce qu'on appelle des outborns, c'est-à-dire des enfants qui naissent en dehors des structures de soins adaptées. La santé des femmes en milieu rural, c'est le thème de la chronique de Clémentine Louise. Tout de suite.
Les jeunes femmes donc en territoire rural. Clémentine, avec un rapport de la délégation des droits des femmes, il date de 2021, qui pointe leur difficulté d'accès aux soins. Oui, tout à fait. Ce rapport déplore que la santé des femmes ne soit pas considérée comme une priorité dans les territoires ruraux. Et ça commence avec la désertification médicale qui touche particulièrement les gynécologues médicaux. En moyenne, en France aujourd'hui, on On compte 2 ,6 gynécologues pour 100 000 femmes. Mais dans 77 de nos départements, 77 sur 101 départements, il y en a encore moins. Et dans 13 départements, il n'y en a même pas du Et ces difficultés d'accès à ces gynécologues, ça conduit parfois certaines femmes à délaisser complètement leur suivi gynécologique qui est pourtant
très important pour dépister des cancers du col de l'utérus. Et puis on a entendu le témoignage d'une sage femme dans la délégation, dans ce rapport, notait qu'elles étaient, elles, bien représentées en milieu rural. Oui, les sages-femmes, en revanche, le maillage territorial des sages-femmes en milieu rural est assez dense, est assez dynamique et ça permet de compenser dans une moindre mesure ce manque de gynécologues médicaux, au moins pour le dépistage. Et c'est la même chose pour les pharmaciens qui peuvent, dans une certaine mesure également, pallier un petit peu le manque de généralistes. Alors quand on parle de santé, santé des femmes ou des jeunes femmes, il y a la question de la protection face aux violences intrafamiliales. En milieu rural, elles en sont moins bien protégées ?
On peut dire ça ? Alors en fait, il n'y a pas beaucoup plus de violences intrafamiliales dans nos campagnes qu'en ville, mais les victimes sont plus en danger parce qu'en fait, elles cumulent plus de facteurs de risque. Et le premier, c'est l'isolement, c'est la distance géographique avec une mobilité qui est un peu moins bonne et qui permet moins facilement d'aller chercher de l'aide ou de se rendre dans un hébergement d'urgence. Et d'ailleurs, des structures, des structures d'accueil, il y en a moins en milieu rural. Et puis ces femmes, elles sont aussi confrontées à un manque d l'anonyme, un manque de confidentialité. Quand on est dans un territoire où tout le monde se connaît, c'est compliqué de se rendre à la gendarmerie et d'aller porter plainte
quand on connaît les gendarmes, qu'ils connaissent notre conjoint, etc. Et puis le rapport pointe aussi à une méconnaissance des droits, des dispositifs qui existent. Et ça explique en fait que les femmes rurales sollicitent beaucoup moins les dispositifs d'aide. Elles représentent seulement 26 % des appels passés au 39-19. Le 39-19, c'est le numéro d'écoute pour les femmes victimes de violences. Merci beaucoup Clémentine Hugo Biolet. Est-ce que ça a un effet sur le... Je ne sais pas quel terme employer, mais des jeunes femmes qui quittent leur village plus vite que les jeunes hommes ? Vous voyez ce que je veux dire ? Ou pas forcément ? Vous n'en êtes pas sûr ? J'en ai aucune idée parce que je n'ai pas de chiffres. Je n'ai jamais étudié ça très précisément.
Par contre, on a ouvert une maison des femmes sur notre territoire à Annonais l'année dernière. Elle a été remplie à une vitesse folle avec des femmes qui étaient en besoin et en demande et je suis sûr qu'il y a encore un énorme trou dans la raquette. Et cette question de services publics de santé, c'est une question que j'ai retrouvée il y a quelques quelques semaines, je suis allé à la rencontre d'associations dans les quartiers nord de Marseille donc vraiment dans des zones extrêmement denses et je me suis rendu compte que c'est pour essayer aussi de tisser des ponts et des passerelles qu'on avait la même problématique sur la question de la santé avec des énormes manques il y en a deux grands déserts médicaux en france qui sont dans les banlieues et dans l'ultra realité
effectivement avec une question qui porte sur la solitude des ados cyril qui nous écrit de martre la vraie solitude des ados. Les sujets de santé mentale, par exemple, sont assez peu traités. Clément Reverset, je veux bien vous entendre là-dessus, peut-être sur un point encore plus particulier, parce que votre livre « Fierté d'ici » porte sur les jeunes LGBT en milieu rural. Là aussi, je pose une question, je ne suis pas sûr que vous ayez les uns et les autres les réponses, mais est-ce qu'ils ont peut-être, c'est un a priori, tendance à partir plus vite, à partir plus nombreux, à partir plus tôt c'est une idée qui était en fait à la base du livre la figure du small town boy qui part parce que finalement il ne peut pas vivre son identité ou son orientation dans le territoire
évidemment ça existe, évidemment c'est vrai cependant ce qu'on a remarqué nous avec notre enquête c'est que le mal-être finalement de ces jeunes il est peu ou prou le même dans les territoires ruraux et dans les territoires urbains. Et un chiffre qu'on a trouvé très marquant, c'est que parmi les jeunes enquêtés, on a 90 % qui souhaitent rester sur leur territoire ou partir, éventuellement faire des études et revenir. Donc en fait, la plupart de ces jeunes veulent rester vifs dans le territoire. Et un point qui est décisif sur le bien-être, c'est que les jeunes qui se sentent le mieux dans cette enquête sont ceux qui ont accès à une association LGBT,
à des soutiens associatifs et ou à des services de soins. Donc il y a un réel enjeu sanitaire là-dessus dans des territoires où l'isolement peut être très fort. Je pense aux jeunes décrocheurs, moi que j'ai pu enquêter, qui lorsqu'ils quittent l'école, ils quittent aussi finalement la sociabilité juvénile qu'ils avaient. Ils ont une sale réputation, on ne font plus partie du groupe de vrais potes sur qui on peut compter. Et donc finalement, on se retrouve seul, ce qui a des impacts sur la santé mentale, mais ce qui a aussi un impact économique, puisque si on a une sale réputation, plus personne veut nous recruter localement. C'est un terrible cercle vicieux qu'il peut avoir dans ces territoires et où il y a un intérêt réel, finalement, à étudier.
– Je suis en train de rechercher, mais je ne retrouve pas dans mon dossier, mais ce n'est pas grave. Je suis sûr que vous avez le chiffre sur le fait que pour des jeunes femmes qui quittent pour aller faire des études le village dans lequel elles étaient, elles sont moins nombreuses à revenir ensuite parce qu'il n'y a pas assez de rôles modèles, parce qu'il n'y a pas assez d'emplois, parce qu'il n'y a pas assez d'emplois, parce qu'il n'y a pas assez de débouchés, qu'est-ce qu'on peut en dire de ça ? Alors ça c'est une réalité effectivement qui me permet de dire d'ailleurs que les jeunes ruraux n'ont pas de moins bons résultats scolaires que les urbains. Allez une autre Justement on a une éducation qualitative, on a un accompagnement, une communauté éducative,
des élus locaux qui s'impliquent et qui font qu'il y a une réussite éducative importante dans nos territoires ruraux. Mais bien souvent ce sont plutôt les filles qui vont poursuivre des études supérieures. Pourquoi ? Parce que souvent l'offre de formation et les offres d'emploi sur le territoire rural sur lequel elles résident est moins adaptée au niveau de qualification auquel elles prétendent et qu'elles ont tendance aussi à être de meilleurs élèves et donc à davantage s'inscrire dans ces parcours d'études supérieures, ce qui crée parfois des véritables déchirements parce qu'effectivement ces jeunes-là, et j'en ai fait partie, souhaitent rester si possible sur leur territoire. Et d'ailleurs il y a des offres qui s'adaptent aujourd'hui,
vous avez des antennes des universités qui se délocalisent, vous avez des campus connectés mais la question est quand même beaucoup plus complexe parce qu'il y a bien évidemment des problématiques matérielles, comment on se déplace, comment on se loge, comment surtout on s'autorise à quitter son territoire et comment on arrive à garder des liens avec son territoire et peut-être à y revenir aussi à un moment et je voudrais quand même revenir aussi sur la question sanitaire, bien d'évoquer parce que je veux aussi tirer le fil de cette question de l'insécurité. Il y a quand même une insécurité aussi sanitaire et psychologique qui est importante dans ces territoires-là du fait d'un manque d'accès à des professionnels de santé.
Il y a des maisons des adolescents aussi quand on dit il y a des solutions mais qui manquent de moyens bien évidemment notamment en termes de psychiatres, de psychologues et il y a quand même aussi à mon avis avoir un regard particulier sur les jeunes femmes qu'elles soient des territoires urbains qui ont tendance à être beaucoup plus en détresse psychologique que leurs homologues masculins et à mon avis cette détresse psychologique globalement de la jeunesse qu'elle soit des territoires urbains ou des territoires ruraux on peut pas y répondre juste en disant il faut plus de professionnels de santé ou il faut plus de professionnels de santé ou il faut plus de services publics. Les sujets sont beaucoup plus structurels. La question, c'est quelle perspective d'avenir
on offre à ces jeunes et quelle place on leur offre dans notre débat démocratique? On retombe sur la question du mouvement lycéen dont on parle depuis des des semaines. Je reste sur la problématique de la santé, vous avez un peu répondu Hugo Biolet, mais comment ça... Enfin, la lutte contre la désertification médicale, vous êtes en concurrence avec des maires d'autres villes pour attirer un médecin ou est-ce qu'au contraire, pour que ça marche, il faut que vous travailliez ensemble. Malheureusement on essaye de nous mettre en concurrence et aujourd'hui pourquoi on est en concurrence parce qu'on manque de médecins, parce qu'on manque de cadres pour que les bons médecins, que ce soit les généralistes ou les spécialistes puissent arriver au bon endroit.
Et ça nous crée des problèmes et des problématiques en cascade. Pourquoi aujourd'hui est-ce qu'on a un certain nombre d'urgences qui ferment ou qui mettent des barrières à l'entrée pour entrer aux urgences ? Parce que le pilier d'avant, qui est le médecin généraliste, il n'y en a plus assez. On le voit moins souvent, donc on va un peu plus souvent aux urgences et puis on a un peu moins d'urgentistes, etc. Donc là, on arrive à un point de rupteur dans beaucoup de territoires ruraux, où effectivement, on commence à s'arracher des médecins et c'est pas bon. Parce que ça, c'est une politique, je dois rappeler, qui est normalement une politique régalienne. Il Il y a quelques politiques régaliennes dont on attendrait que l'État amène sur
les territoires pour qu'il y ait de l'équité, pour qu'il puisse y avoir des médecins partout, etc. Et que nous, élus, on a pris en charge et on essaye de faire un certain nombre de choses dans nos territoires parce qu'on voit bien qu'il y a un manque. Et c'est le cas sur la santé aujourd'hui, comme c'est le cas sur la sécurité, comme c'est le cas sur d'autres éléments. Donc très simplement, oui, malheureusement, il y a de la concurrence. Merci beaucoup à toutes et à tous d'avoir participé à ce débat. Vos livres, Émilie Agnew, Puissance publique contre les démolisseurs d'État, c'est aux éditions de l'Aube. Et Clément Reversé, La vie de Cassos, Jeune ruraux en survie, c'est aux éditions Le bord de l'eau. Et puis Les fiertés d'ici aux éditions de l'Aube.
Merci encore. A bientôt sur Public Sénat. Je vous dis à Demain, 18h-22h pour un nouveau sort. Et j'oublie, merci Elsa Dariola qui est dans mon cerveau grâce à l'oreillette. La une du point qui paraît demain consacrée à l'immigration avec une interview d d'Edouard Philippe. Il tient demain justement dans notre matinale. Un autre candidat sera représenté, c'est Gabriel Attal, représenté par sa porte-parole Prisca Thévenot. Belle soirée.
Marine Le Pen