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InterviewC à vous (sur YouTube)· 3 décembre 2018 14 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSécurité

Gilets Jaunes : Macron face au chaos - C à Vous - 03/12/2018

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 65 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Bonsoir, Alain Boucher, bonsoir, bienvenue, bienvenue sur le plateau de CETAVOU.

  • 1:02OuverteRéponse partielle

    Ce mouvement, il est devenu intrinsèquement violent ?

  • 2:02OuverteRéponse partielle

    Est-ce que c'est sa faiblesse ou est-ce que c'est aussi une force ?

  • 3:31OuverteRéponse partielle

    Le collectif des Gilets jaunes libres ira-t-il à Matignon, demain après-midi, à l'invitation d'Edouard Philippe ?

  • 4:31OuverteRéponse directe

    Vous-même, vous êtes menacé dans vos prises de parole ?

  • 5:07OuverteRéponse partielle

    Sur le principe, est-ce que vous, vous pensez qu'il faut discuter avec le pouvoir légal et légitime ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47InvitéFait
    « c'est-à-dire la casse, les pillages et les dégradations dans Paris »
  • 0:55InvitéFait
    « on entend parler de menaces de mort, notamment contre ceux qui ont été invités à dialoguer demain avec le Premier ministre »
  • 2:40InvitéFait
    « le 17, il ouvre son frigo, il me dit, j'ai rien, et il me reste, pour finir le mois, 50 euros. Point barre. »
  • 3:22InvitéFait
    « s'il n'y a pas une réponse politique forte, ça risque de se radicaliser encore plus »
  • 7:35PrésentateurFait
    « C'est-à-dire de renoncer à la taxe de bonnes ? »
  • 8:02InvitéChiffre
    « Il devait être de 60% le deuxième tour. »
  • 8:05InvitéChiffre
    « 75% au second tour de la présidentielle et aux deux tours de la présidentielle. »
  • 10:47InvitéChiffre
    « On se bat avec 1 200 euros. »
  • 11:11InvitéChiffre
    « il y a 81% des Français qui comprennent et qui soutiennent le fait que cette politique n'est plus possible. »
  • 11:41InvitéChiffre
    « il n'y a pas eu 60% d'abstentionnistes, il y en a eu 25% à la présidentielle. »
  • 12:26InvitéChiffre
    « Je crois que ça avait été fait la semaine dernière par sondage, 30 000 votants. »

Temps de parole

  • Invité41 %
  • Invité 220 %
  • Invité 319 %
  • Présentateur8 %
  • Invité 44 %
  • Présentateur 22 %

5,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Emmanuel Macron sommé de désamorcer la crise, c'est à la une du monde. Il faut des réponses, Monsieur le Président, titre ce matin le Parisien. Un président inaudible face à la fièvre des Gilets jaunes. C'était samedi à la Une délibération. Il apparaît submergé ce matin pour le même quotidien, tétanisé, face à un mouvement de Gilets jaunes qu'il ne parvient pas à enrayer. Sur le plateau de CETAVOU ce soir, deux Gilets jaunes. Alain Boucher, Gilets jaunes des Yvelines, et Jean-François Barnabas, Gilets jaunes de l'Indre. Bonsoir, Alain Boucher, bonsoir, bienvenue, bienvenue sur le plateau de CETAVOU.

0:39
Invité

Avant la politique, d'abord la violence, pas seulement ce qu'on vient de voir, c'est-à-dire la casse, les pillages et les dégradations dans Paris, mais aussi, on l'a un peu entendu, la violence verbale contre les représentants du pouvoir, contre le Président de la République, et la violence entre Gilets jaunes, puisque depuis ce matin, on entend parler de menaces de mort, notamment contre ceux qui ont été invités à dialoguer demain avec le Premier ministre. Ce mouvement, il est devenu intrinsèquement violent ? Non, on ne peut pas dire ça.

Maintenant, c'est vrai que les reportages, les images que vous avez montrées en atteste, il y a une radicalisation chez une petite fange, notamment parmi les plus jeunes des Gilets jaunes, ou tout du moins de ceux qui se revendiquent comme Gilets jaunes, parce que c'est très facile de se revendiquer Gilets jaunes. C'est un mouvement qui n'est pas structuré, vous n'avez pas de carte Gilets jaunes, vous ne payez pas de cotisation Gilets jaunes. Donc, tout le monde peut se revendiquer du mouvement Gilets jaunes.

Et c'est ce qui fait sa force, quelque part, parce que du coup, c'est un mouvement d'une puissance incroyable, mais c'est aussi sa faiblesse, dans la mesure où du coup, il disparate, et naturellement, peuvent se revendiquer du terme de Gilets jaunes, des gens dont l'exaspération est telle que, naturellement, ils dénaturent le fondement du mouvement. Est-ce que c'est sa faiblesse ou est-ce que c'est aussi une force ? Parce que le paradoxe, c'est que cette violence, elle a fait avancer le mouvement aussi, d'un point de vue politique. Moi, je rejoindrai mon ami, à savoir qu'on a capté toutes les misères du monde.

Donc, forcément, toutes les misères, selon les individus, elles peuvent être différentes. Ceci dit, c'est que ça démontre une souffrance énorme, énorme. Moi, j'ai même découvert des choses en allant sur les ronds-points. Je ne m'attendais pas à ça. Il y a une personne qui m'a dit, viens voir, je vais t'amener chez moi. C'était le 17, le début du...

2:37
Présentateur

Premier jour de mobilisation. Premier jour, exactement.

2:40
Invité

Donc, le 17, il ouvre son frigo, il me dit, j'ai rien, et il me reste, pour finir le mois, 50 euros. Point barre. Pour moi, ça m'a parlé. C'est tout. Alors, après, effectivement, c'est un mouvement assez disparate, dans la mesure où on a capté, quelque part, toute la misère du monde. Et comment on l'a transcrit ? Pas facile. Et qui plus est, je rejoindrai Jean-François, à partir du moment où la population est tellement vaste, vous avez forcément des jeunes, des moins jeunes, on en est la preuve vivante, je dirais, et puis, donc, des radicalisés, et surtout, c'est là qu'il faut en venir, s'il n'y a pas une réponse politique forte, ça risque de se radicaliser encore plus.

Alors, la question, c'est ça aussi, la question, la question, ce soir, l'une des questions, le collectif des Gilets jaunes libres, qui avait appelé à une sortie de crise hier dans les colonnes du journal du dimanche, ira-t-il à Matignon, demain après-midi, à l'invitation d'Edouard Philippe ? Benjamin Cochy de Toulouse a dit tout à l'heure qu'il n'irait pas, trop dangereux, il est menacé de mort, dit-il. Jacqueline Moureau, même chose. C'est gravissime, non ? Oui, vous savez, à partir du moment où vous êtes exposé médiatiquement, sur un mouvement de cette nature, vous ne pouvez pas contourner que vous ayez des illuminés qui...

4:03
Présentateur

Ils les prennent très au sérieux, visiblement.

4:04
Invité

Oui, mais c'est compréhensible. Vous imaginez, ce sont des gens qui sont issus de la société civile, quand vous recevez une menace de mort. C'est la liberté de conscience et la liberté d'opinion qui est en cause. Non, mais bien entendu, tout à fait. Évidemment. Donc, si vous parlez, je dis que c'est grave, quand même. Si je peux me permettre, on va recevoir des SMS. On ne connaît pas l'origine des SMS. Qui vous dit que ce sont des gilets jaunes ? Moi, je n'en ai aucune certitude.

4:31
Présentateur

Vous-même, vous êtes menacé dans vos prises de parole ?

4:33
Invité

Non, non, attendez. On va reprendre les choses dans l'ordre. Par rapport au plateau télé que j'ai fait sur une chaîne concurrente, j'ai eu, sur 50 SMS, des encouragements. C'est bon, tenez, etc. Et puis, j'en ai un ou deux vendus, salauds, pourris, enfin, tout y passe. Je m'en fous royalement. Franchement, je m'en fous. Parce que dès lors que vous avez quand même, allez, 95 ou 96% des gens qui vous suivent, je me sens quelque part un peu investi pour continuer le combat. Et les menaces, moi, ça ne m'a jamais, jamais, jamais impressionné. Alors, bon, vous, non. Sur le principe, est-ce que vous, vous pensez qu'il faut discuter avec le pouvoir légal et légitime ? C'est autre chose, ça.

C'est une question importante. Apparemment, ceux qui adressent les menaces de mort pensent qu'il ne faut absolument pas se compromettre. J'ai adopté depuis le départ et depuis que je suis médiatisé fortement, une attitude toujours identique qui consiste à relayer ce qui fait consensus au sein du mouvement. parce qu'il y a naturellement, et c'est tout à fait compréhensible, des divergences, des appréciations tout à fait différentes. Il y a des choses qui font consensus ? Mais il n'empêche qu'il y a des choses qui font consensus. Desquelles ?

D'abord, une plateforme de base, ou du moins parmi les différentes plateformes qui ont circulé, des choses qui reviennent systématiquement et qui reviennent sur les ronds-points et qui reviennent sur les réseaux sociaux. On va discuter des revendications dans un instant, on va les voir. Tout à fait, mais ça, c'est important. Mais sur le principe, est-ce qu'il faut discuter ? Alors, il n'est pas possible aujourd'hui de discuter. Ah bon ? Pourquoi ? Parce que, tout simplement, l'exécutif, d'emblée, a affirmé qu'il n'était pas possible de changer de cap. C'est l'expression utilisée par le porte-parole du gouvernement. On peut ne pas changer de cap et trouver un autre chemin. Non, mais attendez.

Il ne s'agit pas d'un conflit social banal qui met en opposition des revendications sectorielles, catégorielles, catégorielles face à une direction, face à un ministre. Bon, il s'agit d'un mouvement de fond de la société française. D'accord ? Une exaspération à un point qu'on n'a jamais connu de la société française. Au point qu'effectivement, on peut s'inquiéter sur l'avenir républicain et démocratique de ce pays. C'est bien en ces termes-là que la question se pose. On ne peut pas avoir les réponses habituelles. Il faut que l'exécutif soit à la hauteur de l'enjeu. Ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu.

Donc, l'attitude première qu'il doit prendre, c'est dire, écoutez, nous vous avons entendu, nous reconnaissons que notre politique produit des conséquences qui sont lourdes pour des catégories importantes de notre population. Et nous décidons de changer d'orientation.

7:35
Présentateur

C'est-à-dire de renoncer à la taxe de bonnes ?

7:36
Invité

Et ça, c'est démocratique et républicain, ça vous semble conforme au fonctionnement républicain de ce pays ? Non, non, parce qu'on part de l'idée... Mais attendez, si vous permettez. On part de l'idée qu'à partir du moment où une minorité de citoyens a déposé des bulletins dans l'urne pendant 5 ans... Quelle est la minorité, monsieur ? Je parle par rapport au nombre d'inscrits. On sait très bien que... Ben oui, je suis désolé. Quelle était la participation à la dernière présidentielle ? Il devait être de 60% le deuxième tour. 75% au second tour de la présidentielle et aux deux tours de la présidentielle. Oui, oui, mais le fait est que... Même si la participation était...

C'est pas une minorité de citoyens qui ont participé. Non, je n'ai pas dit que c'était une minorité de citoyens qui avaient participé. On va, parce que là, on est au centre de la discussion. La question, c'est est-ce qu'il faut... Est-ce que le but de ce mouvement, c'est de renverser le pouvoir, d'une façon ou d'une autre ? C'est ça qui est en cause... C'est pas de renverser le pouvoir, c'est de faire... Christophe Chalençon, gilet jaune du Vaucluse, lui, veut à la fois discuter, discuter avec le pouvoir et renverser le pouvoir. Il dit qu'il ira à Matignon, mais pour demander demain la démission du Premier ministre.

Vous demandez la démission du gouvernement, mais vous mettez qui à sa place ? Le général de Villiers. Donc l'ancien chef d'état-major. Tout à fait. Et ça s'appelle un coup d'état, ça. Non, pourquoi ? Si, il n'est pas élu. Il n'est pas élu. Mais le Premier ministre, aujourd'hui, est élu. Bah oui, il était député, il était maire du Havre et il a fait de la politique. Oui, bien sûr, on voit où il nous en est. Là, vous demandez à Macron de rester et de nommer Pierre de Villiers Premier ministre. Tout à fait.

Nous devons avoir un geste fort, remettre des gens compétents et arrêter de nous mettre des énarques que l'on prend d'un côté et de l'autre, qui changent de gouvernement comme on change de chaussettes. On doit avoir des responsables à la tête de l'État. Voilà, c'est tout. Si vous ne le comprenez pas, nous allons avoir une guérance civile. C'est un nom qui remonte du terrain. Je ne dis pas moi qu'il est comme ça, dans la nuit, en me réveillant, sorti du chapeau. Donc, Christophe Chalençon dit qu'il ira demain après-midi à Matignon avec une lettre, mais avec une lettre de démission, qui l'invitera, Édouard Philippe, à signer. C'est une bonne idée, ça peut marcher ? Il a renoncé, là.

Si je peux me permettre, ça n'engage qu'à lui. Christophe Chalençon, là, je pense qu'il parle en son nom propre. Il n'est pas particulièrement représentatif du mouvement. Vous l'êtes davantage, vous. Non, je n'estime pas avoir une légitimité quelconque. Par contre, avec Jean-François et d'autres, on est en mesure de pouvoir établir un plan des revendications hiérarchisées. Lui, il hiérarchise rien du tout. Il veut tout de suite, en quelque sorte, vous avez raison, un coup d'État. Alors, après, là, peut rentrer en ligne les partis politiques traditionnels, qui, il y a cette fameuse motion de censure, c'est le rôle, à mon sens, davantage des politiques. Quelle revendication ?

En voici quelques-unes. Vous y étiez, d'ailleurs, Jean-François Berlin-Bahier. Quelle revendication ? En voici quelques-unes exprimées hier soir lors de l'émission spéciale de France 2.

10:41
Présentateur

Le rétablissement de l'ISF serait certainement un grand geste pour les gilets jaunes.

10:47
Invité

On se bat avec 1 200 euros. On ne veut pas de miettes, on veut être reconnus et récompensés pour le travail que l'on donne. L'arrêt de cette hausse des taxes sur les carburants, qu'ils mettent en place des États généraux de la fiscalité, qu'ils mettent en place une conférence sociale nationale, qu'ils mettent en place quelque chose de concret concernant la mobilité des territoires. La dissolution de l'Assemblée nationale, parce qu'aujourd'hui l'Assemblée nationale ne représente plus l'État actuel dans le pays, il y a 81% des Français qui comprennent et qui soutiennent le fait que cette politique n'est plus possible.

11:17
Présentateur

Si on a 60% de personnes qui ne se déplacent pas aux urnes pour des présidentielles, je suis désolée, le peuple est souverain, il a dit non à 60% à aucun des deux partis. Mettons en place un quorum, faisons comme dans les associations, si on n'atteint pas les 60% de personnes qui se déplacent aux urnes pour voter, dans ce cas-là l'élection est nulle et non avenue.

11:35
Invité

– Voilà, l'ISF, les taxes sur l'essence des États généraux de la fiscalité, la dissolution de l'Assemblée nationale, le quorum aux élections. Au passage, je le répète, il n'y a pas eu 60% d'abstentionnistes, il y en a eu 25% à la présidentielle. Que dites-vous de ces revendications ? Vous avez plusieurs personnes qui sont dans le mouvement des Gilets jaunes qui s'expriment. Comme vous le savez, comme nous l'avons dit depuis toujours, il n'y a pas en l'état de désignation démocratique de représentants nationaux. C'est une difficulté énorme d'organiser quelque chose comme ça.

Nombre d'organisations des Gilets jaunes travaillent en ce moment à mettre en place, notamment par un système de vote électronique, un moyen de progresser dans cette direction. – Je crois que ça avait été fait la semaine dernière par sondage, 30 000 votants. – Oui, mais c'est encore imparfait. Il est possible d'améliorer les choses et nous y travaillons tous. Pour le moment, ce n'est pas encore… Alors, il est normal que des revendications s'expriment de manière éparpillée. Ce que je vous disais au départ, c'est qu'il y a quand même un socle. Il y a quand même un socle. Et ce socle, c'est quoi ?

C'est ce que vous trouverez systématiquement sur les ronds-points, sur les réseaux sociaux, et que personne ne contestera. C'est la baisse massive des taxes, c'est l'augmentation des salaires et des pensions, c'est le rétablissement des services publics, et c'est la démocratisation des institutions. Bien. Alors après, vous avez des slogans qui sont liés à cela. La démission de Macron, c'est le slogan que vous rencontrez le plus dans ce moment. – Et vous vous demandez plutôt la dissolution de l'Assemblée. – Non, non, non. Qui a dit ça ? – Sur votre compte Facebook.

– La dissolution de l'Assemblée est une des possibilités qui permettent effectivement d'aller plus vite pour résoudre le problème des Français.

13:38
Présentateur

– On va continuer à évoquer les revendications et l'actualité. Le mouvement des Gilets jaunes est dans le 5 sur 5 de Maxime Suitec. Vous restez avec nous. – Sous-titrage Société Radio-Canada