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interviewRMC (sur YouTube)· 12 avril 2024

🔴 DIRECT - L'interview d'Olivia Grégoire, ministre déléguée des Entreprises, du Tourisme et de la...

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

par exemple, on ne sait pas du tout d'où vient le poulet à l'origine. Ça, ça va changer ? Ça change déjà ?

C'est l'objet de ce que j'ai lancé d'ailleurs à la fin du salon de l'agriculture. Vous avez remarqué au mois de janvier et février, pendant le salon, on a beaucoup parlé, notamment ici, de l'amont agricole, comment mieux rémunérer les producteurs, etc. Moi, je suis la ministre de la Consommation et je crois que le consommateur sur l'aval agricole peut aussi jouer un rôle, s'il le veut, s'il le peut, en matière de pouvoir d'achat, pour choisir des produits dont la matière première agricole serait française.

Pour ça, vous l'avez dit, ça suppose qu'on ait l'information. Mon combat, soyons clairs, c'est plus d'informations au consommateur pour qu'il puisse, s'il le veut, s'il le peut, choisir peut-être des aliments, des ingrédients origine France. On a aujourd'hui, depuis 2011, l'obligation d'indiquer l'origine des fruits et légumes.

Depuis 2020, l'indication des viandes, vous le voyez, des vins. Il y a eu aussi l'indication des miels depuis 2022. Moi, j'appelle depuis maintenant deux mois et on avance beaucoup.

Je vais vous donner des informations avec les industriels et les distributeurs pour leur dire, jouons le jeu de la transparence. Tous les produits, les ingrédients ne viennent pas de France. L'objectif, ce n'est pas forcément d'indiquer ceux qui viennent de France.

L'objectif, c'est d'indiquer les ingrédients majoritaires qui composent un plat préparé. Vous avez cité les nuggets, c'est ce qu'on appelle un produit transformé. Et on voit, et d'ailleurs les contrôles de la DGCCRF le démontrent, qu'il y a parfois des filous qui jouent le prétexte « drapeau français » alors que la matière première agricole n'est pas française.

Que nos agriculteurs soient en colère, c'est normal. On a annoncé avec Bruno Le Maire 10 000 contrôles sur l'année, sur ce qu'on appelle la francisation, c'est-à-dire cette utilisation du drapeau français sur les packagings pour vérifier si c'était vrai. La réalité, c'est que ce n'est pas tombé dans le trou, pour reprendre votre expression, peut-être médiatiquement, mais pas du tout en termes de contrôle.

Sur les 10 000 contrôles, déjà en trois mois, on en a fait 3 000. Sur les 3 000 contrôles… Alors, il y en avait très peu qui étaient faits jusqu'à présent. Je veux comprendre aussi à quel point c'est… Pas assez, sûrement pas assez.

Et qu'on n'en fasse plus, c'est parfaitement légitime. Aujourd'hui, sur 10 000 contrôles, un tiers sont réalisés. Vous avez un peu plus de 500 avertissements, ça n'est pas rien.

Et vous avez 236 procès-verbaux très concrets, un peu moins de 10% des contrôles, qui ont donné lieu à des procès-verbaux. Ce sont des procès-verbaux qui peuvent aller loin. On a jusqu'à des sanctions assez engageantes, de centaines de milliers d'euros, voire des sanctions pénales.

Je veux vraiment bien comprendre. Vous faites ces contrôles, vous découvrez qu'il y a un petit drapeau français, alors qu'en réalité, le poulet, il ne vient pas du tout de France, par exemple. Vous faites quoi ?

Vous faites une sanction ou vous faites un avertissement à ce moment-là ? Ça dépend de la gravité de la filouterie. C'est-à-dire, si on dit poulet 100% français, alors que le poulet vient de hors de l'Union européenne, là, c'est une sanction.

D'accord. Parce que c'est une véritable fraude ? Parce que c'est un mensonge.

D'accord. Et on a aussi parfois des industriels ou des distributeurs qui ont le bénéfice du doute où la volonté n'était pas de tromper le consommateur. Donc, les inspecteurs de la DGCCRF vérifient ça sur le terrain.

Moi, je rappelle quand même qu'on a un peu plus de 200 procès-verbaux très concrets qui, aujourd'hui… Qui concerne qui ? Pardon, mais quand on parle de Nuggets, je veux dire, tous les parents… Qui concerne à la fois des industriels et des distributeurs… Des grandes marques de tous les jours ? Des marques de tous les jours, des marques plus ou moins grandes, des marques régionales, des marques nationales.

Ce n'est pas moi qui vais, aujourd'hui, donner l'intégralité des marques. On aimerait bien savoir, en fait. Ce n'est pas l'objet.

Je n'ai pas vocation à faire ça. Comment on saura ? On saura quand les sanctions auraient été peut-être recouvrées.

On est en train de les recouvrer. Les procès-verbaux sont tombés. Vous savez, il y a toujours aussi un temps de contradictoire, d'expliquer si la faute est volontaire ou involontaire.

Mais on saura. On saura, oui. Ils seront d'abord obligés d'enlever… Si vous y venez, je reviendrai pour en parler.

Non, mais ils seront d'abord obligés d'enlever ce fameux drapeau français s'il ne correspond pas à la réalité du produit. Et est-ce qu'à un moment… Parce que j'imagine qu'il y a aussi des entreprises qui vont se targuer d'être vertueuses. Elles auront bien raison.

Ce sera même un argument commercial. Mais est-ce qu'à l'inverse, celles qui ne jouent pas le jeu pourront être pointées du doigt ? Oui, vous savez, moi, je n'ai pas de problème avec la transparence.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, depuis que je suis là, on donne activement les noms, par exemple, des entreprises, même des très grandes, qui ne respectent pas les délais de paiement. Avant, c'était un petit communiqué de presse sur un site de la DGCCRF. Aujourd'hui, la ministre que je suis fait des communiqués de presse tous les trois mois pour dire telle entreprise, telle entreprise, telle entreprise s'est fait sanctionner.

Je pense que les gens, en général, ont droit à cette information. Olivier Grégoire, vous le disiez, il y a donc ces contrôles qui ont été faits. Et puis, il y a ce que vous avez appelé Origine Info, c'est-à-dire qui va fonctionner, il faut bien qu'on explique, parce que ce n'est pas encore complètement évident, qui va fonctionner un peu comme le Nutri-Score.

Tout à fait. Comment ça marche ? Alors, un peu comme le Nutri-Score, on va partir de là.

C'est une démarche volontaire, déjà. On démarre depuis maintenant un mois. J'ai convié l'ensemble des distributeurs, l'ensemble des industriels, début avril, à Bercy, pour discuter avec eux, avec les associations de consommateurs, de quelque chose qui pourrait ressembler au Nutri-Score et qui permettrait d'un coup d'œil au consommateur de savoir quelle est la provenance des ingrédients majoritaires du produit transformé qu'ils achètent.

Mais vous avez des couleurs ? Exactement comme le Nutri-Score ? On n'en est pas là.

Mais j'aimerais comprendre, ça veut dire quoi ? Si c'est français, c'est vert. Et si ça vient de Chine, c'est rouge ?

Déjà, ça ne s'appelle pas l'Origine Score. D'accord, ça s'appelle comment ? Origine Info.

Ok. Pourquoi ? Parce qu'on n'est pas dans une dynamique de scoring.

Le Nutri-Score, tu as des bienfaits nutritionnels ou tu n'as pas de bienfaits nutritionnels. C'est bon pour la santé ou ce n'est pas très bon pour la santé ? L'Origine, ce n'est pas la même chose.

Ce n'est pas parce que le poulet vient d'ailleurs qu'il est moins bon ? Et ce n'est pas parce que le poulet est français qu'il est forcément absolument meilleur. Et l'autre chose, c'est qu'on a aussi des groupes qui sont des très grands groupes, je pense aux grands distributeurs, qui exportent aussi.

Donc, qu'on mette l'Origine France...

Mais quelle est la différence entre l'Origine Score et le Made in France ? Il va être plus précis. Le Made in France promeut ce qu'il y a de français dans la conception du produit.

Ce que j'appelle de mes voeux, c'est que par exemple, sur une mayonnaise, il y a de l'huile, des œufs, de la moutarde. Bon. On a aujourd'hui des distributeurs qui vous mettent des gros drapeaux français sur le fait que les œufs soient français.

Les œufs ne sont pas majoritaires dans le produit mayonnaise. Donc la question du consommateur légitime, c'est d'où vient l'huile, d'où vient la moutarde ? Quand aujourd'hui, les distributeurs ou les industriels ne le mettent pas et ont plutôt tendance à pousser ce qui est français.

Moi, ce que je dis, c'est qu'on ne peut pas pousser quand c'est français et pas dire d'où vient le reste. J'appelle donc par exemple sur le produit mayonnaise à garder si les œufs sont français, mais à indiquer d'où vient l'huile, d'où vient la moutarde pour avoir une information plus complète. Je ne veux pas que l'affichage français soit un prétexte.

Et aujourd'hui, on a quand même des marques qui, pour certaines, mettent très en avant, par exemple, fabriquer en France ou assembler en France. C'est bien, c'est très bien. On sent en général quand même que c'est louche.

C'est très bien. Moi, mon combat, c'est que je suis des producteurs agricoles. Ce que je veux savoir, et ça me semble être important, c'est d'où vient, et ça fait partie des sujets qu'on discute, ça paraît simple, vous savez, Apéline de Malherbe, mais dès que vous touchez à quelque chose qui concerne plus de 60 millions de consommateurs, il faut faire attention à ce qu'on fait.

Un exemple concret, le chocolat, c'est un ingrédient. La matière première agricole qui fait le chocolat, c'est le cacao. Est-ce qu'on doit savoir d'où vient le chocolat ?

Ou est-ce qu'il a été transformé ? Est-ce qu'on a vocation à savoir d'où vient le cacao ? Moi, ce qui m'intéresse vis-à-vis de nos agriculteurs, c'est plutôt le cacao.

C'est plutôt la matière première agricole qui m'intéresse. Dans la farine, il y a du blé. Moi, je veux savoir d'où vient le blé, par exemple.

Donc, c'est ça qu'on est en train de discuter avec les distributeurs. Combien d'ingrédients il faut indiquer ? Il ne faut pas perdre le consommateur non plus.

C'est un des arguments...

Quand vous avez 10 ingrédients qui sont nécessaires à la fabrication...

On ne peut pas tout noter. Donc, l'idée, c'est de mettre les 2-3 principaux et peut-être de permettre au consommateur qui le veut, par un QR code, comme certains le font déjà, d'avoir plus d'informations s'ils le souhaitent. On est en pleine discussion.

Quelles sont les marques qui s'engagent à faire cet Origin Score ? Alors, au moment où je vous parle, et c'est une bonne nouvelle, on a plus d'une quarantaine de marques très connues du quotidien des Français, industrielles, qui s'engagent derrière nous. Je peux vous dire que Fleury-Michon, Bonduelle, Dossi, Yoplait, par exemple, ont contacté le cabinet, ont contacté Bercy pour dire « Nous, on veut en être, on est prêts à expérimenter dès cet été, de façon volontaire ».

Je veux aussi dire que tous les distributeurs sont partie prenante de la démarche. Certains l'avaient enclenché, d'ailleurs, en 2018-2019, notamment Intermarché et Leclerc. Il faut dire les choses, je n'ai rien inventé.

Le Covid avait cassé la dynamique. Le collectif, en vérité, porte ce combat depuis des années. Tous les distributeurs sont autour de la table pour être partie prenante.

Très concrètement, le yaourt, vous parliez de Yoplait. Ça veut dire que sur un yaourt, Yoplait, yaourt aux fruits, par exemple, on va savoir d'où vient le lait, on va savoir d'où viennent les fruits. On aura tout ça qui sera indiqué sur le packaging du yaourt.

On est en train de discuter sur la fin de votre phrase. Après, autre question, par exemple, où le note-t-on ? Il y a beaucoup d'indications déjà sur les produits.

Et comment ? Certains sont prêts, parmi les distributeurs notamment, je pense à Dominique Schellcher qui est très engagée sur la démarche. Système-U, qui est ici souvent et qui le dit, lui, il est prêt à le mettre, ce qu'on appelle « unpack », c'est-à-dire sur le packaging.

D'autres sont un peu plus réticents et préfèreraient peut-être mettre un morceau de l'information sur le packaging et l'autre sur les prospectus ou en ligne sur le drive. Il faut un peu de souplesse dans la démarche. Je veux aussi le dire clairement.

Oui, mais en même temps, si vous mettez de la souplesse, ça sera difficilement lisible. Le Nutri-Score, c'est le même quel que soit le produit. Soyons clairs, dès le mois de mai, je vous passe les détails, mais là, on travaille sur un cahier des charges.

On aura un logo au mois de mai qui sera le même pour tous. Vous n'aurez pas autant de logos qu'il y aura de distributeurs ou de produits. Mais certains distributeurs le mettront sur le packaging, d'autres sur le drive en ligne ou sur leur prospectus.

C'est important de laisser un peu de liberté. Vous parliez du Nutri-Score, Apolline de Malherbe. Il a fallu deux ans pour le sortir de terre.

C'est une démarche volontaire. Il n'a pas fallu de loi. Plus de 90% des consommateurs le reconnaissent.

Plus de 60% des marques l'ont mise en place. Il y a des chemins dans ce pays pour faire des choses avec aussi des acteurs volontaires. C'est ma conviction, c'est ce qu'on fait avec Origin Info.

Vous le verrez dès cet été. Dès cet été ? Dès cet été dans les rayons.

Olivia Grégoire, le ticket restaurant, le plafond à 25 euros et l'utilisation possible partout pour faire ses courses, ça va continuer ? Officiellement, c'est une sorte de dérogation jusqu'en décembre. Est-ce que ça va devenir pérenne ?

Alors, ça c'est pareil. Un ticket restaurant, c'est payé moitié par l'employé, moitié par l'employeur. Ce système de ticket restaurant est géré par une commission nationale des tickets restaurant.

Il y a quatre acteurs dedans. Les employés et les employeurs. Normal, ils payent.

Les restaurateurs, ils en bénéficient. Et les émetteurs, ceux qui font les tickets restaurant. Donc déjà, ce n'est pas la ministre toute seule dans son bureau, ni les parlementaires tout seuls au Parlement qui doivent décider.

Donc moi, je conserve depuis plusieurs mois. Je les ai encore reçus cette semaine. Je les recevrai à nouveau pour un dernier tour de table le 18 avril prochain, jeudi prochain.

Et ensuite, nous présenterons un texte de loi, là à la rentrée, dès septembre, je pense, dès la rentrée, pour voir si on peut pérenniser, effectivement, le ticket restaurant. Il y a déjà une chose sur laquelle, c'est important que vous le sachiez, tout le monde est d'accord, dématérialiser. Vous avez encore 30% de tickets restaurant qui sont en papier.

On a tous l'histoire...

Le petit chéquier de tickets restaurant. Mais le petit chéquier qu'on a eu, toutes et tous, je m'en rappelle bien, souvent, on l'oublie dans son sac, on le laisse dans un manteau, on le met dans la machine à laver. Savez-vous combien de millions d'euros de pouvoir d'achat sont perdus par les gens ?

Je crois que c'est 40 millions. Vous êtes calé, bravo. 40 millions d'euros. 40 millions d'euros.

Non, mais tout le monde n'a pas ce chiffre, c'est quand même assez flagrant. Qui ont été perdus. Qui ont été perdus en pouvoir d'achat.

Dématérialisation, c'est vrai. D'accord, dématérialisation. Mais est-ce qu'on pourra continuer à l'utiliser pour faire ses courses ?

C'est très difficile de dire à plus de 96% des Français qui appellent de leur vœu, qu'on continue à les utiliser, de dire non, vous êtes gentils, vous payez la moitié, mais en termes d'usage, on s'en occupe et vous n'aurez plus le droit de l'utiliser. Donc c'est vrai qu'on a aujourd'hui une conscience assez forte, notamment au cœur de la Commission nationale Ticket Restaurant, du fait qu'il faut consolider le dispositif, le moderniser, pas le fragiliser, mais il faut aussi tenir compte des usages. Imaginez-vous, 6 Français sur 10, aujourd'hui, font leur course avec des Ticket Restaurant ou pas et préparent leur Tupperware, leur gamelle pour déjeuner le midi.

Ce n'est pas anodin, ce n'est plus d'une majorité, c'est 60% des salariés. On a 5 millions de salariés qui utilisent les Ticket Restaurant, 96% d'entre eux appellent à continuer l'utilisation. On vous l'a entendu, Odia Grégoire.

On prend plutôt ce chemin. Vous êtes favorable au fait qu'on pérennise ce système. Il faut aussi faire attention.

Il y a des propositions qui sont sur la table. Est-ce qu'il faut 25 euros en restaurant et 25 euros en grande et moyenne surface ? Il y a des idées de double plafond qui sont en ce moment même en train d'être discutées.

Franchement, vous allez aller vers ça ? Moi, j'ai envie de vous dire, sans torpiller la négociation, parce qu'on ne peut pas demander l'avis et donner la fin du match en même temps, mais je pense que tout ce qui relève de l'usine à gaz en matière de pouvoir d'achat des Français est un peu une hérésie. Si aujourd'hui ça fonctionne ?

Oui, mais il faut aussi entendre les inquiétudes des uns et des autres. J'entends les restaurateurs qui disent, nous, on a perdu des tickets restaurants depuis qu'on a étendu aux grandes et moyennes surfaces. Mais je sais que les restaurateurs sont aussi des gens audacieux et inventifs.

On peut trouver en matière de menus, des solutions pour dire qu'avec le ticket restaurant, si on paye avec, on a peut-être accès à des promotions ou un dessert ou le café gratuit. Je sais qu'ils sont inventifs et qu'ils trouveront des voies et moyens. Et précisément, puisqu'on parle des restaurants, le non-fait-maison, vous vouliez aller sur ce terrain-là, c'est-à-dire distinguer ceux qui cuisinent vraiment, qui découpent les légumes et ceux qui achètent un plat tout fait chez Métro ou ailleurs.

Finalement, il semble que vous ayez reculé là-dessus. Il y a un des députés de votre majorité, Richard Ramos, qui veut remettre cette proposition de loi sur la table, c'est-à-dire distinguer et même dire quand un restaurant ne fait pas maison, c'est-à-dire le non-fait-maison. Est-ce que vous allez le soutenir ?

Alors, un, il y a quand même une ligne rouge dans ce que je fais. Un combat. L'information au consommateur.

Qu'on soit en grande et moyenne surface, origine info, qu'on soit au restaurant. OK ? La transparence, c'est pas les jours pairs uniquement pour certains acteurs.

Donc effectivement, j'ai appelé, et il y a eu une proposition de loi déposée à l'époque par un grand député qui s'appelait Guillaume Casbarian, qui est désormais ministre, pour faire en sorte qu'on indique mieux et de façon obligatoire quand c'est fait maison et pas fait à la maison. Mais ce texte avait été rejeté. Non, non, ce texte n'a pas été discuté.

Ce texte a été ensuite géré par un autre député et effectivement, ne trouvant pas de solution idéale, il l'a retiré. Mais ce sont aussi des sujets importants. On touche à 60 millions de consommateurs potentiels.

Moi, ce que je dis, c'est que ce qui me gênait dans l'approche qui avait été portée, et c'est pour ça aussi en partie que je suis navré que le texte ait été retiré, mais c'est que c'est difficile de dire à ceux qui font déjà bien le boulot, c'est-à-dire ceux qui font déjà maison et qui se décarcassent, et à qui ça coûte plus cher, il faut le dire, d'être les seuls à porter l'obligation, parce que c'est peu ou prou, je ne rentre pas dans les détails, ce qu'entraînait cette proposition de loi. Faire porter une obligation d'affichage à ceux qui font déjà maison et laisser ceux qui ne font pas maison, ce qui n'est pas grave, encore une fois, je n'ai pas de morale dans mon point de vue. Il y a du fait maison qui n'est pas bon, il y a du non fait maison qui est très bon, qui peut venir de chez un artisan, qui peut venir aussi d'autres endroits.

Donc je n'ai pas de jugement moral, mais moi je trouve qu'il y avait une logique à être équitable, à demander à ceux qui font maison d'afficher et à demander à ceux qui ne font pas maison d'afficher. Je vous repose donc ma question, est-ce que la proposition de loi de Richard Ramos, qui obligera ceux qui ne font pas maison à mettre non fait maison, est-ce qu'elle aura votre soutien ? Est-ce qu'elle sera réinscrite ?

Déjà c'est le premier sujet. Est-ce que vous pousseriez à ce qu'elle soit réinscrite ? J'ai un point commun, c'est que je ne lâche pas ces combats et je connais la pugnacité du député Ramos.

Vous savez, on ne peut pas recevoir sur ce plateau des représentants des restaurateurs qui disent qu'il y a de la concurrence déloyale avec des gars qui sont en cuisine qui font juste 30 secondes de micro-ondes, alors que moi je me décarcasse à aller faire mon marché, alors que moi ça m'a coûté cher mes factures d'électricité parce que mon gigot de 7 heures, je le fais vraiment dans mon four pendant 7 heures. Il y a effectivement un enjeu qui est aussi de sauver les artisans, les artisans-restaurateurs, ceux qui font bien le boulot. Je ne suis pas du genre à changer d'avis comme de chemise, je suis favorable à ce que porte Richard Ramos et je ne doute pas qu'on trouvera un chemin, mais ça ne peut pas être la transparence uniquement pour ceux qui jouent le jeu, ceux qui aujourd'hui ne font pas maison.

Vous obligerez ceux qui ne font pas maison à dire qu'ils ne font pas maison ? Je ne présage pas de l'atterrissage. Ce texte ensuite doit vivre au Parlement et on verra comment ça se passe.

Olivier Grégoire, la shrinkflation, c'est-à-dire le fait de mettre un peu moins de produits dans un paquet un peu plus gros et donc de tromper le consommateur. Vous aviez dit que vous alliez répondre aux demandes des consommateurs d'être mieux informés et d'afficher ces produits-là. On en est où ?

Vous n'aurez pas plus tard que la semaine prochaine une mesure prise que je prendrai. Je ne veux pas la défleurer maintenant, je suis en train de la finaliser, mais je suis du genre à tenir ma parole et ce sera une information, toujours un objectif, l'information du consommateur. Quand il y en a moins dans le même paquet, ce sera une information...

Il y aura un autocollant, une étiquette...

Ce sera une information qui devra être affichée. Par les industriels ou par les distributeurs ? Vous êtes doué parce que vous essayez de me faire déflorer l'annonce...

J'aimerais bien quand même qu'on comprenne. Comme c'est l'annonce de la semaine prochaine et que j'en ai un certain nombre pour ici, je ne la déflorerai pas. On a un enjeu aussi qui est le droit européen.

Il y a des choses qu'on ne peut pas faire. J'expliquerai tout ça la semaine prochaine. On ne peut pas forcer certains acteurs à inscrire sur le packaging ce type d'informations, mais on peut espérer, puisque dès l'année prochaine, vous le savez sûrement, il y a une grosse réforme européenne sur le droit de la consommation.

Mais les Français sauront, c'est-à-dire que quand ils poussent le caddie, ce sera suffisamment visible, on comprendra qu'il y a un peu moins de chiffres et que le paquet est un peu plus gros. Olivier Révoix, vous êtes aussi la ministre du Tourisme. Je voudrais un mot sur les JO.

On en est où des réservations pour cet été ? Alors, on est sur une bonne pente, contrairement à ce que j'ai entendu ce matin avec beaucoup d'humour chez Arnaud de Manche, juste avant de venir. Alors, pour le dire avec humour, on est vendredi.

Non, il ne faut pas être maso pour venir aux JO de Paris. D'ailleurs, plus de 40% de réservations, chiffre du 19 mars, soyons précis, sur les réservations d'hôtels. D'ailleurs, plus 6% dans les chiffres six prochains mois, ce n'est pas facile à dire, sur les arrivées aériennes du monde entier.

Donc, nous avons des perspectives qui sont bonnes. Nous avons… Il faut quand même le dire aux gens, parce qu'on ne le dit pas assez. Jamais dans l'histoire des JO, une ouverture depuis 2000 ans, quand même, n'a été faite sur un fleuve.

La plupart du temps, les JO, pensez Londres par exemple, sont des JO d'une ville. Ce n'est pas les JO de Paris, c'est les JO de la France, à Bordeaux, à Lyon, à Lille. Dans plus de 65 départements, vous allez avoir des épreuves.

C'est les JO de la France, pas uniquement de Paris. Je trouve qu'on est très parisien, j'adore Paris. Mais il n'y a pas que Paris.

Il y en a dans les Dom-Tom, il y en a partout. Ça va être une immense fête. Je repensais ce matin avant de venir. 98, la Coupe du Monde. 2018, la Coupe du Monde de rugby.

Enfin, je veux dire, on s'est organisé. De grands événements, on y arrivera. Et donc les Français sont au rendez-vous, pour l'instant en tout cas, dans les réservations.

Et pas que les Français, les clients internationaux aussi. Merci, merci Olivia Grégoire d'être venue dans ce studio ce matin. Ministre déléguée en charge des entreprises du tourisme et de la consommation.

Vous parliez des JO olympiques. C'est l'événement lundi matin, puisque à 8h20, c'est le président de la République, Emmanuel Macron, qui répondra sur RMC et BFM TV à 100 jours des JO olympiques. Je recevrai donc le président.

Ce sera en direct du Grand Palais. Je serai avec David Douillet, avec Marion Bartoli, avec Rémi Barret. C'est l'équipe olympique d'RMC.

Et je serai avec les auditeurs aussi d'RMC et de BFM TV. Vous pouvez dès à présent poser vos questions au président. Événement donc lundi matin sur RMC BFM TV.

Rendez-vous à 8h20 lundi. Apolline de Valère pour l'interview. Merci beaucoup.

Merci beaucoup.