Fêter la musique à Radio France : la partition du service public
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France Culture Les Matins de France Culture Guillaume Erner Bon alors vous le savez, dimanche prochain c'est le 21 juin donc la fête de la musique je me suis dit qu'il fallait s'intéresser à un acteur majeur de la musique dans le pays, je dis bien dans le pays Radio France Radio en France, vous le savez peut-être est devenue en 2021 le lieu de la maison de la radio et de la musique alors à Radio France on trouve deux orchestres un chœur, une maîtrise 300 musiciens, 260 concerts par an et un Michel Aurier, d'ailleurs c'est vous, bonjour Michel
Bonjour Guillaume
Vous êtes directeur de la musique et de la création à Radio France vous avez été jadis directeur général de la création artistique au ministère de la culture je me suis dit qu'il fallait vous inviter parce que les orchestres ont été beaucoup attaqués quelque chose d'assez régulier dans la rhétorique politique française il y a eu un rapport qui proposait la fusion mais je ne savais pas si c'était la fusion ou la fission des deux orchestres et voilà je me suis dit qu'il fallait défendre cela et défendre ce que l'on faisait ce que vous faisiez ici même mais avant ça peut-être que vous allez nous présenter cette deuxième édition de Viva l'Orchestra qu'est-ce que vous allez proposer à toutes nos auditrices et à tous nos auditeurs Michel ?
Alors Viva l'Orchestra c'est c'est d'abord une initiative des musiciens de l'Orchestre National de France qui est de s'ouvrir à la pratique amateur et ce qu'il y a de formidable dans ce travail-là c'est que c'est l'orchestre qui se mobilise c'est-à-dire tous les chefs de pupitres qui au fur et à mesure de l'année encadrent des répétitions avec une centaine de musiciens amateurs en vue de se produire pour pour la fête de la musique et et c'est c'est à chaque fois évidemment une fête formidable parce que il n'y a pas d'âge pour participer à Viva l'Orchestra c'est un peu comme Tintin c'est de 7 à 77 ans et et et on joue les grands titres du répertoire qui vont de de la marchande pardon de la marchande groise de la nation de Faust à des pièces de Gershwin à la la valse de Tchostakovich enfin tous les grands airs populaires de
de la musique classique il y a une volonté également c'est la fête de la musique alors la fête de la musique il y a une promesse démocratique promesse ou démagogie ça je sais pas je vous laisserai trancher mais en tout cas l'idée c'est de laisser leur place aux amateurs
oui absolument je crois que la fête l'idée de la fête de la musique c'est ça c'est de constater qu'il y a plus d'une dizaine de millions de français qui pratiquent la musique en amateur un peu partout à travers le territoire et de leur laisser pendant toute cette journée la possibilité de s'exprimer en tout cas c'est ce que Maurice Fleuret avait proposé à Jack Lang au début des années 80 et qui depuis a pris cette dimension qui est absolument incroyable c'est à dire que Paris est devenu par exemple un spot mondial au moment de la fête de la musique on l'a vu depuis deux ans avec une densité des participants qui est sans précédent
venons-en au sujet qui fâche autrement dit à ces deux orchestres symphoniques alors c'est une sorte de rituel politique lorsqu'on s'intéresse à Radio France en termes principalement budgétaires on peut revenir d'ailleurs là-dessus on évoque ces deux orchestres on dit que ces deux orchestres ça en fait un de trop moi je pense qu'en fait ils veulent dire que ça en fait deux de trop mais on va commencer par passer à un expliquez-nous Michel pourquoi ces deux orchestres ont chacun leur utilité et puis leur savoir leur virtuosité
alors il faut faire un petit recul en arrière pour comprendre pourquoi on a deux orchestres à Radio France et j'aime toujours rappeler que René Coering qui était un de mes prédécesseurs aimait dire que s'il en avait deux c'est parce qu'il n'y avait pas les moyens d'en avoir trois pourquoi ?
Parce qu'à Radio France on a cette mission de mettre à disposition du plus grand nombre à peu près cinq siècles de musique donc c'est considérable on joue chaque année 260 compositeurs différents et pour ce faire évidemment il nous faut des formations musicales de haut niveau dans les années 50 avant l'invention des politiques culturelles il y avait 17 orchestres de radio et puis quand on a créé le ministère de la culture Malroy a demandé à Landowski de faire un plan d'un schéma territorial avec l'ensemble des formations symphoniques on s'est servi des orchestres de radio pour créer aujourd'hui il y a un peu moins d'une trentaine de formations en région et on est passé à l'ORTF avec quatre orchestres et quand on a séparé la radio de la télé on a fusionné trois orchestres pour faire l'Orchestre Philharmonique de Radio France et on a gardé l'Orchestre National de l'ORTF qui est devenu l'Orchestre National de France et pour faire ce travail-là évidemment ça n'est pas de trop je rappelle juste que les Allemands en ont douze et que les Anglais à la BBC en ont cinq des orchestres donc le sujet pour nous ce n'est pas tant de savoir s'il faut abandonner le vélo à deux roues parce qu'on a inventé le monocycle c'est de savoir à quoi servent nos deux orchestres est-ce qu'ils font partie du quotidien des Français est-ce qu'on arrive à servir cette musique à la fois sur le plan patrimonial et puis à la fois sur le plan de la création on commande 80 oeuvres par an le Philharmonique dont c'est la mission principale de l'Orchestre Philharmonique de Radio France de créer de la musique contemporaine crée une trentaine d'oeuvres chaque année le National est plus centré sur ce qu'on appelle le grand répertoire une sorte d'ambassadeur de la musique française hier on a nommé Ricardo Mouti comme chef émérite d'ailleurs de l'Orchestre National de France voilà et on fait voyager l'ONF à travers le pays précisément pour faire entendre ces très grandes pages dans des villes moyennes qui n'ont plus de présence symphonique de cette importance
je pense que c'est important de rentrer dans les oeuvres c'est-à-dire de montrer l'ouverture la richesse du répertoire ce qui a été proposé à tous pour je dis à tous parce que parce que c'est vraiment à tous
à la radio
et ce qui est rendu possible par ces deux orchestres Michel Aurier
oui alors c'est vrai que bon le sujet quand même principal c'est de c'est de servir le le le grand répertoire sur sur sur sur sur l'ensemble de sa durée mais au-delà de ça c'est vrai qu'on fait en sorte d'inscrire le son de l'orchestre symphonique la musique symphonique dans le quotidien des français et donc ça veut dire quoi ça veut dire que quand il y a des grands événements par exemple c'est ou l'orchestre national de France ou le philharmonique qu'on voit à la télévision pour rouvrir Notre-Dame de Paris ou pour célébrer le 14 juillet ou l'ouverture des Jeux Olympiques c'est également avec nos formations qu'on va rendre justice je dirais aux grandes pages de musique de film aussi l'an dernier le philharmonique a joué trois soirs de suite les musiques de John Williams on on on aide de jeunes arrangeurs à travailler pour des chanteurs français pour perpétuer cette tradition qui va de Michel Legrand à Michel Colombier et faire en sorte qu'on ait comme ça des pop symphoniques qui sortent tous les ans mais on est aussi aux côtés des compositeurs bien évidemment des compositrices de musique contemporaine pour créer toutes ces oeuvres pour renouveler le patrimoine pour que demain on ait de la musique vivante qui continue à exister dans ce pays je vous propose
qu'on écoute un extrait du Sacre du Printemps joué par l'orchestre philharmonique de Radio France c'était Mico Franck à la direction Michel Aurier donc on vient d'entendre le Sacre du Printemps
oui le Sacre du Printemps qui est une des pièces aujourd'hui les plus populaires qu'on puisse jouer quand on a quand on a un orchestre symphonique en l'occurrence l'orchestre philharmonique de Radio France va le donner ce soir avec son nouveau directeur musical Diab von Sweden à l'auditorium de la maison de la radio et de la musique le Sacre c'est une pièce iconique c'est une pièce qu'il faut le rappeler qui a été créée en 1913 qui a fait un scandale inouï au Théâtre des Champs-Élysées et qui aujourd'hui est un grand classique et là où c'est intéressant et important de l'écouter c'est que si vous mettez des jeunes adolescents face au Sacre du Printemps aujourd'hui dans une salle le choc est considérable et c'est une pièce qui permet d'entrer vraiment avec une joie une intensité dans le répertoire symphonique et on a toujours beaucoup de bonheur à la jouer je me souviens d'une discussion avec des jeunes gens à la sortie d'une représentation du Sacre du Printemps ils me disaient mais monsieur c'est impossible que ça ne soit pas amplifié comment se fait-il et j'aurais trouvé ça absolument formidable
alors il faut dire bien entendu que ces créations elles sont rendues proches des français par le biais évidemment de France Musique par le biais aussi des nouvelles technologies qui diffusent France Musique et constituent une mémoire accessible je parle bien sûr de l'appli Radio France
oui c'est vrai sur France Musique sur chaque concert on a à peu près 140 000 auditeurs qui nous suivent et puis ces concerts sont évidemment de haute qualité donc retransmis dans l'ensemble de l'Union Européenne de Radiodiffusion c'est 140 millions d'éditeurs chaque année donc c'est considérable et puis évidemment au-delà France Musique travaille sur l'ensemble de ses répertoires pour nourrir l'application de Radio France et on peut réécouter en podcast ou suivre dans des dans des podcasts spécifiques comme les grands entretiens les sagas etc les aventures des compositeurs des compositrices des musiciens des orchestres etc
et alors ce qui est merveilleux là-dedans c'est qu'il y a à la fois donc une programmation très ambitieuse très j'allais dire expérimentale avec de la musique du XXe siècle avec du tilleux par exemple qui reste quand même assez présent à Radio France et puis des choses beaucoup plus populaires beaucoup plus accessibles du malheur par exemple des symphonies de Brahms des choses qui sont beaucoup plus accessibles les deux sont
conjuguées oui absolument parce que c'est un chemin qui va de chacun à tous comme disait Gabili mais c'est facile d'emprunter ce chemin la musique ça ne demande pas contrairement à ce qu'on peut raconter souvent une éducation particulière c'est un peu comme boire de l'eau c'est un réflexe absolument naturel et c'est vrai que de proposer cet éventail c'est quelque chose qui est d'abord c'est une possibilité formidable qui est la nôtre mais qui permet de renouveler le public moi je suis toujours très impressionné sur ces dernières années sur le renouvellement du public de la musique classique ou contemporaine on voit énormément de jeunes de jeunes générations arrivées dans les salles et évidemment c'est un très grand bonheur pour nous et ça prouve quand même à quel point cette musique là enfin à quel point on a besoin de ce vivant là de cette musique vivante
alors puisque vous parlez de musique vivante moi je pense par exemple à cette merveilleuse symphonie la deuxième symphonie de malheur résurrection oui qui est une splendeur et qui a été donc joué que l'on retrouve sur l'appli radio france oui
et qu'on joue régulièrement on l'a fait l'an dernier au festival de montpellier parce que radio france c'est quatre formations musicales mais c'est aussi un grand festival d'été chaque année à montpellier où france culture d'ailleurs il tient les rencontres de Petrarch mais cette symphonie de malheur évidemment c'est un immense moment de musique je pense que c'est une des plus belles pages qui a pu être écrite depuis qu'on écrit de la musique et de pouvoir la donner avec notre coeur avec nos orchestres c'est à chaque fois un très très grand rendez-vous et c'est toujours un défi parce que dans une société où l'économie de l'attention tourne autour de six à sept secondes donner une oeuvre qui dure 90 minutes et captiver chacun et chacune avec la puissance de cette musique c'est vraiment quelque chose de formidable il y a donc
également méthode de Dutille qui est là je dirais de l'autre côté du spectre quelque chose donc qui requiert vous preniez l'exemple de l'eau moi je prendrais plutôt l'exemple du thé parce que le thé ça requiert une certaine forme d'éducation pour passer d'un thé comment dirais-je peut-être peu cherché à un thé plus sophistiqué donc justement on a la possibilité de gravir les échelons la différence du thé d'ailleurs la musique grâce à Radio France est gratuite
absolument c'est une des différences avec le thé mais la musique n'est jamais une tisane à Radio France c'est ça qu'il faut je voulais prendre
un autre exemple d'une oeuvre qui m'est chère le Requiem de Duruflet alors par exemple le Requiem de Duruflet qui est à la fois une oeuvre très accessible et une oeuvre contemporaine est une oeuvre qui a été jouée pour la première fois en 1947 ici même oui parce qu'on a créé pas ici même pas à la maison de la radio
mais créée par nos formations musicales et ça a été le cas d'ailleurs de beaucoup d'oeuvres les premières pièces de Boulez etc c'est ce que je racontais tout à l'heure il y a une vraie tradition puis une mission c'est pas seulement une tradition c'est une mission vivante de la radio que d'épauler la création contemporaine
et oui parce qu'en fait le Requiem de Duruflet était une commande publique parce que la musique ça coûte trop cher et donc il faut essayer de vivre sans parce que dans ce cas là on fait des économies et puis il y a plein de choses comme ça qui peuvent qui coûtent trop cher les livres la culture et c'est bien qu'on puisse le dire Michel Aurier que tout ça
et que finalement tout ça n'est quand même pas enfin évidemment ça coûte un peu d'argent mais ça n'est pas si cher que ça comparé à d'autres besoins qui sont également essentiels mais vivre sans musique évidemment
c'est quelque chose la bêtise c'est beaucoup plus économique Michel Aurier on se retrouve dans une vingtaine de minutes il est huit heures sur France Culture 6h30 9h les matins de France Culture Guillaume Erner et oui nous parlons de musique parce que c'est dimanche la fête de la musique parce que à Radio France on aime la musique Michel Aurier vous êtes directeur de la musique et de la création à Radio France et j'accueille Magali Bonnier bonjour Magali vous êtes première flûte solo pour l'orchestre philharmonique de Radio France vous êtes venue avec votre flûte et alors je vous ai dit avant vous allez nous expliquer pourquoi vous avez choisi la flûte et vous avez trouvé que c'était vraiment pas une question très pertinente
mais si mais si bien sûr
vous étiez dubitative c'est une question
qui revient très souvent je ne sais pas ça serait intéressant de savoir quelle est la proportion de professionnels musiciens qui ont réellement choisi leur instrument au départ ou si on ne les a pas orientés vers tel ou tel instrument à l'époque ou si ce n'était pas pour faire plaisir à papa, maman ou mamie je ne sais quoi alors vous avez fait plaisir à qui alors moi je me suis fait un petit peu plaisir parce que ce qui était sûr c'est que je voulais souffler je voulais jouer d'un instrument avant
vous auriez pu faire de la clarinette
je viens d'une famille où on n'est pas musicien du tout il paraît que je chantais tout le temps et qu'il fallait me calmer donc je voulais souffler et j'ai commencé par faire du haut bois figurez-vous parce que la classe de haut bois dans l'école de musique d'où je viens n'était pas complète et donc il fallait un peu faire la retape donc me voici partie à prendre le haut bois qui est vraisemblablement un instrument que j'admire que j'adore mais qui lui m'aimait nettement moins donc voilà l'année suivante le directeur de l'école de musique ça veut dire quoi
qu'il vous aimait nettement moins ça veut dire qu'on a on a une espèce
d'affinité je pense avec un instrument et mais on le sait pas forcément et il y a peut-être des gens qui passent à côté de l'instrument de leur vie comme ça parce qu'on n'a pas l'occasion de les essayer tous et de les essayer quand même quelques temps je dirais quelques semaines quelques mois avant de voir s'il y a vraiment quelque chose
qui se déclenche je suis pas très fier de la question qui va suivre Magali Meunier ne me jugez pas mais enfin depuis quelques heures la flûte est l'instrument le plus célèbre de France à cause de ça on va entendre
ce son vous avez joué la flûte c'est vrai ? mes parents voulaient me faire beaucoup de choses pour explorer beaucoup de choses pour ouvrir ma main pour faire autre chose parce que nous ne savons jamais si ça va se passer oui vous pouvez être le plus joueur de la flûte de votre génération peut-être mais je ne pas je l'ai fait pendant un an ou deux mais c'est diverti de faire donc il n'y a pas de façon que nous n'y a pas que nous nous il y a il y a il y a il y a alors je vous explique
en fait c'est un intervieweur américain James Corden qui a fait jouer de la flûte Kylian Mbappé car Kylian Mbappé en a joué petit donc maintenant Magali Monnier vous jouez de l'instrument le plus célèbre de France ça vous fait quoi ?
c'est une grande fierté c'est ça que vous voulez me faire dire mais vous voyez ce qui est intéressant on entendait le début de l'interview et il explique quand même oui j'ai fait de la flûte parce que mes parents voulaient que je m'ouvre à plein de choses différentes mais vous vous rendez compte c'est des parents extraordinaires voilà toucher à tout faire aussi bien du sport que des pratiques artistiques c'est comme ça qu'on construit les jeunes
je ne vous demanderai pas quel est votre niveau en foot par contre vous allez vous mettre en place et vous allez nous jouer nous jouer un morceau qui est un morceau particulièrement célèbre pour la flûte puisque c'est Syrinx de Bussi c'est un morceau qui est considéré comme étant l'un des morceaux les plus emblématiques de la flûte sans accompagnement
il y en a quelques autres mais avec accompagnement tout le monde connaît la badinerie de Jean-Sébastien Bach mais bon on n'avait pas d'orchestre pour m'accompagner donc c'est vrai que Syrinx c'est la pièce solo de flûte emblématique
tandis que vous vous levez et que vous vous approchez du micro quelques mots Michel Aurier justement sur la manière dont les instrumentistes des orchestres des deux orchestres de Radio France sont choisis travaillent ensemble travaillent de conserve sur différents stages
ils sont choisis au terme d'un parcours très difficile parce que les concours je dirais que le concours de polytechnique à côté du concours pour rentrer dans les orchestres de Radio France c'est relativement léger c'est un concours très difficile très très difficile et ce qu'il y a de formidable c'est qu'on forme énormément de jeunes musiciens qui sont d'un niveau extraordinaire et nous notre travail c'est de les accueillir dans nos orchestres et d'en faire des musiciens qui vont jouer pour le collectif de sortir de leur rôle de soliste en quelque sorte pour donner au collectif de l'orchestre
et puis on va vous entendre alors d'ordinaire on lit ça on écoute ça pardon dans la pénombre mais là c'est un studio de radio alors les studios de radio maintenant il y a beaucoup beaucoup de lumière Magali vous allez donc interpréter Syrinx un morceau de Debussy
merci beaucoup
Magali Meunier un commentaire Michel Aurier sur ce que l'on vient d'entendre
alors moi je suis un fan de Magali depuis de longues années et Syrinx est effectivement un des titres phares du répertoire de la flûte mais voilà je crois que ça ça exprime tout à fait ce que sont les musiciens de nos orchestres c'est à dire à la fois de très grands solistes qui savent se fondre dans une pratique collective pour donner c'est toujours fascinant de voir une centaine de musiciens se jeter sur la même note au même moment c'est quand même quelque chose d'incroyable Magali je ne peux qu'adhérer je ne vous demande
pas d'adhérer je vous demande de développer
alors voilà vous m'avez entendu dans l'exercice solo mais c'est vrai que l'orchestre symphonique c'est une version démultipliée de la musique de chambre car la musique de chambre c'est juste quelques musiciens jouant ensemble et là tout un collectif on ressent des émotions incroyables au sein de l'orchestre dont on se partage avec les collègues cette connivence mais aussi le partage le retour qu'on a du public c'est voilà ça fait 23 ans que je suis à l'orchestre et je ne suis toujours pas lâchée
ce qui me fascine à chaque fois avec les interprètes c'est que ce sont des intellos doués de leurs mains alors que généralement les intellos ne sont pas du tout doués de leurs mains vous êtes capable
des intellos alors là franchement je veux déconstruire ça tout à fait un type particulier
d'un intello vous n'êtes pas là pour faire n'importe quel type d'exercice intellectuel oui oui
mais il y a la connotation quand même avec un intello de quelqu'un qui passe sa vie le nez dans les livres un peu coupé du monde etc les musiciens sont avant tout des épicuriens bon ce sont aussi des gens précis et concentrés oui quand il le faut exactement oui oui c'est le professionnalisme on est formé pour l'excellence comme le disait Michel tout à l'heure on passe des concours de niveaux incroyablement difficiles donc bien sûr c'est notre spécialité mais il faut savoir aussi rire et s'amuser dans la musique il y a tout la musique est vecteur de plein plein d'émotions donc il faut savoir les éprouver toutes pour mieux les transmettre la capacité de concentration des musiciens c'est toujours un truc qui m'a fasciné je me souviens qu'on a fait il y a quelques années j'avais réuni l'ensemble de nos musiciens pour faire un état de la musique où j'avais pas mal d'intervenants qui sont venus comme ça raconter là où on en était sur l'industrie musicale etc et ils ont tous été séchés par le focus la capacité de concentration de leur auditoire qui était l'ensemble de nos musiciens qui n'a pas d'équivalent c'est à dire que c'est vraiment quelque chose de très impressionnant
concentration et communication aussi c'est toujours très étrange de voir ce qui s'établit dans un orchestre entre les membres de l'orchestre l'orchestre et le chef d'orchestre et je me souviens d'avoir des mots avec William Christie à ce sujet les films par exemple quand on voit Bernheim diriger c'est très étonnant cette économie de gestes
Bernstein vous voulez dire
Bernstein
oui oui il y a des quand un chef connait bien son orchestre on sait déjà rien qu'à son regard ce qu'il veut c'est juste un micro geste qui donne une inflexion à ce niveau là les chefs n'ont plus besoin de battre très précisément la mesure
ils ne battent pas la mesure mais en revanche ils dessinent la musique ils peuvent faire des prodiges je vous propose d'entendre on en parlait il y a quelques instants Michel Aurier le requiem de Duruflé c'était il y a un an pratiquement ici même avec Lucille Richardot Olivier Olivier Lalui le coeur de Radio France avec Lionel Snow à la direction il n'y a rien de plus merveilleux que le requiem de Duruflé alors il y a trois versions je crois à ça donc c'est la version qui est uniquement avec le coeur et l'orgue il faut rappeler qu'il y a un orgue Radio France dont s'occupe par exemple le camarade Lionel qui fait un travail formidable on peut saluer ce vieux camarade et ce requiem de Duruflé vous l'avez joué d'abord c'est une commande ancienne de l'État il a été joué la première fois par ses orchestres un commentaire sur cette interprétation en juin dernier
c'est avec le coeur de Radio France que je tiens vraiment à saluer parce qu'on a aussi la chance d'avoir un très joli coeur en Radio France une maîtrise d'enfant qui est un coeur d'enfant évidemment c'est le coeur d'adulte et puis Olivier Latry à l'orgue et je dois dire qu'on a la chance d'avoir cette salle merveilleuse qu'est l'auditorium de Radio France qu'il faut vraiment découvrir une fois au moins une fois dans sa vie après on y revient facilement tellement elle est addictive et dans cette salle il y a cet orgue qui est vraiment un très très bel instrument Lionel Avaux qui s'en occupe dit souvent que c'est la cinquième formation musicale de Radio France il m'a dit que c'était vous qui disiez ça ah non c'est lui je tiens à lui je tiens à rendre hommage à Lionel sur la paternité il y a huit concerts d'orgue il y a huit concerts d'orgue qui sont donnés par an et puis l'orgue évidemment on l'utilise très régulièrement dans nos concerts car très régulièrement évidemment les compositeurs font appel à l'orgue comme un des instruments de l'orchestre
et alors Magali Meunier je vous ai demandé un autre morceau alors ça c'était pas prévu et on s'est dit que vous alliez jouer l'ouverture du prélude à l'après-midi d'un faune
en fait oui le choix de Syrinx c'est la pièce comme on l'a dit la pièce la plus représentative de la flûte seule mais en fait elle fait vraiment écho à cette pièce pour orchestre de Claude Debussy qui est le prélude à l'après-midi d'un faune et que nous orchestres français jouons emportons avec nous de par le monde nous rentrons tout juste d'une tournée trois semaines en Asie là au mois de mai on est rentré tout début juin et dans cette tournée sur douze concerts je crois qu'on l'a joué huit fois le prélude à l'après-midi d'un faune et voilà en tant que flûtiste en fait je vais vous jouer juste les quelques mesures du début en fait c'est la flûte seule qui commence cette oeuvre là et c'est souvent placé dans les concerts en premier donc en fait quand on est à l'étranger et qu'on est dans des salles immenses en Asie remplies j'ai la responsabilité d'ouvrir le concert de dénoncer les premières notes et c'est une énorme responsabilité parce que si vous le jouez un peu de travers ou si ou ça c'est en fait toute c'est l'image directement de l'orchestre l'image sonore qui est voilà le reste de l'orchestre me rejoint peu de temps après mais si on si on met ça à côté et ben c'est voilà si on reste avec le parallèle avec le foot c'est comme quand on cadre pas un tir au but quoi
mais comment vous faites parce que par exemple quand on prend l'antenne on savonne toujours vous savez savonner ça veut dire bafouiller etc mais alors vous vous chauffez avant d'arriver sur scène ou comment vous faites pour prendre votre instrument
bah oui on s'échauffe on n'est pas très bon pour ça les musiciens il faudrait normalement s'échauffer aussi physiquement parce que c'est très très très physique et il y a beaucoup de troubles musculo-squelétiques on appelle ça comme ça je suis au courant chez les musiciens je sais mais oui on se en tous les cas on s'échauffe on fait un petit quelques notes pour un peu se sentir confortable avec son instrument je vous le joue là comme ça on change de micro non non non
majesté vous allez vous lever et puis on va entendre donc cette cette première partie enfin cette ouverture du prélude à l'après-midi d'info c'est une atmosphère de rêverie que l'on installe même si ici dans le studio il y a beaucoup de lumière Magali nous vous écoutons
ainsi de suite ce thème revient plein de fois comme dans comme dans Syrinx exactement Debussy utilise exactement le même procédé et il le développe oui je pense en entendant Magali qu'en ce moment même on révèle une chose qui est très belle et très importante la BNF vient de retrouver dans ces documents un cahier inédit rédigé de la main de Mozart pour une jeune élève et qui sont des études de duo pour flûte et harpe et on va avoir la chance de les enregistrer pour France Musique et de les dévoiler la semaine prochaine et voilà donc ça nous amène je pense à ça évidemment voyant Magali et la flûte parce que ça sera sa collègue de l'orchestre philharmonique c'est à dire Mathilde Calderini qui tiendra la flûte et Nicolas Thulier le harpiste de l'orchestre qui tiendra la partie de harpe oui c'est resté bien secret moi j'ai hâte de découvrir ces partitions j'imagine que c'est contemporain exactement du concerto pour flûter harpe c'est contemporain du concerto pour flûter harpe et donc on les diffusera lundi sur France Musique
ah oui l'harpe aussi c'est important je crois que c'est même important dans la famille de Lucille Comeau puisque si je ne m'abuse la sœur de Lucille et harpiste Michel Aurier dans la suite des activités donc des orchestres de Radio France donc on a dit quel allait être le programme de la fête de la musique qu'est-ce qui va suivre Michel ?
on a encore pas mal de concerts jusqu'à la fin de saison ce soir même pour ceux qui souhaitent venir nous écouter ce sera l'Orchestre Philharmonique avec Iap von Sweden qui donnera le Sacre du Printemps et la 40ème de Mozart d'ailleurs sur le même programme donc un très joli programme qu'on donnera deux fois ce soir et samedi prochain dimanche c'est la fête de la musique on l'a dit avec l'Orchestre National de France et puis après il y a encore quelques concerts jusqu'à la fin de la saison on peut les retrouver sur France Musique systématiquement et puis venir nous retrouver pour ceux qui ne peuvent pas venir à Paris dans le sud à Montpellier du 5 au 18 juillet prochain
merci beaucoup Michel Aurier Magali Monnier tout ça est sur le site de Radio France sur l'appli Radio France évidemment avec 1000 musiques à entendre c'est un véritable trésor national dans quelques instants Gilles Gressani du Grand Continent la sœur de l'harpiste Lucille
vous avez débuté avec la flûte
vous avez débuté avec la flûte j'ai fini avec la radio vous voulez aller non vraiment
c'est gentil
sinon Magali vous prête
moi j'ai continué avec la flûte mais j'ai fini à la radio aussi d'une autre manière vous venez jouer dimanche avec l'ONF formidable me lancez pas ce défi je vais venir et Anne Larchoin pour son huit 45 France Culture M l'illusion de Yakushima le nouveau film de Naomi Kawase Kori est française et travaille dans un hôpital à Kobe au Japon un honneur ? oui alors qu'elle tente de retrouver l'homme qu'elle aime elle se retrouve dans une course contre la montre pour sauver la vie d'un enfant alors je sais pas où on va mais on reste dans le cœur des gens vivant pour toujours l'illusion de Yakushima avec Vicky Cripps actuellement au cinéma un film France Culture
Lucille Gomo Gilles Gressani Gilles en Chine le réel a dépassé la science-fiction
oui et que pour gagner la guerre en 2060 la Chine est en train d'imaginer un porte-avions capable de s'envoler à la frontière de l'espace c'est ce dont je vais parler aujourd'hui un film d'épouvante décidément c'est mon grand sujet du moment un film d'épouvante qui s'appelle Backrooms qui est déjà un grand succès aux Etats-Unis et qui est sorti en France
tellement envie d'aller le voir
mais vous j'en suis sûre
8h45 5h45
5h45 5h45