Macron évacué d’un théâtre à Paris - C à Vous - 20/01/2020
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:25OuverteRéponse directe
Jean-Marc Dumonté, vous avez qualifié ce rassemblement de choquant et d'affligeant. Pourquoi ?
- 1:45RelanceRéponse directe
Vous parlez de déni de démocratie. Est-ce que la violence est acceptable dans une démocratie ?
- 4:06OuverteRéponse directe
Le président a été mis à l'abri. Était-ce une exfiltration ?
- 5:17OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron est-il dans quel état d'esprit ?
- 6:11OuverteRéponse directe
Est-ce important que le président continue à aller à des événements privés ?
- 6:43OuverteRéponse directe
La sécurité du président doit-elle s'adapter à ce nouveau type d'action ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:45IntervenantFait
« Dans un pays démocratique et civilisé, on utilise la violence, c'est ne pas se respecter soi-même. »
- 2:10IntervenantFait
« Ce n'est pas en venant perturber une représentation théâtrale qu'on fait avancer une cause. »
- 2:20IntervenantFait
« Il y a une bande d'activistes, d'irréductibles, qui ne veulent pas de compromis. »
- 3:14IntervenantFait
« Souvent, ce sont des insoumis, parce que Jean-Luc Mélenchon pense qu'il a gagné la présidentielle. »
- 3:49IntervenantFait
« Je ne sais pas comment il peut être journaliste. Pour moi, c'est un activiste. »
- 4:40InvitéFait
« Il n'y a pas eu de contact physique entre Emmanuel Macron et les manifestants. »
- 5:23IntervenantFait
« Il a souhaité assister à la pièce de théâtre et revenir à sa place. »
- 5:39IntervenantFait
« Pendant 5 ou 10 minutes, il a été en confinement. »
- 11:00IntervenantFait
« Moi je suis partagé sur cette question-là. D'abord, je n'utilise pas le mot « violence », c'est un acte de force de 30 personnes. »
- 11:29IntervenantFait
« C'est une atteinte à la culture syndicale, et c'est une intrusion, une violation de domicile. »
- 14:28IntervenantFait
« Jusqu'alors, les journalistes ont toujours refusé toute espèce d'organisation. »
Temps de parole
- Intervenant30 %
- Intervenant 219 %
- Invité19 %
- Invité 219 %
- Présentateur13 %
≈ 3,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Cette vidéo postée sur Twitter vendredi par le militant qui se revendique aussi, journaliste Tag ou Haps. Sept secondes d'image précisément où l'on voit Emmanuel Macron de dos parmi les spectateurs au troisième rang du théâtre des Bouffes du Nord où le président venait à titre privé assister à une représentation de la mouche. Viteo a sorti de ce commentaire, je suis actuellement au théâtre des Bouffes du Nord, des militants sont quelque part dans le coin et appellent tout le monde à réappliquer. Quelque chose se prépare, la soirée risque d'être mouvementée. Et quelques minutes plus tard, plusieurs dizaines d'opposants convergent vers le théâtre parisien et tentent d'y pénétrer.
Le président rattrapé par la colère, on en parle avec vous messieurs, mais aussi avec le producteur de spectacle Jean-Marc Dumonté et le docteur en droit public et spécialiste de la sécurité globale à Idriss Youssef. Bonsoir à Idriss Youssef, merci pour votre présence ce soir. Bonsoir Jean-Marc Dumonté. Bonsoir messieurs. Jean-Marc Dumonté, vous avez commenté ces images en qualifiant ce rassemblement de choquant et d'affligeant. Vous parlez même d'un déni de démocratie, ce n'est pas juste une simple manifestation à laquelle on a assisté.
Alors, vous reprenez trois mots sur une intervention de dix minutes, donc je maintiens ces trois mots. Moi je considère qu'à chaque fois, si vous voulez, que dans un pays démocratique et civilisé, on utilise la violence, c'est ne pas se respecter soi-même, c'est pas respecter les règles du jeu. Et donc la violence, ça ne traduit pas un acte civilisé. Donc en ça, c'est choquant, effectivement. Et je considère que ce n'est pas en venant perturber une représentation théâtrale qu'on fait avancer une cause. Et j'y vois d'ailleurs un mouvement qui se radicalise au moment où, justement, des syndicats...
On parle de la réforme des retraites, donc, au moment où des syndicats réformistes sont d'accord pour aller à la table des négociations, ça a mis du temps, on peut gloser à l'infini sur pourquoi, mais au moment où des syndicats réformistes sont prêts à jouer le jeu, il y a une bande d'activistes, d'irréductibles, qui ne veulent pas de compromis, qui sont prêts à tout pour faire du bruit et pour interrompre ce processus de compromis dont on a besoin, parce que ce pays a besoin de compromis. On en parlait tout à l'heure sur les violences policières, parce qu'il faut appeler un chat un chat. Il faut savoir, dans ce pays, vivre ensemble.
Donc il faut savoir condamner les violences policières, il faut savoir condamner les violences des manifestants. Il faut avoir un peu de recul, surtout, et de la raison. Et je trouve que vendredi soir, effectivement... Mais, vous savez, ça vient aussi dans le droit fil de l'intrusion à la CFDT de vendredi matin, l'incendie de la Rotonde, ce matin à nouveau la CFDT. Il y a des gens qui n'ont pas envie du compromis, qui n'ont pas envie du dialogue. Et qui sont ces gens ? Eh bien, souvent, ce sont des insoumis, parce que Jean-Luc Mélenchon pense, qu'il a gagné la présidentielle, ou en tout cas, qu'il a fini troisième ou quatrième, mais que sa place était d'avoir gagné la présidentielle.
Et à partir de là, à partir de là, plus ils baissent, parce qu'ils ont fait 6% aux européennes, plus ils considèrent qu'ils doivent se radicaliser.
– Ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon qui a appelé à cette manifestation vendredi.
– Non, mais il y avait quand même l'activiste qui était derrière le président, qui est un ancien candidat insoumis, avant toute chose, avant d'être journaliste. Moi, je ne sais pas comment il peut être journaliste. Pour moi, c'est un activiste. Il a tout à fait le droit, vraiment. Il a tout à fait le droit de mener toutes les actions qu'il veut. Simplement, ce n'est pas en perturbant une représentation théâtrale qu'on fait avancer le dialogue. Voilà, ça c'est du bruit, ça c'est du sans-socialisme. Ça ne fait rien avancer, au contraire, au contraire.
– Le président a été mis à l'abri quelques minutes avant de revenir assister à la représentation et finalement quitter les lieux en voiture vers 22h sous escorte policière. Le mot « exfiltrer » a été utilisé. C'était une exfiltration ? Sa sécurité a été compromise ce soir-là ? – Elle a été compromise, mais ce n'était pas une exfiltration. C'est-à-dire qu'à partir du moment où vous avez des individus qui ne sont pas des individus d'une certaine manière violentes, donc pénètrent effectivement pour protester, il y a un dispositif de sécurité autour du président de la République qui va faire ce qu'on appelle un confinement en attendant d'évaluer le type de menace.
– Mais il n'y a pas eu de contact physique entre Emmanuel Macron et les manifestants. – Il n'y a pas eu de contact physique ni entre Emmanuel Macron ni entre ces manifestants qui ont été refoulés, j'ai presque envie de dire, c'est vrai, sans ménagement, mais sans violence non plus, ni de la part des policiers, ni de la part de ces manifestants. Donc ensuite, on fait une évaluation du type de menace et quand on se rend compte que ce n'est pas une menace par exemple terroriste, à ce moment-là, le président de la République regagne effectivement la pièce de théâtre et donc il reprend jusqu'à son terme. Et puis ensuite, après, il quitte ou il ne quitte pas.
Et en l'occurrence, je n'ai pas le sentiment qu'il ait lui quitté effectivement dans son convoi le théâtre. – L'entourage d'Emmanuel Macron a fait savoir que le président continuerait de se rendre au théâtre comme il a l'habitude de le faire. Il est dans quel état d'esprit, Emmanuel Macron ?
– J'imagine parce que ça lui correspond, déterminé, déterminé. Il a souhaité, alors effectivement, il n'a pas été exfiltré, il y a eu un petit confinement de 5 ou 10 minutes, et il a souhaité assister à la pièce de théâtre et revenir à sa place. Et il n'est pas parti sous escorte policière. Il y a obligatoirement, quand le président se déplace, il y a toujours une escorte. Donc si vous voulez, il ne faut pas dramatiser l'histoire. Pendant 5 minutes ou 10 minutes, moi je n'étais pas sur place, donc je n'en sais rien, mais on sait que c'est très bref, pendant 5 ou 10 minutes, il a été en confinement. On s'est rendu compte que l'intrusion n'avait pas opéré, il est reparti à sa place.
Je pense que c'était un peu dérangeant pour les acteurs qui ont vu circuler en courant un ou deux officiers de sécurité, et en plus la configuration des bouffes du Nord fait qu'ils ont dû emprunter devant la salle. Donc ce n'était pas très agréable pour les acteurs, ni pour les spectateurs d'ailleurs. Et le président a assisté à la représentation.
C'est important qu'il continue à aller à ce genre d'événement, à titre privé,
de ne pas rester bunkerisé à l'Élysée, même si le timing peut être discuté ? Est-ce que vous imaginez que je vous dise « non, non, ce n'est pas important ? » Mais pourquoi c'est ça important, alors Jean-Marie Dumonté ? Parce que c'est le président de tous les Français, de toutes les façons. Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, c'est le président élu démocratiquement. On est dans un pays démocratique.
A partir de là, c'est bien qu'il soit au contact de la vie des Français, et qu'à titre privé, parce que c'était un déplacement privé, il assiste à des représentations de théâtre, comme il se promène dans la rue régulièrement, et il a une vie aussi normale que peut avoir un président de la République.
Même si le contexte a changé depuis le mouvement des Gilets jaunes, et que la sécurité du président a dû s'adapter pour faire face à ce nouveau type d'action coup de poing, ça fait partie des scénarios redoutés ? Oui, alors il faut bien aussi avoir l'esprit que le président peut être en déplacement officiel ou en déplacement privé, comme là c'était le cas.
Donc généralement, quand on est sur une visite privée, le dispositif est beaucoup plus allégé, et donc il y a un travail qui est fait non pas au niveau du GSPR ou de la DSPR, qui est la nouvelle direction créée en mai 2019, qui est la direction de la sécurité de la présidence de la République, mais plutôt ce qu'on appelle au niveau de la chefferie du cabinet, le directeur de cabinet et le chef de cabinet vont évaluer à un moment donné, en fonction du type de sortie, le dispositif de sécurité à mettre en place. Là, la présence du président au Théâtre des Bouffes du Nord avait été annoncée sur les réseaux sociaux, ce tweet a dû être vu par les services d'Emmanuel Macron ?
Elle avait été annoncée par des particuliers, mais pas du tout à titre public par le président. Le président, quand il va à une représentation, ça ne figure exactement pas dans son agenda.
Elle a été annoncée sur les réseaux sociaux très peu de temps avant le début de la représentation. Ce tweet, il a dû être vu par les services d'Emmanuel Macron, qui normalement exercent une veille permanente sur les réseaux sociaux, ce que vous appelez le criblage. Ça veut dire qu'on peut annuler la visite ou le déplacement s'il y a des suspicions, des débordements ? Alors, vous avez notamment dans cette nouvelle direction de la sécurité, le président de la République, une cellule communication qui est effectivement fait de la veille à partir d'outils, de technologies, etc.
Et puis ensuite, lorsqu'il se rend par exemple dans un événement, dans un théâtre, qui est un lieu d'une très grande vulnérabilité, il faut se souvenir aussi du Batacan en principe, on opère ce qu'on appelle un criblage de ses participants pour savoir qui sont. Est-ce qu'il n'y a pas de fichiers S, est-ce qu'il n'y a pas des individus qui pourraient poser un grave problème pour l'ordre et la sécurité publique ?
Lorsqu'effectivement, on s'aperçoit, et ils auraient dû le faire, s'apercevoir qu'il y avait un journaliste, Taha Bouhafs, qui n'est pas un grand fan du président de la République, et de se poser la question, savoir est-ce qu'on déporte le président de la République sur une autre pièce de théâtre, ou en tout cas un autre créneau, ou alors on y va, mais on prend des dispositions, par exemple, en neutralisant les systèmes de communication, le réseau. En brouillant ? En brouillant, vous avez beaucoup de présidents qui le font, le président des États-Unis d'Amérique, le président Angela Merkel. Quand il déplace, on brouille les communications dans un périmètre donné.
Absolument, absolument, vous avez des gros véhicules, quand vous regardez les convois présidentiels, vous avez des gros véhicules avec des antennes, et ils brouillent l'ensemble des communications, ne serait-ce que pour un temps donné, d'autant plus que vous êtes en train d'assister à une pièce de théâtre, donc vous n'allez pas vous mettre à communiquer. Il faut simplement rappeler que les outils de communication, et on l'a vu, je pense que ce cas est un excellent cas d'école, c'est-à-dire qu'on est dans des outils d'information et de communication. Information, je communique, j'assiste à une pièce de théâtre.
Communication, j'appelle mes partisans, ceux qui sont dans un périmètre extrêmement restreint, à venir nous rejoindre. Donc on voit bien que quand on immobilise le président de la République sur une scène, ça peut être un peu plus compliqué derrière, si on a effectivement des événements de ce type, et puis après vous allez être amené à les gérer, et donc à subir, non pas des assauts, mais des velléités de la part d'individus qui évidemment sont venus bousculer cet événement.
Vous voulez dire ? Sur la connaissance des spectateurs, c'est rigoureusement impossible à mener, puisqu'on sait qu'ils viennent de tous horizons, par des sites de billetterie qui sont extrêmement divers, et nous, directeurs de théâtre, on ne connaît pas la quasi-totalité de nos spectateurs. Quand ils viennent par le site internet du théâtre, on peut avoir leurs coordonnées, mais ils peuvent tout à fait réserver sous une autre identité. Donc si vous voulez, c'est impossible. La jauge du Bouv du Nord, c'est 500, 500 personnes. C'est impossible de connaître les spectateurs.
Le Bouv a déclaré qu'il avait acheté sa place une heure avant. Une heure avant, donc il avait sans doute une fuite des Bouv du Nord. Il a appris la présence d'Emmanuel Macron, l'avenue...
Il a acheté délibérément sa place de terre. Quand un président se déplace, il y a obligatoirement la veille, l'avant-veille, le matin, les services de sécurité qui viennent, et il suffit d'une indiscrétion, et on le sait immédiatement. Mais quant à connaître les spectateurs qu'il y a dans la salle ce jour-là, ou alors on fait venir 500 forces de sécurité, et là, le président, autant le faire à l'Elysée.
Parabouhaf, journaliste engagé, a été interpellé, placé en garde à vue, remise en liberté samedi sous statut de témoin assisté. Son cas fait l'objet d'une vive polémique. Son avocat a dénoncé un dépassement inédit des atteintes à la liberté d'informer et aux droits des journalistes, à la demande de l'Elysée. Son interpellation est justifiée, Jean-Pierre Mignard ? L'interpellation de ce militant, journaliste, engagé ?
– Écoutez, moi je suis partagé sur cette question-là. D'abord, je n'utilise pas le mot « violence », c'est un acte de force de 30 personnes. Il y a des slogans. Je pense que, gardons, soyons prudents, on parlait de violence tout à l'heure, c'était des violences. Là, c'est un acte de force. Les policiers étaient là, d'ailleurs, ont protégé le président de la République, puis quand on le connaît, il a du cran et du courage. C'est pas le genre à s'est intimidé par ce genre de choses. Ça, ça me semble essentiel. Deuxièmement, vous avez la CFDT, etc. Là, c'est une atteinte à la culture syndicale, et c'est une intrusion, une violation de domicile.
Aussi, d'ailleurs, parce qu'ils n'ont pas de ticket, ils tentent de rentrer, c'est un peu la même chose aussi. Mais, donc, je continue. Alors, je pense que, pour ce qui le concerne, lui, la preuve, il est ressorti. Je ne sais pas ce qu'un tribunal pourra dire. Je sais juridiquement, cliniquement, je ne sais pas très bien ce qu'un tribunal pourrait dire sur sa responsabilité. S'il dit, voilà, je suis dans une salle et le président de la République s'y trouve, et alors, quelles responsabilités y a-t-il ? C'est une incitation à troubler à l'ordre public. C'est une incitation à troubler à l'ordre public, c'est éventuellement fédable.
Non, mais il y a même une manifestation non autorisée.
Le président, alors, il y a un attroupement de personnes qui, très vite, d'ailleurs, sont dispersées. Quand on dit que le président part sous les huées, il y a 30 personnes. Vous parlez, d'ailleurs, de peuples et de foules du président, c'est-à-dire à peu près personne. Donc, je pense qu'il faut remettre l'événement à sa place. La question qui se pose pour lui, c'est est-ce qu'il est journaliste ou pas ?
Alors, justement...
Ce n'est pas ça.
Justement, vous l'avez tous évoqué, qui est à Boiff, l'homme qui a signalé sur Twitter la présence d'Emmanuel Macron depuis le théâtre des Bouffes du Nord vendredi soir, reporter pour les uns, activiste pour les autres. T'as à Boiff, ce qu'il se qualifie lui-même comme journaliste des luttes, n'en est pas à son premier coup d'éclat, comme le rappelle notamment Libération, dans un portrait paru aujourd'hui. Recruté en décembre 2018 en tant que rédacteur, reporter, il n'avait pas et n'a toujours pas sa carte de presse. Pour le site d'information là-bas, si j'y suis, de Daniel Mermet, il couvre et filme de nombreux mouvements sociaux.
Pour ses détracteurs, il est surtout un proche de la France insoumise, vous l'avez évoqué, dont il a été candidat aux législatives de 2017. Un activiste qui a participé à la propagation d'une fausse rumeur sur la mort d'un étudiant à l'université de Tolbiac en avril 2018, comme en atteste le tweet qu'on voit en ce moment, un militant islamiste qui a co-organisé la manifestation contre l'islamophobie du 10 novembre. A l'inverse, les inconditionnels de Taha Bouhafs le présentent comme le journaliste à l'origine de l'affaire Benalla. En effet, ce sont bien les images qu'il a filmées le 1er mai 2018 qui ont fait éclater le scandale.
Précisons que Bouhafs, à l'époque, n'était pas journaliste et ne savait pas qu'il filmait Benalla. Il filmait les manifestations pour ses abonnés sur Twitter et les violences policières. Alors, tout le week-end, les portraits se sont succédés. En fin de journée, aujourd'hui, des journalistes ont exhumé certains de ces tweets qui interrogent. Un premier concernant Charlie Hebdo que je vous laisse lire et un autre que je vous lis. « Sale sioniste » veut dire « sale juif ». « Sacré Benoît », c'est bientôt le dîner du CRIF et tu n'as pas envie d'être privé de petits fours. Je comprends. Benoît, c'est Benoît Hamon.
Est-ce que vous cautionnez tous, Jean-Pierre Mignard, Driss, ce mélange des genres ? Est-ce qu'on peut être militant, activiste et en même temps, comme dirait l'autre journaliste ?
Oui, c'est alors là, vraiment. S'il y a vraiment une question qui est majeure aujourd'hui, c'est celle-ci. Jusqu'alors, les journalistes ont toujours refusé toute espèce d'organisation. Ça ne veut pas dire, d'ailleurs, qu'ils manquaient d'éthique, mais ils considéraient que leur liberté allait de pair avec le fait d'être journaliste et d'avoir une carte, la carte de presse. Elle est octroyée à des personnes qui peuvent simplement justifier que l'essentiel de leur revenu provient de leur activité de journaliste.
On peut être journaliste en France sans avoir la carte de presse.
Et on peut donc être journaliste en France quand on a la carte, etc. Est-ce qu'aujourd'hui, le moment n'est pas venu, compte tenu de ce que, quand même, l'ensemble de nos démocraties connaissent bien des difficultés ? Deuxièmement, de ce qu'il peut y avoir un certain nombre de confusions.
Que la profession, et la profession elle seule, veuille bien un jour, par des états généraux, des travaux, décider que lorsque l'on devient journaliste, on devient journaliste par, effectivement, les caractéristiques qui sont celles de la loi et du Code du travail aujourd'hui, mais peut-être parce qu'on adhère à une charte éthique et la charte des journalistes qu'ils se sont donnés eux-mêmes, hors de tout contrôle de l'État. Pourquoi ? Parce que ça permet aux journalistes de dire « je suis un journaliste », ça permet à d'autres de dire « c'est un journaliste », hors d'excuser-moi, un journaliste, il est tenu par des règles strictes de confidentialité.
Qu'est-ce qui fait que je peux parler à un journaliste en étant protégé ? C'est parce qu'il a le secret des sources. Qu'est-ce qui me garantit que X ou Y, qui n'a pas, effectivement, d'identité de journaliste, garantira mon droit au secret ? » Vous voyez ? Donc, mais attention, ça ne peut pas être l'État qui impose ça. Ça doit être à la profession de s'organiser et peut-être de sortir de cette espèce d'impasse dans laquelle elle se met aussi par une conception légitime de la liberté, mais peut-être une conception qui la fragilise puisqu'elle ne l'est.
Merci beaucoup, messieurs. Vous allez pouvoir continuer à commenter l'actualité avec le 5 sur 5 de Maxime Switek.