Candidature de Xavier Bertrand / Relations UE-Etats-Unis / Quelle vie culturelle dans le monde d'après ?
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Merci d'être avec nous sur France Culture. Voici l'esprit public et un autre regard sur l'actualité de la semaine avec nos visiteurs du dimanche. Aujourd'hui, le metteur en scène Emmanuel Demar Simota, directeur de l'espace Cardin Théâtre de la Ville, qui nous accueille ce dimanche. Bonjour et merci à ceux qui nous suivent aussi sur la chaîne YouTube du Théâtre. Nous recevons également ce dimanche l'ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti, le directeur de l'IFRI, l'Institut français des relations internationales Thomas Gomart et le politologue Pascal Perrineau.
Au sommaire de ce dimanche 28 mars, la candidature de Xavier Bertrand, entrée en scène, jeu de rôle et construction de personnages pour l'affiche de 2022. Joe Biden et les Européens, quelles relations avec le cousin d'Amérique ? Et puis parce que nous sommes toujours dans un grand théâtre vide, on rêvera ce que pourrait être la vie culturelle dans le fameux monde d'après. Xavier Bertrand est candidat à l'élection présidentielle de 2022, que celui qui a été vraiment surpris par cette information dans le point mercredi se signale.
Le président de la région Hauts-de-France a précisé qu'il ne comptait pas participer à une éventuelle primaire de sa famille politique, ce qui aura inspiré au journal Libération ce titre, Bertrand plastique la droite, que seuls les plus de 40 ans ont compris, mais qui n'en demeure pas moins le meilleur titre de la semaine. Bertrand plastique la droite, mais aussi la bulle dans laquelle Emmanuel Macron et Marine Le Pen semblaient enfermés, ouvrant la voie à de nouveaux personnages. Voici celui du petit assureur de Flavie Lemartel qui n'a pas fait l'ENA et croit dans la France des territoires.
Rêve de faire la synthèse entre les trois derniers présidents, comme l'analysait cette semaine le journaliste Renaud Deli, Xavier Bertrand empruntant à Sarkozy son credo de la droite décomplexée, à François Hollande celui de la normalité, et à Emmanuel Macron celui de l'homme au-dessus des partis.
Une chose est sûre, la grande distribution de 2022 peut maintenant commencer avec la guerre à droite, Retailleau, Barnier, Pécresse, à gauche le vrai faux suspense Anne Hidalgo, dont la presse a raconté cette semaine le déplacement à Bordeaux d'une presque candidate, sans oublier tous ceux qui ont déjà leur nom au générique, Jean Lassalle, Nathalie Arthaud, Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Frédéric Poisson ou encore François Asselineau. Sans oublier qu'avant cette représentation présidentielle, une autre doit au préalable se jouer, celle des élections régionales, dont certains redoutent le report pour cause de coronavirus.
Lequel coronavirus est de toute façon à ce jour celui qui prend toute la lumière. En pleine pandémie, le spectacle de la présidentielle est comme tous les autres, il fait pour l'instant sale vide.
Je serai candidat à l'élection présidentielle de 2022 parce que j'estime qu'au moment où nous sommes, le choix ce sera entre le déclin et le redressement de mon pays. Je veux conduire le redressement de mon pays et je veux réconcilier les Français. Je place ma candidature au-dessus des partis, en dehors des partis politiques. C'est la logique qui était celle de la Vème République, du général de Gaulle. Une élection présidentielle, c'est la rencontre d'un homme, d'une femme, de son projet avec les Français. Donc certains voudront participer à des primaires, certains voudront en organiser.
Je respecte leurs choix, mais je leur dis de toute façon que je travaillerai avec tous et que je souhaite les rassembler autour de mon projet.
Pascal Perrineau, comment le politologue chevronné que vous êtes a regardé cette entrée en scène de Xavier Bertrand cette semaine ? Est-ce que c'est le bon moment ? Est-ce que c'est le bon personnage ?
J'ai regardé ça avec beaucoup d'intérêt, ce qui ne semble pas recouper les tendances de l'opinion publique qui, à juste titre, s'intéresse par les temps qui courent beaucoup plus à la Covid-19, en effet, qu'à ce qui se passe à droite ou à gauche. Vous citiez Hidalgo tout à l'heure. La droite n'a pas le monopole de l'agitation pré-présidentielle. Cependant, cette candidature est intéressante. Pourquoi ? Parce que, de manière têtue, sans qu'on s'en rende compte, il y a un espace à droite pour une candidate ou un candidat.
Dans une conjoncture très apaisée, qui était celle de l'été dernier, il y a eu une enquête très intéressante de l'IFOP qui faisait le point sur la manière dont les Français se situaient par rapport à la droite et à la gauche, en termes d'appartenance. Et ce qui est frappant, c'est que jamais depuis très longtemps, on n'avait vu une gauche aussi faible. La gauche en France, aujourd'hui, spontanément, si vous voulez, c'est 13%, vous vous rendez compte, 13% de personnes qui se disent sur un axe gauche-droite de gauche. Donc, on n'a jamais connu cela, un phénomène de dépression pareil. Et les gens qui se situent à droite, c'est 39%.
Donc, il est 32% au centre, et le reste, c'est des gens qui ne s'y retrouvent pas dans ce clivage gauche-droite. Donc, vous voyez, la droite, ça existe en France. Les Français de droite, ça existe. Cependant, les droites sont plurielles. Il y a bien sûr le Rassemblement national, mais qui a déjà sa candidate. Et puis, il y a plusieurs candidats à droite. Et le scénario, l'agenda qui est dû au report des élections régionales fait que la droite est rentrée dans une période de latence qui peut lui coûter très cher.
Parce que, si elle attend les prochaines élections régionales qui peuvent être reportées, si ces élections régionales sont reportées tout près de l'élection présidentielle, ou certains disent même après l'élection présidentielle, la droite ne pourra... Il n'y a aucune certitude sur ce report, pour l'instant. Bien sûr. Il y a une grande incertitude, mais enfin, on voit bien que ça travaille une partie du pouvoir exécutif. Sinon, on n'en parlerait pas tant. Donc, si on est dans un scénario pareil, c'est délétère, d'ailleurs, à la fois pour la droite et pour la gauche. Parce qu'ils ne peuvent pas se mettre en ordre de bataille.
Donc, Xavier Bertrand a décidé, en effet, de parier sur le fait qu'il fallait sortir du bois pour occuper cet espace. Parce que, si cet espace n'est pas occupé, qu'est-ce qui va se passer ? Ce qui est en train de se passer. C'est-à-dire, une partie de l'électorat de droite plutôt attirée par l'ordre, l'identité nationale va peu à peu aller vers Marine Le Pen ou vers Nicolas Dupont-Aignan, qui faut regarder dans les intentions de vote, qui fait des scores non négligeables. Ou bien, il va se fixer à la République en marche pour la frange de droite modérée et du centre. Et il restera quoi ?
Il ne restera qu'une part du gâteau sur trois pour le candidat de droite qui viendrait de manière tardive. Donc, il y a... C'est cohérent, la démarche de Xavier Bertrand. C'est cohérent. Il occupe l'espace. Il lui reste maintenant à développer, en effet, on l'a vu dans l'interview au point, son projet. Et puis, le moment venu, mais le moment n'est pas tout à fait venu, tout de même, d'aller à la rencontre des forces qui le soutiendront. et parmi lesquelles, même si elles sont en mauvais état, il y a encore les formations partisanes, l'UDI, les centristes, libres de Valérie Pécresse, et bien sûr, les Républicains.
Et d'ailleurs, vous disiez tout à l'heure, voilà, il a dit, je refuse le système des primaires. Mais attention, les primaires, il y en a 36 de primaires, extrêmement différentes, jusqu'aux États-Unis. Et puis, le vieux sage de la droite française, Gérard Larcher, a parlé d'un système de départage. Les mots sont importants.
Alors, alors, lisez entre les lignes à notre place. Ça pourrait vouloir dire quoi, selon vous ?
Un système de départage, c'est autre chose qu'une primaire. C'est le moment venu. Trouver un accord, au fond, entre trois cercles. Le cercle des adhérents, mais les adhérents, vous savez, aujourd'hui, à gauche, à droite et ailleurs, ils ne sont plus très nombreux. C'est la crise de l'adhésion. Donc, la légitimité d'un candidat qui serait investi par quelques dizaines de milliers d'adhérents, vous voyez, c'est tout de même pas très fort. Mais il y a les sympathisants. Et vous avez vu que dans le passé, la gauche, au moment de la candidature Ségolène Royal, avait su assez bien mobiliser les sympathisants au travers du web. Donc, il y a l'espace des sympathisants.
La grande primaire de la droite et du centre, on avait cru comprendre que c'était un scénario redouté précisément pour cette famille-là. Ça,
c'est tout de même très mal terminé pour eux la dernière fois. Mais le candidat qui représentait la droite et le centre, il y est pour quelque chose. Donc, il faut inventer certainement autre chose. Mais l'imagination et puis la réalité, l'imagination politique au pouvoir et la réalité, si vous voulez, des processus de choix, quand vous regardez ça de manière froide dans le monde, est extrêmement diversifiée. Mais à un moment ou à un autre, ces acteurs devront être réinvités au banquet.
En attendant, Réli Philippetti et vous aussi, vous avez participé à de nombreuses élections. Vous connaissez par cœur tous les rouages de ce jeu-là. Il reste très peu de temps. Il reste un an. On se souvient, je crois qu'Emmanuel Macron était rentré en scène en novembre 2016 et déjà à l'époque, on disait que c'était relativement tard. Comment allait-il faire pour imposer une candidature au-dessus des partis ? On se dit peu de temps. Là, il reste un an, peut-être pour organiser des primaires à droite, des primaires à gauche.
On a du mal, c'est la période que nous vivons qui est comme ça, bien sûr, mais on a du mal à imaginer à quoi va ressembler cette année qui nous sépare du vote pour élire le prochain président de la République.
Oui, ce qui est frappant, c'est qu'en fait, le temps de préparation électorale et de campagne électorale pour les présidentielles se raccourcit de plus en plus. Et en fait, on est aujourd'hui, un an avant l'élection, un an et un mois et demi, et en temps normal, on devrait déjà connaître tous les candidats, ils devraient déjà être partis en campagne, etc. Or, ça, ça n'existe plus. Et au fond, moi, je pense que la véritable campagne présidentielle ne commencera pas avant cet automne et encore. En fait, ça va de plus en plus vite.
On voit bien que plus un candidat sort tôt, plus il est la cible de toutes les attaques et donc, en fait, plus il risque d'être affaibli, plus au contraire il sort tard, c'est ce qu'avait fait Emmanuel Macron la dernière fois, et plus il a l'effet de nouveautés qui jouent en sa faveur. Pourquoi ? Parce que l'électorat, il est avide de gens qui, effectivement, peuvent apparaître comme transgressifs, comme nouveaux, et finalement, ils ont rejeté la dernière fois les partis traditionnels. Ici, qu'est-ce qu'ils vont rejeter ? Moi, je pense que l'affrontement qui nous est annoncé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen n'aura pas lieu.
Parce que j'ai l'impression que les électeurs veulent toujours un nouveau scénario. Et donc, il y aura quelque chose de nouveau qui se passera dans la prochaine élection. Ça, j'en suis à peu près persuadée. Comme dans une série, au fond. C'est le storytelling. Exactement. Mais pourquoi ? Ce n'est pas parce que l'électeur serait devenu un consommateur. C'est parce qu'au fond, ils sont déçus, désabusés de la politique. Et donc, ils cherchent, en fait, ils cherchent de nouveaux espaces politiques susceptibles de les convaincre, de les attirer. C'est pourquoi aussi, il y a ce discrédit des partis. Moi, c'est ça qui me frappe vraiment en ce moment.
C'est qu'on peut dire que les partis politiques, tous, là, sont des... finalement, comme des zombies, quoi. Ce sont des partis zombies. Ils marchent, ils se déplacent, ils parlent, mais au fond, qu'est-ce qu'il y a derrière plus grand-chose. Et donc, on voit bien que les partis n'arrivent même pas à choisir des candidats pour l'élection présidentielle, ce qui est quand même, au départ, leur fonction numéro un. Ils n'arrivent plus à faire ça. Ils n'arrivent pas non plus, d'ailleurs, très difficilement à choisir des candidats pour les élections intermédiaires, les élections régionales.
Donc, cette crise des partis, je ne dis pas que c'est bien, parce que je pense que ça pose beaucoup de problèmes, mais en tout cas, c'est un fait. Il n'y a plus rien, aujourd'hui, derrière la structure des partis. Donc, Xavier Bertrand, évidemment, il a analysé ça. Il se dit qu'il ne va sûrement pas se soumettre à une discipline de partis qui va lui être extrêmement défavorable, forcément, puisque aucun des partis en face n'a plus les moyens de cette hégémonie-là.
Et, ce que je trouve, moi, assez intéressant, c'est qu'il a bien compris qu'Emmanuel Macron a occupé tellement l'espace à droite, il a tellement délaissé son aile gauche, ce que les gens, en 2017, attendaient comme étant quelque chose sur deux jambes, une jambe droite, une jambe gauche. Cette jambe gauche, on ne l'a jamais vue. Enfin, pardon, moi, les gens qui me parlent du virage à gauche d'Emmanuel Macron depuis quatre ans, enfin, bon, on attend venir telle sœur Anne, mais il n'y a rien qui vient. Et donc, cette, comment dire ça, cet unilatéralisme à droite de la politique d'Emmanuel Macron dégage un espace sur la gauche pour une campagne qui serait en gros celle de Chirac 95, quoi.
Au fond, la fracture sociale. Et là, il y a un espace. Et c'est ça que, je pense, veut occuper Xavier Bertrand, étant donné qu'il a cette image d'une droite entre guillemets sociale, il a été ministre de la Santé, ministre du Travail, et donc, il connaît aussi les relations sociales.
Et on est là vraiment dans la construction d'un personnage, Emmanuel de Marcimotas, qui intéresse forcément le metteur en scène que vous êtes. Xavier Bertrand pense d'ailleurs qu'il peut attirer des électeurs de gauche grâce à cette image de provincial, d'homme politique, qui n'est pas un technocrate, pas un énarque, qui serait au fond ce personnage aux antipodes du personnage macronien, en tout cas tel qu'il l'imagine ou qu'il le caricature. Est-ce que vous trouvez que cette entrée en scène est intéressante de ce point de vue-là, du point de vue de la construction du personnage ?
C'est tout le sujet, finalement, même dans... J'écoutais attentivement ce que disait à l'instant Aurélie Filippetti et ce qu'a dit Pascal Perrineau, c'est-à-dire qu'on voit bien qu'il cherche aujourd'hui, lui et d'autres, évidemment, à construire le personnage et à construire un personnage même avant de construire un récit. Ce récit, il le construit à partir d'une identité d'où je viens, quel est l'endroit qui me situe socialement, mes parents, mes études. Donc, il y a dimension, si vous voulez, pyrondélienne que l'on retrouve justement dans cette idée de la construction, vous prenez une pièce, une oeuvre, comme six personnages en quête d'auteur.
Que vous jouez en ce moment, que vous aviez déjà joué il y a 13 ans, que vous jouez maintenant. Tout à fait,
il y a 20 ans même. C'est-à-dire, oui, puisqu'on a le spectacle le plus durable français, si j'ose dire, qu'on peut être durable sans être dans l'écologie et même dans la culture, on peut tenter d'être durable. Donc, c'est une parenthèse. Donc, la durabilité peut nous... et la volonté d'être cohérent dans une démarche aussi justement au-delà de la construction même apparente du personnage. Pour revenir sur cette construction du personnage, justement, ce rôle qui est donné, on voit finalement l'image qui ressort la plus forte.
Si vous prenez, il y a un siècle, je parlais justement de cette oeuvre, six personnages en quête d'auteur, vous avez le père qui rentre en scène et qui dit, on dit, qu'est-ce que vous voulez ? Il dit, nous voulons vivre. Vous voulez vivre comment ? Nous voulons vivre en vous. Et c'était très drôle parce qu'on s'est amusé avec des artistes à prendre les phrases aujourd'hui de ceux qui rentrent ou celles qui rentrent non pas en politique dans un parti puisque ce que disait Aurélie Fipetti, c'est-à-dire qu'il y a une fragilité de la famille politique comme il y a une fragilité dans la famille dans les personnages pyrandéliens.
La famille explose, la famille implose, la famille ne se fait plus confiance et il faut alors faire cavalier seul. Le père dans ces personnages c'est ce petit bourgeois si j'ose dire, pyrandélien qui vient de la province qui dit justement son goût pour les choses simples et populaires qui raconte comment alors il est fait aussi d'une culpabilité mais qu'il va défendre finalement une idée un peu normative pour tous et qui est rassurante. Donc le bon père de famille en fait dans une image très traditionnelle donc il n'y a pas grand chose de moderne. Je ne qualifie pas du tout Xavier Bertrand. Je vous parle de la pièce de Pierre Andello qui a aujourd'hui un siècle.
Vous avez parfaitement compris.
Non, non, mais bien. Donc on voit bien qu'aujourd'hui ce qui serait intéressant peut-être pour comprendre tout ça c'est de relire par exemple le jeu des rôles. C'est une oeuvre de Pierre Andello. C'est quoi le jeu des rôles ? De relire aussi des années 30 de Stanislavski. Le comédien désincarné. Qu'est-ce qu'on incarne en politique ? Le comédien désincarné. Louis Jouvet pour ceux qui ont oublié. Puis l'imagination créatrice qui est un texte extraordinaire de Michael Chekhov. Justement, quelle est l'imagination qui est créatrice ? Est-ce qu'il y a une imagination créatrice dans laquelle on peut accompagner quelque chose ?
Donc moi je trouve qu'effectivement ce jeu de rôle de l'assureur de laine dont vous parlez qui nous raconte un petit peu d'où on vient où on va. On voit bien que ça ne prend pas facilement que malheureusement de plus en plus il faudra attendre que chacune et chacun trouve son positionnement en fonction aussi d'une image médiatique. Donc on est typiquement dans le jeu des rôles et on attend que dans ce vide sidéral quelques positions puissent être prises. Mais c'est comme les personnages qui doivent rentrer en scène. C'est vraiment quelque chose qui existe depuis les Grecs. Donc heureusement il y a une démocratie.
C'est fabuleux qu'il y ait des gens qui ont envie de se présenter pour dire autre chose. C'est fabuleux qu'il y ait le choix de la pensée et peut-être pour finir c'est la question que pose Pierre Andello est-ce qu'on sera où Camus pour revenir sur combat et Camus est-ce qu'on va sortir de la polémique pour réussir à construire un dialogue un débat et que ça ne soit pas tout le temps la polémique qui soit aujourd'hui la manière d'agir et de faire et donc on va se positionner en fonction de la polémique qui sera en place.
Et puisqu'on regarde une scène aujourd'hui Thomas Gomart et pourquoi pas aussi une scène internationale est-ce que vous justement avec ce regard international vous savez définir le personnage qui en ces temps de pandémie sait garder le pouvoir conserver le pouvoir ?
Non je ne sais pas le décrire ce personnage en revanche quand je vois la liste des candidats à l'élection présidentielle la question je me pose toujours c'est qu'est-ce que ça va donner lors du premier échange avec Joe Biden avec Vladimir Poutine ou avec le président Xi et au fond comment les candidats quelle que soit leur affiliation se prépare à cet exercice aussi bien pour les questions stratégiques au sens dur que pour les questions technologiques ou pour les questions internationales et là je vois une déficience en fait assez manifeste dans le mode de sélection que nous avons de nos dirigeants
c'est assez peu un critère en effet de ce que ça ne joue
absolument pas dans le choix final mais en réalité comme on le sait une grande part du rôle du président de la république quel qu'il soit c'est l'activité internationale alors peut-être deux observations j'ai été frappé par ce que disait Pascal Perrineau sur le fait il y a une droite et sur ce que disait Aurélie Filippetti il n'y a plus de partie ça m'inspire deux commentaires le premier je suis quand même très surpris par le positionnement beaucoup plus maîtrisé de Marine Le Pen sur deux points sa proposition de gouvernement d'unité nationale et sa prise de position sur la dette c'est à dire qu'elle a exprimé elle a expliqué que la dette devait être remboursée ce qui lui donne une crédibilité à mon sens par rapport aux positions qu'elle avait pu prendre jadis sur l'euro et crédibilité qui va être accentuée par le débat sur cette dette qui est portée à droite à gauche pardon et à droite également et puis la deuxième remarque dans le prolongement de ce qu'a exprimé Aurélie Filippetti moi je ne sais pas s'il y a un espace pour une campagne à la Chirac 1995 en revanche en dépit des 13% que vous mentionniez à gauche je pense qu'il y a un espace à gauche qui est à gauche d'Emmanuel Macron qui est extrêmement large et qui sera occupé
à moins un autre
voilà mais qui est aujourd'hui fragmenté de manière à mon avis très spectaculaire
et qui pose la question du bon personnage Pascal Perrineau est-ce que nécessairement ce personnage là à un moment il va surgir et il va faire évidence ou consensus ou est-ce qu'il pourrait ne pas apparaître
il peut ne pas apparaître quand vous connaissez l'histoire de la gauche quand on parle de la gauche mais qu'est-ce que ça veut dire on pourrait dire la même chose exactement pour la droite il faut parler au pluriel d'ailleurs les gens raisonnables René Raymond lorsqu'il s'est mis à la fin de sa vie en particulier à parler de la droite il parlait des droites et Jacques Julliard qui est certainement le meilleur observateur des différentes traditions de la gauche en France dans sa somme sur il parle des gauches donc le problème c'est de trouver ensuite un principe d'unité à ces familles extrêmement divisées et pour l'instant le moins qu'on puisse dire c'est qu'à gauche surtout quand l'espace 13% c'est vraiment le noyau dur c'est certainement plus quand vous regardez en termes d'intention de vote allez ça atteint le quart mais enfin vous voyez avec plusieurs candidats avec plusieurs candidats écologistes socialistes ou proches du parti socialiste avec bien sûr Jean-Luc Mélenchon etc avec le candidat du parti communiste qu'il faut mentionner mais qui est crédité pour l'instant de 1% des intentions de vote donc la gauche est presque contrainte à un principe d'unité et le principe d'unité il ne suffit pas de l'affirmer il faut trouver ensuite la femme ou l'homme capable de l'incarner et pour l'instant et pour l'instant on voit bien que celui qui pèse encore au sein des gauches Jean-Luc Mélenchon ne veut pas en entendre parler et que pour le reste pour la gauche non-mélenchoniste comme on disait la gauche non-communiste c'est à dire pour tout le reste vous voyez bien que les écologistes surtout à la suite de leur bon succès dans le terrain urbain au municipal et aux européennes ils ont un appétit ils ont un appétit ils n'ont pas envie de se faire dévorer parce qu'ils estiment des étoiles déclinantes de la gauche française à savoir le parti socialiste génération.es etc donc à mon avis trouver ce principe d'unité qui est incontournable pour la gauche sera extrêmement difficile ça n'a jamais été le cas dans les élections récentes dans toutes les élections
mais est-ce qu'au fond dans ce nouveau monde dans lequel nous sommes et avec cette campagne dont on sait maintenant à quel point elle sera courte Aurélie Philippetti le bon personnage à droite c'est celui qui dira je fais l'union des droites et le bon personnage à gauche celui qui fera l'union de la gauche ou au contraire c'est un personnage qui prendra bien soin de n'afficher un ancrage ni à droite ni à gauche pour aller contrer Emmanuel Macron exactement sur le positionnement qui aura été le sien en 2017
alors ça peut être une option on voit bien qu'il peut y avoir une option un peu on va dire souverainiste de ce type là mais moi je crois profondément que l'espace de la gauche il existe même si pour l'instant les gens ne s'y reconnaissent plus parce que la gauche n'a pas été suffisamment défendue et incarnée au cours des dernières années donc on paye ça en fait on paye le fait que quand la gauche est au pouvoir enfin moi je l'ai vécu évidemment sous le mandat de François Hollande mais si on ne fait pas une politique de gauche après les gens se disent alors c'est quoi la gauche tout simplement donc évidemment la clé et ça a été la clé des victoires de la gauche par le passé que ce soit Mitterrand ou Lionel Jospin il faut savoir il faut savoir réunir des courants de pensée qui au sein de la gauche ont vraiment des spécificités ce sont des sensibilités différentes mais qu'on doit pouvoir réunir vers un objectif commun la question c'est quel objectif commun et quelle assurance quelle garantie on donne qu'il n'y aura pas effectivement de sorte de pas de côté d'écart par rapport à l'objectif commun moi je crois que la crise de la pandémie elle révèle plus que jamais l'importance l'actualité de politiques progressistes d'ailleurs on va parler de Biden ce qu'il est en train de faire aux Etats-Unis c'est vraiment une politique de gauche alors évidemment les américains n'appellent pas ça comme ça mais c'est vraiment une politique de gauche une politique de relance économique une politique vers les classes moyennes et les catégories les plus défavorisées une politique humaine du point de vue des migrations donc voilà c'est une politique écologique aussi bien sûr avec la prise en compte de l'objectif climatique donc voilà une politique que je dirais de gauche c'est assez simple et la crise sanitaire le révèle plus que jamais on paye aujourd'hui 15 ans de désinvestissement dans la recherche publique et dans l'hôpital et ça pour moi ça devrait être au coeur du projet de la gauche
ça pose une vraie question et en effet cela va nous amener à notre deuxième partie Thomas Gomart et Pascal Perrineau est-ce que Joe Biden a remporté ce scrutin parce qu'il a mis en avant un programme de gauche ou parce qu'il a dit je ne suis pas Donald Trump et donc je n'ai pas une vision trumpiste du monde et ce qui nous amène là pleinement à la géopolitique Thomas Gomart donc au fond les élections se joueraient plus que jamais sur des enjeux géopolitiques
il y a deux choses il y a deux choses d'abord il l'a emporté mais avec un électorat de Trump qui a plus que résisté c'est à dire qu'en fait on a des Etats-Unis qui restent très polarisés on a eu l'occasion à ce micro d'en parler à plusieurs reprises ensuite ce qui est intéressant c'est le projet préparé par certains de ses conseillers je pense en particulier à quelqu'un comme Jack Sullivan le conseiller à la sécurité qui parle d'une politique étrangère pour les classes moyennes et effectivement en allant vers le deuxième point prévu aujourd'hui ce qui est très frappant c'est l'ampleur de ce plan de relance c'est tout à fait et il y a du coup un décalage qui est en train de se créer entre les Etats-Unis et l'Europe en termes de rythme qui est très problématique pour les Européens j'ajoute que c'est un plan de relance plus un plan de réarmement
alors nous y venons justement on va maintenant parler de cette autre réunion de famille un peu tendue la fameuse famille transatlantique
France Culture l'esprit public Emilie Aubry
et le président américain Joe Biden a donc participé jeudi soir à un sommet des 27 ce qui n'était pas arrivé depuis Barack Obama en 2009 des retrouvailles en visioconférence qui ne laisseront pas d'image pour l'histoire du moins de facto pas de grande déclaration d'amitié à la sortie d'accolades de poignées de main ni de dîner officiel alors certes ont noté les commentateurs les valeurs communes que partagent l'Union Européenne et les Etats-Unis ont été le fil conducteur des propos de Joe Biden qui a rappelé des fondamentaux l'Union Européenne et les Etats-Unis sont des démocraties libérales soucieuses de la dignité humaine et de la liberté d'expression européens et américains doivent être des partenaires sur des dossiers clés tels que la lutte contre le Covid le climat l'économie ou encore la sécurité le président a également pris soin d'ajouter qu'il était prêt à coopérer sur l'économie et le commerce rappelant la trêve de 4 mois proposée dans le conflit opposant Airbus et Boeing bien mais peut mieux faire et sans doute faudrait-il davantage pour effacer 4 ans de Trump et d'America First un America First qui n'a d'ailleurs pas tout à fait disparu ainsi sur ces 30 millions de doses de vaccins AstraZeneca qui dorment dans un entrepôt de l'Ohio alors que ce vaccin n'a pas été encore homologué aux Etats-Unis Joe Biden a poliment refusé de les envoyer en Europe indiquant que ces vaccins font partie de la réserve stratégique américaine et qu'il s'est engagé à faire vacciner tous les américains d'ici la fin du printemps l'alliance transatlantique retrouvée serait donc plutôt à chercher du côté d'un front commun des démocraties américaines et européennes contre la Turquie d'Erdogan contre la Russie de Poutine et par-dessus tout contre la Chine de Xi Jinping mais sur ce terrain là les européens n'ont pas tous la même religion ainsi l'Allemagne d'Angela Merkel notamment a clairement dit qu'elle entendait conserver son autonomie de relation avec Pékin bref les réunions de famille quand on ne s'est pas vu depuis longtemps sont toujours l'occasion de se rendre compte comme l'aurait chanté Barbara que tout le temps qui passe ne se rattrape guère que tout le temps perdu ne se rattrape plus
il y a un point clé l'Union Européenne est un projet de paix l'Union Européenne est un projet de prospérité l'Union Européenne est un projet qui se fonde sur des valeurs de dignité de chaque être humain de démocratie d'état de droit et au siècle passé après les atrocités de la Deuxième Guerre mondiale les Etats-Unis l'Europe avec d'autres partenaires nous avons jeté les bases d'un ordre multilatéral pour fonder la coopération internationale fondée sur des règles dans les années qui ont suivi cet ordre a été mis sous pression par l'Empire soviétique qui a tenté d'imposer ses propres règles et puis on a eu la conviction que l'on pouvait faire triompher partout les valeurs de démocratie d'état de droit et nous constatons nous constatons à nouveau que ces valeurs de démocratie d'état de droit sont mises sous pression nous constatons que nous faisons face à des menaces intérieures et extérieures et plus que jamais nous mesurons Etats-Unis et Union Européenne avec nos partenaires ceux qui partagent les mêmes valeurs nous avons une responsabilité face à l'histoire
Voilà Charles Michel le président du Conseil Européen à la sortie de ce sommet auquel participait le président américain Joe Biden en visioconférence c'est intéressant Aurélie Philippetti parce qu'au fond c'est un débat vraiment culturel s'entendre sur des valeurs fondamentales telles que les rappelait à l'instant Charles Michel est-ce que cela suffit à réparer le transatlantisme est-ce qu'il faut vraiment réparer le transatlantisme ?
Oui assurément il faut réparer après les 4 ans de présidence Trump qui ont vraiment affecté nos relations avec les Etats-Unis même si évidemment c'est pas la seule la personnalité de Donald Trump n'est pas le seul irritant comme on dit en langage diplomatique dans les relations entre l'Union Européenne et les Etats-Unis ce qui est intéressant c'est de voir finalement qu'avec Joe Biden que tout le monde avait tendance un peu à sous-estimer dans la campagne présidentielle est en train de se révéler une nouvelle vision diplomatique un nouveau mode d'action diplomatique beaucoup plus offensif que ce qu'on aurait pu imaginer notamment en matière de droit de droit humain on l'a vu avec la première réunion entre les Etats-Unis et la Chine où ça a été la diplomatie américaine a été extrêmement extrêmement dure extrêmement offensive on a vu avec ce qu'il a dit sur Vladimir Poutine en répondant à une question savoir si Vladimir Poutine était un tueur il a dit oui et donc au fond il y a aussi la question Ouïghour en Chine où les Etats-Unis ont condamné fermement et avec l'Union Européenne et avec maintenant le Royaume-Uni donc ça pousse vers des politiques plus progressistes en matière de respect des droits humains maintenant les questions commerciales évidemment elles demeurent et elles sont au coeur là en ce moment évidemment pour l'Union Européenne de cette guerre des vaccins qui va être livrée par l'Union Européenne enfin à laquelle l'Union Européenne semble s'être résignée maintenant mais plutôt vis-à-vis du Royaume-Uni pour l'instant que vis-à-vis des Etats-Unis mais ce que je trouve vraiment intéressant c'est que Joe Biden en fait s'est totalement et très très vite en fait coulé dans la fonction et l'a incarné très bien beaucoup plus au fond que ce qu'on attendait de lui
quand s'entendre sur des valeurs fondamentales ne suffit plus ou ne suffit pas nécessairement Thomas Gomart c'est aussi ce que l'on a vu avec ce sommet comment analysez-vous les propos de la chancelière allemande Angela Merkel qui a rappelé que l'Union Européenne avait fait le choix de la souveraineté stratégique y compris vis-à-vis de Pékin et qui au fond a dit en filigrane à Joe Biden qu'entre Washington et Pékin elle ne voulait pas avoir à choisir
bon il y a une question qui est spécifique à l'Allemagne en effet et qui utilise peut-être c'est un terme qui n'est pas utilisé à Paris mais le terme d'équidistance entre Washington et Pékin ça veut dire quoi ça veut dire renforcement des liens de sécurité à travers l'OTAN ce qui déplaît à Paris et confirmation du cadre des échanges avec Pékin c'est une position qui va être à mon avis de plus en plus difficile à tenir pour l'Allemagne principalement en raison du changement de ton vous ne l'avez pas mentionné dans votre papier mais pour moi c'est quand même le point principal de changement de registre de la diplomatie chinoise c'est à dire qu'en réalité on est dans une phase très offensive de la part
on n'est plus du tout à fleur et mon jeté
voilà et ça s'est notamment traduit cette semaine par différents épisodes mais du coup ça me conduit à proposer la lecture suivante de ce que fait Joe Biden d'abord effectivement il a quand même été vice-président pendant 8 ans donc il avait une vraie expérience et des hommes politiques aussi très anciennes par ailleurs il a une équipe très professionnelle et enfin il a compris que la diplomatie enfin il n'y a pas besoin de comprendre on est frappé du contraste avec Donald Trump nous étions au rythme des tweets de Donald Trump et ce n'est plus le cas donc il y a un changement de méthode mais de mon point de vue il n'y a pas du tout de changement d'objectif l'objectif c'est de faire pivoter l'ensemble du dispositif pour la rivalité avec la Chine et d'embarquer les Européens dans ce pivotement alors ça c'est beaucoup plus problématique évidemment pour les Européens qui le font face à l'offensive chinoise précédemment mentionnée et aussi avec des dissensions internes par rapport à ce type de positionnement qui à mon avis vont s'exprimer il y a toute l'amabilité la visite d'Anthony Blinken la participation etc on parle moins du fait que l'Union Européenne n'est pas invitée à la conférence sur l'Afghanistan alors même qu'elle est un des principaux donateurs et que des soldes européens ont servi en Afghanistan et ça c'est quand même aussi un signal de la perte d'influence de l'Union Européenne sur la scène internationale si vous vous permettez peut-être cinq points rapides sur la relation transatlantique à mon avis qu'il faut regarder en fait simultanément pour comprendre ce travail de repositionnement des Etats-Unis d'abord les relations commerciales on a eu en 2020 des relations commerciales d'échanges de marchandises entre la Chine et l'Union Européenne qui sont devenues plus importantes que les relations commerciales entre les Etats-Unis et l'Union Européenne sauf que si on ajoute les services la relation entre l'Union Européenne et les Etats-Unis reste complètement structurante et ça veut dire quoi ?
ça veut dire qu'en fait on a une relation transatlantique qui a deux axes de rotation aujourd'hui la finance et les questions numériques c'est-à-dire les services et ça c'est tout à fait décisif à mon avis pour la suite du cours qui sera pris par la mondialisation la deuxième surge ce sont les relations énergétiques où on a des Etats-Unis qui sont en train de pousser sur le Nord Stream c'est d'ailleurs le sujet principal d'Anthony Blinken qui de mon point de vue est un sujet très secondaire par rapport à ce qui a joué mais qui est une manière d'alimenter la relation très tendue avec la Russie j'ouvre quand même une parenthèse c'est que ce professionnalisme il se traduit quand même par une ambition américaine que je trouve peut-être excessive c'est-à-dire être très dur sur la Chine très dur sur la Russie très dur sur l'Iran très dur sur la Corée du Nord au même moment ça fait beaucoup je finis sur les relations stratégiques comme je le disais c'est de faire tourner l'OTAN les relations technologiques ce que les Etats-Unis essaient de faire et ça va avec le cinquième point les relations idéologiques c'est de dire il faut une ligue des démocraties qui soit assise sur une ligue technologique et au fond c'est d'organiser des transferts de technologie dans la rivalité avec la Chine avec les Européens au nom d'une idéologie partagée sur les normes démocratiques c'est ça qui est en train de se mettre en place
Pascal Perrineau tout à l'heure Thomas Gomart nous disait qu'au fond dans cette élection présidentielle il faudrait avoir toujours en tête que celui que nous allons élire se retrouvera tôt ou tard à devoir aller négocier face à un Xi Jinping face à un Vladimir Poutine est-ce que dans les études d'opinion dans les enquêtes que mènent notamment Sciences Po le Cevipof etc il y a quand même cette garantie que les français prennent en compte ces enjeux là est-ce que quand vous mesurez l'opinion française justement cette montée en puissance cette montée en agressivité de la Chine cette perte d'influence des Européens tous les enjeux qui ont à voir aussi avec la souveraineté numérique est-ce que ce sont des enjeux qu'intègre l'opinion publique française aujourd'hui ?
La réponse est une réponse complexe parce que au premier rapport quand vous interrogez les français on peut interroger les allemands les italiens les américains les enjeux internes semblent l'emporter massivement bien sûr en ce moment la manière dont est gérée la riposte à l'épidémie et ils ne sont pas morts du tout les enjeux économiques et sociaux quand vous interrogez les français aujourd'hui même légèrement devant la Covid et on leur fait penser au débat de l'élection présidentielle ils parlent d'enjeux économiques et sociaux parce qu'ils savent très bien que la crise de la Covid cache de moins en moins de moins en moins efficacement une crise économique et sociale d'ampleur et que ça a commencé les enfants qui ne trouvent pas de premier emploi les gens mis au chômage les petites entreprises durablement fermées qui ne rouvriront pas etc.
ça les français en ont bien conscience donc on est à des années lumières apparemment des grands enjeux internationaux mais un vote ce n'est pas simplement un vote sur les enjeux comme on dit c'est un vote sur les personnes sur les rôles et dans le rôle bien sûr les français savent très bien qu'un des éléments essentiels du métier présidentiel c'est la présence de la France sur la scène internationale la capacité à représenter dans tous les sens du terme la France sur la scène internationale et ça c'est un élément important qui fait l'image présidentielle qui contribue à la façonner un homme ou une femme qui n'aurait aucune expérience internationale vous voyez qui n'avancerait pas des propositions crédibles sur ce terrain ça serait un gros handicap peut-être de manière extrêmement injuste souvenons-nous en 2007 vis-à-vis de Ségolène Royal Ségolène Royal par rapport à Nicolas Sarkozy paraissait comme quelqu'un qui ne pesait pas suffisamment au plan international et ça lui a coûté cher ça lui a coûté cher donc à cet égard la dimension internationale n'est pas complètement absente des choix des français même s'il ne rentre pas bien sûr dans les arcades de la politique étrangère dernier point moi ce qui me frappe c'est que quand on regarde en effet cette redéfinition des rapports entre l'Union Européenne les Etats-Unis la Chine sur différentes affaires que ce soit en effet l'Afghanistan que ce soit en effet les rencontres récentes du secrétaire d'Etat Blinken avec l'UE pour tout même améliorer ne serait-ce que symboliquement les rapports qui étaient tout même des rapports insensés aussi bien vis-à-vis de l'UE que vis-à-vis de l'OTAN et bien les français s'aperçoivent confusément qu'à la fin des fins en dépit des volontés supranationales la nation reste même dans les relations internationales et la défense des intérêts nationaux reste même dans les relations internationales quelque part l'isola fondamentale et que tout ce qu'ils constatent c'est que les pouvoirs qui sont des pouvoirs supranationaux comme l'Europe au fond n'ont pas les attributs de la puissance et tant qu'ils n'ont pas les attributs de la puissance et bien voilà ils ne parviennent pas véritablement à peser contre les logiques nationales chinoises contre les logiques nationales américaines et ça j'ai l'impression quand je regarde en détail les enquêtes quand j'écoute les entretiens non directifs avec les électeurs c'est quelque chose d'un peu dominant que les électeurs soient de gauche de droite ou d'ailleurs
alors deux questions ce qui m'amène à vous poser deux questions Thomas Gomarin rebond à ce que disait à l'instant Pascal Perrineau est-ce que vous pensez que les français en effet ne peuvent pas concevoir la puissance aujourd'hui au niveau européen est-ce que cela signifie qu'ils n'ont pas suffisamment intégré de façon consciente ce qu'on pourrait appeler le déclin français ou le fameux thème de la France qui tombe emprunté évidemment à Nicolas Baverez ce déclin français deuxième question est-ce que vous le voyez à l'oeuvre quand vous entendez la façon dont maintenant la diplomatie chinoise nous parle parle à la France et vous allez peut-être nous rappeler ce qui s'est passé cette semaine
bon sur la première question il faut toujours se rappeler que le projet européen n'est pas un projet de puissance c'est-à-dire que l'Europe puissance c'est une idée française un peu belge de temps en temps mais ça va guère au-delà et je pense qu'il y a quelque chose là de très compliqué c'est-à-dire que Paris a fait de la construction européenne un des axes principaux de sa politique étrangère depuis 1957 dans une logique de démultiplicateur de puissance or c'est pas du tout le cas des autres pour une raison assez simple c'est que les autres ont complètement remisé leur sécurité dans le cadre otanien et en particulier les allemands c'est-à-dire qu'on demande aux allemands au fond un changement de pied qui serait complètement contradictoire avec l'ADN de la république fédérale allemande donc ça ça reste quand même à mon avis le problème principal c'est que cette notion d'Europe puissance et donc au fond d'une organisation qui pourrait jouer le même jeu que les Etats-Unis ou la Chine me semble en grande partie illusoire parce qu'il y a quelque chose que les Européens sont en train de découvrir c'est qu'ils veulent faire de la géopolitique mais en face les autres en font aussi parce que Joseph Borrell s'en est rendu compte en allant à Moscou voilà donc ça c'est quand même le problème principal maintenant sur votre question concernant la France bon je ne vais pas rentrer dans tout le débat sur le déclinisme etc ce qui est quand même très frappant dans un cadre européen si vous voulez c'est que la France reste collectivement un des rares pays de l'Union Européenne à pouvoir penser global c'est à dire qu'il y a un phénomène à mon avis de provincialisation accélérée des Européens qui sont très à se regarder le nombril et qui voient assez mal le rapport de force globale qui devient très défavorable et ça c'est ce qui est utilisé par la diplomatie chinoise qui est en train de dire aux Européens écoutez voilà vous avez voulu investir vous avez investi en Chine vous l'avez fait avec des transferts de technologie c'est à dire qu'aujourd'hui les Européens se retrouvent face à la Chine à mon avis dans une contradiction très difficile à surmonter c'est d'abord une dégradation de l'image de la Chine avec ce que vous mentionnez sur le Xinjiang par exemple il y a d'autres exemples mais des investisseurs qui voient la Chine comme au fond l'aimant principal de la croissance à venir et cette contradiction là la diplomatie chinoise ne cesse de l'exploiter c'est à dire au fond votre économie et en particulier votre économie allemande a besoin pour se maintenir à niveau d'une relation très substantielle avec la Chine et puis dernier point c'est que dans le changement de registre de la Chine il y a une sorte de
préciser peut-être pour ceux
qui cet épisode
de la semaine aurait
il y a eu plusieurs épisodes ça serait trop long de les décrire mais il y a de la part de la diplomatie chinoise je dirais une sorte de trumpisation dans l'utilisation à la fois des réseaux sociaux c'est à dire que là où les réseaux sociaux type Twitter et Facebook sont interdits en Chine ils sont plus qu'utilisés par la diplomatie chinoise dans un registre extrêmement brutal
notamment pour insulter un chercheur français qui osait s'exprimer cette semaine
il y a eu effectivement un épisode concernant un chercheur un collègue français il y a eu également un épisode où les mesures prises par l'Union européenne pour la première fois depuis 1989 contre des personnalités de l'appareil sécuritaire chinois se sont traduites par des contre-mesures chinoises contre des centres de recherche et en particulier contre le principal centre de recherche sur la Chine en Allemagne
donc le ton monte oublions maintenant le spectacle politique et géopolitique encore que en tout cas on va revenir à la scène la scène plus immédiate celle sur laquelle nous sommes les théâtres resteront-ils toujours vides quelle culture dans le monde d'après
France Culture l'esprit public Émilie Aubry
un an après le début de la pandémie le monde de la culture vit toujours sous perfusion avec certes le généreux système d'aide à la française il n'empêche du côté des livres le confinement a donné envie de lire mais cela aurait surtout bénéficié aux auteurs et éditeurs les plus connus la numérisation s'est accélérée les libraires se sont mis un peu contraint et forcés au click and collect et certains lecteurs aux livres numériques ou audio du côté de la musique la reprise des concerts reste liée à la vaccination les festivals des terrestres dans le grand flou les musées et les expositions eux aussi vivent maintenant à l'heure du numérique pour garder le lien avec le public mais cela on le sait reste marginal le monde du cinéma lui affiche clairement son désespoir à l'image de la triste cérémonie des Césars abondamment commentée on frémit également d'apprendre que la Warner sortira désormais certains films à la fois en salle et sur des plateformes en salle question aussi sur la façon dont sera géré l'embouteillage des films dont la sortie n'a pu avoir lieu le monde de la culture mis à nu qui se retrouve nez à nez confronté avec des problématiques qui n'étaient que naissantes avant le Covid et qui sont désormais là et bien là de façon criante l'existence des plateformes les questions sur le financement et la chronologie des médias enfin côté spectacle vivant nous allons voir dans un instant si les gens de théâtre sont à l'image d'Emmanuel de Marcimota ici présent qui nous accueille aujourd'hui sur la scène de l'espace cardin théâtre de la ville amené à se réinventer devant des salles pour l'heure désespérément vides sauf lorsqu'elles sont occupées par des artistes à qui ne reste parfois plus que la colère comme cette semaine à Paris au théâtre de l'Odéon
on est assez combatifs on voit le soutien il continue à arriver le nombre d'occupations en France continue à augmenter il y a deux revendications pour nous qui sont importantes c'est vraiment la précarité nous les intermittents du spectacle on est des précaires on travaille plus de plus un an on a une perte de revenus qui n'est absolument pas indemnisée mais il y a aussi beaucoup de gens qui sont exactement dans la même situation que nous donc aujourd'hui c'est pour ça qu'on parle beaucoup de l'assurance chômage parce qu'elle est générale et que la prolongation des droits au chômage pour tout le monde l'abandon définitif de la réforme de l'assurance chômage c'est quelque chose de primordial ici et puis on veut un plan de relance quand les salles vont s'ouvrir on veut que tout le monde puisse travailler le plus possible avec des conditions sanitaires évidemment adaptées avec plein de concerts dans des petites jauges ils nous font un fond c'est important
on entend beaucoup Emmanuel de Marcimota le monde de la culture ces derniers jours il y a bien sûr toutes ces occupations de théâtre de scènes parisiennes et pas que dans d'autres villes de France bien sûr ces mouvements vous inspirent quels commentaires et que se passe-t-il ici dans ce théâtre et sur cette scène sur laquelle nous sommes aujourd'hui ?
c'est une synthèse qui est difficile mais je dirais d'abord ce qu'on vient d'entendre et ce qu'on connait ce qu'on vit aujourd'hui c'est on voit bien la peur on voit bien la peur de la suite la peur est manifeste elle est aujourd'hui racontée elle est dite elle est verbalisée à travers l'idée justement que comment comment on va réouvrir qui va rester sur le bord du chemin qui sera tombé du bateau est-ce qu'il ne restera que des grandes institutions qui réouvriront avec un public que l'on connait ce qui est tout à fait possible pour être très clair et à ce moment-là les plus fragiles les intermittents comme on dit qui aujourd'hui effectivement sont dans un système de grande fragilité n'ont pas alors de lignes d'horizon donc pas d'espoir possible mais au-delà de donner de l'espoir il faut donner quand même des repères des repères précis personne ici même nous dans nos discussions n'aurions imaginé que ce mois de mars 2021 tout soit encore fermé si on reprend nos discussions du mois de septembre on pensait que cette deuxième vague ne serait pas accompagnée d'une troisième peut-être qu'il va falloir quand même être un peu plus clair et dire alors sérieusement qu'on sait très bien que la saison prochaine la 21-22 malgré l'espoir qu'on a sur le vaccin ou les vaccins et tous les couacs qu'on entend que je ne commenterai pas parce que là ça n'est pas de ça dont on parle et bien elle sera certainement fait en demi-jauge c'est-à-dire que les théâtres ou les lieux ne pourront pas accueillir pleinement le virus ne disparaîtrait pas de la planète de la planète on parlait de rapports géopolitiques internationaux ok on améliorera la situation on l'espère ici en France en Europe dans quelques pays mais le vaccin n'aura pas tout réglé dans l'espace de six mois c'est impossible donc ça veut bien dire qu'il y a des des nouveaux chemins empruntés et je vais vous dire en ce qui me concerne ce qui me semble possible occuper les théâtres dire de quoi il s'agit bien sûr il faut manifester parce qu'il n'y a pas de réponse il n'y a pas de dialogue aujourd'hui mais l'enjeu c'est qu'il va falloir mettre le théâtre dehors dans le mois qui vient au mois d'avril-mai il va falloir être prêt si vous voulez jouer faire de la danse faire de la musique à occuper l'espace public il va falloir quand je dis occuper l'espace public c'est un jeu de mots comment on va s'occuper nous-mêmes et comment on va occuper autrement comment poétiquement la ville les villes les jardins est-ce qu'on pourra faire du théâtre dans un jardin est-ce qu'on pourra re-rencontrer la population et non pas seulement le public qui vient dans un théâtre donc comment on va réinvestir autrement je dirais la place de l'art de la culture de la science aussi à travers des nouveaux échanges à travers des nouvelles relations entre des scientifiques vous savez que je défends beaucoup cette idée depuis longtemps de transversalité autre des scientifiques des artistes qu'est-ce qui fait ce destin commun que l'on doit prendre en charge et s'il n'y a pas de proposition comme on dit qui vient du monde politique de ministère etc et bien il va falloir trouver une organisation douce je dis bien douce constructive qui permet de redonner confiance y compris aux nouvelles générations donc concrètement moi je vais proposer avec eux et ça y est on a commencé pour le mois de mai on sait bien que jusqu'à mi-avril la situation va s'empirer on sait qu'aujourd'hui le virus ne va faire qu'augmenter la semaine prochaine dans sa contamination que les 15 jours qui viennent vont être extrêmement difficiles et très dangereux pour être clair que le nombre de morts parce qu'on ne parle plus des morts on les a oubliés déjà le nombre de morts va augmenter et bien à partir du mois de mai il faudra espérer pouvoir jouer peut-être pas avec des théâtres qui seront ouverts mais dehors dehors dans des parcs dans des jardins reprendre la musique
pour ceux qui l'ignorent aujourd'hui vous êtes en train par exemple de reprendre ce spectacle dont nous parlions tout à l'heure de Pierre Andello six personnages en quête d'auteurs vous le jouez sur une scène vous captez ce spectacle il est diffusé sur les supports numériques aujourd'hui l'offre culturelle elle existe mais elle existe sur ces supports-là ça veut dire concrètement que cette pièce de Pierre Andello vous pourriez aller la jouer dehors dans les jardins du théâtre de la ville de l'espace cardin vous êtes en face de l'Elysée peut-être proposer un théâtre dans les jardins de l'Elysée oui bien sûr
et bien que l'Elysée a des magnifiques jardins où on pourra accueillir 30 personnes jouer trois fois il ne s'agit pas de retrouver tout de suite une salle de 2000 places je ne comprends pas très bien qu'est-ce qu'on cherche qu'est-ce qu'on veut il va falloir retrouver un rapport de douceur de proximité d'écoute d'écoute aussi de l'autre aujourd'hui l'acteur doit écouter le spectateur il ne doit pas seulement vouloir qu'on l'écoute chacun doit écouter l'autre il y a un je dirais vraiment un enjeu collectif qui est est-ce qu'on est en capacité de se remettre en écoute effectivement vous êtes là c'est formidable il y a France Culture il y a la maison de la radio hier aujourd'hui de la pensée de l'échange dans un lieu qui s'appelle un théâtre c'est-à-dire l'endroit en grec qui veut dire l'endroit d'où l'on regarde et bien il n'y a plus rien à voir alors écoutons c'est pour ça que vous êtes là donc continuons à être tentés de nous écouter
il y a à voir sur la chaîne YouTube du Théâtre de la Ville pour ceux qui nous regardent
d'accord je vais faire ma promotion
qui ne se sentent pas seuls non
demain qu'est-ce qu'il y aura dans ce théâtre demain lundi on va travailler ensemble pour créer une association qui s'appelle l'ASA c'est-à-dire des artistes des scientifiques associés on va le mettre en place ensuite on continuera à proposer à des acteurs des actrices de continuer à faire des consultations poétiques en France à l'étranger plus de 17 000 personnes ont été consultées poétiquement on propose de le faire dans les parcs et jardins d'ici une quinzaine de jours on voulait le faire ce week-end ça ne serait pas sérieux donc on recule un petit peu on réadapte donc ce qui est important c'est de pouvoir donner de l'espoir on n'a engagé plus une troupe aujourd'hui éphémère de 150 personnes que nous rémunérons pour pouvoir avoir aussi un travail un salaire parce que l'institution doit aussi soutenir les plus fragiles dans cette période mais pour conclure il me semble très important de donner une perspective qui soit un autre chemin une autre voie empruntée dans les 6 mois qui viennent parce que les choses ne reprendront pas comme avant l'air de rien
avec des expérimentations qui sont déjà faites Aurélie Filippetti alors parfois elles font sourire les concerts où il faudrait rester assis évidemment qui suscite un certain nombre d'ironie on voit bien aussi qu'on fait de la géopolitique culturelle on regarde ce qui se passe ailleurs on voit qu'en Allemagne en Grande-Bretagne c'est pareil la culture est fermée mais on voit aussi qu'en Espagne c'est une exception elle est restée quasiment tout le temps ouverte depuis un an on compare les aides du point de vue des aides la France est plutôt en tête avec 5 à 7 milliards qui ont abondé un système déjà très subventionné c'est 2 milliards pour l'Allemagne c'est les 2 pays qu'on met en haut de ce classement on se teste on se jauge c'est le cas de le dire pour qu'une autre culture émerge dans les semaines qui viennent parce qu'on ne peut plus vivre sans cette culture vivante là
oui parce que la culture c'est essentiel au sens la culture c'est ce qui donne du sens et qui nous permet de réfléchir sur le sens et je crois que voilà tout est dit dans ce mot là essentiel le fait de dire que la culture était non essentielle l'année dernière était vraiment une faute majeure et c'est pour ça que ça a suscité un tel un tel scandale au fond parce qu'on a besoin de cette réflexion sur le sens et je crois qu'on est tous saturés des espaces virtuels on est saturés du virtuel pour les cours on est saturés du virtuel dans ce qui est au fond un succès d'année d'accès à la culture et ça on n'en peut plus il y a un besoin vital de d'accès à du spectacle vivant parce que c'est la vie justement qui est en jeu et c'est le sens de la vie et donc là il faut une mobilisation mais absolu de tous les responsables politiques nationaux et locaux pourquoi parce que pour dégager pour instaurer des règles dans l'espace public parce qu'évidemment la clé est là aujourd'hui il n'y a plus aucune raison puisque ça fait un an que les lieux culturels sont fermés et on voit bien que ça n'a pas empêché la deuxième vague la troisième vague etc etc donc c'est pas les lieux culturels qui sont des clusters bon donc pour empêcher pour permettre la réouverture de l'activité artistique il faut que les élus locaux disent quels sont les espaces publics dans lesquels il peut y avoir des concerts des représentations théâtrales et à quelles conditions il faut deuxièmement réouvrir les musées pour les étudiants ça aussi je veux dire nos étudiants sont en train de crever psychologiquement c'est pas possible ça donc il faut qu'on puisse réouvrir les musées pour les étudiants et pour les scolaires surtout si on dit maintenant qu'il va y avoir des fermetures de classe enfin il faut quand même qu'on pense à ces jeunes générations là on a une responsabilité vis-à-vis d'eux il n'y a aucune raison que les musées soient fermés ce sont les lieux les plus faciles à organiser du point de vue des flux et des jauges donc réouvrir les musées au moins pour ces publics là et puis évidemment les mesures sociales de prolongation du régime particulier d'indemnisation des artistes qui arrivent à expiration au 31 août et donc il faut prolonger les règles de l'année blanche pour les artistes et les techniciens du spectacle au-delà
et bien on aura fait des propositions ce matin rouvrir les musées notamment pour les scolaires et donc si j'ai bien compris l'esprit public qui se fera peut-être dans les jardins de l'espace cardin de façon imminente on en reparlera Emmanuel de Martimota merci à tous les quatre Pascal Perrineau Aurélie Philippetti Thomas Gomart Emmanuel de Martimota merci à Marine Beccarelli qui comme toujours a préparé avec moi cette émission à Luc Jean Reno qui l'a réalisé à la technique aujourd'hui merci beaucoup à Benjamin Perru Alexandre James Mathieu Leroy Jean-François Georges Franck Malabry Francesca Fossati et Voidsec Noiret tout de suite c'est l'heure de retrouver les bonnes choses de Mathéo Caranta qui est sur la scène aujourd'hui avec moi de l'espace cardin on pense très fort et on embrasse Caroline Brouet et vous allez aujourd'hui vous occuper de tenir la table de sa belle émission avec des saveurs libanaise
libanaise hommage à un pays meurtri que nous aimons tant dans les bonnes choses
et bien à tout de suite cher Mathéo et puis juste après ce sera l'heure de retrouver Marc Weisman pour Signe des Temps qui s'intéresse aujourd'hui aux luttes féministes dans le monde musulman excellente semaine à tous à l'écoute de France Culture à dimanche prochain 11h
Xavier Bertrand