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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 14 octobre 2025 8 min

Retraites, conférences, loi... Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, invité du 20h

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est sa première prise de parole depuis qu'il a été nommé ministre dimanche à l'un des postes les plus importants, ministre du travail et des solidarités, en charge du dossier explosif des retraites, longtemps patron de la SNCF où il a fait toute sa carrière. Bonsoir à vous Jean-Pierre Farandou. Bonsoir.

Merci d'être avec nous, de nous réserver votre première prise de parole. Comme ministre, vous êtes l'une des nominations surprises de ce nouveau gouvernement, le Cornu 2. Vous allez devoir mettre en place la suspension des de la réforme des retraite annoncé par Sébastien Lecornu.

On va en parler. Mais d'abord ce soir, vous dites quoi ? Ouf !

On a échappé à la censure, on a sauvé le gouvernement, on va pouvoir faire adopter le budget. Je crois que d'abord faut être prudent et respecter le vote des députés. Donc on va attendre sagement que les choses se fassent.

Dépôt de censure d'un côté, vote de l'autre. Voilà, on va attendre. Bon, on est un peu moins tendu peut-être après à la fois le la déclaration du Premier ministre, les réactions qu'on a pu entendre.

Mais bon, laissons faire les choses tranquillement. Mais vous savez, moi je me suis engagé, c'est pour travailler. Je pas quitté la SNCF pour abandonner le poste que j'ai qu'on m'a confié.

Avec mes collègues, le gouvernement, on est tous décidé à travailler pour les Français très très vite. C'est vrai, il faudra travailler sur le budget, mais à travers sur le budget, c'est travailler pour les Français. Il y a des choses très concrètes dans le budget.

Voilà. Si les choses se passent bien, si s'il y a pas si la censure ne fonctionne pas, ben je peux vous dire qu'on est tous dans les startin blocs, on va tous se mettre à travailler pour les Français. Alors, si la censure ne fonctionne pas comme vous dites, vous allez donc devoir appliquer la suspension de la réforme des retraites, la fin d'un totem du quinquena d'Emmanuel Macron.

Vous n'étiez pas ministre, mais c'est vrai que ça fait 3 ans que tous les ministres se sont succédés sur tous les plateaux pour nous expliquer que il y a pas d'alternative à repousser l'âge légal, que sinon ce serait une catastrophe pour nos finances publiques, euh que les marchés financiers nous pénaliseraient. Tout ça n'est plus vrai aujourd'hui. Bah, je crois qu'il faut refaire un film.

Vous l'avez dit il y a 3 ans, cette réforme, cette réforme et une réforme est nécessaire. Le problème qu'on a avec nos système de répartition qu'on aime beaucoup, c'est que les actifs payent pour les retraités. Le problème c'est qu'il y a de plus en plus de retraités et tant mieux puisque la durée de vie de français augmente et on est tous ravis de ça mais il y a de moins en moins d'actifes donc bien qu'il y a un problème.

Donc l'idée toute simple c'est dire ben dans ces cas-là il faut travailler un peu plus et 2 ans qui a été fixé avec toutes les mécanismes qui vont avec. C'est ça la réforme. Et finalement vous y renoncez.

Ben la réforme après voilà je crois que le premier ministre l'a dit on n'est pas sourd, on n'est pas autiste, on voit bien que elle passe mal cette réforme. Il y a des il y a des réactions, il y a des il y a des a des inquiétudes, il y a des mécontentements qui s'expriment. On le voit bien, c'est un sujet central.

Et ce qui est pas étonnant parce que une les retraites c'est un système très important, c'est social, c'est la cohésion sociale. Donc c'est très très important. Voilà, donc le premier ministre l'a dit euh devant cette situationlà, il a décidé aujourd'hui de suspendre les curseurs, hein, les les paramètres de de la réforme, de les figer, on les fige maintenant, jusqu'au 1er janvier 2028.

Jusqu'au 1er janvier 2028. Mais où on va trouver l'argent pour compenser la perte, le manque à gagner ? Sébastien Lecornu, il a parlé de 400 millions d'euros pour cette année, d' 1,8 milliards pour l'année prochaine.

Où on va trouver l'argent ? Al effectivement, vous avez rappelé les sommes 400 millions d'euros dès cette année. C'est pour ça d'ailleurs qu'il faut travailler dans le cas du budget puisque par ailleurs si tout se passe bien et si on n'est pas censuré, on va tous se mettre à travailler sur le budget.

Là aussi, le premier ministre l'a dit, c'est un travail qui va se faire avec les parlementaires hein, bien évidemment puisqu'il y a pas le 493, il y a pas de majorité, donc c'est avec les parlementaires. Donc l'argent, vous le trouvez où ? Ah ben l'argent, faudra faire des économies hein, parce qu'on est on est sérieux.

Qui va faire des économies ? Où vous allez les faire ? les économies, il y en a à peu près partout hein, c'est il faut le regarder parce que à la fois, je crois le premier ministre aussi été très clair, cette suspension d'accord mais cette suspension on s'arrête pas là.

Et deuxièmement, on ne renonce pas notre volonté déterminée d'améliorer le le déficit de notre pays. Donc de 5,4 à 4,7 % c'est ça l'ambition que nous avons et que nous allons tenir. Alors concrètement comment ça va se passer si vous n'êtes pas censuré ?

Je dis il y aura tout de suite une loi qui suspend la réforme, une loi qui sera votée à l'Assemblée nationale. C'est ça pour comprendre le calendrier. Mais le mécanisme par lequel on va on va mettre en musique, je dire la décision prise par le par le premier ministre, c'est bien au parlement qu'il faut le faire puisqu'on va modifier une loi.

Il y a que le parlement qui peut modifier une loi, il faut le faire vite puisque au moins pour 26 les ça vient impacter le budget 26. Donc ça ça va aller vite. Donc la dans les prochains jours, novembre décembre, ça va faire vite.

Voilà. Novembre-décembre, il y a une loi pour suspendre la réforme des retraites. Exactement.

Combien de personnes enfin euh Sébastien Lucarnu a dit que c'était 3 millions et dei de personnes qui sont concernées. Ceux qui nous regardent là euh qui est précisément concerné ? Qu'est-ce que vous pouvez dire aux français qui va partir plus tôt à la retraite ?

Oui. Alors vous savez ça marche par année de naissance hein, on appelle ça des cortes ou des générations. Donc c'est que c'est un peu compliqué.

Vous avez publié un tableau, c'est mieux un tableau, c'est pas toujours facile de lire par écrit. C'est les gens qui sont nés en 1964 jusqu'à 1968. Ça fait 5 hortes 64 65 66.

Comme là les paramètres sont figés, dans les paramètres on les rappelle 62 ans et 9 mois pour partir à la retraite hein et puis 170 trimestres. Voilà c'est deux paramètres de durée de durée de cotisation. Ces deux paramètres sont figés jusqu'au 1er janvier.

Voilà donc les gens concernés ça fait 3 millions et dei de personnes. En gros 700000 personnes que multiplient cinq générations. Voilà les gens qui sont concernés qui donc par rapport à si c'était si on avait appliqué la réforme ben ils auraient dû travailler beaucoup plus longtemps.

Donc ils vont pouvoir partir plus tôt avec la même retraite. C'est c'est ce que votre reportage a bien indiqué. Jean-Pierre Farandou, Sébastien Lecu, a aussi parlé de la question de la pénibilité.

Euh, quand est-ce que vous allez la reprendre en main en discuter ? Est-ce que c'est le retour du conclave dont le MEDF ne voulait pas les conclusions du conclave ? Est-ce que vous allez reprendre les conclusions du conclave et les faire adopter avant Noël ?

Non, non, on n'est pas dans le conclave du tout. Le conclave, il a eu lieu terminé. Voilà, il est derrière nous.

Voilà. Donc les les alors la méthode parce que ça renvoie au comment on s'y prend parce que il y a à la fois la suspension mais le premier l'a bien dit, il faut se mettre à travailler. Est-ce qu'il existe dans notre système ?

Si celui-là est mal compris ou mal accepté, est-ce qu'il en existe un autre ? Parce que l'équation du financement est toujours là, elle a pas disparu. Donc on va engager des discussions.

L'idée centrale, c'est dire que les retraites c'est la dernière étape du travail. Il faut aussi parler du travail. Travail des jeunes, travail des seniors, conditions de travail.

Qu'est-ce qui fait qu'on a plaisir à aller travailler dans entreprise ou pas ? Voilà, tout la pénibilité en fait partie aussi. Donc tous ces sujets-là sont plus ou moins euh avancés dans les discussions euh paritaires avec les l'organisation syndicales ou les organisations patronales.

Il faut faire je l'inventaire de ces sujets et travailler ensemble. On verra bien ce matéri conférence sur les retraites. On est d'accord que c'est après Noël, après le vote du budget.

Ça ce sera le calendrier ce sera l'an prochain 2026. Alors ce qu'on va faire, je vous dis là aussi, je viens juste d'arriver, j'ai même pas un jour de ministre. Donc j'ai commencé à appeler les les partenaires sociaux, les partenaires patronaux.

Moi, je vais faire le tour de tout le monde. On va aussi se mettre d'accord sur comment on y va. Est-ce qu'on commence à préparer tout ça d'ici la fin de l'année puisqu'il y a déjà des matériaux qui existent, comment on s'organise, qu'on fait appel à des experts, ça débordera l'année prochaine.

Et je crois que le bon nom de cette conférence, je voudrais qu'on parle d'une conférence retraite travail. J'y tiens absolument. C'est peut-être d'ailleurs une lacune de la méthode précédente qui a regardé que les retraites.

Tout l'environnement du travail, c'est absolument très important de le mettre autour de la réction. pourrait imaginer et c'est ma dernière question, est-ce qu'on pourrait imaginer revoir et faire revenir la le système de retraite à point dans cette conférence du de pour les retraites et le travail ? Mais on verra ce que les partenaires nous amènent, c'est que le système et vous vous en pensez quoi ?

Moi à ce stage, je suis très ouvert. Je rentre surtout pas par le solution, je rentre par les problématiques. J'assume complètement la problématique financière.

Il faudra qu'à la fin on soit d'accord pour financer le régime que nous aurons inventé. Et deuxièmement, il faut que les que les Français adhèrent à à la construction qu'on fera. On voit bien que ce qui a manqué, c'est une adhésion populaire assez forte, que les Français trouvent le système juste, équitable et qui leur conviennent en comprenant quand même que l'argent qui finance les retraites, il viennent du travail.

C'est les travails et la croissance qui feront qui nous permettront de financer quoi qu'il en soit le le futur système de ça veut dire qu'on va travailler plus quoi qu'il arrive. C'est un des paramètres, on le sait bien. Voilà, on le sait bien ce paramètre de l'âge en tout cas dans dans une logique de système par répartition, c'est difficile de pas travailler plus.

à partir du moment où la durée de vie augmente et je le redis, on a plus de retraités que d'actifs.