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interviewC à vous (sur YouTube)· 4 mars 2026 52 min

Iran : bilan du 5ème jour de guerre - C à Vous l’Intégrale - 04/03/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Très heureuse de vous retrouver. On est ensemble jusqu'à 21h avec toute l'équipe. A la une ce soir, le syndrome de l'imposteur. ... - A.-E.Lemoine: Un syndrome dont parle avec humour et franchise M.Streep mais qui touche un nombre surprenant de Français. - P.Cohen: Oui, près de 80 % de façon modérée et environ 1/3 de Français qui sont touchés réellement, vraiment et particulièrement chez les jeunes et les femmes, d'après un sondage réalisé par notre invitée. - A.-E.Lemoine: Par Odoxa, dont la directrice et cofondatrice est ce soir notre invitée.

Bonsoir, C.Bracq. On parle de cette enquête, qui donne lieu aussi à une bande dessinée qui suit pas à pas la réalisation de cette enquête.

Les femmes sont majoritairement concernées par ce syndrome. Y a-t-il un lien de cause à effet ou pas? Elles ont plus de difficultés à négocier une augmentation. - E.Tran Nguyen: Seule 1 femme sur 3 ose demander une hausse de salaire alors que 1 homme sur 2 n'hésite pas.

C'est confirmé par les nombreuses réactions qu'on a pu recueillir. - A.-E.Lemoine: A la une, 80 morts dans le torpillage d'un navire iranien. - L.Amar: C'est une première depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les Etats-Unis ont torpillé et coulé un navire iranien au large du Sri Lanka. Au moins 87 morts. - A.-E.Lemoine: On fera le point avec F.Encel, politologue, qui sera dans un instant sur ce plateau.

Dans le 5/5, la solidarité avec les agriculteurs touchés par les crues. - Le don qui m'a le plus touché...

C'est une amie de ma fille, au collège. Là, on est au maximum de ce qu'on peut faire! - L.Sénéchal: Cet agriculteur a besoin de 20 000 euros pour se remettre à flot, mais le coût des crues a été revu à la hausse. 1,2 milliard d'euros, à l'échelle de la France. - A.-E.Lemoine: On parle également des allergies. - L.Sénéchal: Oui, 1 Français sur 3 touché aujourd'hui.

A cause de toute l'eau qu'on a eue et du soleil depuis quelques semaines, les pollens sont en train d'arriver. - A.-E.Lemoine: On aura les lumières de M.Carrère d'Encausse. - L.Sénéchal: Mais il y a un traitement révolutionnaire qui arrive! - A.-E.Lemoine: Quelque chose d'autre à ajouter?

On ne l'arrête plus...

Pas de syndrome de l'imposteur! Nos invités après 20h: L.Casta, G.Lellouche, et G.Gallienne réunis au cinéma, la révélation musicale C.Yembe.

Et dans L'OEil de Pierre? - P.Lescure: Dans notre série sur Hollywood, on retrouve M.Monroe à 2 pas d'une bouche de métro. - A.-E.Lemoine: Mais d'abord, le point sur ce 5e jour de guerre au Moyen-Orient. - L.Amar: 5e jour marqué par des frappes massives sur l'Iran et le sud du Liban, où l'armée israélienne annonce une 1re incursion terrestre.

E.Macron a pris la parole hier soir à la télévision devant 15 millions de Français. - E.Macron: J'ai donné ordre que le porte-avions Charles-de-Gaulle, ses moyens aériens, son escorte de frégate fassent route vers la Méditerranée. - L.Sénéchal: Il arrivera en Méditerranée dans une dizaine de jours pour protéger nos alliés et nos 100 000 soldats déjà présents.

Est-ce à dire que la France entre en guerre? - Non. La France est en état de légitime défense. - Nous ne sommes pas en 1re ligne, mais nous devons être vigilants. - Nous assumons nos responsabilités. - L.Amar: E.Macron a aussi évoqué le rapatriement d'une partie des Français qui sont dans la région.

Priorité aux plus fragiles et aux enfants. Un vol est arrivé la nuit dernière du sultanat d'Oman. - Enormément d'appréhension.

Pendant le vol, on avait très peur. - On est soulagés. On a été bien pris en charge.

On est contents d'être parmi vous. - L.Amar: 2 de nos compatriotes sont en revanche toujours bloqués en Iran: C.Kohler et J.Paris, ex-otages, assignés à résidence par l'ambassade.

Leurs proches demandent un rapatriement dans les plus brefs délais. Réponse lapidaire de la porte-parole du gouvernement. - Est-ce qu'ils sont en sécurité? - Ils sont en sécurité à l'ambassade. - L.Amar: La majorité des vols est toujours annulée.

Hier, un journaliste d'ABC a testé le numéro d'urgence mis en place par le département d'Etat. Visiblement, les Américains vont devoir se débrouiller tout seuls. - L.Amar: L'administration Trump a révélé l'identité de 4 des 6 soldats tués depuis le début de la guerre.

Ils sont morts au Koweït dans une attaque de drones. Le ministre de la Défense de D.Trump crie déjà victoire. ... - L.Amar: En mer, 20 navires ennemis ont été touchés par les Américains. ... - L.Amar: Ce matin, Israël a lancé une offensive aérienne sur l'Iran et dit avoir atteint des dizaines de cibles à Téhéran mais aussi à Ispahan, où un dépôt de missiles balistiques a été visé. ... - L.Amar: Dans le même temps, l'armée israélienne poursuit ses frappes sur le Liban et notamment sur les bastions du Hezbollah au sud de Beyrouth.

Elles ont fait au moins 11 morts. Israël appelle la population du sud du pays à évacuer et annonce une incursion terrestre 6 km derrière la frontière. L'ancienne ministre de la Culture qui est sur place dirige désormais un quotidien. - On a déménagé pour se mettre à l'abri dans une panique générale.

Il y a un mélange d'épuisement, de colère, de rage, d'incompréhension, de peur. - L.Amar: Le Hezbollah a riposté dans la journée et lancé une attaque de drones contre le centre et le nord d'Israël, toujours sous le feu des missiles iraniens.

Les sirènes d'alerte ont retenti à Tel-Aviv, obligeant cette journaliste à écourter son direct. ... - L.Amar: Dans la matinée, un missile iranien qui se dirigeait vers l'espace aérien turc a été intercepté par la défense antiaérienne de l'Otan.

La Turquie met en garde contre toute mesure susceptible d'entraîner l'extension du conflit. Enfin, la télévision d'Etat iranienne a annoncé le report des obsèques d'Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, tué grâce au travail mené depuis des années par les renseignements israéliens. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, F.Encel.

Ce sont des années de préparation menée par les services de renseignements israéliens qui ont permis cette élimination. Notamment le piratage des caméras de surveillance de Téhéran? - F.Encel: Oui.

Vous dites des années, je dirais même quelques dizaines d'années. Un Etat modeste, petit, relativement faible au départ, inscrit dans un environnement relativement difficile, s'il ne dispose pas d'un service de renseignement cohérent et puissant, disparaît. Israël a toujours joué le jeu de l'efficacité des renseignements.

Ensuite, l'optique, en Israël, c'est très important en matière de high-tech, sur le plan civil et militaire. C'est l'une des principales puissances au monde en matière de création d'optique, en civil comme en militaire. Enfin, ce type d'organisation, ça prend plusieurs années, et pas seulement quelques mois.

Mais j'insiste sur un point important. Ce n'est pas seulement l'efficacité ou l'excellence des renseignements israéliens et des matériels israéliens qui font la différence. C'est le caractère extrêmement fragile de la chaîne de commandement, jusqu'au plus haut niveau, en Iran, qui fait aujourd'hui la différence.

C'est le cas depuis une vingtaine d'années car ce n'est pas la 1re fois que les Israéliens adoptent ce type d'opération. - A.-E.Lemoine: A.Khamenei se sentait menacé.

Pourquoi n'ont-ils pas pris plus de précautions pour assurer sa sécurité? - F.Encel: Il y a 2 facteurs.

Le premier, c'est que les Israéliens ont joué de ruse et ont fait croire aux Iraniens qu'à cause de la proximité immédiate du shabbat et de la fête de Pourim, assez suivies en Israël, les Iraniens avaient au moins quelques jours devant eux. Le 2e facteur qu'on néglige trop souvent, c'est que les mollahs, et le premier d'entre eux, sont là au nom de Dieu. Ils pensent que Dieu va les protéger.

Cette variable explicative joue à fond. Regardez ce qu'il s'est passé il y a un an et demi avec le chef du Hezbollah. Le Hezbollah se fait appeler "le parti de Dieu".

On pourrait multiplier les exemples. Le chef du Hamas, avant le 7-Octobre, était certain que ses opérations allaient être bénies. - A.-E.Lemoine: "Une succession sera nommée dès que possible".

Cet homme-là deviendra aussi une cible pour les services de renseignement israéliens? - F.Encel: Le triumvirat qui devait prendre les rênes du pouvoir est devenu un duopole très rapidement.

L'un des 3 n'a pas tenu 24 heures. C'était un ayatollah. A priori, ce serait le petit-fils de Khomeiny qui deviendrait le Guide suprême.

Je vous réponds concrètement, oui, c'est une cible, pas tant du côté américain que du côté israélien. Du côté israélien, on n'est pas dans une offensive seulement stratégique, me semble-t-il. Le but de guerre, c'est vraiment l'effondrement du régime. - A.-E.Lemoine: S'il arrive au pouvoir, le petit-fils de Khamenei, ça veut dire que la République islamique devient dynastique?

Ca changerait quoi? - F.Encel: Ca signifie surtout qu'elle est beaucoup plus faible.

Ceux qui restent aujourd'hui au pouvoir, un pouvoir menacé de façon très quotidienne, ne sont pas capables d'aller chercher quelqu'un d'autre que le petit-fils de Khomeiny. Comme s'il fallait absolument rester au sein d'un clan, un clan extrêmement petit et fermé. C'est surtout la traduction d'une véritable faiblesse. - P.Cohen: On a beaucoup critiqué l'absence de plan américain pour le jour d'après, pour l'Iran.

Les Israéliens, eux, ont un plan à dégommer toutes les têtes qui dépassent? Qu'est-ce qu'ils souhaitent à leur porte comme voisins? - F.Encel: Pour eux, l'idéal, ce serait le fils du shah d'Iran.

Il est perçu comme un démocrate. Il a toujours considéré lui-même qu'il était un démocrate. Il vit aux Etats-Unis depuis plusieurs décennies, c'est R.Pahlavi.

Il s'entend très bien avec Nétanyahou. Ce serait l'idéal pour eux. Mais si l'actuel régime tombe au profit d'une coalition dans laquelle serait ou ne serait pas, d'ailleurs, le fils de l'ancien shah, pour les Israéliens, l'important au fond, c'est l'absence de menace existentielle, c'est-à-dire de nucléaire.

On en revient toujours à ça. C'est le nucléaire iranien qui, sous ce régime actuel, pourrait correspondre d'après les Israéliens à une menace existentielle parce que la capacité balistique, que l'on voit tous les jours...

Les missiles iraniens peuvent toucher l'intégralité du territoire israélien, qui est minuscule. La République islamique a systématiquement annoncé comme l'un de ses objectifs fondamentaux la destruction d'Israël. - E.Tran Nguyen: On l'a vu dans le récapitulatif, un missile tiré d'Iran se dirigeait vers l'espace aérien turc.

Il a été détruit par les systèmes de défense de l'Otan. Ankara a mis en garde Téhéran contre l'extension du conflit. Mais est-ce que c'est ça que cherche l'Iran avec ce tir?

A étendre le conflit? - F.Encel: Absolument.

Il ne lui reste plus qu'une seule carte politique...

La seule carte militaire, ce sont les missiles. Et la seule carte politique, c'est la déstabilisation de toute la région, avec, au mieux, même si je pense que ça relève du fantasme géopolitique, des mouvements de population qui mettraient à mal les gouvernements respectifs. Je pense que c'est totalement illusoire.

La République islamique d'Iran a toujours joué le panchiisme. Or, la Turquie n'est pas du tout chiite: la grande majorité des arabes du Golfe sont des sunnites. Et monsieur Erdogan, comme les chefs de ces Etats du Golfe, sont des chiites conservateurs.

De l'Arabie saoudite aux Emirats arabes unis, en passant par le Maroc, même s'il est très loin du théâtre des confrontations, il est spirituellement très proche...

En passant donc par la Turquie, on est extrêmement gêné. Si ça continue, on va finir par riposter. Mais pas contre les Etats-Unis et Israël, contre l'agresseur iranien.

Cette ultime carte jouée par Téhéran est suicidaire. - P.Cohen: Côté américain, on a entendu tout à l'heure P.Hegseth, le secrétaire d'Etat à la défense, que D.Trump préférerait appeler le département de guerre...

D.Trump a décidé de s'en prendre au Royaume-Uni et à l'Espagne, qu'il trouve un peu lents dans leur soutien aux Etats-Unis. Cible privilégiée dans ses propos hier: K.Starmer, Premier ministre britannique, qui a trop tardé à ses yeux pour autoriser les Américains à utiliser les bases britanniques. ... - P.Lescure: Ca fait sourire, mais en même temps, Il n'y a plus de règles dans la guerre ni dans les règlements internationaux.

Au détour d'une phrase, il parle quand même d'un allié? - F.Encel: A ses yeux, ce n'est plus le cas.

Je suis de ceux qui considèrent que ce qui a été dit là est le dernier clou planté dans le cercueil de ce que Churchill avait lui-même appelé "la relation spéciale", en 46, entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Depuis exactement un an et 3 mois, les sondages effectués au Royaume-Uni indiquent que la majorité des Britanniques pensent que cette relation spéciale est finie. C'est le 4e président américain successif qui, de toute façon, ne tient plus compte de cette relation privilégiée.

Les Britanniques commencent à comprendre que c'est fini. Par un faux paradoxe, c'est très positif pour l'Europe. Les Britanniques vont peut-être enfin se tourner vers l'Europe et vers la France. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup, F.Encel.

Je rappelle votre livre paru en mars 2025, "La guerre mondiale n'aura pas lieu: Les raisons géopolitiques d'espérer". Vous maintenez? - F.Encel: Plus que jamais!

Aujourd'hui, l'Iran est seul. Pour qu'il y ait une guerre mondiale, il faut, par définition, 2 blocs antagonistes extrêmement opposés sur le plan militaire. Ce n'est pas le cas. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup.

Vous restez avec nous. Patrick, j'ai complètement perdu votre édito! Il est enterré.

Vous nous parlez du syndrome de l'imposteur, dont l'ampleur est révélée par notre invitée. - P.Cohen: Beaucoup de ceux qui nous regardent en ont sans doute entendu parler, mais comme d'un sujet psycho.

Untel a du mal à assurer ses responsabilités...

Il pense qu'il n'a pas les épaules. Unetelle estime qu'elle a d'abord été servie par les circonstances, qu'elle doit sa réussite non pas à ses capacités mais à la chance...

Un doute qui peut conduire à la dépression. Un sujet psycho qui se révèle être un véritable sujet de société. - A.-E.Lemoine: Et pour la 1re fois en France, il vient d'être mesuré. - P.Cohen: Par un sondage initié par notre invitée.

Vous avez soumis à un panel de 2000 Français une vingtaine de questions élaborées par un psychologue, K.Chassangre, pour savoir s'il leur est arrivé souvent ou non de réussir un test ou une tâche alors qu'ils avaient peur de ne pas y arriver, de penser que leurs succès personnels ou professionnels sont dû à la chance ou à une erreur, parce qu'ils étaient au bon endroit au bon moment ou parce qu'ils connaissent les bonnes personnes...

Du fait, ils ont du mal à accepter les compliments qu'on peut leur faire. Résultat, 83 % des personnes interrogées présentent des signes modérés. Il leur arrive de douter de leur mérite.

Ils ont connu des moments de fragilité mais ce n'est pas structurant dans leur vie de tous les jours. En revanche, 32 % sont réellement touchés par le syndrome et en souffrent, avec des effets concrets sur leur vie personnelle ou professionnelle. Un syndrome qui touche toutes les catégories sociales, les plus aisées comme les plus modestes. - A.-E.Lemoine: Mais davantage les jeunes et les femmes? - P.Cohen: Oui, l'âge est un critère déterminant.

Les doutes des jeunes les stressent très fortement, et c'est encore plus vrai chez les jeunes femmes que chez les jeunes hommes. Au point de leur faire dire que ça freine leurs initiatives ou que ça les rend moins performantes. Alors que les jeunes hommes, au contraire, se disent plus motivés par ce doute.

Beaucoup disent que ça les rend plus performants. D'une façon générale, la charge émotionnelle, le stress et l'anxiété sont plus lourds chez les femmes que chez les hommes qui ressentent le syndrome de l'imposteur. D'où le E final que vous avez ajouté au titre de votre bande dessinée, qui contient enquêtes, témoignages et solutions: "Le Syndrome de l'imposteure". - A.-E.Lemoine: Un formidable ouvrage, qui avance quelques explications, notamment pour comprendre pourquoi les femmes sont plus souvent concernées que les hommes par ce fameux syndrome de l'imposteur.

Il y a peut-être une explication? - C.Bracq: Il y a pas mal d'explications.

C'est vraiment un phénomène de société. Il y a la société, l'éducation, qui expliquent finalement que dans notre monde, on a été plus habituées, et encore aujourd'hui, à être plus sages, nous, les femmes, plus cadrées, à se mettre moins en avant. C'est vu comme un défaut chez une femme, de se mettre fortement en avant, alors que chez un garçon, on va plutôt encourager le fait d'avoir confiance en lui.

J'avais lu avec étonnement une étude faite auprès de jeunes du collège, où on voyait que comme les garçons avaient tendance à être plus turbulents, les profs leur donnaient plus souvent la parole... - A.-E.Lemoine: Pour les calmer? - C.Bracq: Oui, pour les canaliser.

De toute façon, on sait que la fille a la réponse, ce n'est pas la peine de l'interroger... - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas valorisant. - C.Bracq: Les filles vont se dire que ce qu'on attend d'elles, avant tout, c'est d'être plus sages, plus cadrées.

Les années avançant, on se dit que c'est plutôt dans ce rôle qu'il faut être, plutôt que d'aller vers des postes plus stratégiques qui permettent de prendre des risques et d'avancer. - A.-E.Lemoine: Les hommes aussi sont piégés dans les stéréotypes que fabrique la société.

Ils n'évoquent pas leurs faiblesses, leurs doutes et certainement pas un syndrome de l'imposteur. Sauf un, notamment parmi les patrons ou les leaders syndicaux qui jamais n'évoquent ce syndrome, l'ex-patron de Starbucks, cité dans votre ouvrage. "Très peu d'individus se disent qu'ils sont qualifiés pour être PDG en arrivant dans leur poste, mais ils ne l'avoueront jamais." Est-ce que c'est vrai? - C.Bracq: Oui.

Les hommes savent vaguement de quoi il s'agit quand on parle de syndrome de l'imposteur. Les femmes connaissent bien car elles ont l'habitude de discuter de ces sujets-là. Faire des introspections, discuter de sujets psy, c'est pas mal.

Chez les hommes...

Notre psy, K.Chassangre, qui nous a aidés à mettre en place le test, dit que c'est aussi un sujet. On parle beaucoup plus dans la presse du syndrome de l'imposteure avec un E, tout simplement parce que les hommes ont beaucoup moins l'habitude de se confier sur leurs doutes et d'aller chez le psy, par exemple. - A.-E.Lemoine: Ce qui explique que dans la vie politique, rares sont ceux qui évoquent ce syndrome.

Mais ont-ils vraiment le choix de l'évoquer ou pas? Est-ce qu'on voterait pour un candidat ou une candidate qui avouerait un syndrome de l'imposteur? - C.Bracq: Normalement, on devrait dire oui.

Mais je me pose souvent la question, moi qui suis dans les sondages. Je me retrouve en ce moment en plateau avec des candidats aux municipales, qui ont tous l'air d'être plus sûrs d'eux-mêmes les uns que les autres...

Ils n'avouent jamais aucune faille, comme si dire qu'on avait le syndrome de l'imposteur, ça voulait dire qu'on est un imposteur. Ce qui n'a rien à voir! Avouer un peu ses failles, ça pourrait se faire.

Ca se fait beaucoup plus aux Etats-Unis, où le phénomène a été identifié. Ca se fait moins en France. Dans l'album, on a essayé d'avoir des témoignages d'hommes et de femmes politiques.

Certaines personnes nous en avaient parlé mais nous on dit: "Franchement, désolé, je préfère ne pas trop parler de ça." - P.Cohen: C'est drôle, on évoque beaucoup Trump ces jours-ci.

C'est le contraire. C'est quelqu'un qui, quand il était candidat la 1re fois, était vu comme un imposteur car personne ne pensait qu'il avait les qualités pour faire ça. Mais lui, en revanche, en avait la certitude.

En plus, depuis qu'il est président, il ne doute jamais de ses qualités. - A.-E.Lemoine: Ca a un nom, ce syndrome inversé? - C.Bracq: Oui, le syndrome Dunning-Kruger, du nom des 2 chercheurs qui ont identifié ce syndrome.

Pendant un casse dans une banque, les cambrioleurs avaient mis du jus de citron sur leur visage. Ils pensaient que c'était comme l'encre invisible, que ça allait les rendre invisibles. Des psychologues se sont intéressés à ce sujet.

Ils étaient sûrs que c'était un bon truc, que ça devait marcher. Ce sont des gens qui vont mobiliser la parole pour raconter des choses parfaitement inintéressantes, en étant persuadés d'avoir la science infuse et de savoir tout sur tout. - P.Cohen: Par exemple, seriez-vous capable, en cas d'urgence, de faire atterrir un avion?

Réponse... - Est-ce que tu penses qu'en cas d'extrême urgence, tu saurais faire atterrir un avion? - En vrai, je pense. - C'est pas tellement dur. - Qu'est-ce qui te fait dire ça? - Mon instinct. - J'ai même fait un peu de flight simulator. - Tu tires sur le manche et tu règles en fonction de l'arrivée au sol. - Je demande à la tour de contrôle qu'on m'aide à faire atterrir l'avion et je vais le faire! - A.-E.Lemoine: Oh, mon Dieu!

Que des hommes qui répondent... - P.Cohen: Oui, on peut toujours employer le terme d'imposteur, mais d'une autre façon... - C.Bracq: Un institut de sondage avait fait ça sur son site pour s'amuser.

Les hommes disaient beaucoup plus que les femmes que, oui, ils seraient capables de faire atterrir un avion en cas d'urgence. - A.-E.Lemoine: Une profession est particulièrement touchée par le syndrome de l'imposteur, c'est la profession médicale.

En cause, le regard posé sur les médecins, parce qu'ils portent une blouse blanche. On leur attribue un super-pouvoir et ça développe chez eux un syndrome de l'imposteur très poussé. - C.Bracq: Avec E.Giacometti, on est allés voir un médecin suisse qui a fait lui-même une étude sur le syndrome de l'imposteur.

Il a vraiment regardé ça de près. Les étudiants en médecine se posent déjà la question. Quand ils ont quelques années d'études et qu'ils portent la blouse, que dans les chambres on les appelle "docteur" en leur posant des questions sur leur vie, c'est là que la question de la légitimité peut vraiment se poser.

Cette question, beaucoup de médecins la conservent toute leur vie. On attend tellement d'eux, ou en tout cas c'est l'impression qu'ils ont, qu'eux-mêmes peuvent se sentir absolument pas à la hauteur et avoir peur qu'un jour, on leur dise: "Vous allez enlever cette blouse et sortir de la pièce, car vous n'avez rien à faire ici." - A.-E.Lemoine: Ils n'osent même pas demander de l'aide pour accomplir des gestes particuliers quand ils ont des doutes, de peur qu'on leur fasse ce procès en illégitimité.

Est-ce que les géopolitologues ont un syndrome de l'imposteur? Pourriez-vous, vous, poser un avion en urgence, F.Encel? - F.Encel: Mais bien évidemment!

Et bien évidemment, un Rafale! Soyons sérieux...

On nous demande systématiquement de prévoir l'avenir, alors que l'historien, ce voyou, sait qui a gagné la bataille. C'est beaucoup plus facile pour lui. - A.-E.Lemoine: Vous renvoyez la balle du côté des historiens.

Ce syndrome ne se guérit pas, voire même il peut s'aggraver avec le temps? - C.Bracq: Oui.

Normalement, il s'apaise quand même avec le temps. C'est quelque chose qu'on voit dans le sondage. A partir de 50 ans, le syndrome de l'imposteur a tendance à baisser.

Maintenant, si cette faille reste en nous, si on n'a pas fait de travail sur soi, si on n'en a pas discuté avec ses proches, si on n'a pas trouvé de solution, et il y en a plusieurs...

Cette faille reste et plus la réussite est forte, plus le syndrome de l'imposteur va se manifester. On se dit qu'on ne mérite pas tant d'honneurs. - A.-E.Lemoine: Vous donnez un exemple qui illustre parfaitement ça.

Le 1er homme qui a posé le pied sur la Lune souffrait du syndrome de l'imposteur. Il disait: "J'étais juste un type qu'on a envoyé là-haut. Il y avait des gens plus brillants que moi." - C.Bracq: Oui, N.Armstrong, qui n'avait pourtant aucune question à se poser sur ses compétences...

C'était un self-made-man, ou presque...

Enfin non, il a fait de grandes études, mais il venait d'un milieu modeste. Il a fait de grandes études en obtenant une bourse. Il a très tôt appris à piloter un avion, à 16 ans, puis un avion à réaction quand il avait 20 ans.

C'était un ingénieur hors pair. D'ailleurs, quand il a atterri sur la Lune, heureusement qu'il était là, car il y avait des rochers dangereux qui auraient pu rendre... - P.Cohen: On n'envoie pas des benêts, dans la fusée. - C.Bracq: A priori, il était à sa place.

Mais lors d'une conférence, il a dit qu'il ne savait pas trop ce qu'il faisait là au milieu de personnes très brillantes qui avaient beaucoup de choses intéressantes à raconter. - A.-E.Lemoine: C'est l'un des exemples que l'on trouve dans votre livre, "Le Syndrome de l'imposteur", où on apprend que même Napoléon avait des doutes.

C'est instructif et pédagogique. Il y a un test proposé à la fin. On peut aussi flasher un QR code qui, normalement, s'affiche sur votre écran.

Vous pourrez faire ce test, savoir si vous êtes concerné ou pas par ce syndrome. - E.Tran Nguyen: Une étude a été publiée aujourd'hui sur la question des salaires.

Seule 1 femme sur 2 ose demander une hausse de salaire. 44 % des femmes considèrent qu'elles doivent fournir plus d'efforts que les hommes pour demander une augmentation de salaire. 69 % des femmes trouvent qu'avoir des enfants est pénalisant pour leur carrière.

C'est 50 % seulement des hommes. Des chiffres qui se vérifient auprès des femmes qu'on a interrogées aujourd'hui. - Dès qu'on est une femme, il faut revoir son salaire à la baisse. - Négocier mon salaire, et pourtant, je suis RH, c'est toujours difficile. - A compétences égales, c'est compliqué pour les femmes de se faire payer comme les hommes. - E.Tran Nguyen: Il y a une femme qu'on connaît bien qui veut remédier à cela.

Vous disiez tout à l'heure que peu de politiques avouent avoir le syndrome de l'imposteur. C.Lagarde l'a déjà dit.

Elle en a souffert. Aujourd'hui, elle voudrait mieux éduquer les femmes dans la finance. Elle pense que c'est ça, la clé: avoir plus de connaissances en finance. ... - E.Tran Nguyen: Pour ça, elle lance un défi avec une application à télécharger.

Chaque jour, on pourra recevoir des conseils pédago pour apprendre la finance. Quand on pose la question à nos téléspectateurs, c'est compliqué pour les femmes et pour les hommes. Il y a même un autre argument.

Qu'est-ce qui explique que l'écart de revenus entre les femmes et les hommes a tendance, aujourd'hui, à diminuer moins vite que les années précédentes? Dans le secteur privé, il est encore de près de 22 %. C'est les connaissances, les doutes, le syndrome de l'imposteur ou c'est le tabou de l'argent? - C.Bracq: Des progrès ont été faits.

A un moment, on arrive à un palier. Je ne dis pas que ça doit s'arrêter là. C'est plutôt un plafond de verre.

C'est intéressant, au-delà du syndrome de l'imposteur, qu'il y ait un travail des femmes et de la société pour se dire que les postes qui nécessitent une vision plus stratégique soient plus souvent occupés par des femmes. Pour ça, C.Lagarde parle de la finance.

C'est intéressant. C'est un sujet sur lequel les femmes ne sont pas à l'aise parce qu'elles ne veulent pas prendre de risques. Pour pouvoir occuper des postes stratégiques, il faut pouvoir prendre des risques, pouvoir se dire "je suis capable de prendre ces risques", et se dire qu'il faut mettre de côté la bonne petite élève qu'on est souvent, nous, les femmes.

On se dit qu'il faut qu'on maîtrise à fond notre sujet, le sujet qu'on nous a confié. Il faut pouvoir s'occuper, à côté, des gens qui viennent dans la boîte, qui ont besoin d'un coup de main, toujours se donner à eux. C'est sympa, mais à un moment, il faut ouvrir le champ des possibles pour s'intéresser à la stratégie de l'entreprise, au monde, à la société, et pouvoir saisir ces jobs.

Là, il y a quelque chose à faire dans l'éducation des filles. - A.-E.Lemoine: Ce qui était frappant, c'est que les petites filles, dès l'école, ne choisissent pas les boulots les plus rémunérateurs.

Les garçons, eux, n'hésitent pas à laisser de côté la passion pour s'orienter. Ca se passe très jeune, à l'école. - C.Bracq: Dans les études sociologiques, on constate que les hommes sont dans la compétition là où les filles sont dans l'introspection, dans la vérité absolue de "qui je suis", pour être 100 % honnêtes avec elles-mêmes.

En réalité, elles ne le sont pas tant que ça. Elles méritent mieux. - A.-E.Lemoine: Merci, C.Bracq.

Tout de suite, le 5/5 de L.Sénéchal. Un collégien de 13 ans poignarde l'un de ses camarades en plein cours. - L.Sénéchal: Ca s'est passé ce matin dans un collège de La Rochelle.

L'ado a attaqué son camarade de classe avec un opinel pour une raison encore inconnue. Il lui a porté 2 coups à l'épaule et au ventre. La victime a été hospitalisée.

Son pronostic vital n'est pas engagé. Une professeure s'est héroïquement interposée sans être blessée. L'agresseur a été rapidement pris en charge par le personnel éducatif avant d'être interpellé et placé en garde à vue.

Une cellule psychologique a été mise en place pour les 24 élèves présents qui ont assisté à cette scène. - A.-E.Lemoine: Le coût des inondations revu à la hausse. - L.Sénéchal: 1,2 milliard d'euros.

C'est 20 % de plus que la 1re estimation. Il y a des dégâts partout, comme en Bretagne. Des installations qui ne tiennent pas forcément la durée au fil des ans. - On coupe les alentours de la chaussée, sur les côtés.

On met l'enrobé à froid. On tasse avec la plaque vibrante. - Ces travaux vont durer quelques années. - L.Sénéchal: Il y a aussi des dégâts majeurs dans nos champs.

Les sols ont été balayés par les successions de tempêtes. Après les crues, regardez les récoltes noyées sous la boue. Il faut l'évacuer avec des brouettes et des tractopelles, sans parler du sable charrié par les cours sortis de leur lit.

Il a fallu sortir les pelles, demander du renfort. L'armée est carrément venue donner un coup de main. C'est des soldats du régiment parachutiste voisin. - Le matin, quand on s'est levés, on a vu l'ampleur des dégâts.

Les serres se sont effondrées petit à petit. On s'est aperçus que la digue avait cédé. - L.Sénéchal: Il n'y a pas que la terre qui souffre.

Il y a aussi le matériel. Deux tracteurs ont été détruits par les intempéries en Gironde. - Il y a encore de la vase.

Le moteur est plein d'eau. Des tracteurs des années 60, qui, pour moi, rendent des grands services, n'ont pas de valeur pour les assurances. - L.Sénéchal: Il y a aussi les élans de solidarité.

Cet agriculteur a perdu ses tracteurs, mais a gagné le soutien de 110 personnes qui ont versé en tout 5000 euros à la cagnotte qu'il a lancée. - Le don qui m'a le plus touché, c'est une amie de ma fille, au collège. Elle a dit à ma fille: "Je te donnerai les sous.

Tu les donneras à ton papa." On est au maximum de ce qu'on peut faire. - L.Sénéchal: Il lui faudrait 20 000 euros pour tout reconstruire.

Cette cagnotte a aussi été poussée par des restaurateurs de Bordeaux, clients de cet agriculteur et qui servent ensuite à leurs propres clients les produits de cet agriculteur. - A.-E.Lemoine: La France connaît un moment de douceur.

Il fait en ce moment plus doux à Marseille qu'à Marrakech. - L.Sénéchal: Notez que le ciel ressemble aussi à un ciel africain.

Un nuage de sable du Sahara est en train de traverser notre pays. Il pourrait y avoir quelques pluies sur la Bretagne qui vont venir coller ce sable sur les voitures ou les terrasses. Il fait tellement doux qu'on vient de vivre un mois de février record.

Météo-France utilise le terme "historique". C'est le 2e mois le plus chaud recensé en 126 ans. En pluviométrie, on parle aussi d'un excédent de 35 % par rapport à la normale.

C'est du jamais-vu pour un mois de février. Cette eau suivie du soleil, ça réveille la nature et le pollen. La carte des allergies vire à l'orange foncé.

Les allergies, c'est un sujet de santé publique majeur. Voici un espoir de traitement qui vient de l'Institut Pasteur. L'étude a été publiée hier.

Le principe de ce traitement, qui est en train d'être testé sur des souris, ils nous l'expliquent. - On a montré que des morceaux de microbes peuvent protéger de l'allergie. - Les cellules dans les poumons vont garder une mémoire d'avoir vu ce microbe et vont permettre d'atténuer la réponse allergique.

Ca pourrait nous protéger quelques mois, voire quelques années. - On a travaillé avec une compagnie qui produit une espèce de mélange de bactéries et de virus sous forme de spray. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, M.Carrère d'Encausse.

C'est un espoir. Il y a 20 millions d'allergiques en France. - M.Carrère d'Encausse: C'est 25 % et ça devrait être 50 % en 2050.

C'est colossal. En 1960, on était à 1 % d'allergiques. On en est au stade des souris, c'est vrai.

Il y a encore beaucoup de travail. Il n'y a pas de date éventuelle. C'est intéressant car on pourrait prévenir l'apparition des allergies.

Aujourd'hui, on fait du traitement symptomatique. - A.-E.Lemoine: Et du traitement pour les effets secondaires avec les antihistaminiques. - M.Carrère d'Encausse: Mais maintenant, il y en a qui ne font plus dormir.

C'est un mauvais prétexte pour ne pas en prendre. - A.-E.Lemoine: Près de la moitié de la population française en 2050...

C'est pas un sujet anodin. - M.Carrère d'Encausse: Ca entraîne un mauvais sommeil, des moindres performances professionnelles et scolaires, ça fatigue, donne des maux de tête.

Dans certains cas, notamment quand il y a une réaction majeure comme l'oedème de Quincke ou quand on devient asthmatique, il y a des cas mortels. - A.-E.Lemoine: Ca vous concerne directement, Marina. - M.Carrère d'Encausse: Je suis un baromètre.

Je suis arrivée ici avec les yeux qui pleuraient. - P.Cohen: Vous êtes allergique à tout, Marina. - M.Carrère d'Encausse: C'est effarant, le pollen qu'il y a à Paris.

Vous n'êtes pas allergique, vous. Je me rince les cheveux tous les soirs. Je suis allergique à plein de trucs.

La désensibilisation n'est pas possible. Je suis allergique aux animaux, aux pollens, à la poussière, à des aliments, à des médicaments...

C'est compliqué, mais pas dramatique. Le problème, c'est cette augmentation de fréquence, liée notamment à ces températures douces qu'on a de plus en plus. Ca fait que la période de floraison est plus importante.

Avant, les allergiques aux pollens, c'était un mois à l'automne et un mois au printemps. Maintenant, c'est la moitié de l'année. C'est un souci. - L.Sénéchal: F.Encel approuve.

C'est du vécu? - F.Encel: Je suis surtout très allergique à la méchanceté.

Quand on fait de la géopolitique... - A.-E.Lemoine: On va demander à l'Institut Pasteur de se pencher sur cette allergie.

Les stars au coeur d'une campagne de prévention... - L.Sénéchal: Voilà une campagne qui s'accompagne d'un kit de dépistage du cancer colorectal. 2,5 millions de Français l'ont fait l'an dernier, 30 % des 50-74 ans.

Si on arrivait à faire grimper ce taux à 75 %, on sauverait bien plus de vies. Je vous ai mis la vidéo. C'est un tout petit prélèvement que vous mettez dans l'enveloppe.

Je précise que le cancer colorectal, c'est très sérieux. 4 % des hommes et 2 % des femmes seront atteints dans leur vie par ce cancer. Heureusement, c'est un cancer qu'on peut soigner. - P.Cohen: 30 % des personnes le font en ce moment? - L.Sénéchal: Oui. - P.Cohen: Alors que tout le monde reçoit le test. - M.Carrère d'Encausse: On a un vrai problème avec les selles, ce geste-là.

On considère que c'est sale, tabou. C'est très insuffisant alors que c'est remarquable, comme test. C'est un cancer qui se soigne bien s'il est dépisté tôt.

Ce test permet de savoir s'il y a un risque. On peut faire une coloscopie. C'est un cancer qui, enlevé tôt, guérit de manière remarquable.

Surtout, on peut enlever des lésions qui ne sont pas encore cancéreuses. On les enlève et on supprime le risque de cancer. C'est un cadeau, en France, de pouvoir faire ce dépistage.

On peut dépister le cancer du sein, celui de la prostate, du côlon, celui de la peau s'il se surveille bien. On n'est pas au niveau. Dans les pays du Nord, 80 % de la population ou presque se dépiste. - A.-E.Lemoine: On parle de ce traitement contre le cancer de la prostate. - L.Sénéchal: C'est écrit dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France".

Un traitement par ultrasons pourrait peut-être guérir 1 malade sur 3. Le cancer de la prostate est en forte augmentation en France. 60 000 nouveaux cas chaque année. - M.Carrère d'Encausse: C'est avant tout un cancer de l'homme âgé, et la population vieillit.

C'est pas étonnant qu'il y en ait de plus en plus. C'est un traitement révolutionnaire, mais qui existe depuis un certain nombre d'années, y compris en France. - L.Sénéchal: Celui-là est utilisé et remboursé par la Sécu. - M.Carrère d'Encausse: Ce qui est nouveau, c'est que la Haute Autorité de santé a donné son accord pour le remboursement.

Ca va être pris en charge par la Sécurité sociale. C'est un traitement intéressant par ultrasons. On va chauffer par le rectum et se mettre au contact de la tumeur sur la prostate.

On va chauffer la tumeur et la faire disparaître. Il y a beaucoup moins d'effets secondaires que sur l'incontinence urinaire ou sur les troubles de l'érection, qui existent assez fréquemment après une chirurgie de la prostate. Ce ne sera pas sur tous les patients.

Ca concerne essentiellement les patients relativement âgés. On ne propose pas ça aux patients de 50 ans. Ca concerne les patients qui ont une tumeur localisée, visible à l'IRM.

Ce sont des tumeurs qui doivent être de bonne évolution, qui ne sont pas à évolution rapide. Ca concerne un certain nombre de patients. Ce n'est pas pour tout le monde. - A.-E.Lemoine: On parle aussi de ce vol à l'Institut Gustave-Roussy. - L.Sénéchal: C'est le 1er centre de recherche sur le cancer en Europe.

Il a été victime d'un vol d'une valeur de 3 millions d'euros. 2 employés de l'institut sont en détention provisoire pour ce vol. Ils sont soupçonnés d'avoir détourné une cargaison d'un traitement contre le cancer.

Chaque flacon de 4 ml vaut à peu près 2300 euros. On parle de quelque chose d'extrêmement précieux. - M.Carrère d'Encausse: C'est pas que c'est plus facile à supporter que la chimio.

Quand ce traitement est arrivé, il y a une quinzaine d'années, on s'est aperçus que des patients qui mouraient de manière systématique, rapidement, allaient mieux et guérissaient. C'est très efficace pour certaines choses. On l'utilise dans 13 cancers, notamment certains cancers du sein et certains cancers du poumon.

C'est un traitement révolutionnaire qui ne se substitue pas aux autres. Il coûte cher, environ 2000 euros l'injection. Il faut une injection toutes les 3 semaines.

C'est à peu près 100 000 patients en France. En 2024, ça a coûté 2 milliards à la Sécu. En France, c'est disponible, pris en charge.

C'est remarquable. Les vols...

On imagine bien qu'il y a un marché noir colossal dans les pays qui ne disposent pas de ce médicament. - L.Sénéchal: Les médicaments n'ont pas été retrouvés. - M.Carrère d'Encausse: Ethiquement, c'est...

Ca ne va pas priver les patients français de ce traitement. Heureusement, on en a. Mais c'est inadmissible parce qu'on va aller faire payer très cher dans des pays où ce traitement n'existe pas.

Ethiquement, c'est épouvantable. - L.Sénéchal: Il n'y a pas de problème de stock pour ce médicament en France, pour l'instant. - A.-E.Lemoine: Merci, Marina.

On peut vous écouter sur France Culture le samedi de 12h à 12h30. Et évidemment, il y a "Enquête de santé" sur France 5. On en vient à la Coupe du monde de football qui se profile malgré le contexte international chaotique. - L.Sénéchal: C'est dans 3 mois.

Canada, Etats-Unis, Mexique, l'Empire State Building s'est illuminé hier soir aux couleurs des 3 pays hôtes. Les mascottes ont été dévoilées. Cette Coupe du monde, beaucoup d'internautes parient sur le fait qu'elle n'aura pas lieu. - La Coupe du monde sera annulée.

C'est la nouvelle qui risque de tomber d'ici peu. - D.Trump, qui, au passage, a reçu le Prix de la paix par la Fifa, s'est dit que c'était une bonne idée d'aller bombarder tous les pays du monde. - Impossible qu'il y ait une Coupe du monde dans 3 mois là-bas.

Impossible. - L.Sénéchal: Ce qui inquiète les fans, c'est d'abord la situation au Mexique.

L'élimination du plus grand chef de cartel du pays a entraîné une vague de vengeances de trafiquants dans tout le Mexique. Situation tellement chaotique que des touristes nord-américains ont été filmés en train de voler dans les magasins. ... - L.Sénéchal: C'est une vidéo qui a énormément tourné au Mexique.

Les matchs de football du championnat du Mexique ont été reportés à cause des violences. Qu'en sera-t-il du Mondial? La Fifa a envoyé une délégation pour évaluer la sécurité sur place.

Des mesures de sécurité et de transport seront renforcées, promet le pays. Aux Etats-Unis, des questions se posent aussi. D.Trump a semé le chaos avec des raids de sa police de l'immigration.

Il a aussi mis en place des règles d'accès aux Etats-Unis qui rendent difficile l'accès au pays. Un pays pourrait boycotter tout simplement la compétition: l'Iran. L'Iran est censé participer au Mondial, mais a été attaqué par les Etats-Unis.

Trump a été questionné sur ce possible boycott. Sa réponse: "I don't care." En 90, il y avait eu un match de la fraternité entre les Etats-Unis et l'Iran.

Il avait été remporté par l'Iran. En 2022, il y avait eu un autre match, remporté par les Etats-Unis. Le football est à nouveau le théâtre de la géopolitique, de la diplomatie?

Il y a un risque diplomatique pour Trump dans l'organisation de ce Mondial? - F.Encel: Le foot est secondaire en géopolitique.

On peut symboliquement considérer que tel ou tel match illustre ou traduit une bonne ou une mauvaise relation entre des Etats. Vous avez bien fait de rappeler le match entre Etats-Unis et Iran. Ca s'était bien passé.

C'était une autre époque. On confond le symbole et la réalité. Le foot, comme le sport de manière générale et, de manière encore plus générale, le soft power, illustre parfois les réalités, mais à la fin des fins, c'est le hard power qui l'emporte. - A.-E.Lemoine: Merci, F.Encel, M.Carrère d'Encausse, C.Bracq...

Dans un instant, la suite de nos invités et de nos chroniques.