Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat· 19 février 2026 22 min

Charles Michel : « Je n’attends absolument plus rien de la Commission européenne »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Et bonjour Charles Michel. Bonjour. Merci d'être avec nous.

On est très heureux de vous accueillir. Vous avez été pendant 5 ans tout en haut de la hiérarchie de l'Union européenne. Vous êtes président émérite du Conseil européen.

Merci d'avoir répondu à notre invitation. On a plein de questions à vous poser sur la Russie, sur Trump et l'Europe, sur l'économie européenne, mais d'abord mais d'abord cette actualité et ces négociations entre russes, ukrainien et américains. Elles ont pris fin hier à Genève.

Ça s'est terminé encore une fois sur un constat de divergence sur la question notamment des territoires. Franchement, est-ce que vous y croyez-vous à ces négociations ? J'espère qu'il y aura un cesser le feu.

J'espère qu'il y aura un accord de paix le plus rapidement possible. Je suis très dubitatif, très très dubitatif parce que je vois bien que les positions sont extrêmement antinomiques et je comprends que le du côté ukrainien, on pourra jamais accepter de donner à Vladimir Poutine ce qu'il n'obtient pas sur le plan militaire. qu'on pourra pas demander aux Ukrainiens de de capituler.

Parfois, j'ai le sentiment que les Américains ne sont pas loin de faire cette demande auprès des des Ukrainiens. Vous dites "Ces négociations, elles vont elles mènent à rien." Je dis pas qu'elles mèent à rien, je dis qu'il faut faire des efforts.

Il faut continuer à tenter de de négocier. Mais il y a surtout un vis fondamental dans ce processus, c'est l'absence des Européens. C'est une gifle au visage des 450 millions d'Européens.

On parle de l'avenir de la sécurité sur le sol européen, de l'avenir de nos enfants, de nos petits-enfants et il n'y a pas de de parole forte autour de la table pour représenter les intérêts européens. Et moi, je ne crois pas que les Américains et les Russes bien sûr plus défendent les intérêts européens. Peut-être ceux qui défendent le plus aujourd'hui les valeurs de l'Europe, ce sont les Ukrainiens.

Mais c'est ça. Alors, je crois qu'il y a des conseillers quand même des conseillers européens qui participent en qui sont pas à la table des négociations mais qui sont présents qui étaient présents à Genève. Mais mais ils servent à quoi ?

On sert à rien dans ces c'est un échec pour pour l'Europe et c'est un échec pour les institutions européennes. Si nous voulons faire de l'Union européenne un projet politique et pas simplement un projet économique, un projet qui a qui a l'ambition de tracer de tracer un avenir, il est pas acceptable que nous soyons en dehors de la table, mais si on en est là, c'est bien parce que des erreurs ont été commises. C'est bien parce que je pense la présidente de la Commission européenne a une très lourde responsabilité.

Je pense que son choix depuis des années Exactement. Son choix de se soumettre de de façon très très très honteuse de mon point de vue aux Américains sur le plan économique, sur le plan énergétique, sur le plan politique amène aujourd'hui à ce qu'on le voit bien, on n'est pas respecté. Or dans les relations internationales, on doit effectivement respecter l'interlocuteur mais on doit aussi exiger d'être respecté.

Attendez, vous dites grosso modo, je traduis Ursula Van Derle, c'est un peu la marionnette des États-Unis aujourd'hui en Europe. Ce sont pas, vous savez, c'est pas c'est pas un vocabulaire, ce n'est pas un vocabulaire que ce n pas un vocabulaire que j'utilise, mais j'ai vous savez en ayant été de près au cœur du système de décision européen pendant plus de plus de 10 ans, j'ai bien vu ces dernières années, que ce soit sur les sujets économiques, sur les sujets commerciaux, sur les sujets sécuritaires, sur les sujets de de défense que le Conseil européen, les chefs d'État et de gouvernement, pas toujours unanime, c'est vrai, mais beaucoup d'entre eux, Emmanuel Macron, d'autres, moi-même, nous avons beaucoup poussé pour construire cette souveraineté européenne, cette autonomie stratégique et on a lancé cette ambition là intemporé suspecto avant la guerre déclenchée par la Russie contre l'Ukraine, avant le retour de Donald Trump au pouvoir et on voit bien que il y a quelques années Oursa Verle et et d'autres accueillaient avec beaucoup de beaucoup de de distance et de doute cette exigence de souveraineté et bien le temps qui a été perdu qui n'a pas été fait aujourd'hui effectivement il y a des conséquences puis vous parler de Donald Trump des États-Unis. Donald Trump, vous le connaissez bien, vous l'avez pratiqué beaucoup quand vous étiez président du Conseil européen.

Comment il faut lui parler ? Est-ce qu'Emmanuel Macron a cette à la bonne méthode ? On sait qu'il aime en général arrondir les angles avec Donald Trump parce que c'est la bonne méthode selon vue.

Mais je crois que Emmanuel Macron est sans doute un de ceux qui porte la dignité de l'Union européenne qui et qui font tout pour faire respecter l'Union européenne. Cela dit, je pense que Donald Trump voit le monde au travers du rapport de force et pour lui un accord, c'est un accord avec un gagnant et avec un perdant. Et de préférence, il préfère être le vainqueur lorsqu'il y a un accord.

Donc il y a toujours le sentiment qu'il y a une tentation dans chef de la Maison Blanche aujourd'hui d'humilier l'autre, d'humilier l'interlocuteur. Alors comment lui répond ? Mais je pense qu'on peut lui répondre que par par par le langage de la force, la force économique, la force politique.

Je un exemple, on a des instruments pour les entreprises américaines digitales. Le marché antérieur européen, il est vital, il est existentiel. Bien, dès lors que nous sommes malmenés par les Américains, nous devons mettre sur la table un certain nombre de contemes et considérer, envisager la fermeture de cet accès qui aujourd'hui est très large et très facile pour les entreprises américaines.

C'est un exemple. Un autre exemple, lorsque un commissaire européen, un ancien commissaire européen Thierry Breton est sanctionné de manière absolument injuste et délirant par les États-Unis, on devrait immédiatement prendre une contemesure et viser de la même manière en réciprocité un s de responsable américain en proportionnellement et en réciprocité à ce qui était activé par les Américains. Vous dites qu'il faut aller qu'il faut risquer pourquoi pas la rupture avec les États-Unis.

Moi, moi je je ne je ne plaide en aucun cas pour la rupture des États-Unis, mais je constate un certain nombre de choses. Les États-Unis prennent de la distance par rapport à l'Europe. Ambiguité vis-à-vis de la Russie, euh rhthorique hostile sur la souveraineté du Danemark et du Groenland. des choix en lien avec le droit international qui ne correspondent pas aux valeurs européennes, des stratégies au Prochorient qui ne correspondent pas aux intérêts de la sécurité en Europe.

Donc la liste de nos différences avec les États-Unis s'allonge de jour en jour et il y a ce que j'appelle ce retard cognitif. Des collègues, des amis européens voient quelque chose qu'ils n'aiment pas mais ils sont dans une forme de déni. Moi je pense que quand on est actif en politique, on doit un être lucide et on doit assumer les conséquences que l'on voit.

Alors le weekend dernier avait lieu la conférence de Munique he sur la sécurité organisée précisément à Munique en Allemagne. Le secrétaire d'État américain Marco Rubiot a été ovationné. Je vais vous montrer, je vais vous citer quelques phrases he qui ont été prononcées à cette occasion.

Il y a eu ce rejet du culte, du climat, de l'immigration de masse. He tout ça c'est Marco Rubio qui le dit dans sa voix. Il a invité les Européens à redresser la civilisation occidentale au côté de Donald Trump.

Ça mérite vraiment une ovation, ça non ? Euh non. Et et que faut-il de plus pour pour voir que aujourd'hui l'avenir de l'Europé en Europe ?

On doit pas tolérer que ce soit à Washington, à Pékin ou ailleurs dans le monde. Moi je n'étais pas dans la salle et moi je n'ovationne pas ce type de discours qui est en contradiction totale avec ce que nous voulons comme projet pour l'avenir de l'Europe. Nous voulons traiter la question climatique de manière rationnelle, responsable et de manière globale parce qu'il n'y a pas d'autres solutions.

Nous voulons mettre le droit international, la charte des Nations- Unies en évidence parce que c'est la seule manière de prévenir des conflits et de vivre de manière dans dans la coexistence pacifique. Nous voulons soutenir les pays en développement et pas comme les Américains l'ont fait, couper massivement toutes les aides envers les pays en développement. Et on ne fait pas ça que par générosité, que parce que l'on a un certain nombre de critères moraux.

On fait ça parce c'est notre intérêt d'avoir par exemple le continent africain qui se développe, qui investit dans des infrastructures ce qui est une manière de prévenir des flux migratoires qui créent des tensions parfois sérieuses au sein de nos pays européens par exemple. C'est c'est encore et toujours notre ami Donald Trump. Je sais pas si ça l'a jamais été selon vous mais mais aujourd'hui vous dites bah c'est peut-être un ennemi ou ça ça le devient.

Moi je d'abord d'abord je pense il faut on on doit considérer les États avant de considérer les les dirigeants. Euh et il est certain que on a assisté ces derniers mois à des actes qui ne sont pas des actes amicaux venant des États-Unis, premier élément. Et deuxème élément, bien sûr, je souhaite que les États-Unis restent euh un un pays ami voire même allié de l'Europe, mais forcé de constater que ça ressemble de plus en plus à une relation amoureuse où où l'un des deux reste très enamouré, trouve beaucoup d'excuses et de justification à l'autre.

Oui, l'autre qui pourtant donne un signaux qui ressemble à des trahisons. Je vais vous montrer cette déclaration puisque'au cœur de la relation transatlantique, il y a l'OTAN, l'OTAN et son chef Marc Routeux. Marc Routeux qui a déclaré il y a quelques semaines la chose suivante : "Si quelqu'un pense ici que l'Union européenne ou l'Europe dans son ensemble peut se défendre sans les États-Unis, qu'il continue de rêver, c'est impossible." Votre réaction ?

J'ai un désaccord profond avec cette déclaration de la part de Marc Rut. Marc Ruth, je l'ai dit, je le répète, devre devrait être le gardien de de l'unité et défendre l'ensemble des pays de l'alliance, y compris les pays européens. C'est un premier élément. de euh le temps n'a pas vocation à devenir une centrale d'achat euh pour pousser les Européens à investir et dépenser beaucoup mais acheter exclusivement du matériel américain.

Euh et 3è élément euh l'Union européenne doit se faire davantage confiance. Nous sommes une puissance économique. Nous allons investir de plus en plus dans nos capacités militaires.

C'est une bonne chose. Il faut simplement que l'on réduise la fragmentation. Il faut que les États, singulièrement la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la le Royaume-Uni en dehors de l'Union européenne, la Norvège en dehors de l'Union européenne s'associe, se mobilise autour de projets industriels afin de soutenir euh le déploiement de nos capacités de Maro.

Il était très très proche hein, futintemp d'Emmanuel Macron, il a tourné le dos, il est en train de tourner le dos aux européens. Mais je sais bien que sa position est difficile parce que il il est confronté à un système aux États-Unis qui euh qui met beaucoup de de de de pression. Euh et donc il a sans doute le sentiment il a sans doute le sentiment je moi je je il a bah vous avez vous voyez bien on on fait face à des intimidations de la part des États-Unis.

Euh on fait face à une une rhtorique qui n'est pas une rétorique chaleureuse, c'est le moins que l'on puisse dire. Et donc Marcut est au milieu de ce jeu de qui si je peux parler comme cela. Et donc il doit effectivement essayer de de tenir la relation avec les États-Unis.

Mais il peut pas faire ça au prix de mépriser les Européens. Il peut pas faire ça au prix de considérer que les Européens n'auraient pas les capacités, ce qui est en plus faux factuellement, d'investir pour développer leurs propres capacités de défense. Nous avons des fleurons technologiques, nous avons des capacités, nous avons de l'intelligence, nous avons des moyens et on comprend bien que si on veut défendre nos valeurs de démocratie, si on veut défendre notre prospérité, ben on doit garantir notre sécurité. sur le Groenland, vous en parliez he ?

Les États-Unis qui avaient annoncé fin janvier un accord sur le Groenland. Est-ce que est-ce que vous avez des nouvelles vous de cet accord ? [rires] Moi, je crois qu'il y a pas d'accord.

Je crois qu'il y a une conversation entre Mark Ruth et Donald Trump et que pour tenter de mettre un peu d'eau froide dans la relation, Marc Rut a dit on a le cadre d'un d'un accord. Je pense que un, les États-Unis n'ont pas renoncé à une ambition stratégique en lien avec le Groenland. du reste dans l'histoire des États-Unis, ça n'est pas quelque chose de nouveau.

C'est plus euh brutal et plus visible aujourd'hui, mais ça n'est pas nouveau. Premier élément. Euh et 2è élément euh je pense que la la souveraineté du Danemark n'est pas négociable et que les Danois, les Grenlandais doivent fixer euh quelle est leur manière de collaborer avec négoci.

Encore une fois, on faut risquer la rupture, voir la guerre. Vous dites carrément les États-Unis. Je veux pas jouer à c'est pas moi, c'est l'autre.

Mais de toute évidence, on voit bien qu'on fait face à une maison blanche qui multiplie des signaux qui sont pas des signaux sympathiques vis-à-vis de l'Union européenne. Des tarifs imposés contre nos entreprises, contre nos économies. Premier élément, une ambiguité, c'est le moins que l'on puisse dire, avec la Russie.

On a vu la façon dont à certains moment Zelenski a été malmené devant les caméras au cœur de la de la Maison Blanche. Des ambiguités, seulement que l'on puisse dire, en lien avec le droit international. L'Union européenne est un projet qui est qui est né sur les cendres tragiques de la deuxième guerre mondiale avec cette idée que en coopérant ensemble, en se respectant mutuellement, on peut faire des partenariats gagnants gagnants.

Et ça a bien fonctionné. Nous sommes devenus une des régions dans le monde avec le plus de liberté, le plus de démocratie, le plus de progrès économique, le plus de cohésion sociale. Mais au moment où on se parle, il y a des nouveaux défis. et en particler le défi de la souveraineté européenne, renforcer notre économie davantage.

On a quelques faiblesses pour le moment. Euh et deuxème élément devenir un acteur de sécurité de Michel, je vous sens très inquiet ce matin. Est-ce que vous dites bah l'Union européenne, elle est peut-être en état de mort cérébrale aujourd'hui ?

Non, je je ne dis pas cela et je vais vous dire, je suis pas inquiet, j'essaie d'être très lucide. Je pense que les mois et peut-être les quelques années qui viennent vont être difficiles, peut-être même chaotiques. Je vois bien aussi les situations politiques dans plusieurs États membres sont compliqués mais je pense euh et je suis même très convaincu que l'intégration européenne est un chemin irréversible et même ceux qui n'aiment pas trop le projet européen quand ils sautent en responsabilité, ils voi bien que les pays européennes divisées sont des oiseaux pour le chat.

Par contre, quand on est quand on est ensemble, ben on est plus fort. Transition. Vous me faites la transition puisque je voulais vous parler de la crise franco allemande vue de France, on a on a l'impression que l'Allemagne est en train de de d'opérer un basc une bascule dans ses dans ses priorités sur l'énergie, sur la défense, sur l'économie et sur sur l'armement et aussi de sa manière de de voilà de faire fonctionner son économie qui fonctionnait beaucoup sur sur les exportations auparavant.

Quelles sont les inquiétudes aujourd'hui en Allemagne et quelles sont les nouvelles priorités allemandes ? Je crois que ce qui se passe en Allemagne offre des opportunités pour l'Union européenne. Le fait que il y ait davantage de réalisme sur le plan allemand en lien avec les investissement par exemple, c'est un point clé.

Euh le fait que l'Allemagne euh considère maintenant une implication en ter de défense et de sécurité, c'est un point clé et ça ça peut-être positif pour l'avenir à condition que ce ne soit pas une occasion de fragmenter davantage l'Europe, mais à condition ce soit l'occasion de rapprocher des stratégies euh coordonnées. Et je pense effectivement que ce continent européen a été marqué par la relation entre la France et l'Allemagne, ben son avenir sera aussi marqué et écrit en partie par la France et l'Allemagne. plus Emmanuel Macron et le chancel maire sont en situation les prochains mois de s'accorder sur quelqu stratégem nous dit lundi l'Allemagne dit bon bah la France les Français vous vous en faites pas assez en matière de de réarmement c'est ce que nous disent d'abord je pense il faut il faut distinguer l'écume et les lames de fond et la lame de fond je très convaincu que sur le plan intellectuel sur le plan idéologique sur le plan de la vision européenne il y a beaucoup plus qui rapproche la France et l'Allemagne plutôt que ce qui la différence aussi.

Bon, je vais parler d'un autre sujet de Discord. Il y a ce fameux avion de combat du futur he vous savez c'est un projet qui a été lancé à l'époque par Angela Merkel et Emmanuel Macron. Et le projet a aussi un peu de plomb dans l'aile.

Le chancelier allemand qui a déclaré encore une fois cette semaine que son pays pourrait tout simplement se retirer pour cause d'intérêt ou de besoins divergents. Là encore, on est voilà, ça chope sur quelque chose de très complex. Ça c'est un bel exemple et là je pense que c'est un c'est vraiment un sujet oùù j'espère très sincèrement que le nœud va être démêlé entre la France et l'Allemagne dans les prochains ou les prochains mois.

Il y a probablement des des tensions industrielles. Il y a des tensions dans les opérateurs privés allemands et français qui peuvent être légitimes. Chacun peut avoir un un point de vue à à défendre.

Mais c'est dans ces moments-là que l'arbitrage politique va être indispensable à mon avis parce que débloquer euh l'avion européen du futur, débloquer aussi des investissements et des choix stratégiques en matière de drone ou en matière de boucliers antiaérien, c'est la clé pour construire la défense européenne. Donc vous dites aux Allemands, il faut y aller aux Allemands et aux Français. Je pense que chacun chacun doit maintenant faire l'effort de faire un pas l'un vers l'autre pour résoudre ces contradictions technologiques ou ces contradictions d'intérêts nationaux.

Et je pense qu'il y a un intérêt supérieur et à défaut de s'accorder ben je pense encore une fois que l'Europe se se se se sortirait affaibli. On n' pas le choix, on doit s'accorder sur ces su Vous parliez tout à l'heure du sur la VERleennen. Quel peut être son rôle là-dedans pour rapprocher un peu les positions et puis de manière générale parce que j'ai encore en tête vos mots au début de cette interview sur la Van Derleen.

Est-ce qu'elle peut est-ce qu'elle doit rester en poste jusqu'à la fin ? Moi je n'attends absolument plus rien de la prendre de la commission. D'ailleurs en matière de défense, ce sont les Étatsmembres, ils sont en responsabilité.

C'est une compétence directe des Étatsmendres et je suis très très pragmatique et forte de l'expérience au Conseil européen pendant 10 années. Je sais que ce qui sera le le je dirais le le vrai changement, c'est le moment où plusieurs leaders européens en qui j'ai une grande confiance, Emmanuel Macron, monsieur Mers, Georget Méleny, Pedro Sanchez, je lis Kirstammer en dehors de l'Union européenne et d'autres feront un un choix politique majeur en matière de défense et de soutien à l'industrie continentale européenne en matière de défense. Ce sera le tournant et ce sera le moment majeur qui devra intervenir.

Alors ça prend un peu trop de temps. Je préférerais que ça aille plus vite, que ce soit plus rapide, mais je pense que on n pas le choix et on devra activer cette défense européenne en intégrant des par depuis tellement Charles Michel. C'est c'est vrai mais le mais c'est c'est vrai euh mais on peut pas dire qu'il n'y a pas eu du progrès.

Il y a des progrès qui ont été réalisés en lien avec la guerre contre l'Ukraine dans le domaine des munitions. Par exemple, si je regarde les pays nordiques, ben l'Allemagne qui était en dehors de l'Union européenne en terme de défense est revenue dans le jeu européen en terme de défense. Donc il y a des mouvements intéressants qui sont en train de s'opérer.

Tous les pe européens investissent davantage en terme de défense et son que ce soit coordonné et et fait en européen. un mot d'économie et de compétitivité européenne. La Commission européenne qui va dévoiler la semaine prochaine ces mesures pour défendre le made in Europe.

C'est un projet porté à l'origine he par la France qui prévoit en bon français une préférence européenne comme on dit l'obligation pour les entreprises qui reçoivent des fonds publics de produire sur le sol européen. Est-ce que vous soutenez cette initiative ? Mais sur la philosophie, je la soutiens bien entendu, mais je veux quand même être précis et nuancé.

Moi, je crois pas du tout à l'on puisse tout produire en Europe et ce n'est de même pas souhaitable à mon avis. Par contre, je pense qu'il faut être malin. Il faut être malin, ça veut dire qu'il faut identifier des secteurs stratégiques qui nous rendent influents et qui nous rendent beaucoup moins dépendants.

Il faut diversifier nos chaînes d'approvisionnement. Quelle est la faiblesse sur le de l'Europe ? C'est assez simple.

On a été trop dépendant d'une énergie bon marché qui venait de Russie pendant de très nombreuses années. Trop dépendant de produits bon marché fabriqués en Chine et trop dépendant d'une sécurité assurée par les Américains. Il faut pas qu'il y a un tournant protectionniste.

Sûrement sûrement pas protectionniste. D'ailleurs, c'est je reviens d'Inde, j'ai rencontré il y a quelques jours le premier ministre Maudit et j'ai rencontré de nombreux hommes d'affaires indiens. Nous venons de conclure un accord commercial puissant, important avec l'Inde, qui est un un gisement d'opportunités pour nos entreprises.

Il y a là en Inde un marché qui est gigantesque, une démographie qui est importante, une croissance qui est élevée. C'est la capacité pour nos PME, pour nos entreprises de conquérir de nouveaux marchés et d'aller chercher de la de la richesse là où elle se trouvera demain. Il nous reste très peu de temps Charles Michel, mais j'aimerais qu'on évoque quand même l'Iran. 300 morts en 48 he c'est le bilan, en tout cas provisoire de la répression qui a été enclenchée par le régime iranien sur sa propre population.

C'était début janvier et les chiffres viennent de de plusieurs ONG. Est-ce qu'on a été à minima trop allez attentiste sur cette question européen ? En tout cas, en tout cas, on ne peut pas se taire.

C'est une oppression qui est absolument ignoble. Et moi je je pense à ce peuple iranien qui depuis des décennies s'est battu contre deux dictatures. D'abord la dictature du chat, je veux le rappeler, et puis la dictature des Molas aujourd'hui.

Et donc nous devons être du côté de tous ceux euh qui défendent la liberté en Iran, qui défendent le plus vite possible des des élections euh libres, transparente au moment où ce régime euh tombera parce que ce régime finira paromber. Mais vous dites, on peut pas se ter mais on s'est on s'est un peu tu ou pas ? Quelle est votre analys ?

J'étais j'étais il y a quelques jours dans une manifestation à Berlin au côté des Iraniens qui se mobilisent pour la liberté, la démocratie. Et une chose, il faut pas que une fois encore le peuple iranien se fasse veler son futur. Je vois que le fils du chat s'autoproclame en dehors de tout principe en dehors de tout principe démocratique s'autoproclame alors que l'on sait à quel point la dictature du chat a amené beaucoup de souffrance et de malheur pour le peuple iranien.

Alors Charles Michel, j'aimerais avoir aussi votre regard sur ce qui se passe en France. Ce qui fait l'actualité, c'est la mort d'un jeune militant identitaire de de 23 ans après un passage à tabac. Georgia Meloni s'est dit choqué par ces événements et déplore un climat de haine idéologique en Europe.

Et vous ? Je crois qu'on va faire attention parce qu'effectivement on voit bien ces dernières années que il y a une une polarisation extrémiste du débat démocratique y compris sur le sol européen et qui amène à à des actes de violence absolument intolérables. Et je pense pendant des décennies après ce drame de la deuxième guerre mondiale, on a réussi à à créer un espace pacifique, un espace de respect mutuel où on peut diverger.

On peut être de gauche, de droite, on peut avoir des opinions différentes croyants, non croyant, peu importe, mais on on on partage un socle de valeur qui nous permett de débattre ensemble, de vivre ensemble, de décider ensemble. On voit bien, on voit bien que ce qui se passe et et d'ailleurs de nouveau principe allemand au dehors de au départ de la manière de faire de la politique aux États-Unis irradie de plus en plus sur le plan européen et on voit bien qu'il y a de plus en plus de leaders politiques d'extrême gauche ou d'extrême droite, peu importe d'ailleurs, qui s'inspire du d'une méthode de l'agression verbale permanente, de l'outrance permanente, de la caricature permanente, du mensonge permanent et ça crée des tensions et ça et et ça et ça dramatise un certain nombre d'émotions. Ça amène ça amène à être à fleur de peau avec les ris de dérapage.

Et dans un moment tel que celui-là, moi je je pense que le p Macron a parfaitement raison d'appeler au calme, d'appeler au sang froid et de remettre, si tu peux parler comme ça de nouveau, l'église au milieu du village, de faire en sorte que on retrouve un peu de un peu de rationalité. Ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup Charles Michel.

Merci d'avoir répondu à notre invitation président émite du Conseil européen.

Charles Michel : « Je n’attends absolument plus rien de la Commission européenne » — Emmanuel Macron · Pourquijevote