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interviewFrançois Ruffin· 1 août 2025 8 min

François Ruffin au JT d'Antenne Réunion

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Et la lutte contre la vie chère, on en parle aussi avec vous. François Ruffin. Bonsoir.

Bonsoir. Vous êtes député debout de la Somme en visite chez nous. Alors, une réaction d'abord sur ce projet de loi qui est destiné à aux outresemes.

L'écart, on le sait, l'écart des prix s'est creusé avec l'hexagone au fil des années. Comment vous vous accueillez ce nouveau cet projet de loi de la part du gouvernement ? Que la volonté de d'avoir de la transparence sur les prix, c'est une bonne chose.

Maintenant, quelle est la cause de tout ça ? En 1986, il y a un choix qui est fait par le gouvernement de l'époque qui est de renoncer à la fixation des prix. Jusqu'alors pendant céit un décret du général de Gaul prix à la libération entre 1945 et 1986, il y avait une fixation des prix.

On observait quelles étaient les marges qui étaient prises par les producteurs par c'est ce vers quoi il faudrait revenir fixer les prix chez les grands chez les grand il y a soit on espère qu'il va y avoir de la concurrence mais sur des territoires comme la Réunion c'est pas évident dans tous les secteurs et que c'est la concurrence qui va venir réguler tout ça. Si c'est pas la concurrence qui régule tout ça parce qu'on est dans une situation de quasi monopole sur un certain nombre de choses et ben ça doit être fixé fixé par l'État en en prenant soin que chacun puisse gagner sa vie mais plus loin que ce BQP qui existe déjà actuellement. C'est un bon début mais pour moi le point d'arrivée c'est la fixation des prix sur un certain nombre de secteurs.

Simplement faut vous regarder est-ce que la loi de 1986 a été positif ? Elle a été négative. Pourquoi ?

Parce qu'on a rendu tout le monde libre. Mais on sait très bien que quand on rend le renard libre dans le poulailler, on sait ce qui arrive à l'arriver. Bon bah, je veux pas dire que le renard c'est le groupe Bernard Aillot, mais enfin, il suffit pas de lui demander d'être volontaire pour s'inscrire dans une démarche de dialogue.

Non, à un moment, il faut queil y ait une contrainte qui soit fixée sur un certain nombre de prix qui permettent que il y ait pas 40 % de différence entre l'hexagone et la Réunion. Outre la vie chère, il y a beaucoup d'autres problématiques qui concernent notre territoire. Vous avez pu, on imagine, les envisager au fil de votre visite.

Vous êtes venu en visite donc chez nous. Est-ce que vous êtes aussi en campagne ? Je je le dis là, je suis dans une visite où je dois être l'oreille.

Alors ici, on dit les oreilles hein, mais je viens pour prêter mon oreille. Prêter mon oreille aux gens, les écouter, les écouter qui est mon métier initial puisque initialement moi, je suis reporter, je suis journaliste comme vous et on peut pas ensuite être la voix à Paris en Picardie chez moi si on n' pas commencé par écouter les gens. Donc je viens ici pour écouter les gens. sur le logement par exemple, on en a pas discuté mais le pouvoir d'achat c'est essentiellement la question du logement.

Les gens m'ont beaucoup parlé du prix du logement ou bien le sentiment d'être dépossédé de plus pouvoir habiter un certain nombre d'endroits tellement les prix ont augmenté. Donc voilà, il y a des des mesures à apporter là-dessus et je reviendrai, je compte bien revenir pour être cette fois la voix et être là en campagne. Mais aujourd'hui, je suis et porter cette parole aussi à l'assemblée mais bien sûr et accompagner vous savez c'est ce que j'ai déjà fait sur un certain nombre de thématiques qui concernent l'outre mer, le chlore des cognes et ainsi de suite, mais c'est toujours différent quand on a en face de soi des voix, des vies, des visages et que ensuite on mène un combat.

Alors, j'ai entendu là sur les airbag par exemple Takata, bah le fait d'avoir des victimes en face de soi et de comprendre quelle est la spécificité à la réunion parce que bah voilà, le gaz se déclenche beaucoup plus vite quand on est dans des pays chauds. Le fait de d'accompagner les enfants de la Creuse hier qui sont en vérité plutôt les enfants de la Réunion, j'ai écouté des reportages à la radio, vu des reportages à la télévision, mais quand on a des gens devant soi, c'est toujours différent. Vous êtes donc venu écouter, vous êtes aussi venu échanger.

On vous a vu avec une partie de la gauche, on vous a vu en photo notamment avec Erica Barège, la mère de Saint-Denis. J'ai rencontrer Karine Lebon avec qui on a vu les enfants de la Creuse. J'ai euh sur les conseils de Frédéric Maillot rencontré le collectif des profs déchirés.

Euh j'ai pu la rencr j'ai j'ai je suis euh rencontré Hugette Bellot du temps où elle était à l'Assemblée nationale. J'ai vu aussi euh Emeline Cabidi sur les violences faites aux enfants. Enfin et c'est le cas à la Réunion mais c'est cas partout dans le pays.

Se dire que trois enfants par classe sont victimes d'inceste d'abus sexuel, c'est normalement quelque chose qui devrait nous révolter. Euh or, il semble que ça soit accepté à la fois par l'éducation nationale, par la justice qui ne mène pas un grand plan pour se demander comment on on on combat ce mal qui fait que il va y avoir des enfants traumatisés pour la le reste de leur existence. La gauche qui est aussi divisée chez nous comme au national, vous avez sans doute pu le remarquer.

Est-ce que vous estimez pouvoir être l'homme du rassemblement, l'homme de la Réunion de la Réion ? J'espère en tout cas, je tout fait dès 2017 dans ma circonscription pour ma première candidature donc dans la Somme et où je savais que il y avait aucune chance de gagner face à un rassemblement national qui était très puissant sans rassembler au maximum la gauche. J'avais eu les écologistes, les communistes et les insoumis.

Et en 2022 euh il y a les sont ajoutés euh les socialistes. Et je sais que moi étant d'une Picardie où on a maintenant 13 députés sur 17 qui sont du Rassemblement national que si on veut vaincre une force qui est une force de division qui est une force de pe On a pres un chez nous récemment et vous en avez un je vous dis j'en ai 13/ 17 et dans une terre qui était une terre de gauche évidemment quand dans une terre d'esclavage vous avez vous un député rassemblement national il faut se demander dans la totalité du pays comment on fait et ben il faut se rassembler plutôt que de chercher les motifs de querelle permanent une primaire à gauche, c'est ce pourquoi vous plaidez. Mais si on veut pas partir avec cinq candidats au départ, je pense que avoir un un mécanisme de départage et le meilleur mécanisme de départage, ça reste quand même l'élection.

Donc que les gens puissent choisir qui va apporter leur voix, qui va être leur candidat, qui va aller se bagarrer pour leur pouvoir d'achat, pour leur logement, pour l'éducation de leurs enfants. Ce qui peut nous rassembler pour moi, c'est un travaillisme climatique. Voilà, on doit pouvoir avoir et je pense que la Réunion peut être un bon laboratoire pour ça, se demander comment on met ensemble, on travaille ensemble pour faire face à des changements climatiques qui ici frappent avec des cataclysmes ou avec le réchauffement.

Qu'est-ce qu'on change en terme de de transport ? Est-ce que on garde le tout automobile ? Est-ce qu'on passe à plus de tram, plus de train par exemple ?

Qu'est-ce qu'on change en matière d'énergie quand ça repose sur le pétrole ou sur le gaz ? Est-ce que la géothermie par exemple à la Réunion peut être intéressante ? Comment on fait pour avoir une économie circulaire ?

Et ce matin, j'étais dans un atelier qui recycle les matériaux et euh je dois dire aussi que je pense que euh l'hexagone doit s'inspirer de ce qui se fait à la Réunion. Quand j'entends une architecte, parce que vous avez ici de l'architecture tropicale qui explique euh comment euh ils font pour avoir de la ventilation naturelle plutôt que d'avoir des climatiseurs, comment on oriente les bâtiments. Je pense que il y a beaucoup de choses que vous faites ici dont on peut s'inspirer à Paris ou dans ma dernière question très rapidement parce qu'on arrive à la fin de cet entretien, une question sur l'actualité à l'étranger.

Emmanuel Macron envisage de reconnaître l'état de Palestine aujourd'hui. Que pensez-vous de cette décision ? Enfin, et je pense que c'est une très bonne chose et j'ai pas envie de chipoter en disant que c'est trop tard, tant mieux.

La France, membre du Conseil de sécurité des Nations- Unies, doit reconnaître l'état de Palestine. C'est une chose, c'est pour demain. C'est pour que le peuple palestinien ait un avenir, mais il faut qu'il ait aussi un présent.

On sait que aujourd'hui c'est la famine. Nos confrères de l'AFP disent que c'est la première fois qu'ils ont des reporters à eux qui sont en train de mourir de faim là-bas. Et euh donc il faut que la France prenne des sanctions.

Ce qu'on a fait à l'égard de l'Afrique du Sud euh du temps de la parteille en disant on met en place en un embargo, je pense qu'on doit faire la même chose à l'égard de l'État d'Israël aujourd'hui et mettre un embargo tant qu'il n'aura pas cessé cet écrasement, ce génocide, ce massacre à l'endroit des Palestiniens. Merci beaucoup François Ruffin pour ces différentes réponses. On le rappelle donc vous êtes député debout de la Somme en visite chez nous.

Merci à vous pour ses réponses sur ce plateau.