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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 5 mai 2022 21 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleEurope & internationalAgriculture & alimentation

Législatives : pourquoi Macron a raison d'avoir peur

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:13OuverteRéponse directe

    À cette heure, où en sont les négociations pour une union populaire ?

  • 2:13OuverteRéponse directe

    Un premier accord entre Europe Écologie Les Verts et la France Insoumise pour les législatives. Est-ce que c'est une bonne nouvelle ?

  • 2:44OuverteRéponse directe

    Alors, à cette heure, où en sont les négociations entre les partis de gauche ?

  • 3:28OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a une véritable chance que la gauche soit majoritaire à l'Assemblée ?

  • 6:05OuverteRéponse directe

    Entre janvier et mars 2022, le produit intérieur brut du pays est resté stable. C'est ce que révèlent les données de l'INSEE. Alors, une croissance zéro qui déçoit les économistes. Thomas, peux-tu nous faire un point sur la situation économique en France ?

  • 7:30RelanceRéponse directe

    Alors Thomas, peux-tu comprendre, toi, les critiques que l'on fait quand on constate le changement de position de certains partis en moins d'une semaine, par exemple ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:13InvitéFait
    « Il va y avoir des grosses pénuries, des très grosses pénuries. »
  • 0:15InvitéFait
    « Vous avez eu la crise de la zone euro avec la Grèce, l'austérité, ça va être plus dur. »
  • 0:20InvitéFait
    « Vous avez eu la crise sanitaire, ça va être plus dur. »
  • 0:22InvitéFait
    « Vous avez l'Ukraine, ça va être plus dur. »
  • 1:23InvitéFait
    « Un accord historique a été conclu entre la France Insoumise et Europe Écologie Les Verts sous le label commun de Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale. »
  • 2:15InvitéFait
    « Un premier accord entre Europe Écologie Les Verts et la France Insoumise pour les législatives. »
  • 2:24InvitéPromesse
    « J'espère qu'aujourd'hui, nous arriverons, nous aussi, à parvenir à conclure cet accord dans la journée, dans la soirée, dans la nuit s'il le faut, jusqu'au bout. »
  • 3:32InvitéFait
    « Alors là, se pose quand même la question de la campagne qui va être menée après. »
  • 3:45InvitéFait
    « Le pari qu'a fait Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, c'était de faire voter des gens, de ramener aux urnes des gens qui ne votaient plus, notamment dans les banlieues. »
  • 4:30InvitéFait
    « Là, le fait de redéfinir ça comme un troisième tour, comme une cohabitation, comme Mélenchon Premier ministre, c'est extrêmement astucieux. »
  • 5:17InvitéFait
    « Mais il ne faut pas négliger la part, en fait, du local. »
  • 9:10InvitéFait
    « La France insoumise a montré qu'elle était beaucoup plus forte. Ils se sont soumis au programme de la France insoumise. »
  • 10:26InvitéChiffre
    « Quand on regarde la situation, tu l'as rappelé, taux de croissance à 0%, ce qui est extrêmement mauvais. »
  • 10:29InvitéChiffre
    « Il faut qu'on ait un taux de croissance supérieur à 1,5% pour pouvoir absorber les gens qui arrivent sur le marché de l'emploi. »
  • 14:56InvitéChiffre
    « On se prive de plus de 20 milliards de rentrées fiscales de manière pérenne, ciblées sur un petit nombre d'individus dans la société. »
  • 18:12InvitéFait
    « L'Ukraine et la Russie sont des gros producteurs de blé. »
  • 18:48InvitéChiffre
    « Là, on estime qu'il y a 45 pays africains et pays les moins avancés qui sont à risque, aujourd'hui. »

Temps de parole

  • Invité79 %
  • Présentateur18 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

C'est le jeu de la politique. Ils se sont soumis au programme de la France Insoumise. Ces gens qui militent, ils savent, on sait tous ce qu'a fait le PS. Quand on a été un vrai militant ou un sympathisant, un vrai, pas quelqu'un qui vote comme ça en fonction d'un post Instagram. Ils savent ce qu'ont fait le PS. Il va y avoir des grosses pénuries, des très grosses pénuries. Vous avez eu la crise de la zone euro avec la Grèce, l'austérité, ça va être plus dur. Vous avez eu la crise sanitaire, ça va être plus dur. Vous avez l'Ukraine, ça va être plus dur. On leur dit constamment ça. Serrez-vous la ceinture, ça va être plus dur. Vous devez supporter, ça fait des années qu'on leur dit ça.

C'est pas possible. Non, non, c'est faux. Il n'y a pas qu'un seul avenir, il n'y a pas que cet avenir-là.

0:33
Présentateur

Une semaine après l'élection présidentielle, six semaines avant les législatives, le défilé du 1er mai s'est déroulé dans un contexte d'entre trois tours qui a donné une allure particulièrement politique à cette journée internationale des travailleurs. Dans les rues de Paris, ce sont plusieurs milliers de manifestants et manifestantes qui ont défilé pour montrer leur opposition à Emmanuel Macron, pour exiger plus de justice sociale, mais aussi pour dire aux partis de la gauche de s'unir.

Dans la journée, nous avons pu apercevoir quelques dirigeants de gauche se saluer au milieu du cortège, mais ce qui était véritablement attendu, c'était les discussions entre la France Insoumise et Europe Ecologie Les Verts qui ont eu lieu le soir même et qui se sont terminées tardivement dans la nuit entre dimanche et lundi. À cette heure, où en sont les négociations pour une union populaire ? On fera le point avec notre analyste Thomas Porchet et puis la déception de certains économistes face à la croissance zéro de la France. L'INSEE a publié les chiffres de la croissance économique du pays vendredi dernier. On décrypte tout ça avec Thomas, c'est l'instant Porchet.

Nous sommes à quelques millimètres de nous entendre tous. Ce sont les mots prononcés par Jean-Luc Mélenchon ce dimanche, au départ du défilé du 1er mai à Paris. À cinq semaines des législatives, le leader des Insoumis s'est voulu optimiste. Il faut dire que le soir même, des discussions avaient encore lieu entre les différents partis de gauche. Elles ont terminé tard, dans la nuit du 1er au 2 mai. Et on a appris ce matin qu'un accord historique a été conclu entre la France Insoumise et Europe Écologie Les Verts sous le label commun de Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale. Une rencontre doit avoir lieu aujourd'hui entre LFI et le Parti Communiste Français.

Fabien Roussel s'est exprimé ce matin sur France Info. On l'écoute.

2:13
Invité

L'accord est donc tombé au milieu de la nuit. Un premier accord entre Europe Écologie Les Verts et la France Insoumise pour les législatives. Est-ce que c'est une bonne nouvelle ? Est-ce que vous vous en félicitez ? Bien sûr que c'est une bonne nouvelle. J'espère qu'aujourd'hui, nous arriverons, nous aussi, à parvenir à conclure cet accord dans la journée, dans la soirée, dans la nuit s'il le faut, jusqu'au bout. Il n'y a pas de plan B, il n'y a qu'un plan A. C'est celle de nous rassembler et de parvenir à construire cette grande coalition de la gauche pour enfin prendre notre revanche sur ces élections présidentielles.

2:43
Présentateur

Bonjour Thomas. Bonjour. Alors, à cette heure, où en sont les négociations entre les partis de gauche ?

2:48
Invité

Comme tu l'as très bien dit, Europe Écologie Les Verts et la France Insoumise ont réussi à s'entendre. Le PS, on a vu hier les poignées de main entre Olivier Faure et Jean-Luc Mélenchon. A priori, ça devrait se faire aussi. Et Fabien Roussel l'a dit ce matin qu'il était pour l'Alliance. Et puis la greffe entre le PC et la France Insoumise, qui sont des partis quand même frères, qui ont fait campagne ensemble depuis la création du Front de Gauche, jusqu'à cette élection où ils ont décidé de se séparer, mais qui se connaissent très bien, devraient se faire aussi assez facilement.

Donc là, Mélenchon, finalement, et la France Insoumise ont réussi leur pari d'allier tous les partis derrière des éléments programmatiques. Enfin, la France Insoumise a réussi son pari, il faut le dire.

3:28
Présentateur

Est-ce qu'il y a une véritable chance que la gauche soit majoritaire à l'Assemblée ?

3:32
Invité

Alors là, se pose quand même la question de la campagne qui va être menée après. Une élection législative, c'est quoi ? C'est 50% du national, quand on dit du national, c'est-à-dire des accords de partis, c'est ce qu'ils sont en train de faire, et 50%, c'est du local. Le local, c'est faire campagne. Le pari qu'a fait Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, c'était de faire voter des gens, de ramener aux urnes des gens qui ne votaient plus, notamment dans les banlieues. Il a réussi son coup. Là, pour qu'il puisse avoir la majorité à l'Assemblée nationale, il faut qu'il fasse la même chose. Donc il va falloir faire campagne.

Il va falloir que les gens considèrent cette élection comme une élection importante. Et il a bien commencé, puisqu'il a tourné cette élection qui est normalement une élection, je veux dire, qui est un passage de douane après une présidentielle. On l'a vu la dernière fois. Moi, je me souviens, en 2017, la victoire d'En Marche, là où j'habite, il n'y a eu aucune campagne. Le député En Marche, le candidat député a juste mis une affiche, je lui ai dit, le seul candidat En Marche. Ça a suffi pour qu'il gagne. Donc il n'y avait vraiment pas d'enthousiasme autour de cette présidentielle.

Là, le fait de redéfinir ça comme un troisième tour, comme une cohabitation, comme Mélenchon Premier ministre, c'est extrêmement astucieux, parce que finalement, la campagne présidentielle n'a pas été très excitante. Macron n'a pas vraiment fait campagne. Il a fait campagne après le premier tour. Il a utilisé la guerre en Ukraine, la crise sanitaire, pour justement ne pas faire campagne et montrer, en fait, que lui, c'était le garant d'une stabilité et que sans lui, ça allait être le déluge et la crise. Il y avait un tête-à-tête du RN et de En Marche qui était prévu. On nous parle tout le temps de ça depuis le début du quinquennat. Et là, c'est ce qui a eu lieu.

Donc là, vraiment, cette élection présidentielle n'a pas été une vraie élection comme les autres années où les campagnes duraient six mois, etc. Ça a été très rapide. Ça a été une campagne éclair. Donc reprendre les législatives pour dire, voilà, là, c'est aussi, ça fait partie de la campagne présidentielle qu'on vous a plus ou moins volée ou qui a été faite rapidement comme ça en catimini et on va continuer sur les législatives, c'est astucieux. Mais il ne faut pas négliger la part, en fait, du local. Là, il y a les accords de partis. Il y a les circonscriptions qu'on offre à certains partis, les postes qu'on garantit à certains partis. Et puis après, il y a la campagne locale.

Et là, la campagne locale, il va falloir la mener. Parce que ce n'est pas parce que vous êtes juste une tête de liste que vous allez faire voter des gens qui n'ont pas l'habitude de voter. Et c'est là que ça va être, à mon avis, il faut que ça parte rapidement déjà, parce que la campagne, les élections, c'est bientôt. Et puis il faut que ce soit mené très sérieusement. Parce que là, vous devez aller convaincre les populations locales. Les tensions qu'il peut y avoir entre militants, parfois, des militants qui sont opposés, peuvent être compliquées à ce moment-là. Parce qu'il y a des militants, des sympathisants qui ont une certaine idée et qui vont devoir faire campagne pour des gens du PS.

Et donc là, il va falloir que chacun trouve sa place et que ça se passe bien. Parce que si c'est une campagne qui est minée par des boules puantes, ça se passera mal.

6:05
Présentateur

Alors ce dimanche, Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, était l'invité de l'émission « Questions politiques » sur France Inter. Durant l'émission, les journalistes ont plusieurs fois souligné ces changements de position sur diverses idées, comme par exemple celui du recul de l'âge légal du départ à la retraite. Et au cours de l'interview, on lui a même demandé où est-ce qu'il se situait politiquement. Alors Thomas, peux-tu comprendre, toi, les critiques que l'on fait quand on constate le changement de position de certains partis en moins d'une semaine, par exemple ?

6:34
Invité

Oui, oui, c'est bien sûr. Pour toute personne qui n'a pas la question du poste. Parce que là, en fait, ce qui se passe dans les négociations de partis, c'est la distribution des postes. Mais ça fait partie du jeu politique. Encore une fois, c'est pour ça qu'il faut vraiment que les gens aient ça en tête, même s'ils ne sont pas d'accord. Moi, je trouve ça assez horrible. Parce que là, on est chez un DRH, là. Un DRH qui distribue des postes en fonction des accords. Enfin, les 100 circonscriptions qui ont été données à Europe Écologie Les Verts, elles ont été données parce qu'il y avait une chance qu'ils gagnent aussi. On ne donne jamais des circonscriptions perdantes.

Donc, il y a un jeu vraiment de qui va avoir le poste et qui peut gagner de négociations pour des postes. Alors, on fait comme s'il y avait des idées. Bien sûr, la France Insoumise, c'est ses idées qu'elle a défendues depuis le début. Elle a demandé, comme base de négociations, que ses idées soient respectées. Et des partis qui n'avaient pas les mêmes idées ont accepté. Et là, la motivation de ces partis-là, souvent, c'est une motivation aussi de poste. Donc, je comprends, moi, que ça hérisse un petit peu les militants. Et les journalistes ont raison de montrer que le socle idéologique du PES, c'est un socle quand même qui est assez fluctuant. C'est assez fluctuant.

Parce que là, quand on a fait le CICE, quand on a fait les baisses des dotations, quand on a été cinq ans au pouvoir et qu'on n'a jamais parlé d'augmentation du SMIC, puis que d'un seul coup, c'était même l'inverse, parce que le CICE, ça devait nous redonner de la compétitivité. Puis que d'un seul coup, on dirait, il faut augmenter les salaires. C'est un petit peu difficile à croire. Mais quand bien même, c'est le jeu de la politique. Voilà, c'est le jeu de la politique qui est parfois ignoble, horrible. Parce que moi, je vois ce matin, depuis ce matin, sur les réseaux sociaux, il y a un certain nombre de militants qui ont fait probablement toute la campagne.

Et peut-être parfois, pour certains, c'est leur troisième campagne. C'est-à-dire qu'ils ont fait 2012, 2017, 2022 pour la France insoumise. Enfin, à l'époque, ça avait un autre nom, mais pour soutenir en tous les cas Mélenchon et qu'il a se présenté dans leur circonscription, où ils ont un ancrage local, c'est-à-dire un vrai. Mais ils vont devoir céder leur place à cause de l'accord à quelqu'un d'Europe Écologie-Les Verts. Ce qui est très difficile, mais ce qui va être encore plus difficile quand vous devez céder votre place à quelqu'un du Parti Socialiste. Parce que tous ces gens-là, ils se sont dit à un moment, le plus jamais PS. On s'en souvient ça. Beaucoup de gens l'ont dit.

Et là, ils vont devoir faire campagne pour des gens du PS. Donc ça doit être extrêmement difficile. Ça doit être une blessure, moi je pense, profonde. Une blessure, déjà sur le fond, parce qu'on sait ce qu'a fait le PS. Et ces gens qui militent, ils savent. On sait tous ce qu'a fait le PS. Quand on a été un vrai militant ou un sympathisant, un vrai, pas quelqu'un qui vote comme ça en fonction d'un post Instagram. Moi, je parle vraiment des gens qui sont des vrais militants. Ils savent ce qu'a fait le PS. Donc un accord avec le PS signifie quand même de renier un certain nombre de ses valeurs et de ses idées. Mais c'est le jeu politique. C'est le jeu politique.

Ce qu'il faut noter aujourd'hui, c'est que ces partis-là ne parlent pas à égalité avec la France insoumise. La France insoumise a montré qu'elle était beaucoup plus forte. Ils se sont soumis au programme de la France insoumise. Ce qui change complètement le rapport de force. Et donc les gens vont devoir faire en sorte qu'il y ait cette majorité la plus large à l'Assemblée. Mais il va falloir vraiment faire attention, moi je pense, à tous les problèmes locaux. Et il va falloir qu'un certain nombre de sympathisants et de militants, ce qui est extrêmement difficile. Moi, je ne sais pas si j'arriverai à le faire sincèrement.

Passent toutes les différences, mettent toutes les différences qu'il peut y avoir sur le fond, comme sur la forme, avec certains militants parfois qu'ils ont connus et qu'ils ont combattus, au régional ou ailleurs, derrière, pour avoir cette majorité à l'Assemblée. Ce qui, je pense, va être très difficile. Parce que quand on est dans un combat depuis longtemps et qu'on prend les choses au sérieux, c'est quand même très difficile de se dire, bon, je vais laisser ma place à Olivier Faure, qui a défendu le CIC et la loi Travail. C'est très difficile.

9:58
Présentateur

Entre janvier et mars 2022, le produit intérieur brut du pays est resté stable. C'est ce que révèlent les données de l'INSEE, l'Institut national des statistiques et des études économiques, publiées vendredi dernier. Alors, une croissance zéro qui déçoit les économistes comme Sylvain Bersinger, économiste chez Asteres. Donc, le variant Omicron en début d'année, la guerre en Ukraine et l'inflation plus forte que prévu ont finalement eu un impact plus fort qu'anticipé. Thomas, peux-tu nous faire un point sur la situation économique en France ?

10:26
Invité

Alors, quand on regarde la situation, tu l'as rappelé, taux de croissance à 0%, ce qui est extrêmement mauvais, parce qu'il faut qu'on ait un taux de croissance supérieur à 1,5% pour pouvoir absorber les gens qui arrivent sur le marché de l'emploi. Là, une croissance à zéro avec une population qui augmente, avec des jeunes qui arrivent sur le marché de l'emploi, ça signifie qu'il n'y aura pas des postes pour tout le monde. Et ça signifie en fait qu'en PIB par habitant, on s'appauvrit quelque part. D'accord ? Sachant que nous ne sommes pas revenus à notre niveau de richesse d'avant crise Covid, d'avant 2019.

Donc nous sommes déjà plus pauvres et le rattrapage n'a pas lieu puisqu'on a 0% de croissance. Donc la situation est un petit peu difficile. Maintenant, ce qu'il faut bien avoir en tête, c'est ça en fait, c'est que la croissance ne tombe pas du ciel. La croissance ne tombe pas du ciel. Alors effectivement, il y a des effets conjoncturels, la guerre, la crise, mais elle ne tombe pas du ciel. Quand vous créez un emploi, vous créez de la croissance. Et aujourd'hui, il y a plein de secteurs où on a besoin d'emplois. Il y en a plein. Plein. La santé, la petite enfance, l'éducation, la transition écologique. Il y a plein de secteurs où il y a des besoins. Voilà, il y a des besoins.

Et là, on pourrait créer des emplois. Mais il faut qu'il y ait un plan de relance, d'investissement très fort dans ce secteur-là. Et là, vous allez créer de la croissance. Si vous créez de la croissance, vous augmentez le PIB sur le déficit, vous réduisez le déficit et ainsi de suite. Donc, il y a tout un tas de secteurs qui méritent d'être investis. Et il faut se pencher là-dessus. Alors, Macron, ce n'est pas son but. Parce que Macron, le premier but qu'il a, il l'a dit plus ou moins, c'est de faire en sorte que les déficits se réduisent, la dette se réduise, d'avoir des beaux chiffres pour avoir l'air crédible auprès de ses partenaires européens.

Moi, après, quand je regarde l'économie telle qu'elle est, ce que je vois, c'est qu'il y a des secteurs qui ont des besoins. Et pourquoi on n'investit pas dans ces secteurs-là ? Il faut le faire. Ça va créer des emplois, ça va créer de l'activité. Et ça va être utile socialement aux gens. Parce que quand vous avez des places en crèche, vous êtes contents. Quand vous avez un bon hôpital, vous êtes contents. Mais ça va être aussi utile pour la transition écologique. Parce qu'il va falloir faire en sorte que cette transition écologique s'accélère. Donc, oui, les chiffres sont mauvais. Mais oui, il y a une solution. Et il ne faut pas oublier une chose, quand même.

C'est qu'est-ce que nous a révélé l'élection présidentielle ? Qu'est-ce qu'elle nous a révélé, grosso modo ? C'est qu'il y a deux tiers. Dans les trois blocs, il y a deux tiers des Français qui sentent qu'il y a un problème dans le fonctionnement de l'économie. Qui ont très bien compris que l'économie profite à un petit nombre. Quand on voit les salaires des grands patrons, quand on voit les SMIC qui n'augmentent pas ou qui augmentent très peu, quand on voit les fins de mois difficiles, les gens se rendent compte que ça profite à une petite partie. Et ils l'ont manifesté dans leur vote. Parfois, ils ont voté pour le Rassemblement National. Pour moi, c'est une erreur.

Parfois, ils ont voté pour la France Insoumise. Mais ils se rendent compte que ça ne fonctionne pas bien. La question économique ne fonctionne pas bien. Et ça, il faut vraiment l'avoir en tête. Il n'y a qu'un tiers qui ont voté pour Macron pour qui ça fonctionne à peu près bien. Donc il faut absolument changer l'économie. Il faut complètement la changer et aller vers ce que les gens demandent. C'est-à-dire avoir des salaires un peu plus élevés, donc réduire les inégalités par la hausse des salaires, avoir des services publics à la hauteur, des transports, etc., pour qu'ils soient moins dépendants de la voiture, mais aussi des hôpitaux et de l'éducation. Et ça, ce virage, il peut être fait.

Mais il faut qu'à la tête du pouvoir, il y ait quelqu'un qui partage ces idées-là. Mais il peut être fait. Donc, ce qui se passe aujourd'hui économiquement, les indicateurs sont mauvais, mais une autre voie est possible pour que ça se passe mieux. Voilà, ça, il faut toujours le dire. Ce n'est pas une fatalité. Parce que là, ce qu'on est en train de dire aux Français, c'est que vous avez eu la crise de 2008, ça va être plus dur. Vous avez eu la crise de la zone euro avec la Grèce, l'austérité, ça va être plus dur. Vous avez eu la crise sanitaire, ça va être plus dur. Vous avez l'Ukraine, ça va être plus dur. On leur dit constamment ça. Serrez-vous la ceinture, ça va être plus dur.

Vous devez supporter. Ça fait des années qu'on leur dit ça. Ce n'est pas possible. Non, non, c'est faux. Il n'y a pas qu'un seul avenir. Il n'y a pas que cet avenir-là. Il y a un autre avenir aussi qui est possible en économie. Et en économie, il y a toujours plusieurs avenirs possibles. Il faut le savoir.

14:04
Présentateur

L'augmentation de la dette publique, les taux d'intérêt et l'inflation, comportent-ils véritablement un risque alors ?

14:10
Invité

Alors, il faut faire attention. La dette publique a augmenté très fortement, c'est vrai. Mais elle a augmenté dans tous les autres pays. Donc, si on était les seuls à avoir une dette publique qui augmente de cette façon-là, et que ça n'augmentait pas dans les autres pays, ça pourrait être un problème. Mais là, ça a augmenté dans tous les autres pays. Pourquoi ? Parce que tout le monde a fait, grosso modo, le quoi qu'il en coûte pour soutenir l'activité pendant la crise du Covid. D'ailleurs, notre dette a augmenté moins vite. Quand on regarde après la crise de 2008, entre 2008 et 2017, on nous parlait beaucoup des problèmes de la dette française, etc.

Mais notre dette a augmenté déjà moins vite que celle des États-Unis et que celle du Royaume-Uni. Donc là, notre dette a augmenté dans des proportions parfaitement normales, comme les autres pays. Donc, c'est ça qui est important, c'est la comparaison. Donc, la dette, il faut la surveiller, mais il ne faut pas s'en inquiéter. D'accord ? Parce que les gens s'en inquiètent beaucoup quand il faut faire des économies à l'hôpital, quand il faut faire des économies sur l'éducation. Mais quand on retire 20 milliards de baisse d'impôt aux entreprises et aux 1% et 10% les plus riches via l'ISF et la flat tax, bon, là, il n'y a plus de problème. D'accord ?

Donc, on se prive de plus de 20 milliards de rentrées fiscales de manière pérenne, ciblées sur un petit nombre d'individus dans la société. Là, il n'y a aucun problème. Par contre, quand on coupe dans l'hôpital, et tout, là, c'est très bien. Donc, il faut faire attention avec ce double langage qu'il y a eu sur la dette. La dette, aujourd'hui, n'est pas un problème. Voilà. Il faut la surveiller, mais ça n'est pas un problème. Ça, c'est la première chose. Et puis, si, via les mesures que j'ai dit de relance économique, vous augmentez le PIB, la dette est nivelée en pourcentage de PIB. Si le PIB augmente plus vite que la dette, là, vous avez une dette qui se réduit en pourcentage de PIB.

Donc, il ne faut pas regarder que la dette a compressé, il faut aussi regarder que le PIB a augmenté plus vite. Ça, c'est la première des choses. Sur les taux d'intérêt, c'est vrai qu'ils augmentent un petit peu. Mais ils sont beaucoup plus faibles que ceux qu'on avait dans les années 90. C'est-à-dire qu'il y a eu une baisse de la charge de la dette des taux d'intérêt très, très forte ces dix dernières années. Donc, là, ils remontent un petit peu. Pareil, c'est à surveiller. Mais on reste largement en dessous de ce qu'on a eu à certaines époques, où des politiques libérales, des inflations compétitives étaient mises en place. Donc, il faut arrêter d'agiter des chiffons comme ça.

Les gens, ils les agitent tout en ne sachant pas de quoi ils parlent réellement, en disant « Oui, ça augmente, ça augmente. » Oui, ça augmente, on surveille. Mais quand on regarde sur des tendances un peu plus lourdes, on est à des taux extrêmement faibles. Ça, c'est la deuxième chose qu'il faut dire. Et la dernière, c'est sur l'inflation. L'inflation, à 5%, d'un point de vue macroéconomique, quand on est en dessous de 10%, grosso modo, on n'arrive pas à situer si c'est un problème. C'est-à-dire que si c'est 5, 8 ou 3, on n'arrive pas à situer si c'est un problème. Il n'y a pas de consensus là-dessus chez les économistes. Mais c'est un problème au jour le jour pour les bas salaires.

Parce que tout augmente. Les carburants augmentent, les biens alimentaires augmentent, etc. Donc la vraie question, c'est de faire en sorte que ces bas salaires, parce que les hauts salaires ne l'ascendent pas l'inflation, que ces bas salaires puissent subvenir à leurs besoins. Et à commencer par ceux qui touchent le salaire minimum, le SMIC. Donc comment on fait ? On augmente les salaires. Comment on fait ? On les augmente au rythme de l'inflation et également en tenant compte du revenu moyen. Mais on les augmente très fortement. Et puis on augmente aussi toutes les prestations sociales. Il faut regarder aujourd'hui, les prestations sociales, elles ont augmenté de quoi ?

Elles ont augmenté de rien du tout. Elles ont augmenté de à peine 1%. Donc elles ne suivent pas l'inflation. Là, il faudrait aussi que ça suive l'inflation. Parce que les prestations sociales, c'est ce qu'on donne aux plus pauvres. Donc c'est important de faire en sorte que ceux qui sont en dessous du salaire médian puissent avoir un salaire qui augmente pour pouvoir subvenir à ces problèmes d'inflation. Or, ces dernières années, on a toujours dit qu'il ne fallait pas augmenter les salaires du bas parce que ça pesait sur la compétitivité. Les salaires du haut, eux, ils pouvaient s'envoler dans des chiffres, dans des proportions stratosphériques que personne n'arrive à comptabiliser.

Mais en bas, on ne pouvait pas les augmenter parce que la compétitivité internationale, etc. Or, on se rend compte que les bas salaires ne sont pas, en général, dans des secteurs qui sont liés à la concurrence internationale. Ils sont dans le service à la personne, dans la restauration, dans des endroits ou dans des secteurs d'activité où il n'y a pas de concurrence internationale. Donc on peut les augmenter ces salaires. Donc il faut absolument, pareil, qu'on ait... Bon, la France insoumise, c'est une des conditions programmatiques pour que les autres parties la rejoignent. Mais s'ils gagnent, il faut vraiment avoir une vraie question sur ces bas salaires.

Et au-delà du SMIC, même sur les salaires en dessous du salaire médian. Parce qu'on ne peut plus vivre ordignement avec ces salaires-là.

17:58
Présentateur

Et alors concernant les pénuries alimentaires, on entend beaucoup parler. Julien Denormandie, le ministre de l'Agriculture, a plutôt été rassurant à ce sujet. Mais est-ce qu'il y a un risque de pénurie alimentaire dans certains pays ?

18:09
Invité

Oui. Là, vous avez, grosso modo, avec ce qui se passe... L'Ukraine et la Russie sont des gros producteurs de blé. L'Ukraine, en plus, c'est ce qu'on appelle un swing producer. C'est-à-dire que c'est un producteur qui peut s'adapter à des aléas de la demande. S'il y a plus de demandes parce qu'il y a eu, je ne sais pas moi, une sécheresse ou un gel dans un autre pays producteur, l'Ukraine pouvait compenser en rajoutant de la production. Or, ces deux pays, aujourd'hui, sont impactés par la guerre. Enfin, l'Ukraine est impactée très fortement par la guerre. Et la Russie garde une partie de ses réserves pour elle-même. Voilà.

Parce qu'avec les sanctions internationales, et ainsi de suite, et puis je pense qu'elle prévoit peut-être qu'il puisse y avoir un problème. Donc, elle garde une partie de ses réserves pour elle. Donc, il va y avoir des grosses pénuries, des très grosses pénuries. Là, on estime qu'il y a 45 pays africains et pays les moins avancés qui sont à risque, aujourd'hui. Il y a plus d'un milliard d'individus, là, qui risquent de basculer dans la pauvreté et la faim. Donc, ça peut être très déstabilisant pour certaines zones. Les révoltes arabes, ça a commencé parce que vous avez le prix du pain qui a augmenté. Quelqu'un qui s'est immolé par le feu. Donc, les denrées alimentaires ont augmenté.

Les gens arrivaient à survivre. Alors, il y a des pays où l'aliment principal, c'est le pain. L'Égypte, etc. Donc, arriver à survivre, puis les prix augmentent. Ils n'arrivent plus à survivre. Donc, ils n'en peuvent plus. Ils s'immolent par le feu. Ça va mettre des gens dans la pauvreté, dans la faim. Donc, ça va déstabiliser des régions entières, cette crise-là. Donc, en France, il n'y a pas de gros problèmes, à part l'inflation qui touche les classes modestes, qui reste un problème. Mais dans le monde, il risque d'y avoir des problèmes assez forts si le conflit continue à s'enliser.

Parce que quand les matières premières augmentent, vous savez déjà, le Covid avait été une régression très forte dans la lutte contre la pauvreté. Mais qui n'était déjà pas fameuse, parce que la lutte contre la pauvreté au niveau international, la plupart des gens qui sont sortis de la pauvreté sont des gens qui vivent en Chine ou en Inde, des pays à fort taux de croissance. Mais en Afrique, la pauvreté a augmenté ces dernières années. Avec la crise du Covid, elle a encore plus augmenté. Et là, avec la crise alimentaire, ça risque d'être… Donc, vous avez pareil un cumul de chocs qui risque de déstabiliser des populations entières et des pays entiers.

Donc là, il y a un vrai risque de géopolitique internationale, clairement.

20:13
Présentateur

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