Fin de vie : "Il faut pouvoir scinder les deux textes", estime la ministre du Travail, favorable à un référendum
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Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la ministre du Travail et de l'Emploi. Vos questions, amis auditeurs, amis auditrices au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Astrid Panosian-Bouvet, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Beaucoup de questions à aborder avec vous sur le marché de l'emploi, le chômage des jeunes qui repart à la hausse, la conjoncture économique qui est fragile. Vous le savez, mais d'abord, les retraites avec le fameux conclave des partenaires sociaux qui commence ce jeudi. Après-demain, il doit durer trois mois et à la fin, il y aura quoi ? Il y aura une nouvelle loi, une nouvelle réforme, une sortie peut-être de la réforme Borne ? Dites-nous.
Il y a le temps de l'expertise, c'était celui de la Cour des comptes et on pourra peut-être discuter aussi parce que je pense que c'est important que les Français prennent aussi connaissance des conclusions du rapport de la Cour des comptes.
On va en parler, on va en parler.
Il y a le temps social qui est venu, qui est la négociation sociale des partenaires sociaux en espérant qu'ils pourront trouver des compromis. Et puis, il y a le temps politique parce que c'est effectivement, s'il y a des compromis, des sujets qui doivent être soumis au Parlement.
Mais Catherine Vautrin a dit avoir donné une feuille blanche aux partenaires sociaux, ça veut dire quoi ? Que s'ils se mettent d'accord, par exemple, imaginons qu'ils se mettent d'accord sur un revenir ou essayer d'instaurer un système à point, on y va ? S'ils se mettent d'accord pour revenir aux 62 ans, on y va ?
Il y a une feuille de route qui est d'abord de retrouver une trajectoire à l'équilibre. Un régime de répartition, ça veut dire que ceux qui travaillent payent les retraites de ceux qui sont actuellement en retraite. Et donc, la condition clé, c'est un retour à l'équilibre. Or, ce qu'on voit justement dans le rapport de la Cour des comptes, c'est une trajectoire financière au dire de la Cour des comptes qui est préoccupante. Donc, effectivement, les partenaires sociaux peuvent trouver les compromis qu'ils souhaitent si tant est qu'on retrouve un équilibre à terme.
Mais ce qu'on a du mal à comprendre, c'est que la CFDT a dit « je ne signerai pas cet accord au bout des trois mois si on ne touche pas aux 64 ans ». Le MEDEF dit de son côté « je ne signerai pas si on touche aux 64 ans ». Donc c'est ça à quoi ?
Mais ça sert qu'il y a trois mois pour discuter. Il y a trois mois pour discuter, ça peut être aussi des positions entrées pour pouvoir qu'on a discuté pendant deux ans. On connaît les positions de chacun. Oui, mais il y a en même temps ce rapport de la Cour des comptes qui montre qu'à 2025, déjà, dès cette année, on est à 6,6 milliards d'euros de déficit. Ça va monter à 15 milliards l'année prochaine. Il y a également le sujet de carrière usante parce qu'effectivement, on parle de l'âge, mais l'âge peut ne pas être le même pour tous. Il y a des métiers qui sont usants.
Il y a le sujet des femmes aussi, dont on voit que les pensions soient en moyenne inférieures à près de 38% de celles des hommes. Donc il y a des sujets dont il faut aujourd'hui se saisir. Mais encore une fois, les retraites, ça ne doit pas être la pyramide de Ponzi. C'est-à-dire qu'il y a un vrai sujet, quand on parle de régime de répartition, de soutenabilité des retraites pour ceux qui payent les retraites des autres puissent pouvoir en bénéficier à des niveaux satisfaisants quand eux arriveront à la retraite.
Mais s'il y a un accord pour sortir des 64 ans, est-ce que ça ira au Parlement ? Est-ce que ce sera mis au voie ? C'était l'engagement de François Bayrou ? Il est toujours là, l'engagement ?
L'engagement du Premier ministre devant la représentation nationale, il tient, effectivement.
Il tient ? Donc ça ira au Parlement ? Le texte qui, bien sûr, l'accord ira au Parlement et sera mis au voie ?
D'autant que s'il y a des sujets et des accords, il y aura forcément une transposition législative.
Imaginons qu'il touche aux 64 ans, ça ira au voie ? Ça ira au voie si tant est qu'on trouve un compromis aussi ? Le Parlement tel qu'il est aujourd'hui veut remettre en cause majoritairement les 64 ans.
Encore une fois, rien n'est gratuit. Donc si on veut revenir sur les 64 ans, encore faut-il trouver les ressources qui vont avec. Et je pense qu'il y a le sujet, effectivement, de l'âge de départ sur lequel se cristallise aujourd'hui le débat. Je pense qu'il y a des sujets au moins tout aussi importants. Je le dis ici, c'est le sujet des carrières usantes, c'est le sujet des femmes et c'est le sujet également du maintien en emploi des seniors. Parce que depuis 50 ans, on se fait à l'idée que passé 55 ans, on n'a plus tout à fait sa place dans l'entreprise. Ça, ce sont des sujets aussi qui travaillent beaucoup de nos concitoyens.
Mais d'ores et déjà, et avant le début du conclave, certains ministres du gouvernement, comme Laurence Amartin, le ministre du commerce extérieur. Je me suis dit, j'ai eu un petit bug. Erreur 404. Hors de question. Lui, il dit, hors de question de revenir sur les 64 ans. Ça déséquilibrerait encore plus le système. Ça serait une grave erreur de revenir sur les 64 ans. Vous-même, vous disiez à France Info la semaine dernière, il va falloir travailler plus longtemps. Ça veut dire quoi, plus longtemps ?
Plus longtemps que les 64 ans ? Encore une fois. Non, encore une fois. Encore une fois. Moi, j'ai bien aimé l'expression du président de la Cour des comptes. La Cour des comptes, elle a dressé la table. Maintenant, c'est aux partenaires sociaux de trouver le menu. Voilà. Je pense que la retraite, d'accord ? Il y a d'abord un sujet qui est celui de l'équilibre financier. Il y a un sujet qui est celui de la pénibilité des femmes. Et il y a un sujet également, il y a une étude du Conseil d'analyse économique qui va sortir début mars et qui dit qu'il y a un retard sur le sujet du maintien des seniors sur le marché du travail. Donc, il faut pouvoir traiter de ces sujets aussi.
Oui, mais ça, c'est un sujet, vous savez, nous, je ne sais pas si vous écoutez la matinale d'inter, mais depuis 7 ans, 8 ans qu'Emmanuel Macron est au pouvoir, et à chaque fois, c'était Bruno Le Maire qui était à votre place, c'était un sujet qui revenait de manière lancinante parce qu'on est les plus mauvais sur le marché du travail pour la question du travail des seniors. Et il n'y a pas eu d'avancée. Ça fait 8 ans qu'il n'y a pas eu d'avancée.
Vous verrez dans ce rapport du Conseil d'analyse économique qu'il y a eu une vraie progression sur les 55-59 ans. Aujourd'hui, on est à des niveaux équivalents à l'Allemagne. Par contre, effectivement, le taux d'activité chute brutalement après. Et donc, c'est des sujets qui ne doivent pas être justement traités au moment du départ de la retraite ou même à 55 ans.
C'est des sujets qui doivent être traités à partir de mi-carrière, d'où l'accord qui a été signé entre les partenaires sociaux en novembre dernier sur les seniors pour pouvoir avoir notamment un entretien de mi-carrière, associé à un bilan de santé pour pouvoir faire le point et envisager la deuxième partie de carrière plus sereinement.
Jeudi dernier, la Cour des comptes a donc présenté les conclusions de la mission Flash sur le système de retraite, demandée par François Bayrou. Ce que montrent ces conclusions, c'est que le déficit du régime des retraites ne va cesser d'augmenter dans les prochaines années. 15 milliards en 2035, puis 25 milliards minimum en 2045. Ce qui fait dire à Marie-Lise Léon, la patronne de la CFDT, la réforme des retraites d'Elisabeth Borne, je la cite, qui nous avait été présentée comme incontournable et qui devait régler les problèmes de déficit, ne produit absolument pas les effets attendus. Elle a tort ?
Ce que dit la Cour des comptes, c'est que la réforme de 2023 a été positive, mais qu'elle n'a pas été suffisante. Qu'elle n'a pas été suffisante. Donc on pourrait effectivement avoir... Les perspectives financières qui sont assez préoccupantes que vous décrivez auraient été pires encore si la réforme de 2023 n'avait pas été mise en place. Mais je pense que ce qui est important, c'est de voir aussi les retraites comme un organisme vivant. Ça dépend effectivement de conditions démographiques, du taux de croissance, de la productivité. On a beaucoup parlé d'intelligence artificielle il y a deux semaines et on voit comment ce sujet peut être volatile, du taux de chômage.
Et donc je pense qu'il faut aussi se faire à l'idée, un peu comme le fait très intelligemment l'Agir Carco, qui est le régime complémentaire géré par les partenaires sociaux, qu'on doit être non pas dans la der-der-der des réformes, mais dans des ajustements permanents.
Et est-ce que dans les ajustements permanents, il faut ouvrir la voie à la capitalisation ? C'est ce que souhaite par exemple Gérald Darmanin ou d'autres. Est-ce que vous dites, il n'y a pas de tabou, nous disait Catherine Votrin à votre place il y a deux semaines, c'est ça la solution ? C'est la capitalisation aussi à côté du système par répartition ?
Alors ça c'est vraiment aux partenaires sociaux de décider s'il faut mettre en place un régime obligatoire de capitalisation. Votre avis ? Moi ce que je vois aujourd'hui, c'est qu'il y a 15 millions aujourd'hui d'actifs, 5 millions dans le public et 10 millions dans le privé, essentiellement d'ailleurs de salariés de grandes entreprises, qui se sont saisis de cet outil d'épargne retraite, soit collective, soit individuelle. Donc ça va dans le bon sens pour vous ? C'est quelque chose qui existe pour non pas se substituer et remplacer la répartition qui doit être la base, mais compléter. Mais c'est encore une fois aux partenaires sociaux de s'en saisir.
Puisque vous parlez du rapport de la Cour des comptes, de cette mission flash, il y a quand même eu un petit, pour le coup, un petit bug entre ce qu'avait annoncé François Bayrou, qui avait évoqué dans son discours de politique générale un déficit du régime des retraites qui atteindrait 55 milliards d'euros en 2030. Pierre Moscovici et les magistrats à la Cour des comptes répondent pas du tout, ce ne sera que 15 milliards maximum. Convenez que ça fait une différence. Pourquoi annoncer 55 milliards si c'est 40 de moins ?
Est-ce que c'est une erreur de calcul du Premier ministre ? Que 15 milliards, il faut déjà relativiser parce qu'on parle de milliards ce matin. C'est beaucoup 15 milliards, mais ce n'est pas 55 milliards. C'est l'équivalent, c'est supérieur au ministère de la Justice, du budget du ministère de la Justice, donc c'est quand même beaucoup. Ensuite, les 55 milliards, c'est quoi ? C'est que sur 385 milliards aujourd'hui de dépenses annuelles en retraite, eh bien, effectivement, il y a une dépense de 55 milliards d'euros de l'État pour équilibrer les systèmes de retraite de la fonction publique.
Pierre Moscovici a été très clair, comparer la manière, ce qu'a fait François Bayrou, c'est-à-dire de comparer la manière de calculer les régimes du privé et ceux du public pour laisser entendre qu'il y aurait un déficit caché, ce n'est absolument pas pertinent. Il n'y a pas de déficit caché. Il a dit que c'est comparer les poireaux et les carottes. Il n'y a pas de déficit caché. Et c'est quoi ? C'est donner 55 milliards pour faire peur aux gens ? On aura un déficit de 55 milliards ?
Il faut demander au Premier ministre. En tout cas, il n'y a pas de déficit caché et il n'y a certainement pas l'intention de demander aux salariés du public, du privé, de compenser en quoi que ce soit le régime de retraite publique.
Astrid Panos-Yambouvé, le ministre de l'économie Eric Lombard, est plutôt partisan d'une contribution accrue des retraités. Il a jugé assez illogique que leur niveau de vie soit en moyenne supérieur au niveau de vie des salariés. C'est ce que vous disiez aussi en envisageant de taxer les retraités les mieux lotis. Monsieur Lombard et Madame Panos-Yambouvé disent ça, mais ne vont pas plus loin ne vont pas au bout de cette idée. Pour quelles raisons ? C'est parce qu'elle est impopulaire politiquement ?
On ne va pas au bout. C'est-à-dire qu'il s'agit d'abord de... Encore une fois, c'est aux partenaires sociaux de se saisir de cette question. C'est aux partenaires sociaux. Et c'est pour ça que je trouve que le rapport de la Cour des comptes est intéressant parce que dans sa conclusion, il émet quelques propositions sur qu'est-ce que ça voudrait dire de passer à 63 ans ? Qu'est-ce que ça voudrait dire d'augmenter les cotisations ? Qu'est-ce que ça voudrait dire d'aller sur une sous-indexation des retraités ? Mais encore une fois, c'est, je pense, aux partenaires sociaux de trouver les bons compromis pour qu'ils puissent être soumis à l'Assemblée nationale.
Ensuite, moi je pense, un des bienfaits quand même de ce régime de répartition, c'est qu'il y a 40 ans, la pauvreté, elle était essentiellement chez les personnes âgées. Aujourd'hui, on a un des rares pays Europe et je pense qu'en Europe, il faut s'en satisfaire qui est que les retraités aujourd'hui ont un niveau de vie quasiment équivalent de celui des actifs. Mais tout ça, ça a un coût, effectivement, parce qu'un euro de dépense aujourd'hui publique sur quatre, 25% de la dépense publique est consacrée aux retraites.
Mais est-ce que, sur un niveau philosophique, presque, est-ce que les retraités en France sont trop favorisés par rapport à d'autres pays ?
Alors, par rapport à d'autres pays, effectivement, il y a un revenu moyen des retraités qui est, effectivement, supérieur. On voit que 75% des retraités sont propriétaires. Ils sont propriétaires de 60% du patrimoine financier et non financier de notre pays. Effectivement, il y a, je pense, qu'il y a aujourd'hui un vrai sujet qui est aussi la valorisation du travail, la valorisation du travail des jeunes actifs. On a beaucoup parlé de la dénatalité ces dernières semaines à la faveur d'un certain nombre de livres. Je pense que c'est la dénatalité, c'est aussi le revers de la pièce de jeunes actifs qui n'arrivent plus à travailler, à pouvoir s'enrichir de leur travail.
Et on voit bien qu'il y a une redistribution mais qui se fait dans le cadre privé de grands-parents qui aident leurs petits-enfants. Maintenant, je pense qu'il faut aussi réfléchir à ce sujet au niveau national.
On va passer au standard d'Inter. Annie nous y attend. Bonjour Annie, vous nous appelez de Cherbourg et on vous écoute.
Oui, bonjour. Moi, j'aurais une petite question. Les femmes qui ont eu des enfants, ont des trimestres qui leur sont donnés. Certes, c'est une excellente idée, mais comme ces trimestres ne sont pas cotisés, ils ne sont pas pris en compte pour pouvoir partir plus tôt à la retraite. Et ça pose un petit peu question parce que je vous cite justement mon cas. Moi, il me faut 171 trimestres parce que je suis de 64. Donc, je peux partir officiellement à la retraite au 1er août 2027. Or, au 1er août 2027, au lieu des 171 trimestres qu'il me faut, j'en aurais 180 des poussières. Je vais avoir une surcote de 5%, mais j'aimerais ne pas avoir cette surcote et pouvoir partir plus tôt. Voilà.
Merci Annie pour cette question et ce témoignage. Astrid Panosian-Bouvet vous répond.
La question que pose Annie, elle est clé. C'est-à-dire que le sujet, ce n'est pas simplement la question de la mesure d'âge. C'est aussi de travailler sur des injustices profondes de notre système de retraite, notamment des personnes qui ont eu des carrières hachées parce que... Et c'est souvent des femmes parce que maternité, parce que temps partiel subi à 80% par les femmes. Et si on peut trouver un compromis pour qu'Annie puisse partir plus tôt à la retraite alors qu'elle a fait tous ses trimestres ou qu'elle puisse valoriser sa pension de retraite parce qu'encore une fois, les femmes en moyenne, elles ont près de 40% de moins de retraite que les hommes, eh bien ce sera un bon compromis.
Oui, il y a beaucoup de questions sur le sujet au standard d'Inter. Un mot maintenant sur la conjoncture et la situation de l'emploi. Le taux de chômage s'élève à 7,3%. Mais le patron du MEDEF, Patrick Martin, s'inquiétait dans le JDD dimanche d'une remontée du taux de chômage à 8% en fin d'année, voire plus, disait-il. Ce qui serait massif. Avez-vous les mêmes chiffres, les mêmes tendances ?
Alors on a effectivement des tendances de durcissement de la situation économique de notre pays. Une remontée effectivement de défaillance des entreprises, équivalent à celui de 2008. Donc on est effectivement dans une situation économique tendue aujourd'hui et on s'attend à une augmentation effectivement du taux de chômage, ne serait-ce que parce que les hypothèses de croissance économique vont baisser. On voit qu'il y a une augmentation de 18% des inscriptions à France Travail suite à des licenciements et donc il faut être déterminé dans les réponses. C'est le retour du chômage de masse ? Non, ce n'est pas le retour du chômage de masse. Le chômage de masse, c'était du 10%, du 12%.
On est aujourd'hui à 7,3% et les hypothèses et différentes hypothèses des instituts tablent sur une tendance vers 8% à la fin de l'année. Tout à fait. Donc oui, c'est quelque chose de crédible, on va arriver à un taux de chômage de 8%. Mais la réponse, justement, c'est effectivement ce qu'on a mis en place avec la réforme de France Travail pour mieux accompagner les demandeurs d'emploi, notamment les bénéficiaires du RSA. C'est aussi être beaucoup plus regardant au ministère du Travail sur l'homologation des plans. S'assurer aussi que dans ces plans, on ne fait pas partir en priorité les seniors parce que c'est une tendance qu'on peut tout à fait voir.
Il y a également dans la loi de finances qu'on a votée quelque chose de très important qui a été demandé tant par les syndicats que par le patronat. C'est l'introduction de l'activité partielle de longue durée pour permettre aux entreprises de trouver des solutions intermédiaires avant d'être dans des difficultés très fortes.
Et puis, dernier point très très important qui fait le lien d'ailleurs avec le sujet des retraites, c'est qu'on va lancer avec les partenaires sociaux une négociation sur les reconversions parce que les reconversions c'est à la fois sur le sujet des restructurations économiques mais aussi pour ceux qui sont exposés à des métiers usants pour qu'ils puissent aussi envisager leur deuxième partie de carrière.
Vous parlez des seniors mais Catherine Vautrin nous disait le sujet majeur là c'est le taux d'emploi des jeunes qui n'est pas bon. Il a diminué de 0,7% pour les 15-24 ans malgré la politique de l'apprentissage. Vous avez mis de l'argent ces dernières années sur l'apprentissage ça ne marche pas ? Il y a deux sujets
qui font que la France est en retard en termes de taux d'emploi global c'est les seniors et effectivement ce sont les jeunes ce sont les jeunes dont l'insertion sur le marché du travail quel que soit d'ailleurs les niveaux de qualification est plus lent et plus difficile.
Donc on a eu cette révolution culturelle effectivement autour de l'apprentissage et il faut continuer et il faut s'en satisfaire mais on voit que dès qu'il y a un durcissement sur le marché du travail les premiers à être touchés ce sont les jeunes et on voit effectivement cette remontée du taux de chômage des jeunes donc il faut se satisfaire là aussi on voit l'importance du dialogue social de l'accord assurance chômage qui a été signé par les partenaires sociaux en novembre dernier et qui va permettre de mieux protéger ce qui arrive sur le marché du travail ce qu'on appelle les primo-arrivants et en particulier les jeunes.
Plus d'un an après le vote de la loi immigration vous avez présenté vendredi la liste des fameux métiers en tension qui ouvrent droit sous condition à la régularisation des travailleurs sans papier combien de personnes vont être concernées ?
Alors ça c'est il n'y a pas d'automaticité donc ce sera vraiment aux personnes et la grande je pense avancée c'est que les personnes qui voudront lancer ces démarches n'auront pas besoin de l'autorisation de leur patron pour le faire mais comme il n'y a pas d'automaticité moi je ne peux pas vous dire aujourd'hui quels sont les chiffres aujourd'hui en tout cas on était à une dizaine de milliers de personnes jusqu'à présent qui entamaient ces démarches de régularisation les choses restent à la main du préfet c'est quelque chose d'extrêmement important
et justement les choses restent à la main du préfet et à la tête il y a le ministre de l'intérieur Bruno Retailleau qui est très hostile à cette mesure il était très hostile avant d'être ministre il avait dit pour nous la régularisation dans les métiers en tension n'est pas négociable c'est une prime à la fraude et c'est une capitulation Bruno Retailleau qui a donné des consignes plus strictes sur la régularisation au préfet il a abrogé la circulaire valse qui permettait d'avoir des dérogations et de régulariser plus facilement on ne va pas vers le sens la circulaire qu'est-ce que vous dites au fond aux patrons aux chefs d'entreprise qui vous demandent parce que beaucoup de chefs d'entreprise vous demandent plus de régularisation de leurs employés et ont des difficultés il y a plusieurs endroits en France il y a plusieurs régions où ça ne marche pas vous le savez ces derniers mois où ils essayent de régulariser même dans les métiers en tension et ça ne marche pas parce que les instructions des préfets sont celles
mais c'est précisément pour ça qu'on a élaboré cette liste des métiers en tension en partant des régions avec les fédérations professionnelles avec les syndicats cette liste des métiers en tension c'est pas le ministère qui décide c'est vraiment en fonction des tensions de recrutement le décalage entre offre et demande on a maintenant cette liste elle a été travaillée d'ailleurs avec le ministère de l'intérieur et maintenant elle est saisie pour dernière consultation pour les partenaires sociaux parce qu'effectivement il y a des tensions de recrutement la circulaire valse pour reprendre quand même elle prévoyait des circonstances de régularisation très différentes il n'y avait pas que le travail il y avait aussi les étudiants le regroupement familial la circulaire retaillot elle va vraiment circonscrire la régularisation uniquement au travail uniquement au travail sur la base des métiers en tension et sur la base du fait que la personne doit pouvoir prouver qu'elle est restée au moins 7 ans en France
un mot sur les députés qui ont adopté jeudi dernier la taxe Zuckman impôt planché sur le patrimoine des ultra riches cette taxe est portée par les écologistes inspirés par les travaux de l'économiste Gabrielle Zuckman et elle envisage d'instaurer un impôt planché sur le patrimoine des 0,01% des contribuables les plus riches en France afin de s'assurer qu'ils paient au moins 2% de leur fortune en impôts elle doit passer l'étape du Sénat et vous y êtes opposé estimant que ce n'est pas la bonne solution pourquoi ?
Je pense que c'est un peu simple de dire que je suis opposée je pense qu'il y a quelque chose de profondément révoltant de se dire qu'il y a aujourd'hui des gens qui sont très très riches et qui ont un taux d'imposition effectif qui est très bas et plus bas que ceux qui travaillent qui travaillent dur le sujet c'est que est-ce que c'est la taxe telle qu'elle est proposée qui va aider qui va vraiment résoudre ce problème moi je pense qu'il y a des cantons en Suisse au Luxembourg aux Etats-Unis qui ont choisi des solutions alternatives qui semblent peut-être plus constructives Qu'est-ce qui serait
plus constructif ? Parce que c'est vrai qu'on en arrive là aussi ça fait 8 ans de pouvoir d'Emmanuel Macron et comme vous dites il y a des très très riches qui payent qui ont un taux d'imposition moindre que des gens qui travaillent dur
La ministre du budget est précisément en train d'y travailler elle a prévu de faire des propositions au mois de mai moi ce que je propose c'est qu'on la laisse travailler tout simplement mais moi je connais les travaux de Gabriel Zuckman j'ai même rencontré quand j'étais députée il a notamment fait beaucoup de comparaisons avec les Etats-Unis qui dès 1937 d'ailleurs ont mis en place des outils de ce type donc je pense qu'il faut plutôt s'inspirer de ce qui a été mis en place dans d'autres pays et c'est ce sur quoi travaille aujourd'hui Amélie de Montchalin
Encore un autre sujet on avait parlé avec Catherine Vautrin qui nous avait expliqué que sur la loi de fin de vie et bien le Matignon et l'Elysée ne sont pas forcément sur la même ligne François Bayrou veut scinder le texte en deux un volet soins palliatifs et un volet fin de vie l'Elysée ne serait pas sur cette ligne là ni Haël Braun-Pivet ni Catherine Vautrin d'ailleurs et vous qu'est-ce que vous en pensez ? Moi j'avais écrit une tribune transpartisane
C'est pour ça avec des députés communistes à LR demandant quand j'étais effectivement députée de scinder les deux sujets il y a les soins palliatifs qui font l'objet d'une unanimité qui est plutôt une question de moyens il y a la question de l'aide active à mourir qui est une question aussi anthropologique et qui nécessite une réponse et donc je pense qu'il faut pouvoir scinder les deux textes pour plus de clarté par contre ne pas chanter escamoter le débat on a eu un débat très digne à la convention citoyenne et donc avoir une étude de ces deux textes mais de manière très rapprochée pour qu'on puisse donner une réponse à nos concitoyens qui la demandent
Emmanuel Macron réfléchit à faire passer par référendum plusieurs questions une question sur la fin de vie serait-elle une bonne question par référendum ?
Moi je m'étais exprimée sur cette question effectivement quand j'étais députée aussi je pense que l'aide active à mourir c'est une question tellement intime tellement intime que je pense qu'elle est tout à fait légitime pour être posée dans le cadre d'un référendum parce qu'elle convoque chacun chacun d'entre nous
Mais vous connaissez les sondages sur cette question-là de manière écrasante 80% des français sont pour une aide active à mourir
Eh bien moi je pense qu'il ne faut pas escamoter le débat il ne faut pas escamoter le débat vous connaissez ma position j'ai plutôt des réserves et je pense qu'il faut trouver une ligne de crête entre effectivement cette liberté et cette liberté ultime et ce devoir de fraternité vis-à-vis des plus vulnérables parmi les plus vulnérables mais je pense qu'il ne faut pas escamoter le débat d'où la nécessité il y a les soins palliatifs c'est vraiment une question de moyens et puis l'aide active à mourir qui nécessite un vrai débat on l'a vu au mois de mai dernier un débat très digne à l'Assemblée Nationale mais pourquoi pas ne convoquer effectivement l'ensemble de nos concitoyens sur cette question
Merci Astrid Panosian Bouvet d'avoir été à notre micro ce matin Merci à vous Merci beaucoup
Astrid Panosyan-Bouvet