Interview de Xavier Bertrand
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 5 %Défensif 35 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Xavier BertrandFait
« Saint-Quentin, c'est la première plage en plein centre-ville. »
- 0:43Xavier BertrandChiffre
« un grand canal qui va faire 30 000 emplois. »
Temps de parole
- Présentateur100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Aujourd'hui, je me prends beaucoup moins la tête. Je suis comme je suis, ça plaît ou ça ne plaît pas. J'avais 16 ans, c'était la campagne présidentielle, mais sauf que j'avais le sentiment d'être un peu spectateur de ce qui se passait. Et quand je suis devenu militant politique, le fait de participer à des débats, le fait d'être aussi avec d'autres qui pensaient comme moi, et puis ensuite d'être élu, c'est comme si vous passiez du stade de spectateur à celui d'acteur.
Et notamment quand je suis devenu élu dans ma ville, j'avais le sentiment notamment qu'il y avait des choses à faire, notamment il y avait une immense place qui était vide l'été, et plein de jeunes qui ne partaient pas en vacances. C'est comme ça que j'ai eu l'idée de faire une plage en plein centre-ville. Saint-Quentin, c'est la première plage en plein centre-ville. Me battre pour un projet de canal, un grand canal qui va faire 30 000 emplois. Si je n'étais pas président de région, je peux me dire que ce serait bien qu'il y ait un canal. Et quand vous faites de la politique, vous pouvez vous battre pour ça, concrètement. Je crois que je suis plutôt naturel un peu plus extraverti.
J'ai vu le film Quai d'Orsay, où c'est Dominique de Villepin qui est croqué, qui paraît-il assez proche de la réalité. Non, ce que j'essaye surtout, c'est aujourd'hui de moins me prendre la tête. Quand vous êtes ministre, vous avez beaucoup de conseillers en communication qui vous disent ce qu'il ne faut pas dire, qu'il ne faut pas répondre aux questions des journalistes notamment. Et aujourd'hui, je me prends beaucoup moins la tête. Je suis comme je suis, ça plaît ou ça ne plaît pas. Et pendant très longtemps, vous faites toujours très attention à ce que vous dites. Et je pense que ce qui est important, ce n'est pas de chercher à copier l'un ou à copier l'autre, c'est d'être soi-même.
Le tweet, comme Facebook, comme LinkedIn, c'est aussi une façon de dire ce que l'on pense. Alors honnêtement, je tourne 7 fois mon pouce dans ma poche avant de tweeter. Je ne suis pas un énervé des tweets, il y en a qui tweetent beaucoup plus que moi. J'essaie de tweeter pour avoir des choses à dire ou alors pour illustrer notamment ce que je peux voir autour de moi. Mais je pense que c'est important d'y être, mais c'est aussi important de garder des relations en chair et en os. C'est-à-dire de ne pas seulement communiquer par les réseaux sociaux. C'est comme les médias. J'ai des époques où je parlais quasiment tout le temps, où je devenais commentateur.
Si on veut devenir commentateur, il faut faire journaliste, il ne faut plus faire de politique. Aujourd'hui, j'essaie de parler moins, mais quand j'ai des choses à dire. Oui, pourquoi ? Parce qu'il est très bon, Gérald. C'est un très bon ministre. C'est un très bon vice-président à la région quand il travaillait avec moi. Et puis, c'est quelqu'un qui a des valeurs. Il a un très beau parcours républicain. Oui, il y en a. Il y en a parce que je prends notamment un exemple. Vous savez, on a beaucoup parlé de dossiers médicaux personnels.
Ce fameux dossier qui devait être pour chacun des assurés et qui permettait d'avoir l'ensemble des informations sur votre santé, sur ce que vous prenez comme traitement et tout ça. Et à l'époque, quand j'étais jeune ministre, j'avais une idée très simple. Parce qu'on était, voilà, 15 ans. C'était d'avoir une clé USB. À l'époque, une clé USB, c'était moderne. Aujourd'hui, ce n'est pas pareil. Ou on aurait pu, chez le médecin, pouvoir la remplir. Sauf qu'à l'époque, les grands experts, on dit non, mais attendez, vous êtes un jeune ministre. Ce n'est pas comme ça qu'on a pensé les choses. On va créer un grand système, tout ça. Et le grand système, 15 ans après, il n'a toujours pas vu le jour.
Et aujourd'hui, j'essaye parfois d'imposer mes idées simples. Parce que je pense qu'une idée simple, c'est celle qui a le plus chance de marcher. Et à l'époque, je regrette de ne pas avoir eu, peut-être, davantage la volonté d'imposer mes choix. J'étais jeune ministre, je débutais, je pensais qu'il y avait des gens qui savaient mieux que moi. Quand vous avez des idées simples, ça vaut la peine de les pousser vraiment à fond. Donc ça, ça fait partie de mes regrets. Vous voyez, ça fait partie des sujets où je pense que plutôt que les élus parlent, vaut mieux qu'ils agissent. J'avais été très marqué par une visite dans une maison, c'est à Pont-Sainte-Maxence, avec le maire Arnaud Dumontier.
J'étais allé sans publicité, sans médias, pour rencontrer ces femmes. Et j'ai décidé justement d'aider ces structures, à leur permettre de trouver un lieu où elles pouvaient se retrouver avec leurs enfants. Et où on pouvait, avec les compétences de la région, les aider à se former pour retrouver un emploi et un nouveau départ. On est en train aujourd'hui d'aider beaucoup de ces structures. Et on est en train de réfléchir à des appels à projets pour à la fois des structures d'accueil et de formation. Certains me disent, je ne suis pas dans les compétences directes de la région. Je pense qu'on doit agir, notamment avec la question de la formation.
Et puis, j'avais aussi eu l'occasion de rencontrer dans un centre une dame qui avait été battue. Et on avait passé vraiment longtemps avec elle. Elle m'avait expliqué justement comment elle réagissait au début. Et puis, à un moment donné, elle s'est dit, notamment par rapport aux enfants, qu'il fallait qu'elle parte. Et elle m'avait expliqué toutes les difficultés qui étaient les siennes. Vous voyez, je pense que le rôle d'un responsable politique aujourd'hui, c'est d'essayer de bien comprendre. Et puis, pas forcément sur tous ces sujets-là, de tweeter matin, midi et soir, mais de voir comment à son niveau, on peut être efficace.
Et honnêtement, je trouve que le gouvernement essaye de prendre la mesure, vraiment d'agir. Sauf que derrière, il ne faut pas qu'on agisse seulement quand le plan est lancé. Il faut qu'on agisse vraiment tous les jours. Et c'est ce que j'essaie de faire, peut-être sans tumulte et sans trop en parler. Mais je pense que ce qui est important, encore une fois, c'est peut-être parfois en politique, de faire la différence entre diseux et fais-eux. Je pense qu'il faut surtout faire.