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interviewBFM TV (sur Dailymotion)· 5 juin 2026 59 min

Comment Lyhanna a été tuée ? Nouvelles analyses à venir - 05/06

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

De retour sur le plateau de BFM Grand Soir avec l'information principale de cette soirée. Le parquet a donc confirmé en toute fin d'après-midi que le corps retrouvé dans le silo agricole est bien celui de la jeune Liana. On vous retrouve, Isor de la Gorce, à Puy-Casquier. C'est près de Puy-Casquier que la découverte a été faite hier après-midi. Effectivement, c'est à une quinzaine de kilomètres du lieu de la disparition de la petite Liana que son corps a été retrouvé hier après-midi sur cette exploitation agricole et plus précisément dans un centre qui a été abandonné depuis 2022. Pour vous expliquer un petit peu comment se présentent ces lieux, il y a très peu de passages.

C'est ce que nous ont précisé les habitants de Puy-Casquier qui sont évidemment ce soir bouleversés. Il y a très peu de passages. C'est un lieu qui est à l'abri des regards, entouré de champs et de zones boisées. Ce qui cache potentiel, d'autant plus lorsqu'on sait que le suspect principal dans cette affaire, Jérôme Barrella, travaillait pour l'entreprise qui exploitait ceci-là entre 2012 et 2018. Six ans donc qui pouvaient avoir une connaissance très fine de ces lieux. Les gendarmes se sont rendus sur site jeudi matin pour effectuer des fouilles, mais ils n'ont pas pu accéder à site.

Ils sont donc revenus dans l'après-midi avec une personne qui devait entretenir ces lieux qui étaient abandonnés. Ils ont permis d'effectuer ces fouilles et de les guider dans leurs recherches. Et c'est finalement dans l'après-midi qu'ils ont retrouvé ce corps. Ça met fin à 7 jours de recherche intensif pour les gendarmes. 170 personnes étaient mobilisées sur cette opération pour quadriller une zone qui était giganteste, 450 km². Ils ont fouillé des bois, mais également des plans d'eau. Et c'est finalement sur cette exploitation agricole que le corps de la petite Liana a été retrouvé hier.

1:43
Invité

En direct ce soir de Puy-Cassier dans le Gers, 6h de la Gorce, pardon pour les petits problèmes de liaison. Devant l'émotion en tout cas suscitée par le meurtre de la collégienne, cette affaire a pris ces dernières heures un tournant politique. Tant les défaillances dans ce dossier ont été nombreuses, tant cette affaire Liana révèle une succession de ratés, à commencer par les nombreuses plaintes et les signalements dont faisait l'objet Jérôme Barrella. Maëva Lamy, on va revenir avec vous sur tous ces éléments accablants, pour reprendre les mots du garde des sceaux Gérald Darmanin. Au total, 6 procédures engagées contre Jérôme Barrella depuis près de 10 ans maintenant.

2:21
Présentateur

Oui, tout à fait Dominique, puisque la première remonte à 2017. Une maman dépose alors plainte pour des attouchements sexuels sur sa fille de 17 ans. A l'époque, la jeune fille dit être consentante. Il y aura donc un classement sans suite. Puis en 2022, à Béthune cette fois-ci, c'est une enfant de 10 ans qui dit que Jérôme Barrella, l'ami de son papa, l'a violé. La maman est séparée du papa, elle va porter plainte. Une expertise psychologique va dire en fait que l'enfant n'est pas clair dans ses propos. Aucune lésion n'est constatée. Là aussi, il y a donc un classement sans suite. On le précise, cette procédure va être réexaminée, c'est ce qu'a annoncé la procureure.

Et puis ensuite, en août 2025, une autre plainte est encore déposée par la mère d'une autre enfant, Rosa, qui a dénoncé des viols. Et d'après la procureure, cette enquête était encore en cours au moment de la disparition de la petite Léana. Alors Maëva, ensuite, il y a la plainte de Nicolas, c'est le papa de Léa, plainte déposée ce mercredi. Oui, cette affaire-là est particulièrement édifiante. On va rappeler un petit peu l'histoire de Léa. C'est une enfant qui est placée à l'aide sociale à l'enfance. Elle vit dans un foyer et elle dit avoir été victime d'attouchements de Jérôme Barrella lors d'un week-end, c'était l'année dernière, en août dernier.

Son père Nicolas a donc déposé plainte ce mercredi. Et c'est une information, BFM TV, le département du Tarn-et-Garonne, dont dépend cette petite fille, assure avoir effectué un signalement auprès de la procureure bien avant cela. La plainte, c'était en début de semaine, le signalement en mars 2026. Donc il y a donc trois mois. Et ce signalement, il n'a pas été évoqué ce mercredi par la procureure lors de sa conférence de presse qui pose évidemment question.

3:57
Invité

Et puis Maëva, une nouvelle plainte, une dernière, vient d'être déposée il y a tout juste 24 heures.

4:03
Présentateur

C'est ça tout à fait Dominique. Hier soir, une maman a à nouveau déposé plainte à Saint-Brieuc pour viol contre Jérôme Barrella. Les faits remontent cette fois-ci à 2023. Elle avait, cette maman, déjà déposé plainte en avril 2026. Mais en fait, elle n'avait pas son identité. Donc la plainte avait été déposée contre X. Et puis en voyant le lieu d'habitation de Jérôme Barrella, qui était en fait le lieu où cette maman et sa fille habitaient au moment des faits, eh bien elle a eu l'idée de montrer la photo de Jérôme Barrella à sa fille. Et sa fille a en fait reconnu son regard. Merci Maëva. Philippe Jankiewicz, vous avez suivi le constat de Maëva depuis 2017.

Et encore la première procédure recensée. Comment vous expliquez un tel enchaînement de ratés ce soir ?

4:45
Invité

Les ratés, malheureusement, les institutions sont en difficulté, comme on dit. Mais je veux dire par là que depuis 2017, il y a eu des signalements faits. Donc si on prend la dernière, je vais prendre la dernière plainte. Celle d'hier ? Oui, ou celle du 26, celle où on a la victime, la plainte et l'auteur, dans un problème de sexualité, de crime sexuel ou délit sexuel. On ne peut pas se permettre de dire, de ne pas aller le chercher. Là, il y a quelque chose qui manque. Parce que quand on a connaissance d'un tel délit...

5:18
Présentateur

Alors vous faites référence à la plainte de la petite Rosa en août 2025, qui est déposée, finalement récupérée par le tribunal d'Auch en janvier. Et c'est-à-dire qu'il n'y a pas de garde à vue, on n'est pas allé l'interroger ?

5:28
Invité

Les gendarmes devaient l'interroger dans les jours qui viennent. C'est-à-dire que déjà, la plainte est déposée dans un ressort qui n'est pas le lieu d'habitation du suspect. Donc, qu'est-ce qui se passe ? Le gendarme, tout à fait normalement, informe le procureur, évidemment, parce que c'est le directeur de la police judiciaire, et il envoie la procédure à son parquet compétent de son ressort. Le parquet compétent du ressort va voir le lieu de commission d'infraction. Donc c'est long. Alors, au départ, il aurait fallu, peut-être... Mais tout dépend de ce que dit le... Et ce que demande le procureur d'appui, parce qu'on répond aux ordres et aux demandes du procureur.

Le procureur à la République, en tant que gendarme ou policier. Donc tout dépend de ce qu'il a dit quand il a eu connaissance de cette plainte. Il a pu dire, on va attendre, on va se renseigner sur la personne, etc. Mais c'est dans le code de procédure pénale. Mais dans ce genre de problème de crime ou délit sexuel, je trouve que ce n'est pas normal. On agit comme ça quand on est sur les stups ou des choses de bande organisée. Mais quand on a un auteur de tel fait que c'est un prédateur, et que vraiment, il faut le sortir du système. Maître Delamore en dire, vous avez l'habitude de ce genre de procédure. Une plainte est déposée quelque part. Ce n'est pas le bon parquet.

On doit l'envoyer au bon parquet. Par courrier, ça nous paraît tout simplement, un, anachronique. Deux, quelle perte de temps avec des conséquences dramatiques aujourd'hui ? Alors, déjà, il faut effectivement rappeler le pourquoi. C'est simple. C'est-à-dire qu'en fait, c'est le parquet, les membres du parquet, qui sont les responsables de l'action de la police judiciaire. En fait, c'est eux qui donnent les autorisations. Et ces autorisations, elles sont territoriales d'abord. Donc en fait, effectivement, quand des faits sont éclatés sur toute la France, parce que là, on le voit, il y a Saint-Brieuc, il y a Béthune, il y a le Tarn. Enfin, on est sur toute la France.

Il faut que les parquets se mettent d'accord et se transmettent les procédures. Ce qui est... Pardon, il n'y a pas un fichier qui recense tout ça ? C'est-à-dire qu'on ne peut pas rentrer le nom de cette personne-là et... Si, le fichier casse-t-il, il faut pas ficher les tribunaux. Et pourquoi, dans ce cas-là, on ne fait pas ça ? Alors, je vais juste finir sur la transmission. Et puis après, on va voir ce qui se passe. Et c'était rappelé tout à l'heure par Manon Lefebvre, qui est la présidente du syndicat de la magistrature. Je veux dire, mais en fait, pour transmettre par voie des matérialisées, il faut être concret. Il faut avoir scanné les procédures.

7:50
Locuteur non identifié

Et en fait, on n'a pas toujours dans les juridiques...

7:52
Présentateur

Mais ça, c'est pas automatique, pardon, en 2026 ?

7:53
Locuteur non identifié

Alors non, c'est pas automatique. Ah d'accord, ok. Alors, en fait, c'est en train de s'automatiser progressivement

7:58
Invité

parce que les procédures sont générées de manière dématérialisée. Et on y va... Vous comprenez que ça peut nous paraître totalement... Oui, c'est lunaire. Lunaire. Mais on doit aujourd'hui déclarer ses impôts sur Internet, on est obligé de le faire, et on n'a pas de dématérialisation dans des cas aussi graves. On est dans la territorialité, encore une fois. C'est pour ça que... Et ce qui a été dit tout à l'heure en deux mots, pour finir, c'est qu'en criminalité organisée, il y a des extensions quasiment immédiates de compétences, en fait, parce qu'on passe directement à l'instruction, on dit on autorise une compétence nationale. On le voit très souvent.

On devrait le faire aussi là-dessus, mais surtout, il faudrait qu'il y ait des algorithmes qui clignotent dans tous les sens sur des faits comme ça. On dit, regardez, il y a un dossier prioritaire, il y a des faits avec un risque vital qui concerne un mineur, ça a clignoté à Béthune, ça a clignoté à Saint-Brieuc. Il faut qu'il y ait une mobilisation et un signalement, et ça, technologiquement, on peut le faire.

8:53
Présentateur

Dominique Rizet, revenons sur ce fameux fichier Cassiopée qui recense les informations relatives aux plaintes et dénonciations reçues par les magistrats. En 2025, quand un magistrat du parquet rentre le nom de Jérôme Barrella, on a déjà deux affaires, dont un dépôt de plainte sur une petite fille. Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné à ce moment-là ? Il y en a qui nous disaient, en 2011, les avocats, il y a beaucoup de bugs, on ne l'utilise pas forcément.

9:12
Invité

– Alors, il n'était pas forcément uniquement dans Cassiopée, il pouvait être aussi dans le tâche. – Dans le tâche.

9:18
Présentateur

– Le traitement des affaires judiciaires, les antécédents judiciaires.

9:23
Invité

– Le traitement des antécédents judiciaires. Sont inscrits au tâche les personnes condamnées pour des délits et pour des crimes. Je parle sous le contrôle. Et d'un avocat et d'un ancien policier. Sont inscrites au tâche aussi les infractions qui ont été classées sans suite. Ça s'appelle des classements 21, d'accord ? Parce qu'elles ont été insuffisamment caractérisées, c'est-à-dire on entre exactement dans le cas de l'affaire de M. Barrella. Mais ces inscriptions, elles restent au tâche. Celles qui disparaissent du tâche, c'est celles qui sont classées pour absence d'infraction. On appelle ça des classements 11.

Ce qui veut dire que, à l'évidence, si le travail a été fait, si on l'a versé au tâche, il apparaît. Ensuite, les classements 21, dont je vous ai parlé pour infraction non caractérisée, sont dans le tâche et apparaissent dans Cassiopée. Il y a d'autres... Si on recoupe les deux fichiers, on tombe forcément sur lui. – Il y a donc évidemment, à l'évidence, des ratés. On va vous entendre dans un instant, Mathieu Vallée, mais j'aimerais justement qu'on écoute Gérald Darmanin, qui s'est invité ce soir au 20h de TF1. Il a dénoncé des failles, des défaillances, et s'est même personnellement excusé.

10:40
Locuteur non identifié

Écoutez. – Oui, il y a eu des défaillances dans l'organisation du service public de la justice. Il y en a sans doute eu aussi chez les forces de l'ordre. Le ministre de l'Intérieur aura l'occasion de le dire. Et il y en a eu sans doute aussi dans d'autres services publics. Mais je ne veux pas rejeter la faute à quelqu'un. Nous avons failli, dans l'organisation concrète, de suivi de plaintes nombreuses, et notamment la dernière, celle qui a été déposée en août 2025. C'est très difficile. Donc oui, je m'en veux. Personnellement, parce que je suis père de famille, parce que je suis un citoyen comme tous les autres, et que moi je ne réfléchis pas…

11:11
Présentateur

– Parce que vous êtes ministre.

11:11
Locuteur non identifié

– Je ne réfléchis pas comme un comptable. Je réfléchis parce que j'ai du cœur et que je vois la souffrance de cette famille atroce. Il n'y a rien de pire que de perdre son enfant, assassiné, violé peut-être. Et je pense que les Français ont raison d'être en colère. Moi, je suis furieux de cette situation.

11:25
Présentateur

– Mathieu Vallée l'a dit « je m'en veux » personnellement. Il a présenté aussi ses excuses à la famille de Liana, aux Français, Gérald Darmanin, et il dit qu'il y aura des sanctions. Faut-il qu'il y ait des sanctions envers des individus uniquement ?

11:37
Invité

– D'abord Anne-Séphane, bonsoir, Dominique Tenza, bonsoir. J'ai une pensée pour la famille de Liana, 11 ans, quand on perd un enfant en stagiaire dans des conditions dramatiques dont on connaît pour l'instant les circonstances, puisque l'autopsie n'a pas pu déterminer au moment où on se parle les causes de la mort. Évidemment que ce meurtre est abject et dont on espère que la justice sera à la lumière. Je salue aussi, sans voler, l'action des gens qui durant une semaine, avec l'aide des habitants, il y a eu une battue, tout est en œuvre pour retrouver le corps de cette petite fille maintenant.

Vous savez, pardon de rebondir d'abord sur le logiciel, ce n'est pas un fichier, c'est un logiciel cassiopé et le traitement des intentions judiciaires qui sont augmentés par le logiciel de rédaction des processions de la police nationale et de la gendarmerie nationale. Alors côté gendarmerie, ça marche un peu mieux qu'en police, mais le ministère intérieur en matière de numérique, il est nul.

12:15
Présentateur

Et pourquoi il ne fonctionne pas ce logiciel ?

12:17
Invité

Ces logiciels sont en rade très régulièrement. Le logiciel de rédaction de processions de la police nationale est souvent en panne et souvent en maintenance. Et d'ailleurs, le directeur...

12:24
Présentateur

Ça existe depuis plus de dix ans, on pourrait penser que...

12:26
Invité

C'est bien parce qu'il n'y a pas de mise à jour logicielle et que les policiers... Ça va pas rassurer ceux qui nous regardent ce soir... Je sais bien, mais moi je suis obligé de vous dire la vérité d'un policier et des thématiques sécuritaires que je gère au sein du rassemblement nationale auprès de Marine Le Pen et de Jordans de Bardella. Notre priorité, j'avais demandé plusieurs fois au ministère intérieur, c'est une priorité, c'est qu'on mette le paquet sur ce logiciel.

Mais tu veux faire ce matin, je l'ai dit ça parce qu'il y avait un magistrat qui était ici à la même place que moi, David Senna, qui disait qu'effectivement le logiciel qui a se paie longtemps a mal fonctionné, mais aujourd'hui il fonctionne beaucoup mieux. C'est lui qui le reconnaît. Il y a eu des mises à jour. Mais c'était pas ça qui était... Mais vous savez que... Le député du GERF d'ailleurs qui dénonçait ça dès l'an dernier disait lui-même que ça fonctionnait mieux pour aujourd'hui. Oui, Cassiopée c'est la justice, mais les policiers et les gérards n'ont pas assez accès à Cassiopée. Ils passent par un magistrat. C'est l'ancien officier de police judiciaire qui vous parle.

Donc la réalité c'est que des informations qui sont dans Cassiopée ne sont pas forcément dans le logiciel qu'on appelle le traitement des antécédents du CERF. Pour que vos téléspecteurs comprennent bien, dans cet âge figurent toutes les personnes qui sont entendues et pour lesquelles il y a un entendu d'enquête après identification de ce qu'on appelle un creuil. Bon, j'ai été technique. Ce que je veux vous dire, c'est que d'abord il faut améliorer le numérique mais ça paraît dérisoire par rapport aux faits d'où on parle. D'abord, il faut bien que vous compreniez que sur le judiciaire aujourd'hui, la gendarme et la police sont en souffrance.

Il manque d'officiers de police judiciaire, il manque d'enquêteurs. Là évidemment ce n'est pas un problème de moyens mais ce que je veux vous dire, c'est qu'il faut qu'aujourd'hui tout est prioritaire.

13:45
Présentateur

Donc vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron quand il dit que ce n'est pas un manque de moyens ?

13:47
Invité

Bien sûr, mais il faut trois priorités. Les violences conjugales parce qu'elles tuent, le narcotrafic parce qu'il tue et les violences sur les mineurs. Aujourd'hui, il faut une vraie prise de conscience collective, un vrai électrochoc qui tue également. Voilà, tout le reste doit devenir accessoire. Quand il y avait le Beauvau de la sécurité, je l'avais dit à Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, aujourd'hui on prend des plaintes pour tout et n'importe quoi. Donc il faut que quand il y a une plainte, le service soit rapidement saisi. Vous avez vu, quatre mois.

Il a fallu quatre mois entre le dépôt de plainte à Toulouse et la saisie d'un service d'enquête sous l'autorité du procureur de la République de Hoche. Il a fallu quatre mois. Vous êtes d'accord avec ça ? Je suis un peu long, mais pardon. Il faut que ça soit plus rapide. On a essayé de donner la parole à tout le monde. Et pardon, je termine. Moi, je n'oublie pas. Chahinez, cette femme qui avait été brûlée vive par son ex-compagnon à Mérignac en 2021, les sanctions, lorsqu'elles étaient tombées, elles avaient visé deux commissaires de police, deux officiers de police, un brigadier de police qui était à l'origine de la prise de plainte.

Et les magistrats n'avaient ni été sanctionnés, ni été inquiétés par les défaillances aussi qui étaient d'autoritées. Vous dites violences sexuelles, violences conjugales, narcotrafic, ça fait quand même beaucoup de priorités. C'est les trois grosses priorités parce qu'elles tuent dans notre pays et que dans un service d'enquête, aujourd'hui, les violences conjugales, que ce soit dans la formation des gendarmes ou des policiers, comme dans le traitement judiciaire, c'est plutôt rapide, même s'il y a un féminicide tous les trois jours dans notre pays, à peu près. Et maintenant, pour les enfants, il faut mettre le paquet.

On ne peut pas laisser des prédateurs sexuels dans la nature dès qu'il y a un soupçon, principe de précaution, garde à vue, audition, éléments comme ça a été le cas, des examens médicaux, psychologiques, de manière à ce qu'on mette le paquet. On ne peut pas s'autoriser à ce qu'on perde des enfants dans les conditions qu'on connaît aujourd'hui. Bruno, ce que dit Gérald Darmanin ce soir, c'est que j'avais fait passer une circulaire. J'avais fait passer une circulaire en janvier qui n'a pas été respectée dans le cas présent pour faire des violences sexuelles contre les enfants une priorité. Il se défend comme ça, Gérald Darmanin ? Oui, il se défend comme ça.

Il expose effectivement l'existence de cette circulaire adressée à tous les procureurs, à la chaîne de justice. C'est vrai, mais manifestement, ça n'a pas fonctionné. De la même manière, le président de la République estime que ce n'est pas une affaire de moyens, qu'il a mis les moyens à la justice. C'est vrai, le nombre de magistrats professionnels dans le pays qui est à peu près autour de 8700 ou 8800. On a 13 magistrats professionnels pour 100 000 habitants. On est certes au-dessus de l'Italie, mais en Allemagne, c'est 24 pour 100 000 habitants. On n'est pas à la médiation. On n'est pas à la médiation européenne. Donc, on a encore beaucoup de retard à récupérer.

C'est vrai, mais il n'empêche, ce soir, même si le ministre a eu raison d'être en colère, a eu raison de faire part de son animation, il n'empêche, on ne sait pas, il n'a rien dit sur comment, demain, on évite une nouvelle affaire. Il y en a. c'est ça que les Français, ce soir, se posent comme question au-delà de sa circulaire n'a pas été appliquée. Alors oui, c'est sans doute que des têtes tomberont. Je ne suis pas sûr que ce soit celle que les Français attendaient. C'est laquelle, celle que les Français attendaient ? Je ne sais pas si les Français l'attendaient, mais c'est vrai qu'à un moment, on était limite de se demander si Gérald Darmanin n'allait pas présenter sa démission.

où les ministres de la Justice démissionnent pour beaucoup moins que ça. Ça arrive, ça arrive dans peu de pays. En réalité, ça arrive en Scandinavie. On ne démissionne plus pour ça en France. Il y a un bel lurette qu'en France, les ministres ne démissionnent plus.

16:52
Présentateur

Mais Vincent Lamourandier, moi j'ai regardé cette circulaire envoyée par le ministre de la Justice, elle définit les violences envers les mineurs qui côtoient les violences faites aux femmes, on est d'accord, mais les violences aussi faites aux élus et celles liées aussi à l'orientation sexuelle. Est-ce que ça ne fait pas beaucoup ? Est-ce qu'il ne devrait pas y avoir qu'une circulaire par exemple sur les femmes et les enfants ?

17:07
Invité

Mais je vais prendre le problème même en amont. Vous savez, c'est quand il y a un dysfonctionnement dans un service où il y a des salariés, etc., puis il y a quelqu'un qui vous dit « Oui, mais j'ai envoyé un mail. » Et j'ai envoyé un mail pour se laver les mains de suivi du résultat et c'est exactement faire une circulaire.

17:24
Locuteur non identifié

C'est l'équivalent, si vous voulez. Donc, ce n'est pas suffisant de faire des circulaires. C'est ce qu'il aurait fait le faire alors ? Je suis d'accord avec Mathieu Vallée sur un point sur la question des plaintes. 4 800 000 plaintes et je pense qu'il faut aussi intégrer, il faut que les justiciables se disent « Mais collectivement, on pose trop de plaintes peut-être pour trop de motifs et peut-être qu'on sature les commissariats. » Moi, je me suis toujours posé une question « Est-ce qu'on ne pourrait pas faire quelque chose même symbolique ? Un timbre fiscal de 10 euros pour que des gens qui vont déposer une plainte simplement parce qu'ils ne sont pas contents,

17:57
Invité

ils ont envie d'embêter leurs voisins ou de régler un problème de mauvaise humeur si vous voulez, ne dépose pas de plaintes. Associer les justiciables Il y a un trop-plein

18:08
Locuteur non identifié

de plaintes en France de manière générale. 4 800 000, 1 900 000 de plaintes classées en France.

18:12
Invité

Et on est tenu de prendre des plaintes. Comment on peut gérer

18:15
Locuteur non identifié

ce flux à part avec de l'IA ?

18:17
Invité

Sur l'IA, l'intelligence artificielle aujourd'hui, elle est inexistante dans les procédures des policiers et des gendarmes et vous savez qu'en police nationale, il y a 3 millions de procédures qui sont en jachère dans les placards des commissaires de police parce que non pas que les policiers sont mauveux et que les enquêteurs ne veulent pas travailler mais parce qu'ils ne sont pas assez. Là, en l'occurrence, dans cette gendarmerie, visiblement, il n'y avait pas un surplus de stock en quête le déterminant administratif.

Mais j'ai entendu sur les réseaux sociaux, je profite de votre plateau, qui disait qu'on veut moins d'agresseurs de l'IA ou d'agresseurs sexuels dans la rue et les Mohamed Hamra, finalement, ce n'est pas important. Mais si, les deux tues, il y a Fabrice Moineau et Arnaud Garcia qui ont été à Saint-Jean-Périton, c'est Arthur Ackarville. Donc, ils ont été tués par le narcotrafic pour libérer Mohamed Hamra. Donc, il faut avoir la même main ferme sur le narcotrafic, sur les violences conjugales et sur les violences... Pourquoi je dis ça ? Parce que je sais comment ça marche. À chaque nouveau ministre, à chaque nouveau gouvernement, des nouvelles priorités et une priorité chasse une priorité.

Tout est prioritaire et finalement, plus personne ne s'occupe de rien. Mathieu Vallée, il y a un point sur lequel vous étiez d'accord avec le président de la République tout à l'heure. Je le signale parce que ce n'est pas tous les jours comme ça. Le manque de moyens n'est pas une excuse dans cette affaire. En tout cas, on va écouter Emmanuel Macron.

19:21
Locuteur non identifié

Moi, je ne veux entendre aucun argument de moyens dans cette affaire parce que depuis 2017, j'invite chacun à regarder les moyens qui ont été mis dans la gendarmerie, dans la justice. Donc, c'est une question de réponse, de fermeté, d'organisation, de responsabilité. On ne peut pas accepter ce qui s'est passé. On ne peut pas regarder en face sa famille et lui dire que tout s'est bien passé. C'est faux. Donc, comme vous, je suis choqué par ce qui s'est passé et par ce qu'on entend.

19:45
Présentateur

Et pourtant, on va regarder les chiffres tous ensemble. Le budget de la justice, c'est plus 55% depuis 2017. Il y a eu une augmentation aussi des effectifs sur la période 2023-2027. Mais il y a des effectifs qui restent bien inférieurs, c'est ce qu'on se disait à la moyenne européenne notamment.

19:59
Invité

Non, mais clairement, s'il y a un budget qui a été sanctuarisé, c'est le budget de la justice. Depuis 2022, c'est incontestable et même un peu avant. D'ailleurs, il y avait plutôt unanimité sur ce plan-là. Mais c'était un rattrapage d'une situation qui avait été très dégradée. Le ministère de la justice a longtemps été le parent pauvre des budgets successifs des années 2000-2010. Clairement, c'est une évidence. Donc, c'est un rattrapage et il était temps. Et à la fois, Éric Dupond-Moretti puis Gérald Darmanin ont plutôt suivi cette politique. Je vous disais, on est à peu près à un peu plus de 8700 magistrats. Il y en a eu 500 à peu près d'embauchés l'année dernière.

On disait qu'il aurait fallu être à 1500 pour pouvoir tenir. Donc, ils ne tiennent pas eux-mêmes la ligne qui s'était fixée. Mais il y en a plus. Ce serait faux de le dire. Ce n'est pas suffisant. La France essaie de rattraper son retard pour vous donner un ordre d'idée. Et la moyenne européenne. L'Allemagne, c'est à peu près 10 magistrats de plus par tranche de 100 000 habitants. On est au-dessus de l'Italie mais on n'est pas à la moyenne européenne. Vous avez vu, Bruno, je dis que le gouvernement s'apprête à roboter le budget. 370 millions d'euros pour l'administration pénitentiaire, 234 millions d'euros pour la police nationale. Ce n'est pas possible.

On vient de vivre les pires émeutes depuis un an après le PSG. La pénitentiaire fait un boulot dingue sur tous les sujets qu'on vient d'évoquer. Moi, j'ai saisi les intérieurs pour le côté police. On ne peut pas raboter des budgets essentiels pour la nation qui protègent de l'extérieur par la police nationale ou de l'intérieur par la pénitentiaire. – J'ai Philippe Zanquet, vous êtes d'accord avec ça ? – Je suis d'accord avec vous parce que, si vous voulez, pourquoi on a des procédures ? On demande des fois un supplément ou une experte supplémentaire. Le juge, il dit, même au niveau de l'association que je représente, oui, vous avez bien raison, on va quand même essayer.

Et vous savez comment ça se termine ? Désolé, on n'a pas le budget. Et ça c'est souvent ? C'est très souvent. – Mais bien sûr. Dans l'association d'indiciat, on aide les familles, on a des contacts avec les juges comme les avocats et on demande des fois un supplément et ils sont d'accord. Même les gendarmes, ça leur arrive. Moi, ça m'est arrivé aussi en tant que gendarme que le juge me dit vous avez tout à fait d'accord, il faudrait qu'on fasse ça. Mais on n'a pas de budget. – Qu'on comprenne bien pour faire une procédure supplémentaire qui pourrait permettre… – Oui, de rechercher la vérité. – C'est ce que j'allais dire. Pour qu'il pourrait permettre de résoudre une affaire, il manque…

– Moi, j'en ai été le témoin. – Tous les jours, ça, régulièrement ? – Je ne sais pas. Écoutez, maintenant… – Ça arrive régulièrement, ça ? – Alors, la question du tarif, moi, je vais être… – La question du budget, la question de l'argent. – Sur le budget. Par exemple, quand il y a des mineurs en question, souvent, il y a un rapport entre la justice et l'ASE, l'ASE, l'Aide sociale à l'enfance.

22:38
Présentateur

– Alors, l'Aide sociale à l'enfance.

22:39
Invité

– Voilà, il faut l'expliquer. Là, j'ai une famille avec un jeune qui doit être suivi, qui doit faire l'objet d'une expertise psychologique, etc. On vient de recevoir un courrier de l'ASE et des associations qui sont partenaires de l'ASE qui nous disent « Nous avons été mandatés, mais il n'y a pas de budget. » – Voilà, oui, oui. – Donc, nous ne ferons pas le travail. Donc, vous avez un juge qui décide quelque chose, mais vous avez des relais éducatifs

23:02
Locuteur non identifié

ou administratifs qui ne suivent pas parce qu'il n'y a pas de…

23:04
Invité

– On comprend qu'il y a une question de budget, on comprend qu'il y a une question d'argent. Bruno, j'ai dit, moi, je vois aussi tous les responsables politiques qui sont tous d'accord pour dire que c'est un raté et qu'il faut plus de budget pour la justice. Mathieu Vallée, ce soir, le dit. Sauf qu'il y a quelques semaines encore, on parlait de budget pour la défense et que finalement, les priorités, elles changent au fur et à mesure de l'actualité. On le trouve où, cet argent ? Et on vient le prendre où ? – Non, mais il n'y a pas d'argent magique. La France est endettée. La France va devoir se désendetter.

Les années à venir sont absolument terribles sur le plan budgétaire que vous mettiez n'importe qui à la tête du pays. – Donc, on a beau jeu, ce soir, de dire qu'il faut plus d'argent pour la justice. – On a beau jeu de le dire parce qu'il faut aussi beaucoup d'argent pour l'armée. D'ailleurs, il y a une loi de programmation militaire qui vient d'être votée et qui, de ce point de vue-là, renforce là aussi les moyens de plusieurs dizaines de milliards. Mais ce n'est pas qu'une affaire de moyens, je pense, quand même, parce que là, on est plus dans une affaire aussi de priorité. À l'intérieur de la justice, il y a des priorités qui se sont multipliées ces dernières années.

Il y a la priorité sur le narcotrafic et des choses ont été faites. Il y a un parquet national contre l'actualité. – Il est intéressant de noter ce matin, il y avait une visite prévue sur le narcotrafic que le Premier ministre a annulée pour provoquer son garde des Sceaux et son ministre de l'Intérieur. Au début du mandat, c'était les violences faites aux femmes qui étaient la priorité. – Cause nationale. – Il y a beaucoup de choses qui ont été faites. Cause nationale du premier mandat et le deuxième mandat, ça s'est concentré sur le narcotrafic.

Effectivement, la question des mineurs, on le sait, et plusieurs associations ont fait des rapports remis au président qui avaient dit on fera, tout n'a pas été suivi loin de là. C'est peut-être aussi la multiplication des priorités par le président lui-même sur la question de la justice qui à un moment fait que les choses sont un peu noyées, un peu fourre-tout et on sait peut-être que après c'est aussi comment dire une explosion aussi de la délinquance ces dernières années tous azimuts qui fait aussi que même en augmentant le nombre de magistrats, eh bien il y a aussi une activité de la justice qui est de plus en plus importante.

D'ailleurs, j'étais étonné qu'on s'offusque des gens qui passent par l'IA pour chercher, pour trouver des pédocriminels sur les réseaux sociaux. Alors je sais que la procureure de Paris s'en est offusquée, mais ce qu'il faut c'est pas se dire pourquoi les gens cherchent et traquent des pédocriminels sur les réseaux. On a peur pour nos enfants et que si on avait des moyens humains et matérables par la justice, oui, ça serait les services d'enquête qui auraient beaucoup plus de temps de faire des infiltrations et de se faire passer pour des petits-enfants pour dénicher, traquer, interpeller, présenter à la justice et faire condamner ces pédocriminels, évidemment.

Maintenant, pardon, mais la responsabilité des juges, il faut la poser. Après Outreau, le juge Burgo, aujourd'hui, il travaille comme si de rien n'était. Après l'affaire de Chahinez, aucun magistrat sanctionné. Moi, je ne suis pas pour faire couper des têtes, mais je dis simplement que l'indépendance ne rime pas avec irresponsabilité. Quand les policiers et les gendarmes font des fautes, il y a des conseils de discipline. Vous dites comme Charles Darmanin. C'est exactement ça. Oui, d'accord, mais M. Darmanin parle beaucoup et agit peu dans la matière sur Chahinez. Il est ministre de l'Intérieur, il a fait des grosses sanctions pour les policiers et les gendarmes. M.

Dupond-Moretti, son homologue à la justice à l'époque, n'a pas fait du tout la même chose. Donc, il faut que chacun assume ses responsabilités. Évidemment que les juges doivent se prononcer au nom du peuple français en toute indépendance, mais quand dans les enquêtes, quand dans les jugements à postériori, quand le conseil superbe de la magistrature est saisi et que les carences sont constatées, les policiers et les gendarmes quand c'est le cas sont sanctionnés, les magistrats non seulement ne le sont quasiment pas, mais en plus reprennent leur cours de leur travail tranquillement. Et juger au nom du peuple français, ce n'est pas rien.

Mettre quelqu'un en prison, mettre quelqu'un avec des années de prison, quand c'est justifié, évidemment, moi, je suis le premier à vous le dire, c'est qu'on délègue nos pouvoirs à des juges pour juger en notre nom.

26:51
Présentateur

Mathieu Vallée, le Rassemblement national se battait pour la résurrection des peines planchers, c'est toujours le cas ? Vous le demandez ?

26:55
Invité

Alors, ça dépend, si vous comprenez bien la différence, la peine planchers, c'est pour les récidivistes et les multirécidivistes. Parce que les peines minimales, c'est pour même les primordiales d'accord quand on touche à l'uniforme de pouvoir aller en prison. Bien sûr. Oui, bien sûr, c'est quelque chose que nous on demande et que même Naïma Moutchou d'Horizon a présenté à l'Assemblée et qu'une partie d'Emmanuel Macron n'a pas voulu voter et qu'on représentera lors de nos prochaines liches parlementaires. C'est donc l'information de la soirée Le Cor retrouvée dans le silo agricole hier après-midi tout près de Florence.

Eh bien, celui de Liana, l'autopsie qui a débuté, a permis de le confirmer. On ignore, on ignore en revanche toujours les conditions de sa mort et notamment si la jeune fille a été violentée ou violée avant d'être tuée.

27:36
Présentateur

Car pour l'instant, le principal suspect, on vous le rappelle, dans ce dossier. Jérôme Barrella reste muet. Aucun aveu, aucune explication, une version la sienne que nous allons ce soir retracer avec vous, mon cher Dominique Rizet.

27:48
Invité

Oui. Alors, est-ce qu'on peut avoir la carte ? Voilà. On est à Fleurange dans le Gers à 15h05 vendredi dernier à la sortie du collège Uber Reeves. Voilà, je m'écarte, pardon. À la sortie du collège Uber Reeves, Jérôme Barrella fait monter dans sa voiture la jeune Liana, 11 ans, une amie de sa fille. Il est filmé par une caméra de vidéosurveillance. Cet horaire est donc confirmé dans le dossier. À 15h, 15h10 à peu près, on va changer de carte, M. Barrella dit avoir déposé Liana ici, à la piscine de Florence. C'est sa version, une version qui n'est pas confirmée. À 17h, M. Barrella dit qu'il va chercher sa fille à la sortie du collège. On est ici ? Où est-ce qu'il a le collège ? Il a disparu.

On le voyait ici. Donc, ça aussi, c'est sa version qui n'est pas confirmée. À 18h30, M. Barrella va ensuite assister à la fête de l'école de sa fille cadette à l'école dans un village voisin ici, à Montestruc-sur-Gers. C'est là qu'habite la famille. Cette version, elle est confirmée parce qu'on l'a vue à cet endroit-là. Ce qui veut dire qu'entre 15h, moment où il emmène avec lui Liana, et 18h30, il a 3h30 dans son emploi du temps, non vérifié, qu'il a pu passer avec Liana. À 18h45, les parents de la jeune fille appellent la gendarmerie pour signaler sa disparition. Et à 20h30, Jérôme Barrella est de retour à Florence et il frappe à la porte d'Audrey et de son mari.

Ce sont les parents d'une jeune fille de 11 ans qui a le même âge que Liana et qui a l'âge aussi de la fille de M. Barrella. Et là, il leur dit, il leur apprend que Liana a disparu. Voilà, ce qui est intéressant, c'est que les enquêteurs doivent maintenant vérifier ce qu'il a fait pendant ces 3h30. Merci Dominique. Et pour l'instant, donc Dominique, un suspect qui reste muet. Bonsoir Jacques Dallest. Vous êtes magistrat honoraire, ancien procureur général. Merci d'être avec nous ce soir. Votre éclairage sur cette affaire nous est précieux, notamment parce que vous avez eu à traiter le dossier Maëlys. Vous aviez requis la perpétuité contre Nordal-Lelandais. On y reviendra dans un instant.

Mais un mot d'abord peut-être sur l'information de la soirée. L'autopsie qui a démarré a permis d'identifier formellement le corps de Liana. Quand sera-t-il possible de connaître les circonstances de son décès ? Quand les opérations médico-légales se seront poursuivies, il faut s'en dire. Il y a encore un travail d'investigation sur le corps, déterminer les causes de la mort. Comme le corps devait être un petit peu putréfié, ce n'était pas si simple que ça. De quoi est morte la petite ? Est-elle étranglée, poignardée, étouffée ? Ça, je pense qu'on arrivera à le savoir a priori.

Et c'est en fonction de ces informations que l'instruction qui a été tendue à des faits de meurtre sur mineurs de 15 ans va pouvoir se développer. Puisqu'il y aura aussi des recherches techniques par ailleurs sur le véhicule du mis en cause. C'est souvent de cette manière que progresse un dossier. C'est en fonction des éléments matériels qui sont accumulés, médico-légal, mais aussi numérique, etc., qu'on peut orienter l'enquête. Et ensuite, le juge aura à faire entendre l'intéressé pour lui notifier sans doute une mise en examen supplétive et ensuite recueillir ses explications et on verra s'il persiste dans ses dénégations ou si au contraire il adopte un autre système de défense.

C'est comme ça que progresse un dossier. Ça permet aussi maintenant à la famille de se constituer partie civile avec un avocat et de pouvoir avoir accès au dossier.

31:41
Présentateur

Jacques Dales, est-ce qu'envoyer tout le parcours qui nous a été brillamment résumé par Dominique Rizet, est-ce qu'il y a des choses qui vous choquent ou est-ce qu'il y a des choses qui vous font tilter, qui vous font dire à un moment il y a eu quelque chose qu'on n'a pas pris en compte ?

31:54
Invité

Non, là, comme il l'a dit, comme Dominique Rizet l'a dit, il y a des incertitudes, il y a la version du mise en cause, il y a des choses plus objectives, on voit qu'il a un temps certain pour commettre un forfait, qu'est-ce qui s'est-il passé quand il a pris en charge la petite, que s'est-il passé dans son véhicule ?

C'était le cas pour Norda Lelandais, on l'intéressait, ce garçon a dit qu'il avait trappé la petite victime dans son véhicule, ça on le saura par la suite, il y a tout un travail aussi sur la scène de crime, dans le silo, savoir si le corps a été abandonné là ou si la petite a été tuée à cet endroit, ça aussi c'est pas neutre, on a quand même beaucoup d'informations pour tresser un portrait un peu accablant vis-à-vis du mise en cause et c'est comme ça que ça va progresser, parallèlement, il y a aussi tout un travail qui va démarrer sans doute sur la personnalité de ce garçon, des expertises psychologiques, psychiatriques et puis on sait aussi qu'il y a l'affaire dans l'affaire qui est la façon dont l'affaire a été traitée judiciairement avant malheureusement ces faits tragiques.

Jacques Dalest, il est 23h, à l'heure où l'on se parle ce soir, que se passe-t-il ? Est-ce qu'il y a encore des services qui travaillent ? Est-ce qu'il y a des examens qui sont faits ? Est-ce qu'il y a des personnes qui sont auditionnées ? On imagine que dans une affaire hors normes comme cette affaire Liana, ça ne s'arrête jamais. Oui, les enquêteurs de la gendarmerie travaillent forcément, ils se reposent aussi bien évidemment parce que c'est un travail lourd depuis une semaine. les experts, les magistrats, tout le monde travaille et compte tenu du retentissement extrême de l'émotion de cette affaire, tout le monde est sur le pont.

Et donc maintenant, c'est la justice à Agen, vous voyez qu'il y a une troisième juridiction après Toulouse, après Hoche, c'est maintenant Agen, qui est le pôle criminel pour la cour d'appel d'Agen, qui est en charge du dossier, le parquet, mais aussi le juge d'instruction. Donc c'est un travail collectif qui ensuite va être vraisemblablement très suivi par les médias. Je pense que vous aurez des informations au fil du temps et le procureur ne manquera pas certainement de communiquer sur les phases importantes de cette affaire.

33:58
Présentateur

Jacques Dallès, cette Peugeot 3008 appartenant au suspect, est-ce qu'elle peut encore nous révéler d'autres indices et combien de temps on va encore continuer à analyser cette voiture ?

34:08
Invité

Vous savez, dans l'affaire Nordal-Hollandais, Dominique Rizel la connaît bien, c'est que six mois après, quand les enquêteurs ont désossé, ont examiné très minutieusement l'intérieur du véhicule, qu'on a retrouvé une micro-trace de sang dans le coffre qui a permis de confondre Nordal-Hollandais. Il a fallu du temps et puis un travail très approfondi de la gendarmerie. Il y a dix ans en arrière, on n'aurait pas pu identifier de l'ADN. Donc ça va être fait pour le véhicule de Jérôme B. Et peut-être que cette étude va révéler d'autres informations fondamentales qui vont permettre d'éclairer. Il y a ça, il y a la scène de crime, le fameux silo, le domicile de l'intéressé.

Il y a plusieurs endroits, plusieurs lieux d'investigation et tant qu'il y a encore des choses à chercher, il faut le faire. Et surtout, tout ce qui se passe à l'extérieur, je pense aux silos, il faut aussi faire attention à la présence de badauds, de curieux qui peuvent aussi polluer l'espace. Donc il faut aller assez vite mais sans perdre de vue, la rigueur, la minutie, la méthodologie. Et ça, les gendarmes savent le faire. On parlait de cette micro-trace de sang dans la voiture de Nordal-Lelandais qui avait fait craquer finalement le tueur de la petite Maëlys. Pour l'instant, Jérôme Barrella, Jacques Dallès reste muet, refuse d'expliquer ce qui s'est passé.

Il y a sa version que Dominique nous a expliquée il y a quelques instants. Comment réussir à faire craquer le suspect ? Alors ça va dépendre de plusieurs facteurs. Peut-être que son avocat sera le conseiller utilement. Son intérêt, c'est de s'expliquer au mieux. S'il persiste dans ses dénégations alors que le dossier devient de plus en plus accablant, ça va être très difficile pour lui d'un point de vue psychologique certainement. Si au contraire, comme l'avait fait Nordal-Lelandais quand on lui a mis sous le nez la trace de sang, il a bien été obligé d'avouer les faits.

Donc c'est sans doute ces éléments qui seront peut-être incontestables, des éléments scientifiques qui vont peut-être l'amener à avouer les faits. Ça, c'est une façon de procéder. C'est aussi le travail du juge de savoir interroger quelqu'un de cet acabit qui n'est pas un délinquant d'habitude au sens où il n'a jamais fait de prison. Mais il peut aussi avoir une certaine fragilité. J'ai déjà dit qu'il faudrait être prudent sur son séjour en détention, sur sa situation carcérale parce qu'il y a toujours un risque de suicide de la part de ce genre de profil.

Voilà, c'est très difficile et les psychiatres sauront nous dire si on a affaire à quelqu'un qui est un psychopathe indifférent à la souffrance des autres ou quelqu'un d'ordinaire sans affection psychiatrique. Ça, on le saura certainement plus tard.

36:44
Présentateur

Une question de Dominique Rizet pour vous, M. Dallest.

36:47
Invité

Bonsoir, M. Dallest. Bonsoir. Dans l'affaire Maëlys, la petite Maëlys monte dans la voiture de Nordal-Lelandais et on retrouve cette tâche de sang mais après avoir complètement décortiqué la voiture dans le coffre. Ce qui veut dire que son corps a été transporté dans le coffre de la voiture de Nordal-Lelandais. Qu'est-ce qu'on peut espérer trouver dans la voiture de Jérôme Barrella du sang mais quoi d'autre qui pourrait nous apprendre ce qui a pu se passer dans cette voiture ? Donc, il admis avoir véhiculé la petite contre son ADN dans le véhicule, ce n'est pas surprenant et pas problématique. C'est normal. C'est plutôt à l'intérieur du coffre savoir s'il y a du sang, pourquoi pas.

S'il y a de l'ADN de la petite à l'intérieur du coffre, là, il ne vient pas par hasard, ça peut être aussi un élément intéressant. Voilà, puis peut-être d'autres éléments, je pense en particulier à des gravillons de la terre qui peuvent provenir des grains qui peuvent revenir du silo qui montrerait qu'il a été dans ce silo peu de temps avant. même si je crois qu'il y a travaillé il y a déjà quelques temps, vous voyez, tous ces éléments d'ordre matériel qui vont permettre de reconstituer sans doute son itinéraire et peut-être aussi de savoir ce qui s'est passé avec la petite.

Elle a certainement été transportée, ce qu'elle a été tuée dans le véhicule, à l'arrêt devant le silo, dans le silo, ça, on saura peut-être, puis vous le savez, comme les véhicules modernes sont dotés d'équipements connectés, peut-être qu'on saura à quel endroit il a pu ouvrir les portes, à quel endroit il s'est arrêté. Tout ça, ça va être éclairant et ça va se faire, je pense, assez rapidement et les gendarmes permettront de faire progresser l'enquête certainement.

38:27
Présentateur

Combien de temps rapidement ? Quand vous dites rapidement ?

38:30
Invité

Difficile à dire, il faut faire vite et bien. Je pense que beaucoup d'enquêteurs sont sur le pont dans cette affaire. L'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie travaille aussi. Il ne faut pas chercher à aller trop vite, même s'il y a évidemment une grande attente médiatique. Il faut le faire méthodiquement et c'est maintenant le juge d'instruction qui dirige le dossier. Ce n'est plus le procureur et c'est à lui justement de mettre en place les outils, la méthodologie pour avancer et aussi surtout tenir informé très étroitement les parents. Ça, c'est quelque chose de vraiment fondamental.

39:02
Présentateur

Monsieur Dalleste, je lisais, vous allez me dire si c'est une légende ou pas, que jusqu'au début du XXe siècle, il y avait des juges d'instruction qui pouvaient parfois, dans ce genre de cas, confronter le suspect avec le cadavre de la victime. Est-ce que c'est vrai ? C'était pour provoquer quoi ?

39:14
Invité

C'est ce que j'ai indiqué sur une chaîne. C'est une pratique. Allez-y, allez-y. Oui, c'est une pratique qu'on a connue fin du 19e, ça a duré un petit peu au début du 20e, où il arrivait que, surtout à Paris, que la police et les juges d'instruction conduisent le mis en cause, l'inculpé, à la morgue et derrière une vitre présente le corps pour essayer de provoquer un choc, un choc mental, un choc psychologique apte à faire avouer les faits. Vous voyez, c'est une drôle de pratique, on n'imagine pas la même chose aujourd'hui. Ça a eu quelques succès, il y a eu des échecs aussi et on a évidemment abandonné cette pratique. Restez avec nous, Jacques Dallès, Karine Dabadi.

L'autopsie, on le disait, ne fait que commencer. Le parquet confirme ce soir qu'il s'agit bien de Liana. Ça va mettre du temps pour comprendre ce qui s'est passé si la petite a été violentée, violée, agressée sexuellement, peut-être ?

40:13
Locuteur non identifié

Alors dire s'il y a des traces de violences et dire notamment des violences de tout type et des violences sexuelles, ça je pense qu'ils peuvent le dire même si le corps est possiblement comme on a dit abîmé, ce qu'on appelle putréfier-nous et que le travail est beaucoup plus difficile. Là, on ne sait pas la cause de la mort, c'est-à-dire qu'on ne connaît pas les lésions traumatiques. Il n'y a pas de lésions traumatiques à l'origine du décès. Ça veut dire que même s'il y a eu des violences, elles n'ont pas entraîné le décès.

Ça veut dire qu'il faut qu'on cherche autre chose et notamment possiblement un décès par asphyxie qui peut survenir de toutes sortes, soit par des pressions au niveau de la bouche, soit effectivement en mettant un sac au-dessus de la tête, soit en appuyant très fortement sur le thorax, soit des manœuvres de strangulation et tout ça effectivement sur un corps qui est abîmé. Ça peut être plus difficile à rechercher.

Maintenant, il y a des prélèvements qui ont dû être faits déjà, des prélèvements à visée anatomopathologique, c'est-à-dire qu'on va analyser les cellules sur des prélèvements au microscope, on pourra avoir des lésions qu'on ne verrait pas forcément à l'œil nu, surtout sur un corps abîmé. Il y a des analyses toxicologiques, des analyses ADN. Mais en tout cas, pour s'approcher de la cause du décès, on peut dire que ce qui va aider maintenant les légistes, c'est effectivement les analyses anapathes qui vont avoir été faites. On peut prélever de toutes sortes, soit des organes, soit même des muscles pour rechercher des infiltrations hémorragiques.

Ce qu'on va rechercher probablement, s'il n'y a pas de lésions traumatiques à l'origine du décès, c'est vraiment un décès d'origine asphyxique. Donc les prélèvements ont dû être vraiment orientés dans ce sens. S'il y avait par exemple une fracture de l'osioïde, on aurait pu dire qu'il y avait un décès par strangulation, ce qui n'est pas a priori le cas puisqu'ils ont dit qu'ils ne connaissaient pas à ce jour la cause du décès. Arnaud Gallet,

41:51
Présentateur

je rappelle que vous êtes et merci d'être là, président de l'association Move Enfants. La procureure d'Auche a révélé qu'il y avait plusieurs signalements concernant le suspect depuis 10 ans. On parle d'une première procédure en 2017. Comment vous expliquez c'est raté ces défaillances qui auraient peut-être permis de protéger la société ? Est-ce que c'est un manque de discernement ? Est-ce que c'est un manque de priorité ? Un manque de moyens selon vous ?

42:11
Locuteur non identifié

Écoutez, je pense qu'on est sans cesse dans les mêmes histoires. En réalité, c'est terrible. C'est-à-dire qu'il y a des défaillances. Il y a eu un rapport qui a été commandé par le président de la République. C'est le rapport de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants qui montrait déjà des défaillances.

42:24
Présentateur

Il y a 80 recommandations.

42:25
Locuteur non identifié

Il y a 22 préconisations et effectivement, il ne se passe pas grand-chose. Il y a quelques petites avancées, quelques annonces qui sont faites mais on ne voit toujours rien et c'est sans cesse la même histoire. En fait, vous regardez le périscolaire, c'est la même histoire. Vous regardez après les défaillances au niveau de la justice qui sont pointées sûrement effectivement par des banques de moyens mais aussi par des priorités qui doivent être fixées à un moment donné. Là aussi, vous regardez le mouvement MeToo-Inceste en 2021 avec 80 000 personnes. On a l'impression de découvrir. C'est exceptionnel, c'est formidable.

Et puis, ce qu'on a l'impression de découvrir, je vous permets de le dire ici, c'est un principe de précaution. Vous voyez, sur ces mêmes plateaux sur lesquels on est ici, vous avez des personnes qui disent sans cesse oui, la présomption d'innocence, la présomption d'innocence et nous, on est derrière en train de dire oui, oui, on est d'accord pour respecter la présomption d'innocence mais un enfant, c'est vulnérable, c'est la Convention internationale des droits de l'enfant et là, c'est un principe de précaution. Ils sont où les gens aujourd'hui quand il y a un meurtre comme celui-là qui se passe ? Ils sont où en fait ?

Non, les mêmes gens nous disent ah, c'est terrible, il y avait eu des signalements, des machins, etc. Donc, qu'on arrête un peu ce simulacre émotionnel comme pas possible et qu'on se dise au moment, moi, je vais vous dire un truc, je me permets de finir la suite. Il y avait quelque chose en priori, c'est à faire. Attendez, je vais vous dire un truc très simple. Dans ce pays, on ne se pose pas de question de la présomption d'innocence pour faire un fiché S avec des fichés S de personnes qui soupçonnent des gens de terrorisme et à juste titre, on se dit tiens, ça peut être des dangers, etc.

Mais les pédocriminels qui font 160 000 victimes par an ne sont pas des dangers pour la nation quand on a un signalement, quand on a obnamment X plaintes, etc. ne sont pas des dangers. Donc, plutôt que nous dire obnamment il faut une réforme de la justice et s'en prendre accessoirement au magistrat, ce qui est honteux, moi, je le dis au niveau du garde des Sceaux, je vais me permettre de finir, moi, je vais vous dire ce qu'il faut. Moi, je préférais avec le garde des Sceaux pour rassurer un peu tout le monde, disent obnamment, je demande une remontée de tous les parquets pour savoir le nombre de signalement, le nombre de plaintes, etc.

Et qu'on identifie les personnes et surtout qu'on les surveille. Parce que le vrai sujet, ce n'est pas uniquement d'avoir des noms, c'est d'être en capacité de surveiller et de protéger des enfants qui sont convoqués à la chancellerie lundi matin. Dans ces cas-là, qu'on n'aille pas vers un effet d'annonce qui sont convoqués, mais qu'on nous dise à nous, citoyennes, citoyens, nous, parents, qui sommes inquiets, qu'on nous dise ou non, qu'on nous rende des comptes, qu'on dise qu'il y a tant de personnes dans ce pays et qu'on voit bien effectivement les difficultés et qu'on permette de dire, je me permets de venir là-dessus, au procureur de la République, quelles sont leurs difficultés ?

Parce que les gens au niveau de la justice, ce sont des gens qui s'engagent, ce sont des gens

44:43
Invité

pour lesquels il faut être respectueux. On va continuer de vous entendre, Arnaud Galet, mais Jacques Dallest, vous êtes resté avec nous, on a besoin de comprendre. Quand vous étiez magistrat, est-ce qu'un dossier comme celui-ci qui arrivait sur votre bureau se retrouvait automatiquement en haut de la pile ? Est-ce que les dossiers de violences sexuelles sur les enfants étaient des dossiers prioritaires ? Oui, alors pas avec l'intensité qu'elle a depuis quelques années. Il y a une circulaire du garde des Sceaux début 2025 qui attire l'attention des parquets sur les violences contre les femmes et sur les enfants.

Il y a toujours cette problématique et je ne voudrais pas être très cynique, mais je pense qu'il y aura d'autres morts d'enfants dans les années qui viennent. Parce que dans une population de 60 millions d'habitants qui a des crimes, malheureusement, je crois que c'est assez incontournable, quel que soit le dispositif légal ? Il y aura toujours des gens qui passeront entre les gouttes parce qu'ils ne sont pas détectables. Et le problème des criminels sexuels, à la différence des autres criminels qui, eux, travaillent en marge de la société, narcotrafiquants, etc., le criminel sexuel, il est très inséré dans la société. Et donc, il est difficile à détecter, il est difficile à combattre.

On a affaire à des gens qui, socialement, ne posent pas de problème, souvent peu de condamnations et c'est difficile de les empêcher de nuire. Donc, on aura sans doute ce problème et quand on voit le nombre d'hommes qui sont attirés par les enfants, ça inquiète, forcément. Donc, voilà, après, c'est à la société de réfléchir à ça. Le problème des procureurs, c'est qu'ils sont submergés d'affaires ou qu'on pénalise de plus en plus de comportements. Il y a une espèce d'inflation des incriminations pénales, ça génère des contentieux lourds. Les procs sont saturés, les enquêteurs, tout autant. Évidemment, les victimes derrière veulent des réponses rapides.

Et quand je recevais des centaines d'affaires quand j'étais procureur à Marseille, mes collègues les traitaient, les enquêteurs ne pouvaient pas se démultiplier, il fallait prioriser.

Là, le problème qui nous intéresse, c'est qu'on a affaire quand même à une histoire particulière d'un individu qui a un profil très inquiétant et on a des faits de viol dénoncés en août 2025 assez lourdement établis, a priori, de façon médico-légale et qu'on continue à travailler sur cette affaire comme une enquête préliminaire ordinaire alors qu'il était tout à fait possible rapidement d'ouvrir une information, de saisir un juge d'instruction de façon à ce qu'on ait des moyens juridiques pour interpeller vite l'intéressé, permettre aux parents de se constituer partie civile, parce qu'on a vu que les parents s'étaient fait envoyer balader par les enquêteurs.

Voilà, il s'aurait pu être un cas de juridique meilleur pour agir.

47:14
Présentateur

Monsieur Dallest, avec des menaces aussi quand la maman de la petite Rosa porte plainte et qu'après elle veut avoir des renseignements, les gendarmes lui répondent arrêtez de nous appeler sinon nous on va déposer plainte pour harcèlement. Là aussi il y a un problème.

47:26
Invité

Oui, parce que cette affaire a été traitée je pense par tout le monde, les acteurs, comme une forme d'affaire ordinaire au même niveau qu'un cambriolage, un vol de voiture alors que justement une affaire de cette gravité dans des ressorts un peu ruraux il n'y a pas des milliers d'affaires on a un peu de peine à comprendre pourquoi il n'y a plus ce discernement aussi bien des enquêteurs que des procureurs pour dire là maintenant on agit différemment et on va vite on n'attend pas neuf mois pour agir même s'il y a une enquête qui est à mener là on avait quand même un certain un faisceau d'informations des précédents qui pouvaient être reprochés à cet individu c'est ça qui surprend et moi si j'avais été procureur je me serais peut-être planté bien sûr mais j'aurais peut-être dit tout de suite écoutez moi l'enquêteur vous m'appelez tout de suite je veux savoir où on est le dossier il faut qu'on se tienne au courant mutuellement on ne va pas attendre que vous ayez traité le dossier après trois affaires de cambriolage il y avait une vraie priorité dans un département qui heureusement n'est quand même pas touché massivement par ce phénomène mettre de l'amour en dire c'est finalement ce que vous expliquiez tout à l'heure c'est au bon vouloir vous déposez plainte et puis c'est au bon vouloir de celui qui va instruire la plainte qui va la trouver sur son bureau en fait ça se fait ça se fait même par un coup de téléphone entre les enquêteurs et les parquets mais donc il n'y a pas de traces écrites il n'y a pas de traitement algorithmique il y a une difficulté

48:45
Locuteur non identifié

j'aimerais juste rajouter un point dans le prolongement de ce qu'a dit Arnaud Gallet pour dire que le figès qui recense les délinquants sexuels en fait a été modifié

48:54
Invité

et dès les auditions en garde à vue ou une mise en cause dans une mise en examen par exemple en fait alors qu'il n'y a pas de jugement la personne est inscrite automatiquement dans le figès

49:05
Locuteur non identifié

voilà juste un petit point qui va dans ce sens là

49:08
Invité

Dominique Rizet pardon quand on entend Jacques Dallès ce soir dire finalement et il prévient sans cynisme des morts d'enfants il y en aura certainement d'autres on disait tout à l'heure que finalement les moyens ils sont là qu'est-ce qu'il faut pour éviter un nouveau drame de ce type qu'est-ce qui a dysfonctionné ce soir des procureurs comme Jacques Dallest malheureusement il s'est retiré ça y est maintenant il a pris sa retraite Jacques Dallest c'est lui qui a donné l'idée du pôle Colquais à l'Enterre qui est à l'origine un magistrat qui en plus de faire son boulot de magistrat et de gérer son parquet et bien a eu l'idée de proposer ça à des ministres qui ont finalement décidé de mettre en place ce pôle donc ça veut dire qu'il faut des magistrats comme lui quand il vous dit moi j'appelle les gendarmes ou les policiers je leur disais où est-ce qu'on en est c'est quelqu'un qui gère ses dossiers c'est quelqu'un qui aime son métier vous savez il y a trop de magistrats qui n'aiment pas leur métier ils font ce job et qui n'ont pas forcément envie de le faire et donc des personnes qui vont vous savez quand les plaintes arrivent dans un tribunal ça arrive au bureau de l'ordre on appelle ça le BO les plaintes elles sont elles sont réceptionnées toutes dans une espèce de grand réceptacle on pourrait appeler ça une espèce de baine dans laquelle tout arrive le bureau d'ordre donne un numéro à chaque procédure 2026 on est au mois de mai 05 22400 voilà vous savez ça maître parfaitement et puis à partir de là il faut faire du tri tri sélectif dans la benne donc les priorités de l'état c'est le narcotrafic les violences intrafamiliales les violences faites aux enfants c'était pas tout à fait ça c'est même pas du tout ça mais bon il y a un service administratif il y a quoi encore ?

comme priorité oui et bah écoutez il y a un parquet cyber qui est en train de se faire voilà sous la direction de Johanna Brousse et vous savez la directrice du syndicat de magistrature le disait tout à l'heure

51:06
Locuteur non identifié

les violences faites aux enfants la protection des enfants c'était pas un domaine qui était privilégié par l'autorité judiciaire aussi par faute de moyens et donc les magistrats demandaient pas forcément à être nommés

51:20
Invité

à cet endroit là parce qu'ils connaissaient les conditions de réalisation des enquêtes et que c'était difficile et maître à l'issue de ce tri sélectif et bien on distribue les affaires en fonction et bien de comment dire de la volonté que va imposer le chef du parquet et qui va dire ça je veux qu'on traite ça je veux qu'on me dise où on en est ce genre de dossier c'est important pour nous mais tous les procureurs ne sont pas Jacques Dalest

51:47
Présentateur

et on a beaucoup glosé aussi sur le fait que cette enquête a été faite par la brigade territoriale qui gère un peu tout les chiens écrasés et pas par une section de recherche est-ce que là ça avait une importance ou pas ?

51:55
Invité

Bien sûr mauvaise désignation du service on demande une petite brigade une BT une brigade territoriale de gendarmerie qui gère aussi

52:03
Présentateur

les accidents de la route par exemple c'est ça ?

52:05
Invité

qui fait de la police route qui fait des outrages c'est une brigade de village donc tout le monde sait qui fait beaucoup de police route on leur reproche d'ailleurs tous d'être sur le bord des routes plutôt qu'à faire de la PJ c'est peut-être pas faux d'ailleurs c'est peut-être pas faux parce que vous voyez les gendarmes à 7h du matin à midi à 18h dans le même village à des endroits différents qui essaient d'attraper des gens qui ont picolé il y en a plein ou qui ont fumé des produits ou pris des produits stupéfiants il y en a plein mais les mêmes gendarmes on pourrait leur dire aussi et les gars il y en a moins sur la route puis il y en a un peu plus qui vont faire de la PJ ça se passe pas tout le temps comme ça pardon Galek quand vous voyez tous ces pardon je suis pas tout à fait d'accord avec vous monsieur Rizet parce que bon la gendarmerie le gendarme fait bien son boulot mais j'ai pas dit que c'est mal son boulot mais c'est une multifonction on a de la police route on a du service administratif on a des enquêtes il y a des petites brigades c'est certain je suis tout à fait d'accord qu'ils sont pas qu'ils n'ont pas assez de l'enquête n'a pas été confiée à la bonne brigade je cite ah je suis d'accord déjà à la base à la base il aurait fallu dire on met au minimum une BR voire une SR parce que justement brigade de recherche section de recherche oui pardon brigade de recherche et section de recherche et donc à ce moment là oui mais ça c'est d'une part le procureur qui aurait dû un petit peu insister là dessus et il y a aussi le commandant de compagnie qui reçoit lui les courriers il aurait dû dire attendez on est une brigade bon il y a des OPJ évidemment qui sont compétents mais peut-être que ça dépassait un petit peu et en plus c'était pas tout à fait dans le même secteur donc ça aurait dû être organisé comme ça mais bon elle est revenue sur la table avec le soin transmis du CB bon ben voilà du commandant de brigade du commandant de brigade pardon on est dans la gendarmerie donc évidemment que ça peut des fois partir un petit peu en crabe Arnaud Gallet on explique qu'il y a eu énormément de failles dans ce dossier des ratés des plaintes qui n'ont pas été traitées est-ce que ce drame aurait pu selon vous être évité et est-ce que vous espérez que cette affaire puisse être un électrochoc on voit que le Premier ministre ce matin a réuni le ministre de l'Intérieur le ministre de la Justice on voit que la chancellerie a convoqué les procureurs lundi est-ce que vous espérez à moins d'un an d'élection présidentielle que ce soit un électrochoc

54:24
Locuteur non identifié

on espérait après ça fait très longtemps je ne crois plus au Père Noël réellement ça fait combien de temps finalement que nous militants sur le terrain nous alertons sur ces situations ça fait combien de temps en réalité qu'il y a des drames comme ceux-là des crimes qui sont faits qui peuvent effectivement être évités puisque finalement je vais vous dire c'est assez simple finalement en France on n'a aucune obligation de résultat au niveau des enfants vous voyez moi je suis désolé Argentan je suis entièrement d'accord il peut y avoir des morts il peut y avoir des crimes ça je suis entièrement d'accord on peut le dire surtout sur plein de choses mais là en réalité c'est de se dire quelle exigence est-ce qu'on se fixe nous société tout simplement pour que les enfants grandissent paisiblement tout simplement et là on voit bien qu'il y avait quand même quelques petits voyants rouges on le voit dans le périscolaire quand on je veux dire à tous les niveaux là par exemple est-ce que ça peut être évité est-ce que c'est normal par exemple que cette petite sorte à 15h alors qu'elle devait sortir à 17h et que ce n'est pas ses parents en fait qui donnent l'autorisation est-ce que c'est normal c'est une question qui est posée je ne suis pas sûr je ne suis pas dans l'enquête mais on verra effectivement ce que dit l'enquête il y a plein de dysfonctionnements dans le périscolaire est-ce que c'est normal que dans le 10e arrondissement vous ayez un animateur qui soit suspendu et qui soit réembauché dans le 11e ah bah non c'est pas normal et moi je suis désolé je trouve que systématiquement on est sur quelque chose où on a l'impression que ce sont des faits divers ce ne sont pas des faits divers on ne considère pas les enfants moi je le dis de cette manière là on ne considère pas les enfants en France comme des sujets de droit on l'a dit au niveau de la commission indépendante sur l'inceste c'est des violences sexuelles faites aux enfants le défenseur des enfants le rappelle la défenseur des droits le rappelle également et c'est ça en fait le sujet donc ça veut dire que obénamment on ne le dit pas suffisamment parce que là ça se passe effectivement avec quelqu'un qui est quand même dans l'environnement familial 80% de ces violences sont au sein de la famille dans ce pays vous avez un enfant qui meurt tous les 5 jours sur les coups de ses parents etc on n'arrête pas de le dire et on a l'impression qu'il n'y a rien qui se passe et nous on passe pour des excités et aujourd'hui on ne passe pas

56:15
Invité

Arnaud Gallet qui se bat depuis des années on sait plus souvent très vite pour répondre à votre question vous dites que ça peut avoir une incidence sur la campagne présidentielle et bien l'affaire la prise de conscience en tout cas Liana voilà et bien c'est peut-être le départ de la campagne présidentielle

56:31
Présentateur

allez dans un instant vous allez retrouver votre doc ligne rouge sur la mort de Liana du drame au scandale d'Etat mais Jacques Dallès une dernière question est-ce que la mort de la petite Liana aurait pu être évitée selon vous ?

56:45
Invité

Je pense que compte tenu de l'enchaînement des circonstances on aurait pu interpeller le mis en examen avant maintenant c'est facile de refaire l'histoire après coup bien sûr mais on avait tous les ingrédients pour pouvoir agir je pense beaucoup plus tôt Il y aura des sanctions dit le garde des Sceaux il y a des têtes ce soir qui doivent tomber selon vous ?

Non moi je n'ai pas d'avis là-dessus et puis je n'ai pas à donner mon sentiment je crois qu'on verra ce qu'on dira à l'inspection si ensuite les défaillances d'ordre disciplinaire peuvent être soulevées ça ce sera l'appréciation du garde des Sceaux s'agissant des parquets et du conseil supérieur de la magistrature voilà après rappelons quand même les contraintes qui pèsent lourdes qui pèsent sur les procureurs aujourd'hui moi je me mets à leur place on peut commettre des erreurs et peut-être que ce sera porteur d'évolution positive pour l'institution dans son ensemble

57:36
Présentateur

Et c'est notre service police-justice qui nous disait que cette procureure d'oche avait aussi subissé du harcèlement des menaces de mort notamment sur les réseaux sociaux Est-ce que vous vous dites qu'il doit y avoir des sanctions ? Vous vous attendez ?

57:47
Invité

C'est trop facile en fait de s'en prendre à une procureure qui est surchargée saturée vraiment c'est de la saturation de la justice c'est pas la lenteur je le répète c'est un problème systémique d'abord il faut changer le système

58:01
Locuteur non identifié

Ce qu'on peut quand même rappeler c'est que la France a été condamnée quand même à plusieurs reprises pour des questions de victimisation secondaire c'est que les procédures sont extrêmement longues je vais vous donner un seul exemple je suis désolé le mien moi ça fait 8 ans que j'ai déposé plainte ça fait 8 ans que c'est toujours en cours ça fait 8 ans qu'il se passe quasiment rien ça veut dire quoi ?

ça veut dire qu'en fait c'est une peine supplémentaire pour les victimes alors à la limite on se dit bon c'est pas grave les victimes de toute façon on les considère pas beaucoup c'est pas grave je vais vous dire comme ça mais c'est pas ça c'est que pendant ce temps là vous avez potentiellement pendant 8 ans des agresseurs qui sont en liberté et qui peuvent tranquillement récidiver et à qui on renvoie aucun message même pas l'interdit c'est ça le sujet donc ça veut dire quoi ? ça veut dire qu'on peut autant comment dire venir sur les plateaux parler etc il se passe absolument rien et là il y a une responsabilité du garde des Sceaux elle est évidente du ministre de l'Intérieur également

58:46
Invité

cette affaire sera peut-être effectivement peut-être l'un électrochoc et le début en tout cas de quelque chose une certitude ce soir le corps découvert hier dans un silo abandonné du Gers c'est bien celui de Liana 11 ans les causes de sa mort restent encore inconnues à l'heure où nous parlons d'autres expertises pourraient permettre d'en savoir davantage et peut-être peut-être de préciser le rôle du suspect numéro 1 toujours ce soir placé en détention et peut-être