Candidature à la présidence LR: l'interview de Laurent Wauquiez en intégralité
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Bonsoir Laurent Wauquiez. Bonsoir. Merci d'être avec nous ce soir dans C'est pas tous les jours dimanche, président des députés Les Républicains. C'est la première interview que vous accordez à la télévision depuis votre déclaration de candidature pour diriger votre famille politique. On en parlera évidemment longuement dans un instant. On évoquera aussi la question des violences à Notre-Dame de Bétaram. Les réponses de François Bayrou vous ont-elles convaincus ? La semaine à venir à l'Assemblée Nationale, entre motion de censure et vote sur la désignation de Richard Ferrand au Conseil Constitutionnel, on parlera aussi de la situation internationale à la veille d'une réunion à l'Élysée.
Mais d'abord donc, cette campagne interne qui vous oppose au ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, il est beaucoup plus populaire que vous dans les sondages. Il est soutenu par des figures importantes, Xavier Bertrand, Gérard Larcher, François-Xavier Bellamy, pour ne citer qu'eux. Vous pensez vraiment pouvoir gagner ou c'est une candidature de témoignage, Laurent Wauquiez ?
Je fais rarement des candidatures de témoignage. Et vous savez, des matchs écrits d'avance en politique, j'en ai connu beaucoup. La politique, c'est pas les sondages qui la décident. Et pour moi, d'abord, c'est pas un match. J'ai tout fait pour éviter ça. Parce que je pense qu'au moment où la droite se reconstruit, le pire des scénarios, c'est précisément une guerre de chefs. Moi, je crois à un scénario qui est complémentaire. Je crois à un scénario dans lequel, au lieu de se diviser, on additionne. Et je pense profondément que dans l'organisation, parce que c'est ça la question, c'est comment la droite s'organise pour faire réentendre sa voix.
Ce que je pense, c'est qu'on a besoin de ministres au gouvernement, qu'on soutient, qu'ils se battent pour avoir des résultats, et c'est très difficile. Et on a besoin, au parti, de quelqu'un avec une équipe totalement engagée dessus, pour construire le projet de rupture dont on aura besoin. Et donc, pour répondre très clairement à votre question, bien sûr que j'y vais.
– Donc vous y allez pour gagner ?
– Bien sûr que j'y vais pour reconstruire cette parole de la droite à l'intérieur de notre parti. Et on ne choisit pas notre candidat à la présidentielle, là. On choisit quelle est la meilleure organisation. Et pourquoi est-ce que je pense que c'est compliqué et qu'au lieu de diviser, il faut qu'on additionne ? Ministres de l'Intérieur, vous voyez les statistiques de la délinquance ? La difficulté à laquelle nos compatriotes sont exposés au quotidien ? On a en France maintenant, toutes les deux minutes, une agression. C'est sans doute un des jobs les plus exigeants au sein du gouvernement. C'est un travail à temps plein. Vous ne pouvez pas faire deux choses en même temps.
– Mais vous entendez, Laurent Wauquiez, ce que répond Bruno Roteau. Et rentrons de plein pied dans la discussion, même si je reviendrai sur la question de savoir qui est favori ou challenger, mais vous dites que c'est un job à plein temps. Mais dans ce cas-là, ça veut dire que Nicolas Sarkozy n'était pas ministre de l'Intérieur à plein temps quand il était ministre de l'Intérieur, président de l'UMP et candidat à l'élection présidentielle. Ça veut dire que François Bayrou, qui est à la fois Premier ministre et président du MoDem, n'est pas Premier ministre à plein temps. Au fond, on a le sentiment que cette critique ne vaut que pour Bruno Roteau.
– Il y a 20 ans, vous me parlez de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et président de notre formation politique, il y a 20 ans. – Qu'est-ce qui a changé ? – Enfin, M. Duhamel, tout a changé. Vous n'avez pas vu la situation dans le pays ? Vous ne voyez pas la barbarie ? Vous ne voyez pas l'ensauvagement ? Qu'est-ce qui a changé ? Les agressions en France aujourd'hui sont deux fois plus élevées qu'à l'époque de Nicolas Sarkozy. L'année dernière, 2024, notre pays a délivré son record de titres de séjour. Jamais la France n'avait délivré autant de titres de séjour sur des étrangers. dans un pays où les Français disent stop, il faut qu'on arrive à limiter. Et donc, qu'est-ce qui a changé ?
Mais ce qui a changé, c'est qu'il y a une situation extrêmement difficile sur le front de la sécurité et de l'immigration et que les Français demandent et attendent et c'est normal qu'il y ait un ministre qui soit à temps plein et qui apporte des résultats.
– Bruno Retailleau, je vous prends au mot sur la question des résultats. Bruno Retailleau dit « je commence à en avoir ». Il dit « depuis que je suis arrivé au ministère de l'Intérieur, l'immigration commence à diminuer, je commence à en avoir ». Vous trouvez qu'il n'en a pas suffisamment et que ce serait trop audacieux de cumuler ministre de l'Intérieur et président de parti ?
– Mais on va tout faire pour l'aider. Et je veux qu'il réussisse. Parce que je vous l'ai redit, pour moi, ce n'est pas une guerre. Ce n'est pas un match. La seule question que doit se poser la droite, c'est comment elle s'organise pour faire réentendre sa voix. Je veux qu'il puisse réussir. Et je veux qu'il réussisse à avoir des résultats. Et comme président de groupe, on s'est engagé pour l'aider. Je vais prendre un exemple très clair. Comme ça, j'aime bien que ce soit concret. Mayotte. Le projet de loi qui était déposé par le gouvernement ne traitait pas la question de l'immigration.
On s'est coordonné avec Gérald Darmanin, avec Bruno Retailleau, pour que nous, nous puissions prendre une initiative avec les députés de la droite républicaine et porter un projet de loi qui permette de supprimer l'accès au droit du sol pour les illégaux. C'est le seul projet de loi sur l'immigration qui a été voté depuis septembre. C'est le seul qui permet de faire avancer les choses. Donc quand vous m'interrogez en me disant est-ce qu'il faut l'aider à avoir des résultats ? Bien sûr. Et c'est ce que je ferais.
Je ne comprends toujours pas en quoi c'est incompatible avec le fait de diriger sa famille politique. François Bayrou est président du Monem. Vous-même, Laurent Wauquiez, vous allez me dire que c'est quelque peu différent. Vous êtes à la fois président des députés Les Républicains, vous êtes président de votre groupe à la région, vous êtes même conseiller spécial du président qui vous a remplacé puisque vous ne pouviez pas cumuler les mandats. Les responsables politiques ont l'habitude de mener plusieurs tâches de concert, non ?
Est-ce que juste on peut être sérieux deux secondes ? Vous me dites que je suis député et conseiller régional. Vous me considérez que ce n'est pas exactement le même niveau d'investissement que ministre de l'Intérieur. Qui que ce soit qui nous écoute pense qu'on peut être ministre de l'Intérieur et faire autre chose en même temps. L'époque a changé, je suis désolé. Vous avez vu les réactions ? Quand François Bayrou a été au conseil municipal de Pau, parce que je pense que précisément ce qu'attendent les Français sur ce sujet principal, c'est une implication à 150%. Bruno dit, et je respecte...
Il dit que c'est la campagne le soir et le week-end.
Sur mon temps libre. Oui. Mais il n'y a pas de temps libre pour un ministre de l'Intérieur. La délinquance, elle ne s'arrête pas à 18h. Elle ne s'arrête pas le week-end, comme vous l'avez dit. Mais elle ne s'arrêtait pas non plus le week-end
quand Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur, Laurent Wauquiez.
Mais pardon, la situation, je vous le redis, n'avait rien à voir. Est-ce que vous êtes d'accord avec moi que les agressions se sont multipliées par deux dans notre pays en 20 ans ou non ?
La situation sécuritaire s'est dégradée à certains égards. À d'autres, certains considèrent qu'il y a une forme de linéarité, si j'ose dire. Je ne suis pas certain que la seule question de la situation sécuritaire justifie une telle différence de traitement entre Nicolas Sarkozy et Bruno Retailleau. Mais c'est un argument que visiblement vous avez choisi d'employer...
Non, pas du tout. Parce que je pense juste, et je vais revenir après sur un deuxième sujet, je pense juste que oui, pardon, la vie politique a changé. Qu'elle n'est pas la même qu'il y a 20 ans. Oui, je suis désolé de vous le dire, je pense qu'il y a des missions qui nécessitent d'être engagées pleinement. Oui, je pense que les Français ont besoin d'un ministre de l'Intérieur à temps plein. Et oui, je pense qu'il faut qu'on aide Bruno à réussir dans cette mission et je le ferai comme président de notre parti. Il y a un deuxième point qui est gênant. Et qui fait qu'au contraire, il faut miser sur une complémentarité. La droite va avoir besoin d'une parole très libre et très indépendante.
Surtout dans la période actuelle, qui est une période de confusion, dans laquelle on est quand même dans un gouvernement avec des socialistes, avec François Bayrou, puisque vous aimez l'histoire politique. Je n'ai quand même pas totalement oublié que François Bayrou avait appelé à voter contre Nicolas Sarkozy pour François Hollande.
Enfin, vous avez à valiser, Laurent Wauquiez, le choix et la volonté de gouverner avec François Bayrou.
Est-ce que je peux aller au bout de ma réponse ? Et après, je prolongerai l'échange avec plaisir. Dans ce cadre-là, quand vous êtes au gouvernement, il y a une solidarité gouvernementale. Bien sûr que dans son pourtour, et c'est très précieux, le ministre de l'Intérieur a réinstauré une liberté de ton. Et quand vous êtes dans un gouvernement, vous n'avez pas cette liberté de ton à l'égard du Premier ministre, à l'égard de membres socialistes, à l'égard parfois de la pression qu'exercent des députés socialistes sur des compartiments de l'action du gouvernement.
Là encore... Vous avez un exemple d'un moment où Bruno Retailleau aurait été en quelque sorte empêché de dire des choses par rapport à vous ? Parce que moi, je n'en ai pas spécialement en tête ces derniers jours ou ces dernières semaines.
Je vais vous répondre. Mais si vous me permettez, d'abord, je ne fais pas campagne contre Bruno Retailleau. Je fais campagne pour qu'on trouve la meilleure organisation et qu'on soit complémentaire. Que lui réussisse à l'intérieur, et qu'on réussisse à faire réentendre la voix d'un parti qui en a besoin, les Républicains. On va prendre un exemple très simple. Quand le ministre de l'Économie et des Finances explique, M. Lombard, qu'en France, il n'y a pas trop de dépenses publiques, qu'il n'y a pas trop de fonctionnaires, qu'il n'y a pas trop d'agences administratives. Le ministre de l'Intérieur ne peut pas s'exprimer contre ça parce que c'est son collègue au gouvernement.
Parce que la solidarité gouvernementale l'oblige à respecter cette règle, qui est une règle normale. Le président de parti demain, il doit pouvoir s'exprimer très fortement, comme je l'ai fait, en disant « mais c'est n'importe quoi ».
Donc il manquera d'indépendance, c'est ça ?
Non. La seule chose, c'est que le poste lui-même ne permet pas cette liberté dont on a besoin. Vous voulez qu'on prenne un exemple ? Ce matin, le ministre de l'Intérieur était interrogé sur la question de savoir si Richard Ferrand, c'était une bonne idée pour le nommer au Conseil constitutionnel.
On explique pour ceux qui nous regardent, mercredi, vote sur la désignation du président du Conseil constitutionnel. Le président de la République a proposé à Richard Ferrand, un de ses proches anciens présidents. Et ce matin, Bruno Retailleau a refusé de répondre à cela en disant « séparation des pouvoirs, je ne me prononcerai pas sur le choix de Richard Ferrand ».
Vous avez l'illustration de ce dont on discute. Pourquoi ? Le poste de président du Conseil constitutionnel, il est fondamental. Dans les institutions aujourd'hui en France, et je le regrette, le Conseil constitutionnel a pris une place considérable avec une jurisprudence qui, à mes yeux, a souvent déviée, qui n'est plus uniquement une jurisprudence juridique, mais souvent avec un arrière-plan idéologique. Quand le ministre de l'Intérieur est interrogé dessus, il dit « je ne peux pas répondre à cause de la séparation des pouvoirs ». Ça n'a rien à voir. Ce n'est pas la séparation des pouvoirs.
C'est juste qu'il ne peut pas répondre parce que, de fait, étant dans un gouvernement avec François Bayrou, avec comme président Emmanuel Macron, pour lui, c'est trop difficile d'exprimer son point de vue.
Mais alors, pardonnez-moi, Laurent Wauquiez, mais dans ce cas-là, si je vous suis, ça veut dire que, vous, à la tête des députés, les Républicains, vous allez vous opposer à la désignation de Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel ?
Mais ça veut dire, et je vous réponds, moi, avec une très grande clarté, une très grande netteté, oui, la proposition de nommer Richard Ferrand pose problème à la tête du Conseil constitutionnel.
Elle pose problème ? Est-ce que ça veut dire que les députés et les sénateurs membres des Républicains vont s'opposer ? Vous savez, vous connaissez les règles, évidemment, il faut 3 cinquièmes des parlementaires pour que la nomination capote. Est-ce que vous allez, au fond, donner cette consigne à vos parlementaires de s'opposer à la désignation de Richard Ferrand ?
D'abord, je voudrais, si vous me permettez, répondre à votre première question. En quoi ça pose problème ? Ça pose problème, pourquoi ? M. Ferrand vient du Parti socialiste. Ça a été un des principaux soutiens de la Macronie. Il n'a aucune expertise juridique. Et donc, qu'est-ce qu'il va se passer ? On va encore une fois avoir, comme on a connu avec Laurent Fabius, une jurisprudence qui risque d'être très orientée politiquement. Ce qui pose des problèmes très concrets sur la question de la maîtrise de l'immigration. Quand la jurisprudence du Conseil constitutionnel aboutit à ce qu'on ne peut pas reconduire à la frontière des terroristes étrangers ou même faire des rétentions de sûreté.
Quand le Conseil constitutionnel a considéré que n'était pas sanctionnable pénalement le fait de consulter des sites djihadistes. Quand même, le Conseil constitutionnel considère que la France doit automatiquement donner l'accès gratuit à l'université à des étudiants étrangers. Mais donc, si vous êtes cohérent, Laurent Wauquiez... Et donc, je suis cohérent. Ça veut dire que mardi, avec les députés de la droite républicaine, un, nous allons prendre position sur ce sujet. Cette position sera collective. et moi, je vous dis aujourd'hui sur votre plateau, pour moi, elle pose problème. Elle pose problème. Ça veut donc dire que vous allez vous opposer.
Ça veut donc dire qu'on aura une position commune des députés de la droite républicaine mardi. Pourquoi je vous dis ça ?
Vous êtes président des députés LR. Là, il faut qu'il y ait une forme de cohérence. Vous dites, Bruno Retailleau invoque la séparation des pouvoirs, mais au fond, ça n'a rien à voir. Vous venez d'expliquer par A plus B pourquoi le choix de Richard Ferrand serait un mauvais choix. Et vous dites, on verra position collective. Non, pas du tout.
C'est d'abord, un, moi, je ne me dérobe pas à votre question. Vous me posez une question, est-ce que ça pose problème ? Je vous dis, oui, ça pose problème. Je ne me dérobe pas. Et je considère que demain, pardon, cette parole du président des Républicains sera fondamentale parce qu'il ne faudra pas avoir peur de déplaire à Macron. Deuxième sujet, sur notre question, je travaille en équipe. Je ne peux pas venir sur votre plateau et vous dire, je considère que la droite doit travailler en équipe et pas se diviser.
Et vous dire, oui, c'est moi qui décide tout seul, on a eu un premier débat la semaine dernière dont il était ressorti que globalement, la majorité des députés sont très réservés et souhaitent plutôt s'opposer à cette candidature. Et c'est votre souhait aussi ? J'ai souhaité qu'on se donne une semaine pour y réfléchir et vous aurez notre réponse très claire sans invoquer aucun argument consistant à se défausser mardi quand on aura pris notre décision.
Mais la tendance est plutôt, pardonnez-moi Laurent Wauquiez, elle a encore exigence de vérité, de transparence vis-à-vis de ceux qui nous regardent, vous allez plutôt vers une opposition à la nomination de Richard Ferrand.
Je viens de vous répondre, la semaine dernière quand on en discute avec les députés de la droite républicaine, la tendance est à s'opposer.
C'est clair ? Oui, c'est clair. Un mot sur Richard Ferrand avant de reparler de votre candidature. Sur les motifs d'opposition à son profil. Alors vous avez invoqué l'absence effectivement de bagages juridiques pour le rét... Non mais je ne dis pas que ce n'est pas important. Pardonnez-moi, on ne parle pas de tout à fait rien. Je ne dis pas le contraire, simplement sur les autres arguments que l'on entend pour s'opposer à la nomination de Richard Ferrand sur la proximité avec le président. Jean-Louis Debré était un proche parmi les proches de Jacques Chirac quand il a été nommé au Conseil constitutionnel. Il avait été président de l'Assemblée nationale.
Est-ce que là, il n'y a pas une forme de deux poids deux mesures ? Quand on regarde sous l'histoire de la Ve République, les profils qui ont été nommés comme président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, Robert Badinter, et là, au fond, Richard Ferrand qui serait victime de critiques qui ne valaient pas pour les autres candidats à la tête du Conseil constitutionnel.
Et là encore, on peut faire de l'archéologie historique. On peut se dire que ce qui valait il y a 40 ans vaut pour aujourd'hui. On peut faire semblant de ne pas voir ce qui est en train de se passer dans notre pays. Mais oui, je suis désolé, il y a une dérive du Conseil constitutionnel au cours des dernières années. Et je ne vais pas me voiler la face et vous faire une semi-réponse en vous disant non, désolé, séparation des pouvoirs. Oui, il y a un problème avec le Conseil constitutionnel. Oui, il y a un problème avec un État de droit qui aujourd'hui, à mes yeux en France, ne protège plus les Français mais aboutit à une impuissance.
Je voudrais m'arrêter dessus parce que ça fera aussi le lien avec la réflexion, à mon sens, qu'on doit avoir sur à la fois la reconstruction de notre pays et de la droite. Aujourd'hui, qu'est-ce qui me frappe ? On a basculé dans une impuissance du politique. Aujourd'hui, vous avez des paroles sympathiques. Vous avez parfois des propos, quand on les écoute, on se dit oui, c'est ça qu'il faut faire.
Bruno Retailleau qui dit l'État de droit n'est ni intangible ni sacré.
Mais tous les politiques, c'est-à-dire cette catastrophe de l'impuissance du politique est pour moi le premier problème de ce qu'est devenu la démocratie en France. Et ça vaut pour tout le monde. C'est-à-dire que les discours sont forts, les actes sont faibles. On a évoqué les difficultés auxquelles on se heurtait sur la dépense publique, sur la question de l'insécurité. La France n'arrive plus à produire des résultats. Pourquoi ? Parce qu'on est devenu impuissant.
Parce qu'entre, d'une part, les jurisprudences des cours suprêmes, d'autre part, l'autonomisation de l'État, de l'administration, qui en gros maintenant a créé des principautés indépendantes avec des autorités administratives indépendantes qui bien souvent ont plus de pouvoir que les ministres. Et enfin, additionné à ça, toute une organisation de minorités très activistes, souvent d'ailleurs financées sous perfusion d'argent public et qui font obstacle
juste à l'exercice du pouvoir politique. Donc il faut faire quoi, Laurent Wauquiez ? Il faut mettre au pas ces autorités indépendantes ? Il faut empêcher le Conseil constitutionnel de contrôler la constitutionnalité, des lois ?
Ça veut dire qu'il faut préparer un vrai projet de rupture pour que ce soit les Français qui décident avec leur vote. Ça veut dire que ce que je crois très profondément, c'est que ce qu'on fait en ce moment peut être utile, mais ne permettra pas de sortir la France de la décadence parce qu'on gère à la marge. On fait des réformes à la marge.
Vous dites en cela la même chose qu'Edouard Philippe qui dit pendant deux ans rien d'important, de massif ne pourra être fait avant l'élection présidentielle.
Non. Moi, ce que je crois, c'est qu'il y a des choses utiles qui peuvent être faites. Je crois que l'action de nos ministres à l'agriculture, à la santé avec Yannick Noder, à l'intérieur peuvent être utiles. Mais je crois que dans le même temps où il faut les conforter, et là encore, c'est cette complémentarité que j'essaye de proposer pour notre famille, dans le même temps où il faut qu'on aide ses ministres, il faut que quelqu'un à l'extérieur prépare un projet de rupture. Parce que sans ce projet de rupture, écoutez-moi bien, vous ne redresserez pas la France.
Si vous n'allez pas jusqu'aux sources de ce qui fait l'impuissance, de ce qui fait que les Français, quelle que soit leur opinion, se disent mais en fait, dans les faits, dans notre vie quotidienne, rien ne change. Ça ne va qu'en se dégradant. On n'apportera pas de réponse. Il faut débloquer la France.
On vous entend. Je voudrais juste qu'on revienne un instant sur les raisons qui vous ont poussé à être candidat. Et vous dites je veux éviter la guerre des chefs. Bon. Quand on a dans un parti une part importante des cadres qui soutiennent votre concurrent Bruno Retailleau, est-ce que ne pas vouloir de la guerre des chefs ce ne serait pas de constater qu'effectivement il est celui qui rassemble davantage ? Juste une explication. Comment expliquez-vous alors que vous êtes celui qui avait fait cette mission de préfiguration pour votre famille politique que Gérard Larcher, Xavier Bertrand, François-Xavier Bellamy, Jean-François Copé, ils soient tous derrière Bruno Retailleau ?
Vous, parmi les principales figures de la droite, qui est derrière vous Laurent Wauquet ?
Vous savez ce qui m'intéresse ? C'est que les jeunes figures, les nouveaux talents, sont ceux qui me soutiennent. Nicolas D'Aragon, maire de Valence, Florence Portelli, élu très engagé, à laquelle d'ailleurs souvent vous donnez la parole. Absolument. Vincent Jean-Brun, maire de la Hille-les-Roses, qui a été confronté lui-même dans son travail et dans son identité, dans son propre domicile, sur la question des agressions et de l'insécurité. Les députés avec lesquels je travaille dans une grande majorité, et donc attention !
C'est quoi ? C'est les jeunes contre les moins jeunes ou les vieux ? Gérard Larcher, Xavier Bertrand ?
C'est votre commentaire.
Ce n'est pas mon commentaire. Je vous cite un certain nombre de personnalités et vous dites que je préfère être soutenu par les jeunes.
Non, je vais vous dire ce que je pense. C'est que pareil, des espèces de matchs, moi je ne fais pas un match de soutien. Je ne fais même pas une compétition. Je cherche juste à dire « Quelqu'un a pris la responsabilité d'allumer une division, je préférerais qu'on travaille en équipe. » Dans ce cadre-là, je reste convaincu et c'est ce que je proposerais, c'est qu'on puisse additionner les talents. Et les soutiens qui moins m'intéressent, c'est ceux des adhérents. C'est ceux qui sont les bénévoles, les militants de notre famille politique.
C'est quoi Bruno Retailleau ? C'est le candidat des cas de l'establishment face à vous
qui est le candidat
des militants ?
Je vais vous le dire une fois quand même. Parce que je comprends, c'est normal, c'est le jeu. Vous cherchez à positionner les deux l'un contre l'autre. Je ne suis pas candidat contre Bruno Retailleau. Je suis candidat pour faire réentendre la voix de la droite dans ma famille politique. Excusez-moi,
vous venez d'expliquer qu'il ne pouvait pas être mis de l'intérieur avec candidat et vous venez de souligner la pusillanimité dont il a fait preuve selon vous sur la question de Richard Ferrand. Vous pouvez expliquer qu'il n'y a pas de campagne entre vous deux. Je pense que ceux qui nous regardent verront l'inverse.
Pardon, parce que vous ne m'avez pas écouté. Je viens de vous expliquer que je voulais qu'il réussisse. Je voulais que ça marche au niveau du ministère de l'Intérieur et qu'on ferait tout pour l'aider comme on l'a fait par exemple sur Mayotte et que demain à la tête du parti je ferai tout pour que ça réussisse. Et donc non, et je vous ai dit également que je ne souhaitais pas cette compétition et que je souhaitais qu'on puisse additionner pour l'instant. Donc je comprends que vous soyez dans l'idée de dire positionnez-vous, contre, etc. Je cherche juste à vous dire une chose. Chacun dans son rôle. Chacun avec sa mission, chacun avec son utilité.
La droite est à peine convalescente et elle commencerait déjà à se déchirer. Je pense qu'il n'y a plus malin à faire et c'est ce que j'essaye de proposer.
Sur, au fond, la tonalité de cette campagne. Vous entendez beaucoup, vous, Bruno Retailleau, expliquer que vous ne voulez pas d'une guerre sanglante, le retour de la guerre des chefs. Moi, j'ai lu avec étonnement cette phrase dans les journaux signée de votre premier cercle, dit-on, ouvrez les guillemets. Retailleau mesure parfaitement la bête féroce qu'il a en face de lui. Laurent, en campagne, c'est un tueur. Ça, c'était dans les colonnes du Figaro. Ce n'est pas exactement la phrase d'un sparring partner en vue d'un match amical. Laurent, c'est un tueur, c'est une bête féroce.
On peut être sérieux deux secondes ?
C'est sérieux, ça.
Qui dit ça ? Votre premier cercle. Mon premier cercle. Votre entourage. C'est quelqu'un à mon entourage ? C'est quelqu'un à mon premier cercle ? Vous m'avez entendu dire ça ? Donc, restons un petit peu, je pense, à ce que mérite la question qui est devant nous. La question qui est devant nous, elle est simple, et celle-là, vous l'avez très bien posée. C'est comment la droite s'organise demain ? Est-ce qu'elle considère qu'on peut être ministre de l'Intérieur, avoir une parole libre, faire son job à temps plein ?
Ou est-ce qu'au contraire, il vaut mieux que chacun soit dans son rôle, le ministre de l'Intérieur à temps plein, 150% sur sa mission, et au parti, dans un travail d'équipe, quelqu'un qui prépare ce projet de rupture dont la France aura besoin ? Moi, je crois à ça, c'est ce que je défendrais.
Mais il obtient déjà des résultats, Bono Rotaio ? Parce que lui dit que c'est le cas. Est-ce que vous considérez qu'il obtient déjà des résultats pour le moins satisfaisants ?
Je pense qu'il a apporté quelque chose de très important. C'est qu'il a libéré une parole. Je pense qu'il a fait quelque chose de très important qui est de lutter contre le politiquement correct. Mais je pense que pour l'instant, et c'est une tâche infiniment difficile, l'inversion des agressions, le fait qu'on arrive à diviser par deux les titres de séjour, le fait qu'on puisse lutter contre l'immigration irrégulière. Bien sûr que les Français attendent des résultats qui doivent être intensifiés, qui doivent être renforcés. Et c'est pour ça que je pense qu'on peut être utile ensemble. On peut additionner. La droite ne devrait pas commencer par diviser.
Le débat public, le débat politique, il est beau, il est sain quand il y a aussi des différences idéologiques. Est-ce qu'entre vous deux, il y a des différences ? Ou est-ce que vous êtes idéologiquement exactement les mêmes ? Par exemple, Bruno Retailleau... Vous tenez vraiment à nous opposer. Non, pas du tout, mais là encore, pour la clarté du débat, Bruno Retailleau, on connaît son parcours. Il a été compagnon de route de Philippe de Villiers. Il est, il le reconnaît lui-même, conservateur. Est-ce que par exemple, il est plus conservateur que vous sur les sujets liés au débat de société ?
Je ne vais pas vous répondre en me comparant ou en m'opposant parce que ça ne m'intéresse pas. Par contre, je vais vous dire la droite à laquelle moi j'aspire. Je veux une droite populaire qui parle sur tous les sujets. Je considère que pour que la droite soit réentendue par les Français, elle doit s'exprimer sur le régalien, sur l'immigration. Elle doit aussi traiter un sujet sur lequel je me suis toujours battu, qui est à mes yeux fondamental. C'est aujourd'hui l'injustice d'un système de protection sociale qui ne reconnaît plus les gens qui travaillent ou qui ont travaillé, toute leur vie. Pour moi, c'est le deuxième problème majeur de la France. Il y a trop d'assistanat.
Notre système social a dérivé. Il a somme de charges et d'impôts ceux qui travaillent. Juste ce chiffre qui devrait tous nous faire réfléchir. Prenez un salaire à 3 000 euros. Brut. Il coûte 5 000 euros à l'employeur. Celui qu'il touche, il lui restera en salaire net 2 200 euros. Quel pays peut survivre à ça ? Et les Français sont prêts à payer des impôts. Ils veulent être sûrs que ça aille aux gens qui en ont vraiment besoin. Que ça permette d'avoir des services publics qui marchent et pas une bureaucratie qui coûte une fortune.
J'ai entendu Bruno Roteau ce matin à la radio. Je l'ai entendu dire à peu près la même chose.
Tant mieux. Mais encore une fois, je ne suis pas là pour m'opposer malgré vos efforts désespérés. Je suis là pour essayer
sur les sujets de société, il n'y a pas de différence entre vous. Il n'est pas plus conservateur que vous, vous, peut-être plus progressiste. Je ne sais pas si le mot est le bon.
Je vous ai répondu et je ne suis pas là pour m'opposer. Je suis là pour expliquer ce que je veux porter. Je veux que la droite se fasse entendre sur toutes les questions, y compris travail assistana. Est-ce qu'on se fait suffisamment entendre pour l'instant dessus ? Non. C'est pour ça qu'avec les députés de la droite républicaine, on a porté des thèmes.
Donc il n'y a pas de différence idéologique entre vous ? Non mais pardon, je pense aux adhérents, les républicains qui vont, qui peut-être nous regardent ce soir, écoutent Bruno Retailleau et ont envie de faire un choix. Ils ont entendu vos arguments sur la question de la répartition des tâches mais peut-être aussi sont-ils intéressés par les éventuelles distinctions idéologiques qu'il pourrait y avoir entre vous ?
Il y a des différences de sensibilité, je viens de vous en mentionner une. Bruno Retailleau parle principalement de la sécurité de l'immigration, c'est très important. Je parle de ça mais je parle aussi du travail et de l'assistanat. Je parle de la dépense publique. Je parle de la bureaucratie. Une de mes batailles, vous la connaissez. Il y a mille agences en France. Elles coûtent 80 milliards d'euros. C'est notre travail au sein de l'Assemblée qui a permis de le mettre devant. Leur budget est en augmentation de 50% au cours des dix dernières années. Donc ce qui m'intéresse, c'est que pour que la droite soit réentendue, elle doit aborder tous les sujets.
Elle doit défendre des services publics qui marchent sur le terrain mais lutter contre la bureaucratie. Elle doit se battre par exemple pour que sur une évidence dans l'accès au logement social, le fait de travailler n'est jamais un critère prioritaire pour accéder au logement social. Vous trouvez ça normal ? Jamais un critère prioritaire. Donc on a un système social à repenser et ça fait partie des engagements qui seront les miens à la tête de notre parti. Une droite républicaine qui parle de tous les thèmes.
Et c'est pour ça que je le redis, je pense que quand vous êtes ministre de l'Intérieur, dans le gouvernement de François Bayrou, votre voix ne peut pas être libre et indépendante sur tous les sujets qu'on fait à l'échange qu'on a eu sur le Conseil constitutionnel.
Encore un mot, Laurent Wauquiez, avant de parler de quelques sujets d'actualité. Parmi les arguments qui ont aussi été entendus, il y a cette idée qu'il y aurait eu un pacte entre Bruno Retailleau et vous, qu'au fond, vous vous seriez dit ces dernières semaines, ces derniers mois, la répartition, elle est claire. Bruno Retailleau s'occupe de représenter la droite au gouvernement et vous-même de refonder votre famille politique. Lui, il dit, et il répond à cet argument-là dans les colonnes du Parisien, il dit, s'il y avait eu un pacte, pourquoi aurait-il tenté d'entrer au gouvernement en décembre ? Il fait référence à vous. Il ne peut pas y avoir de troc quand il s'agit de la France.
Je sais ce que Bruno m'a dit. Je sais quand il me l'a dit. Je sais où il me l'a dit.
C'est-à-dire, il vous a dit quoi ?
Où ? On peut changer d'avis en politique. Mais je pense que c'est tellement plus simple de l'admettre. Donc il ment, là ? Je le dis, on peut changer d'avis, mais c'est plus simple de l'admettre. Quand Bruno vient en Haute-Loire, chez moi, sur un déplacement qui était consacré notamment à la question de la sécurité en milieu rural, nous nous voyons. On évoque évidemment cette question du parti, du calendrier et de l'élection. Et ses propos étaient à l'époque totalement clairs.
C'est-à-dire qu'il vous dit à ce moment-là, je te soutiendrai ?
C'est évident. Et c'est tellement plus simple plutôt que de faire des contorsions de l'admettre. On peut changer d'avis encore une fois. En politique, c'est arrivé souvent.
Vous avez vécu ça comme une forme de... L'histoire de la droite est une histoire aussi de trahison, Baladur-Chirac, Giscard-Chirac. Est-ce que vous avez vécu ça comme une forme de trahison ?
Je vais vous dire là ce qui me fait de la peine. C'est que pour moi, la vraie trahison, c'est qu'au moment où on refonde, on devrait tous avoir le devoir de ne pas ouvrir ses divisions. Et que là-dessus, il a changé d'avis. C'est sa position. J'en prends acte, je la respecte. Je pense qu'il y a un autre chemin à écrire. Et c'est celui que moi, je vais m'employer à écrire. Oui, vous avez raison. Bien sûr, la droite a été émaillée de ces histoires. Chirac-Baladur, les divisions récentes. Ce qui me fait rager parce que je sais ce que pensent nos adhérents. Je sais ce que pensent les Français. Ils se disent la droite commence à peine à regagner trois élections et déjà ils se divisent.
J'ai tout fait pour éviter ça. J'ai tout fait pour éviter ça.
Vous dites j'ai tout fait pour éviter ça et en même temps, ce que répond Bruno Retailleau, c'est mais Laurent Wauquiez, s'il avait voulu se concentrer sur la refondation de sa famille politique, pourquoi est-ce qu'il aurait voulu rentrer au gouvernement en mode décembre ?
Pardon, j'ai fait mes choix. Je ne suis pas au gouvernement. On me l'a proposé.
Mais vous n'êtes pas au gouvernement. Pourquoi ? Parce que ça n'avait pas obtenu ce que vous vouliez.
Non, parce que j'ai considéré que ma place aurait été plus utile là où j'étais.
Alors, écoutez, je vais vous lire devant des députés. La seule configuration possible pour moi, c'était Bercy avec une feuille de route claire, notamment pas d'augmentation d'impôt. Donc, il y avait bien une perspective de rentrer au gouvernement pour vous ?
Mais évidemment. Et si c'était le cas ? Je ne serais pas parti pour notre parti.
Ah, c'est-à-dire que si vous étiez rentré au gouvernement, vous n'auriez pas été candidat pour être président des Républicains ?
J'essaye de m'appliquer à moi-même le minimum de cohérence et j'ai fait mes choix. Celui qui vous parle n'est pas lié par la solidarité gouvernementale. Je ne suis pas l'otage de François Bayrou et je ne lui dois rien. Et donc, ma parole sera très claire quand je la porterai comme président de notre parti.
Se pose la question, Laurent Wauquiez, dans votre rapport à l'opinion de la sincérité du positionnement politique. Je voudrais qu'on écoute ce que vous disiez. Nous sommes le 10 juillet après les élections législatives. Écoutez.
Nous ne participerons pas à des coalitions gouvernementales. Mais surtout, nous ne croyons pas qu'on peut répondre à la crise d'un pays par une combinaison d'appareils.
Nous ne répondrons pas à la crise par des combinaisons d'appareils. Là, ceux qui nous regardent, ils se disent, quelques semaines plus tard, la droite rentre au gouvernement de Michel Barnier. Est-ce que là, dans un moment où précisément vous dites, c'est l'impuissance publique, la crédibilité de la parole publique, est-ce qu'il n'y a pas un sujet quand on voit cette déclaration le 10 juillet et ensuite la décision que vous prenez ?
Je comprends très bien la question. Et je vais vous dire, on se l'est posé, nous, dans notre âme et conscience. Parce que cette position n'était pas uniquement la mienne, c'était celle de tous les parlementaires de la droite républicaine. Pourquoi ? Parce qu'à ce moment-là, au moment où je parle, de quoi on nous parle ? On nous parle de faire une coalition avec d'une part des socialistes, avec d'autre part la Macronie et pour des figures politiques que vous connaissez à l'époque qui ne sont pas de notre famille politique. Et dans ce schéma de figure, oui, j'ai très clairement répondu, non, nous n'irons pas dans cette configuration.
Et puis, c'est posé la situation que vous connaissez, un pays bloqué. Pas de solution, pas de Premier ministre. Pendant des semaines, pendant tout l'été, on ne trouve rien. Et j'ai cet échange avec Michel Barnier, avec, à l'époque, le Président de la République. Et oui, on a pris nos responsabilités. Est-ce que c'était une décision facile ? Non. Est-ce qu'on a changé d'avis ? Oui, évidemment. Est-ce que je l'assume ? Bien sûr, parce que je pense que notre responsabilité, c'était de ne pas être du côté des artisans du chaos. Dans la vie, parfois, vous changez d'avis. Oui, ça arrive.
Comme Bruno Retailleau, sur la question de la présidence des Républicains.
Mais c'est pour ça que moi, je ne cherche pas à esquiver. Et je vous réponds très clairement, oui, sur ce sujet-là, on a changé d'avis et je ne me cherche pas d'alibi.
Juste avant de parler de 2027 et de la question du mode de désignation, puisque si vous êtes président de parti, vous aurez à statuer sur cette question, je reviens sur la question de la popularité de Bruno Retailleau. Pas tant pour dire qu'il faut se déterminer par rapport au sondage, mais se poser cette question. Vous souhaitez la victoire de la droite. Ça me paraît évident. S'il est le mieux placé, est-ce qu'à un moment donné, il n'y a pas une logique à se dire si c'est le plus à même de convaincre des macronistes de droite, des électeurs du Rassemblement national, il vaut mieux que ce soit lui le leader si c'est celui qui permet de faire gagner la droite plutôt que vous ?
Et ça ne posera aucun problème. Et si jamais c'est quelqu'un d'autre qui sera le mieux placé, ça ne doit poser problème à personne. Mais là, ce n'est pas ça qu'on choisit. Et c'est là où je ne veux pas qu'on fasse voter les gens sur des faux arguments. La droite ne choisit pas son candidat à la présidentielle. Elle choisit son organisation.
Celui qui va gagner prendra quand même une option sérieuse sur le leadership à droite, non ?
Pardonnez-moi, vous avez évoqué les soutiens de Bruno Retailleau, Xavier Bertrand.
Il a envie d'être candidat avec son présidentiel. Il l'a dit sur ce plateau même il y a, je crois, deux semaines.
Et il a expliqué que hors de question que ce soit automatique et que celui qui sera le président du parti soit automatiquement candidat à la présidentielle. Le ministre de l'Intérieur lui-même a dit bien sûr, ça n'a rien à voir. Là, on choisit juste le président du parti. Et donc, quand cette question se posera, il faudra choisir le meilleur. Et il en faudra un seul. Un seul candidat pour porter les valeurs de la droite. C'est une évidence. Et je n'aurai aucun problème à soutenir celui qui sera le meilleur de la même manière que je n'ai aucun doute que les autres m'apporteront leur soutien si c'est moi qui suis le mieux placé pour pouvoir fédérer l'ensemble du parti. Donc ça veut dire,
Laurent Wauquiez, que si vous perdez,
vous ne renoncez pas à vos ambitions présidentielles. Et ça veut dire que vous ne m'écoutez pas,
M. Duhamel. Ah, j'essaye de vous écouter et d'avoir de la suite dans les idées. Et vous dites, celui qui sera désigné ne sera pas forcément le candidat. Ça veut dire que si vous perdez...
J'essaye de vous répondre et d'avoir de la constance. Ça veut dire que là, ce qu'on choisit, c'est l'organisation de notre président de parti. Très bien. C'est sa seule question qu'on se pose. Qui est le mieux placé pour porter ça ? Qui est le mieux placé pour se consacrer au parti ? Qui est le mieux placé pour pouvoir faire entendre la parole d'une voie de droite libre et indépendante ? Le sujet viendra très vite de savoir qui sera notre candidat. Et vous avez des ambitions présidentielles ? J'ai les ambitions de reconstruire notre pays. Oui, bien sûr. Je ne m'en suis jamais caché. Oui, j'essaye de m'y consacrer depuis longtemps.
Donc si vous voulez être patron de votre formation politique, ce n'est pas du tout parce que ça vous aiderait pour être candidat à l'élection présidentielle ?
Mais évidemment qu'il y a un lien. Bien sûr. Enfin, c'est... Et ça n'est pas automatique, je l'ai dit. Et cette élection ne détermine pas celui qui sera notre candidat à la présidentielle. Rien n'est plus dur qu'un âne qui ne veut pas entendre. Et je ne vous mets pas
dans la catégorie des ânes. Je vous remercie. Sur la question de la désignation du candidat, pourquoi écarter de cette manière la primaire ? Est-ce qu'il n'y a pas au fond quelque chose de l'essence même de la démocratie que de dire si personne ne se détache, il faudra consulter les militants, les sympathisants, le peuple de droite comme on dit et comme on disait en 2016 pour désigner un candidat à l'élection présidentielle ?
Parfois, vous m'invoquez l'histoire et parfois vous me tordez l'histoire monsieur Duhamel. Vous m'étonnez. La primaire, c'est l'histoire de la démocratie française ? Non, pas du tout. Récemment,
j'ai dit est-ce que ce n'est pas l'essence aujourd'hui de la démocratie dans les partis que de dire qu'on va consulter le plus largement possible les sympathisants ?
Non, je pense que c'est précisément ce qui a abouti à mettre notre démocratie dans le mur. Je pense que précisément la primaire a nourri les divisions. Je pense qu'elle a abouti petit à petit à fragmenter. Je pense qu'elle a abouti à ce qu'on connaît là en ce moment avec chacun essaye d'avancer ses pions. Je pense que ce n'est pas l'essence de la droite. Et donc moi, vous me connaissez, j'ai une approche qui est gaulliste. Je ne suis pas favorable à la primaire. Je pense que c'est une lourde erreur. Je pense qu'elle a abouti à mettre la droite en lambeau. Et donc, je ne serai pas favorable à ce système.
Je souhaite que ce soit les adhérents qui puissent s'exprimer sur ce qui sera le mode de désignation de la présidentielle.
Quelques questions avant de parler que Nicolas Sarkozy vous soutient ?
Écoutez, en ce moment, je pense qu'il fait preuve de beaucoup de courage dans une situation personnelle qui est quand même extrêmement difficile.
Vous lui avez parlé ?
Bien sûr, on échange très souvent avec Nicolas Sarkozy. Je lui dois beaucoup. Beaucoup. Et j'ai un infini respect pour lui. Et ça n'a pas changé avec tous les ennuis judiciaires qu'il a en ce moment.
Il a un avis sur le risque de guerre des chefs entre Bonnet-Retailleau et vous-même ?
Nicolas Sarkozy, c'est quelqu'un qui aime le débat. Ça tombe bien, moi aussi. C'est quelqu'un qui considère qu'il y a des moments où effectivement il faut porter ses couleurs, qu'on ait des chances de réussir ou non pour répondre à votre question. Juste, on a des convictions, on les porte et on donne tout. C'est ce que je vais faire dans cette campagne. Écoutez-moi bien, c'est ce que je vais faire dans cette campagne. Et vous irrez jusqu'au bout
quoi qu'il arrive ?
Mais j'irai partout en France, en échangeant avec nos adhérents partout, parce que j'aime ça et parce que je veux porter ce qui est ma vision d'une droite qui fait à nouveau entendre sa parole.
Sur la sincérité du scrutin à venir, les précédents scrutins internes à la droite ont été émaillés par ce que certains se souviennent peut-être en nous regardant de la COCOE entre François Fillon et Jean-François Copé. Je m'en souviens. Du chien Douglas aussi, révélation de nos confrères de Libération. Le chien Douglas qui avait voté à la primaire justement en 2021 au moment de la désignation de la réfrère. Et vous me demandez après
si je suis favorable à une primaire. Et vous me demandez après si je suis favorable
à une primaire. Oui, enfin, sauf que là, dans le cas d'Espèce... Douglas, c'était la primaire. Oui, vous avez raison, sauf que Douglas avait pu voter parce que les processus pour devenir adhérent des Républicains étaient d'une simplicité absolument biblique. Il ne fallait même pas d'une carte d'identité. Est-ce que là, en vue du scrutin à venir, est-ce que ce sera un scrutin sincère ? En tout cas, je l'espère. Et je l'espère vraiment. Est-ce qu'il faut renforcer, par exemple, demander à ceux qui s'inscrivent aujourd'hui pour faire une carte de donner une pièce d'identité ?
Écoutez, tout ça, ça va être décidé. Je ne crois pas
que ce soit le cas aujourd'hui.
On a un système et des processus internes. Ça, ce n'est pas mon travail. Vous poserez la question à ceux qui vont superviser l'organisation des élections. Moi, je vous le redis, j'ai espéré qu'il y a un travail dans lequel on puisse additionner. Je vais porter les couleurs et qui sont ma vision de ce qu'est une droite qui se fait entendre sur tous les sujets et avec cette capacité d'avoir une parole libre et indépendante comme je l'ai sur votre plateau ce soir. Et je pense que ça, déjà, ce sera mon travail. Le reste, je vous laisserai poser la question à ceux qui organisent l'élection.
Le vote, ce sera le 17 mai, c'est ça ? Oui.
Le jour... 17 et 18 mai.
17 et 18 mai, sur deux jours. Et dans la foulée, nous aurons donc un nouveau président des Républicains. Deux dernières questions sur ce sujet. Est-ce que vous prenez président des Républicains de ne jamais faire d'alliance avec le Rassemblement National ?
Et je vais vous décevoir. Je prends l'engagement, si je suis président des Républicains, de tout faire pour ramener à nous des gens que nous avons écoeurés et qui sont allés voter en direction du Rassemblement National. Je vais tout faire pour faire en sorte... Ce qui n'est pas ma question. C'est ma réponse. Je vais tout faire pour faire en sorte que les électeurs qu'on a écoeurés et qu'on a perdus, qui sont allés en direction de Zemmour, nous puissions les convaincre que voilà une droite qui est à nouveau au clair avec ses idées. Je vais tout faire pour qu'on puisse aller parler aux électeurs de la Macronie qui sont de droite, qui ont vu ce qu'étaient les dégâts dus en même temps.
Et je vais tout faire pour qu'au lieu de se définir par rapport aux autres, qui est quand même le vieux classique de la droite, nous puissions. Je vais aller jusqu'au bout de ma réponse et je répondrai après à votre question avec plaisir. Et je vais tout faire pour que cette droite-là puisse à nouveau ramener à elle les gens au lieu de se retrouver sempiternellement avec cette question. Est-ce que vous allez faire alliance avec un tel ou un tel ? La réponse au moment d'Éric Ciotti ne vous a pas suffi ? Vous n'avez pas vu l'opposition ?
Si, mais je pense qu'Éric Ciotti à qui on posait la question avant qu'il le fasse, répétait, Urbi et Torbi, que jamais il ne s'allierait avec le Rassemblement National. D'où cette question que je pose, est-ce que comme président des Républicains, vous avez la certitude que jamais vous ne conclurez la moindre alliance avec le Rassemblement National ?
Monsieur Duhamel, posez-moi la question sur la France Insoumise.
Excusez-moi, j'ai assez peu de doute sur le fait que vous ne vous avez pas avec la France Insoumise. Posez-moi la question
sur le PS. Posez-moi la question de savoir...
Votre prédécesseur, Laurent Wauquiez, n'a pas rejoint Marine Le Pen. Mais, et moi, j'ai suivi... N'a pas rejoint Jean-Luc Mélenchon, pardon.
Et moi, j'ai suivi qu'elle a été la position unanime de tous les républicains. Et donc, c'est trop difficile
de dire qu'il n'y aura jamais d'alliance avec le RN.
Mais, pourquoi je déteste cette question ? Parce qu'elle consiste juste à nous définir par rapport aux autres.
Non, à poser ce qu'on appelait jadis le cordon sanitaire. Et donc, je constate que quand je vous pose la question, vous ne pouvez pas répondre à cette question qui est pourtant d'une simplicité absolue. Peut-il y avoir ou non une alliance avec le RN ?
Monsieur Duhamel, j'ai répondu à cette question. On a pris position au moment d'Éric Ciotti. Enfin, vous êtes quand même extraordinaire à toujours mettre la droite en jeu. Mais la question peut-être se reposera. Vous posez la question au Parti Socialiste ?
À chaque fois, à chaque fois qu'on a des responsables de gauche, on leur pose la question de l'alliance avec la France Insoumise.
Non. Quand Olivier Faure était sur votre plateau, vous les interrogez à chaque fois en leur demandant jurez-moi votre tête que vous ne faites aucune alliance avec la France Insoumise. Ils ont fait des alliances avec la France Insoumise. Et on leur pose la question de savoir s'ils la referont. Ils ont fait des alliances avec la France Insoumise. « Nous n'avons jamais fait d'alliance avec l'ORN ». Et donc, je n'aime pas cette espèce de posture... Et donc, vous ne répondez pas. Et je n'aime pas cette espèce de posture moralisante consistant à dire « Faites un cordon sanitaire avec un tel ou un tel ». Je n'ai pas les mêmes idées que l'ORN.
Et donc, mon sujet, ce n'est pas de faire un cordon sanitaire.
Et donc, qu'est-ce que vous excluez de vous allier avec l'ORN si vous devenez président des Républicains ?
Mais nous l'avons porté tout le temps. Et donc, il n'y a pas d'ambiguïté sur la position des Républicains. Les Républicains ne font pas d'alliance avec l'ORN.
Et ils n'en feront jamais, vous, président des Républicains ?
Mais vous m'interrogez sur une formation politique comme si jamais elle n'avait aucune évolution. Enfin, tout ceci est quand même grotesque et n'a aucun sens. Pourquoi ?
C'est-à-dire évolution. Donc, ça veut dire que ça fait partie des possibilités de l'avenir ?
Je vais répondre à votre question très simplement. Ma posture à moi n'est pas morale. Je ne considère pas que l'ORN, c'est la peste. Désolé. Je ne considère pas qu'il faille un cordon sanitaire avec l'ORN. Pourquoi est-ce que je ne fais pas d'alliance avec l'ORN ? Parce que je n'ai pas les mêmes idées sur l'économie. Donc, il ne faut pas
de cordon sanitaire avec l'ORN ?
Ça fait très longtemps que je l'ai dit. Un cordon sanitaire, ça veut dire quoi ? Vous pensez que des gens qui se présentent aux élections démocratiques avec des Français qui leur font confiance sont des nazis ? Moi, pourquoi est-ce que je combats l'ORN ? Parce que je n'ai pas les mêmes idées qu'eux sur le plan économique. Parce que je pense que l'ORN a des positions qui sont mortifères pour le redressement de l'économie française. Parce que l'ORN est pour l'assistanat et pas pour la valorisation du travail. C'est ma différence. Elle vous plaît peut-être pas ? Pas du tout,
c'est parce que j'ai lu l'interview de Jordan Bardella dans les colonnes de Valeurs Actuelles où il dit à peu de choses près ce que vous dites sur la question de l'assistanat et du système social. En disant que c'est vrai, à peu près l'inverse de ce que dit Marine Le Pen et de ce qu'a voté son parti sur la conditionnalité de perception du RSA.
Merci beaucoup. Et donc moi, curieusement, vous l'avez compris, je regarde moins les paroles, je juge plus les actes. Moi, ce que je vois, c'est que sur une proposition que j'ai faite fondamentale, en contrepartie du RSA, maître des heures de travail, Marine Le Pen vote contre. Ce que je vois, c'est que quand on propose que les gens qui travaillent soient prioritaires pour le logement social, Marine Le Pen s'abstient. Ce que je vois, c'est que quand elle est interrogée par vos collègues de LCI et qu'on lui demande est-ce que vous considérez qu'il y a trop de fonctionnaires en France et qu'il faut faire des économies sur la dépense publique, elle dit je ne suis pas de droite.
Donc la question pour moi de faire une alliance avec l'ORN n'a aucune forme d'actualité. Voilà, c'est tout.
Aucune forme d'actualité. Ça valait le coup de vous poser la question plusieurs fois pour aboutir à cette réponse.
Oui, mais je vais vous dire et vous l'aurez compris, je comprends bien votre question et son sous-jacent. Ce que vous, vous voulez, c'est que je vous parle du cordon sanitaire. Ce que vous, vous voulez, c'est que je forme un jugement moral sur l'ORN. Pas du tout. Ça n'est pas ma réponse.
Juste de la clarté à partir du moment où votre prédécesseur Éric Ciotti est parti en quelques jours au Rassemblement National après avoir répété pendant des semaines, des mois, des années qu'il ne le fera jamais.
Mais je ne suis pas Éric Ciotti. Ça ne m'a pas échappé. Je n'ai pas suivi Éric Ciotti. Et les positions que nous, on a été amenés à prendre quand la question s'est posée de toute notre famille politique ont été parfaitement claires. Et donc la droite n'a pas à donner des alibis et s'excuser sur votre plateau. Sa position a toujours été claire. En revanche, j'aimerais que vous soyez un peu plus incisifs quand le PS, lui, est dans une compromission constante avec la France Insoumise.
Laurent Wauquiez, je vous invite à regarder, peut-être que vous n'avez pas le temps, mais quand je reçois Olivier Faure ou d'autres hiérarches du Parti Socialiste, je leur pose exactement les mêmes questions quant à leurs alliances avec la France Insoumise.
Sauf que eux, pardonnez-moi, il y a une vraie différence. Les alliances, ils l'ont fait. Absolument. Et ils y sont.
Absolument. Une toute dernière question sur l'utilisation du budget des Républicains, si vous gagnez. Oui. Il y a un peu plus d'un mois, le Conseil d'État a obligé la région Auvergne-Rhône-Alpes à divulguer la liste des invités du dîner que vous avez organisé comme président de région en juin 2022 pour un peu plus de 100 000 euros et 90 convives. L'opposition à la région vous accusant d'avoir organisé un dîner fasteux à des fins de communication personnelle. Vous allez donner cette liste d'invités. Pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt ?
Vous devez être mal renseigné. On l'avait donné déjà. Elle a été sortie par vos collègues du Dauphiné Libéré il y a plus d'un an. Sauf que le Conseil d'État
en juin...
Oui, ça s'appelle la justice et elle est lente. Le Dauphiné Libéré a donné cette liste. Juste, je voudrais parce que j'aime bien ne pas esquiver ces questions. Sur ce sujet de dîners qui ont coûté cher c'était une erreur. Je l'ai assumé. Quand je fais des erreurs je les assume.
C'est-à-dire ces dîners des sommets c'était une erreur ?
Non. Il y a deux choses.
Il y a des dîners avec des additions excessives et les dîners des sommets.
Là on est dans le sommet du débat politique M. Duhamel. Je pense que l'utilisation
de l'argent public intéresse ceux qui nous regardent et je crois par ailleurs qu'on a parlé de sujet de fond avant et on a pris du temps pour le faire.
Et c'est pour ça que je vous réponds en prenant le temps pour le faire. J'ai fait une erreur sur pas ces organisations qui étaient destinées à créer de l'activité et mettre des gens dans notre région ensemble. Je l'assume totalement. Quand vous avez le sommet de l'intelligence artificielle je pense que ça ne coûte pas rien. Mais c'est sans doute utile. Ne tombons pas dans ce poussadisme. En revanche...
Donc ça c'est le dîner des sommets. En revanche,
sur des dîners où je considère que c'était une erreur et que les sommes dont je n'étais pas au courant étaient excessives j'ai assumé et j'ai remboursé les frais excessifs. Je ne connais pas beaucoup de politiques qui les faits. Et maintenant je vais vous répondre sur autre chose. Interrogez-moi sur la gestion de ma région. Vous savez que pendant 7 ans je n'ai pas augmenté d'un pourcentage le poids de la dette dans ma région. Que j'ai baissé de 10% les indemnités des élus puisque vous m'interrogez sur l'exemple arrêté. Interrogez-moi sur toutes ces composantes. Qui a fait ça ? Quel autre élu a fait ça ? J'ai baissé de 10% les indemnités des élus. Et à l'arrivée... Mais juste le renvoquer
ce type de dîner vous ne les organiserez plus si vous devenez président des Républicains ? Excusez-moi.
Je veux aller jusqu'au bout de ma réponse parce que quand vous m'interrogez il y a la gentillesse d'écouter aussi mes réponses. Je n'ai pas augmenté une seule taxe ou un seul impôt dans ma région. Je pense que les Français rêveraient que la France soit gérée comme l'a été gérée la région Verne-en-Alpes. Qu'il y ait des erreurs ça peut arriver elles sont corrigées et j'en tire les leçons. Et croyez-moi c'est une leçon que j'ai bien apprise.
Donc comme président des Républicains vous ferez attention à ces dépenses à ces notes de frais ?
Mais bien sûr comme je l'ai toujours fait parce que dans ma région et pourquoi est-ce que je ferais attention parce que j'ai bien appris la leçon ? Parce que je connais quand même aussi un peu vos questions. Vous ne m'interrogez pas sur la façon dont j'ai géré mon budget. Vous ne m'avez pas interrogé sur le fait de dire tiens vous êtes un exemple parce que vous n'avez pas augmenté le poids de la dette. Ça aurait été sympathique.
Oui ça aurait été sympathique mais ce n'est pas le choix que j'ai fait effectivement et je pense que ça intéresse les Français et ceux qui nous regardent. Non mais c'est intéressant.
Monsieur Duhamel vous ne pensez pas que les Français sont intéressés de savoir est-ce que quelqu'un peut gérer un pays sans augmenter leurs impôts ? Est-ce que vous ne pensez pas que les Français sont intéressés d'avoir quelqu'un qui puisse leur dire je suis capable de gérer sans augmenter la dette ? Je pense que parfois dans nos débats politiques et médiatiques on se trompe un peu d'intérêt.
Pour que les choses soient claires puisqu'on parlait de deux choses différentes il y a les dîners organisés à l'échelle de la région avec 90 habités sains vous dites c'était légitime et vous dites c'était une erreur concernant des dîners en tête à tête avec des intellectuels d'autres personnalités et là vous dites c'est une erreur.
Et j'ai corrigé. Et vous avez corrigé
en remboursant les sommes excessives.
Et rares sont les politiques qui font ça. Rares sont les politiques qui font ça.
Deux questions d'actualité Laurent Wauquiez d'abord de la question des violences physiques et sexuelles à Notre-Dame de Bétaram. François Bayrou a répété hier qu'il n'était pas au courant après une rencontre avec des victimes de violences. Est-ce que vous croyez à la sincérité de François Bayrou ?
Vous voyez on vient d'évoquer parfois les biais de nos débats politiques. Vous pensez que c'est la première question qui se pose sur Bétaram ? Je sais très bien tout le débat politique depuis une semaine aboutit à ça. On a des dizaines de familles qui visiblement ont eu leurs enfants qui ont fait l'objet d'agressions sexuelles. Et la seule question qu'on se pose c'est est-ce que François Bayrou nous a convaincus ? Est-ce qu'il doit démissionner ou non ?
Est-ce qu'il était au courant de l'envoquer ?
Oui mais moi la première question que je me pose c'est comment est-ce qu'on protège nos enfants ? Je suis parent. Avec ma femme Charlotte quand on a eu ces premiers faits qui sont sortis il y a des années sur les agressions sexuelles une des premières questions qu'on s'est posées c'est comment est-ce qu'on fait en sorte de protéger nos enfants de ne jamais les mettre dans une situation où ça puisse arriver ? Et il n'y a pas de réponse magique. Et je pense que tout parent qui a d'abord vu ces révélations a d'abord été glacé d'effroi par ce qui a été révélé. Je pense que la première question qui se pose c'est celle-là.
Maintenant une fois que j'ai dit ça la communication au milieu de semaine de François Bayrou n'était pas bonne avec beaucoup de maladresse. Je trouve que depuis il a entrepris de corriger et il a compris qu'il était important de bien s'expliquer et d'apporter les preuves de la vérité de ce qu'il disait. Bon, je pense que ce chemin-là est meilleur.
Est-ce que s'il a menti il doit démissionner comme ce que demande la France insoumise Olivier Faure à la mi-journée ?
Ce n'est pas mon sujet moi pour l'instant. Vous l'avez compris ce n'est pas mon sujet et je vais même le dire avec un peu plus de netteté je trouve qu'il y a un comportement de charognard notamment de la France insoumise en ce moment qui instrumentalise à des fins totalement politiques un drame humain.
Une toute dernière question Laurent Wauquiez sur la situation internationale. Demain à l'Elysée seront réunis des leaders européens pour parler de la sécurité collective pour parler de l'Ukraine dans un moment notamment où un discours a frappé celui du vice-président américain J.D. Vance qui au fond a fait la leçon aux Européens sur la question de l'immigration sur la question de la liberté d'expression. Est-ce qu'il vous a choqué ce discours du vice-président américain qui vient à Munich et qui fait la leçon sur ce que devrait être l'Europe et ce qu'elle n'est plus selon lui ?
Ce qui m'a choqué ce n'est pas ce qu'il disait. Ce qui m'a choqué c'est qu'un vice-président des Etats-Unis considère que l'Europe est maintenant devenue tellement faible qui vient ici lui faire la leçon comme un petit enfant qui aurait mal appris ses leçons. Ça, ça m'a choqué. Ça m'a choqué parce que ça dit quelque chose de ce que nous sommes devenus. Ça dit quelque chose du fait qu'aujourd'hui l'Europe est tellement faible que les Etats-Unis et la Chine considèrent qu'ils peuvent lui expliquer comment elle doit être gérée. Et ce que j'aimerais c'est que ça nous serve d'électrochoc pour se réveiller. Oui, nous avons été trop faibles.
On ferait bien d'écouter nos capitaines d'industrie quand ils nous disent défendez plus nos entreprises. Soyez dans le rapport de force avec les Etats-Unis et la Chine. Faites entendre à nouveau la voix d'une Europe capable de défendre la préférence européenne, la fabrication française, capable d'être dans ce rapport de force. Ce qu'on peigne, c'est des années de soumission. Ce qu'on peigne, c'est des années d'abandon. Ou alors que les dirigeants américains, les dirigeants chinois défendent leurs intérêts, nous, nous les avons brocardés.
quand on est en France, on défend ces industries de l'armement, on défend ces industries qui fabriquent chez nous, on défend ces patrimoines automobiles et on ne fait pas ce qui nous a emmenés dans le mur depuis beaucoup trop d'années. Et ce qui était frappant, ce n'est pas le contenu du discours de T. d'Evans. Je m'oppose au bouquisme. Je l'ai dénoncé depuis bien des années. Je considère que cette voie de la déconstruction pour la France et l'Europe est catastrophique. Mais j'appartiens à une famille dans laquelle on croit à la souveraineté de la nation. Et je n'aime pas que ce soit un vice-président américain qui vienne expliquer à mon pays le chemin qu'il doit choisir.
Un tout dernier mot leur invoqué. Vous dites donc élections 17 et 18 mai. Si vous perdez, vous faites quoi ? Vous arrêtez la vie politique ? Vous ne serez pas candidat à l'élection présidentielle ? Ou est-ce que vous continuerez le combat ?
C'est quand vous commencez votre émission où vous vous dites tiens, est-ce qu'à la fin je n'aurai fait aucune audience ? Je vais dans une campagne pour défendre mes idées. Et croyez-moi, je vais gagner. Je vais gagner parce que je pense que ce que je propose est le plus intelligent. Des ministres engagés au gouvernement pour avoir des résultats. Une parole libre et indépendante au parti pour faire entendre la voix de la droite sur tous les sujets. Et c'est pour ça qu'on gagnera.
Merci Laurent Wauquiez d'avoir été l'invité de C'est pas tous les jours dimanche et d'avoir donc réservé à BFM TV vos premiers mots à la télévision après cette déclaration de candidature.
Laurent Wauquiez