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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 21 septembre 2022 19 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesRetraitesSolidarités & famille

Inflation, retraites... Thomas Porcher avertit : "nos dirigeants font une erreur fatale"

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:52OuverteRéponse directe

    L'inflation est-elle obligatoire ?

  • 2:34OuverteRéponse directe

    Et quel impact ça a sur les salaires ?

  • 4:12OuverteRéponse directe

    Peux-tu nous expliquer la hausse des taux de la BCE et ses conséquences ?

  • 6:18OuverteRéponse directe

    Le bouclier tarifaire a-t-il empêché l'augmentation des prix ?

  • 7:59OuverteRéponse directe

    Était-ce à l'État de payer le bouclier tarifaire ?

  • 11:37OuverteRéponse directe

    Pourquoi la réforme des retraites revient-elle sur le tapis ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10InvitéFait
    « la marge des entreprises a augmenté »
  • 2:44InvitéFait
    « les salaires sont désindexés de l'inflation depuis les années 80 »
  • 4:20InvitéFait
    « C'est une très mauvaise nouvelle »
  • 5:12InvitéFait
    « il fallait carrément jouer sur la demande »
  • 5:35InvitéPromesse
    « il faut arrêter les plans de relance »
  • 6:42InvitéFait
    « En partie, oui. Il faut le dire. »
  • 7:06InvitéFait
    « nous avons été un peu plus préservés de l'inflation que d'autres pays »
  • 7:20InvitéFait
    « C'était un plan de compétitivité »
  • 12:21InvitéFait
    « Il faut faire des économies »
  • 13:16InvitéChiffre
    « la retraite à point avait fait que les pensions de retraite avaient baissé pour 92% des femmes et 72% des hommes »
  • 15:21InvitéChiffre
    « En Allemagne, ils ont trois fois plus de pauvres retraités que chez nous »
  • 17:15InvitéChiffre
    « on consacrait en 77% du PIB aux retraites »

Temps de parole

  • Invité76 %
  • Présentateur24 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Une entreprise, elle achète des matières premières, parfois qui sont plus chères. Elle va reporter sur le prix de vente cette augmentation. Sauf que là, elle faut encore plus de marge. Sur le coût final, il n'y a pas l'augmentation des salaires. Donc la marge des entreprises a augmenté. Et c'est ça en fait le nerf de la guerre. C'est pas de bloquer les prix, c'est pas ça. C'est d'augmenter les salaires. Parce qu'aujourd'hui, des salaires qui n'augmentent pas, ça profite à qui ? Au capital, ça profite aux actionnaires, ça profite aux grandes entreprises qui font des marges supplémentaires.

0:25
Présentateur

Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porcher sur l'antenne 24-7. Je suis ravie de vous retrouver. L'Instant Porcher, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous avec Thomas Porcher, chaque semaine pour décrypter l'actualité. Car on le sait, le discours est politique et les comprendre est un véritable enjeu démocratique. Petit aparté, mais pas des moindres pour nous, aux médias. Objectif minimal de 12 500 abonnés, sinon on devra tout arrêter. Rendez-vous sur lemediatv.fr slash soutien pour nous soutenir et en savoir plus. Au programme aujourd'hui, l'inflation est-elle obligatoire ? Et comment l'exécutif veut imposer la réforme des retraites ?

Inflation, ce mot qu'on entend tous les jours depuis un an. Alors quand on regarde les JT, on peut croire que cette inflation qu'on subit actuellement est une force divine, qu'on n'a pas le choix, que c'est comme ça. Absolument pas. Pourquoi on en est arrivé là ? L'inflation est-elle inévitable ? Faire croire que l'inflation est un phénomène non questionnable laisse à penser qu'il n'existe qu'un seul modèle économique, celui qu'on vit actuellement. Sans parler du nombre de fois où on entend du fait de la guerre, alors que c'est plutôt du fait de notre système ultra-libéral ou encore de l'accaparement de l'énergie. Bref, revenons-en aux bases. Alors qu'est-ce que c'est vraiment l'inflation ?

Thomas, est-ce que tu peux nous éclairer ?

1:39
Invité

Alors l'inflation, c'est quoi ? C'est en fait quand vous avez une demande, une demande globale qui est supérieure à l'offre. La demande est supérieure à l'offre, elle fait augmenter les prix. Et c'est ce qui s'est passé en fait quand on a commencé à se déconfiner. Il y a eu une très forte consommation dans les pays riches, soutenue par des plans de relance. Et de l'autre côté, l'offre qui vient principalement de l'étranger et notamment d'Asie n'était pas au rendez-vous parce qu'il y avait des confinements en Asie. Donc là, il y a eu une première phase d'inflation qui était due à ça.

Puis il y a une deuxième phase d'inflation qui est venue des biens énergétiques ou de certaines matières que nous importons de l'étranger, notamment du pétrole, qui est dû au fait que les prix du pétrole ont augmenté parce qu'il y a eu le conflit russe-ukrainien et que la Russie est un des premiers producteurs de pétrole, idem pour le gaz. Et donc vous avez le prix du pétrole, du gaz et même du blé qui ont augmenté et qui ont fait qu'il y a eu une seconde vague d'inflation. Donc l'inflation, en réalité, elle est principalement importée. Elle vient de problèmes d'offres qui sont extérieurs à notre économie.

2:34
Présentateur

Et quel impact ça a sur les salaires ?

2:36
Invité

Comme les salaires n'augmentent pas au même rythme que l'inflation, enfin là, si les salaires devaient augmenter au même rythme que l'inflation, ils auraient dû augmenter cette année tous de 6%. Ça n'est pas le cas parce que les salaires sont désindexés de l'inflation depuis les années 80. Donc les salaires augmentent moins vite que l'inflation. Ce qui est un véritable problème en réalité. Ça veut dire quoi ? Imaginez-vous pour une entreprise. Une entreprise, elle achète des matières premières, parfois qui sont plus chères. Alors elle va les payer plus chères, elle va reporter sur le prix de vente cette augmentation. D'accord ? Donc sa marge est préservée.

Sauf que là, elle faut encore plus de marge. Pourquoi ? Parce qu'elle ne répercute que ce qu'elles achètent de l'étranger qui est plus cher, mais elle compresse les salaires. Sur le coût, sur le coût final, il n'y a pas l'augmentation des salaires qui eux restent en dessous de l'inflation. Donc la marge des entreprises a augmenté ces derniers temps. Elle a augmenté parce qu'elles bénéficient grâce à l'inflation, qui n'est pas reportée sur les salaires, d'une compression des coûts. Et le résultat, c'est quoi ? C'est que le salaire réel, c'est-à-dire le salaire sur la fiche de paye, en prenant compte l'inflation, diminue.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la majorité des salariés français, la grande majorité, s'appauvrit. Voilà. Parce qu'il y a une inflation, des prix des matières premières qui augmentent, et vous avez les salaires qui ne suivent pas pour répondre à cette inflation. Mais par contre, pour les entreprises, le fait de ne pas reporter la hausse des salaires, ça fait une compression des coûts qui leur permet d'avoir une marge plus élevée.

3:58
Présentateur

Alors il y a la Banque Centrale Européenne qui a une nouvelle fois augmenté ses taux. Après avoir augmenté ses taux d'intérêt en juillet pour la première fois en 10 ans, de 50 points de base, la BCE annonce ce jeudi 7 septembre les relevés de nouveau de 75 points de base. Donc c'est une ampleur inédite. Thomas, déjà, tu peux nous expliquer tout ça, car je ne sais pas si on saisit beaucoup ce que c'est et ce que ça engendre. Et enfin, est-ce que c'est une bonne chose, selon toi, cette décision ?

4:20
Invité

C'est une très mauvaise nouvelle. En fait, quand vous avez, comme je l'ai dit au départ, comme l'inflation, c'est qu'il y a plus de demandes que d'offres, pour résoudre l'inflation, soit vous baissez la demande, soit vous augmentez l'offre. Or là, ce qui est fait avec la hausse des taux, ça va freiner la demande, ça va freiner l'activité économique. Quand vous avez une hausse des taux, le crédit, quand vous investissez, quand vous êtes une entreprise que vous empruntez, quand vous êtes un acheteur de biens et que vous empruntez, eh bien là, vous allez avoir des taux plus élevés. Donc, ça va freiner l'emprunt, le crédit et ça va freiner l'investissement in fine et l'activité.

Donc là, en fait, en faisant ça, on ne répond pas à la vraie question. Comme notre inflation est importée, là, qu'est-ce qu'on va faire ? On va freiner l'activité sans répondre à la question, puisque notre inflation est importée. Donc, ça va peser sur qui in fine ? Ça va peser sur les Français, l'ensemble des Français. Et ce qui m'inquiète, moi, c'est qu'il y a même une lettre du gouverneur de la Banque de France qui a écrit à Macron et qui a dit, lui, qu'il fallait carrément jouer sur la demande. C'est-à-dire arrêter les plans de relance. Donc, encore une fois, freiner l'activité.

Donc là, derrière cette histoire d'inflation, qui certes touche très fortement les salariés puisque leur salaire n'augmente pas au même niveau de l'inflation, il y a une volonté de baisser la dépense publique, de casser l'activité. On se retrouve dans la même position que 2011. 2011, c'était pour la dette. Là, maintenant, ça va être pour l'inflation et pour la dette. Et donc, c'est une façon de dire, voilà, il faut arrêter les plans de relance. Il faut diminuer la dépense publique. On sait où elle va être diminuée. Sur la même chose, les aides sociales, les collectivités locales et les retraites, la réforme des retraites qui revient et donc, in fine, casser l'activité.

Et on ne répond pas du tout à la vraie question du problème de l'inflation. Et vous savez, cette erreur-là, elle a déjà été faite dans plein de pays. Elle a été faite beaucoup en Afrique. En Afrique, on a souvent voulu maîtriser leur inflation. Bon, on ne sait pas trop pourquoi, c'est une population jeune, etc. Mais c'est une inflation qui était majoritairement importée, vous voyez. Et donc, on freinait le peu de demandes qu'il y avait dans ces pays, le peu de demandes avec des taux d'intérêt élevés. Et là, c'est pareil. Et là, c'est ce qu'on va faire. Donc, c'est une erreur fatale. Alors, effectivement, l'inflation peut être contrôlée, mais à quel prix ?

Au prix d'une récession, du chômage et d'une perte d'activité. Donc, c'est ça qui est en train d'être fait. Donc, la réponse de la hausse des taux n'est pas du tout bonne.

6:18
Présentateur

Donc, il y a Gabriel Attal, le ministre des Comptes publics, qui a annoncé et précisé le bouclier tarifaire du gouvernement sur France Info. Alors, il y a un plafonnement de la hausse des prix du gaz et de l'électricité à hauteur de 15 %, des chèques énergie pour les plus modestes, une aide pour les entreprises qui ont besoin d'énergie. Bref, en tout, l'exécutif débloque 45 milliards pour limiter la crise. Tout d'abord, est-ce que le bouclier tarifaire a empêché d'augmenter les prix, selon toi ?

6:42
Invité

En partie, oui. Il faut le dire. D'autres pays n'ont pas bloqué les prix. Et d'ailleurs, ceux qui ne bloquent pas les prix, comme le Royaume-Uni, part du principe que comme les prix vont augmenter très fortement, les gens vont s'adapter et moins consommer. Nous, on a choisi, le gouvernement a choisi de bloquer les prix. Donc, c'est une réalité. Le blocage des prix a un peu affaibli l'inflation. Mais il y a aussi une autre réalité à prendre en compte. C'est que nous avons été un peu plus préservés de l'inflation que d'autres pays pour deux raisons. La première raison, c'est que notre plan de relance n'était pas un vrai plan de relance.

Vous savez, les autres, les États-Unis, ça a été le cas, ou l'Allemagne, ils ont eu une plus forte inflation parce qu'ils avaient un plus fort plan de relance. Et un plan de relance, c'était un plan de relance de la demande. Nous, on avait un faux plan de relance. C'était un plan de compétitivité. Il y avait beaucoup de baisse d'impôt aux entreprises. Donc, ce n'était pas un plan de stimulation de la demande ou de l'investissement. C'était un plan, en réalité, de compétitivité qui avait pour but de donner encore des avantages aux entreprises. Donc, notre inflation a été moins élevée à cause de ça. Et puis, elle a été moins élevée à cause d'autre chose.

C'est que nous avons une moindre dépendance au gaz russe que d'autres pays. Donc, ce bouclier qui aurait protégé, c'est une bonne chose. Il ne faut pas critiquer qu'il a eu un impact sur l'inflation. Mais il n'y a pas que ça. Il y avait le fait aussi qu'on avait un plus faible taux de relance et que nous importons moins de gaz que d'autres pays parce que nous avons un parc nucléaire.

7:55
Présentateur

Il y a l'ANUPS ou encore Geoffroy de Bézieux, le patron du MEDEF, qui souhaitent le blocage des prix. Était-ce vraiment à l'État et donc aux Français de payer tout ça, même ce bouclier tarifaire, donc je le redis, 45 milliards d'euros ?

8:07
Invité

La vraie question, ce n'est pas tant le blocage des prix que l'évolution des salaires. Par exemple, un blocage des prix sur l'essence. Concrètement, comment ça se passe ? C'est l'État qui décide de bloquer les prix. Alors, c'est une situation qui, bien sûr, est défendable et qui peut être efficace, mais qui ne peut pas durer plus de six mois, en réalité. Donc, l'État réunit les opérateurs et dans ces opérateurs, vous avez différents types d'opérateurs. Vous avez effectivement des gens qui gagnent de l'amont, c'est-à-dire de la production de pétrole à la distribution de pétrole, qui gagnent des milliards, c'est total. D'accord ?

Mais eux, c'est qu'une petite partie, en fait, de la distribution d'essence. Ça doit être 30%, les majors, c'est 30%. Après, vous avez ceux qui ne distribuent que de l'essence, c'est-à-dire qu'ils ne produisent pas le pétrole, donc ils ne gagnent pas d'argent sur le pétrole. Ils rachètent du pétrole, du pétrole, de l'essence qui est déjà raffinée, et eux, ils le distribuent. Ceux-là, ils ont des marges beaucoup plus faibles. Vous voyez, c'est les grandes surfaces, Leclerc, etc. Et puis, vous avez après les indépendants, qui achètent des petites quantités, qui les revendent, et qui, eux, ont des marges encore plus faibles. Si vous bloquez les prix, vous allez frapper tous ces gens.

Si vous bloquez les prix en les ponctionnant sur les marges, vous frappez ces gens de manière indifférenciée. Alors, effectivement, Total va se relever. Peut-être que les grandes et moyennes surfaces aussi vont pouvoir encaisser le coût, parce qu'elles compensent avec d'autres biens qu'elles vendent. Mais vous allez complètement tuer, c'est une petite partie de l'économie, les petits distributeurs. Mais c'est une petite partie très marginale qu'on peut aider. Donc, le blocage, souvent, il ne se fait pas à fond neutre pour l'État. Certes, on ponctionne les marges des profiteurs, c'est ce qui est normal.

Mais de l'autre côté, on va devoir quand même aider un certain nombre d'opérateurs qui, eux, ne maîtrisent pas la production de l'amont à l'aval. Donc, un blocage des prix, là, ce qu'ils ont fait, c'est une forme de blocage, en fait, indirect, sauf qu'ils l'ont payé avec l'argent des Français et qu'ils vont le récupérer de l'autre main avec la réforme des retraites. Mais un blocage des prix, c'est quelque chose de plus partagé. C'est-à-dire qu'on prend un peu la marge des entreprises, mais l'État met aussi la main à la patte. Mais la réalité de ça, on n'aurait pas besoin de tous ces blocages, en fait, s'il y avait une seule chose, l'indexation des salaires sur l'inflation.

Si on avait ça, les salaires augmenteraient autant que l'inflation, le pouvoir d'achat des Français serait préservé et on ne parlerait même plus de blocage. Il n'y aurait pas de problème. Et c'est ça, en fait, le nerf de la guerre. Ce n'est pas de bloquer les prix. Ce n'est pas ça. C'est d'augmenter les salaires. C'est ça, le nerf de la guerre. Parce qu'aujourd'hui, des salaires qui n'augmentent pas, ça profite à qui ? Au capital. Ça profite aux actionnaires. Ça profite aux grandes entreprises qui font des marches supplémentaires. Et c'est là qu'il doit être le débat. Et là, pourquoi les gens ont peur d'augmenter les salaires ? Pourquoi ?

Parce qu'en fait, ils se disent « Ah oui, ça va faire cette fameuse boucle prix-salaire qui amène à l'hyperinflation argentine à 2000% d'inflation. » Et donc là, on agite ce truc. Il ne faut pas augmenter les salaires. Surtout pas, regardez, ça va être l'hyperinflation. Moi, je pense qu'il faut se calmer. L'hyperinflation, c'est très rare. C'est souvent dans des pays émergents où ils impriment des billets pour faire des projets, ce qu'on appelle des effamblants complètement démagogiques, qui n'aboutissent à rien. Et là, effectivement, on se retrouve avec une inflation extrêmement élevée, comme ça a été le cas dans certains pays pauvres. Et donc, on n'arrivera pas à ça en France.

On n'arrivera pas à ça en France. Et on est très loin de l'hyperinflation. Là, il faut arrêter. Je veux dire, l'inflation, tant qu'on est en dessous de 10% et même certaines études disaient à 20%, on n'arrive pas trop à avoir vraiment l'impact conjoncturel si les salaires augmentent avec l'inflation. Donc, cette boucle salaire-pris qui deviendrait incontrôlable, on en est très loin. Et on en est très loin, surtout dans une économie qui n'est pas en surchauffe. Il y a 5 millions de chômeurs. On n'est pas dans une économie qui est en surchauffe avec une demande qui dépasse l'offre. On en est loin. Donc, on peut indexer les salaires sur l'inflation.

Et ça devrait être ça, le seul combat, en fait. Revenir en 80 et indexer les salaires sur l'inflation.

11:35
Présentateur

Retraite, saison 2, épisode 1. Emmanuel Macron n'en démore pas. Il fera tout pour faire passer la réforme des retraites attachée à sa cheville, attaquée et décriée, puis sabotée par le Covid. Et si on la faisait passer via un abonnement au projet de loi de financement de la sécurité sociale, par exemple. Le « on » étant le gouvernement, bien entendu, c'est pratique, non ? Mais même au sein de la majorité, cette idée ne plaît pas du tout. « Tout le monde va hurler », prévient la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, selon le Parisien. En tout cas, Emmanuel Macron veut qu'elle se mette en place rapidement. Alors, attention au 49-3, faute de majorité absolue.

Le 49-3, ça veut dire pas de débat et de vote parlementaire. Le président dit vouloir la concertation, mais devoir imposer la réforme. Bref, allons voir à quelle sauce nous allons être mangés. Thomas, pourquoi la réforme des retraites, elle revient sur le tapis, là ?

12:21
Invité

Il faut faire des économies. Voilà, c'est ça. C'est pour ça le bouclier tarifaire, en fait. Macron, c'est un spécialiste de quand il donne quelque chose, il le reprend de l'autre main. Parce qu'il veut un équilibre budgétaire. Et puis là, il l'a dit, il veut retourner au moins de 3% de déficit très rapidement, ce qui a été une catastrophe. Nous l'avons vu après la crise de 2008 de réduire trop rapidement les déficits. Ça a tué l'activité. Et lui, il a annoncé qu'il voulait faire ça. D'ici la fin de son quinquennat, il veut revenir. On est à 5% de déficit. Il veut revenir à moins de 3% très rapidement, quoi qu'il en coûte. C'est-à-dire, même si l'activité est à terre, il le fera.

Et donc là, comme il a eu ce bouclier tarifaire où il donne beaucoup d'argent, enfin, il dépense beaucoup d'argent pour ça, il faut qu'il fasse la réforme des retraites de l'autre. Alors, ce qui est marrant, c'est que cette réforme des retraites, elle a pris plusieurs voies. Moi, je me souviendrai toujours qu'en 2017, je m'en souviendrai toujours, j'étais dans un débat avec un économiste qui avait soutenu Macron. Il disait, Macron, c'est la Suède, on va faire une réforme des retraites, la retraite à point. À l'époque, on l'a déjà oublié, comme en Suède. Alors, il nous a parlé de ça, c'était super.

Et puis, on s'est rendu compte qu'en Suède, la retraite à point avait fait que les pensions de retraite avaient baissé pour 92% des femmes et 72% des hommes. Vous voyez ? Et donc, ça avait appauvri les retraités. Et puis, aujourd'hui, on a laissé ça de côté. On nous dit, non, mais il faut continuer. C'est une réforme des retraites simple qu'on va faire, en fait, comme l'a fait Touraine et Fillon. C'est de faire travailler les gens plus longtemps, de les faire cotiser plus longtemps pour faire des économies. Donc, le but de cette retraite, ce n'est pas une but pour améliorer la vie des Français.

Ce n'est pas une réponse pour dire que c'est une pyramide de Ponzi et que ça va mal se passer puisqu'il n'y a pas de problème de financement en réalité des retraites. On fait ça juste pour faire des économies.

13:49
Locuteur

C'est tout.

13:49
Invité

Le but, c'est de faire des économies.

13:51
Présentateur

La réforme des retraites, pour résumer très vite, à l'époque, on va voir si elle a changé ou non, c'est travailler plus longtemps. Là, on le sait, c'est 65 ans. Comter toutes ces années au lieu d'avant, c'est 20 meilleures années. Donc, chaque petite période non travaillée compte. Grossesse, maladie, donc c'est ce qui fait l'allongement. C'est également la suppression des régimes spéciaux. On va être aussi, donc tu l'as dit, un système de points lié au PIB. Donc, si le PIB baisse, les retraites vont baisser. Enfin, le budget pour les retraites va baisser. Donc, voilà. Le résumé, c'est, il faut faire des économies. Et ne vous inquiétez pas, on aura l'occasion de bien redétailler la réforme.

Mais je vous dirige vers aussi le collectif Nos Retraites, qui a fait un gros travail de vulgarisation à l'époque. Thomas, est-ce que pour toi, cette réforme-là, elle est nécessaire ?

14:29
Invité

Elle n'est pas du tout nécessaire. Alors, les grands chantiers de la réforme ont été abandonnés. Les régimes spéciaux, on n'en parle plus trop. On s'en souvient, Macron ne voulait pas de régimes spéciaux. Il a dit, tout le monde doit avoir le point. Un euro cotisé est un euro de retraite. Et puis, finalement, il a donné les régimes spéciaux à la police. Puis, il a commencé à les donner après aux danseurs de l'opéra et ainsi de suite. Et puis, voilà. En fait, il a refait les régimes spéciaux. Parce qu'un régime spécial, c'est qu'on donne un régime à une profession. Il a recommencé à les faire. Donc, il s'est contredit lui-même. Donc là, il a abandonné tout ça.

Là, il consiste juste à travailler plus longtemps. Il faut travailler plus longtemps pour aller à la retraite. les plus performants. C'est-à-dire que nous faisons partie de ceux qui ont le moins de retraités pauvres. Nous en avons quand même un million, ce qui est énorme. Mais entre le nombre de pauvres travailleurs et de pauvres retraités, c'est la même chose. Alors que dans d'autres pays, ce n'est pas pareil. En Allemagne, ils ont trois fois plus de pauvres retraités que chez nous. Trois fois plus en Allemagne. Vous voyez ? Donc, on a un système de retraite qui est assez bon. Et puis, il y a une forme d'assurance sociale.

C'est-à-dire que quand vous avez un bas salaire, vous allez avoir une pension plus élevée. Et puis, quand vous avez un haut salaire, vous avez une pension un peu plus faible que ce que vous avez gagné. Donc, on a quand même quelque chose qui fonctionne bien, que l'on doit améliorer, mais qui fonctionne bien. Et là, le but, comme c'est le but, c'est de faire des économies très rapidement, donc on va faire travailler les gens plus longtemps. Mais il n'y a aucune urgence. Après, les vraies questions qu'il faut poser aux Français, c'est ça les vraies questions, les vrais défis, c'est quoi ? C'est que nous sommes un pays qui vieillit. Et c'est une bonne nouvelle.

Nous avons une espérance de vie élevée. Aux Etats-Unis, ils allaient en train de chuter l'espérance de vie, vous voyez ? Parce que moins on travaille, en réalité, plus on vit longtemps. Donc, la vraie question, c'est, comme nous sommes une population qui vieillit, qu'est-ce que l'on veut faire ? Mettre plus d'argent pour les vieux. C'est-à-dire, on a aujourd'hui 14% du PIB qui va aux retraites. Est-ce qu'on est prêt à passer à 16% ? C'est-à-dire, la richesse créée collectivement, on la donne aux vieux puisque nous vieillissons tous. Il va y avoir bientôt deux tiers de plus de 60 ans. Donc, c'est une vraie question légitime.

Ou si on ne fait pas ça, si on ne bouge pas cette part de richesse que l'on donne aux retraités, ce que veut faire Macron, il est hors de question, ça veut dire qu'il va y avoir plus de retraités et le même montant pour eux. Donc, les retraités vont s'appauvrir. Et s'ils s'appauvrissent, qu'est-ce qui se passe ? Soit ils travaillent. Alors, est-on prêt à faire travailler les personnes âgées ? Enfin, moi, j'ai ma mère à 71 ans. Est-ce que je suis prêt à la faire travailler ? Enfin, je ne crois pas. Voilà. Mais ça, c'est une question qu'il faut poser. La deuxième question qu'il faut poser, c'est si les pensions de retraite diminuent, qui va compenser ?

Et là, ceux qui ont les moyens, ils vont compenser avec leur poche, avec leur salaire. Ils vont faire des virements à leurs parents. Et ceux qui n'ont pas les moyens, ils ne vont pas faire de virements. Les vieux vont aller bosser. Donc, c'est des vraies questions comme ça qu'il faut poser et dire les choses telles qu'elles sont. Si nous vieillissons, nous devons consacrer plus d'argent. Si on n'en consacre pas plus aux retraites, les retraités vont s'appauvrir. Et entre 70 et aujourd'hui, la population a vieilli fortement et nous avons accepté de consacrer plus d'argent aux retraites. Au début, on consacrait en 77 % du PIB aux retraites. Aujourd'hui, c'est 14 %.

Peut-être que d'ici 2050, on peut y mettre 16 %. Ça ne va pas tuer tout le monde. Et en même temps, il y a plus de vieux. On est un pays de vieux. Il faut donner plus de choses aux personnes âgées. C'est comme ça que ça doit se passer. C'est ça, les vrais débats de fond. Ce n'est pas des économies rapides comme ça. Ce n'est pas de dire oui, on va bosser jusqu'à telle date. C'est très simple. C'est d'avoir un vrai débat de fond sur la question des retraites.

17:38
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas aussi un risque d'une privatisation au-delà de tous les autres sujets qui sont en train d'être privatisés de la société ? Parce qu'on va faire sa propre retraite privée avec des assurances privées ?

17:47
Invité

Quand vous avez 300 milliards qui est consacré aux retraites, moi, j'ai du mal à penser qu'il n'y ait pas des fonds d'assurance qui commencent à se lécher les babines en voyant ces 300 milliards qui sont gérés par le public. Vous voyez ? Quand en Suède, vous avez ce passage à la retraite à points qui a fait diminuer les pensions de retraite de la majorité des Suédois, comment ils ont compensé ? Avec de la capitalisation, donc avec de la privatisation des retraites.

Donc là, je pense qu'il y a beaucoup de mutuelles, de fonds d'assurance qui regardent ça et qui espèrent que, justement, on puisse privatiser une partie de ces 300 milliards pour eux, quoi, pour qu'ils puissent gagner de l'argent dessus.

18:22
Présentateur

Ils ont des milliards, mais nous sommes des millions. Et si le média a débarqué à la télé pour assurer la continuité de nos programmes, pour défendre une information indépendante et différente, mais aussi grandir et devenir une réelle chef d'une télévision, nous avons absolument besoin de vous et de votre abonnement car nous sommes une coopérative qui ne vivons que de la communauté citoyenne. Rendez-vous sur lemediatv.fr slash soutien pour en savoir plus sur ce grand projet et le réaliser tous ensemble. Je vous le répète, mais il nous faut au minimum 12 500 abonnés pour ne pas s'arrêter. Nous sommes ravis de décrypter l'actualité avec Thomas et vous chaque semaine.

Merci de toujours nous suivre pour tous vos commentaires et vos pouces en l'air sous les vidéos. Spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à la semaine prochaine.